mardi 17 mars 2026

Blonde et Idiote Bassesse Inoubliable***************2112 de Rush

Chaque mois, vers le milieu, tout comme je le fais pour la cinéma (dans ses 10 premiers jours) et tout comme je le fais pour la littérature (dans ses 10 derniers) je vous parles de l'une de mes trois immenses passions: La musique !

Le titre de la chronique est inspiré de 4 albums que j'ai tant écouté dans ma vie, que j'en connais toutes les notes, toutes les paroles, toutes les nuances, tous les tons, tous les sons, bref, cette musique est désormais composante de mon ADN. 

Par ordre de création:

Blonde on Blonde de Bob Dylan

The Idiot d'Iggy Pop

Low de David Bowie

The Unforgettable Fire de U2.

B.I.B.I. c'est bibi, c'est moi. C'est aussi la terminaison du mot habibi, voulant dire, en langue arabe, je t'aime.

Musique, je t'aime.   

2112 de RUSH

1975. Après l'échec commercial de la sortie de leur album Caress of Steel, leur 3e effort sur galette 33 tours, la maison de disques Mercury presse le groupe de revenir à un son plus accessible et radiophonique. 

Fidèles à leur intégrité, Geddy Lee, Alex Lifeson et Neil Peart ont fait exactement l'inverse. Ils ont doublé la mise sur la complexité et le conceptuel. 

La pièce maitresse, la suite du titre de l'album, occupe toute la première face. Tour de force de 20 minutes, divisé en 7 parties, inspiré, par la philosophie d'Ayn Rand (notamment sa nouvelle Anthem), l'histoire se déroule dans une société futuriste totalitaire  contrôlée par les "Prêtres des Temples de Syrinx". Dans ce monde, toute créativité et individualité sont supprimées au nom d'une harmonie forcée.

L'intrigue suit un protagoniste anonyme qui découvre une vieille guitare acoustique dans une grotte. En apprenant à en jouer, il découvre une émotion et une beauté  jusque-là interdites. Lorsqu'il présente sa découverte aux Prêtres, espérant partager cette merveille, ces derniers détruisent l'instrument, affirmant qu'il ne s'agit que d'un jouet idiot qui perturbe l'ordre établi. La tragédie finale du protagoniste, suivie de l'intervention mystérieuse des fédérations solaires, laisse une fin ouverte qui a alimenté les débats des fans pendant des décennies. 

Musicalement, cette suite est un chef d'oeuvre  de dynamique. De l'ouverture explosive aux synthétiseurs spatiaux d'Hugh Syme, le même qui sera brillant concepteur graphique pour leurs pochettes, jusqu'au final apocalyptique, le groupe démontre une maitrise technique absolue. La voix suraïgue de Geddy Lee incarne à merveille l'innocence du héros et l'arrogance froide des Prêtres, tandis que les solos d'Alex Lifeson naviguent entre douceur mélodique et agressivité brute.

Si la première partie est un monolithe conceptuel, la seconde montre la polyvalence du trio canadien. Elle contient des morceaux plus courts, 5, mais tout aussi riches en sons

On a une ode aux plaisirs du voyage (et de certaines herbes), portée par un riff de guitare orientaliste devenue iconique. On rend hommage à la célèbre série de Rod Serling, prouvant l'intérêt du groupe pour la culture populaire, le fantastique et le culte underground. On montre une facette plus douce et introspective avec l'utilisation notable du mellotron, une première pour le groupe. On clôt finalement avec un hymne à la responsabilité individuelle, martelant que rien ne s'obtient, sans efforts.   

2112 a sauvé la carrière de Rush. Contre toute attente, l'album a été un immense succès. Prouvant qu'il existait un public massif pour un rock progressif intelligent, exigeant, et sans compromis. Il a défini le son de la formation. Un mélange de virtuosité instrumentale, de textes littéraires, et de structures musicales ambitieuses. L'imagerie de l'album, notamment le logo de l'homme étoilé créé par Hugh Syme est devenue le symbole ultime du groupe. Représentant l'individu luttant contre les forces de la conformité.

Facile pour moi d'être interpelé.

2112 est un album de rébellion. C'est le moment où Rush a décidé que s'ils devaient tomber, ils le feraient selon leurs propres termes. En refusant de se plier aux exigences de l'industrie, ils ont créé un classique intemporel qui continue d'influencer des générations de musiciens rock et de métal progressif, C'est un voyage sonore qui, malgré ses racines dans les années 70, résonne encore aujourd'hui par son message universel de liberté créative. Peart, qui écrivait 90% des paroles du trio, et absolument toutes les paroles de cet affront aux diktats de la maison de disques, dira qu'il avait écrit sur la mentalité collective. L'homme abstrait conte les masses.  

Pour amateurs de métal progressif, rock progressif, hard rock, jeune heavy metal, art rock, performances individuelles, à la base, aux voix, à la batterie, aux multiples guitares, d'acoustique et de folk rock. 

Rush repart cette année en tournée. Avec l'habile allemande Anika Nilles à la batterie, poste qu'occupait le départi Neil Peart, avec un talent inégalable. 

Elle n'est pas fâcheuse du tout. 

Proposeront ils un nouvel album en fin/en cours de tournée ?   

Cet album, 2112, a eu 50 ans pas plus tard qu'hier.  

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