mercredi 22 juin 2011

L'Année Dernière à Marienbad

Qu'est-ce qu'il fait chaud sur  Montréal ces temps-ci, on se rafraichit comme on peut.

J'aime le froid. Et ce film est à la fois froid et très chaud.

Chaud de par sa sensualité. Froid par sa majestueuse photographie en noir et blanc garcieuseté de Sacha Vierney.

La première fois que j'ai vu le second film d'Alain Resnais (le premier avait été le tout aussi excellent Hiroshima Mon Amour) scénarisé par Alain Robbe-Grillet, j'avais été soufflé. C'était dans le cadre d'un cours de cinéma autour de 1992, tôt le matin.
Je me relevais d'une brosse comme bien souvent et j'avais mis sur le compte de l'extrème fatigue et de la grisaille post-bachannale mon grand plaisir à visionner ce film. L'expérience avait été suffisament agréable pour que je reloue le film 6 mois plus tard afin de voir si ce que j'avais senti pendant le premier visionnement de ce film de 1961 était bien réèl et non influencé par des états seconds.

Et ben non. C'était bien réèl, je voyais un bijou de film qui me bouleversait.

J'ai refais la même chose autour de 2003. Maintenant doublement papa, étais-ce toujours le type de film qui me ferait tant d'effet?
Tout
à
Fait.

Je me suis retapé ce film cette semaine.
Cet exercise sur la mémoire, où un homme à l'accent italien (X) tente de convaincre une splendide femme (A) mariée à un joueur compulsif (M) qu'ils se sont vus/fréquentés au préalable et qu'elle l'attends lui, afin de se sortir de son ménage potentiellement drabe est toujours aussi savoureux pour moi 50 ans après sa sortie.
Les plans offrent des chorégraphies qui sont presque de la danse de mannequins en vitrine. Les longs travellings langoureux évoquent un voyage en train dans les longs corridors du château. Les longs corridors de la mémoire.

Ce film c'est la poésie de l'être. La poésie de l'architecture. La poésie de l'architecture de l'être.
Delphine Seyrig dans le rôle de A est désirable comme c'est interdit. X et M jouent dans un château à un jeu de carte ou à un petit jeu de bâton qui peu paraitre de la science-fiction mais n'est-ce pas un peu de la fiction scientifique que de tenter de s'immiscer dans la chimie qui se dessine entre deux êtres de toute façon?

Une musique d'orgue hantée meuble les mouvements de caméra qui semblent circuler au travers de fantômes, au travers de gens, au-dessus de ceux-ci comme des âmes survolant des corps bien là mais aussi totalement absents. Des mannequins, figurants de la mémoire de cet homme à l'accent italien convaincu d'avoir déjà rencontré cette délicieuse femme.

L'homme et la femme semblent avoir quitté le pays de leur être et plus le film avance, plus ils semblent s'enfoncer loin d'eux-même. On a l'impression d'être une mouche dans ce château ou restent en suspension les lourds silences qui se trament dans les têtes des invités éparpillés.

La mise en scène est froide et les mirroirs, réels ou fictifs, sont omniprésents. Et somptueux, d'une grande classe.

Il smagit pratiquement du voyage au sein d'un rêve et plusieurs n'y trouveraient pas leur compte. La lourde musique d'orgue qui vient appuyer sur deux violonistes jouant à l'écran ainsi que la trame narrative répétitive peuvent désorienter celui qui est habitué à une structure narrative simple. Mais quiconque a déjà lu Robbe-Grillet s'y retrouve facilement.

Ce film est presque une peinture. Une fresque de la bourgoeisie. Un portrait de la mémoire (ce qu'était aussi Hiroshima Mon Amour).

Visionner ce film c'est comme voir des ombres qui attendent que l'un et l'autre se rapprochent. Ce film est presque une expérience spirituelle pour moi. Une ivresse lancinante qui n'a même pas besoin du joint de pot ni de la bouteille pour que je plane.

Je ne sais trop pourquoi ce film me transporte autant. Récemment je remarquais que je m'intéressais aux oiseaux de plus en plus. À ce cardinal qui vient chanter certains matins près de la verrière sur les fils au-dessus de la piscine.  Seyrig dans un costume blanc à plume rapelle un oiseau bléssé à un certain moment du film. Cet italien est peut-être tout simplement à la chasse. Elle est alors étouffée par ses inquisitions.
Tout le film est en évocations, en caresses, en préliminaires.En surfaces mystérieuses.

"Vous étiez là à vous perdre, pour toujours dans la nuit tranquille, seule avec moi."

C'est la dernière ligne du film.
Un film que je suis à voir, à revoir, à acheter, et à revoir encore.
Car je l'adore.

mardi 21 juin 2011

Le Gros Cul de la Pieuvre

J'ai mal au cul.

J'ai voulu faire rire mon petit neveu.

