samedi 24 septembre 2022

Les Beaucerons Méritent Tellement Mieux

Dans une semaine jour pour jour se tiendra un "convoi" à l'Assomption.

Convoi, pirate et patriote sont devenus officiellement, au Québec, des mots péjoratifs.

Le rassemblement prévu contiendra un nombre surdimensionné de personnalités résistantes ou carrément réfractaires aux mesures sanitaires et à la lutte contre la pandémie*, Covidiots et souvent frustrés de la pandémie, mais ne sachant pas du tout comment gérer leur frustration. 

Des gens qui voudraient, sans équivoque, gérer autrement. Parmi eux, la lie des influenceurs désinformateurs, Carl Giroux, Mel Goyer, Samuel Grenier, Amélie Paul, le docteur Crèvecoeur, Yann Roshdie, Julie Lévesque, Petit Albert, Gros Paul et un nombre incalculable d'autres égarés. Beaucoup de maladie mentale sur place. Rien d'amusant là-dedans. La maladie mentale est à prendre au sérieux. 

Beaucoup de Beaucerons et presqu'exclusivement des supporteurs du parti dirigé par Eric Duhaime, chef du Parti Conservateur, parti sur lequel il faille souvent placer une forte insistance sur la première syllabe du nom. C'est même Yanick Ouellet, organisateur logistique du Parti Conservateur (Matane, Matapédia) qui est aussi l'organisateur principal du "convoi" du 1er octobre appelé
Dehors la CAQ. Ce qui rend se rassemblement à la limite de la légalité, 48 heures avant le vote.

Rappelons que le parti conservateur a toujours parmi ses rangs, après plus de 12 jours, Aleksa Drakul, visé par de très sérieuses et tellement tristes accusations d'agressions sexuelles contre une jeune femme. Et que le lot de désinformation est si stratosphérique, issu du parti, qu'il faille tous les jours déconstruire leurs propos. Afin de simplement départager le vrai du faux, même dans les choses les plus simples comme payer ses taxes, après multiples avertissement de le faire.

Le Parti Conservateur, sous la direction d'Eric Duhaime, est presqu'entièrement un parti à maturité d'enfants qui ne fait que déranger les adultes. Un candidat a eu une jeunesse qui a jeunessé. Un autre se présente comme candidat dans une circoncision. Un autre relaie la théorie de la terre plate. Plusieurs ne croient pas au vaccin, aux mesures sanitaires, à la pandémie en soi, ne se sentent pas libres dans l'un des pays les plus libres au monde. Un fort possible agresseur y traine encore. Des covidiots, des incels, des désormais sans emplois de par leurs positions sur la pandémie, BEAUCOUP de désinformateurs en commençant par le chef lui-même.

DES ENFANTS!

J'essaie de rester chez moi le plus que je peux, (et je peux malheureusement peu) dans le seul but de pouvoir rencontrer la candidate du parti dans ma circonscription pour qu'elle vienne sonner à ma porte et tenter de faire sortir le vote de ma maisonnée (4 voteurs) de leur côté, et à qui je n'aurais qu'une seule question à poser: "Pourquoi CE parti, Stéphanie ?" De tous les partis, pourquoi lui? Parce que les candidats sont scolarisés à 57% ? Je n'ai rien contre les gens qui ne vont pas à l'école longtemps, mais je ne les veux pas en train de diriger ma province. J'exige, au minimum, des gens compétents. Pas une actrice mal informée, un mal titré sensei qui a envie de clientèle ou des gens qui crient "SUCE MA QUEUE!" au parti politique adverse dans leur salon, à l'image de la télévision. Qui se font filmer le faire et le diffuse sur le net, fier.

Pour une société équilibrée, je veux des gens équilibrés. La plupart des gens veulent ceci. Ça ne semble pas une grande exigence. La subtilité manque dans certaines régions où TOUS les visages des pancartes de partis (autres que le PCQ) ont été vandalisés ou tout simplement découpés SAUF les candidats du PCQ...comme si on ne pouvait pas deviner de quelle allégeance politique ça venait. Plusieurs fois les vandales (mal instruits) se sont aussi trompés dans leurs insultes. Fuck Legault sur une pancarte du Parti Québécois (Legault est CAQ) et Fuck Trudeau sur une pancarte d'Anglade (elle est provinciale, Trudeau est fédéral).

