lundi 23 mars 2009

La valeur des mots, le poids des gestes


Je lisais deux pages d’entrevue sur Yoko Ono dans la Presse samedi dernier.

Toujours aussi détestable cette gosse de riche. Elle a réussi à berner le journaliste et à se dépeindre comme une victime.

En allant porter les films des enfants au club vidéo et en m’en prenant trois autres pour moi dans le processus on m’a donné un Journal de Montréal gratuitement. Convergence oblige. A la une : Yoko Ono et tout juste à côté le mot « exclusif ».

Ce mot a-t-il encore une valeur ? « Exclusif » ? Je venais de lire une entrevue avec la riche veuve de New York. En quoi l’entrevue du J de M est elle exclusive alors ? Bon je comprends que l’angle sera probablement différent puisque ce sont différentes taupes qui rencontré la bête mais comment j’explique le sens du mot « exclusif » à mon fils qui me demande c’est quoi la différence ? Alors qu’ils ont utilisé pratiquement la même photo en plus ? (les entrevues ont été réalisées le même jour puisqu’elle est habillée de la même façon).
Il y a de ses mots qui ont étés complètement vidés de leur sens. Il y a 15 ans je n’avais pas compris que le mot « assistant(e) » avait remplacé le mot « secrétaire ». Quand j’ai eu un emploi d’été où l’on me demandait d’organiser des cocktails et de faire des cafés pour les invités (chose que je ne savais même pas faire car le café n’existe pas dans ma vie) j‘ai vite débandé. Ça a duré 30 jours.
En politique l’utilisation du mot « enfant » a –t-il un impact sur quiconque? Personnellement je crois que ce mot devrait être banni des campagnes politiques car il fait toujours pencher les discours dans le grossier et pathétique.
Prix « spécial » collé sur un produit ça vous fais acheter ?

Des mots sans valeur.

Parlant de pathétique. Outre le poids des mots, il y a aussi le poids des gestes. Vendredi dernier Britney Spears effectuait un arrêt au Spectrum. Le lendemain matin, on nous montrait à la télévision des images de son cirque sur scène. Madame encagée en dresseuse de lion. Pleine de volupté, les cuisses bottées, la hanche lousse, le fouet agile. Après quelques pas de danse assez ordinaires, une courbette de serveuse vidant son cabaret et le fouet qu’elle se lisse dans l’entre-jambe. Quelques miaulements et tout plein d’allusions phalliques assez évidentes. Des évocations qui donnent envie de tasser les enfants et de s’attaquer à la belle brune du salon.

Mais voilà, il est là le problème : les enfants. Alors qu’une collègue du bureau me confirmait que nombre d’enfants étaient accompagnés de leur parents dans la foule au spectacle. Qu’y voyaient-ils ? Qu’es-ce qu’ils y comprenaient ?

D’autant plus que ce sont les Pussycats Dolls, ses danseuses en manque de poteau, qui avaient assuré la première partie.

« maman ? pourquoi le fouet ? »
« pour…pour dompter les mauvais esprits… »
« oui mais elle se frotte sur lui ? »
« …ben…ben…il étais en cage tantôt…c’est un méchant lion… »
« Mais elle aussi était en cage tantôt, avec le lion, sur le dos les jambes en split…»
« oui ben elle dansait avec le méchant… »
« … »
« … »
« Si papa était si méchant comme tu le dis souvent pourquoi ne le mettais tu pas en cage maman? »
« Écoute la musique chérie...»
"la musique?"

Ne nous leurrons pas, c’est très très agréable pour le lubrique spectateur que je suis. Pour l’adulte que je suis qui comprend le jeu. Mais pour le kid ? Mon fils me tire le bras pour que je lui achète de billets pour Simple Plan. Si mon grand de 9 ans étais ma fille, peut-être me demanderait-elle de l’accompagner pour Britney et ses jambons. Qu’es-ce que je ferais ? J’irais en faire une danseuse érotique? "Oh ça lui pique entre les jambes, ma puce..."

