lundi 6 novembre 2017

Autrement

J'ai épaté tout le monde samedi soir en faisant parler ma bouteille de vin. Vieux et tout jeunes.

De plus, ce vin glisse respectablement bien dans ma gorge.

C'était jour d'élection le lendemain.
Hier.
Jour extraordinairement important pour bien des gens. Certains candidats qui y trouveraient le naissance d'une carrière, certains autres qui y trouveraient un frein. Pour Monkee, mon fils, ce serait sa toute première élection.

Mais il était incontournable de ne pas avoir une pensée pour les Catalans, qui, le même jour, voyaient 4 de leurs dirigeants et leur principal leader, Carles Puigdemont se livrer à la police Belge.

Alors que nous trottions amoureusement en famille jusqu'à l'école qui avait vu passer mes 2 enfants et de nombreux de leurs amis, le même processus, à Barcelone, il y a un mois, subissait des violences impensables dans les lignes de vote. Jeunes et moins jeunes étaient brutalisés de manière ignoble par leur propre frères dans le but de les empêcher de faire la chose la plus démocratique qui soit: s'exprimer.

Qui se traduit toujours par "être". Verbe, souvent accompagné par le mot "humain". On a surtout vu le côté "animal" espagnol depuis un mois. Et pas du côté de la population, du côté de "l'ordre".

Ignoble.

On ne parlait pas d'anarchistes, on brutalisait des gens tout ce qu'il y a de plus sain. Des gens qui ne demandaient qu'à être. Qu'à naître pour certains. Qu'à être reconnus autrement. C'est ce autrement que Madrid et tout ce qui n'est pas la Catalogne en Espagne ont brutalement intimidé. Impossible de regarder les images de la police madrilène violenter sans raison autre que de les faire changer d'idées, absolument n'importe qui, sans s'en trouver affecté.

"Le mal n'a plus de limites" titrait le film d'horreur espagnol Los Sin Nombre, il y a 17 ans. Pour des milliers de Catalans, le mal, c'est maintenant.

Peu importe comment se terminera tout ça, comment reprendre la vie normale par la suite entre Espagnols et Catalans?

Hier, il y avait lourde pluie. J'adore les jours de pluie. Lire longtemps, écrire, regarder des films, écouter de le musique, faire l'amour n'a pas à être tellement justifié ces jours-là.

Beau temps pour voter aussi.

La pluie ne nous as jamais empêché d'aller voter en famille. Ce fût une belle expérience avec Monkee. Même si la dame qui prenait nos noms ne savait ni dire "bonjour" ni dire "merci" en français. Il a voté pour la gratuité dans les transports pour les étudiants (promesse coûteuse d'un candidat), l'amoureuse et moi avons voté ailleurs. On a gagné nos élections.

À Montréal, on a choisi Val!

C'est con comme j'étais content. Depuis le temps que je souhaite une femme au pouvoir dans des postes politiques d'influence! ENFIN! Je n'ai pas été convaincu du jugement de madame pendant la campagne, mais plus ça avançait, le populisme, l'arrogance de Coderre me puait au nez. Continuer de parler de succès en parlant de la Formule E c'est prendre les gens pour des osties de valises. Pas des valises. Des OSTIES de valises. Et ça, les gens en ont soupé. Aussitôt qu'il a réitéré que sa formule E n'aura été qu'un succès, je savais que miss Plante passait.

Elle était fraîcheur là où l'autre était suffisance. Elle est toute en nouveauté, là où l'autre, malgré le fait qu'il ait très bien fait après le désastre Applebaum/Tremblay, était old news. Elle était candeur là ou l'autre était bougon. Elle était chat futé là où l'autre se voulait bulldog.

Valérie Plante devient la toute première femme de l'histoire à être élue mairesse de Montréal.

Je crois aussi sincèrement que la vague #moi aussi a redéfini inconsciemment le regard masculin sur les femmes d'ici et d'ailleurs, et que la première manière de jeter de la lumière sur les ombres était de mettre en valeur une femme qui la diffuserait d'un sourire, d'un dynamisme, d'un ton de voix et d'une tonne d'idées (laisse tomber l'idée de la ligne rose, pas plus faisable que le retour des Expos) qui font briller le regard de l'homme de la situation.

