vendredi 23 février 2024

Lee Morgan

Il y a de ces moments...

Inexplicables. 

Il faut les vivre.

Lundi dernier, marchant dans ma propre cuisine, j'entends soudainement une céleste trompette. L'amoureuse me regarde, un peu surprise de la trame sonore qui sort de la poche de mon pantalon et cherchant aussi la source du son. Comme trop souvent, j'ai accroché des touches sur mon téléphone, qui ont actionné Spotify sur lequel je suis excessivement souvent, puis lancé la pièce titre et la première de l'album Search For The New Light du trompettiste Lee Morgan. 

À l'école secondaire, dans le stage band, la trompette était mon instrument. J'en suis une oreille sensibilisée favorablement. Pas mal tout le temps.

Je n'avais pourtant pas cherché Lee Morgan sur mon téléphone. À vrai dire, je ne le connaissais pas du tout. 

Je vous le présente. 

Né en 1938, à Philadelphie, cadet de 4 enfants, il est d'abord très intéressé par le xylophone, avant de se trouver un réel enthousiasme pour la trompette. À 13 ans, sa grande soeur lui offre sa première trompette. Adolescent, il prendra des cours du trompettiste Clifford Brown. Une influence majeure pour lui. Morgan apprendra aussi à jouer du saxophone alto quand le saxophone devient fort populaire, dans le jazz des années 50. Dizzie Gillespie l'engage à 18 ans et il reste de son band jusqu'à ce que des raisons économiques ne forcent Gillespie à dissoudre son ensemble musical, en 1958. 

Mais il a bossé avec un grand du jazz. Il a le pied dans le bon corridor. Entre 1956 et 1972, il enregistrera de manière prolifique. Sur 16 ans, il enregistre 25 fois comme leader d'un band de jazz. Il sera aussi accompagnateur de grands albums comme Blue Train de John Coltrane, avec une trompette qui lui est donnée par Gillespie. À la dissolution du band de Dizzie, il joint les Jazz Messengers d'Art Blakey. Il y développera ses talents de soliste et de compositeur. C'est lui qui suggère à Blakey un jeune Wayne Shorter dans le band. Ils ont beaucoup de succès ensemble pendant 3 ans, mais en compagnie du pianiste Bobby Timmons, Morgan plonge dans la consommation de drogue et ils sont forcés de changer de style de vie. L'héroïne lui avait été présentée par Blakey et Morgan ne resurgit qu'en 1963, où un de ses morceaux se glisse dans les meilleures ventes de chansons populaires. Chrysler achète le morceau pour une de ses publicités (un arrangement hors cour sera fait car permission n'avait jamais été demandé) et la série mondiale du baseball majeur entre les Yankees de Mickey Mantle et les Dodgers de Sandy Koufax lui emprunte aussi le morceau pour le Yankee Stadium. 

Morgan restera surpris du succès de ce morceau qu'il avait composé/enregistré afin de boucher des trous sur son album, restant plus fier de son travail avant-gardiste pour Grachan Moncur III. Search For The New Land est lancé l'année suivante alors que sa popularité est à son sommet. Il revient brièvement avec les Jazz Messenger de Blakey, et y fait la rencontre de Freddie Hubbard. Avec lequel, il endisquera magistralement aussi. (je le connaissais finalement)

Ce seront 20 autres albums qu'il enregistrera comme leader dans les années 60. Il sera aussi d'albums de Joe Henderson, Hubbard, Shorter, Stanley Turrentine, Jackie McLean, McCoy Tyner, Lonnie Smith, Elvin Jones, Jack Wilson, Reuben Wilson, Larry Young, Clifford Jordan et Andrew Hill.

Avec les droits civiques qui prennent de l'ampleur dans les jeunes années 70, il s'implique beaucoup. Devient leader du Jazz & People's Movement. On manifeste entre autre sur le manque d'espace accordé au jazz dans le monde musical d'alors. 

Il se donne en spectacle dans la nuit au Slug's Saloon de New York, en 1972, quand son épouse, ayant un contentieux envers son mari qui fréquentait aussi, une autre femme (de trop), lui tire une balle de fusil dans le plastron pour tout argument, entre deux sets. Comme c'est l'hiver et il fait tempête dehors, l'ambulance prend un temps fou à intervenir et Morgan meurt au bout de son sang. À 33 ans. 

