mardi 6 octobre 2009

Paniers percés Allemands


C'est une histoire allemande.

Une sale histoire allemande.

D'un peuple qui aura vécu toutes sortes de merdes au travers des âges.

Meilleur film étranger oscarisé à Hollywood l'an dernier, La Vie Des Autres le film de Florian Henckel von Donnersmarck n'a pas été, pour son principal protagoniste, un film comme les autres. Il connaissait bien le sujet. La RDA, la Stasi et l'histoire de ce petit pays sont une part de sa vie. Une part d'ombre dont il se serait bien passé. Le succès du film a relancé le débat sur les moyens d'oppression de la dictature est-allemande. Le film fait aussi un incroyable écho à la vie de son principal interprète.

Ulrich Mühe campe de façon saisissante le rôle de Gerd Wiesler, un officier de la Stasi, la police secrète, chargé d'espionner une actrice célèbre et son compagnon. Georg Dreyman est un dramaturge sans histoire, en phase avec le régime. L'appartement des deux victimes, criblé de microphones, est directement relié à un studio d'écoutes installé sous les combles. Wiesler les espionne jour et nuit, jusqu'au lit. Armé d'écouteurs et d'une petite machine à écrire, il remplit inlassablement des pages de rapport dans le curieux jargon de la Stasi.

Wiesler juge la mesure justifiée : les artistes sont par nature suspects à ses yeux. Jusqu'au jour où il comprend qu'il est l'objet d'une machination abjecte : le ministre de la Culture, Bruno Hempf, n'a commandité ces écoutes que pour obtenir la chute de Dreyman et les bonnes grâces de Christa-Maria Sieland, l'actrice qu'il convoite.

Comme des millions de ses concitoyens, Mühe, l'acteur, a vu ses faits et gestes espionnés pendant des années par la police politique est-allemande. A la chute du Mur, les archives de la Stasi représentaient 180 kilomètres de dossiers, reçelant les informations les plus banales («A quitté son domicile à 6 h 45. Retour à 16 h 30») et les pires trahisons. Les premières pages du dossier de ce comédien célèbre remontent aux années 70. Il est alors étudiant à l'école de théâtre. A la lecture de son dossier, l'acteur découvre comment ses camarades, puis ses collègues de théâtre et jusqu'à la quasi-totalité de ses voisins l'ont espionné avant de livrer leur maigre butin à la redoutée Stasi.

On ne parle plus du film ici, on parle de la vie du comédien!

Son ex-femme, Jenny Gröllmann, sans jamais livrer d'informations sur lui, aurait été, elle aussi, une indic de la Stasi, une «IM» (Inoffizieller Mitarbeiter), sous le nom de code de «Jeanne». L'affaire fait grand bruit à la sortie du film La Vie des Autres en Allemagne. Mühe, appuyé par la BStU (l'administration chargée depuis 1991 de la conservation et de la gestion des dossiers de la Stasi), est convaincu de la culpabilité de son ex-épouse. Deux historiens, Jochen Staadt et Tobias Voigt, autorisés à lire les quelque 500 pages du dossier de l'actrice, confirment le soupçon. Mais Jenny Gröllmann, très populaire à l'Est du temps de la RDA, se tourne vers la justice. «Mon nom a été traîné dans la boue», s'insurge-t-elle. Elle plaide que son dossier a été inventé de toutes pièces par la Stasi. En juillet 2006, un tribunal de Berlin admet qu'il existe des «motifs de suspicion», mais, faute de preuves, interdit à Ulrich Mühe d'accuser Jenny Gröllmann d'avoir été une IM. L'actrice est depuis décédée, en août 2006, d'un cancer.

Aujourd'hui, les spécialistes continuent à s'affronter sur le dossier Mühe-Gröllmann, symbole des déchirements de la société est-allemande après la réunification. Ceux qui ne voulaient pas collaborer avec le régime en avaient les moyens. On sait aujourd'hui que la moitié des personnes que la Stasi a approchées pour leur proposer de collaborer ont refusé. Et ceux qui refusaient ne risquaient pas grand-chose. Ils s'entretenaient de tout ce qui leur pesait avec leur prêtre. Après, on les laissait tranquilles.

