samedi 28 mai 2022

La Culture de la Mort.

Ça m'horripile tant, ça m'habite encore.  

Une culture qui tue ses enfants n'a aucun futur. Les États-Unis vascillent entre la lutte à la violence, sa propagation volontaire et involontaire, et son inaction nihiliste. Mais ça achève, espérons nous tous très fort. Humains de la planète terre, rationnels. 

Les familles endeuillées d'Uvalde, au Texas, ville du comté de Hill, à quelques 130 kilomètres de San Antonio, font maintenant face à l'irremplacabilité de la vie sous la forme hantée de la moins naturelle des incarnations. Ton enfant se rend à l'école pour y mourir violemment. 19 fois. 2 Adultes perdent aussi la vie. L'assassin périt aussi. Des dizaines d'autres enfants sont blessés, physiquement, moralement à jamais. Dans leur deuil, on rejoint les quelques douzaines de communautés qui vivent la même chose aux États-Unis depuis seulement 5 mois. Dans les mêmes circonstances: une tuerie scolaire. Et dans cette torture de la semaine, une twist, des enfants de l'école primaire. L'âge tendre de 10-11 ans. Des visages poupins. Des yeux rieurs sur des visages plein de baby fat. On rejoint les familles déstabilisées à jamais des victimes de la garderie de Sandy Hook, autre épisode cauchemardesque annihilant d'y il y a seulement 10 ans.

Mais ce bref rappel des faits sous estime à la fois la largeur du problème et à la fois la nature de celui-ci. Le style de vie Étatsunien est au coeur du problème. Il n'est pas axé sur ce qui serait bien, mais sur plutôt rien. La violence en soi est devenue aussi inoffensive qu'une pub télé. La largeur du problème inclut tous les aspects, toutes les facettes de la vie que la culture Étatsunienne touche, dont tous les éléments de leurs quotidiens. 

La violence engendre les blessures qui engendrent la mort. Et chaque culture qui vascille entre la lutte à la violence,  sa propagation volontaire et involontaire, et son inaction nihiliste, se précipite vers la fin ultime du développement de cette culture. Elle développe une culture de la mort. Une telle culture est une maladie capable de se transformer, de muter, de croître faisant naître des phases toujours pires. Les solutions des fans de la NRA sont gravement pires. Armer les élèves ? Armer les profs ? Rendre les armes plus accessibles à tous ? Envoyez les élèves dans des écoles "peu propices aux tueries" ? (entendu à la télé d'un adulte, avant hier). Armer davantage les policiers aux portes des écoles ? Ce pays n'est pas en guerre, il est entre eux.  

Les États-Désunis se replient sur eux-mêmes. Très bipolairement. Le futur partagé, entre Étatsuniens, est délibérément altéré au point qu'aucun futur sain n'est promis. Le présent est sombre, peu d'espoir pour le futur et une furieuse tendance à vouloir répondre à la violence, par la violence. 

Vivre sans espoir, c'est cesser de vivre, disait Balzac.

Les assassinats d'Uvalde ne sont que le pointe d'iceberg dans l'échelle de la violence du pays d'en bas. Cet iceberg colore la personnalité du pays. Les tueries dans les écoles ne sont qu'une sous-catégorie des tueries de masses aux É-U. Qui elles-mêmes, sont une sous catégorie des crimes par armes à feu. Les États-Unis surpassent tout le monde sur terre dans toutes les catégories de morts par arme à feu, entre eux. Quand les indicateurs de crime violents ne ralentissent pas dans un pays, c'est qu'il implose. Après la grave erreur Trump, le déclin total devient pensable. Mais ce ne sont pas les signes d'un pays qui éprouve des difficultés à s'affirmer vers une paix solide, ce sont les symptômes morbides et cicatrisant d'une société très incomplète. Dont la maturité fait douter. Les leaders là-bas ont la maturité de plus en plus douteuse. Ne plus jamais avoir le droit de dire le mot "gay?"  (Gouverneur de la Floride) Demandez à ces citoyens de "step it up because I'm embarrassed!" d'apprendre que son État est maintenant #2 dans l'achat d'armes à feu chez les civils ? (gouverneur du TEXAS).

Les choix faits par les élus sont strictement financiers. Rien d'humain là-dedans. Juges inclus. 

Ce repli social se sent partout. Les milléniaux sont la génération représentant le plus faible taux de maternité/paternité de l'histoire de l'Amérique du Nord. Ils sont majoritairement incapables de s'acheter une maison. L'apauvrissement se creuse parmi les mères monoparentales. C'est pas un signe de santé.

