samedi 19 septembre 2026

Attendrissant AC/DC

À la blague, souvent, pour parler absurdement de quelque chose qui n'existe pas, je dis "Ça existe autant qu'une ballade d'AC/DC."

Je n'avais pas vérifié. Je ne pensais jamais dire aussi vrai. J'avais pas fait la recherche. L'ai faite. C'est un des privilèges d'applications musicales sur nos téléphones. Répondre à nos curiosités à notre guise, un des plus grands terrain de jeu pour un gars comme moi. On paie une vingtaine de dollars par mois afin d'avoir accès à tout, mais je rentabilise à moi seul en deux trois jours. Je suis tous les jours, même les fins de semaine, sur Spotify.

J'ai survolé les 17 albums studios de la formation Australienne des frères Young, et au final, j'ai trouvé autant de "ballades" qu'on trouve de saisons dans une année. 

4

En forçant.

1975

Love Song.

Rareté issue de la version australienne de leur premier album High Voltage, ce morceau unique commence en ballade romantique avec des arpèges clairs et une voix douce de Bon Scott, avant de s'intensifier, constituant une exception totale dans la discographie du groupe.

1976

The Jack.

Blues lourd et pesant aux allures de ballade, porté par des métaphores grivoises de Bon Scott sur une maladie vénérienne. Le tempo ralenti met en valeur le solo de guitare intense d'Angus Young, qui ponctue le morceau de son célèbre strip-tease en concert. Souvent joué avec des paroles plus explicites sur scène qui ferait rougir les soeurs religieuses. Ce titre est devenu un moment incontournable d'humour pour le band, à travers leurs tournées mondiales.

1976

Ride On.

Probablement la plus ballade et la plus authentique et poignante du groupe. À travers un blues mélancolique et épuré, Bon Scott y livre une performance vocale vulnérable, évoquant la solitude, les peines d'amour et l'errance. Le solo d'Angus Young y est magistral, troquant son agressivité habituelle pour des notes étirées d'une immense tristesse. C'est un chef d'oeuvre intemporel qui prouve que le groupe pouvait toucher en plein coeur sans jamais perdre son identité rock. 

1979

Night Prowler.

Ce blues lourd et menaçant ferme magistralement l'album Highway to Hell, testament de Bon Scott, qui périra le 19 février 1980, à seulement 33 ans, lorsque laissé sur la banquette arrière d'une voiture après une soirée trop alcoolisée, mais qui se serait étouffé à la John Bonham, dans ses propres vomissures. Sur ce tempo ralenti, Scott incarne un rôdeur nocturne nébuleux avec une voix habitée, à la fois sinueuse et terrifiante, qui peut glacer le sang. Angus Young livre ici des solos de guitares déchirants, parfaitement rythmés par la batterie implacable et minimaliste de Phil Rudd. C'est la ballade la plus sombre et la plus controversée du groupe, tristement liée à l'affaire du tueur en série Richard Ramirez

Des quelques 160-175 chansons d'AC/DC, 4 ballades seulement, et toutes de l'ère de Bon Scott, Pré-1980. Aucune de l'ère de Brian Johnson. Angus et son frère Malcolm branchaient, respectivement leurs Gibson SG et Grestch, simultanément dans leur amplificateur Marshall et ce sera leur éternelle signature sonore. Jamais les ballades passé 1980, jamais les synthés, jamais la guitare acoustique. Acoustique et synthés pas même avant. Jamais.     

Aujourd'hui la semaine dernière, il faisait une météo merveilleuse. À la fois automnale comme je les adore, à la fois été comme la belle adore. On a choisi de se rendre sur l'île Ste-Hélène, au Parc Jean-Drapeau, où j'y ai passé une journée sensationnelle le 8 août dernier dans le cadre d'Osheaga, où j'aurais voulu voir et entendre Radiohead en août 2001, où j'aurais donné cher pour aller voir et entendre Björk, en 2003, le jour de la fête à ma mère, en août aussi. On s'y rendait pour aller assister à "la soirée des lanternes".  

On ne savait pas c'était quoi. C'était nos deux enfants qui nous avait donné le goût en disant tous les deux qu'ils y allaient en soirée, sans s'être consultés. Les deux avec leurs partenaires amoureux. On s'est dit qu'on irait aussi, et que si la chance le voulait, on les croiseraient peut-être. 

Finalement, sans savoir qu'on y allait aussi, les deux ont eu des plans de dernières minutes qui ont fait qu'ils ne se sont pas rendus aux lanternes du tout. Ils n'ont que savouré nos images envoyées du métro, tard en soirée. On a beaucoup aimé. Très simple, très zen. Relaxant au possible. 

On pouvait s'y rendre et y participer en achetant une lanterne orangée, sur lesquels on écrivait du positivisme, vendredi, samedi ou dimanche. On y est allé samedi sans réaliser que le même soir,  sur la même île, AC/DC jouait sur la scène du Parc Jean-Drapeau derrière nous et qu'on avait leur trame sonore en permanence dans les oreilles.

Ce qui était assez amusant. 

Surtout vers 22h, quand on revenait à pied vers le métro, passant encore plus près du spectacle et que tous les marcheurs et les marcheuses ont chanté le refrain d'Highway To Hell en choeur. Avec les voix de femmes majoritaires ça faisant très beau dans le nuit chaude. 

Inattendu.

Amusant. 

Samedi zen  & rock n' roll lourd.   

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