Le parti communiste est-allemand, la SED, a survécu à la chute du Mur dont on fêtera bientôt le 20ème anniversaire. Depuis, il contribue largement au discours actuel, qui veut que la dictature communiste en Allemagne n'ait pas été "si dramatique". Le simple fait que de nombreux ex-fonctionnaires du régime et d'anciens collaborateurs de la Stasi occupent toujours des positions politiques de premier plan contribue à présenter le régime est-allemand comme un moindre mal.
Régulièrement, de nouvelles affaires viennent rappeler que «les coupables sont parmi nous». La récente rencontre préparatoire des ministres des Finances du G8 s'est tenue chez un ancien informateur de la Stasi reconverti dans l'hôtellerie de luxe. L'hebdomadaire Der Spiegel vient de révéler que le président de la chambre de commerce et d'industrie de Magdebourg, homme aux multiples casquettes (conseiller du ministère régional de l'Economie, membre du conseil de surveillance de la banque d'investissement de Saxe-Anhalt...), a collaboré avec la Stasi de 1986 à la chute du Mur. Le monde du sport, l'un des anciens piliers du régime, regorge de cas. Les vice-champions d'Europe 2006 de patinage se battent pour conserver leur entraîneur, Ingo Steuer, que la Fédération allemande de patinage veut limoger à cause de son passé à la Stasi.

De fait, l'Allemagne est loin d'avoir achevé sa «déstasification». Aux yeux de certaines victimes, le pays réunifié aurait même délibérément évité de fouiller dans le linge sale de l'ex-RDA, au nom de l'unité nationale.

Le refus de reconnaître ses torts de la part des anciens de la Stasi, de demander pardon rend toute réconciliation impossible. Aujourd'hui, ce qui domine dans la société est-allemande, c'est un silence agressif. Situation similaire à celle de 1945après la défaite du IIIe Reich, observe Mühe. La population ne peut pas changer . Du temps de la RDA, il y avait autant de victimes que de coupables... Ils doivent maintenant apprendre à vivre ensemble.

Dans ce contexte, La Vie des Autres et son héros presque sympathique ont rouvert les anciennes plaies, ravivant le débat autour de la Stasi, faisant même renaître, pour certains Allemands de l'Est, la question de la culpabilité.

Pour le cinéma ce film est grandiose, magique.

Et je n'ai même pas glissé une parenthèse sur l'exceptionelle trame sonore de Gabriel Yared.

Indispensable morceau de 7ème art.

lundi 5 octobre 2009

Kessé qu'ils chrissent à Helsinki??


Le marketing tue.

Dérape.

Dévie de la trajectoire initiale.

Toujours à l'autel du roi Dollars. À l'église de la sainte piasse-sale. C'est toujours TOUJOURS dangereux.

Prenons la LNH. La Ligue Nationale de Hockey.

Il y a quelques années, on a eu l'idée lumineuse de faire jouer deux équipes dehors "comme dans le temps". Les joueurs des Canadiens et des Oilers d'Edmonton se sont gelés les couilles dans une victoire des canadiens 4-2 à Edmonton. On a pu remplir un stade de football, donc à peu près 6 fois la capacité d'un stade de hockey. Donc 6 fois les profits habituels. José Théodore a porté une petite tuque, les meudames l'ont trouvé plus cute que d'habitude encore, McDonald a vendu le ti-masque de gardien avec la tite-tuque, le sous ont fait schlinkaschling dans la caisse de la NHL.

On a répété l'expérience l'année suivante avec Pittsburgh et Buffalo. Le premier jour de janvier. Un froid de canard sur une patinoire extérieure de Buffalo. Une petite neige qui faisait champêtre. L'amoureuse heureuse de cette petite ambiance romantique. Les stratèges marketing contents de voir deux des meilleurs joueurs au monde, Crosby et Malkin disponibles et en santé pour le match. Un résultat sérré scéllé en shootout par Crosby lui-même. Le wunderkid qui fait son numéro. Un scénario Hollywoodien. Encore une fois un stade full capacité. 6/7 fois les profits habituels.
L'an dernier, Detroit et je ne sais plus trop qui (Boston?).