Quand j'étais ado, nous jouions au hockey contre l'Express de la Rive-Sud. Qui avait presque toujours une bonne équipe car la région ramassait tous les talents de la Beauce à Saint-Apollinaire. Dans leurs dos, au dessus du # presque toujours les mêmes noms: Gauvin, Begin, Bernier, Vachon, Poulin, Gosselin, Lessard Veilleux. On pouvait avoir plusieurs joueurs dans la même équipe avec le même patronyme. Toujours, en fait. C'était inévitable chaque saison. Ce qui nourrissait le mythe de la co-sanguinité.

Les gens de la Rive-Sud de Québec, de la Beauce, plus précisément sont devenus, avec le temps les Newfies de la province. "Newfies" comme dans Newfoundlanders ou si vous préférez, habitants de Terre-Neuve (NewFoundland). Au Canada, ils ont longtemps (assez injustement) été considérés comme les gens beaucoup plus bêtes que les autres, au pays. 

La Belgique, pour certains Français. 

Au Québec, tout aussi injustement, la Beauce se mérite assez pas mal ce titre. Ce n'était pas vraiment le cas avant l'existence trop publique de Maxime Bernier. Issu de la Beauce. Maxime Bernier est un imbécile heureux. Ancien ministre sous le gouvernement conservateur de Stephen Harper, où il y était l'équivalent de Mister Bean, égaré, il a depuis tenté de se faire élire chef du parti, puis humilié par son propre parti dans une élection interne à la chefferie du parti, il a fondé son propre parti et là, il s'y noie, année après année, avec des votes faméliques, mais surtout des propos pas mal immatures, populistes et souvent calqués sur la vision de Donald Trump. Il prend très souvent les pires décisions. Et ne s'en excuse jamais.

Une proportion impressionnante de Beaucerons se disent fiers Conservateur et surtout covidiots. Ils ne se disent pas covidiots, en soi, mais le sont, tout simplement. La Beauce, c'est tellement plus que ça. J'ai des ami(e)s de la Beauce et ils sont désespéré(e)s de ce qui les entoure. Et souhaitent une raclée suffisamment sévère de ce parti pour qu'on oublie les égarements intellectuels actuels. Je travaille aussi avec un Beauceron qui incarne absolument tout du covidiot. (et tristement, du raciste). 

La Beauce méritent tellement mieux que ce qui anime ses rues en ce moment.

Pas juste des enfants, quelques grands aussi. Plus majoritairement. Ça va jouer entre adultes après les élections, quand même. 

Votons intelligemment en adulte, le 3 octobre prochain. Dommage qu'il y ait exposition de macaques, le samedi d'avant dans le rassemblement. À moins que ce rassemblement honteux n'expose suffisamment de grotesque pour les faire tomber dans la cale, là où il mérite d'être, derniers, dans les intentions de vote.

On est libres chez nous, dites leurs donc. Leur chef leur fait oublier.

*Contre la vie, en somme.

vendredi 23 septembre 2022

Le Premier de Classe

Le début de la carrière de Steven Spielberg a presque coïncidée avec mon arrivée sur terre. Duel a été lancé en 1971. Je suis atterri ici, en 1972. 

Je n'ai jamais vu The Sugarland Express, inspiré de l'histoire de Ila Fae & Bobby Dent, qui avaient kidnappé un policier, et fuyaient dans le but de garder l'enfant dont ils allaient perdre la garde. Toujours magiquement technique, Spielberg tourne le tout premier film en caméra Panaflex Panavision avec celui-là. Quand Steven tourne Jaws, le monde entier ne nage plus jamais en mer de la même manière. Close Encounters of the Third Kind, un film sur la magie du cinéma plus que sur l'arrivée d'extra-terrestres (J'en sais quelque chose, je suis un rare vrai extra-terrestre) l'idée de la rencontre touche tout le monde. j'ai tant aimé ce film, je l'ai acheté. Je n'ai pas vu 1941, comédie sur le Vietnam. J'ai vu Raiders of the Lost Ark vers mes 12 ans, aimant très modestement, contrairement à mes amis. E.T. je l'ai toutefois vu en salle, à 10 ans, c'est peut-être aussi le tout premier film que j'ai vu en salle. Cette fois, il bouleverse le monde entier et je suis emporté dans la vague.

