lundi 2 mars 2026

Cinéma Paradiso*************************Mourir à Tue-Tête d'Anne-Claire Poirier

Chaque mois, dans ses 10 premiers jours, tout comme je le fais pour la littérature (dans ses 10 derniers) et tout comme je le fais pour la musique ( vers le milieu) je vous parle de l'une de mes 3 immenses passions: Le cinéma !

Je l'ai surconsommé, le surconsomme toujours, l'ai étudié, en fût diplômé universitaire et école privée, y ai travaillé, en fût récompensé, en suis sorti, mais le cinéma n'est jamais sorti de ma personne. 

Je vous parles d'un film qui m'a marqué par son histoire, ses interprètes, sa réalisation, sa cinématographie, son sujet, son traitement, sa trame sonore, son audace, bref, je vous parle d'un film dont j'ai aimé pas mal tous les choix. Je vous parle, cinéma. 

MOURIR À TUE-TÊTE d'Anne-Claire Poirier.

Entre le 24 avril 1978 et le 31 août, on tourne ce dur film de l'ancienne monteuse de Claude Jutra, Anne-Claire Poirier. Le film, en 1979, sera reçu comme un choc. Rarement, sinon jamais, un film québécois aura abordé la question du viol avec une telle frontalité, et surtout, avec une telle conscience politique. ACP ne cherche ni le sensationnel, ni le mélodrame: elle construit une oeuvre qui interroge la représentation même de la violence faite aux femmes. 

Le film raconte l'agression de Suzanne, (incarnée par Julie Vincent) jeune femme violée par un homme (dérangeant Germain Houde). Mais le récit ne s'en tient pas au fait divers. Il est construit en mise en abyme: on voit à la fois la tragique histoire de Suzanne et une équipe de cinéma, en parallèle, en train de la reconstituer. Cette structure est essentielle. Elle a été pensée par les scénaristes Marthe Blackburn et Poirier pour empêcher le spectateur de consommer la violence des images, comme un spectacle. Poirier brise l'illusion, nous rappelle constamment que montrer un viol, Gaspar Noé, n'est jamais neutre. 

À la fin des années 70, le sujet est encore largement tabou. Le viol est souvent minimisé, relativisé, ou présenté  comme un drame individuel. Anne-Claire, au contraire, le traite comme un phénomène social et systémique. Elle montre l'humiliation, la brutalité, la perte de repères. Mais elle montre aussi l'indifférence, les mécanismes de culpabilisation, la difficulté d'en parler. Ce n'est pas seulement l'acte qui est dénoncé, mais tout l'environnement qui l'entoure. 

La mise en scène est austère, presque clinique. Il n'y a pas musique manipulatrice, pas d'esthétisation. Les scènes sont longues, parfois très difficiles à soutenir. Cette dureté est volontaire Poirier refuse la catharsis confortable. Elle veut que le spectateur reste dans l'inconfort, dans la confrontation. Le film ne cherche pas à plaire; il chercher à éveiller.

La dimension réflexive est peut-être son apport le plus moderne. En montrant l'équipe de tournage, Poirier pose une question vertigineuse: Comment représenter la violence sans la reproduire symboliquement ? Comment filmer un corps agressé sans participer à sa mise en objet ? Ce questionnement anticipe des débats qui deviendront centraux des décennies plus tard, notamment autour du regard masculin et de l'éthique de la représentation.

Dans ce sens, ce merveilleux titre, Mourir à Tue-Tête, n'est pas seulement un film sur le viol. C'est un film sur le cinéma. ACP se place elle-même dans le cadre, s'expose comme réalisatrice. Elle ne se met pas à distance; elle assume sa responsabilité. Cette présence brise la hiérarchie traditionnelle entre créateur et sujet. Elle affirme que filmer est un acte politique. Que le cinéma n'est que choix. 

La réception du film a été accueilli, l'est toujours, avec un compréhensible inconfort. Le film le provoque. Certains l'ont jugé trop dur. Trop frontal. D'autres ont salué le courage et son importance. Avec le recul, il apparaît comme une oeuvre fondatrice du cinéma féministe québécois. Il ne se contente pas de représenter une victime; il interroge la manière dont la société regarde les victimes.

Il est difficile de ne pas relier ce film à l'ensemble de l'oeuvre d'Anne-Claire Poirier. Elle a souvent abordé des sujets lourds, avec peu d'humour, intimes, collectifs. Plus tard dans sa carrière, avec Tu as Crié Let Me Go, elle confrontera une douleur personnelle indicible : la mort de sa fille de 26 ans. Qui en a 10, en 1979. On retrouve la même exigence, la même volonté de transformer la souffrance en réflexion. 