Toujours un succès.

Mais pour qui?

Pour les stratèges du marketing, pour les coffres de la NHL, pour les touristes du hockey, les accompagnateurs et accompagnatrices qui se moquent éperduement du hockey mais qui feront l'effort cette journée là pour vivre une expérience collective différente. Des gens qui, vous pouvez en être certain, ne s'y feront plus jamais prendre. Même pas à la télévision dans le confort du salon parce que le souvenir du froid des gradins ce jour-là les auras effrayés à vie du sport du hockey. (Seront devenus accros du café toutefois pour en voir bu une demie-douzaine pendant le match afin de se réchauffer)

Les joueurs de hockey n'ont peut-être pas le droit de le dire mais ils HAISSENT ce type de match. Des coups de vents qui font dévier la trajectoire de la rondelle, des rhumes, des grippes, des papiers mouchoirs sur le banc, des cols roulés, des tuques sous le casque et des morceaux d'équipement spécialisés qu'ils ne porteront qu'une fois dans leur vie, donc avec lequel ils n'ont jamais eu le temps de se familiariser. Les bons joueurs ne seront peut-être pas bons ce jour-là, les moins bons se découvriront peut-être un talent car même les mise-en-échec le long de la rampe se font différement. On hésite de peur de se blesser avec ses bandes "homemade" qu'on ne connait pas vraiment. On frappe donc moins, ça donne du bizarre de hockey. Pour ne pas dire un spectacle étrange.

Les passes sont faussées car les mouvements de la rondelle le sont aussi. La neige s'accumulant à un rhytme d'enfer si elle tombe du ciel (donc incontrôlable) pourrait légitimement stopper une rondelle se dirigeant vers la ligne rouge des buts derrière un gardien. Ou simplement ne pas se rendre à celui à qui l'on passe.

J'ignore si lancer un peu de neige avant de lancer la rondelle en tir de barrage aurait été une feinte légale.

Une chose est certaine, ça n'a rien à voir avec le hockey et tout à voir avec la pub.

Pute, pute, terrrrrrrrrrrrrriblement pute.

Il y a quelques années on avait fait jouer quelques secondes d'un match de la Ligue Internationale de Hockey à Gordie Howe. Simplement pour pouvoir faire de lui le premier joueur à avoir "joué" dans 6 décennies différentes. Il a joué quelques 15 secondes en ouverture, le temps que la mise-au jeu soit gagnée sur son côté et qu'il se fasse sévèrement frapper le long de la rampe. En fait ce n'était peut-être pas si sévère mais frapper un vieil homme de 70 ans qui ne porte pas de casque apparait toujours plus violent. C'est arrivé deux fois dans le 10/15 secondes en questions et il a retraité au banc. Un vieillard parmi les jeunes ça a insulté l'autre équipe qui s'était donnée comme mission, légitime, de faire en sorte que le vieux pou se rapelle de son aventure folklorique.

Rien à voir avec le hockey. Tout à voir avec le marketing. Pute qui pue.

Là tout le monde s'excite sur les deux victoires des Blues de St-Louis contre les supposé puissants Red Wings de Détroit.

Du calme.

Les Carabins battant le Rouge et Or au football universitaire est pas mal plus prodigieux comme exploit. Pas de circonstances extraordinaires, pas de décalage horaire, une foule qui donne une ambiance. Les Red Wings sont habitués à Hockeytown où la foule hurle son plaisir du début à la fin. Vous avez entendu la foule de Stockholm? Une foule de tennis. Sans les applaudissements et les "ooooh!".

Même chose pour les Panthers de la Floride et les Black Hawks de Chicago qui jouaient à Helsinki. L'horreur d'un public plus ou moins intéressé, d'un décalage inconfortable et d'une patinoire qu'ils ne connaissent pas.