"Hey Sean O'Sean tu sais qu'on est en temps de guerre?"

Cette question a généré l'attention de tout le monde car elle semblait hors propos lancée à un garçon de 5 ans. Il m'a d'ailleurs donné le regard du chevreuil dans le milieu de l'autouroute. L'amoureuse, convaincue de mon état ivresse s'est sentie obligée d'intervenir.

"Mais non qu'est-ce que tu dis là, Hunter"

"Oui, oui on est en guerre en Afghanistan, tu sais ce que cela veut dire Sesn O'Sean?"

"Non, mononcle Jones"

"Que les bombes peuvent sauter à n'importe quel moment!" ai-je rajouté en sautant dans les airs et en faisant une bombe dans la piscine afin de l'arroser. Tout le monde a rigolé. Moi moins. C'est pas dans le pas creux qu'il faut faire ce type de blague. Sean O'Sean a bougé et pour l'atteindre mon cul a lourdement atterri dans le 3 pieds. Depuis, chaque fois que je m'assois, j'ai mal au cul.

Mais c'est pas de de cul là que je voulais vous entretenir.

En fait ,Steve Proulx a pratiquement tout dit ce que je voulais dire sur le sujet.
En plus recherché. Avec chiffres à l'appui

C'est d'ailleurs lui qui m'a inspiré le titre de cette publication.

Ce qui écoeure franchement dans le dossier du Colisée DeBelleval  (ou du Colisée Amir Khadir!) c'est le gros cul de Québécor.

Quand je travaillais pour Astral Media, notre grand patron, M.André Bureau était assis à la table du CRTC afin de questionner PKP sur ses projets éventuels de convergences. Nous travaillions dans nos bureaux et sur un écran géant était projeté pour tous les audiences du CRTC. Ce que craignaient les représentants des ondes canadiennes francophones et ce en quoi elle mettait en garde Québécor était de faire de leur station une succursale publicitaire pour toutes ses autres filliales. PKP jurait, bras en écharpe suite à un accident de ski (ou pour mieux croiser ses doigts), que jamais Ô jamais Québécor ne serait ce monstre à 6 têtes.

Et pourtant avec le temps, Québécor est devenue exactement ce monstre. Une diahrée publicitaire jaune et noir.

J'ai mis le doigt sur un solide irritant la semaine dernière de la station TVA qui ne cesse de me donner de bonnes raisons de ne plus jamais la fréquenter. Dans une annonce des nouvelles de LCN on fait dire, à une journaliste épouvantable dont je tairai le nom, "Imaginez voir votre maison être démolie et gnagnagna..." et là ça m'a frappé tout de suite. Le nombre incalculable de fois où les reporters, miss météo ou présentateur de nouvelles commencent leurs nouvelles avec le mot "Imaginez...".

Non.
Nononononononononononon.

La dernière place au monde où je souhaite imaginez quoi que ce soit c'est bien aux nouvelles. Donnez-moi des faits mais ne me demander pas "d'imaginer". L'imagination c'est pour la fiction, le rêve, le net, la musique le cinéma la littérature, le voyage, l'amour, l'espoir, la création. C'est aussi pour les aveugles! Pas pour l'actualité. Cette infantilisation de l'information me choque davantage en vieillissant.

Ce qui est drôle c'est qu'une publicité, diffusée régulièrement à la télé ces temps-ci et mettant en vedette André-Phillipe Gagnon pour une compagnie de communication tentaculaire de TVA, fait justement référence à une pieuvre. Cet animal aquatique envahissant.

Demandez aux autres poissons comment ils se sentent en présence d'une pieuvre.  J'ai un rapport privilégié avec les poissons, je suis un homme de mer, je les connais bien et ils m'en ont parlé. La pieuvre est non seulement grosse et visqueuse mais ELLE A UN GROS CUL et aime non seulement prendre toute la place mais laisse aussi trainer une grosse nappe de goudron derrière elle quand bon lui semble. Parce que quand elle s'installe dans un espace, elle veut TOUTE la place. Bénie sois la mer tant qu'elle est pour moi seule.

Une compagnie comme Québécor ne peut occuper TOUTE la place dans la société. Dans un village gaulois peut-être, mais pas dans un pays qui voudrait avoir le casque de Pays (mais qui reste incapable de gérer une centaine de bixi). Une compagnie qui voudrait prendre toute la place risquerait d'imploser comme ce fût le cas pour les régimes totalitaires de l'Europe de l'Est, les régimes corrompus arabes, les Nazis, l'Église, etc.

Pour survivre en démocratie il faut laisser de la place, ne serais-ce qu'une toute petite place, aux autres.

Le gros cul de Québécor on commence à en avoir plein la face.

Il a le droit de se placer devant le gardien de but pour nous voiler la vue temporairement mais ne peut pas nous empêcher de voir l'action en tout temps.