Ce qui est regrettable est de sentir qu'il n'y aucun espoir.  C'est ce qu'on a beaucoup entendu depuis la tuerie d'Uvalde: rien ne changera. Que ce soit individuel ou national, écologique ou sanitaire ou social, on a jamais parlé autant de la fin de quelque chose. 

Chose qui pourrait être la fin d'une certaine manière de vivre. Pour le moment on est plutôt frappé par une certaine manière de mourir. Choisie. CHOISIE.

La loterie des tueries scolaires ne peut tout simplement plus continuer. Et pourtant, on ne freine rien. Au contraire. On huile le feu. Sandy Hook était le point final. Puis Parkland. Et Newport. Oh et puis merde, c'est si payant les suites, tournons le même film. Les ventes de fusils "pour se protéger" vont exploser au Texas. 

Columbine, avant et après n'ont jamais été la fin d'autre chose que celle de notre étonnement des faits. On trouvera intolérable quelques 7 jours. On passera à une autre indignation du Journal de Montréal.

Ça ne cessera jamais. L'envie de réduire l'accès aux armes est un post-it qui décolle du frigo. La première chose qui a fait le tour des médias, le jour de la tuerie, le lendemain, encore hier: armer plus pour se défendre. On ne veut pas la comprendre la maladie mentale. On veut l'abattre. 

Ce sera interminable. Avec forte insistance sur les 3 dernière syllabes. Le déclin moral a des effets pernicieux. Étranges et grotesques. La résignation prends les formes de colère, vengeance, perte de confiance, hypervigilance, dépression, retrait, nihilisme, cynisme, mégarde.

Folie. Folie de la persécution. 

On ne voit pas le fruit mur qui ne demande que d'être cueilli et croqué. On voit le ver qui en sort.

Le fruit de la culture de la mort.

vendredi 27 mai 2022

À La Recherche Du Temps Perdu****************Hey Nostradamus! de Douglas Coupland

Chaque mois, dans ses 10 derniers jours, tout comme je le fais pour le cinéma, (dans ses 10 premiers) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu) je vous parles de l'une des mes trois immenses passions: La littérature.

Lire c'est ce que je fais en tout temps en tant que traducteur. Ce n'est même plus travailler c'est simplement une extension de "voir".  

Lire c'est s'insérer dans un monde qui n'est pas le sien. C'est affronter des propositions parfois contraires, c'est explorer des univers mentaux, c'est s'ouvrir les sens, c'est accepter de respirer sur le rythme d'un(e) autre.

Et respirer c'est vivre.

HEY NOSTRADAMUS! de DOUGLAS COUPLAND.

Au nombre d'écrivains sur terre, je m'étais donné comme règle de ne jamais placer deux fois le même auteur dans cette case de chronique mensuelle. Je déroge. Le livre s'est imposé tout seul cette semaine.

Je suis grand amateur de cet auteur canadien.  

4 narrateurs nous accompagnent dans ce livre. La première a été tuée dans une tuerie scolaire, à Vancouver. Les trois autres nous parlent de l'après tuerie. Immanquable tatou moral indécrottable de nos peines intérieures. Mais Coupland n'est pas que touchant, il est aussi extrêmement drôle. Ce livre n'est pas que tragédie. Il explore et répertorie plusieurs formes de tragédies, et critique les multiples manières de composer avec le deuil, de sa parfumer de la saveur d'un drame, de plaquer les effluves d'une tragédie sur les autres. À la toute fin, on y trouve une étrange sorte de paix et une rédemption.

Bizarrement, le livre nous fait réaliser à quel point notre planète peut être belle et comment chérir même les petites choses de la vie. Le livre nous fait réaliser que parfois, nous ne sommes qu'au bon endroit, au bon moment. Parfois, surtout pas. Les thèmes sont nécessairement assez sombres de par la nature des événements présentés, qui, ici, au Canada, relève du 4 cas par 50 ans, tandis qu'aux États-Unis, on parle de plus de 365 par année. 

Pour les têtes mentalement équilibrés, c'est une très saine lecture. Coupland peut flirter parfois avec la prétention, mais il ne faut pas confondre prétention et confiance. Son écriture est amusante, souvent agressive autour de certaines idées, mais toujours axée sur la condition humaine et ceux qui l'influencent. C'est un commentateur culturel redoutable. On est dans la satire trempée de drame. On est dans la fiction mais dans les réalités du coeur et de la tête. 

Le fait que la tuerie s'impose dans une classe de jeunes étudiant le religion n'est pas innocent non plus. Coupland a été largement affecté par la religion dans sa vie. Nous le sommes tous encore. Pas toujours avantageusement. La religion tue davantage qu'elle n'aide. Deux balles viennent de m'effleurer les oreilles en disant ceci. Je ne me trompe donc pas. 