Au fond, peut-être ne suis-je que jaloux de ces pré-ados qui accepteront d’être encagées et traitées comme du bétail tout en matant leur matou car ce sera ce qu’elles auront admiré à l’âge ingrat.

Peut-être que c'est juste ça.

Peut-être aussi que ce sont les récents épisodes "d'absences mentale" qui me chicotent aussi.

Peut-être que je ne suis qu'une vieille fripouille passéiste aussi.

Fripouille.

C'est quoi la valeur de ce mot-là déjà?

dimanche 22 mars 2009

Voyage au coeur du désespoir


J'y accordais une importance naive.

Ma visite au salon de l'emploi de Laval.

Et pourtant je savais que cet endroit, encore plus en période de crise économique mondiale, n'aurait qu'â offrir que quelques miettes. Des emplois "qui pourraient" (strike one) m'offrir "Jusqu'à" 11$ de l'heure (strike two) "si" je fais 18 mois de shift de nuit (strike three you`re out).
Mais fallait-il s'attendre à autre chose? Il faut quand même mériter son dû, travailler fort et bien. Fournir les efforts et souffrir pour atteindre ses buts dans la vie. Pas attendre que l'on vous offre un job de rêve sur un plateau dans un salon.

Je n'allais pas à un buffet. Mais ne m'attendais pas à une soupe populaire non plus. Il y a bien eu plus de 10 000 personnes qui ont foulé le sol de la Place Forzanni à Laval. Beaucoup beaucoup BEAUCOUP de gens ne parlant qu'anglais. Beaucoup de minorités visibles. Quelques uns ne semblant parler ni anglais ni français. Pour des kiosques à 99% francophones...D'autres plus mal pris encore avec leur femmes à leur côtés ou leurs deux enfants (dont certains pas propres et pas tenables)aux bras.

Quelle genre d'impression ceci laisse-t-il aux potentiels employeurs? Si tu traines tout ça ici que traineras-tu d'autres au bureau?

J'ai croisé beaucoup de visages très peu inspirant. Des regards de gars et de filles assez éteint. Me fondais-je bien dans cette foule bigarée? Humblement j'ai cru que j'étais un peu au-dessus de la mélée. Mais j'étais dans le champs gauche. Si je faisais la même file que tout le monde c'est que j'avais sensiblement les mêmes besoins. La seule différence c'est que pour l'instant je navigue. Mal mais je navigue. Alors que la plupart ici sont probablement à la mer du sans-emploi. A part ceux qui se promènent avec leurs verres fumés. Se croient-ils déguisés avec des verres fumés? Car plusieurs aussi, comme moi, ne veulent pas être vus en train de se magasiner un nouveau job pour ne pas donner un indice de notre inconfort là où nous sommes chez notre employeur actuel. Ce serait comme un gars qui continue de flirter avec les filles dans les bars alors que supposément en couple et en amour. un parfum de traitrise. Vous engageriez quelqu'un dont vous ne connaissez pas le regard vous?

Voilà qu'une femme d'origine arménienne dont je n'ai jamais su le nom mais qui a été flushé de ma grosse compagnie il y a deux mois me hèle.
"Hey Jones!"
"yo...ta yeule..."

On se jase un peu. On découvre qu'on ne se connait pas du tout. Je lui jase surtout en anglais la forçant à parler une langue qui ne lui est pas naturelle. Car je suis très inconfortable de jaser de mon problème de riche (J'ai quand même un bon salaire un job)par rapport à sa misère de femme dans la quarantaine au chômage. Elle me fait presque une entrevue de sa personne et me laisse avec son numéro de téléphone des fois que je vois quelques chose qui pourrait lui ressembler. Mais...mais je ne te connais pas fille...comment veux-tu...enfin...