Le projet de loi 204 est une bêtise.
Qu'on se le dise.

lundi 20 juin 2011

Martin Tamar et Sam Sonov (et les grèves)

"Woooo! les yeux pochés le Sam, t'as fais le party hier?"

"Non c'est tellement abominablement incirculable sur l'île de Montréal que hier je suis pas retourné chez nous, j'ai couché dans mon char dans le parking, pis le prix de l'essence PFFF! quelle niaiserie vraiment..."

"Sam c'est quand que tu l'as faites toi ta grève?"

"De...de quoi tu parles?"

"Ben t'as assurément fait une grève dans ta vie sinon t'es pas Québécois..."

"Ben justement, je suis à moitié Russe alors non, je n'ai jamais fait de grève, je ne crois pas au chantage"

"Les grèves c'est pas juste du chantage"

"Peut-être jadis, mais maintenant c'est vraiment pas mal tout le temps du chantage. De la victimisation à l'échelle 10, T'as vu Postes Canada? et Air Canada? Air Transat qui menace?"

"Marie-Pi...Berto..."

"Quoi?... Tu divagues Tamar!"

"Non tu me fais penser à Marie-Pi et à Berto, deux amis à moi. Marie travaille pour Postes Canada et Berto travaille pour Air Canada au Service à la Clientèle, les deux ont choisis ses emplois pour les mêmes raisons"

"Lesquelles?"

"Les bonnes conditions"

"Et ils voulaient faire la grève? tu vois la grève a fait son temps. Ça ne fonctionne plus. Regarde les journalistes du Jou'nal de Mourial qui se sont fait baisés comme des enfants d'école, Postes Canada écrasé par un lock out, Air Canada piégé eux aussi par une menace de loi spéciale. Disons que la méthode de la grève a du vécu, et si ce fût un moyen efficace autrefois, c'est maintenant souvent un grand coup d'épée dans l'eau. Ça ne surprend plus personne. Ça nuit même plus souvent qu'autrement. Des fois je nous trouve obèses qui chialent sur la bouffe."

"Chez Postes Canada c'est majeur par exemple on parle du retour des clauses orphelins, les sales boomers veulent encore nous étouffer, on prône l'inéquité, et après on se fait taper dessus parce qu'on serait pas correct avec nos vieux? fuck them fuck them good, la victimisation n'est pas inventée, les jeunes se font fourrer en acceptant de se faire payer moins pour autant de tâches sinon plus et ceux qui font la grève ce sont des gens de tous les âges qui ne veulent pas de ses clauses orphelins, indéfendables anyway."

"C'est pas indéfendable par exemple Martin c'est parce que nos parents réalisent qu'ils ont vécu au dessus de leurs moyens pendant un bout de temps et là réalisent qu'il faut nécéssairement économiser parce qu'il n'y a plus assez de cash..."

"POUR EUX! pour leur sale fond de pension! On continue de payer le party qui ne se terminera jamais!"

"Tu l'incarnes bien la victimisation dont tu parlais, Martin"

"La grève est une forme de manoeuvre de desespoir pour des gens qui sont souvent à bout de ressources, Sam"

"De moins en moins justement, c'est passé de manoeuvre de désespoir à stratégie de guerre. Et dans les guerres y a des gagnants et des perdants. Faut se demander si c'est encore une guerre qui en vaut la peine"

"Ma boite à malle n'a jamais été aussi agréablement vide de cochonneries publicitaires mais je crois que le combat que Postes Canada livre à ses employeurs est le bon."

"La grève est surranée, Mart. Il y a un avenir dans le mode de négociation continu mais pas dans la grève. Pourquoi attendre la fin d'une convention collective pour négocier? Négocions 6-7 mois avant, me semble qu'on commence à avoir de l'expérience envers les patrons abuseurs non?"

"C'est vrai que c'est un peu comme attendre la veille d'un examen pour l'étudier mais ça n'est pas une promesse de le couler cet examen"

"Y a beaucoup de choses à repenser au Québec, notre manière de nous indigner en est une"

"C'est drôle que tu dises ça alors que l'une des sources principales de nos indignations communes au Québec, le Jou'nal de Mourial, a mangé une solide raclée cette année..."

"Tu vois, Air Canada a été obligé de rentrer dans les rangs tout de suite"

"Oui mais c'est aussi parce que Stephen Bully Harper commence son règne de petit bandit en chef du pays. C'est lui qui a lancé la menace de la loi spéciale."

"Les Bruins de Boston ont gagné la coupe, le modéle ce sera les brutes maintenant"

"On est peut-être devenu Étatsuniens sans le savoir, Sam..."

"Si c'était le cas on serait gros"

"Tu te trouves pas gros toi?"