Drôle, futé, habile, poignant, forcément tragique, sarcastique, Coupland avait été inspiré du drame de Columbine pour écrire ceci.

D'ailleurs, dans le type documentaire, et afin de me faire pardonner de vous parler une seconde fois de cet auteur que j'aime beaucoup, je vous suggère aussi Columbine, de Dave Cullen, dans le type docu-réalité. 

Intense lecture, brillante, bouleversante et touchante aussi.  

À tous les pro-armes à feu, qui, dans vos vies doit mourir de la violence gratuite d'une fusillade, pouvant survenir en tout temps, aux États-Unis, pour que vous ayez envie d'effleurer le sujet du contrôle des armes à feu ?

C'est prêcher dans le désert, je sais. Mais peut-être qu'un jour, surement longtemps après mon passage sur terre, on parlera tristement de notre époque et de ces gens comme d'une époque ratée.

Où les choix n'auront, trop longtemps, dramatiquement, pas été les bons.  

Y a un endroit plus bas, où trouver un hockey est très difficile, mais 300 fusils vous sautent aux yeux. 

Je suis content d'être du Québec d'Amérique. 


jeudi 26 mai 2022

Un Râteau de Jardin est Aussi un Bâton ( & ce que contient certains bâtons de pèlerins)

Je vous parlais d'argent en conclusion, hier.  Comme gage d'inertie en ce qui concerne les États-Unis et leurs accès facile aux fusils.

Allons plus loin.

Source: Qasim Rashid, journaliste de l'Esquire Magazine.

Contributions financières au Parti Républicain dans les poches des Sénateurs.

Ont reçu de la NRA:


Mitt Romney 13 647 676$ 

Richard Burr 6 987 380$

Roy Blunt 4 555 722$

Thom Tillis 4 421 333$

Cory Gardner 3 939 199$

Marco Rubio 3 303 355$

Joni Ernst 3 124 773$

Rob Portman 3 063 327$

Todd C. Young 2 897 582$

Bill Cassidy 2867, 074$

Tom Cotton 1 968 714$

Pat Roberts 1 581 153$

Josh Hawley 1 475 448$

Marsha Blackburn 1 306 130$

Ron Johnson 1 269 486$

Mitch McConnell 1 267 139$

Mike Braun 1 249 967$

C'est le club des multimillionnaires. 

John Thune 638 942$

Shelley Moore Capito 341 738$

Martha McSally 303 853$

Richard Shelby 258 514$

Chuck Grassley 226 007$

John Neely Kennedy 215 274$

Ted Cruz 176 274$

Lisa Murkowski 146 262$

Steve Daines 123 711$

Cindy Hyde-Smith 109 547$

Roger Wicker 106 680$

Rand Paul 104 456$

Mike Rounds 95 049$

John Boozman 82 355$

John Cornyn 78 945$

Ben Sasse 68 623$

Jim Inhofe 66 758$

Lindsey Graham 55 961$

Mike Crapo 55 039$

Jerry Moran 34 718$

John Barrasso 26 989$

Mike Enzi 24 722$

John Hoeven 22 050$

Susan Collins 19 800$

Deb Fischer 19 638$

James Lankford 18 955$

Jim Risch 18 850$

Tim Scott 18 513$

Kevin Cramer 13 255 $

Ce ne sont pas des "dons" en soit. Ce sont des salaires annuels. Des investissements de positions sociales. De la putasserie. Les Démocrates le font aussi. 37% des dons de la NRA leurs sont versés dans la discrétion en 1992. À partir de 2016, 99% des dons de la NRA au Congrès allaient aux Républicains de Donald Trump. 

Entre 2016 et 2018, la NRA a donné moins de 20 000$, total combiné des années, à 3 Démocrates. 

Les dons varient selon l'influence qu'ont les politiciens pour suivre l'agenda de la NRA.

Vous refuseriez 1 million 583 milles 153 dollars U.S. $ ? Additionnés à votre salaire ?

Je ne fais que poser la question comme ça. Je connais la réponse. 

Échange entre moi et un de mes voisins du 450. hier:

Lui "hey salut voisin!"

Moi: "Oh! salut...ça va ?" (not did I care)

Lui: "Non... les enfants ne cessent pas de se battre avec des bâtons chez moi."

Moi: "Oh, je sais, chez nous c'était pareil autrefois, maintenant ils sont grands..."

Lui: "Ils se battent à coups de bâton à TOUS LES JOURS!"

Moi: "Oh! pas évident, ça..."