Quelques jeunes filles se sont pensées sur des terrasses en été avec leur micro-jupe et leur camisole moulante. D'autres m'ont semblé se maquiller pour la toute première fois de leur vie. J'ai vu un homme avec un pantalon si scintillant j'ai cru que c'était une fille. Le rose surtout. Beaucoup d'hommes semblaient avoir oublié les bases de l'hygiène. Un homme avait dans sa demie-barbe une morceau de salade. je ne sais pas comment longtemps il a pu tenir ainsi sans qu'on lui dise. Il y avait aussi toute une série de mélange de parfums qui créaient une orgie malodorante. Beaucoup de très jolies femmes aussi mais je n'étais quand même pas venu dans un bar pour flirter. Juste avec la fille au kiosque de Simons mais c'est elle qui avait commencé avec son beau "allo" invitant!

Tant de désepoir.

J'étais parti avec 50 cv, suis revenu avec 48. Trop déprimant tout ça.

Pour me changer les idées, l'amoureuse et moi sommes allés voir Dédé à travers les Brumes.

Fort.
Et malsain.
Un véritable séjour au sein de la maladie mentale.
Un passage au sein de l'intensité incontrôlable.
Le film, un véritable hommage au moteur créatif et au sacré talent d'un homme trop lourd pour lui-même.

Avec ce film ma journée restais sous le signe du desespoir.

Le thème a été respecté quand j'ai vu le résultat du match des canadiens contre les atroces Maple Leafs de Toronto.

Y a p'us rien qui me fait rien si tu veux mon avis
Y a surement que'que chose qui est pas normal

vendredi 20 mars 2009

Gredin vendredi


J’aurais du me douter que mon vendredi serait encore une fois une journée composée de petites misères…

Après tout c'est vendredi, où la plus grosse folie chez les gens de ma grosse compagnie est de porter un jean.

Ouh, audace.

On dirait que l’accumulation du stress et sa gestion douteuse des 4 jours précédents font de mes vendredis une perpétuelle catastrophe pour moi.

Tout d’abord vers 6hAM je sors de la maison avec la plus grande discrétion possible. Le ¾ de mon unité familiale nage encore en plein rêve à cette heure là, il est donc de bon ton de ne pas faire de bruit. Toutefois ce matin ce sont une cuiller, ma bouteille de crème à raser et le rasoir de madame qui sont tombés ou dans le bain ou ailleurs, là où ils pouvaient résonner en tout cas. Afin d’ajouter une trame sonore aux rêves d’autrui. Avec un soupir du fond de ma chambre provenant de la belle au bois dormant comme cymbale à mes roulements de tambour.

Le vendredi c'est la collecte du recyclage et des vidanges. Ramassés en cochon par ma ville de plouc. L’amoureuse essaie de faire le plein de cochonneries le jeudi soir tard. Cochonneries qu’elle enligne le long de la porte afin que je les sortes en quittant les lieux. Ce matin il y en avait particulièrement beaucoup pour ma main disponible. Comme tout faire en un voyage est souvent ma mission j’ai encore essayé. Sans succès. J’ai dû revenir ramasser la bouteille cassée dans les marches dehors. Ceci a assurément affolé tous les voisins croyant leur voiture en train de se faire voler.

En m’assoyant dans ma voiture le yogourt qui étais dans ma poche a tout simplement explosé. « Ploc ! ». J’ai donc dû revenir dans la maison et torcher mon deuxième dégât en trois minutes.

Une fois au travail, j’ai envoyé un courriel m’inquiétant de matériel potentiellement en retard. Vous savez le type de courriel ferme mais que l’on ne veut pas désobligeant pour des raisons d’affaires et de savoir vivre. Certaines communications se doivent de rester diplomatiques pour des fins de bon partenariat commercial. Toutefois en voulant faire trop vite j’ai conclu avec « Please advise, Yks ! »


« Tks » est très souvent utilisé afin de contracter le mot « Thanks ». Ici, grâce à un doigt engourdi, mon y-k-s pourrait être interprété par une contraction de « Yikes ». Ou si vous préféré en bon québécois « Wach ». Avec son inexplicable point d’exclamation qui trahissait en fait ma fureur contenue comme cerise sur le sundae.
Avec le ton du reste de mon courriel où j’évoquais le potentiel gâchis, ça donnait soudainement une nouvelle couleur à ma missive. Puis un collègue m’a souligné que sous mon bras gauche, dans mon gilet, se cachait un gigantesque trou…J’ai donc enlevé mon gilet pour découvrir que ma chemise blanche en dessous avait elle aussi un coude troué… plus petit celui là mais décidément.