Indiana & The Temple of Doom sera aussi vu en salle et c'est peut-être autour de là que je questionne la valeur des suites, en général, péjorativement. Steven y trouve la femme de sa vie qu'il fait crier tout le film. The Color Purple est un film très différent de sa part, mais très intéressant, et je le vois travaillant de nuit dans un club vidéo quelques 10-12 ans plus tard. Empire of the Sun me plait beaucoup car je lis J.G.Ballard et ce film raconte une partie de la jeunesse étrange de l'auteur.  J'ai vu Always mais en suis resté assez froid. Indiana Jones & The Last Crusade était un rendez-vous manqué double pour moi. Je n'en voyais pas la nécessité et la belle Anick n'a pas voulu venir le voir avec moi, en salle, où je me promettais d'essayer de lui voler un potentiel baiser. Hook était pour les enfants. Pas vu, j'avais 17 ans, je visais le monde adulte. Jurrassic Park ne m'a intéressé en rien. Dès le départ. Jamais vu, jamais eu envie. Trop juste pour les yeux. Je suis peu impressionné des yeux de cette manière.

Mais la même année, l'un des 2 meilleurs films à vie (selon moi) de SS, je l'ai vu, revu, acheté. Devoir de mémoire. Et ce film est à une scène d'être tout simplement parfait. (La scène de larmes de Schindler a coûté l'Oscar à Neeson, selon moi). J'ai pas vu la suite de Jurrasic Park, c'était un double désintérêt: une suite et de la poudre aux yeux. J'ai vu Amistad que j'ai trouvé un peu didactique et scolaire. Saving Private Ryan m'a touché de la mauvaise manière.  J'ai méprisé l'armée du début à la fin n'arrivant pas à comprendre la logique de ramener le dernier frère si les 4 autres sont morts au combat. Ne le comprends toujours pas. J'ai attendu un punch là-dessus qui n'est jamais venu, mais cette illogique règle martiale existe pour vrai. On en débattra sur le champs de bataille., un autre tantôt si vous voulez. SS gagne un second Oscar pour sa réalisation, ce qu'il méritait amplement. 

Les 5 films qui ont suivi ne m'ont pas intéressé au point de ne pas tous les voir. Spielberg et ses vues m'avaient perdu. Mais Munich m'a extraordinairement plu. Vu, lu, revu, acheté. Je savais même pas qu'il y avait eu un 4ème Indiana Jones. Ou peut-être l'ai-je su, mais jamais ça ne pouvait m'intéresser. J'ai été voir son Tintin, pour me rappeler mes B.D. d'enfants, mais je n'y ai vu qu'effets spéciaux des années 2010 et jeux vidéos. M'a si ennuyé que pour War Horse, j'ai même pas considéré. J'ai aimé Lincoln parce que j'y voyais un rare Daniel Day-Lewis sobre. J'ai vu Bridge of Spies parce que les frères Coen avaient scénarisé, mais je m'y suis passablement ennuyé. Si bien que ses 4 derniers, je ne m'y suis pas intéressé du tout.   Une comédie musicale ? tu me perds. Un remake, encore pire. 

Mais là, il me promets une partie de sa jeunesse.

Steven, dans son métier, a été un premier de classe. On le reste toujours un peu, à sa manière, toute sa vie. On a une confiance, une assurance, une manière de se sortir de tout. de toujours arriver à se rendre la vie plus facile assez aisément. Et adulte, on touche à la plus haute marche du podium quelques fois, encore. Steven n'a plus rien à prouver depuis longtemps. Et si on l'a suivi comme je l'ai suivi, on le connaît presqu'intimement. 

La bande annonce de The Fabelmans à elle seule m'a donné envie de revenir en salle. Je les ai fréquenté toute ma vie les premiers de classe, je sais les reconnaître. Je crois que Steven nous exposera tout ce qu'on devinait déjà de lui, mais en plus précis. Ce sera un rendez-vous d'initiés. Je les connais biens les premiers de classe. J'en étais. Je les ai beaucoup fréquenté. 

Le fait encore. Le suis quelques rares fois, maintenant, ici et là.

J'ai aussi été cet enfant qui a subi l'épiphanie, au cinéma. 

C'est un film qui fera la genèse de l'homme qui tourne depuis plus de 50 ans. 

 Et qui a toujours les aptitudes du premier de classe.

Je revisterai ses racines et un peu des miennes, aussi. J'irai voir le vieux nerd que j'ai connu en cinéma enrichi.  