Il mourrait lundi, il y a 52 ans.

Jour exact où la trompette de Morgan est née de la poche gauche de mon pantalon.  

Un billet de loto, s'il vous plait. 

jeudi 22 février 2024

Coup de Griffes de Chat Mouillé Sorti du Bain

La politique est un milieu où la manipulation du peuple est souvent nécessaire. C'est en partie inconsciemment ce qui rend ce milieu si déplaisant à la majorité des gens. 

La manipulation, ça pue.

Dimanche dernier, notre homme d'affaires Premier Minus François Legault sentait le calisse. 

Hoooooooooooooooooooooooooooostie qu'il puait. À en fuir les lieux. Calever qu'il sentait mauvais. Il empestait même dans nos salons. Dans le point de presse que son gouvernement a fait afin de tenter raconter leur version de l'entente avec les enseignants récente, subtil comme un boeu dans une litière à chat, il a dit qu'avec le choix d'investir massivement dans les fonds publics, le budget sera largement déficitaire. Insistant sur "largement". 

Le choix d'investir dans les fonds publics

Quelle tare n'est-ce pas ? 

Ce ne serait donc pas normal d'investir dans les fonds publics quand on est au pouvoir. Ce serait "un choix". Qu'il n'aurait pas fait.

Mais non, Jones, tu fais de la mauvaise foi, ce n'est pas ce qu'il disait. Effectivement, ce qu'il faisait était une association claire entre l'entente en éducation et le budget qui s'en retrouverait déficitaire. Une envie nette de placer dans la tête du peuple que si le gouvernement manque d'argent pour quelque chose, ce sera à cause des profs. 

Faux et mal intentioné. Le déficit n'est PAS associé au financement des services publics. Il n'est en fait pas exclusivement responsable. Un déficit de budget ne se base aucunement sur une seule décision, mais comme le salaire d'un joueur dans une équipe sportive, sur l'ensemble des décisions. Le déficit est aussi causé par le choix d'investir des millions dans une compagnie qui fera des batteries ici. Il est aussi lié à la Fonderie Horne. Le déficit sera aussi influencé par le choix de se voter soi même des augmentations de salaire. Il sera nettement influencé par le 870 millions qu'on a aussi choisi de placer dans le Stade Olympique. Et d'une manière plus infime mais tout de même extraordinairement irritante, le budget impacté par le choix de donner 7 millions à la LNH et aux Kings pour y faire jouer l'équipe B ou C de Los Angeles en septembre. Cette décision à elle seule, par manque total de jugement, c'est presque criminellement responsable de carences possibles dans le budget. Parce que tout est secret avant divulgation (et même après) dans les budgets. Ils peuvent donc dire n'importe quoi.

Et dimanche, Legault disait n'importe quoi.

Le financement du secteur public est toujours nécessaire dans chaque gouvernement. Le budget sera toujours influencé par les choix qu'un gouvernement fait. Et un budget, c'est toujours un secret avant qu'il ne soit dévoilé, c'est donc quelque chose qu'on en connait aucunement avant qu'il ne soit annoncé.  Et même annoncé, il module et change continuellement de valeur sur les 4 ans de règne. TOUJOURS. 

La traduction, assez simple, du point de presse de dimanche, de ce que Legault disait était celle-ci:

Vos profs vont coûter cher à la province. Et si on pourra pas faire ce qu'on veut, ce que vous voulez, c'est parce qu'on a été forcé de trop leur donner.

Petite salope de Premier Minus. 

Ce qu'il disait aussi c'était On aurait pas mis autant sur l'éducation. Ce qui, en soi, devrait les faire perdre toute élection. Si tu ne veux pas miser en éducation ou en santé, tu veux l'avilissement de ton peuple.

Je suis plutôt anti syndicaliste et ne portes pas dans mon coeur les multiples associations en éducation qui à mon avis, plombent à peu près toutes formes de négociations saines. Mais je suis probablement encore moins partisan de chat mouillé, sorti du bain, parce qu'il faut le laver, et qui lâche un miaulement de chat frustré et essaie de te donner un coup de griffe. 

Combien de gens, plus ou moins réfléchis, ont mordu à l'hameçon de Legault, dimanche ? Et on pensé "les maudits profs"?  

L'enfant tombé de la table des grands, à qui on avait retiré le droit au dessert, tirant sur la nappe dans sa chute au sol, fera tomber combien de vaisselle ? 