"er...ouais...20 livres de trop, facilement"

"Moi aussi"

"Bon, m'as aller me coucher dans mon char encore un peu, viens me réveiller quand le prix de l'essence va baisser"

"Heureux de t'avoir connu, Sam"

dimanche 19 juin 2011

10 Juillet 1999

C'est le plus beau des feelings.

Nous étions prévus la belle et moi à l'hôpital pour 5 h du matin. Petit poucet était lui, prévu 10 jours avant mais bon, il devait être bien là où il était, il ne voulait pas sortir. L'amoureuse devait être provoquée vers 6h, l'hôpital nous avait donc demandé d'arriver autour de 5h.

Toutefois, pendant que nous nous préparions, entre 3h30 et 4h00, le téléphone a sonné. Nous savions trop bien que c'était l'hôpital et assurément pour nous retarder. La grève des infirmières sévissaient à Montréal (partout en province?) et seul l'hôpital Sainte-Justine accouchait les mères. Sur quelque chose comme 12 chambres d'accouchement, il y avait au moment de l'appel 17 accouchements en cours. Toutes les mamans de Montréal atterrissaient à Ste-Justine, mêmes celles qui n'y étaient pas prévues, c'était le seul hôpital qui détachait les bébés de leur mère ce jour-là. Nous étions repoussés autour de 7h.

On a pris ça en riant et on a prit un peu plus de temps à se préparer sans stress. 5h30 un autre appel. Sommes repoussés vers 10h. o.k. On va se trouver une activité. 8h45 un autre appel, ce sera plutôt 11h. Pas vraiment le temps d'aller nulle part, pris dans notre chez nous, le temps de trouver comment s'occuper que le téléphone sonne à nouveau pour nous dire que ce sera en début d'après-midi. Ce cirque a duré jusqu'en soirée où on nous as accueillis à 17h, libérés de l'antichambre du plus jour de notre vie.

Outre cette famille africaine où ils devaient bien être une vingtaine dans la chambre d'accouchement, une fois isolés dans notre chambre à nous, ce fût le calme absolu. Bébé dormait profondément en maman et n'avait certes aucune envie de sortir. Maman était si détendue qu'elle s'est même pratiquement endormie. J'ai lu à ses côtés dans un esprit totalement zen. Stressant les accouchements? Pas chez nous. Avoir su, c'est là qu'on aurait dû dormir.
Ce n'est que lorsque nous avons vu la taille de l'aiguille de l'épidural, tard en soirée, que le stress a fait trembler un peu.

Bébé était non seulement endormi en maman mais il semblait aussi déterminé à ne pas sortir du tout. Pauvre maman a poussé pendant 5 heures...5 heures de "pousse! pousse ma chérie!...", une chérie tellement "gelée" qu'elle ne se sentait plus les jambes. À 3 heures du matin nous n'avions toujours pas dormi et bébé ne voulait toujours pas trouver le chemin. Le lendemain, ce qui n'est rien par rapport au maux de maman, j'en garderais de sérieuses douleurs au ventre, comme si j'avais fais 4000 redressements assis, pour avoir poussé avec elle inconsciemment en lui tenant la jambe.

À 3h33 très exactement, les forceps ont sorti le petit Monkee. J'ai coupé le cordon ombilical mais n'en ai gardé aucun souvenir (étais-je drogué moi aussi?) Le souvenir notoire a été ce protecteur facial que je n'avais pas pris le temps de mettre et cette odeur chaude qui me montait au nez. J'ai eu quelques vertiges et quand j'ai demandé si quelqu'un allait rammasser les selles et qu'on m'a expliqué que ce n'étais pas des selles mais des veines gonflées par les 5 heures de pousse, là j'ai carréement passé près de m'évanouir. La pauvre chouette s'était franchement démolie pour cette petite bête mauve qu'on me mettait au visage et qui piaillait comme un canard avec son oeil noir.

Soyons franc, je n'ai jamais été en mesure de dire "oh le beau bébé!..." en le voyant. On me brandissait un bébé mauve, puant, avec beaucoup d'acné de bébé au visage (mais je ne savais alors pas ce que c'était) et la tête dangereusement difforme de par sa sortie par forceps. Il y avait l'amoureuse derrière, déchirée à coup de ciseaux et les fesses en feu, stone et crevée. Ma tête était pleine de toutes sortes de questions.

On a vite été porter le bébé ailleurs afin de "reformer" sa tête (c'est ce qu'ils font avec les bébés forceps) et la belle et moi sommes restés en apesanteur dans nos nouveaux rôles de parents.

N'ayant pas dormi depuis plus de 24 heures nous étions de toute façon en apesanteur perpétuelle en quelque sorte. Quand une infirmière est venue réveiller l'amoureuse vers 6h pour qu'elle donne le sein, la belle a carrément pêté les plombs. Il a fallu que je la sépare du visage de l'infirmière qu'elle griffait à grands coups de pattes de tigresse. La femme commençait sa journée et n'avait pas saisi l'étendue de notre fatigue. Le sein s'est presque terminé là. Bébé était pénible à le prendre de toute façon et faisait extrèmement mal à sa mère (encore).