Mourir à Tue-Tête reste aujourd'hui d'une actualité troublante. Les débats sur le consentement, la culture du viol, la parole des survivantes résonnent fortement dans l'actualité de 2026. Ce film de 1979 en soulignait déjà les manques de considérations. Ça devient frappant de voir que ACP avait saisi les enjeux de pouvoir et de silence. 

Il ne s'agit pas d'un film "aimable". Il ne cherche pas l'émotion facile. Il laisse plutôt une trace, une tension. Il demande au spectateur de prendre position. En cela, il demeure une oeuvre essentielle, non seulement pour le cinéma québécois, mais pour toute réflexion sur la représentation de la violence et la place des Femmes, avec un F majuscule, à l'écran.   

Julie Vincent y fait un travail d'humilité remarquable. German Houde a eu peur pour sa carrière, de crainte de paraitre trop convainquant dans son rôle d'agresseur. Paul Savoie, Monique Miller, Micheline Lanctôt, (ces deux dernières dans les rôles de réalisatrice et monteuse se questionnant) Michelle Mercure, Muriel Dutil, Léo Munger, Louise Portal, Luce Guilbeault, Christine Raymond, Julie Morand, Pierre Gobeil, la voix de Jean-Pierre Masson et André Pagé participent aussi au film.

Le film est bouleversant. 

Mi documentaire, mi fiction, le film est québécois jusque dans la formule de tournage.

Solide cinématographique amalgame. Si je me rappelle bien, notre prof de cinéma au CEGEP avait commencé son année scolaire en nous montrant ceci. Commencer d'un coup grand coup de poing.

Difficile de faire plus québécois dans la forme qui effleure le cinéma-vérité. 

Anne-Claire Poirier, solide femme, aura 94 ans, début juin prochain.

Si la santé se garde de son côté. 

dimanche 1 mars 2026

Les Pochettes de The Smiths

Les pochettes de la formation musicale britannique The Smiths, qui a sévi musicalement entre 1982 et 1987, et composée d'Andy Rourke, Morrissey, Johnny Marr et Mike Joyce, (dans cet ordre sur la photo) ont été passionnants pour mon ancien moi, adolescent. Sur l'ensoleillé patio parental, un été où je logeais seul au 902 Chemin St-Louis, travaillant de soir, dans un bar, en ville, pendant que le reste de ma famille était au chalet, 45 minutes plus loin, J'ai dévoré leur courte oeuvre, alors amoureux d'une Claudia qui partageait ma passion musicale. (et bien d'autres choses...). 

Les pochettes de The Smiths ne sont pas de simples visuels. Elles font partie intégrante de l'identité du groupe de Manchester school. Conçues principalement par Morrissey et le graphiste Joe Slee, elles utilisent presque toujours des images tirées du cinéma, de la télévision ou de la culture pop des années 50 à 70. Souvent en noir et blanc ou teintées d'une couleur unique comme le font Belle and Sebastian avec lesquels je devrais faire le même exercice. 

Voici quelques unes de leurs pochettes, expliquées, au mieux de ma compréhension. Faillible. 

The Smiths. (1984) Cassette volée aux Galeries de la Capitale. Ne le dites pas à mes parents. On avait pas les moyens d'accès à la musique qu'on a de nos jours en 1988. Je me suis donc débrouillé pour une écoute complète, quand ça me plairait. Si ça me plaisait, je gardais, sinon, je revendais, Mais ça m'a tant plus. De bout en bout. C'est celle que j'écouterais le plus de cet été 1988. Avec U2, Depeche Mode , Prince ou R.E.M.  Souvent dehors, sur le patio. La poitrine de Joe Dallesandro, acteur d'Andy Warhol, faisait rêver ma copine. J'avais humblement sensiblement la même à cette époque. J'avais 16 ans.  Elle ajoutait une trame sonore et physique à son fantasme. L'esthétique underground de NY, la sensualité ambigüe, la masculinité vulnérable, le ton brut, intime et mélancolique. 

Meat Is Murder (1985) Soldat de la guerre du Vietnam avec un slogan modifié sur son casque de guerre. Sur le casque du soldat Micheal Wynn, en 1967, avait d'inscrit "make love not war". Morrissey, un féroce végétarien, a changé pour son titre frondeur. Engagement végétarien avec bruits d'animaux qui se plaignent, Transformation d'un symbole militaire, en arme alimentaire et un appel à une autre morale, album plus agressif, politique.