L'an dernier les 4 clubs qui ont commencé l'année en Angleterre et ailleurs en Europe (je ne me rapelle plus où) ont eu un début de saison atroce car ils ont eu beaucoup de difficultés à retrouver leur rythme, de retour en Amérique. Les Rangers, Les Kings, Les Sénators et je ne me rapelle plus du dernier club mais ce fût ardu.

À quand un match avec une balle de tennis pour une journée "le hockey rend hommage au tennis"?

Hey génies du marketing!, voilà une autre belle occasion d'esssayer de tasser la game, qu'es-ce que vous en dites?

Dans les dents


Lorsque le gouvernement a fait passer la loi anti-harcèlement téléphonique je me suis grandement réjoui.

Je fûs l'un des premiers à aller enregistrer mes numéros de téléphones sur le site où il deviendrait maintenant interdit de me solliciter par téléphone.

Toutefois cette loi est pleine de zone grises.

Les journaux entre autres peuvent nous appeller n'importe quand et bien qu'on leur stipule que nous n'utilisons jamais le journal de Montréal sinon en cas de manque de papier de toilettes, ils nous rapellent toujours pareil pour des offres dont on se contrefiche.

Le journal atterit toujours chez nous pareil les weeks-ends quand je passe au club vidéo. Pour gratis. Accote cette offre là voir, Jou'nal de Mourial.

L'inscription de nos coordonées sur cette liste nous as éliminé le flot d'appels de ses mouches à fruits à la recherche de sucre. L'a ralenti beaucoup en tout cas.

L'ajout de l'option de l'afficheur sur notre téléphone a été aussi d'une grande libération. Chaque fois que l'on voit un numéro 1-800 ou 1-613 on ne se force pas piur décrocher le combiné. On sait que ça se ne s'adressait pas à nous mais à notre portefeuille. On prend le combiné, on le dépose sur une de nos portefeuilles et on attend qu'il réponde. Si c'est capital un message sera laissé sur notre répondeur.

Mon dentiste s'appelle Stromberg. Son cabinet: Stromberg & Forget. Il a compris il y a 20 ans que d'associer un nom juif à un nom de la région propose sécurité et assurance au potentiel client.

Je le fréquente une fois par année. Après un traitement de canal il a bien tenté de me ramener à sa chaise de dentiste deux fois par année mais je lui ai poliment dit non merci. Le traitement de canal n'était pas aussi désagréable qu'anticipé. Le seul mal réèl était celui de garder la bouche ouverte si longtemps qu'on en avait mal à la mâchoire. Le vrai mal c'était la facture (Heureusement couverte à 90% par les assurances!).

Bien que je sois à mon affaire au niveau de l'hygiène de mes dents, à chaque visite chez mon dentiste il m'a toujours trouvé quelque chose de nouveau "que je n'aime pas beaucoup, j'aimerais faire quelque chose avant que cela se gâte". Au début je mordais comme un poisson. Mes visites étaient presque trois fois par année. Jusqu'à ce que je m'apperçoive que j'avais développé une relation avec mon dentiste beaucoup plus étroite que je ne l'aurais jamais imaginé.

En fait lui avec mon portefeuille.

Après un temps où je sentais que l'abus s'installais, je leur ai demandé de ne pas me donner de nouveau rendez-vous que je m'en occuperais moi-même la prochaine fois. Don't call me, I'll call you. Renversement du pouvoir conversationel. Si j'ai besoin de vous je vous sonne, sinon laissez-moi tranquille.

C'est le portefeuille qui parle aussi.

Malgré cet avertissement sur place et au téléphone une première fois, le bureau du dentiste a continué d'appeller pour me fixer un nouveau rendez-vous.

Le 15 juillet à midih54, le 16 à 13h59, le 17 à 17h37, le 21 à 17h55, le 22 à 10h03, le 31 à 15h34, le 1er Août à 9h36, le 7 à 11h16, le 10 à 19h15, le 11 à 10h38, le 12 à midih21, le 14 à 10h34, le 17 à 10h30, le 18 à midih33, le 19 à 9h02, le 23 à 17h28, le 24 à 17h30, le 25 à 18h37, le 28 à 15h31, le 3 septembre à 15h06, le 7 à 18h17, le 9 à 13h43, le 11 à 10h38, le 17 à 13h52, le 18 à 20h01, le 19 à 10h16, le 20 à 17h10, le 21 à 13h11, le 22 à 16h14, le 23 à 17h54, le 24 à 18h47, le 27 à 10h46, le 29 à 13h04, le 1er octobre à midih39, le 2 à 13h10, le 3 à 14h33 et hier à 10h37.