Quand j'ai entendu Legault lâchement associer éducation et budget largement déficitaire, j'ai sacré. Je voulais en découdre avec lui dans un ring de boxe. Je l'ai méprisé lourdement. Le méprise toujours. 

Tes choix ne sont chrissement pas les miens. "Votre" gouvernement ? Pas le mien, certain. 

Parmi mes choix à moi, y a des gens éduqués, car l'ignorance est un grave fléau, et des gens en santé. La pandémie nous rappelant dans les deux cas que ces deux domaines peuvent être fragilisés, mais sont essentiels. À RÉTABLIR SOLIDES.

Ces deux domaines crééent aussi une richesse nécessaire au concept de "faire de l'argent".  

Richesse pas assez comptable pour ces calisses d' hommes d'affaires. 

mercredi 21 février 2024

Relectures

Je n'ai jamais vraiment écouté la série télé Friends. Entre 1994 et 2004, j'avais de 22 à 32 ans. 

La vie de colocation s'éloignait de moi. Après 2 ans d'amour à distance avec l'amoureuse, elle choisissait de passer du 418 au 514 pour venir me rejoindre, en 1994, et, ensemble, nous avons bâti notre amour et tricoté deux chef d'oeuvres d'enfants dont nous sommes très fiers. Je graduais de l'Université, la belle également, nous étions très occupés à se bâtir amoureusement ensemble, mais professionnellement aussi. Là où personne ne nous attendais. En 1995, elle et moi habitions ensemble jusqu'à nos jours. 

La série Friends n'avait pas capté mon intérêt (ça jouait à quelle heure ? quand ?). Nos rendez-vous étaient ailleurs dans la vie, sinon pour une fin du monde à 7 heures. On était trop occupés à vivre loin des écrans. En 2004, on avait une maison, 2 chats, 2 enfants. Dont une tout à fait naissante. 

J'ai essayé de suivre la série une fois celle-ci terminée. Comme j'aime faire les choses dans l'ordre, je voulais partir de la première et me rendre à la 10ème. Mais j'ai pas duré. Pas même la première saison. Plusieurs fois je me suis entendu penser "à quelle heure le punch ?". Le rythme des comédies a beaucoup changé avec le temps, et au début, et c'est normal, le rythme des dialogues prenait du temps à faire mouche. Après 6 épisodes de la première saison, j'ai abandonné. Je ne m'y reconnaissais pas chez les 3 gars et il y avait entre autre une haine croissante de ma part du personnage de Ross. Que je trouvais si plaignard et insupportable. Je croyais aussi comprendre qu'il devait nous être sympathique. 

J'ai été content de voir, avec le temps, que les relectures de la série dépeignent ce personnage comme racine de masculinité toxique. Ross est jaloux, jalousie, source de millions de maux. Possessif. Il met un terme à sa relation avec Bonnie sous le seul reproche qu'elle se soit rasé la tête complètement. Donc très superficiel aussi. Il a des sentiments amoureux envers une cousine et s'impose physiquement dans cette direction sur elle avant qu'elle ne le repousse. Quand Rachel quitte le café pour réaliser son rêve de travailler dans le milieu de la mode, Ross, alors son conjoint amoureux, n'en supporte aucunement l'idée et est le pire ami à avoir, la décourageant de toutes les manières et ne commandant l'attention que sur lui. Dans la saison III, il humilie Rachel sur ses lieux de travail, voulant marquer son territoire. Extraordinairement malsain. Quand Phoebe pense que sa mère décédée a été réincarnée en chat, Ross lui criera que ce n'est pas le cas. Quand le fils de Ross joue avec une Barbie, il s'inquiète et lui place un G.I. Joe dans les mains. Passe l'épisode à le viriliser de manière aujourd'hui déplacée. 

Les créateurs de Friends peuvent bien se défendre en disant que justement, c'est le comportement qu'ils/elles voulaient décrier. Plusieurs fois, presque toujours, c'était utilisé à des fins humoristiques comme cet épisode où il se moque de Rachel & Phoebe prenant des cours d'auto-défense alors que lui serait maitre karatéka. Elles lui donnent une raclée. Sa solution ? Prendre des cours à son tour pour "battre" les filles. 