Lui: "Ce ne sont pas tous les enfants, juste quelques uns..."

Moi: "As tu essayé de leur enlever leurs bâtons? "

Lui: "Hmmm...non...ce ne serait pas juste pour les enfants qui ont de bâtons et que ne frappent jamais personne avec..."

Moi:" C'est vrai, mais..."

Lui: "...Ce qu'on a fait c'est qu'on a donné des bâtons à absolument tous les enfants."

Moi: "er...hein ? Rajouter PLUS de bâton ?"

Lui; "On s'est dit que si tous les enfants avaient un bâton, ça calmerait peut-être l'ensemble des choses."

Moi: "Est-ce...est-ce que ça a marché ?"

Lui: "Non"

Moi: "Je me disais ça aussi..."

Lui: "Nous avons donc essayé de donner seulement aux bons enfants, plus de bâtons, ce qui aurait fait réfléchir les mauvais enfants, avant d'attaquer. "

Moi: "Et...ça a fonctionné ?"

Lui: "Parfois, mais c'était de plus en plus compliqué de départager les bons des mauvais enfants, quand ils battaient tous à coups de bâtons..."

Moi: "Qu'allez vous faire?"

Lui: "Je crois que la meilleure chose à faire en ce moment est de réunir nos pensées et de prier"

Moi: "Arrgghhh...pas certain... N'avez vous pas pensé à simplement bannir les bâtons de votre maison?"

Lui: "On a essayé"

Moi: "Pour vrai?"

Lui: "on a banni les bâtons d'un coin du salon, près de la télé..."

Moi: "et ça a marché ?"

Lui: "Ouin. Non. Des bâtons illégaux apparaissaient toujours près de la télé. Les bâtons ne sont pas illégaux près du canapé mais maintenant nous devons remplacer la télévision."

Moi: "Mais bannir les bâtons entièrement de votre maison ? Pas une une bonne idée ?"

Lui: "Nooooooooooooooooooooon! les bâtons c'est si cool!! Franchement!"

J'ai fermé ma face. Effacé la sienne, tenter de supprimer la conversation de ma mémoire. Pas réussi. La retrouve ici. J'ai pris ma lèvre inférieure, l'ai passée au dessus de ma tête, ai avalé très très fort me suis rendu je ne sais pas où.

Je ne voyais plus rien dans la noirceur du moment. 

48 Heures plus tard, je suis toujours mélancolique. 

Maudit que le jardin du voisin n'est pas beau. 



mercredi 25 mai 2022

Même Film Poche, Même Scénario de Marde (ou Prions partie 209)

18 enfants et une enseignante. Texas. 21 morts. 

Un assassin. Tué à son tour. Une arme à feu à la source. Dans un pays où on s'en procure une comme on se sert un verre d'eau ou on se met du baume à lèvres. 

"18 enfants, une enseignante. Morts. Maintenant. Dans une école primaire du Texas. Que faisons nous ? Que faisons nous ? Seulement quelques jours après une tuerie dans une épicerie fauchant strictement des Africo-Américains. Les États-Unis ont un nouveau Sandy Hook à parfumer leurs consciences. Que faisons nous ? Il y a davantage du tueries de masse que de jours dans une année, aux États-Unis. Les enfants vivent dans la peur. Entrant dans les classes avec le potentiel d'y mourir brutalement. D'être les prochains. Que faisons nous ? Pourquoi passez vous tant de temps au Sénat des États-Unis, pourquoi tant de complications, tant d'efforts afin d'obtenir ce poste d'autorité, si vous restez inertes face à ses enfants qui fuient afin de sauver leurs vies? Traumatisés à jamais ? QUE FAISONS NOUS ?