Ne nous chercher pas le vendredi 25 novembre prochain. 

jeudi 22 septembre 2022

3ème Rien

C'est drôle l'envie. J'ai jamais complètement compris l'envie. Je l'ai toujours vue chez les autres comme on verrait un ours dans le bois, mais je peux pas dire qu'elle m'habite. Je trouve même que c'est quelque chose de tellement vil. C'est dans la construction de l'espèce que je suis. Je surprend l'amoureuse, de temps à autres, à pêcher par envie. Je tente de l'en écarter, poliment. 

Nous sommes tous deux originaires du 418. De la région de Québec. Enfin, mon arrivée sur terre s'est faite à Victoriaville, et le temps que ma première soeur fasse de même, 13 mois plus tard, à Hull, nous arrivions à Québec, moi, jusqu'en 1991. De 1973 à 1991. Vers mes 10-12 ans, je savais que je ne ferais pas ma vie, à Québec. Quand je regardais les nouvelles à la télévision, tout semblait se passer à Montréal. Le premier segment de 15 minutes nous venait des studios de Montréal et nous rapportaient des nouvelles importantes et souvent, de l'international, puis, après une pluie de publicités (mais tout de même moins qu'aujourd'hui) on recevait les nouvelles locales de nos studios de Québec, qui avaient beaucoup moins de moyens que les maisons-mères de Montréal.  Oulà,là, la disparité...

Studios éclairés de manière plus minimaliste, décors de carton, même les têtes, les talents d'orateur et les vestons faisaient plus "petit". Encore aujourd'hui quand on retourne à Québec, souvent, on reste surpris de la différence des stations de radios. On sait rapidement si on approche de Québec car la qualité des orateurs, des publicités deviennent franchement plus modestes. Que l'on aime ou non, la ville de Québec, même si il y siège l'appareil gouvernemental provincial, ce qui en fait une ville à 80% fonctionnaire (J'y inclus enseignants et travailleurs de la santé), est moins riche que la métropole Montréalaise. Québec a moins d'envergure et ce n'est aucunement grave. Aucunement grave. Donald Trump est plus grand  et plus riche qu'Angela Merkel et ça n'en fait pas un meilleur homme. Simple comme ça.

Il était si clair que je n'y resterais pas que lorsqu'est venu le temps de poser mes candidatures universitaires, jamais ne m'est passé par la tête de le faire à Québec. Je ne tenais pas à y être fonctionnaire d'emblée et le monde entier m'intéressait, pas simplement mon petit coin de Sillery/Ste-Foy/Cap-Rouge. Je savais que Montréal allait m'en offrir une bien meilleure vitrine. Les "étrangers" qui effraient tant les gens du 418 sont une richesse. Tout comme une seconde ou une troisième langue. Deux choses qui, étrangement, terrorisent mentalement encore beaucoup des gens du 418.  Dans un buffet, on ne s'intéresse pas qu'aux salades. On s'inspire, on se nourrit de tout. Je ne pouvais pas rester dans ma ville de Baby-Boomers qui n'avaient que 40 ans et ne me feraient pas de place sur le marché du travail à 24.  

J'ai quitté Québec à 17 ans pour Montréal et en suis tombé amoureux. Follement amoureux. Voilà une ville qu'on pouvait marcher. Composée principalement de gens qui ne sont pas du tout de Montréal. J'adore toujours. Le dernier week-end, j'ai marché Montréal vendredi, samedi ET dimanche. Y brûlant respectivement 602, 1150 et 828 calories. Et (re)tombant en amour partout avec les quartiers, les architectures, les gens. La passion ne ment jamais, elle s'installe. On y peut rien. 

J'aime aussi Québec, mais moins qu'avant. Je reste surpris parfois de cette petitesse mentale qui y est parfois restée. Du complexe permanent contre Montréal. Québec est parfois en guerre avec Montréal et Montréal ne le sait même pas. Le premier "rien" est cette rivalité unidimensionelle.  Une certaine radio franchement toxique avec assez peu d'éducation y joue un grand rôle d'engraissage de stéréotypes. Et les gens de Montréal ne détestent pas ceux de Québec, il ne s'en préoccupent que très peu. Comme un secondaire 5 ne s'intéresserait pas à un secondaire 2. Il arrive assez souvent que je parles de quelqu'un de Montréal que personne ne connaisse à Québec et vice-versa. Et ce n'est pas grave

Je découvre tout juste Dolly Parton qui est dans le paysage musical depuis toujours. 