La toute première "nuit"* de bébé reste l'un de plus beaux moments de ma vie. J'ai volé un lit de camps qui trainait dans le corridor (car le bordel était pogné dans l'hôpital où tout le monde accouchait) et ai dormi près de maman. Par une chaleur exténuante, et suivant les recommandations de l'infirmière, j'ai placé bébé à plat ventre sur ma poitrine dénudée et ai dormi...quoi? quatre heures?
C'est encore aujourd'hui ma moyenne, quatre heures.

Mais quatre des plus belles heures de ma vie.

On a bien tenté en après-midi de dire à nos proches qui nous avait laissé la veille pour nous reposer (croyant que nous accouchions très tôt le matin) de ne pas venir en soirée nous visiter car nous étions tout simplement zombies, mais la plupart ne pouvaient pas se décommander. Ils étaient 17 dans la chambre à féliciter deux néo-parents 100% cadavériques. J'ai même "perdu" mes parents pendant un temps dans la petite chambre où nous étions tous.

C'est à ça que je pensais mercredi dernier quand je regardais le beau grand garçon aux cheveux trop longs qui allait chercher son diplôme de finissant de 6ème année.

Merci à Twinling, Monkee et Punkee de m'avoir plongé dans la paternité.
Merci à mon père de d'avoir donné envie de tout ça.
Merci au beau-père de m'avoir donné envie de sa fille.

C'est le plus beau des feelings.

Le feeling d'être papa.
Bonne fête aux pères.

*de midi à 16h...genre

samedi 18 juin 2011

Sir Paul

Né à Liverpool (qu'il rendra, avec 3 autres complices, mythique)  en 1942, James Paul McCartney sera parmi les 4 élèves (sur 90) à se qualifier dans les examens qui mènent à la Grammar School lors de ses 12 ans.

Il gagne alors une confiance qui ne le lâchera jamais.

Parmi ses brillants élèves de la Grammar School, George Harrison, qui habite tout près de chez McCartney mais qui est issu d'une famille extrèmement plus pauvre. Ils prennent l'autobus ensemble, partagent leur passion commune pour la musique.
À 14 ans, McCartney perd sa mère alors qu'elle se faisait traiter contre le cancer du sein. Lennon, qu'il ne connait pas encore, perd lui aussi sa mère dans un accident de voiture presqu'au même moment.

Le père de Paul est trompettiste et joue aussi du piano. Il encourage ses deux fils, (Micheal est 2 ans plus jeune que Paul) à jouer de la musique par temps perdu. Ce conseil fera la fortune de son ainé.

D'abord trompettiste, quand le skiffle music (Jimmy Page!) vient au goût du jour, il troque la trompette pour la guitare. Gaucher, il trouvera toujours difficile de jouer de la droite, il oscille donc au piano, et varie les instruments au possible. Les guitares pour gaucher sont rares dans les années 50 en Angleterre et ce n'est que lorsqu'il voit sur scène Slim Whitman qui joue de la gauche qu'il ne découvre l'existence de celles-ci et s'en achète une. Il écrit sa toute première chanson (chantée par Lennon ici) puis une autre, inspirée de son grand-père, joueur de tuba. Il y prend rapidement goût et prend des cours de musique.
Très influencé par le Rhythm & Blues, très vite il veut un band.

Le 6 juillet 1957, un alignement des astres fait rencontrer deux génies musicaux. McCartney fait la rencontre de John Lennon dans une fête d'église. Lennon a son groupe (The Quarrymen) il est plus vieux que Paul et est éprouvé par la mort de sa mère lui aussi. Ils se rejoignent dans leur deuil commun. Ils ont surtout tous deux une facilité à composer des harmonies ensemble. À la recherche d'un guitariste, McCartney fait entrer dans le groupe son ami George, bien meilleur que lui à la guitare de toute façon tandis que Lennon invite son ami Stu Sutcliffe pour jouer à la basse. Pete Best est engagé à la batterie à la dernière minute. En grande partie parce que son père est propriétaire d'un bar en Angleterre qui lui garantissent un endroit pour se donner en spectacle.
Ils seront Johnny & the Moondogs puis The Silver Beatles. Ils n'ont pas encore 20 ans et ils font des tournées à Hambourg en Allemagne où ils se font la main sur leurs instruments mais aussi sur l'alcool et les filles...
En janvier 1961, Stu Sutcliffe est mêlé à une échauffourée à Hambourg après un spectacle et sa tête heurte violemment un mur de brique. En avril de l'anéée suivante, il meurt d'un anévrisme. Lennon compose très mal avec ses deuils à répétitions. McCartney prend le poste de Sutcliffe, à contrecoeur, à la base et prend une plus grande place dans le groupe. Il est instrumental dans le tout premier contrat des Beatles en tant que groupe de studio sur un morceau de Tony Sheridan.