Désagréable individu. Mais personnage probablement construit ainsi. Je ne pouvais pas suivre une série dont je voulais moi-même corriger un des personnages principal et le remonter de toutes pìèces. Personnage qui ne m'a jamais paru sympathique. Que je ne souhaitais PAS voir tomber dans les bras de Rachel. Pour son bien à elle. Il a été amoureux d'une de ses élèves, a fait une liste de pour et de contre de Rachel, a refusé de la divorcer, s'est trompé de nom mariant Émily à l'autel, s'est insurgé contre un gardien d'enfant parce que c'était un mâle, convaincu Rachel que leur couple était en pause quand il l'a trompé, et dans l'épisode final, lui fait encore quitter son emploi.

Wach ! T'es dégueulasse Ross ! Toxique !

Un film que j'avais tant aimé en 1996, que j'en ai acheté le DVD a été aussi une relecture fort différente de nos jours, pour moi.

Jerry Maguire est une petite merde. Et celle qui le pourchasse amoureusement, incarnée par Renée Zelwegger, une potentielle assassine. Il est établi qu'elle est veuve. Il est aussi établi qu'elle a Jerry Maguire en tête depuis longtemps. Le manifeste qu'il rédige au début du film n'est que la confirmation que c'est celui qu'elle croyait qu'il soit, un homme qui a le courage de ses idées. Mais ils ne se connaissent pas. Tant de choses ne fonctionnent pas dans ce film. Elle ne sera jamais autre chose qu'utilitaire pour Maguire tout le film. J'ai 3 des films de Cameron Crowe : Say Anything, Almost Famous et celui-là. Il ne sait pas vraiment écrire les Femmes au cinéma. Dans Say Anything, la belle n'a aucune amie de fille ou presque. Hautement impossible. Elle semble fantasme. Dans Almost Famous ET Jerry Maguire c'est une groupie. 

Il n'y a rien à comprendre de la passion de madame pour Monsieur dans Jerry Maguire. À moins qu'elle ne veuille le tuer. Alors qu'on pense qu'elle n'est que tristement veuve, on apprend plus loin que quand Jerry lui demande d'en parler, elle ne veut pas le faire et que le disparu était un homme horrible. Tant mieux qu'il soit mort, donc ?

Mais quelle piste intéressante ça aurait été qu'elle vise Maguire comme prochaine victime. Les deux ont des pulsions d'harceleurs. Et la misogynie de certaines scènes/personnages est pesante. Mais dans le monde des agents et du sport, la misogynie n'est jamais plus loin que le "juice". 

La "rom-com", qui est davantage un "bro-com" dans une relation agent/joueur, a tout de même généré des lignes cultes de rom-com comme "You had me at Hello" ou "You complete me".   

You had me at hello c'est justement ce que j'ai dit à Shakira quand je l'ai croisée.

Où étais-ce elle qui m'avait dit ça...?

Je dois mentalement relire ce moment afin d'y voir clair. 

Fight Club avait marqué les esprits, mais avec le recul on y voit aussi le germe de l'incel. 

Ross était masculinité toxique "acceptable" pendant 10 ans.

"It may have been, Jones"
Jerry Maguire n'était pas une comédie romantique, une comédie, oui, mais l'amour y était vraiment bonheur d'occasion.

Comme si ça avait été écrit par un gars qui à 16 ans, qui aurait travaillé dans un univers d'adulte dans les année 70...  

La plupart des films/séries sont reflets de leurs époques. 

Ils sont donc sujets à bien entendu, parfois mal vieillir. La relecture est entendue dès le départ. 

Comme ces 2 scènes d'agressions sexuelles presque successives vers la fin de Saturday Night Fever

Autre film largement aimé, mais qui comporte ce sérieux travers.

Confirmant encore qu'un(e) bon artiste, une vraie bonne oeuvre s'inscrit toujours dans la durée.  

mardi 20 février 2024

Baloney

 On a ce collègue au bureau qui tient beaucoup à s'intégrer à nous. Les loups sauvages.