Le 2ème rien, pour le Montréalais que je suis devenu, est cette radio de Québec que l'on ne connaît que comme Radio-Poubelle, par ici. Mais qui est assurément beaucoup plus.  Beaucoup de mes ami(e)s y sont encore, ma famille, et je suis convaincu (je sais, en fait) qu'ils trouvent mieux.

Le 3ème rien est le 3ème lien. 

On connaît très peu les détails du 3ème lien pensé pour Québec. En fait personne ne les connaît. Parce qu'aucune étude de projet n'a été rendue publique. On promet même de ne jamais le faire. Duh! Vous accepteriez n'importe quoi vous ? Sans qu'on en mesure les impacts ? De notre lorgnette, il est difficile de comprendre que le trafic, nouvellement souhaitée au Centre-Ville de Québec, ne soit au minimum étudié. Il l'est, très probablement. Mais on garde les résultats secrets. Il semble aussi étonnant qu'on ne veuille pas nous parler des impacts écologiques dans le St-Laurent, dans le secteur pensé. Ça aussi c'est assurément étudié, mais on garde le tout, encore secret. Et finalement, ne pas vouloir en dire les coûts, c'est tout simplement ouvrir le robinet de la poche des contribuables, et de quitter la cuisine.

Impensable.

Oui, Québec et sa Rive-Sud ont probablement besoin d'un 3ème lien. Mais la manière de s'y prendre et plus que rétrograde. Il y a parfum de fascisme. Mêlez-vous de vos affaires, on sait ce qu'on fait.

Non. Pas si vous nous dites pas ce que ça nous coûtera en trafic, en dommages environnementaux, en général. 

Sinon c'est rien. 

Legault ne s'est pas caché pour dire qu'il voulait faire de Québec, une métropole.

C'est une envie qui ressemble à souhaiter grandir quand on en a plus l'âge.  

mercredi 21 septembre 2022

Un Automne de Conséquences (Potentiel)

L'Histoire avec un grand H retiendra que la présidence de Donald Trump, aux États-Unis, était une erreur grossière, davantage un syndicat du crime avec de très larges moyens. Les plus puissants sur terre. 

"Let's Fuck around and find out". C'est ce qu'on a beaucoup entendu dans les premiers jours de la présidence de Donald Trump où tout le monde se regardait sans réellement comprendre ce qui venait de leur arriver. Ils avaient maintenant la Maison-Blanche ! La phase circule encore beaucoup à Washington, dans toute sortes de circonstances. Les Démocrates l'appliquent en ce moment quand il trouve une faille dans la gestion de la dernière présidence, qu'ils exploitent jusqu'à ce que la corruption ou la faiblesse soit bien exposée.  

Depuis 2015, peut-être même avant, tout dépendant du niveau de mépris public jugé punition assez sévère ou non, on "fuckait around" les responsables de la guerre injustifiée en Irak ou le crash financier de 2008, mais on ne faisait pas beaucoup de "finding out". On trouvait peu. Les plus gros exemple étant autour du président lui-même, survivant deux destitutions, un conseil d'enquête spécial et plusieurs enquêtes autour de ses gestions en général.

Il n'y a pas moins d'un mois, les Républicains étaient encore en bonne position pour gagner les deux Chambres du Congrès des États-Unis aux élections de mi-mandat, en Novembre. C'est même resté vrai quand une absurde jugement a rendu criminel l'avortement aux États-Unis. 

Mais depuis juillet, le vent tourne. Les arbres pourris se déracinent.

Le 22 juillet, le conseiller de DJT, Steve Bannon, a été trouvé coupable d'outrage au tribunal pour son refus de témoigner à la Commission sur les évènements tragiques du 6 janvier 2021. Sa sentence tombe le 6 octobre prochain. Le 8 septembre dernier, il est arrêté à nouveau pour avoir blanchi de l'argent et détourné. les fonds du projet fictif "We Build The Wall", qui n'a jamais existé, au final. En 2020, Bannon avait aussi été accusé de fraude et de détournement de fonds, mais Trump lui avait accordé un pardon anticipé. Il n'aura pas cette main criminelle pour l'aider le 6 octobre.