Chaque fois j'ai laissé la machine filtrer l'appel. Chaque fois l'assistante du docteur Stromberg laissé le memême message pour moi. Elle a montré son premier signe d'impatience aujourd'hui.

Vous croyez que j'ai une cause devant les tribunaux?

Moi en tout cas je sais que je gagne la guerre de nerfs. Mon portefeuille aussi.

Et mes dents se portent merveilleusement bien. Quand j'aurai des doutes à cet égard je placerai un rendez-vous. Une fois par année.

Pas besoin de frappes préventives dans mon portefeuilles, Stromberg.

On a sonné à la porte tout à l'heure. J'ai répondu même si je n'attendais personne.
Une femme dans la quarantaine avancée qui me disais vaguement quelque chose les élections?

"Bonjour monsieur Jones, je suis l'assistante du docteur Stromberg j'aimerais que nous puissions fixer un nouveau rendez-vous avant la fin de l'année"

J'avais entendu ce message verbatim 37 fois depuis juillet, je l'ai complété en choeur avec elle pour la dernière ligne, ça l'a fait sourire de toute ses dents.

Le plus calmement du monde j'ai pris ma motion de lanceur de baseball de longue relève et j'ai fait un Tug McGraw de moi-même. J'ai planté mon poing fermé de toute mes forces dans le sourire de madame. Lui faisant débouler les escaliers jusqu'en bas.

Sans classe.
Mais par mesure préventive moi-aussi.
C'est George Bush qui m'a appris ça.

J'attends que les ambulanciers viennent la ranimer.

Z'annonçaient de la pluie mais c'est une belle journée.

vendredi 2 octobre 2009

Fasculin/Méminin


Lui à elle:

Lui: "J'aime beaucoup votre style de poitrine"

Elle éclate de rire ne le prenant pas au sérieux.

Lui: "Ben quoi? c'est vrai, ça compte"

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C'est tiré de Masculin/Féminin de Jean-Luc Godard.

Qu'es-ce qu'il pouvait en faire dire des niaiseries à Jean-Pierre Léaud ce vieux bouc de Godard.

Je ne me tanne jamais de revoir ce film très très 1965. Très très Paris, 1965.

Puisque de toute façon je n'ai jamais connu 1965 et Paris seulement 5 jours.

C'est toujours amusant (et regrettable à la fois) de voir à quel point les rapports hommes/femmes étaient minables à l'époque. Ce film est ponctué de scène où les hommes sont de solides prédateurs, voire des agresseurs en puissance et les femmes de consentantes proies qui laissent à leur tourmenteur tout l'espace pour marauder.

J'aime ce film parce que j'aime la spontanétié fauchée de Godard. Les voitures et les scooters de Paris qui envahissent les dialogues. L'arrogance gauche de Jean-Luc. Et Léaud au sommet de sa forme est très très drôle. Innacessible pour le consommateur moyen mais très amusant pour l'amateur d'absurde.

J'ai la triste impression des fois que les relations hommes/femmes n'ont pas tellement évolué au travers des temps. J'ai admiré Flora & Benoite Groult, Je ferais une place à Pol Pelletier dans un de mes films, j'ai lu et relu Susan Sontag, j'ai une admiration sans bornes pour les filles qui accottent les gars sans complexe à tout les niveaux tout en sachant jouer d'une certaine féminité.

Je me dis quelle chance que la femme ait évolué avec le temps.

Et puis je tombe sur Occupation Double...où face à 5 gars la seule question constante pour découvrir son vis-à-vis de la part de madame c'est "Combien tu mesures?"