The Queen is Dead (1986). Alain Delon, dans L'insoumis, film de 1964. Héros fatigué, romantique, tragique, atmosphérique, dramatique. Titre provocateur mais plus poétique que littéral. Vert est la teinte. Le single What Difference Does it Make mettra en vedette Terence Stamp, dans le film The Collector, verre de lait en main, regard et sourire fou, du personnage déséquilibré qu'il incarnait dans le film de William Wyler, de 1965. Pochette qui sera remodifiée avec le temps pour des raisons de droits d'auteur. 

Film tourné avec aussi la toujours excellente Samantha Eggar. 

Louder Than Bombs (1987). The Smiths avait un vilain défaut, ils n'ont jamais eu d'agent. Ils n'ont pas toujours eu des contrats de disques et ont lancé tant de singles, qu'ils ont, de temps à autres. lancé des compilations comme celle-ci, réunissant toutes les faces A et B, aussi bonnes les unes que les autres. Cet album, de ma couleur préférée, comprend pas moins de 24 chansons, ce qui en ferait un album double. Mais je l'avais en CD. Et c'est très probablement le second que j'ai le plus écouté du band. La pochette montre l'auteure irlando-anglaise Shelagh Delaney, à 19 ans, tout juste avant sa première pièce qui l'a rendue immensément populaire en Europe post-Seconde Guerre Mondiale. Shelagh reviendra pour un single

Strangeways, Here We Come (1987). À l'origine, Morrissey voulait une image d'Harvey Keitel, de 28 ans, dans Who's That Knocking at My Door de Martin Scorsese. Mais Keitel a refusé l'utilisation de son image. N'aurait pas dû, selon moi. La pochette propose un close-up de l'acteur Richard Davalos, ami de James Dean, qui avait joué avec lui dans East of Eden. Dean était un héros de Morrissey, il est donc surprenant qu'il n'ait pas eu envie de le cadrer sur une pochette. Peut-être une question de gros $ou$ aussi. Surement même. La photo est zoomée d'une photo où Dean y apparait aussi, une photo promo pour East of Eden et Davalos s'est toujours étonné que le groupe n'ait pas choisi une meilleure photo de lui. Davalos sera aussi de deux autres pochettes de compilations de The Smiths. Morrissey ne le trouvait pas fâcheux des yeux du tout...

La beauté masculine sera souvent représentée sur les pochettes du groupe, ce qui a plus à bien des jeunes femmes, rompues aux stéréotypes genrées contraires. Et surement à quelques gays. 

Pour le single Heaven Knows I'm Miserable Now montre Viv Nicholson, photo tirée de son autobiographie appelée Spend, Spend, Spend, racontant son aventure après avoir gagné une fortune dans les paris sportifs, au soccer, elle avait rapidement tout flambé, devenant, absolument sans le sou, et misérable, justement. On y voit Viv qui semble triste, dans une rue désertée. Le titre de la chanson est lui-même inspiré d'un hit de Sandie Shaw de 1969.

Le cinéma est à l'honneur, années 50 à 70, les icônes oubliées ou marginales. La masculinité mélancolique. Les teintes monochromes, vertes, oranges, roses, bleues. La nostalgie et la distance ironisée. 

Les pochettes de The Smiths, construisent un univers cohérent comme celles de Pink Floyd qui suivent la même esthétique où la formation Cake. Pour The Smiths, esthétique romantique, littéraire, marginale, intensément britannique. 

"We are the last truly british people you will ever know, you'll ever never want to know", chantera plus tard, l'immature Moz

samedi 28 février 2026

L'Âge d'Or des Abuseurs Publics

De nos jours, on prend pleinement conscience de l'ampleur des abus commis par certains puissants à travers le monde, révélant des inégalités et des dérives longtemps ignorées ou minimisées. Ce qui était autrefois dissimulé derrière le prestige et l'influence apparaît désormais comme une aberration morale et sociale difficilement tolérable. 

Particulièrement autour des abus concernant les enfants. On ne choisit pas nos enfances. Ni nos familles. Jeffrey Epstein et ses complices (Maxwell, Brunel, Wexner...) savaient recruter les égarées, les abandonnées, les rêveuses, les naïves. Enfants, on est souvent tout ça en même temps, et si nos familles nous donnent des dispositions défavorables, on est des proies faciles. 

Ce qu'on sait, jusqu'à maintenant, des dossiers Trumpstein. 