Quand j’ai su que mon patron ne se pointait pas au boulot le soleil est apparu dans mes yeux.
Mais quand il est réellement apparu dans mes yeux, le soleil, au sens propre et qu’il m’empêchait de m’avancer dans ma journée de travail parce que mon écran d’ordinateur était tout en reflet, là j’ai sacré. Encore plus quand l’imprimante a refusée de me sortir une facture urgente et que je ne pouvais pas la réimprimer.

Puis j’ai appris que deux nouvelles divisions tomberaient sous ma gouverne. Après avoir entendu le fil se briser dans ma tête et avoir déblatéré toutes mes appréhensions et surtout ma haine de l’idée, j’ai été vomir tout ce que j’avais dans le ventre aux toilettes.

Me suis regardé dans le miroir.

Me suis pas reconnu.
C’est qui ce gros ?
Ce vieux ?
Ce gars poché sous les yeux ?
Cette grosse tête à fourre?

Je vais me faire couper les cheveux ce soir.
Je sais ce que je vais dire à la belle Lizbeth.

« Please Advise, Yikes ! »

L'air de...


L’amoureuse utilise souvent l’expression « ça a l‘air fou ».

Ce à quoi je réponds inlassablement : « on s‘en sacre pas mal de ce que « ça a l’air » c’est ce que c’est qui compte ». Qui est quelques fois je le concède, fou.

Il y a bien des fois où notre air donne le ton. Tom Kostopoulos ne sera jamais un grand méchant goon de la ligue Nationale de hockey. Il a un visage beaucoup trop sympathique pour cela. Et en plus il est gentil comme tout.
Mais George Laraque aussi est gentil comme tout et encore plus sympathique mais il a l’air qu’il faut, la taille, les muscles, le regard du tueur. Avant même le premier coup de poing il en a donné deux du regard à son adversaire. Il l’a affaibli mentalement en raison de ce qu’il a l’air.

Les gens dans le bars marquent touts leurs points exclusivement de par ce qu’ils ont l’air. Si tu veux une petite vite t’as intérêt ‘a avoir l’air de celui/celle équipé(e)pour veiller tard.

Je me rappelle Jocelyn Coulon aux dernières élections. Coulon est un respecté politicologue, journaliste et essayiste. Il enseigne le journalisme à l'UQAM et il fait partie de l'Institut international d’études stratégiques. Il a été candidat Libéral dans la circonscription d’Outremont aux dernières élections Fédérales.
Outremont.
Qui n’a jamais été autre chose que rouge.
Foncé.
Et bien il a perdu. Contre Thomas Mulcair. Pas seulement parce qu’il était peut-être mauvais, mais aussi en raison de ce qu’il avait de l‘air . On sous-estime beaucoup l’influence des pancartes d’élections et ce que les gens ont l’air. Coulon est de très petite taille, a le regard fuyant et est chauve. Il est affublé en plus d’un étrange timbre de voix. Une voix qui n’aurait pas complètement mué. Il a donc des airs d’adolescent « pas fini de poussé encore ». Ça joue beaucoup dans l’inconscient collectif ça. Rajouter lui un Stéphane Dion à ses côtés et ça vous donne du furoncle duquel on veut détourner le regard. Ce qu’on a l‘air en politique est capital. Sinon comment expliquer les victoires de Josée Verner ou de Maxime Bernier ? Harper a l’air d’un bon père de famille un peu fasciste dans l’éducation de ses enfants. Ça plait au Canada Anglais ça. « sauvez-nous de ses artistes » semble dire l’Ouest du pays.