Quand Brian Epstein devient le gérant du groupe, Ringo Starr devient le batteur du band et les Beatles changent à jamais le monde de la musique.

Quand Epstein meurt en 1967, les Beatles sont désemparés. Ils sont en Inde célébrant la vie et la mort les rejoint outremer. McCartney prend alors le leadership d'un groupe d'invidus qui peu à peu, depuis l'introduction de Yoko Ono, se distance les uns des autres. McCartney ne manque pas de projets. Sgt. Pepper's Lonely Heart Club Band c'est pas mal son bébé. Il fonde la compagnie de production Apple. L'Album Blanc offre 4 musiciens ayant composés chacun de leurs côtés et présenté leurs morceaux en studio, comme 4 artistes solos. Afin de regrouper les quatres garçons dans le vent qui s'éloignent, McCartney propose le film Let It Be qui sera catastrophique pour le band car au lieu de les rassembler, il montre au contraire la mort des Beatles. Plus que jamais McCartney a la main lourde sur les affaires des Beatles et ceci agaçe les autres. Le film et le disque ne sortiront qu'en 1970, une fois le band séparé.
En 1969, les Beatles rassemblent tous leur morceaux inachevés, les collent ensemble et dans un ultime effort de groupe lancent Abbey Road. Ce sera leur dernier effort collectif. Apple connait aussi de très grosses difficultés financières. Les décisions créatives de McCartney ne sont pas toutes heureuses.

Linda Eastman, photographe de métier, marie un Paul McCartney particulièrement déprimé en 1969. Ils formeront toutefois ensemble un couple tout ce qu'il y a de plus heureux. Eastman devenant claviériste et fière partenaire artistique pour lui. Ils auront trois enfants ensemble et McCartney adoptera en plus la fille d'Eastman, née d'un premier mariage. Paul et Linda seront d'importants porte-paroles et deux millitants du végétarisme.

Travailleur infatigable, il lance deux albums en solo, fort populaires avant de fonder un nouveau band: The Wings. Il lancera 7 albums avec eux, pour la plupart très très populaires, jusqu'à la séparation de 1981. La mort de John Lennon a ramené sur la place publique de vieilles chicanes et McCartney veut prendre le temps de réfléchir à son avenir en travaillant avec différentes personnes.

Tout ce qu'il touche se transforme soudainement en or. Il rafle deux ans de suite, en 1982 et en 1983, la chanson de l'année en duo avec deux artistes différents.
En 1984, il se plante toutefois avec son film Give My Regards To Broad Street. Bonne musique, film atroce.

Il joue Let it Be au Live Aid de 1985 et collabore avec son ami Elvis Costello sur de très beaux morceaux en 1987.

Il lancera 18 autres albums entre 1986 et 2009. Avec des hauts et des bas.

Depuis 1983, McCartney fait aussi de la peinture et il expose avec des photos produites par Linda Eastman ici et . En 2000, enterrant la hache de guerre, il expose même avec Yoko Ono.

Sa femme meurt d'un cancer du sein en 1998. Sa fille Stella aura eu le temps de devenir une importante designer de mode avant la mort de sa mère. Paul et Ringo perdent un autre demi-frère en 2001 en George Harrison. Le 11 septembre de cette année-là McCartney est à l'aéroport JFK de New York quand les tours jumelles disparaissent. Inspiré du moment, il écrit sur-le-champs une délicieuse chanson.

En 2003 il a une autre fille de l'ex top modèle (et opportuniste) Heather Mills. Végétarienne elle aussi, il continue de militer pour la cause à ses côtés avant de quitter ce mariage fort impopulaire.

Depuis 2007 il est en couple avec Nancy Shevell.
En 2008 il offre un spectacle inoubliable et gratuit aux gens de Québec.

Aujourd'hui, Sir Paul fête ses 69 ans.
Mon père, l'un de ses plus grand fan, aurait lui, fêté 64 ans si il avait été encore vivant.

Thinking of you daddy-o.
XX

vendredi 17 juin 2011

Mort aux Parents Réformistes! (de l'école)

Il y a d'abord eu les nôtres, les boomers, probablement convaincus qu'ils nous avaient franchement ratés car ils ont imposés une réforme des écoles tout ce qu'il y a de plus épouvantable pour nos enfants.

IF IT AIN'T BROKEN, DON'T FIX IT!
Étions nous la génération brisée?

Un bulletin aujourd'hui incompréhensible qu'il faut demander de se faire expliquer plusieurs fois (et par plusieurs personnes car certains profs ne comprennent pas eux-même leur propre notation), un clivage important entre les prof de la première génération et les recrues. Les premiers, pas toujours enclins à faire des changements dans leur routine des 15-20 dernières années et les autres coincés dans un régime instable.