Valérie Plante aura épaté tout le monde. Vieux et tout jeunes

Reste à voir si elle gardera bien le fort.

On le souhaite très très fort.
Une femme sur la Rive-Sud, une femme à Montréal, un ex-policier sur la Rive-Nord.

De la politique autrement.
Enfin.

dimanche 5 novembre 2017

5 Grandes Trahisons

Même si Donald Trump tente d'aligner notre attention sur Hillary Clinton et le fait que les démocrates avaient pipés les dés en faveur d'elle contre Bernie Sanders à l'investiture présidentielle démocratique, des pouris, c'est encore lui le roi. L'enquête sur les flirts russes le prouvent jour après jour.

De toute manière les démocrates ont payé de leur tricherie très chèrement, c'est le plus idiot qui est aujourd'hui président.

Il fût une époque, vous le verrez plus loin, où frayer avec les Russes, quand vous étiez Étatsunien, était la plus grande des trahisons.

Dans un monde normal, de 2017, faire affaire avec des Russes serait encore fort normal. Mais user de la fourberie des Russes à son avantage, des Russes plongés dans la nostalgie Stalinienne, ça, c'est très très 1953.

Nous ne sommes pas dans un monde normal depuis le 8 novembre 2017. Depuis Trump. Encore récemment, j'entendais à la radio qu'en Floride, on avait vu des motards pourchasser en moto des homosexuels en leur criant "go away! you're in Trumpland now!".

L'enquête sur les filiations russes louches et la campagne présidentielle de Crooked Trump révélera bien des trahisons.

En voici 5 mémorables au travers des temps:

Alfred Redl (1864-1913)
Adjoint en titre au chef de l'Evidenzbureau, le service d'intelligence militaire Austro-Hongrois à Vienne, en 1907, il vit au dessus de ses moyens et est vite assez endetté. Les Russes l'apprennent et l'achètent. Ils lui verseront de bonne sommes d'argent qui en feront vite un millionnaire, en échange de secrets stratégiques de l'Empire Austro-Hongrois.
Les renseignements que Redl fournit aux Russes leur permette de neutraliser les réseaux d'indicateurs autrichiens, polonais et ukrainiens.
En 1913, pendant la guerre des Balkans, alors que l'Autriche et la Russie se mobilisent l'une contre l'autre, l'avarice en fait un traître absolu. Il donne les plans (contre beaucoup d'argent) de mobilisation autrichienne à la Russie qui saura tout de leur déplacements, les attendra et massacrera plus d'un demi-million des troupes autrichiennes. Catastrophiques pertes pour sa propre patrie. Mais il est riche. Quand il est démasqué, c'est parce que la police intercepte son courrier, y découvre des noms de codes et beaucoup d'argent. On confronte Redl qui, homosexuel, est déjà victime de beaucoup de chantage à cette époque homophobe. On lui met un fusil devant lui et lui conseille de faire le moins de bruit possible avec tout ça. Il ne fera que bang sur sa propre tempe.

Istvan Szabo fait un très bon film de la vie de ce traître en 1985.

Claude Morin (1929-    )
Professeur, essayiste, mais surtout homme politique québécois et très poche proche ami de René Lévesque, Morin a toujours été séduit par la vie des espions.
Alors qu'il était ministre du cabinet Lévesque, il a eu des contacts avec la GRC, initiative d'infiltration qui était courante depuis les années 50 de la part de la police fédérale du Canada à l'égard des mouvements dits "séparatistes". Les rencontres exploratoires ont lieues avec un agent de sécurité, deux fois à l'automne 1974, puis deux autres fois en janvier et en avril 1975. Les rencontres rémunérées, en échange d'informations pertinentes sur le gouvernement Péquiste commencent autour de 1977 (Le PQ est alors au pouvoir). Et sont relayées au gouvernement canadien, en sourdine. Morin est extraordinairement près de Lévesque. Marc-André Bédard, ministre de la justice, est mis au courant par Morin lui-même. Bédard le somme de cesser. Morin clamera qu'au contraire de la trahison, il tirait des infos beaucoup plus de la GRC qu'il n'en livrait lui-même et que c'était lui qui neutralisait la GRC et non l'inverse. Le mal est toutefois fait. Le doute y sera permanent. Quand René est mis au courant, il est bouleversé et ne s'en remettra jamais complètement.

