dimanche 3 septembre 2017

Les Chansons Les Plus Populaires de 1940 à Nos Jours.

Les remises de prix annuelles en musique, tout comme la même chose en film, ne rendent jamais vraiment justice aux morceaux qui ont vraiment été populaires. Et c'est même plutôt logique. Un prix est une récompense. Et une chanson immensément populaire est toujours d'abord récompensé par sa popularité. Et sa pérennité potentielle.

Pouvant souvent plaire aux gens de 7 à 77 ans.

Voilà pourquoi je me suis intéressé  aux 77 dernières années musicales et à la chanson qui a le plus marqué l'époque en question. En Amérique du Nord. En anglais.

Survol populaire.

1940: I'll Never Smile Again de Tommy Dorsey.
La chanson enregistrée par le Tommy Dorsey Orchestra offrait la voix de Frank Sinatra accompagnée du choeur des Pied Pipers.

1941: Amapola (Pretty Little Poppy) de Jimmy Dorsey.
Jimmy était le frère aîné de Tommy. Chanson instrumentale cubaine de 1923, Jimmy en a fait une version jaz mettant en vedette Bob Eberly & Helen O'Connell aux voix.

1942: Moonlight Cocktail de Glenn Miller.
Chanson enregistrée le lendemain du bombardement de Pearl Harbor en décembre 1941, mais lancée en janvier 1942. Ray Eberle et les Modernaires y brillent vocalement. Son grand frère s'illustre sur la chanson populaire l'année d'avant...décidément...

1943: I've Heard That Song Before d'Harry James & Helen Forrest.
Woody Allen a beaucoup utilisé ce morceau de sa jeunesse dans ses films. Il avait 8 ans quand elle jouait sans cesse sur sa radio familiale.

1944: Swinging on a Star de Bing Crosby.
Introduite au public dans le populaire film Going My Way, film qui rafle plusieurs statuettes aux Oscars dont ceux du meilleur film, du meilleur acteur (Crobsy) et de la meilleure chanson. Celle-là.

1945: Sentimental Journey de Doris Day & Les Brown.
Entre 1942 et 1944, Brown est incapable d'enregistrer la chanson puisque il y a grève des musiciens. Quand le guerre se termine, la grève la fait aussi. Une jeune Doris Day y est exquise.

1946: The Gypsy de The Ink Spot.
La chanson est formidablement fataliste et raconte l'histoire d'un homme consultant une voyante afin de savoir si sa douce lui est fidèle, ce qu'il sait impossible. La voix du chanteur principal fait des petits miracles sonore là-dessus.

1947: Heartaches de Ted Weems.
La chanson est d'abord lancée en 1931, et fait patate. Puis, relancée deux ans plus tard par l'orchestre de Weems avec Elmo Tanner qui y siffle dessus, et n'obtient pas plus de succès. Weems dissous son band en 1942 pour aller se battre à la guerre. Un DJ retrouve le morceau en 1945, et le fait jouer régulièrement en ondes. Le public est maintenant tout à fait séduit. Et la redemande tant qu'elle jouera tout le temps l'année de la naissance de mon père.

1948: Manana de Peggy Lee.
Cet hommage comique à l'oisiveté offre Peggy Lee, fort hispanisée.

1949: Riders in the Sky de Vaughn Monroe.
Les cowboys ont toujours eu la cote en Amérique du Nord.

1950: Goodnight Irene de Gordon Jenkins et The Weavers.
Un jeune Pete Seeger brille à la guitare sur ce morceau.

1951: How High The Moon de Les Paul et Mary Ford.
Standard jazz des années 40, la version redynamisée par la guitare de Les Paul fera un malheur. Ella Fitzgerald y met du sien aussi, un peu plus tard.

1952: Cry de Johnny Ray & the 4 Lads.
La chanson. écrite par Churchill Kohlman a d'abord été enregsitrée par Ruth Casey, mais c'est le beau Johnny qui la rend immortelle à l'automne 1951 et presque tout 1952.

1953: Vaya Con Dios de Les Paul & Mary Ford.
Encore Les & Mary. Plus soft cette fois. L'Amérique du Nord les aime, mais maintenant l'Amérique du Sud aussi.