 Il est relativement nouveau, occupe l'un des 4 cubicules qui fait notre coin de quartier. Le mien est le plus isolé, le plus loin des regards. C'est parfait pour le grand indépendant que je suis qui a presque toujours ses air pods sur les oreilles. Sacrez moi la paix. Sur ma gauche un mur, sur ma droite mon voisin de bureau, Poncho, dont le cubicule est visible de la fenêtre du bureau de Fernandez (oui, ce sont deux Mexicains d'origines), donc Poncho ne peut pas beaucoup errer sur ses deux écrans puisque des yeux peuvent se planter sur ce qu'il consulte tous les jours. Tandis que mois, sur sa droite, personne ne peut vraiment voir ce que je fais derrière mes 4 écrans. Martin est de l'autre côté de moi, est plus discret et le nouveau en diagonale de moi. 

Puisque je suis souvent à l'abri des regards, je l'avoue, je vous écris parfois. Je préfère dire que je gère bien mon temps pour ce qu'on me paie. Cet isolement joue un peu contre moi car personne ne comprend vraiment ce que je fais. Mais on voit que je suis occupé.  

Brutus Maloney est irlandais d'origine et puisque j'ai aussi un père dont le sien est d'origine irlandaise, Baloney, comme on le surnomme. pense que ça nous unit. On le surnomme Baloney parce qu'il fallait lui trouver un surnom cheap, il est encore moins payé que nous le sommes, et nous c'est famélique. 

Non. Rien ne nous unit. Je le méprise secrètement. Il me fait penser à Pierre Polièvre. Il n'était probablement pas très populaire à l'école ou ailleurs et il essaie gauchement de s'intégrer dans toutes sortes de rôles qu'il ne connait pas. Comme on se parle souvent de sports, il essaie de s'intéresser à nos discussions et nous approche.

Atrocement mauvais. Comme Polièvre.

On parlait du Super Bowl. Il s'est donc intégré à nos propos. Trop excité. 

"J'ADORE LE FOOTBALL"

"Le football américain ? Tu connais les joueurs ?"

"J'aime beaucoup Aaron Roberts..."

"Rodgers" j'ai corrigé.

"...jamais entendu parlé de celui-là..."

"C'était le quart arrière des Jets cette année..."

"Comme Aaron Roberts !"

Rodgers est un parfait American idiot, j'aurais dû tout de suite comprendre le ravin entre nous deux.

"Qui d'autres aimes tu ?"

"J'aime Patrick McHomes..."

"Mahones" J'ai corrigé

"C'est mon homie aussi, je connais aussi les 10 équipes de la NFL"

"Il y en a 32" j'ai corrigé. 

"Je peux quand même toutes les nommer "

"Vas-y"

"Il y a le Texas"

"Les Texans de Houston, oui, pas le Texas" j'ai corrigé.

"Il y a la Virginie"

"Non" j'ai corrigé.

"New Jersey"

"Non, laisse moi t'aider: Chicago, les quoi de Chicago, ça commence par B" j'ai corrigé.

"B ! les Bubblebaths, les Bumblebees, les Birds, les Beagles..."

"C'est un animal, certains sont bruns, d'autres sont blancs, d'autres sont noirs..."

"The Big Population of Chicago !"

"Non, les Bears de Chicago, allons-y avec Detroit, ça commence par L..."

"Ladybug, Ladies, Laserguns..."

"Non, Lions, allons-y avec Cleveland, ça commence par la lettre B, c'est une couleur en anglais..."

"Blue, beige, brick red..."

"Tu en connais aucune, New York ?"

"Football Kickers ? Trump Towers"

"New England ?"

"Sinkers, Touchdown Makers..."

 "Cincinnati ?"

"Tacklers ?"

"Tampa Bay ?"

"Blockers ?"

"Tennessee ?"

"Catchers ?"

"San Francisco ?"

"Jokers ?"

"Baltimore ?"

"Strong Men ?"

"T'en as a pas eu un calisse"

Il a retraité, penaud à son bureau. 

Quand on parlait hockey il a encore essayé.

"J'aime le hockey"

"Non" J'ai dit

"Oui je connais les Panthers de la Caroline"

"Ça c'est au football, ce sont les Panthers de la Floride, au hockey"  j'ai corrigé.

"Les Rangers du Texas"

"Ça c'est au baseball, ce sont les Rangers de New York, au hockey"  j'ai corrigé.

"Les Nets de New York !"

"Ça c'est au basketball, ce sont les Rangers ou les Islanders, au hockey"  j'ai corrigé.

"Mais ils ont des filets!"

"Rien à voir, tu connais quand même les Canadiens ?"