Dans Masculin/Féminin, Léaud interview une ancienne "Mademoiselle 19 ans" française qui n'arrive pas à situer une guerre qui aurait lieu en ce moment (1965) dans le monde (VIETNAM ANYONE????????). Un peu plus tôt dans la journée je voyais une jeune fille du Québec ne pas être en mesure d'identifier Stevie Wonder. Ce serait un moindre mal pour le commun des mortels mais la jeune fille aspirait à devenir Vidéo-Jockey à Musique Plus!!!!!!!!!!

Il y a quand même quelques brebis égarées en 2009.

L'homme le plus désagréable de la planète terre apparait à 1h26 minutes du film de Godard. La pauvre fille qui endure son barrage de questions devient une femme fort désirable en se défendant avec intelligence des ignominies que lui impose l'affreux interlocuteur.

Il y avait quand même quelques résistantes en 1965.

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Lu dans la ligne de l'épicerie:

Jessica et Samuel c'est fini!

Qui?

"Are you okay?"



C'étais le chaos.

Des pétarades au travers des montagnes. Des explosions au loin. Des cris indistincts. Des avions volant en basse altitude. Les combats étaient aériens comme terrestre. Des avions ennemis croisant des avions alliés.

Le caporal Gregovitch était posté en vigile loin sur la côte Ouest. Il pouvait voir tout ce cirque en panavision. Il n'y avait vraiment rien à craindre de son côté. Il pourrait revenir chez lui dans un mois et dire aux proches qu'il avait pris part aux combats comme un héros alors qu'en fait il était dans un endroit relativement isolé. Seul avec un contact radio. Pratiquement aussi peu en danger que si il était chez lui dans son salon à regarder cela à la télé.

Il y avait bien ses quelques avions qui survolaient son secteur de temps à autres mais à une certaine distance et pour mieux se rediriger vers les montagnes. Il était dans la loge de la guerre. Une guerre il ne croyait plus. Une guerre à laquelle il n'est pas certain d'avoir jamais cru. Il ne voulait plus de sa mission et tenait à retourner chez lui vivant.

Le pilote Stavlas est de la troupe ennemie. Il avait eu le temps de larguer 6 bombes en avant-midi et s'apprêttait à faire de même en fin d'après-midi. Toutefois son Messerschmitt Bf 109 avait été atteint par des tireurs au sol sans qu'il n'eût le temps de le repérer sur son radar. La secousse de l'impact avait été vive mais en gardant son sang-froid il avait réussi à faire volte-face et à s'éloigner des montagnes qui voulaient faire de lui une victime. Il se dirigeait de plein fouet vers le désert quand il s'aperçu qu'il n'avait plus le contrôle de son avion. Il a tout juste eu le temps de s'éjecter avant que celui-ci ne pique du nez et aille s'écraser en flammes dans les dunes.

L'explosion a été bruyante et flamboyante. Le caporal Gregovitch a été captivé par le spectacle pyrotechnique qui s'était déroulé devant ses yeux. Il savait que des avions de ses troupes étaient dans les airs. Il savait qu'ils étaient attaqué par des avions ennemis des airs aussi. L'avion qui venait de s'écraser pouvait être un avion ennemi tout comme un avion allié.

Le parachuté descendait docilement devant le soleil. Un code visuel était établi au sein des troupes pour indiquer si un parachutiste était des nôtres ou non. Toutefois avec l'ardent soleil qui plombait sur le désert, le caporal Gregovitch était aveuglé. Il ne le voyait que par jeux d'ombres.

Le parachutiste Stavlas a tenté de dirigé son parachute mais le manque de contrôle l'a fait brutalement s'écraser contre le sol. Un sol de sable mais à la vitesse où il arrivait il venait peut-être de se casser la cheville.

Le caporal Gregovitch venait d'être témoin de son atterissage. Par réflexe sans réèllement s'en rendre compte il a couru en sa direction.

Quand il s'aperçut que le parachutiste était de la troupe ennemie il a feiné sa course au poitn de s'arrêtter complètement.

Jusqu'alors Stavlas n'avait toujours pas remarqué la présence du caporal Gregovitch. Après avoir maugréé, s'être débarrassé de son parachute et s'être mis sur pied il l'a remarqué pour la première fois.