1954: Little Things That Means a Lot de Kitty Kallen.
Les gens avaient maintenant besoin de ces petites choses qui font tant de bien.

1955: Cherry Pink & Apple Blossom White de Pérez Prado.
Cette fois, ce sont toutes les Amériques qui vibreront là-dessus.

1956: Don't Be Cruel & Hound Dog d'Elvis Presley.
La révolution musicale.

1957: All Shook Up d'Elvis Presley.
Mon père chantait "'a mâche tout croche, whoo ouh ouh..." et se trouvait ben drôle.

1958: Nel Blu Dipinto Di Blu (Volare) de Domenico Modugno.
L'italie prend le contrôle mondial de la Musica.

1959: The Battle of New Orleans de Johnny Horton.
C'est un prof d'histoire de l'Arkansas qui avait écrit ce morceau afin d'intéresser ses étudiants à son cours d'histoire. Johnny Horton en a fait un hit musical.

1960: A Summer Place Theme de Percy Faith.
Les trames sonores ont maintenant la cote. Rien ne séduit plus les ainés qu'un morceau gentil comme celui-ci.

1961: Tossin & Turnin' de Bobby Lewis.
Voilà une des rares chansons des années 60 à avoir passé 7 semaines #1 au Billboard. D'ailleurs si vous vous dites; Mais dekessé ce morceau là? Jamais entendu! Ce sont tous des morceaux qui ont passé le plus grand nombre de semaines au rang de #1 l'année présentée.

1962: I Can't Stop Loving You de Ray Charles.
Elvis l'a aussi retouchée.

1963: Sugar Shack de Jimmy Gilmer & The Fireballs.
L'orgue y trouve une part heureuse dans ce morceau avec un son distinct.

1964: I Want To Hold Your Hand des Beatles.
Nouvelle titanesque révolution musicale. Jamais plus la musique ne sera la même.

1965: (I Can't Get No) Satisfaction des Rolling Stones.
Les années fameuses débutent.

1966: The Ballad of the Green Berets du Sergeant Barry Sadler.
La chanson était en partie un hommage à James Gabriel, le premier soldat d'origine hawaïenne tué à la guerre du Viet-Nam alors en cours. Un couplet mentionnait même son nom, mais il n'est pas resté au montage final, préférant garder le patriotisme plus générique.

1967: I'm a Believer de The Monkees.
C'était quand même pas Shrek, les amis.

1968: Hey Jude des Beatles.
Chanson alors composée par Paul en pensant à Julian, fils de John Lennon, largement négligé par son papa.

1969: Sugar Sugar de The Archies.
Rarement une série télé en dessins animé aura amené une chanson si loin dans les mémoires collectives.

1970: Bridge Over Trouble Water de Simon & Garfunkel.
Une chanson que ma blonde adore pour l'année de sa naissance.

1971: Joy To The World de Three Dog Night.
La chanson est aussi célèbre pour être celle que l'on joue à la fin de chaque match des Broncos de Denver de la NFL, à domicile. Principalement après une victoire.

1972: The First Time I Ever Saw Your Face de Roberta Flack.
Parlait-elle de ma naissance? Merci Bertie, that's sweet,

1973: Tie a Yellow Ribbon 'Round the Ole Oak Tree de Tony Orlando and Dawn.
Joyeux morceau plein de soleil. 10 Pays la placeront chanson de l'année.

1974: The Way We Were de Barbara Streisand.
Film mélancolique, couple mythique au cinéma, morceau inoubliable.

1975: Love Will Keep Us Together de Captain & Tenille.
Pas vrai, le couple s'est séparé en juillet 2014.

1976: Silly Love Song de Paul McCartney & The Wings.
Formidable construction musicale. Paul avait vraiment la touche.

1977: Tonight's The Night de Rod Stewart.
Les feux de foyers n'ont jamais plus eu le même effet par la suite.

1978: Night Fever des Bee Gee's.
Et le Disco ne fût jamais plus au sommet de son art.

1979: My Sharona de The Knack.
Le new wave arrive.

1980: Call Me de Blondie.
Je t'aurais appelée Debbie, mais je n'avais que 8 ans.