Jules César (100 ou 102 avant Jésus-Christ à 44 avant Jésus-Christ)
"Toi aussi, mon fils..." n'a jamais vraiment été dit par Jules César. C'est plutôt tiré de l'imaginaire de William Shakespeare pour sa pièce inspirée du tyrannique empereur romain et depuis c'est solidement ancré dans la mythologie. Mais une chose reste vraie, son propre sénat s'est retourné contre lui. son neveu, Marcus Junius Brutus était du complot. La femme de Brutus l'aurait imploré de ne pas suivre les mauvaises influences des sénateurs qui voulaient se révolter contre le dictateur. 23 coups de poignards plus tard, en pleine réunion sénatoriale, Jules perdait son trône, et la vie.

Tokyo Rose. (1916-2006)

Ethel Rosenberg (1915-1953) & Julius Rosenberg (1918-1953)
Ethel & Julius se rencontrent à New York dans la Young Communist League USA en 1936. Ils tombent amoureux l'un de l'autre. Mariés en 1939, ils auront deux garçons ensemble. Julius sera renvoyé de l'armée quand on découvre son intérêt communiste. C'est le NKVD, une police secrète soviétique, qui recrute Julius en 1942 par l'intermédiaire de son espion Semyon Semyonov.  Rosenberg refile des rapports classifiés aux Russes qui leur permettront entre autre d'abattre l'avion U2 de Gary Powers en 1960. Julius recrute lui-même plusieurs nouveaux espions, tel Joel Barr, Alfred Sarant,  Wiliam Perl et Morton Sobell. On se livre surtout à de l'espionnage industriel. Les Russes apprennent que le frère d'Éthel travaille sur le très secret projet Manhattan. Julius le recrute à son tour. On passera tous les documents concernant le projet Manhattan aux Russes. Les États-Unis seront stupéfaits de découvrir la rapidité avec laquelle se développera les tests nucléaires soviétiques en 1949.
Les États-Unis découvrent que le réfugié allemand Klaus Fuchs, travaillant pour l'équipe britannique du Manhattan Project, a vendu de nombreux documents importants aux Russes concernant leur projet nucléaire. Fuchs implique Harry Gold. Gold implique le beau-frère de Rosenberg.  Le beau-frère de Julius Rosenberg l'implique à son tour. Il fait pire en impliquant sa soeur, Ethel, en confessant qu'elle tapait à la machine les notes des documents à refiler aux Russes.

Ce sera suffisant pour les incriminer tous les deux. Ils seront condamnés à mort et électrocutés en juin 1953. Pour haute trahison. Julius meurt dès les premiers chocs électriques. Ça prendra trois sessions de chocs afin de tuer Ethel.

Donald est le plus grand imbécile, misogyne, menteur, agresseur, raciste, immature idiot que les États-Unis n'auront jamais eu comme Président.

Traître ne serait pas tellement surprenant non plus.

Mais attendons les résultats de l'enquête concernant l'influence et l'impact Russe sur la dernière campagne présidentielle avant de faire de telles accusations...

samedi 4 novembre 2017

Des Documents sur l'Assassinat de JFK Révélés

Personne n'a jamais vraiment cru que seul Lee Harvey Oswald a tué le président John F.Kennedy le 22 novembre 1963, à Dallas.

Depuis la fin octobre, des centaines de documents, secrets depuis 1975, sont rendus publics sur l'enquête qui a suivi l'assassinat. Certains dossiers n'ayant absolument aucun rapport avec tout ça. Un long dossier sur les relations de Marin Luther King ainsi que ses multiples rapports sexuels, entre autre chose.

Beaucoup de dossier sont maintenant accessibles ici.

Rappel de certains éléments clés de l'affaire.

(coeurs sensibles, s'abstenir)
Le film Zapruder.

La vidéo muette de 26 secondes est le plus clair enregistrement du moment où JFK passe de la vie à la mort. La tête salement explosée. Abraham Zapruder a fait beaucoup d'argent, louant les images pendant des années. En 1999, le gouvernement a finalement acheté le film...pour 16 millions!!!!

La Commission Warren et la théorie de la balle magique.