Pourquoi êtes vous ici ? Si ce n'est pas afin de solutionner des problèmes aussi existentiels que ceux-ci? Ceci n'est pas inévitable. Ces enfants n'étaient pas "malchanceux". Ça n'arrive que dans ce pays. Nulle part ailleurs. Nulle part ailleurs des enfants vont à l'école pensant qu'il pourrait s'y fait tirer au fusil, ce jour-là. Personne n'a besoin d'expliquer à ses enfants comment se cacher dans une salle de bain, à l'école et pourquoi faut il qu'il/elle joue à la cachette et être la meilleure personne cachée au monde. Celle qui ne fera aucun bruit pour faire remarquer sa présence. Ne serait-ce que 5 minutes, au cas où quelque chose de mauvais se produise. Ça n'arrive nulle part ailleurs qu'aux États-Unis d'Amérique parce que c'est un choix que nous faisons. Il s'agit de notre choix. De laisser tout ça continuer. Plus de 200 décharges publiques, à notre 142ème jour. Que-faisons-nous?. À Sandy Hook, quand les élèves qui n'étaient pas des 23 assassinés bêtement, sont retournés en classe, ils ont dû adopter une technique pratiquée. Ils devaient y avoir un mot de code, entendu avec l'enseignante/l'enseignant. Si ils avaient des visions de cet horrible jour noir, dans leurs têtes, il fallait dire ce mot. Si le cauchemar mental les amenaient à revivre les cadavres vus, enjambés, l'hystérie vécue, le sang perçu, le souvenir des ami(e)s perdu(e)s, les envahissaient. Dans une de ses classes le mot était Monkee. Et il était maintes fois répétés. On les sortait de la classe, on soignait leurs petites têtes et leurs petits coeurs. Sandy Hook ne sera plus la même, l'école du Texas d'hier ne sera plus jamais la même. Pourquoi sommes nous ici si ce n'est pas pour que moins d'écoles, moins de communautés, ne vivent les expériences que ces écoles ? Nos coeurs sont brisés en pensant à ce qu'éprouvent ces familles. Chaque pensée, prières, soutien qu'on peut offrir à ces gens, leur sont envoyés.


Je suis ici aujourd'hui, les mains jointes et sur mes genoux, afin de supplier, supplier mes collègues afin de trouver une voie progressive pour travailler ensemble afin de trouver une manière de faire passer des lois qui rendront plus difficiles ce type de choses. Mes collègues Républicains ne seront pas toujours d'accord avec ce que je propose, mais il existe un dénominateur commun que nous pouvons trouver. Il y a un lien possible où on peut s'entendre. Qui ne garantira pas que les États-Unis ne verront plus jamais une tuerie de masse de leurs vies, qui ne diminuera probablement pas le nombre de meurtres aux pays, ni ne réglera pas les problèmes de violence, en soi. Mais en faisant quelque chose, on cesse d'endosser discrètement ce type d'évènements. Le cerveau de ces assassins se détruisent ou sont en train de se détruire. Mais les plus hautes instances gouvernementales ne font rien. Tueries après tueries. Que faisons nous ? Pourquoi sommes nous ici ?
"

Ce coup d'épée dans l'eau est celui du sénateur Démocrate Chris Murphy, hier, face au Sénat, majoritairement Républicain. Qui est aussi fermé à l'idée de toucher aux règles sur l'accès des armes à feu, que les gens sains d'esprit le sont dans le dossier du droit à l'avortement.

La "solution" la plus discutée hier est abominable. Armer tous les enfants à l'école. 

Les films Marvel et leurs semblables sont une plaie pour le cinéma.

Le film joué hier est auto destructeur et malsain. Contient le pire scénario possible. Promet pire. 


Et comme les films de Marvel, on le répétera sans cesse, années après années. 

Parce que ça rapporte de gro$ $ou$. 

Les gro$ $ou$ c'e$t trop $ouvent malheureu$ement tout. 

La protection à partir de demain sera celle sur le dessin de gauche.

Nausée USA. 

mardi 24 mai 2022

Kate a Quitté

Samedi dernier était jour de deuil pour l'équipe de l'émission phare de New York, à saveur canadienne (son producteur, Lorne Micheals étant d'origine canadienne) Saturday Night Live. Rare, sinon, unique émission de sketch majoritairement en direct, en Amérique du Nord. 

Pas un mais 4 artistes de la scène et de la création des sketchs, Aidy Bryant, Pete Davidson, Kyle Mooney et Kate McKinnon faisaient leur dernier tour de piste abandonnant (où serais-ce l'inverse?) l'émission lors de la finale de la saison. 

Dès sa toute première présence, en Pénélope Cruz, McKinnon avait fait forte impression, en 2012. L'accent Catillais qu'avait donné Kate à sa Pénélope avait fait craquer tout le monde. Son personnage, construit autour d'un difficile accent, et d'un narratif la dirigeant vers les défis de prononciations, avait véritablement fait mouche. Sur les 10 ans qui suivront, elle héritera souvent des meilleurs personnages, dans les meilleurs sketchs comme dans les plus touchants. Sa célébrité ne faisant qu'en grandir, tout en restant fort dignement discrète sur ses espaces privés, Ses personnages seront souvent livrés/écrits avec une habileté rare

Au lieu de verser dans une larmoyante finale, on a intelligemment (Les Canadiens sont comme ça) choisi de faire les hommages et les clins d'oeil dès le départ. McKinnon a eu l'honneur d'ouvrir la soirée dans la peau de son personnage de Colleen Rafferty, une prétendue "kidnappée par les Extra-Terrestres" qui raconte ses expériences, rappelant davantage des orgies. Chaque présence de son personnage faisait décrocher les autres participants du sketchs à toutes les fois. Ryan Golsing, en tout cas. 