1981: Bette Davis Eyes de Kim Carness.
Être si jeune et belle et avoir une telle voix de fumeuse...

1982: Physical d'Olivia Newton-John.
Et les Gyms de devenir tendance.

1983: Every Breath You Take de The Police.
Le testament musical de la formation The Police et la naissance de Godley & Creme en vidéo.

1984: When Doves Cry de Prince.
Brillante intro, excellente livraison vocale, sensuel clip, vers 2:52 je me sens toujours léviter.

1985: Careless Whispers de Wham!
Une des premièrs ballades sur lesquelles j'ai dansé avec une belle jeune fille. J'ai toujours trouvé que dans le clip, George faisait le bon choix...La coupe de cheveux de l'autre fille reste encore aujourd'hui impardonnable.

1986: That's What Friends Are For de Dionne Warwick & Friends.
Ses amis étaient Stevie Wonder, Elton John et Gladys Knight. La reprise de ce morceau de Rod Stewart (signé Burt Bacharach et Carole Bayer Sager en 1982) avait pour but de verser des fonds à la recherche sur cette maladie que nous découvrions alors, le SIDA.

1987: Livin' on a Prayer de Bon Jovi.
L'ode du average guy.

1988: Beds Are Burning de Midnight Oil.

1989: Look Away de Chicago.
Moi j'aurais préféré vous écrire Love Song de The Cure, bien meilleure à mon goût et votée chanson de l'année par le célèbre tandem cégépien Jake & Jones.

1990: Hold On de Wilson Phillips.
Là, je commençais à me détacher de la musique pop.

1991: Everything I Do (I do it for you) de Bryan Adams.
Ma bande de coeur tendre.

1992: Tears in Heaven d'Eric Clapton
Chanson tragique sur la fin tragique du jeune fils d'Eric. Toujours bouleversant.

1993: I Will Always Love You de Whitney Houston.
Dolly Parton chantée par une future morte précoce.

1994: The Sign de Ace of Base.
Pauvres garçons de ce groupe, quelqu'un s'intéressait à eux? Mesdames ? Il y avait trois Berggren dans ce quatuor, tous de la même famille, dont les deux (très jolies) filles.

1995: Gangsta's Paradise de Coolio & L.V.
Stevie Wonder, repris par quelques sans talents. Pour le film Dangerous Minds mettant en vedette Michelle Pfeiffer.

1996: Macarena par Los Del Rio
Chanté par votre gérant de banque et votre notaire (les Bayside Boys officiellement).

1997: Candle in the Wind d'Elton John
Qui l'avait d'abord écrite pour Marylyn Monroe en 1972, mais qu'il a redirigé vers Lady Di dont on souligne les 20 ans de décès cette semaine. La ligne d'ouverture devenant alors "Goodbye England's rose" et les paroles étant réajustées conséquemment.

1998: My Heart Will Go On de Celine Dion.
La chanson, aussi populaire que le film. Ceci étant dit, on peut nous foutre la paix, ces temps-ci avec Céline, svp?

1999: Smooth de Santana et Rob Thomas.
La chaleur de l'Amérique du Sud avec un maitre guitariste et le chanteur de Matchbox 20.

2000: Maria Maria de Santana & The Product G&B.
Rihanna et tous leurs contemporains inventent bien peu. On entend beaucoup le riff de ce même Santana sur une chanson de "2017". Comme Carlos ne chante jamais, cette fois c'est The Product G&B qui s'y met.

2001: Thank You de Dido.
Adorable jeune fille, adorable chanson.

2002: Hot in Here de Nelly.
Sensuel le rappeur du Texas.

2003: Crazy In Love de Beyonce & Jay-Z.
Les chansons tirent leur jus d'autres morceaux de plus en plus de nos jours. En 2003, Beyonce et son amoureux scoraient fort avec une partie d'une chanson des Chi-Lites vieille de 33 ans.

2004: Yeah de Usher et Lil'Jon & Ludacris.
C'est fou ce que j'entend encore le refrain de Labrèche B-Q, parodie de show d'été pensée par Labrèche et compagnie. Même sérieux.