Le nom du président s'y trouve plus de 38 000 fois. Oh! avoir son nom là-dedans, ne culpabilise pas nécessairement, si je vous parles d'un cannibale dans un courriel, je ne le suis pas pour autant. Mais plus de 38 000 fois ? Melania Trump a été présenté au président par un recruteur de proies "agent de mannequinat" qui était ami des deux, Trump & Epstein. Donald a parlé de Jeffrey comme de son meilleur ami. C'est écrit. Et que les jeunes femmes "on the younger side" étaient souvent recrutées à même Mar-a-Lago. C'EST AUSSI DANS LES DOSSIERS. Ces dossiers dont le vieux monsieur disait encore hier "qu'il est disculpé" comme on dirait, "je ne suis pas âgé " à 80 ans. 

On sait aussi que les identités de plusieurs victimes, au moins une douzaine, ont été exposées. Leurs noms, leurs corps d'enfants, leurs visages, leurs informations personnelles, mettant leur sécurité en danger puisque certaines ont reçu par la suite des menaces de MAGA désaxé(e)s. Depuis, ceci a été caviardé, mais le mal est fait. Tout a été relayé sur le net. Le DOJ devra un jour s'en expliquer devant une justice au service de la justice. 

On sait que malgré l'accord de "transparence" c'est majoritairement le noms des abuseurs sexuels qui a été caviardé. Parmi eux, de nombreux/nombreuses co-conspirateurs/trices.  Triste. On ment encore sur la négligence de n'avoir publié que 58% des dossiers, "afin de protéger les victimes", 100% faux. C'est long négocier avec tous ces gens puissants qui doivent menacer en privé. Un gag circule sur un MAGA, entouré de MAGA, dans un bar, prenant une bière et disant "Si le président n'a rien à se reprocher, qu'il rende public tous les dossiers Epstein". Puis, il se réveille, fidèle casquette rouge à la tête, comme sorti d'un mauvais rêve. "Cauchemar ?" lui demande sa femme. "Pire!" dit-il, "J'ai été pris en pleine pensée critique". précise-t-il. 

On sait que le très lunatique secrétaire du commerce, l'arnaqueur Howard Lutnick, a menti disant que son dernier contact avec J.E. était en 2005, avant qu'il ne se fasse arrêter. Les dossiers confirment qu'il visite son île du diable, en 2012 et en 2017, et qu'Epstein a donné 50 000$ à un diner de levée de fonds en honneur de Lutnick. Qui était, son grand ami jusqu'à la fin. 

On ne sait pas si il s'y est rendu car c'est un maitre arnaqueur, mais on sait par écrit qu'Elon Musk a planifié deux passages sur l'île d'Epstein, en 2012 et en 2013, après qu'il eût été su qu'il était un criminel sexuel, et que Jeffrey a visité son SpaceX en 2013 aussi. 

On sait que Melania et Ghislaine se sont échangé de nombreux courriels, comme deux grandes amies, dont les partenaires de vie étaient aussi meilleurs amis. On sait aussi qu'en 2007, un autre cas criminel contre Epstein a été plus ou moins étouffé, un ami co-conspirateur, l'avocat Alexander Acosta, de Floride, lui a permis de se mettre à l'abri deux ceux et celles qui pouvaient le dénoncer, en échange de 13 mois de prison de sa part. Il pouvait quitter "sa prison" 12 heures par jour, pour "travailler", 6 jours par semaine. Ce même Acosta lui permettra d'éviter des accusations de trafic sexuel, une première fois.

On sait qu'on a demandé si les "body bags" étaient prêts, on a parlé d'une jeune fille "qu'on avait éliminée", et que J.E. a commandé 330 gallons d'acide, le type qui fait fondre les masses humaines et les os...En décembre 2018. 

On sait que Bil Gates, par écrit, lui aurai commandé des médicaments contre les maladies transmises sexuellement après une aventure avec DES "filles Russes". 

On sait que l'ambassadeur des É-U, au Royaume-Uni, Peter Mandelson a échangé plusieurs fois des sommes d'argent, alors en fonction, avec Epstein, son époux (oui,il est gay) a aussi reçu des milliers de sous en paiement de Jeffrey Epstein.

On sait que Richard Branson a envoyé un courriel en 2013 afin de conseiller son ami Jeffrey en relations publiques, alors accusé de sollicitation et de consommation sexuelle contre une mineure. Branson lui a conseillé de parler d'une vieille femme de 17 ans et 1/2 (elle en avait 14) et lui a dit qu'il irait le voir en prison, lui amenant, "un harem". 