Samedi, le sketch suggérait que l'un(e) des témoins de présence extra-terrestre quitte pour toujours à bord d'un Objet Volant Non Identifié, et Colleen était la nécessaire candidate. Se tournant vers la foule, dans la porte du vaisseau, laissant passer un clair hommage de la foule envers elle qui y lisait plus qu'un sketch, elle a tendu la main, émue, en disant "Merci à la terre, je vous aurais aimé, merci de m'avoir laisser y faire mon tour". Subtilement touchant. 

McKinnon a beaucoup accompli en 10 ans. Sa contribution était importante dès le départ, en 2012, quand les talents comiques de Bill Hader, Fred Armison, Jason Sudeikis et Seth Meyers s'y trouvaient encore. Dès la saison suivante, c'était ces 4 là qui n'y étaient plus. Quand on quitte SNL, c'est comme avec un club de sport. Parfois on tombe en complète reconstruction. McKinnon quittant SNL est un gros morceau qui part pour de nouveaux défis. Une joueuse de répertoire. 

À bien des égards, elle était le coeur de SNL. Personnellement, je l'ai trouvé belle dès la première fois. Et mon respect envers cette Femme drôle n'a que doublé quand j'ai appris qu'elle était lesbienne. Passionnée par les Femmes ? Je ne peux qu'y reconnaître un fameux point commun avec moi. respect pour toutes les homosexuelles. Et qu'est-ce qu'elle me fait rire ! Elle n'est pas que brillante au coeur d'un sketch, mais était aussi fabuleuse comme second violon dans les sketchs des autres. Sachant, avec intelligence, quand jouer quoi, sans voler le moment des autres. Une formidable joueuse d'équipe. Elle ne s'isolait pas, mais savait placer les autres à l'aise. Savait aussi les faire dérailler tellement elle pouvait être comique (le restera surement). Dans chacun des sketchs l'impliquant, elle semblait toujours avoir le plus de plaisir. 

En tant que première Femme gay (publiquement)de la distribution de SNL, elle a joué les personnage queer avec une twist assez extraordinaire. Punchée. Les amusantes satyres étaient intelligemment scriptées et on offert une importante visibilité aux personnages LGBTQ en comédie. Elle savait pointer du doigt au bon moment.  

Politiquement, elle était formidable. Angela Merkel, Jeff Sessions, Rudy Giulani, Hillary. Bouleversante dans une intro atypique, le premier samedi d'une présidence atypique, et phénoménalement sale. Deuil de dignité national fameusement présenté. 

Aidy Bryant était acceptée dans l'équipe la même année que Kate. S'est retirée subtilement avec une ligne échangée avec son partenaire Bowen Yang, faisant référence à 10 merveilleuses années. Ce à quoi Bowen lui répondra "Mon amie, je n'aurais été rien sans toi". Rire et faire pleurer.

Pete Davidson a été plus direct, choisissant la voie du monologue direct à la caméra, soulignant qu'il avait été ému de voir le soutien de cette famille, quand tout le monde le laissait tomber, lui qui a eu de graves problèmes de relations hors caméra et qui fût diagnostiqué important bipolaire. Micheals lui avait dit, en audition, "Tu ne ferais pas l'affaire pour cette émission, alors merdons ça ensemble si tu le veux bien", il y a 8 ans. Et ils ont exactement bien merdé ensemble. On a parfois douté de la survie de Davidson. Hors scène. Il aura été l'un des plus jeune comédien jamais engagé par Micheals, à 20 ans.

Mooney, qui a surtout brillé dans les rôles de soutien, a été subtil lui aussi. Avec l'équipe depuis 2013, il est apparu dans la dernière de la saison, mais rien ne semblait indiquer que c'était sa dernière fois. Toutefois, à la toute fin, dans une parodie de commercial, Aidy Bryant avait cette ligne qui disait "Il représente un peu la magie incarnée en homme, et nous l'aimerons toute notre vie". Ce que le public (et Mooney, présent à ses côtés, ont vite compris qui sortait du cadre du sketch. Une rumeur laisse aussi entendre qu'un sketch, prévu pour lui, eût été coupé, faute de temps. 

Bien joué de la part de tous. 

Ce n'est pas inhabituel pour les équipes de SNL de faire sang neuf. Mais perdre McKinnon, c'est un peu perdre une ancre. 

La navire ne coulera pas. Mais doit se trouver un moyen de réacoster avec le même public.