2005: Hollaback Girl de Gwen Stefani.
Moins une chanson qu'un skit de cheerleader.

2006: Sexy Back de Justin Timberlake.
J'avoue beaucoup aimer cette chanson. Plaisir coupable. Jour et nuit 

2007: Umbrella de Rhianna.
Chanson signée Sia. Rarement aura-t-on vu Rhianna si longtemps en pantalon dans un de ses vidéos. Croquable enfant que cette jeune femme.

2008: Low de Flo Rida.
Chanson de fête. Absolument. Mais on y chante de moins en moins.

2009: I Gotta Feeling des mêmes Black Eyed Peas.
Définitive chanson de fête, pour se partir un fameuse soirée. J'aime encore me partir une soirée là-dessus. Mazeltoff!

2010: Tik Tok de Ke$ha.
C'était avant les tortures mentales de Dr. Luke.

2011: Rolling in the Deep d'Adèle.
Ça aurait pu être bien des chansons de la fille de Tottenham, mais celle-là nous renverse dès le départ.

2012: Somebody That I Used to Know de Gotye & Kimbra.
Formidable morceau du chanteur de Bruges. Brûlée par la radio d'alors. Elle m'a fait rire de bien des manières. Le commentaire `"Turn around, girl" sous le clip entre autre.

2013: Blurred Lines de Robin Thicke & T.I. & Pharrell Williams.
La chanson qui a fait naître et mourir Robin Thicke. C'est drôle, moi je trouvais qu'il volait Prince bien avant Marvin Gaye.

2014: Happy de Pharrell Williams.
Cette chanson a rendu tout le monde heureux. Ou colérique. En Iran, on a arrêté les 6 gens heureux du clip hommage à la chanson. On aime pas les gens heureux en Iran.

2015: Uptown Funky World de Mark Ronson & Bruno Mars.
Ne chantez jamais sur le même ton "Don't believe me, just watch", je l'ai fait en public, perdu pleins d'amis. Contentez vous des "Tudodo tudodo tudow" du début. Contrairement à ce que les gens pensent, Ronson n'est pas le fils de Mick Ronson, guitariste des Spiders From Mars de Bowie, qui a lui aussi un fils appelé Mark Ronson, né en 1975, toutefois. Confusion alors justifiée.

2016: Love Yourself de Justin Bieber.
Remplacer le titre par FuckYourself et les paroles fonctionnent toujours aussi bien.

2017: Despacito de Luis Fonsi Daddy Yankee et Justin Bieber
Peu importe ce que vous en penser. Ayez un peu d'humilité.

Et d'honnêteté.

Y avait rien de plus populaire cette année.

samedi 2 septembre 2017

Indices de Feu

Oui, c'était la chose à dire afin de ne pas semer la panique dans la population. Mais en privé. Régis et sa police, doivent absolument se pencher sur ce qui n'est plus du tout du geste isolé mais bien une tendance qui se profile comme un requin sort son aile de l'eau.

La semaine dernière, on apprenait que la voiture du président du centre culturel islamique de Québec, Mohamed Labidi, avait été incendiée.  Régis a vite dit que c'était de l'ordre du geste isolé. Que non.

Après la tête de porc, le terrible attentat contre un centre de prière faisant 6 victimes, le refus de la ville de St-Apollinaire pour y établir un cimetière musulman, la lettre qui suggérait une fosse à purin de porc comme cimetière pour les musulmans, la meute qui marche en silence pensant imposer le respect là où il flatte la dormant racisme. on ne peut définitivement plus parler de gestes isolés.

Il faut parler courant. Comme dans courant de pensée. Comme dans petit feu deviendra incendie si il n'est pas étudié à temps.

C'est, je le souhaite très fort, ce que la police du 418 se concentrera à faire prochainement. Le maire a tout à fait le devoir de, publiquement, ne pas alarmer les citoyens, mais la police doit être allumée sur la chose. Ce n'est pas être alarmiste que de simplement y sentir le roussi.

Il y a tendance. Et toute tendance finit toujours par s'éteindre. Mais les braises de la haine sont bien vivantes en ce moment. Et pas simplement à/au Québec.