"OUIIIIII, je les ai étudié pour le devenir, j'ai chanté l'hymne national"

"Non, les... ha je dois travailler, dégage!"

"Refusé"

"Hein ?"

"J'ai entendu ça l'autre fois, on peut refuser les dégagements"

"Non on ne choisit pas de refuser, ce sont les arbit...haaa! tu m'énerves, sors du coin"

"Je sors du coin comme Bustin Matouze"

"Austin Matth....TA GUEULE!"

La matin maintenant, quand il entre et me dit "Bon matin" je lui dis "moins maintenant". 

lundi 19 février 2024

Triangle du Mal

Boucar Diouf est un de mes humains préférés. 

Il vise 100% juste. Il sait lire le monde

Ça deviendra vite ridicule d'être juste et bon ?

Ça ne regarde franchement pas bien. 

Dans la Seconde Guerre Mondiale, on faisait référence à l'Italie, le Japon et bien entendu, les Allemands, contre la coalition Euro-Nord-Américaine. C'est le Japon, avec son attaque sur des États-Unis, mollement actifs, et très certainement pas ouvertement, deux ans après le début du conflit mondial, qui a forcé une implication plus réelle de ce côté-ci du globe. Des ententes entre leaders nordiques comme l'Angleterre, les États-Unis, le Canada, la Russie ont fait en sorte que les trois nations ennemies ont vu leur leader éventuellement disparaitre ou baisser pavillon. Hitler a été forcé au suicide et les Nazis sont tombés. Hirohito a fait entendre sa voix au peuple pour une rare fois en leur disant que la Japon allait se retirer du conflit, après les massacres nucléaires de Nagasaki et Hiroshima. Le peuple Italien s'est retourné contre Mussollini et a arrêté ce Donald Trump de l'époque, qui tentait de fuir lâchement vers l'Espagne avec sa maitresse et les ont fait fusiller et l'ont affiché publiquement comme l'épouvantail qu'il était. 

Dans l'administration Bush, fils, le terme a été utilisé pour symboliser le triangle "maléfique" Iran/Irak/Corée du Nord. Et justifier les invasions de l'Irak, post 11 septembre 2001. Avec le recul, et même alors, on a su que les invasions avaient été faites sous de faux prétextes par les États-Unis, et pour donner l'impression qu'on réagissait fort après 09/11. Aucun des terroristes des avions détournés qui ont fait de milliers de morts n'étaient de l'une des trois nations. Mais idéologiquement, ces 3 nations sont aux antipodes de celles d'Amérique du Nord et de la majorité de l'Europe. 

De nos jours, il ne fait aucun doute que si on voulait parler d'hostilité internationale, la Russie, la Chine et la Corée du Nord sont faciles figures de proue du point de vue de la justice internationale. 

Chine & Corée du Nord sont très actifs dans le support à la Russie, et leur tentative d'éradication de l'Ukraine. 

 Il y a Gaza qui se fait peu à peu effacer par Israël avec la complicité Nord-Américaine, mais il ne faut pas oublier que le 24 février prochain, ça fera 2 ans que la Russie essaie de faire disparaître l'Ukraine. À tous les jours.  

Isaac Herzog & Benjamin Netanyahu, Vladimir Poutine, Xi Jingping, Kim Jong Un, voilà des noms qui sont devenues plus que caricatures de vilains dans les films. Les deux premiers colonisent depuis toujours comme si ça avait été un jour juste, quelque part sur terre. Et la planète terre choisit de regarder ailleurs. Les États-Unis, de soutenir. Le Canada, de demander aux États-Unis la permission de faire semblant de s'insurger. La colonisation, que ce soit en Afrique, en Palestine ou ailleurs, c'est toujours injuste, Et quand ça efface un autre peuple, c'est un crime. 

La Palestine est, et restera, toujours un peuple. Comme l'Ukraine. Dont on fait semblant que ce sont tous des Nazis. Ukraine dont on refuse de reconnaître la souveraineté pourtant pleinement votée et gagnée. 

Il y a cette jeune femme, Ukrainienne, dont je veux lire le journal de survie jusqu'à ce que conflit soit pleinement gagné par l'Ukraine. Elle écrit et fait des vidéos en direct tous les jours. Elle est littéralement en mode survie. Elle parait terriblement fatiguée. On le serait à moins. Elle a perdu des proches pour la première fois il y a 10 jours. Elle s'exprime en anglais dans le but que plus de gens l'entendent. Je veux la lire pour toujours et dans de meilleures contextes. Je serai inquiet si elle n'écrit plus un jour. Elle tente de garder le moral, là où on se sent si abandonnés.

