...dépendant de quoi?
De la validation sollicitée.
Les réseaux sociaux comme Instagram, Tik Tok et autres applications, sont construits autour de la validations instantannée, des "j'aime", des commentaires, du no-mbre de vues. Ça pousse naturellement à publier du contenu qui va susciter une réaction. Le "je vais peut-être supprimer plus tard" exige validation rapide en imposant, consciemment, un sentiment d'urgence d'aimer, ou de commenter quelque chose comme "Mais nooooooooooon! une beauté comme ça, ça doit se partager!".
C'est devenu un code social. Presque 100% féminin.On prétend que ça rend la publication plus "authentique". Rien n'est plus faux. C'est presque toujours du manque d'assurance ou de la simple manipulation. Personne ne peut prétendre y être insensible. Ça invite à rassurer, à donner confiance, (comme l'autoportrait) et il y a plusieurs réalités derrière tout ça. Les réseaux sociaux sont à la fois miroir social et aéroport.
On y trouve de tout.
Certaines fois, ce sont des stratégies conscientes de manipulations. On y mord tous. J'aime une publication qui me montre des belles jambes, l'algorithme est susceptible à la fois de me proposer ce type de publications par la suite, à la fois mon compte instagram sera soudainement peuplé "d'une" nouvelle abonnée à 0 publication, presqu'autant d'abonné(e)s. et qui vous parlera tout de suite dans sa description de profil, de son célibat. Je bloque 90% des gens qui s'abonnent à mon compte Instagram. Je suis sur Instragram par obligation. Pour être sur Threads, il le fallait. Mais je ne publie rien non plus (ne sais pas comment, ne veut pas le savoir) fréquente les "story" de mes ami(e)s, de temps à autre, et n'accepte que les amitiés réelles ou les comptes de personnalités connues. Pour moi, Instagram s'arrête là. Pour un collègue un peu naïf au travail, c'était autre chose. Il acceptait les comptes de "belles femmes" car il était désespéré de croire en l'amour. Il a même correspondu longtemps avec une "italienne qui travaillait dans une boucherie". Une belle femme, oui. Il me l'a montré. Elle lui a même envoyé un court vidéo d'elle en train de prendre son bain et d'elle faisant un toast avec deux de ses toutes aussi belles amies. Quand il lui a envoyé une photo de sa voiture, elle lui a presqu'aussitôt parlé qu'elle devait s'absenter du travail. "Pour des raisons de santé". C'est là que j'ai été mis au courant de sa relation avec elle. De Pierrefonds à "l'Italie". Je lui ai parlé de la fraude potentielle "Qu'elle représentait". Que de demander une photo de sa voiture, c'est évaluer ta fortune. Ce collègue avait une belle voiture dispendieuse, malgré son modeste poste en entrepôt. J'ai dit à mon collègue de lui demande d'envoyer une photo d'elle à son travail dans sa prétendue "boulangerie". Elle l'a fait. En civil, comme si elle était cliente. De l'autre côté du comptoir, avec deux employés plus agés derrière le comptoir. Habillés en boulanger. Elle a sa sacoche en bandoulière, confirmant que ce jour-là, elle ne travaillait pas. Rien de convaincant que je lui avais dit. Pour l'impressionner, elle, j'avais suggéré à mon collègue de lui dire qu'il travaillait au gouvernement et non en entrepôt. Ce qu'elle lui avait aussi demandé, Toujours pour évaluer son portefeuille. Il l'avait fait. Quand elle a laissé quelques jours passer sans lui parler, il s'est inquiété. Quand elle a fini par le contacter, "l'heure était grave". Elle avait un grave problème de santé qui exigeait de coûteux frais.Le cholestérol...
(,,,)
Elle avait besoin d'argent. Ce qu'il lui a envoyé pendant que moi, son confident sur le sujet, était en vacances l'an dernier. À mon retour, je l'ai urgé d'arrêter ça, il se faisait flouer. Je suis traité pour gérer le cholestérol, c'est mal travaillé comme menterie, ça ne coûte pas 20$. Il lui envoyait plus de 200$, plusieurs fois, depuis deux semaines. Je le jugeait secrètement, mais il venait valider ça avec le validateur (c'est aussi mon titre de travail) et pour l'aider (tout en lui brisant le naïf coeur), je lui ai proposé de répondre:" D'accord, je travailles au gouvernement, mais je ne vous ai pas dit à quel ministère, celui de la cybersécurité. Nous avons pris tout ce temps pour vous géolocaliser, c'est maintenant fait, une branche de nos équipes internationales viendra bientôt vous visiter. À bientôt. Bonne journée."
"Elle" l'a aussitôt bloqué. Mon collègue était un peu brisé. Mais a compris. Ce qui ne l'a pas empêché de se trouver "une" autre amour virtuelle, mais au Québec, cette fois. Il ne me confessait rien cette fois. J'ai su après les faits. Il lui a aussi envoyé de l'argent, je ne me rappelle plus pourquoi et les deux fois qu'il a réussi à organiser des rencontres, cette personne a eu de bonnes raison d'annuler à la dernière minute. Là j'ai su. Je l'ai à nouveau urgé de cesser d'envoyer de l'argent à des gens qui ne sont très certainement que des abuseurs.Ce pauvre collègue a quitté pour de vrais problèmes de santé dont on ne mesurait pas la gravité, il y a plusieurs mois. Il est décédé cette semaine. Il n'avait pas 60 ans.
Son coeur n'était pas que naïf. Il était malade.
Je reconnais l'aspect esthétique, l'envie de validation, la fierté personnelle, la confiance affichée ou recherchée, qui est aussi présente absolument partout dans nos vies, auprès de nos ami(e)s, nos partenaires, notre public, nos entraineurs, nos employeurs, nos familles, dans toutes nos interactions sociales.Un collègue qui ne répond plus au "Bonjour" matinal au bureau peut mener mentalement jusqu'à "Serais-je limogé(e) ?"
Mais il y aussi grand vide. La dépendance du regard des autres donne raison à Jean-Paul Sartre qui disait dans les années 40, "L'enfer c'est les autres".
Mon inconfort face à tout ça nait principalement sur mon envie de valoriser des relations où l'attention n'est pas "arrachée" mais naturelle.
Je crois que c'est encore un bon filtre.
Le validateur que je suis au bureau a demandé ses vacances cet été et a eu la bénédiction de son employeur. Devinez-où. début juin ? Oui, en Italie, j'irait peut-être "la" retracer...:)
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