Reste qu'outre le triste assassin de la mosquée de Québec, on a arrêté personne en ce qui concerne les multiples menaces dont été victimes les musulmans du 418. Ça envoie le signal que soit
A) on ne comprend pas le phénomène
B) on ne le prend pas au sérieux
ou encore C) les deux.

Étrangement, il y a quelques années, dans cette même ville, Québec, on avait créé un groupe, (Scorpion) afin d'enquêter sur la prostitution juvénile. Ce qui a donné de fameux résultats. Car la situation était devenue grave pour certaines mineures.

Pour les musulmans de Québec, la situation est aussi grave. Et aucun comité ne semble se mettre sur pieds. En tout cas, pas à l'écriture de ses lignes. Si, après enquête, on découvre que ce n'était que la haine de deux pelés et un tondu, tant mieux, mais au moins, on aura combattu le début d'incendie.

En ce moment, on semble se contenter de regarder l'état et la progression des flammes.

Développer une expertise policière et une sensibilité face à un domaine précis (ici le crime haineux) ne peux pas être négligeable. D'AUCUNE MANIÈRE.

Dans le cas de la tête de porc laissé au pied de la porte de la mosquée, on a déterminé que ça ne pouvait qu'être de l'ordre de la mauvaise blague et non du crime haineux.

Si on place l'anecdote aux côtés des lettres de menaces, aux côtés de l'assassinat lâche de simples croyants ou de lourds sous entendus que "de vous, on en veux pas", lancé par des St-Apollinois ou des animaux de la meute, on se rapproche du crime haineux.

Si on est pas 100% dans le crime haineux, on est dans le ciblage, dans le harcèlement et l'intimidation absolue.

Il serait temps de faire passer l'indice de feu au code orange.

Une escouade spécialisée peut développer une expertise qui saura, à son tour, cibler les déséquilibres là où on souhaite de l'ordre et de la discipline.

On dit que 80% des crimes haineux ne sont jamais rapportés à la police. On a choisi de taire la voiture incendiée pendant près d'un mois (c'est arrivé le 3 août). Pourquoi au juste? Comme si on avait cherché à protéger Québec d'une réputation qui pourrait finir par lui coller à la peau avec la meute qui allait s'y pointer deux semaines plus loin.

Et on tente de nous faire croire que c'est Jaggi Singh le gros méchant dans tout ça.
Quelque chose me dit qu'on choisit, petit à petit, à pointer Montréal pour tous ses maux.

L'inacceptable doit éveiller le courage et la vigilance.

Pas l'envie de faire passer tout ça sous le radar.
Ou d'être plus lâche que les lâches.

vendredi 1 septembre 2017

Lire La Mer

Des Vecteurs Chatouillant La Part Sombre de Nos Âmes.

C'est ainsi que le membre du Parti Québécois Maka Koto a parlé des récentes sorties voulant freiner les migrations vers le Québec. Ça collerait bien aux partisans de la meute.

La meute a réussi un exercice de relations publiques avec sa sortie silencieuse il y a quelque semaines contre la migration au Québec. "Ces gens recevront 1200$ par mois!" a-t-on dit avec beaucoup de jalousie.

La jalousie ne permet jamais de voir les choses clairement, ni telles qu'elles sont. Les jaloux voient le réel à travers un miroir déformant qui grossit les détails insignifiants, transforme les nains en géants et les soupçons en vérité.

La jalousie, c'est la lie des sentiments humains. La bassesse naît de la jalousie. De bien vilains maux naissent de la jalousie.

Maka Koto est d'origine Camourenaise. Il est critique officiel en matière de culture pour le parti Québécois. Il sait tout à fait ce que c'est que d'être immigrant. Il est arrivé au Québec il y a tout juste 27 ans. Quand il a parlé des vecteurs qui chatouillent la part sombre de nos âmes, il visait surtout son chef, Jean-François Lisée, qui marche sur une ligne très très mince en lançant des choses comme "Dans un Québec souverain, on saurait protéger nos frontières" ou en faisant des parallèles avec le traitement de nos aînés. Je vais vous en faire moi aussi quelques parallèlismes.