Le 27 septembre 1964, moins d'un an après le meurtre, le gouvernement produisait un rapport de 888 pages, concluant que l'assassinat avait été le fait d'un seul homme: Lee Harvey Oswald, à son tour, assassiné, à peine deux jours après JFK par Jack Ruby. Ce dernier, aurait aussi choisi de se faire justice lui-même en tuant à son tour celui qui aurait fait tant de peine aux États-Unis. Pas de conspiration, pas de communistes (outre Oswald) enragés, pas de CIA (bien entendu ils avaient le nez partout dans cette enquête, ils ne se seraient pas impliqués eux-mêmes...), pas de gouvernement étrangers, quoique les nouveaux document révèlent que la Commission a largement exploré les pistes Cubaines et Soviétiques, pas de services d'intelligence des États-Unis ou d'activistes conservateurs de droite, pas plus de frustrés de la baie des cochons.

Juste Lee Harvey Oswald.

Ce qui ne fait aucun sens. La trajectoire des balles tirées ayant fait des trajectoires impossibles pour atteindre et JFK et de côté, et de face, ainsi que le sénateur Connoly (qui a survécu au drame) dans la cuisse. C'était la théorie de la balle magique capable de se promener dans toutes les directions.

Lee Harvey Oswald.

LHO était un ancien marine qui avait voyagé en Union Soviétique, parlait un russe fort baclé, était un avoué communiste, qui aurait tiré au minimum trois fois de la fenêtre d'un dépôt de livre. Il a été arrêté le jour même, caché dans un cinéma, après avoir tué un policier sans réelles raisons. Il a toujours nié avoir tué le président, se considérant comme le parfait bouc-émissaire.
Deux jours après son arrestation, Jack Ruby l'assassine à son tour, (pour le faire taire?) en direct à la télévision, pendant que Oswald était transféré d'un endroit à un autre. Ruby ne s'expliquera jamais sur son geste autrement qu'il pensait faire un acte que les États-Unis en entier souhaitaient. Ruby est pour sa part décédé en prison en 4 ans plus tard, en 1967. How convenient.

Le second tireur & Grassy Knoll

33%  des Étatsuniens croient qu'un seul homme aurait été derrière les deux meurtres (JFK & Oswald). 61 % croient qu'au contraire, bien des commanditaires se cachent derrière. En 1988, avant même le film d'Oliver Stone sur le sujet, seulement 13% des Étatsuniens croyaient qu'Oswald avait agit seul. Presque tous les spécialistes ont confirmé qu'au moins un second tireur devait être impliqué puisque les directions des balles sont totalement contradictoires et physiquement impossibles dans leurs trajectoires. Des balles ont été tirées de Grassy Knoll, un terre-plein gazonné, placardé d'un clôture. Le sénateur Connoly a toujours dit qu'il savait qu'il avait été atteint par une autre balle que celles qui atteignaient JFK.

L'Homme au parapluie

C'était une splendide journée ensoleillée, alors pourquoi brandir un parapluie? Étais-ce un code? Celui qui tenait le parapluie est devenu un cas d'obsession lors de l'étude du film Zapruder. Son parapluie contenait-il des armes? Envoyait-il des signes codés aux tireurs?  Le recherchiste Josiah Thompson appellerait cet inconnu: l'homme au parapluie.

Louis Steven Witt a mis fin au mystère en 1978 en avouant avoir été cet homme, qui voulait protester contre les positions presque pro-nazies du père Kennedy, Joe. Joe Kennedy était un bon ami de l'ancien Premier Ministre Neville Chamberlain, et, ensemble, ils étaient tous deux en faveur de lois qui auraient apaisés les peines imposées aux Nazies après la Seconde Guerre Mondiale. Chamberlain avait très souvent un parapluie et y était identifié dans les mémoires collectives. Witt espérait que JFK comprendrait la référence.

Pas eu le temps, 'était occupé à mourir.

Mexico City

Lee Harvey Oswald avait visité Mexico City 6 jours avant le 22 novembre 1963. Si son russe était bâclé, son espagnol était pire encore. Les nouveaux documents parlent abondamment de ce séjour l-à-bas, où il aurait tenté d'obtenir des visas cubains et russes des deux ambassades respectives sur place.