L'Ukraine avait le meilleur sur la Russie avant l'aide souterraine des Chinois et de la Corée du Nord. 

Ce n'est plus complètement le cas.

Ce n'est pas le moment de laisser tomber ni l'Ukraine, ni la Palestine.

Y aura-t-il un Pearl Harbor devant l'inaction Nord-Américaine ? Un peuple décimé de plus de 350 000 morts Russes qui pourraient se retourner contre son chef et l'exposé comme l'épouvantail qu'il est ?

Ou c'est simplement la troisième guerre mondiale qui se prépare ? 

Non seulement Sarkozy se dirige vers la prison pour beaucoup moins pire que ce qui est reproché à Donald Trump, mais si celui-là revenait ?

Et si Polièvre passait un jour ? 

Tant de cauchemars qui se profilent...

Que cette fumée se dissipe. 

Que justice soit faite sur terre.

Que l'humanité conquiert.

Que nous fassions équipe.

dimanche 18 février 2024

5 Listes de Lecture Maudites

J'approche le 500 listes de lecture sur mon téléphone. De musique. Je ne le vise pas mais bon, je sais qu'avec le temps, je les atteindrai surement. De différents styles de différents thèmes, de différentes durées. Selon l'intérêt. Passant de la vingtaine de minute d'un(e) artiste qui n'a que peu albums au plus de 20 heures pour week-end de party. La grande majorité sont des artistes dont je rassemble mes morceaux préférés par durée d'intérêt tentant souvent de ne jamais dépasser l'heure et demie. Mais quand j'aime trop, je ne me prive pas. Après tout, je fais ça par choix personnel. 

Séparer l'artiste de l'homme, n'est pas évident. Parfois on va adorer les oeuvres de quelqu'un d'assez détestable. Plongez dans la vie privée de Pablo Picasso, vous serez outré. 5 artistes musicaux, dont j'aime la musique, sont (étaient dans les 2 derniers cas) des gens peu honorables au civil. 

Très méprisables même.

J'ai refusé longtemps de faire des listes de lecture de ces 5 là, mais je dois admettre que l'oeuvre artistique a gagné. Je me privais moi-même, j'ai craqué. Tout en plaçant comme titre de liste, quelque chose de péjoratif à l'égard de l'artiste en question. Voici les infâmes:

Eric Clapton "God is a Bigot" (1h04)

Clapton is God était un graffiti du milieu des années 60 qui avait été pris en photo et qui est vite devenu populaire, créant du même coup le culte du guitar hero. Clapton était alors guitariste avec les Bluesbreakers de John Mayall. Et il ne fait aucun doute qu'il est un fameux joueur de guitare. Le Magazine Rolling Stones le classe second de tous les temps derrière Jimi Hendrix. Tour à tour membre des Yardbirds, des Bluesbreakers, de Cream, Blind Faith,  Georhe Harrison, Delaney & Bonnie, Derek & The Dominos, artiste soliste, invité depuis, il y a beaucoup à puiser dans ce qu'il fait de ses 10 doigts. C'est sa tête le problème. En 1976, fraichement remis des ses mauvais choix autour de la drogue, il était maintenant devenu très lourd sur la bouteille et visiblement intoxiqué, il s'est lancé dans une tirade extraordinairement raciste souhaitant ouvertement de garder l'Angleterre blanche. Et que tous les étrangers quittent le pays. 

En 2020, il était figure de proue des antivax, anti confinement, anti masque, et a fait des concerts et même une chanson souhaitant que tous ça cesse.

Nous aussi on voulait que ça cesse, idiot bigot. Le karma étant plutôt bitch, il a dû annuler quelques concerts en mai 2022, atteint du Covid.  