Hier j’écoutais Monique Jérôme-Forget. Je la regardais aussi bien sur.
Souffrant non ?
Ce roucoulement de pigeon qui ne cesse de glousser. Cette lèvre supérieure inexistante. Ce regard hagard, ce rouge…rouge dans le budget comme à sa taille…souffrant vraiment.

Pourquoi c’est l’Ukraine qui a les pétards ? vous avez déjà vu Ioulia Timochenko ? Suis convaincu qu’il y en tout plein qui ont voté pour elle juste pour la voir plus souvent un peu partout. Ségolène Royal ne peut tout simplement pas s’être rendue là où elle est sans quelques amours aveugles. Vous l’avez entendu s’exprimer ? EF-FRA-YANT.

Vous avez vu le nouveau président de transition de Madagascar? Andry Rajoelina ? Ne faut-il pas avoir au minimum 15 ans avant de devenir chef d’un parti ? Il n’a pas l’air adulte le moindrement.

Je voyais quelques candidats de Star Épidémie l’autre jour. Il y avait une poupée à la poudre de bébé Johnson de Laval, un vendeur de soulier, deux ados qui avaient mal (à en juger par les « ayoye» lancé continuellement) et une chanteuse. Une vraie. La peau noire. La voix, la beauté, les mouvements, elle avait déjà l’air de ce qu’elle est supposée devenir.

Ce que l’on dégage n’est pas étranger à notre destin.
Voilà pourquoi les Libéraux au provincial et les Conservateurs au Fédéral en sont à leur dernier mandat.
Et que les gens aiment bien Obama.

Mais au fond tout ça qu’est-ce que c’est ?
C’est n’importe quoi
L’air de rien.

La télé de l'émotion


Stéphanie n'avait pas reçu de retour d'appel de sa bonne amie Jessica depuis l'autre dimanche. Jessica avait bien un nouvel amoureux et lui avait d'ailleurs annoncé qu'elle serait assurément moins disponible puisqu'il travaillait de nuit. Se voyant donc plus irrégulièrement qu'un couple normal.

Stéphanie avait quand même décidé de lui donner une leçon. En se présentant à TVA elle savait qu'elle serait choisie car elle était plutôt jolie et présentable. Deux critères indispensables pour passer à TVA. Une belle blonde dont les yeux pouvaient rapeller ceux de Cameron Diaz. "je recherche Jessica Tremblay" avait-elle annoncée aux rechechistes de Claire Lamarche. Elle avait trouvé toute sortes de faux prétextes, de faux conflits d'horaire afin de ne pas faire de petit 8 secondes en pub d'intro durant la semaine qui aurait alerté Jessica trop vite.

Quand le vendredi est venu, Claire a tendu son micro vers elle dans les toutes premières minutes de l'émission.

"Toi ma belle Stéphanie tu recherches une bonne amie d'enfance..."
"Oui c'est Jessica Tremblay, Jessica on a eu tellement de plaisir ensemble, on étais amoureux des même gars, on a pleuré, on a ri ensemble, pis à un moment donné t'as juste arrété de m'appeller même si mon numéro de téléphone avait pas changé. Tu me manques j'ai le goût de te revoir" a-t-elle dit le regard vitreux.

Jessica de son salon a avalé sa gorgée de Sunny delight tout croche.

"HEin? Fanny? de kessé kriss?"

Elle avait tout de suite appellé à TVA.