Plusieurs s'entendent pour dire qu'il collaborait avec beaucoup d'autres personnes au Mexique. L'ambassadeur des États-Unis au Mexique savait qu'Oswald tramait quelque chose, mais personne n'a voulu l'écouter. En revanche, une fois le meurtre perpétré, la CIA a ordonné à l'ambassade d'effacer toute piste cubaine. Sans dire pourquoi.

La CIA, un peu comme l'UPAC chez nous, a la main lourde sur bien des droits humains...

Les conspirationistes et les curieux épluchent les nouveaux documents rendus publics sur le sujet depuis le 26 octobre dernier...

Fun for the land of the gun.

vendredi 3 novembre 2017

Laïka

Le premier satellite artificiel lancé avec succès en orbite, Spoutnik 1, est lancé en octobre 1957. C'est un retentissant succès d'estime mondial.  L'URSS, en pleine guerre froide ne s'attendait pas à un tel point d'orgueil.

Nikita Krouchtchev, tel un otarie dans l'eau, en reste fort excité. Il exige qu'on fasse mieux encore. Il convoque son spécialiste responsable du programme spatial soviétique et lui demande si il peut faire mieux afin de commémorer le 40ème anniversaire de la révolution russe...dans moins d'un mois. Son spécialiste avait mis toute son équipe en congé puisque celle-ci n'avait pas pris une seule journée de congé depuis plusieurs années. Il doit alors tous les rappeler d'urgence. Pendant 4 semaines, on trimera dur.

Un satellite plus sophistiqué baptisé Objet D et pouvant emporter un être vivant est en essai, mais rien ne pourrait être prêt avant décembre. On conçoit donc un nouvel engin, à la hâte, beaucoup moins sophistiqué. On l'appellera Spoutnik 2, mais l'engin, en quatre semaine, est très vite fait. On le construit à partir de dessins approximatifs. On y glisse des instruments scientifiques, des spectomètres entre autre, afin d'étudier les radiations solaires et les rayons cosmiques.

Le 12 octobre, on décide qu'un chien sera catapulté dans l'espace.

Spoutnik 2 sera munie d'un système de support de vie constitué d'un générateur de dyoxygène et des dispositifs empêchant de s'empoisonner au dioxyde de carbone. Un ventilateur s'active lorsque la température de la cabine dépasse les 15 degrés celcius. On mettra le chien dans une combine de sangles permettant de limiter ses mouvements dans l'étroite cabine capitonnée. Un réservoir de caoutchouc sera ancré sur le chien afin de récolter ses urines et excréments, fixé à son bassin. Un électrocardiogramme sera fixé sur lui afin de calculer son rythme cardiaque et d'autres instruments calculaient sa respiration, sa pression artérielle et ses mouvements.

On trouvera le chien, errant, dans les rues de Moscou. Ce sera une chienne. On lui prête à peu près 3 ans et elle pèse à peu près 12 livres. Le personnel soviétique lui donne plusieurs surnom:
Koudriavka (petite bouclée), Joutchka ou Limontchik. Comme la chienne est un husky sibérien, et que ce type de chien est appelé Laika en Russe, on l'appellera Laika.

Aux États-Unis, on l'appelle Muttnik comme dans chien bâtard avec la suffixe soviétique "nik" .
En France, on appelle la chienne Frisette. Ou "curly" puisque déjà la France s'anglicise.

La chienne Albina sera celle qui testera deux vols sur une fusée-sonde en haute altitude. Une troisième chienne, Mouchka, testera l'instrumentation et l'équipement autonome de survie.

Afin d'acclimater Laika à être confinée dans un endroit étroit, on la place pendant des semaines dans des cages de plus en plus petites. Pendant plus de 20 jours. Mais Laika cesse de faire ses besoins et devient en piteux état. On lui prodigue des laxatifs mais elle devient agitée et franchement dégueulasse. Elle sera placé dans une centrifugeuse afin de simuler l'effet de départ de la fusée. On reproduit aussi les bruits que le décollage devrait faire afin d'habituer la bête à son expérience. Tout ça double le rtyhme cardiaque de Laïka et la pression sanguine double aussi. On l'habitue au gel nutritif comme seul aliment. ce qu'elle mangera à bord et dans l'espace.