Gregovitch le regardait stoïque, son arme de pointe à la main.

Stavlas avait bien un pistolet, un poignard et un sabre sous sa ceinture mais ne bougeait pas et le regardait fixement de loin.

Le temps est resté suspendu quelques secondes.

Gregovitch a fini par lui lancer dans la langue universelle:
"Are you okay?"

Stavlas lui a répondu d'un pouce voulant dire tout va bien. Ce souci de sa part en disait long sur le soldat. Il n'avait pas tiré, il n'avait pas menacé, il s'était inquiété de son état. Même si il le savait ennemi. Cet acte de compassion de la part d'un frère ennemi l'avait otuché une fraction de seconde. Stavlas compris tout de suite que Gregovitch était un bien mauvais soldat. Un soldat qui ne savait pas tuer.

Stavlas s'est mis à marcher tranquillement en direction opposé de Gregovitch. Un soldat qui ne savait pas tuer ne lui tirerait pas dans le dos.

Gregovitch de son côté à rebroussé chemin.
En marchant de reculons vers son poste.
Personne ne saurait.

Comme à la fin de toutes les guerres, personne ne saurait jamais.

Personne ne saurait jamais, vraiment.

jeudi 1 octobre 2009

CNIL-TV


Sale grippe abominable.

J'ai écouté François Paradis 8 minutes aujourd'hui.

Maux de tête, nausée, étourdissements et perte de désir de la vie s'en sont ensuivi.

Cet homme est comme une mauvaise blague que l'on ne cesserait de répêter à satiété. Il était ridicule la première fois pourquoi insister? Présentement sur le web deux comédiens l'imittent. Lui ou l'autre populiste Mongrain. Je dis deux comédiens mais ça pourrait être plus, je n'ai pas fait de recherche exhaustive. Ces clips atterissent dans ma boite de courriel et franchement ils sont si près de l'original que lorsque l'on voit l'original on se surprend à déprimer. Car lui, il est sérieux, l'original. Il se croit.

Et pourtant c'est tout le contraire de ce que la télévision devrait être. Même chose pour Claude Poi'ier. L'autre jour ma fille m'a demandé pourquoi il criait le vieux monsieur à la télé. Je lui ai poliment dit qu'il avait arrêté l'école un peu vite quand il était petit et voici comment il était devenu. Elle est replongée dans ses devoirs, paniquée de peut-être devenir ainsi elle aussi un jour.

Et puis, alors que la migraine commençait tout juste à s'estomper, apparait soudainement sur le coup de 18h00 le pantomime Richard Latendresse. Les ulcères d'estomac toi...
Depuis Stéphane Dion et son drôle de vidéo la PLANÈTE ENTIÈRE a comprise que faire du tournage sous forme de Webcam est une hérésie.

Pas TVA.

TVA nous offre Richard Latendresse en Bubblehead au moins une fois par semaine. C'est toujours aussi ahurissant. Ça doit achever quelques petits vieux dans les foyers c'est certain. L'humoriste François Maranda nous en offre une délicieuse version.

C'en était trop. J'ai fermé la tivi et ai écouté la match des canadiens à la radio. Mais voyez-vous même à la radio on semblait dire que Mike Komisarek s'en tirait avec beaucoup. Coups de poings, double-échec, obstruction, accrochage, coup de coude, largement impuni.

Je me suis dit la vie est trop courte pour avoir des envies de mourrir ainsi.

J'ai écouté un requiem de Mozart et me suis stuffé de dryxoral.

Ce n'était peut-être que du mauvais rêve tout ça.

malheur de grippe/bonheur d'oreilles



"ARTCHA!!!!!!!!"

J'ai éternué si fort avec tant d'abandon que les gens du hall d'entrée ont sursauté.

Dans le pavillon des langues et des lettres il y avait foule. Le rhume automnal combiné aux multiples parfums démesurés des jeunes femmes torturent mon nez.

Afin de dégager le comptoir d'informations j'ai pris un bon élan.

"ARRRRRRRH1N1!"