On sait finalement que la somptueuse résidence de Manhattan d'Epstein était celle de Lex Wexner, multimilliardaire, co-fondateur et propriétaire des marques et produits, L Brands, Victoria's Secret, Bath & Body Works, Abercrombie & Fitch, depuis 1989. En 1998, il l'a "donnée" à Epstein en échange de jeunes filles de 20$ symboliques. Epstein utilisera les résidences de Wexner pour ses crimes. 

On sait finalement qu'on essaie de cacher de très nombreux noms de gens influents de toutes les sphères fortunées, des gens qui se croient intouchables, qui le resteront peut-être, mais qui sont tout juste derrière un rideau que nous sommes des millions à vouloir ouvrir. 

Le président dément parlait de l'âge d'or de son pays, mardi, dans son monologue de vieux monsieur sénile qui invente encore 9 guerres qu'il aurait fait cesser. 

Comptant probablement celle en Ukraine qui est loin d'être terminée. 

C'est plutôt l'âge d'or des abuseurs publics.

Qui devront un jour nous amuser derrière les barreaux. 

À la Weinstein.  

 Pas à la Cosby/Cloutier.

Sur la photo en ouverture de chronique, un homme riche portant un chapeau qu'il ne réalise pas qu'il est à l'envers. Trop occupé à se penser cool, alors qu'il n'en as pas le talent.  Derrière lui, Tony Gonzales, représentant républicain du Texas, marié, père de 6 enfants, qui a envoyé des sextos explicites à une stagiaire, qui plus tard, s'est enlevée la vie. Ce n'est pas elle qu'il faille étouffer. 

Sur la photo ici, à droite, Boris Johnson en Intelligence Artificielle. Mais aussi ce qu'on veut faire avec les dossiers Epstein. Attirer votre attention sur pleins de choses inutiles comme les cercles sur cette photo, alors que pour détecter l'IA, il faille plutôt regarder ses mains. 

Certains ont encore les yeux grands ouverts, là où vous les souhaitez fermés, race d'abuseurs.  

On tente malicieusement de manipuler l'opinion publique avec tout ça. Les intérêts sont financiers, médiatiques et politiques. Plutôt que de chercher la vérité, on essaie de détourner en attaquant et en alimentant le sensationnel éloignant de tout ce qu'il y a de plus criminel. Et tout à fait sous nos yeux, 

vendredi 27 février 2026

Le Ranch Ignoré (mais de moins en moins)

Il a été lu, dans les dossiers Epstein, si volumineux, si tristes à consulter, que la plupart en deviennent aveugles et immunisé(e)s. que Jeffrey E. a commandé, le 12 juin 2018, 330 gallons d'acide sulfurique. 

Vous savez cet acide qui fait fondre les masses humaines. 

Il a été lu, de la part de Keith Frankel, un associé de J.E. et un donateur important au parti républicain, dans un échange entre lui et J.E., qu'il se questionnait sur les "body boxes"...

 "Are the body boxes, ready to pick-up ?" ou si vous préférez:

"est-ce que les boites à corps sont prêtes à être récupérées ?"

Il existe des images d'adultes, dans les dossiers Epstein, que je ne veux pas reproduire ici, d'adultes, dis-je bien, près de draps posés sur ce qui semble être un corps au sol. En extérieur. Sur le site d'un ranch. 

Le ranch qui n'intéresse pas le Département de la Justice des États-Unis. Mieux redéfini comme les protecteurs/protectrices de pédophiles. Malgré les entrevues d'un FBI moins corrompu des survivantes du trafic sexuel passé de l'île de tous les scandales, malgré les dossiers Epstein dans lesquels ses témoignages sont désormais caviardés, mais pas tout le temps en ce qui concerne les victimes, puisque ce sont surtout les abuseurs qu'on veuille protéger, et principalement le pédoprésident, aucune enquête n'est prévue pour celui qui prend l'avion pour aller sabrer le champagne avec l'équipe Olympique des États-Unis, sans y avoir aucun rapport avec quoi que ce soit. 

"Nous sommes enfin respecté de par le monde" dit l'olibrius mardi. Au contraire, jamais les États-Unis n'ont paru plus risibles que présentement. 