Läika est placée dans sa capsule, quatre jours avant le décollage. Il fait alors très froid. Un tuyau relié à sa cabine régule la température afin de la garder au chaud. Juste avant le décollage, on éponge le pelage de Läika avec de l'alcool et on lui place de l'iode, là où on met les électrodes.

Quand Spoutnik 2 décolle, son battement de coeur passe de 103 battements par  minute à 240. La coiffe protectrice est larguée avec succès. Mais le régulateur thermique ne fonctionne pas comme prévu. Avec moins de 4 semaines de travail, impossible de fixer un système vraiment fiable.

La cabine surchauffera et Laïka meurt entre 5 et 7 heures plus tard.

Spoutnik fera 2570 tours autour de la terre, avec une chienne morte à bord. La capsule est détruite lors de son retour sur terre le 14 avril 1958, au dessus des Antilles. La dépouille de Laïka aussi.

La brave et innocente Laïka mourrait aujourd'hui, il y a 60 ans.
Sacrifiée par orgueil et dans une moindre mesure, pour la science.

jeudi 2 novembre 2017

O.U.T.

Toute la matinée d'avant-hier, j'anticipais le discours de Guy Ouellette, ancien policier, en brouille avec le patron de l'Unité Permanente Anti Corruption (UPAC), Robert Lafrenière, et député élu au parti Libéral. Mais surtout, Président de la Commission des Institutions, qui avait comme tâche d'étudier, justement, le cadre de travail de l'UPAC. Ouellette veut plus de gardes-fous autour de l'UPAC, l'UPAC en veut moins.

Ouellette s'est fait piéger par l'UPAC dans un guet-apens, on l'a interrogé, on a plutôt dit qu'il avait été arrêté.  En fait personne ne voulait dire qu'il avait été arrêté, il a fallu arracher des aveux de l'UPAC, et encore là, quand on a dit qu'on l'avait arrêté, on ne l'a jamais nommé, en disant simplement qu'on avait arrêté quelqu'un afin qu'un crime cesse de se produire.

Afin qu'un crime cesse de se produire...

C'est la partie la plus intrigante de l'énoncé. Mais l'UPAC a menti. Puisque 2 personnes avaient été arrêtées. Annie Trudel aussi avait été arrêtée, perquisitionnée et questionnée. Nous reviendrons à elle plus loin.

O comme Ouellette
Guy Ouellette a suivi le rendez-vous donné par un ancien policier (comme lui) qui menaçait, par texto, de "tout révéler aux journaux". Il a été piégé, c'est l'UPAC qui voulait le coincer et qui l'a fait. Ce qui s'est alors passé sur place relève du mystère.

Ça a créé une réelle stupeur partout. Dans tous les partis politiques. Était-ce un réglement de compte? Ça en avait tout l'air. L'homme intègre que tout le monde semblait décrire, arrêté? Les repères d'à peu près tout le monde étaient déstabilisés. Les colonnes du temple ont tremblé. Les Libéraux, les premiers, chient toujours dans leurs culottes. Les Libéraux comptent leur lot de fraudeurs de tout acabit. Ils savent trop bien que si on arrête un homme juste comme Ouellette, que se passera-t-il si on arrête un autre ministre? Les prétextes seront innombrables.

Mais voilà, le discours que j'anticipais de Ouellette, que plusieurs anticipaient, (que certains ont même décrit de la sorte), avait le potentiel d'être historique. Je m'imaginais Ouellette ne faire passer qu'un seul et unique message qui aurait coloré tout le Québec d'une saveur héroïque avec lui en figure de proue.
"Je voudrais faire comprendre à tous que je suis du côté des justes. Et que le mal s'attaque à un homme juste."

Simple. La table avait déjà été mise par plusieurs durant la journée. Ouellette est un homme intègre. C'est à un pas d'un homme juste.

Mais voilà. Ouellette a fait patate avec son intervention en chambre. Il n'a rien dit qu'on ne savait pas déjà. Il a plutôt évoqué la guerre fratricide. Il a parlé d'intimidation sans précédent. C'est faux. Il y a eu des précédents. You're not that big, descends de ton cheval blanc. On a retenu les mots de Chagnon à la place. Le Président de la Chambre.
Ouellette avait la chance de se placer au dessus de la mêlée. Ne l'a pas fait. Il n'a fait que la vierge effarouchée. Il n'avait pas besoin de l'immunité parlementaire pour parler comme il l'a fait. Il aurait pu dire ce qu'il a dit dans les corridors. Il a manqué son rendez-vous avec l'histoire.