Des élèves encore plus coincés dans un système qui refuse de faire doubler les faibles élèves. Nivelant ainsi dangereusement les travailleurs de demain vers le bas.

Et on s'étonne de voir de jeunes professeurs dans la vingtaine arriver sur le marché sans savoir épeler.

Mais là, voilà que certains zoufs. Ne pensant probablement qu'à eux encore, répétant les erreurs de leurs prédécesseurs, suggèrent de couper les longues vacances d'été afin d'alléger le fardeau parental.
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGHHHHHHHH!

Est-ce vraiment ça que l'on appelle le progrès?

C'est fou ce que le monde change. Au tout début de la scolarité en Amérique, les vacances d'été étaient nécéssaires afin que les enfants puissent aider leur parents sur la ferme, pendant la saison dite "payante". Les vacances en quelque sorte n'en étaient pas. Les gens mourraient à 50 ans aussi.
Après les grandes industrialisations des villes, l'été est petit à petit devenu période de farniente. Nos parents ont savouré ces mois d'été à vacher, flirter, s'amuser et se développer des passions. Nous aussi on en a profité, et on voudrait couper ça à nos enfants? Demandez aux profs si ils voudraient qu'on leur enlève ses deux mois d'oasis.
POURQUOI? Parce que papa et maman travaillent? Fallait pas faire des enfants si ça devient un handicap à vos loisirs, tristes sires.

Je soupçonne que ce sont les mêmes qui voudraient abolir les devoirs. Moi je demande à ses parents de monter sur l'échafaud et de se mettre la tête dans l'enclavure ronde. J'ai une belle guillotine bien affutée...

Je suis actuellement des cours d'été moi-même à l'université et il n'y a absolument AUCUNE circulation d'air dans les cours du mardi et du jeudi soir. On est de plus en plus habillés tout nus. Outre deux françaises, (probablement poilues je ne sais trop) qui sont habillées en jeans long, en bottes et en col roulé à manche longues (et qui "dégagent" un parfum...), les (3) gars sont en camisole ou en t-shirt et en bermuda et les filles à moitiés nues, vraiment. Pour des raisons évidentes de survie mentale et physique. Ces cours sont des fournaises!!! La prof elle-même abrège les cours par respect d'autrui (ou au premier évanouissement). Nos écoles ne sont pas équipées pour l'été!

L'été, je ne sais pas si je suis le seul à l'observer, mais tout fonctionne à moitié. Voilà une des multiples raisons qui me fait détester la saison. Sous prétexte de soleil ou d'humidité, on peut se permettre d'être moins efficace, plus rapidement à la maison le vendredi peu importe la tâche et accepter de rouler sur des routes qui donnent l'impression de se relever d'une attaque nucléaire (que l'on appelle depuis 2000 ans au Québec, l'hiver). Et souvent les hommes n'ont pas le droit d'avoir aussi chaud (sinon plus) que les femmes. Interdiction de pantalon court dans bien des (idiotes) business*.
On voudrait demander à des enfants déjà difficiles à sortir de la maison, des enfants difficiles à décoller de leurs écrans et les clouer sur des bancs d'école?

Si il y a une seule réforme à faire c'est celle-ci: accorder 5 semaines de congé par année pas 2! Les parents survivraient davantage à leur emploi.
Les emplois d'été n'existent pratiquement plus, ce que l'on appelait des emplois d'été sont devenus des emplois offerts à l'année, salaire de cul, jamais assuré et presque toujours nettement à l'avantage de l'employeur. Le concept se meurt aussi vite que le mot "retraite" a été effacé de la vie des gens de notre génération (qui ont attendu 10 bonnes années de plus que la génération précédente pour être en mesure d'entrer pleinement sur le marché du travail, plusieurs cognant encore aux portes de leurs parents afin qu'ils leur cède une toute petite place).

Depuis cette année on ouvre les magasins le 26 décembre et le 2 janvier.
Travaillez, consommez.
Je refuse de les envoyer dans ce caniveau.
Et s'amuser dans tout ça?
Les personnes qui proposent des réformes du genre oublient qu'ils ont été des enfants eux-même qui ont pleinement savouré ses mois de bonheur infantile/ados/ sur la route en famille.

L'été à tout a tout à fait le droit d'être un poème sans structure pour nos amours.
Zauront la vie d'adulte pour se faire chier et devoir respecter les marges.

Protégeons la vie de nos enfants.
Protégeons-les de leurs parents.

*de juin à septembre, personellement, je suis exclusivement en "genou" ou en mollet à l'air ou nu pieds tel Mowgli, sinon j'autoconbustionne.

jeudi 16 juin 2011

Viandes Chaudes

"Watch out cupid, money is a sick muse, pull your little arrow out and let me live my life"
                                                  -Sick Muse, Metric

Rihanna est belle comme un coeur.