We loved you Kate.

Still do.  


lundi 23 mai 2022

Mentalement, 12 ou 13 ans.

On est tous l'extension de l'enfant que nous étions à la petite école. Plus je vieillis, plus je le vois. 

J'imagine souvent, entre deux phrases de quelqu'un, quelque part, tentant de faire usage de la parole, à moi ou à d'autres, l'enfant qu'ils étaient à la petite école. Je suis certain que je ne me trompe pas souvent. Pas mal certain même. Ce sont des observations que je conserve pour les habitants de ma planète. L'Homme, avec un grand H, de la planète terre, est très très souvent simplement la prolongation de l'enfant qu'il a été à la petite école. Ça semble totologique, mais même dans la dynamique sociale avec les 400 000 personnes qu'il/elle aura rencontré par la suite, il/elle restera pas mal le même. Reproduira les pulsions. Je ne fais pas exception, je refais, à 50 ans, des listes de lecture sur Spotify comme je faisais des cassettes de musique, ado. Avec le même plaisir. 

Chatoo qui parlait trop inondera Twitter de choses qui commandent l'attention mais qui n'était pas plus nécessaires que quand elle parlait tout le temps en 4ème année.  Ding Dong Dan sera toujours passionné par quelque chose. Hamel dira toujours les choses les plus idiotes simplement pour faire réagir et se donner une raison d'exister. Jen G sera toujours jalouse de tout le monde. Jen B sera toujours prête à mentir pour avoir raison. 

Un peu comme dans la chanson des années 30 disait "What's the use of prohibition ? you produce the same conditions".

Que je traduirais librement par Peu importe le temps qui passe, tu restes le même enfant répétant les même réflexes

J'ai vu une photo dans ce long week-end de la fête des patriotes, au Québec qui m'a fait pensé à deux anecdotes de mon jeune temps. 

1983 (autour de). Je suis étudiant dans une école qui ne contient que des jeunes garçons. Une école socialement déficiente, donc. Des soeurs catholiques d'une église qui a son siège à St-Boniface, au Manitoba, sont en charge de cette école et les deux seuls mâles, adultes, de cette école sont le curé qui règne en maître suprême et le professeur d'éducation physique. 

Pour se rendre au cours d'éducation physique en tenue sportive, on se change dans le corridor. Julien Pin est un humain à la peau noire. Il n'y en a pas beaucoup dans la région où j'habite. Il a aussi un accent français.  Est originaire de la France. Et n'a pas mué. C'est facile de se moquer de lui. Il a beaucoup de critères qui le démarque sans même qu'il ne fasse trop d'efforts et il devient vite la tête de turc. Il semble aimer l'attention qu'il commande, toutefois, et il s'en amuse. Ça le fait se sentir important. Je ne me rappelle pas qu'on ait utilisé le mot en "N" et ses dérivés, pour lui parler ou parler de lui. Les soeurs veillaient à notre bonne éducation. 

Dans le corridor, un jour, Julien, comme nous tous, se change. Toutefois, voulant aller trop vite, en baissant son pantalon pour enfiler ses culottes courtes, il baisse aussi sa petite culotte, involontairement. On a tous le réflexe pudique de se changer cachés derrière nos manteaux le plus possible, qui sont accrochés sur des crochets.  Julien hurle "OH NON!!!!!!!!! JE SUIS TOUT NU, J'AI BAISSÉ AUSSI MES CALEÇONS!!!!". Si il ne le hurle pas, on ne le saurais peut-être jamais. Il l'a donc peut-être fait aussi, volontairement.  Pavovliens, comme si on nous avait dit "regardez pas ça!" on va tous vers lui, voir. 

Il est assis sur son cul, refusant de se lever afin de ne pas se montrer nu, mais il rigole et s'amuse de sa situation. Mais pas autant que nous qui restons platement devant lui, au zoo, attendant qu'il se passe quelque chose avec l'animal. Ça dure une éternité ou de temps à autres, il nous hurle de sa voix de flute de nous en aller. On fait les têtes dures, On reste devant lui, l'encerclant, lui sur ses fesses, le dos collé au mur les genoux remontés. Certains d'entre nous veulent peut-être vérifier la rumeur autour des pénis d'humains à la peau noire. Il savoure grandement le (trrrrrrrrrrrrrrrrrès long) moment. Il a toujours le sourire. Un sourire sur un visage si noir, ça parait beaucoup. Soeur Claudette devra intervenir. 