"Nos Columbos ont trouvé quelqu'un pour toi ma belle Stéphanie, elle est au bout de la ligne...Jessica?"
"ben oui salut Steph..." a dit Jess sur la ligne en direct.
Stéphanie a joué la scène de la fille les larmes aux yeux.
"oh! Jess comment tu vas"
"ben...pas pire toi? qu'es-ce...qu'es-ce que tu deviens donc?" avait-elle répondue inconfortable alors qu'elle voulait plutôt lui crier "T'es ben conne qu'es-ce que tu fais là man? on s'est parlé il y a 15 jours!"
"Ben je suis à montréal toi?"
"mwé too" a dit Jess faisant réagir de ravissement le public en studio.
Claire Lamarche avait dû inviter Jessica à venir les rejoindre car elle avait son visage ahurie de bonheur qui attendais une réponse pointant vers la caméra. Jessica n'avait pas entendu la question mais a bredouillé "ben...je travaille (ce qui n'étais pas vrai mais confondait à son tour Stéphanie)...je peux pas me libérer..."
"On est ici jusqu'à 23 heures nous, tu travailleras toujours à cette heure là?" a dit Claire Lamarche.
"je vais voir ce que je peux faire" a répondu Jessica voyant passer dans l'oeil de Stéphanie en direct un "tu me rapelles pas mon ostie m'a aller te chercher ailleurs" un peu effrayant.


"on a aussi un appel de Manon de Granby pour toi Jean-Jacques" a poursuivi Claire Lamarche sur une lancée. Jean-Jacques s'est levé tout en sourire d'un bond.
"salut..." a sèchement dit la voix de Manon au téléphone.
"salut Manon, comment ça va?" a dit J-J
"Moi ça va bien..."
"comment va ma fille?" a-t-il poursuivi étranglé par une émotion heureuse.
"T'as pas le droit de t'en approcher a dit le juge...tu le dis pas au monde ça toutes les cochonneries que tu y a faites en la battant pis..." a lancé Manon en direct avant que les techniciens de TVA ne réagissent et ne baissent le son. Jean-Jacques a lancé un rugissement de honte et s'est assis tout rouge, la tête entre les mains, voulant mourir en crachant un "ostie de salope!" que même les micros de TVA ont su capter de loin.

Claire était dans tous ses états.

" Alors oui bien entendu il y a des fois comme ça où...Qu'es-ce qu'on fait?" a dit Lamarche en regardant derrière les caméras. "on a quelqu'un d'autre? ...Oui? Pour Julien ici, tu cherchais ton ami Cédric avec qui tu as grandi" grimpant à l'autre extrémité du studio loin du Jean-Jacques douteux elle se rendit à Julien.

"ouin ben c'est plus ado qu'on s'est connu là" a dit le jeune homme de 21 ans se dandinant comme un joueur de basket attendant le ballon. "C'étais qui lui pour toi Julien?" a demandé Claire,prudente et un peu absente parce qu'encore ébranlée de sa dernière intervention. "un bon ami, un frère" "Eh bien il est avec nous en studio!!!" a-t-elle clamé tout juste avant que la foule ne les enterre d'applaudissements.
Cédric est apparu de derrière les pallisades cheaps. Il devait peser facilement 325 livres. L'excitation de la foule s'est transformée en "oh" de stupeur à sa sortie. Julien a dévalé les marches à toutes vitesse pour se rendre à lui. En voulant le serrer dans ses bras, il est arrivé trop vite et a rebondi comme si il avait frappé un mur de trampoline et est tombé sur son séant. Ça l'a insulté il s'est donc relevé rapidement et lui a sacré une baffe sur le bord de la mornifle.
"T'es ben rendu gros maudit porc sale!"
"C'est quoi ton problème man!" a dit Cédric tout rouge avant de le prendre à califourchon dans ses bras tel un lutteur et le catapulter sur le sol devant une foule maintenant silencieuse.

Quelqu'un a crié "Jerry Springer" et a foncé sur la scène en plaquant sévèrement les 325 livres de Cédric au sol. Julien s'est relevé et s'est à deux que l'on s'est mis à faire rouler le gros Cédric. Bientôt tout le monde serait sur scène en train de se tirer les cheveux, de crier et de se battre.