Plus jeune, je travaillais beaucoup sur l'eau et j'avais appris à lire les courants des lacs et les vents. C'est beaucoup plus difficile qu'on ne le croit. Atikamekw ou pas. En vous écrivant ici tous les jours, je cherche encore un peu à lire les courants. Lire le flux des eaux. Je n'arrive plus beaucoup à comprendre le PQ que j'ai tant aimé.

Je me demande parfois si je l'ai un jour compris.

Et je recommence à lire les eaux marines. Comme on avait acheté une difficile-à-obtenir vignette de stationnement à mon fils pour le CEGEP, que son horaire commençait à 8H tous les matins, le mien à 6h30 et celui de la belle à 8h30, que rien ne changerait d'ici 2018, il y avait maintenant problème. J'ai donc sacrifié ma personne et je me rends en vélo tous les matins au boulot. Et compte le faire jusqu'en décembre si possible. Et sur le trajet, je croise de très jolis cours d'eau. Je les longe. Les lis. L'eau c'est la totale liberté. Je ne l'ai jamais vu autrement. Voilà pourquoi les Jones y ont toujours tant travaillé.

Je suis séduit par les bernaches qui s'y réunissent ici et là. Par les canards qui y plongent la tête ou qui volent en amoureux, par deux, au dessus des eaux. Je trouve toujours cruel(le), à la fois la côte de fin de journée face à la prison de St-Vincent, mais aussi les bernaches qui s'y tiennent par dizaines. Et les Goélands plus nombreux encore. Se reposant de leur envol. Rappelant aux prisonniers derrière les barreaux qu'eux, ne pourront pas espérer prendre leur envol de sitôt. Et face à la prison, la Rivière des Prairies. L'eau. La Liberté. C'est drôle de constater à quel point ses deux types d'oiseaux si différents s'entendent si bien sur un même terrain...

Je ne suis plus certain qu'il y ait encore des prisonniers à la prison de St-Vincent.

Au PQ, on semble traîner tant de boulets...

Le parti Québécois s'est 100% planté avec son projet de "charte des valeurs". Personne n'a besoin de charte des valeurs. Pas plus qu'on a besoin de se faire encadrer ou dire comment se servir de son bras gauche. Ou de se faire dire comment lire la mer. Le PQ s'enlise assez profondément dans les maladresses de toute part. Et je ne suis pas du tout d'accord avec Option Nationale et Quebec Solidaire, encore moins avec les belles-mères comme Louise Harel qui veulent prendre leurs distances des propos récents de Lisée sur "les invités de Trudeau".

Désolé, mais il a raison. Je vous l'écrivais y a pas longtemps, ces gens ont surtout (pas tous) répondu à l'appel de Selfie Trudeau. Et vous ne voulez pas parler d'argent? Mais alors que faites vous en politique? Lisée a le courage de ses mots. Malhabiles, mais j'aime mieux un chien un peu baveux qu'un chat domestiqué en politique.

Ça me peine un peu de penser que nous vivons maintenant probablement dans un Québec Libéral à vie.

Le décomplexe de certains discours sociaux en ce moment nous fait avoir en horreur la liberté d'expression. Et voilà que ça sert la CAQ? Vous avez lu les écrits de la meute??? À faire vomir.

Au travail, un collègue me disait, tout de ce qu'il y a de plus sérieusement qu'il songeait se joindre à eux. Je lui ai dit ce que je savais d'eux et lui ai demandé ce qui l'attirait dans ce groupe.

"Ben je pense qu'ils ont raison"

"Pas sur les homosexuels, pas sur les femmes, pas sur les intolérances raciales"

On a pas voulu ce moment plus inconfortable qu'il ne fallait, alors on a pas poursuivi sur le sujet. Mais voilà ce qu'est devenu ma planète maintenant. Une inconfortable île. Où l'argent et l'ego dominent.

L'île ne m'importe pas autant que l'eau autour.

Je pense Lisée probablement enchaîné par quelques têtes brûlées au sein du parti.

Mais c'est con, j'essaie de lire les eaux et- c'est le lot de l'opposition me direz vous-
j'y lis surtout l'amer.

Et pas assez la mer.