Grenier
L'autre anecdote qui me vient en tête est celle de Guillaume Marier. Nous sommes en secondaire I, nous avons maintenant 12 ou 13 ans. Nicolas Grenier est un élève de notre classe et il est de très petite taille. Certains d'entre nous on pris cet attribut en considération pour en faire parfois, un souffre-douleur. Je remarque toutefois qu'il n'en avait jamais eu la personnalité. Et que ça l'affecte de manière déstabilisante. On est tous "à la grande école" pour la première fois de notre vie, arrivant de partout, on fait tous nos tranchées dans cette nouvelle guerre sociale. Guillaume Marier est pour sa part à peine plus grand que Grenier et arbore une coupe de cheveux de joueur de guitare-clavier. Il s'habille bien et on sent qu'il est issu d'une famille assez bien nantie. Mais socialement, il n'est pas très habile.  Il fait croire qu'il aime Depeche Mode mais ne peut nomme aucune de leurs chansons. Il colle aux groupes de gars, mais intervient peu et souvent, le fait mal. 

Marier

Par exemple, alors qu'on est une bande de gars autour de Nicolas Grenier, et qu'on lui lance des vannes (à Grenier), Marier tente, à son tour de lui dire quelque chose de blessant. Grenier encaisse de tous, mais quand ça vient de lui, il trouve que s'en est trop, et lui lance quelque chose qui ridiculise Marier. On éclate tous de rire. "Owned" dirait-on de nos jours. Grenier avait tracé la ligne de l'injure sociale et Marier se trouvait du côté de ceux qui ne pouvaient pas se moquer de lui, selon lui. 

Un peu plus tard, le même jour, en classe, Grenier est situé tout juste à côté de moi. Marier ne pense pas laisser les choses ainsi. Il s'approche de son bureau avant que le cours ne commence et se penche sur Grenier afin de lui chuchoter quelques menaces. Je n'entends pas ce qu'ils se disent mais Grenier rougit. Intimidé, de colère, ou les deux. Assis à son bureau, alors que Marier est debout devant lui mais toujours penché sur son oreille, Grenier lui saisi le cou en lui empoignant et le catapulte si vivement au sol qu'on a l'impression que Marier fait une roue. Un de ses souliers quittant son pied afin d'aller atterrir sur une lumière suspendue du plafond. L'enseignant intervient en criant le nom des deux élèves et les somme de retourner à leur place. Il a l'excellente idée absurde de refuser qu'on essaie d'aller chercher le soulier presqu'au plafond, sur la lumière suspendue, afin de rajouter l'insulte à l'injure. 

Immatures Complotistes
Pendant quelques secondes, Marier reste debout devant Grenier, maintenant c'est lui qui est très rouge, et se comporte comme si c'était lui qui venait de donner une leçon à Grenier. Mais maintenant ce sont nous qui avons tracé une ligne. On a tout vu. Pour les 5 ans qui suivent, c'est Marier qui peinera toujours à s'imposer. Il faisait pitié. 

Comme tous ces gens que je voyais sur la photo, vue pendant le week-end. Daniel Pilon, Amélie Paul, Mel Goyer, Jocelyn Benoît, Lynda Bisson, François Dallaire et on souligne l'absence du terrible, mais tellement terrible,  André Pitre. Qui porte merveilleusement bien son nom de famille. Je leur fait le plus grand honneur en les identifiant. Peu d'intelligence loge dans leurs regards. 

Les mêmes, prêts au selfie
Tous des résistants aux mesures sanitaires et aux explications face aux mesures sanitaires, Prêts à inventer des choses pour faire valoir leur point. Et tellement, tellement heureux de cette pandémie qui leur a donné une raison d'être et amené une risible visibilité. 

Ils/elles ont tous 12 ou 13 mentalement. Et font/feront beaucoup afin de commander l'attention. Ils se sont réunis afin de penser, ensemble à une idée de film qui serait appelé Complotistes. Et qui serait le portrait humanisé d'eux-mêmes, qu'on appelle, très justement, complotistes.

Il n'y a pas plus manipulateur que la conception d'un film. J'y ai travaillé. Je sais de quoi je parles.  

Si le narcissisme tuait, cette photo ne montrerait que des morts.

Mais ces gens ne croient pas aux morts de la Covid. 

Ils se disent patriotes. Ce qui est la pire insulte à la mémoire des vrais patriotes qu'on honore aujourd'hui. 

Ils sont Guillaume Marier se tenant debout devant celui qui lui a fait faire la roue devant tout le monde et forcé de passer le reste du cours un pied chaussé et pas l'autre. 

Humilié pour le reste de son passage au secondaire.   

Ces prétendus patriotes sont l'immaturité sans évolution. 

Cherchant une attention qu'ils ne méritent pas tant.