L'Angleterre a soustrait de sa royauté le Prince Andrew. Puis, l'a arrêté. On a aussi arrêté l'ancien ambassadeur des États-Unis, à Londres, Peter Mandelson. Ils ont les sous, ils sont vites relâchés, mais les eaux bougent. L'ancien Premier Ministre de la Norvège, Thorbjorn Tagland, a aussi été arrêté et questionné sur sa présence dans les dossiers Epstein, pendant ses fonctions. Mais aux États-Unis, même si on sait que son nom y apparait plus de 38 000 fois, on écoute encore un président sénile nous mentir pendant 1h47, un mardi soir d'hiver. Devant une foule qui expulse un homme qui ne fait que brandir une pancarte disant que les gens à la peau noire ne sont pas des singes. Ce qui est tristement vrai et devait être dit car le président dément publie du vidéo raciste associant humains à la peau noire et singes. 

Autour de 58% des dossiers Epstein ont été rendus publics. Ils devaient l'être à 100% en automne dernier. Chaque jour est un nouveau crime. Et dans ces dossiers, il y a ce que je vous mentionne plus haut. (plus encore, demain).

Il y a mention du "ranch" de New Mexico appelé maintenant San Rafael Ranch (anciennement) Zorro Ranch et appartenant à Don Huffines. Ou du moins à sa famille. Depuis 2023. En 2019, la présidence était celle de Trump. Et on avait alors refusé l'accès au site aux enquêteurs sur le site. Sans raison apparente. Mais bien entendu parce que Trump n'a que des choses à cacher autour d'Epstein.

Mais là, février 2026, avec LA gouverneure Démocrate de New Mexico, Michelle Lujan Grisham. a choisi de réouvrir une enquête si le FBI ou le DOJ ne fait toujours rien, et comme ni Kash Patel, ni Pam Bondi ne parle d'ouvrir une enquête, alors Michelle prends le flambeau. Et fera enquêter le site. 

Où on dit que les corps "de filles d'origines étrangères" y seraient peut-être enterrées. Don Huffines a maintes fois confirmé qu'il coopérerait entièrement à toute enquête. Il avait acheté le ranch dans le but précis que cet endroit, baigné de noirs possibilités, deviennent une retraite chrétienne. 

Oui, il est aussi un peut bête. 

Peut-être que, depuis 2023, a-t-il été amplement "guidé" par le gouvernement criminel en place et a réussi à si bien tout cacher/modifier/liquider ce qui pouvait être incriminant. C'est peut-être ce qui lui fait ouvrir les bras à toute visite.

Mais peut-être aussi parce qu'il serait...pur? C'est un pur MAGA, du Texas.

AUCUNE des survivantes des griffes dur réseau, réseau qu'Epstein bâtissait de jeunes filles étrangères, forcément naïves, et d'un quartier très défavorisé, assez près d'une de ses demeures, où l'encadrement familial était quasi inexistant, AUCUNE de ces femmes n'a été reconsultée par le FBI (Patel) ou le DOJ (Bondi). 

Peu à peu, ce ranch pourrait mettre la lumière sur quelques squelettes. 

Le pédoprésident tente de détourner l'attention de tout ça avec une adresse à la nation digne d'un monologue de Polonais saoûl passé minuit, avec des menaces contre l'Iran qu'il ne mettra pas à exécution, avec des menaces de toute sorte, car les gens faibles ne carburent qu'à ça. 

Mais un jour, un jour qui promet beaucoup, un jour heureux, ces sales tomberont. 

Un à un. 

jeudi 26 février 2026

Deux Morts Réétudiées

Le 5 avril 1994, le chanteur de la formation Nirvana, Kurt Cobain, s'enlève la vie. On le découvre trois jours plus tard. Dans la serre au-dessus du garage de sa maison de Seattle. Les rapports de police mentionnaient une blessure par balle et une forte concentration d'héroïne dans son sang. Une lettre écrite à à la main, posée à proximité, semblait confirmer l'intention. "Ça fait longtemps que j'ai pas entendu de bonne musique" disait-il, entre autre. Les muses créatrices ne lui parlaient plus. Le monde du rock avait pleuré.

L'artiste, devenu prisonnier d'un rôle d'icône qu'il n'avait pas demandé, de la pression qui accompagne un tel titre, du regard constant du public, des attentes d'autrui, tout cela a formé une pression invisible et écrasante qui l'a poussé à commettre l'irréparable contre lui-même, un soir de printemps. 