Ouellette n'est peut-être pas si pur.  Peut-être ne pouvait-il pas faire plus.
Il pense qu'il est le dernier obstacle (comme Président de la Commission des Institutions) vers l'adoption d'un projet de loi qui ferait de l'UPAC, un simple corps de police. Et que c'est pour ça qu'on tente de l'intimider/de le museler.


U comme UPAC
L'Unité Permanente Anti Corruption est une unité d'enquête, de vérification et de prévention, sous la responsabilité du Commissaire à la lutte contre la corruption (Robert Lafrenière), créée par le gouvernement du Québec le 18 février 2011, par les Libéraux, afin d'enquêter, principalement sur les Libéraux la corruption.

Voyez les tentacules incestueuses?

Y a la police qui enquête sur la police. Toujours toujours TOUJOURS inefficace.
Y a aussi l'UPAC qui enquête sur les Libéraux. Trrrrès facile d'y voir encore parfum de pourriture.

L'UPAC n'a pas l'obligation de toujours se justifier, des enquêteurs enquêtent. Et tout ceux qui veulent mettre leur nez dans une enquête qu'ils conjecturent tant qu'ils veulent,  et c'est horriblement ce que nous faisons, mais une enquête n'est rendue publique que lorsque tous les éléments s'y trouvent pour en parler. Les Libéraux les ont pressés de s'expliquer.

Et d'après la très suffisante conférence de presse de Robert Lafrenière sur le sujet, on n'en saura pas plus. Les élus seront traités comme n'importe qui. Le crime freiné ne sera pas éclairci tout de suite. Ouellette ne sera pas accusé de rien, mais y aura des accusations un jour. Contre quelqu'un. Quand tout y sera. 

Mais L'UPAC nous prend pour des cons avec ses exercices de sémantiques. On dit qu'on a pas "piégé" Ouellette, on lui a servi un "appât". DUH! on piège les poissons avec des appâts. Fin de la discussion. Alors peut-être qu'on nous prend encore pour des cons partout ailleurs.

L'UPAC se comporte comme si elle savait que Ouellette est véritablement et totalement coincé et compromis. Par quelque chose que seul l'UPAC sait. Ce que Ouellette a quelque peu confirmé en ne se posant pas en homme juste et en soldat honnête, mais en simple vierge offensée, sans explications saines.

Conjectures, conjectures, conjectures.

T Comme Trudel

Annie Trudel. Celle-là c'était une très proche de Guy Ouellette. Et elle a aussi été arrêtée. Perquisitionnée. Questionnée. Et outrée, elle aussi, elle a parlé de collusion entre l'UPAC, l'AMF et des firmes de consultants. Tout le monde à nié. Tout le monde a dit "aucun rapport".

OUT la vérité.
IN les conjectures.

Je voulais pas vous parler de tout ça.
Parce qu'on sait pas.

Et qu'on peut juste dire des conneries d'ici à ce qu'on sache.
Je vous en ai parlé pareil.

Une choses est certaine, on a flirté avec des moments historiques Québécois.
Remis à plus tard.

On a beaucoup beaucoup parlé.
On a encore rien dit.

mercredi 1 novembre 2017

Indira Gandhi

Indira Nehru est issue d'une famille qui baigne dans la politique, son grand-père, Motilal Nehru est une figure dominante du nationalisme indien et a une forte influence sur la famille.

Son père, Jawaharlal Nehru était aussi une figure pivot du mouvement d'indépendance indienne et sera le premier Premier Ministre de l'Inde souveraine. Indira sera fortement influencée par papa, étant exposée toute sa jeunesse à des figures politiques importantes, dont le Mahatma Gandhi, avec lequel elle se fait prendre en photo, enfant.

En 1937, elle réussit, à 20 ans, son examen d'entrée à Oxford après avoir étudié au Sommerville College (d'Oxford). Comme elle a une santé fragile, elle doit retourner régulièrement en Inde et ne complète pas ses études, parce que trop souvent malade. Elle est entre autre victime de la tuberculose.