Un homme aurait apparement tenté de s'ouvrir les veines en criant "Sylvie c'est la huitième fois que je viens icitte!!!!" Un autre a crié "papa je suis gai!!!!!!!"
Claire était pour sa part évanouie dans les gradins.

Cédric et Julien avaient pratiqué leur chorégraphie pendant deux mois. Comme les deux avaient été refusé dans les auditions de La Classe de 5ème (parce qu'ils ne prenaient que de acteurs de l'UDA) les deux amis allaient se venger et donner tout un show.
c'était mission plus qu'accomplie. Ça avait vraiment dégénéré.

La télé de l'émotion en avait eu pour son argent.

jeudi 19 mars 2009

Particules d'essentiel


Quand mon collègue m'a dit qu'il avait vu un film épouvantable ce week-end, je savais qu'il s'agirait d'un film que j'aurais aimé.

Effectivement, I'm Not There de Todd Haynes est non seulement un film que j'ai adoré mais je l'ai tant aimé que je l'ai même acheté.

Même chose lorsqu'une autre ma dit "Vu une comédie hier, maudit que c'étais pas drôle"

Burn After Reading des frères Coen. Un film qui m'a fait pleuré de rire.

En parlant à un troisième collègue d'une employée d'ici qui me tombe définitivement dans l'oeil. Tous ses arguments pour me la rendre plus désagréable m'ont fait l'apprécier davantage.
"Elle n'est pas tellement aggressive, c'est une artiste"

C'est
une
artiste

Faudra que je m'y fasse "être un artiste" c'est une tare semble-t-il. Je me rapelle dans un emploi précédent il y a 10-12 ans, dans une formation de travail quelconque l'enseignante avait demandé "nommez-moi des défauts qu'il ne faudrait pas avoir en position de leader" un homme avait clamé "être un rêveur". Alors que je m'attendais à ce que l'enseignante le revire comme un crêpe, au contraire elle avait secondé avec un tout à fait, très bon! qui m'avait tant jeté à terre que j'étais tombé convenablement "malade" en m'absentant pour les formations suivantes.

Rêver? un défaut? Je comprends qu'il fût probablement entendu que l'on parlait ici de ne pas avoir les pieds ferme connecté sur la réalité. Mais avant d'associer le verbe "rêver" a un terrible défaut faudra me démonter en morceau et me remonter complètement. Je ne suis pas construis comme cela.

Encore moins dans le moule du "c'est une artiste" afin de justifier les faiblesses de quelqu'un. Quand on me dit "c'est une artiste" on me dit par la bande que cette personne est humaine, sensible, alerte.

Pour moi c'est des petites particules d'essentiel ça.

Comme la musique quand je travaille. Quand je travaille dans ma grosse bâtisse de moron en tout cas. Dans mon emploi de robot.

Je lisais cette semaine qu'écouter son Ipod rivé à son ordinateur pouvait être perçu comme étant de la nonchalance a travail...

En ce qui me concerne je ne travaille jamais plus concentré que lorsque j'ai mes écouteurs. Mon travail est si "mécanique", il y a tant de bruit autour, tant de matantes qui racontent leur week-end et qui en trois phrases te font regretter de faire parti de la race humaine; Si je n'ai pas un contrepoids musical afin de rééquilibrer le cerveau (en perdition lorsque je travaille)je serais certes devenu fou depuis longtemps.

Je me rends à la folie quand même...lentement...

A force de vivre dans un monde où tout doit être rapide et stressant, on finit par ne plus s’en faire. A force de vivre dans un monde qui veut notre attention constante et qui prend peu-à-peu le contrôle total de notre vie, il ne faut pas se suprendre de vouloir garder la main sur quelques repères qui nous rappelle qui nous sommes. Inévitablement on se replie un peu sur soi-même dans ses moments-là.

Lou Reed qui me sussure qu'il n'est pas trop désolé maintenant que son amour est parti.
Jimmy Smith qui me donne du rythme de son chicken shack.
Lilly Allen qui met un peu de soleil dans mes journées grises.