La mort du porte voix d'un nouveau genre de musique semble si irréelle pour certain(e)s, alors, qu'on refuse d'y croire. Même si ses états d'âmes sont écrits dans son journal, dans ses chansons, et entendus auprès de sa famille et ami(e)s. Le réflexe collectif de déni est important. Il ne peut pas s'être soustrait à la vie comme ça, tout lui avait tant réussi. Comme sa relation amoureuse avec Courtney Love est instable, comme le taux d'héroïne trouvé dans son corps était si important que plusieurs disent qu'il lui aurait été impossible de manipuler une arme avec précision, et comme sa lettre d'adieu parle au tout début de sa passion pour la musique qui se perd, puis change dramatiquement de ton et d'écriture, parlant de s'enlever la vie, comme si avait rajouté le dernier bout d'une autre main, comme tout ça semblait suggérer du "pas suicidé", les théories du complot ont beaucoup poussé.

"C'est Courtney!" plusieurs ont crié, et bien non, aucune preuve ne suggère la chose. Aucun preuve crédible n'a jamais confirmé qu'elle pouvait y être impliqué. Un documentaire sensationnaliste appelé Kurt & Courtney jouera de cette théorie en mettant l'accent sur des zones d'ombres plutôt que sur les conclusions officielles. 

Kurt Cobain avait une grande tolérance face aux drogues fortes. Les autorités de Seattle ont conclu à un suicide et l'affaire a été réexaminée à plusieurs reprises sans changement de verdict. Le doute persiste toutefois puisqu'un détective, en manque d'attention, a choisi de réouvrir une enquête sur le sujet. 

En réalité, le doute vient moins de preuves solides que d'un mélange d'émotion, de zones floues perçues et du besoin humain de chercher une explication plus complexe à quelque chose qu'on ne comprend pas encore complètement: le suicide. 

Le 10 août 2019, dans une cellule du Metropolitan Correctionnal Center de New York, on a retrouvé Jeffrey Epstein sans vie, suggéré pendu. 

Il y a 150 caméras sur le site dont une directement dans sa cellule. Du 29 juillet au 10 août, les caméras n'étaient pas fonctionnelle. Oui, elles diffusaient des images en direct, mais le système d'enregistrement ne fonctionnaient convenablement pas. Dans ce qui a pu être enregistré, une minute, autour de minuit, au moment où il se serait pendu, est parfaitement manquante. Comme si on l'avait effacée, Epstein aurait tenté de suicider un mois avant, mais ces images là ont aussi disparus. Ont-elles jamais existées ? La question se pose légitimement. 

Epstein était aussi placé dans une unité anti-suicide. Donc une unité où on surveille justement en permanence, tout moyen de s'enlever la vie afin de ne pas donner accès à ceux-ci, aux potentiels suicidaires. Cette mesure a été, tout juste avant sa mort, levée...

Les deux gardiens affectés à sa chambre n'ont pas fait les rondes obligatoires la nuit de sa mort. 

Beaucoup de négligences.

Ou beaucoup de couverture d'un crime...

Sa mort convient à beaucoup de privilégié(e)s, potentiel(le)s abuseurs sexuels, ce dont il était accusé, en plus du trafic sexuel dont il aurait été trouvé facilement coupable. 

Nancy Mace, représentante Républicaine, affirme vouloir ouvrir une enquête sur l'impossibilité d'un suicide en ce qui concerne. Jeffrey Epstein. 

 Dans les deux cas de morts réétudiées, ça sent fort l'opportunisme personnel. 

Le mauvais opportunisme. Celui qui consiste à changer de principes au gré du vent pour servir ses propres intérêts. 

mercredi 25 février 2026

A La Recherche Du Temps Perdu********The Beauty & The Damned de F.Scott Fitzgerald

 Chaque mois, dans ses 10 derniers jours, tout comme je le fais pour le cinéma (dans ses 10 premiers) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu) je vous parles de l'un des mes 3 immenses passions: la littérature !

Lire. c'est accepter de plonger dans l'univers des autres, de se frotter aux observations d'autrui, c'est choisir de faire face à des nouvelles idées, ouvrir des sens, étendre ses horizons, apprendre, c'est découvrir des styles, des courants de pensées, c'est se dessiner des films dans sa tête, c'est défier ses propres préjugés. s'en créer peut-être de nouveaux, c'est se calibrer sur le rythme de la respiration de quelqu'un d'autre.

Et respirer, c'est vivre. 