Même violence, différent impact. Tout le monde a fui à toute jambes. Même la fille du comptoir a accepté de répondre à mes questions mais à condition qu'elle me parle de là où elle était, c'est-à-dire penchée sous son bureau à 10 pieds de moi.

Me suis inscrit pour le test d'admission au certificat en traduction. Par erreur je me suis d'abord présenté au mauvais endroit. Au pavillon sportif que je connaissais. Fortuitement par contre y travaillait une fille qui avait fait son certificat en traduction justement.

"Ça vaut la peine?" ai-je demandé car après tout elle travaillait ailleurs qu'en traduction en ce moment.

"Oui et non. Moi c'était surtout l'espagnol et les gens font plus confiance aux gens qui parlent espagnol d'origine. Les contrats sont beaucoup plus durs à aller chercher quand t'es une québécoise qui a appris l'espagnol"

Pas grave. Je vise l'anglais.

J'étais tout près d'un Renaud-Bray et tout comme Vincent Lacroix à l'égard de Chez Parée, je me sens toujours attiré tel un aimant par ces lieux où cohabitent littérature/Cinéma/Musique. Et bien souvent s'y trouvent les regards de jeunes filles les plus intelligents de la terre.

J'y suis donc entré afin d'aller tester si je craquais pour le dernier Fred Fortin ou le dernier Dumas. J'ai bien pris les deux albums dans mes mains mais je ne les ai pas écouté. Faisait très froid hier. N'a rien aidé à mon rhume. Mes oreilles ont plutôt été attirées par ce qui jouait.

16 Décembre 1962. Hollywood. L'Amérique n'est pas encore sous le charme de la Beatlemania. Tommy Roe, Chris Montez, Roy Orbison, Jerry Lee Lewis et bien sur Elvis sont encore les saveurs du jour.

Trois musiciens noirs, dont le leader est originaire de Montréal, entrent par la porte d'en arrière d'un studio de Hollywood. Il fait très chaud dehors mais il fait tout aussi chaud en dedans. Le leader du band est compositeur et pianiste. Ses deux acolytes sont habillés de manières très élégantes. Tuxedo, frais rasé, eau de cologne et un mouchoir pour s'éponger le visage de temps à autres. C'est décembre mais c'est los Angeles quand même. Rien à voir avec le décembre de Montréal. Ça fait rire le leader. Il n'est pas tout à fait mince. Certains le prennent à l'occasion pour Fats Domino. Son imposante carrure oblige le respect en cette période de tension raciale. Pour ne pas attiser les foudres inutilement on entre par l'arrière du studio et on garde les yeux au sol. On se tient tranquille. Ce qui est dans le tempéremment naturel du leader d'ailleurs. Ils sont chics et ne jouent pas devant public. Ils enregistrent discrètement à trois ce qui deviendra un classique.

Mais ça il ne savent pas encore.

Ils sont chic par simple respect pour leur maitre: le Dieu Musique. Il est permis de croire en cette légende voulant que l’amour à trois soit possible. Bien sûr, l’amour de la musique, pour ce quelle est, pour ce quelle représente, dans un espace temps qui ne saurait se reproduire que par la magie de la technologie numérique.

Le contrebassiste avait marié une adorable chanteuse au prénom symphonique de Ella et au nom de famille si Irlandais de Fitzgerald. Bien que voilà 5 ans que les deux sont divorcés, ils s'entendent toujours très bien. Elle n'est pas sur cet album mais lui y est au zénith de sa forme.

Le batteur, pour qui, le charme de la discrétion et le contrôle parfait du balais lui doivent sa réputation, s’est joint au groupe 3 ans aupravant. Il est le double parfait du leader du band. Avec des baguettes et des fouets au lieu des notes noires et blanches.

La magie opère.

En décembre 1962 en studio.
En Septembre 2009 chez Renaud-Bray Côte-des-neiges.

"ARRRRRRRRRRRRRRRTCHOUM!!!!!!!"

Stupeurs et tremblements à l'étage.

"AAAAAAAAARH1N1!"

Toute la file de la caisse s'est libérée.

J'ai pu acheté ce merveilleux disque et filer à l'anglaise.
Comme un train dans la nuit...