jeudi 22 octobre 2026

20 Chansons Qui Ont 40 ans

(à la mémoire de Karl Wallinger)

Donc, qui m'ont habitées quand j'en avais 14.

Begin The Begin de R.E.M.

Commencer par le début. J'aurais pu prendre n'importe laquelle des trois premières chansons de cet excellent album qui était un excellent 1-2-3 punch pour ouvrir un disque. Riff de guitares féroces rageur et batterie ultra puissante marquant un tournant politique pour le groupe. Reagan y est crêmé.

Nasty de Janet Jackson

J'étais très amoureux de Janet Jackson. Fusion de pop agressive, de girl power avant l'heure, et de new jack swing brut. Hymne d'émancipation féminine qui m'a toujours plu. Janet a toujours souffert de l'ombre de sa famille. Bénéficié aussi. 

West End Girls des Pet Shop Boys

Inspiré par le naissant hip-hop, James Cagney (les 2 premières lignes) et par T.S Eliot, morceau hypnotique capturant l'ambiance nocturne, sombre et glamour des rues de Londres. Avec son phrasé mi-parlé, mi-chanté et sa ligne de basse irrésistible jouée au piano électrique, la chanson n'a fait que gagner en qualité d'intérêt avec le temps. 

Red Rain de Peter Gabriel

Morceau d'ouverture du magistral album So, je le chantais (humblement) à la perfection dans notre sous-sol du 418. Née de la fusion d'idées de films inaboutis et de rêves récurrents de PG où il se baignait dans du vin rouge. Porté par la batterie de l'ancien The Police, Stewart Copeland qui imite en charleston, le bruit de la pluie.

Addicted To Love de Robert Palmer

Initialement prévu comme un duo avec Chaka Khan, ce sera le plus grand  succès solo de Palmer avec son vidéo de band féminins qui fera rêver les ados de 14 ans que nous étions. Riff de guitare inoubliable, batterie lourde, groove funk-rock, presque shoegaze par sa tapisserie sonore de cordes. 

She Sells Sanctuary de The Cult

Quelle manière de se faire connaitre ! Ce riff de guitare de Billy Duffy renvoie systématiquement à notre dorée adolescence. Pont parfait entre rock gothique, post punk et hard rock. Introduction psychédélique et hypnotique activé par erreur quand Duffy enclenche en studio toutes ses pédales en même temps pour rigoler. Un des hymnes alternatifs des plus fameux de mon ADN musical. 

Duel au Soleil d'Étienne Daho

Je serais menteur de dire que j'écoutais alors beaucoup de musique francophone, mais j'en écoutais. Etienne était parmi les élus. Ballade pop aux légers accents hispaniques qui évoque la douleur d'une rupture amoureuse brutale sous forme de défi western. Je rompais avec Clo en mars 1986.

No One Is To Blame d'Howard Jones

Reprise de son propre morceau, Howard s'adjoint les services de Phil Collins à la production, à la batterie et aux voix arrières. Merveilleux morceaux que j'avais acheté en 45 tours et qui plaisant à l'ensemble de ma famille. Phénomène rare. 

Time It's Time de Talk Talk

Morceau fleuve de plus de 8 minutes qui clôt l'excellent album The Colour of Spring, art-rock organique. Mélodie d'une grande sensibilité et enrichie par les choeurs solennels des Ambrosian Singers et d'une fin flutée qui me donne encore des frissons de nos jours. Tu nous manque musicalement, Mark.

Perdus Dans le Même Décor de Jim Corcoran

Folk rock québécois à la plume ciselée qui ose traiter de la solitude, même en couple. Autre chanson qui n'a fait que se bonifier comme du bon vin, avec le temps. 

The Future's So Bright, I Gotta Wear Shades de Timbuk 3

L'humour en musique masque souvent les messages plus importants qu'on veut faire passer. Ici, on parle guerre froide. Pourtant on retient le titre (ironique) d'un couple musical qui porte comme nom de band un jeu de mots avec la ville de Tomboutco (Timbuktu in english). Excellent groove. 

Why Can't This Be Love de Van Halen

Nadine. J'avais eu le temps de sortir avec Corrine, sans remarquer que Nadine, dans notre entourage, était charmée par moi. Je croyais ne pas être du tout dans sa Ligue. Mais Corrine repartira en Colombie-Britannique. Pas Nadine. On aura du beau temps ensemble. Bercé par cet album. Et ce morceau. Premier single de l'ère Van Hagar. 

Venus de Bananarama

Cette reprise tout à fait sexy de la chanson de Shocking Blue de 1969, propulse le sexy trio au sommet des palmarès. À 14 ans, testostérone dans le tapis, j'étais attiré par les trois. Et ce riff de guitare invitait à danser. 


Nobody's Fool
de Cinderella

J'ai eu une période Iron Maiden, Judas Priest, Def Leppard, Bon Jovi en raison des vestiaires de hockey que je fréquentais et dont je n'étais pas nécessairement le DJ. Cinderella était un dérivé de ses groupes métal et le premier single du band était une ballade qui m'a toujours plu.

Love For Sale de Talking Heads

Punk-funk énergique, satire grinçante du consumérisme et de la publicité des années 80, on s'amuse à y intégrer de vrais slogans publicitaires de l'époque. Vous pensez que ça ne pourrait pas toucher la cible sur un garçon qui un jour écrirait un blogue appelé Aucun Achat Requis ?

Mountains de Prince

Claps caverneux, cuivres éclatants, joyeux et optimiste, avec une risible chorégraphie de choristes dans le clip qu'on arrive pas à effacer de sa tête avec le temps, ce sera le seul morceau réunissant tous les Revolution sur l'album Under The Cherry Moon, qui suivait un des albums les plus vendus de l'histoire de la musique, avant que Prince ne les saborde.

Absolute Begginers de David Bowie

Chanson titre du film de Julian Temple, qui avait tourné du (long) clip pour David, ballade romantique doo-wop au ton cinématographiquement crooner. Saxophone baryton joué par Don Weller mais surtout magique voix arrière de Janet Armstrong, soeur de 22 ans du guitariste de Bowie, Kevin Armstrong. 

Bizarre Love Triangle de New Order

Monument de la synth-pop et du dance alternatif, c'était un incontournable pour faire danser les gens quand nous n'avions pas l'âge de consommer (ce que nous faisions quand même, loin des regards). Mythique.

Tonight Tonight Tonight de Genesis

La version de l'album de près de 9 minutes est formidable. Elle conserve les racines progressive du band et une longue séquence instrumentale tout à fait extraordinaire, sombre et hypnotique, menée par les synthés de Tony Banks et une rythmique de Phil Collins nous transporte complètement.

Ship of Fools de World Party

Ex-Waterboy qui venait de co-signer ma chanson préférée à vie. Vous pensez que je n'allais pas le suivre dans ses nouveaux projets ? Mise en garde environnementaliste et désespérée contre l'avarice et la cupidité humaine qui mène le monde à sa perte comme on peut le voir de nos jours. 

Karl Wallinger était adorable. Quand il est décédé, en mars 2024, j'étais autour d'une piscine à Las Vegas (dans les années saines Biden) et suivait les Oscars sur mon téléphone en après-midi, au gros soleil quand j'ai été alerté de son départ pour un autre monde. J'en ai été peiné de l'intérieur pendant facilement 24 heures. Il n'avait que 66 ans. Crise cardiaque. 

L'amoureuse a rejoint mon deuil quand je lui ai dit qu'il était le directeur musical de la trame sonore du film Reality Bites. 

Qu'elle avait aimé de bout en bout.

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