THE BEAUTY AND THE DAMNED de F.SCOTT FITZGERALD

En 1920, F.Scott Fitzgerald connait un succès fulgurant avec This Side of Paradise. Un roman qui saisissait asses finement le "jazz age" des années folles. 5 ans plus tard, The Great Gatsby allait explorer avec acuité les thèmes qui feront la signature de l'auteur, et fait écho à une époque axée sur la jeunesse dorée. le rêve américain, l'argent, l'oisiveté et la désillusioné. `

Entre les 2, en 1922, quelque chose de plus intime. Mais d'assez formidable. 

L'histoire d'Anthony Patch et de Gloria Gilbert, alter ego de F.Scott Fitzgerald et de sa femme Zelda Sayre, mettant en scène la lente décomposition d'un couple prisonnier de ses illusions, d'une certaine débauche morale, et de son narcissisme. 

Patch est un jeune homme issu d'un milieu aisé New-Yorkais, petit-fils d'un magnat riche et puritain, vivant dans l'attente d'un héritage qui doit assurer sa fortune. Diplômé de Harvard, cultivé mais indolent, Il incarne une génération désorientée après la Première Guerre Mondiale: brillante en apparence, mais profondément vide. Il ne travaille pas, ou si peu, préférant mener une vie mondaine ponctuée de dîners, de fêtes et de discussions intellectuelles stériles. 

La rencontre avec Gloria Gilbert, jeune femme d'une beauté éclatante, marque le début du récit. Gloria est consciente de l'effet de son charme et le revendique comme son principal capital social. Leur mariage repose moins sur une véritable maturité affective que sur une fascination réciproque. Anthony admire sa beauté, Gloria admire la promesse de richesse et de raffinement qu'incarne Anthony. Leur union devient rapidement théâtre d'affrontements d'ego. d'ambitions frustrées et de dépendances mutuelles.

Profondément ancré dans la réalité des années 20, cette période souvent appelées les années folles, Fitzgerald, lui-même figure emblématique de cette période aux côtés de son épouse Zelda, s'inspire largement de son propre mariage qui a connu la célébrité, les excès, les fêtes luxueuses, avant de sombrer dans la décrépitude et le multiples tensions conjugales. Cette proximité autobiographique confère au roman une intensité presque confessionnelle.

L'un des thèmes centraux du livre est l'illusion de la richesse. Anthony vit dans l'attente passive de l'héritage de son grand-père. Cette attente devient un piège. Elle le dispense d'agir, d'entreprendre, de se construire une identité propre. Fitzgerald critique ici une aristocratie Étatsunienne fondée non sur le mérite, mais sur la rente. Le rêve américain, censé reposer sur l'effort individuel, se trouve vidé de sa substance. Anthony n'est pas un homme qui s'est fait tout seul, il serait héritier d'une fortune qu'il n'a jamais gagnée.

Gloria, de son côté, est prisonnière d'une autre illusion: celle de la beauté éternelle. Elle craint le temps. Redoute de perdre son pouvoir de séduction et se voit déchue avant même que les premières marques de vieillissement n'apparaissent. La beauté devient capital fragile, soumis à l'érosion des années, et affaiblie par une surconsommation d'alcool guidant vers la folie. Quand les opportunités d'une carrière dans le milieu du cinéma, pour Gloria, ne se matérialisent pas, son désarroi s'intensifie. L'alcool passe de rivière à océan. Devient destructeur. 

Les fêtes deviennent moins charmantes, plus lourdes marquées par les disputes et l'amertume. Gloria glisse dans une forme d'autodestruction. La déchéance n'est pas romantisée. Et on aura uniquement le point de vue du mâle auteur. Qui puise dans sa propre vie. Est-il fiable ?

Les idéaux patriotiques et la réalité d'une génération désenchantées y sont intelligemment exposés.

Les dialogues sont vifs et brillants. Révèlent la superficialité des personnages tout en laissant transparaître leur vulnérabilité. Fitz capte les atmosphères, les salons new yorkais, les appartements luxueux, les plages estivales qui seront les mêmes que celles de Seymour et Sybil dans A Perfect Day For Bananafish, de J.D. Salinger, une nouvelle elle-même rappelant la nouvelle May Day, du même F.Scott Fitzgerald.

L'argent ne réparera rien de la fissure qui s'est faite entre Anthony et Gloria. Cette critique sociale et tragédie intime, annonce déjà les obsessions majeures de l'auteur, soit la fascination pour le luxe, la conscience aigüe de la fragilité du bonheur et une étape essentielle pour comprendre l'évolution de l'auteur et la naissance de son univers littéraire.  

Plus que jamais, en 2026, plus de 100 ans plus tard, la richesse, on le comprend, n'est plus le graal sain d'antan.