Van Morrison "Belfast Bandit" (2h20)

Des "artistes maudits" Van est de loin mon préféré. Un de ses albums devient un des albums que j'ai le plus écouté dans ma vie. Je revisite très souvent sa liste car il a plusieurs bons albums, entre 1967 et 1974, entre autre, ma période préférée de l'Irlandais, mais il a 47 albums entre 1967 et nos jours. Je ne les connais pas tous. Il est excessivement prolifique. Et aime faire beaucoup d'argent. C'est probablement parce qu'il en perdait à ne pas se donner en concert en 2019, avec 7 nouveaux albums en 4 ans de lancés, à ne pas pouvoir promouvoir en tournée, qu'il s'est ouvertement prononcé contre toutes les mesures sanitaires. Il a fait des concerts "pour la liberté-compromettant les nôtres". Artistiquement, il est tout simplement brillant. Au civil, plutôt idiot. Dommage. Il écrit si bien.

Buffy Ste-Marie "Stoneham Italo Caucasian UnitedStater Fraud" (1h)

Elle a été confirmée fraude identitaire toute sa carrière dans les derniers mois. Dommage aussi. Tant de reconnaissances lui ont été faites spécifiquement pour un côté autochtone qui avait été inventé de toutes pièces. Un peu de sa musique reste intéressante et si ça peut faire explorer les gens sur les réalités autochtones, tant mieux. The more, the merrier. Toutefois, elle devrait rester profil bas de nos jours. Ce n'est pas parce qu'une famille autochtone dit vous "adopter" que ça fait de vous, un autochtone. Beverly Jean Santamaria, t'es Étatsunienne avec des racines italiennes. Point. Tu t'intéresses aux autochtones pour vivre. Il faut essayer d'oublier que tu continues la colonisation.

Jean-Louis Murat "Le Môme Éternel" (2h20)

Absolu bipolaire, Jean-Louis savait du moins reconnaître le problème. Mais problème il y avait. Il pouvait passer du sensible artiste presque maladivement timide à la bourrue grande gueule qui crachera sur Johnny Halliday, les organisateurs du spectacle des enfoirées, Renaud*, Polnareff, Goldman. Murat l'artiste, je l'adore comme le confirme la durée de ma liste de lecture. C'est la même durée que j'ai pour les Psychedelics Furs, Bashung, Radiohead ou Pulp. Mais Murat, le citoyen, je modères. A-t-il besoin d'être sexiste avec Angèle ? Méprisant envers Souchon ? Gilet pissou jaune et anti-Macron ? C'est une immaturité intellectuelle que je ne lui connaissais pas. Il avait un sale caractère et était animé de beaucoup plus de fiel que je n'aurais jamais pensé et beaucoup moins consensuel tout en restant con, sensuel. Je le découvre à mon grand désarroi décédé depuis mai l'an dernier, à 71 ans, de complications pulmonaires suite à une phlébite. Je ne savais pas. C'était un immature môme éternel.  Mais si je méprises pas immaturité j'aurais dû le remplacer par Morrissey. Que j'aime pendant 1h43 en solo et avec The Smiths sur 2h34.

Micheal Jackson "The Kids in the Mirror" (1h15)

Micheal Jackson n'en était pas à un mensonge près. Billie Jean, was his lover, not just a girl claiming he was the one. And the kid WAS his son. Ça s'est réglé hors cour. Ce qui est pratiquement toujours un aveu de culpabilité. Micheal couchait avec des enfants dans son lit, a Neverland. Il a été accusé une première fois d'agression sexuelle sur un(e) mineur(e) en 1993. A réglé hors cour. Le doute a toujours subsisté. Il insistait tant pour être ami de Macaulay Culkin qui n'avait que 11 ans. Allez lire les détailes des accusations portées contre lui, c'est plutôt répugnant. Pas envie de les reproduire. Il a été réaccusé en 2005, fût acquitté. Même si on le voyait souvent inviter des enfants de 12 ans "à coucher chez lui". Enfin... J'adore toutefois Janet. Et Micheal a beaucoup influencé le monde musical. Musicalement il a parlé...à mon enfance...

Le titre de la liste de lecture de Wacko Jacko est d'une ironie noire.

Couleur de peau que Micheal n'était plus. 

Il y a une ligne que je ne traverserai pas. Bérurier Noir/Cantat ne sera jamais plus réécouté par moi. 

Ce que je pourrais admirer chez lui (une intensité) est source de trop d'horreur.  

Si je vous parles de ça aujourd'hui c'est que je me tricote une liste de lecture de Bernard Adamus. Ben oui, 'scuzez...y est pas propre Adamus.

*Qui aurait aussi eu davantage sa place ici que Murat, je réalises tardivement.