En 1941, elle s'investit dans le mouvement indépendant indien auprès de son père. L'Inde est alors sous l'empire britannique. Le mouvement se donne une dimension militaire, voyant que l'Inde se bat avec distinction auprès des Britanniques durant la Seconde Guerre Mondiale. On demande même l'indépendance militaire dès 1942. Ce qui sera refusé par les Britanniques. Lors de ses études en Angleterre, Indira fait la rencontre de Feroze Gandhi (aucun lien avec le Mahatma je le rappelle) étudiant à la London School of Economics. Gardés à distance pendant un temps en raison du conflit de la Seconde Grande Guerre, ils se marient en mars 1942.

Quand l'Inde devient indépendante, le père d'Indira en devient le premier Premier Ministre. Assistante non officielle de son père, elle apprend beaucoup de son règne de Premier ministre qui s'étend jusqu'en 1964. Elle se forge aussi beaucoup d'appuis politiques pour le jour où elle voudra, elle aussi, peut-être, devenir PM. À la mort de son père (1964) elle est nommée Ministre de l'Information et de la Diffusion sous le cabinet de Lal Bahadur Shastri. Mais celui-ci décède d'une crise cardiaque presqu'aussitôt. en janvier 1966, à l'âge de 61 ans.

Avec l'aide du Président du Congrès, Indira Gandhi est faite Première Ministre. Très vite, elle devient fort populaire. Tout d'abord c'est une femme, ce qui est bien accueilli dans un contexte politique hostile avec le pays voisin qu'est le Pakistan. En effet, la guerre entre les deux pays fait rage depuis la dissolution du dominion de 1947. On ne s'entend pas sur à qui devrait appartenir le Cachemire, entre autre chose.
La personnalité d'Indira plait d'abord beaucoup et ses politiques économistes populistes sont fortement bien reçues. Elle introduit une économie gauchiste et stimule la productivité agricole. En 1971, elle mène l'Inde à une éclatante victoire sur la Pakistan dans le conflit qui les opposaient depuis toujours. Elle reçoit le prestigieux Bharat Ratna. Trois ans plus tard, l'Inde complète son programme nucléaire et peut fabriquer sa propre bombe. Mais tout n'est pas nécessairement rose pour autant. Depuis le début des années 70, l'inflation fait mal aux citoyens. Les niveaux de vie baissent dramatiquement et des rumeurs de corruption gouvernementale forcent Indira Gandhi à déclarer l'état d'urgence en 1975.

Elle fait alors emprisonner ses opposants politiques, brime les droits individuels à répétition, et censure la presse. On lui prête maintenant des traits d'authoritariste, prête à ignorer les principes de base de la démocratie.

Son fils Sanjay, prend aussi du galon au gouvernement et ternit la popularité du nom Gandhi, popularité devenue presqu'inexistante dans la seconde partie des années 70. Sanjay fait le ménage dans les bidonvilles, ce qui l'aliène d'une large partie de la population indienne. De plus, il oblige un contrôle des naissances, puisque l'Inde est sur la voie de la surpopulation (il ne se trompait pas). La popularité Gandhi devient rare. En 1977, Indira Gandhi perd ses élections. Elle quitte momentanément la vie politique.

Elle est attaquée par des hooligans d'un parti adverse dans la ville de Tamil Nadu, mais est sauvée par un ami nationaliste qui se place en bouclier humain face à elle.

Elle fait un retour en 1980. Elle revient comme ministre de la défense. Son fils Sanjay se tue au volant d'un petit avion acrobatique. Indira amène donc son autre fils, qui ne veut rien savoir de la politique, dans son parti. Ce népotisme est assez mal vu. De plus, elle est très impliquée dans l'escalade de tension entre les séparatistes Sikhs et son gouvernement.

En 1982, Indira Gandhi, Ministre de la Justice, ordonne à l'armée un raid dans un temple sacré Sikh, là où des militants armés s'étaient terrés. Ils seront tous massacrés, ainsi que ceux qui y priaient. Bien qu'elle se défende que l'opération était inévitable, ça ne passe pas du tout.

Deux ans plus tard, elle déclare "si je dois mourir au nom de la nation, je le ferai fièrement".

Deux de ses gardes du corps, eux-mêmes sikhs, la prennent au mot et l'assassinent, criblant son corps de 31 balles.

Hier, il y a 33 ans.