Indispensable.

C'est une artiste?
Wanna date?

mercredi 18 mars 2009

Chiante chimie


Tout est question de chimie dans la vie.

Et pourtant je m’étonne toujours de constater que la chimie reste l’une des choses des plus sous-estimée qui soit.

Le premier ministre la souhaite entre lui et son peuple. L'artiste entre lui et son public. La chimie est primordiale dans la survie d’un couple. Certains shampooing ont des effets douteux sur nos cheveux. Comme celui de l’amoureuse que j’utilise depuis deux jours et qui me donne la tête d’une crêpe trouée imbibée de sirop gluant. La chimie entre le shampooing et le cheveu est essentielle pour obtenir un miroir acceptable.

La chimie est capitale au cinéma, à la télé ou sur scène entre deux comédiens, deux musiciens, deux artistes. Si le courant ne passe pas, ça donne du bonbon surette.

Ou un téléroman à TVA.

Deux de mes amies ont des réactions physiques 100% inverses par rapport au même geste. L’une mange de la poutine aussi régulièrement que l’on boirait un verre d’eau et n’engraisse jamais. Ce, sans jamais ne faire de sport. Pas même baiser. L’autre vous l’aurez deviné fais la même chose et prend 30 livres d’un coup. Même les aliments obligent une réaction chimique sur notre corps. La drogue à ce sujet n’a pas le même effet sur personne. Certaines d’entre elles m’endorment tout simplement, ce qui, dans la crainte de me ne jamais me réveiller, m’ont fait m’en éloigner. (mais je n’en ai jamais pris maman, juré on m’a raconté tout ça !)

La chimie complètement inexistante chez les joueurs du Canadien les catapultera hors des séries assurément cette année afin de célébrer le centenaire de l’organisation sur les terrains de golf.

Le manque total de chimie est aussi à l’origine de la déroute du département pour lequel j’évolue en ce moment dans ma grosse compagnie multi-profits.

Nous étions à l’origine 10. Deux ont été relocalisés, trois autres tout simplement sacrifiés à l’autel de la crise économique mondiale. Déjà que ceux–là étaient plus ou moins « chimiques », des 4 restants il y a un gars de la milice qui vibre partout où je vomis, une fille dangereusement paresseuse physiquement et pire intellectuellement, mon boss avec qui c’est cahin-caha ne serais-ce que par la nature de son poste et moi le grognon artiste mal embou(bau)ché.
Il y a bien Gordon, un gars avec qui je m’entends très bien sur la musique, le sport, les femmes, la vie en général tout ce qui n’a rien à voir avec notre travail respectif en fait. On a surtout en commun un manque d’ambition certain dans la compagnie et un cynisme toujours à la portée du verbe.

Les cuisiniers ratés des ressources humaines qui nous ont engagés il y a plus de 3 ans n’ont jamais pensé à se demander si la sauce allait pogner entre leurs éléments? Ou est-ce notre manière de nous vendre qui était sensiblement la même à l’époque? C’est bien la seule chose que 4 d’entre nous aurions en commun (Gordon travaillait déjà ici et a glissé d’un autre département au nôtre). Je me souviens avoir sucé un peu en disant la phrase « je suis un bon soldat quand vient le temps de répondre aux attentes… » Comme mon collègue d’aujourd’hui(soldat) étais alors déjà engagé à ce moment (sans que je le sache) Ça a dû faire un bel écho dans leurs oreilles.

Reste qu’aujourd'hui des 5 membres restants, 5 sur 5 sans se le dire vraiment, se cherchent un autre emploi.
Même mon boss.
Il ne le dit pas mais je le sais. Je la vois sa page Jobboom au bas de son ordi.
On le fait tous depuis la grande purge de Janvier et la masse d'ouvrage qui en origine depuis.

On se croisera peut-être tous au Salon de l’Emploi samedi.
En s'évitant du regard de la même manière qu'on le fait déjà ici.