Colin Newman et Graham Lewis sont deux amis du College des Arts, au Nord de Londres. Lewis, est aussi ami avec George Gill. Robert Grey (
qui se fera appeler un temps Robert Gotobed) partage les mêmes goûts de musique expérimentale et se rapproche d'eux. Finalement, Bruce Gilbert, guitariste, se joint aussi à eux par cette même école d'arts.
On assiste à un spectacle des Sex Pistols. Épiphanie. Colin chantera et joue de la guitare. Graham sera aussi chanteur, mais bassiste. Bruce est guitariste. George est aussi guitariste et co-écrit le matériel avec les autres. Robert est batteur. Mais George Gill se casse une jambe en déplaçant un ampli et le band, un peu cruellement, fera sans lui. On a déjà deux guitaristes dans le band. On réussit à se dénicher un contrat de disque avec EMI. Un premier album, sera un chef d'oeuvre (
personnel mais aussi assez partagé) minimaliste punk. 21 courts morceaux, bruts, et 35 minutes de musique coup de poing.
Un morceau fera même, 28 secondes...
Pour
le second album, lancé 6 mois plus loin, on a déjà choisi de changer de son en proposant maintenant des synthés, joués par le producteur du premier (et de du second et du 3e) album, Mike Thorne. Les morceaux de rock fragmentés ont un accent rebelle. Et ça plait à l'époque du
No Future.
Deux morceaux du second album se trouvent
un chemin dans les palmarès d'Angleterre et d'Europe. Dès l'automne 1979,
on remet ça, et on propose un 3e album en autant d'années, toujours avec Thorne à la production, On le baptise du nombre de spectacles qu'on a alors fait jusqu'à maintenant, ensemble. Après trois premiers albums, qui ont progressé en sons assez rapidement, tout en restant cohérent avec leur premier effort. Ils écoutent leur instinct qui leur propose de l'expérimentation à souhait. Mais les expérimentations peuvent souvent partir dans toutes les directions. Et dans le band, les directions ne sont plus les mêmes. EMI ne veut pas d'eux si, en 1980-1981, ils n'épousent pas la voie du vidéoclip. Ce que Wire, ne compte pas faire. On fait un hiatus de projets personnels. Sans EMI.
Après 3 albums en autant d'années pour commencer on fera la même chose, 10 ans après le premier. On fait plus de place au
séquenceur musical, aux synthés et à
la boîte à rythmes. On a un nouveau producteur. Gareth Jones sera leur homme pour les deux prochains efforts. Bruce Gilbert utilise une base électrique qu'on compare à celle de l'excellent Peter Hook de Joy Division/New Order. Ironiquement Hook dira que New Order et Joy Division essayaient de canaliser le son de Wire à la fin des années 70. 13 mois après leur
4e album, on
lance le 5e. Inspiré de rêves et de flux de conscience. Très David Lynch. Mais contrairement à Lynch, on dit de cet album qu'il est le plus accessible. Et on critique leur son moins punk d'origine. Ce que le groupe rejette d'emblée. Ils ont toujours changé leur son. Ils appellent cela évoluer. On complètera quand même la trilogie des années 80, 12 mois plus loin, en co-produisant
le 6e album. On y inclut des morceaux en spectacle dont on coupera les cris de la foule. Ce que tout album en spectacle devrait faire.
On battra le fer pendant qu'il est chaud avec trois autres albums dans les naissantes années 90, dont deux en 1991. On propose des textures de synthés, de la fuzz guitar, on rôde dans
le dance alternatif. C'est mal reçu en cette ère grunge qui se trame.
Un de ces 3 albums est un ensemble d'échantillonnages de leurs propres morceaux et de morceaux retranchés en studio. Robert Gotobed prend congé pour celui-là. On enlève donc le "E" de Wire et on le lance sous "Wir"
Le 3e des années 90 est le même morceaux sous 9 versions dont une version en spectacle, et avec des paroles différentes chaque fois.
Les années 2000 leur fait faire
2 albums. Robert Grey est revenu à la batterie. Sous son vrai nom. On fait de l'electronica un peu plus rock et du sombre drum n' bass. 5 ans plus tard, on lance
le 11e album en se réinventant encore, mais on regrette qu'il soit le plus normal de leurs albums, tout ce qu'ils n'ont jamais sembler vouloir être. Bruce Gilbert a quitté le band avant ce dernier album qui présente maintenant un trio.
Dans les années 10, on offre 5 nouveaux albums. Matthew Simms fait son entrée pour la première fois sur le premier de ces 5 albums. Il les accompagnait à la guitare, en tournée depuis 2010. On retravaille des bribes de morceaux de 1979-1980 pour les mettre au goût des années 2000 pour l'album de 2013. On est redevenu un quatuor avec 2 guitaristes avec Simms. On est plus Post-Punk, art punk, alternatif. On fait comme si on se représentait, l'album porte le nom du band seulement. Pas fâcheux du tout. On avait 19 morceaux, on en a gardé 11. Le reste, on le lance, un an plus tard. Matthew Simms a son premier crédit de co-auteur. Il sera considéré 4e membre du band. On fait coïncider avec le 40e anniversaire du premier spectacle pour lancer le nouvel album, en 2017. Du psychédélic post-punk.

Dans les années 20, on lance un dernier effort, il y a 6 ans, Wire lance un album qui semble mélanger tous les styles qu'ils ont exploré sur tous les albums précédents. Un album-somme qui résume leur carrière et qui est très apprécié de la critique.
Mais Wire n'a jamais visé la radio. Qui ne les jouera jamais vraiment. En tout cas, pas ici, en Amérique du Nord. Je les découvre par Ladytron. Qui lancera un album de leurs morceaux préférés des autres, en 2003.
Elastica règle hors cour la poursuite pour plagiat pour leur hit
Connection qui emprunte vraiment trop à
Three Girl Rumba, de Wire. D'autant plus que
deux autres morceaux de leur album semblent aussi
emprunter largement à
I Am The Fly.
Wire aura été un band qui aura toujours su se réinventer intelligemment, sans jamais en avoir eu une grande reconnaissance populaire. Bloc Party, Futureheads, Blacklist, Franz Ferdinand, Elastica, R.E.M. reconnaissent être de grands fans qui s'en sont inspirés.
Un de mes bands préférés reprend un de leur morceau dans un album hommage au band.
Band qui fête cette année, ses 50 ans de création ensemble.
Colin, Graham et Robert y sont depuis le tout début.
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