Elle a les yeux d'un vert océan, une variation capillaire toujours intéressante (quand on est belle on peut se le permettre) et un corps à faire rêver les mâles de poulet.

Elle a toutefois un talent un peu moins qu'ordinaire.
Quand son corps la lâchera, le public regardera ailleurs aussi. Je ne parles pas d'écouter ailleurs, je parle de regarder ailleurs. Parce que, ne nous comptons pas de conneries, il n'y en a que pour les yeux.
Gaga, Perry, Rihanna, Madonna, rien à voir avec la zizik, tout à voir avec le zizi.

L'entourage de Rihanna le sait bien et exploite cette recette année après année en mettant en valeur avec succès les charmes de la donzelle.
D'abord autour d'un parapluie nous est-elle présentée en hélant comme on le ferait sur un lit d'eau avec un étalon entre les cuisses.
Puis de manière plus dérangeante/dérangée et avec beaucoup de suggestions érotiques.
Ce dernier morceau fait passer la jolie jeune fille au monde des adultes et est écrit pas un certain Chris Brown.

Ça pogne. Pas anormal. Pas désagréable pour les hommes. Mais la suite n'est pas cool.

Rihanna, est sauvagement battue en 2009 par son amoureux de l'époque, le rappeur Chris Brown,
Elle est étrangement retournée vivre avec lui quand même après qu'il l'eût battue. Voilà une psychologie que je ne comprend pas et au travers duquel je ne risquerai même pas de m'aventurer. C'est à mon avis excessivement tordu mais bon, c'est mon avis. Ça vaut ce que ça vaut, c'est-à-dire bien peu. Je suis moi-même assez tordu mais franchement pas de cette eau-là.

L'enregistrement de l'album Rated R se fait avec, et est largement inspiré de Chris Brown et de l'histoire tumultueuse de Rihanna avec le brutal individu. Le premier extrait traite du suicide. Le message du clip est plus ou moins clair. Edgy, oui. Les clips suivants sont des guerillas, à saveur reggae ou traitent de contacts sensuels entre même sexe. Dans le ton. Rien de déplacé. Sinon ce malaise a vouloir attirer des "Rude Boy". Mais ça c'est son problème.

Où l'es-ce-t-il vraiment? Quand on devient public, quand on a ce que l'on appelle un "fanbase", ça ne s'accompagne pas de certaines responsabilités?
Voyant les Black Eyed Peas en spectacle l'été dernier, je voyais Fergie qui prenait le micro, qui disait au public, "I see a lot of mothers and fathers with their young girls in the crowd, I know I may make some adults moves sometimes, I'm sorry...I'm built that way" et elle a enchainé avec une chanson où elle mimait les enculades, l'aggripement de son propre sexe et de celui de ses partenaires de scène et surtout plusieurs poses à genoux où elle feignait des gestes de fellation.
Er...J'aurais aimé être une mouche pour entendre ce que les parents expliquanient à leurs fillettes dans le public...Je crois m'en être tiré avec mon fils en disant: "..elle...elle cherche ses clés..." devant son regard interloqué et une fergie agenouillée et jouant avec la/les poches d'un mâle sur scène...
  
Mais revenons à Robyn Rihanna Fenty. Dernier album, on monte le niveau d'audace. Les deux premiers extraits sont du pop bubble gum sweet candy stuff qui trouvent leur place sur les ondes radios FM, on joue pas compliqué. Le trosième extrait traite de bondage. Encore là, rien de grave. L'analogie avec le star system et les journalistes qui la rendent esclave de sa vie de star est évidente dans le clip. Toutefois les prudes États-Unis censurent le clip parce que ce type de jeu sexuel, qui n'est pas nécessairement prévu pour faire des bébés, dépasse leur imagination.

Mais là... son quatrième clip...
Le viol est une chose innaceptable.
Mais le meurtre aussi.

Elle a justifié le clip de ses 23 ans d'expériences de vie.
«J'ai été moi-même attaquée et je ne me promène pas en assassinant des gens autour de moi dans mes temps libres».
Er...sorry, actually you did...
Dans un clip, Rhianna tu tires dans la cervelle d'un individu.
Et on y croit. Encore plus quand on a 7 ou 8 ans.

Rhianna a soutenu que trop de jeunes femmes sont victimes d'agressions sexuelles et que ces victimes ont besoin qu'une personne s'exprime en leur nom.

En tirant une balle dans la tête du violeur?
Drôle de suggestion.

Je ne défendrai jamais un violeur
Une chanteuse qui s'exprime au nom des victimes d'agressions sexuelles de cette façon, pas tellement plus.

Des artistes comme Ani Di Franco ou Emily Haines prennent encore plus de valeur sans même à avoir à tendre la cuisse.