Fin juillet, les Démocrates redirigent 45 milliards à l'Internal Revenue Service afin de contrer ceux et celles qui trichent les impôts, ce qui ironiquement inclus des centaines de travailleurs Républicains de l'administration Trump. Pour ce faire, ils réussissent à embobiner Mitch McConnell, républicain fourbe, qui a sa large part de mauvaise foi derrière lui. La malhonnêteté le caractérisant à merveille.

Le 5 août, un procès étiré par tous les moyens légaux possible par l'équipe du dérangé Alex Jones, juge coupable le désaxé d'harcèlement criminel de parents dont les enfants ont été assassinés dans le massacre de l'école Sandy Hook, en 2012, tragédie qu'il prétend fausse, mise en scène par des acteurs, afin de désarmer les États-Unis. Jones devra payer un peu moins que 49 millions exigé à l'origine, mais deux autres accusations du même genre le conduiront fort probablement à la faillite personnelle et à la prison.

Le 8 août, le FBI fait un raid dans la résidence secondaire de Donald Trump, à Mar-a-Lago après plusieurs mois de lui avoir demandé de retourner les documents secrets manquants de la Maison-Blanche, depuis son départ. On compte aussi y trouver l'incriminant le liant directement aux évènements du 6 janvier, au Capitol. 

Les manières, nées du syndicat du crime Trump, sont questionnables. 

Le 23 août, 2 hommes sont trouvés coupables, au Michigan d'avoir planifié le kidnapping de la gouverneure Gretchen Whitmer, car ils étaient contre les mesures sanitaires qu'elle avait mise en place pendant la pandémie. Trump lui-même avait tweeté, quand il en était pas banni, qu'il fallait libérer la Michigan, en grosses lettre majuscules. 

Le vent tourne. 

Le 31 août, la candidate Mary Peltola bat Sarah Palin, qui tente un retour. Palin est l'équivalent de l'irresponsable allumée qu'est Eric Duhaime, au Québec. Elle voit le Russie de sa fenêtre. Une égaré des Appalaches. 

La semaine dernière, une situation aussi grotesque que tragique survient issu de la Floride, État excessivement dérangeant en ce moment. Leur dérangé gouverneur Ron DeSantis a fait envoyer migrants à Washington et New York, des États Démocrates, avec la promesse qu'ils auraient un emploi et une maison à leur arrivée, ce qui n'était pas vrai, et leur cédulant des rendez-vous impossible à atteindre, dans le but de prouver que l'immigration illégale, sous Biden, était grave. Créer le chaos, dans le but de le faire porter sur le dos des autres et user de l'humain comme de la matière alimentaire saucissière. Tout simplement dégueulasse.  Des accusations tomberont contre l'atroce et infâme gouverneur.

 

Les particules subatomiques et les champs multidimensionnels duquel nos univers sont tissés sont neutres et arbitraires sans merci de causes et d'effets. Tandis que certains croient qu'un Dieu récompense le bien et puni le mal, d'autres, plus convaincants, disent que cette croyance serait morte vers le 19ème siècle, et que nous sommes tous condamnés à vivre dans l'ombre de sa procession funèbre pour le reste de l'éternité. 

Aussi captivant peut être l'idée que nous entrions dans un automne de conséquences contre le mal installé par l'administration grossière installée en 2016, souhaitons qu'un minimum de justice soit enfin rétablie, quelque part. Sous le paradis promis, sous les ciels gris et les vents des plaines Étatsunienne. L'automne qui commence aujourd'hui dans les Amériques peut prendre des tonnes de directions. 

Let's fuck around and find out.  

mardi 20 septembre 2022

Une Mouche Dans un Verre de Lait

Guillaume Lemay-Thivierge est (a été?) un acteur enfant que le Québec a connu sur grand écran dans les années 80, dans le film Le Matou, adapté du livre d'Yves Beauchemin, où il avait été tout simplement brillant. Il a grandi sous les projecteurs où il a vite appris à se mettre en scène dès qu'une caméra s'ouvrait quelque part. Surxecité, il a toujours eu ce qu'on appelle parfois "la grouille". Ce tempérament d'animateur de camps pour enfants qui est constamment prêt à jouer à quelque chose de très actif. 

Guillaume est excessivement agité. Il (son frère tout autant, sinon plus) est très axé sur la bonne condition physique et a toujours été très athlétique. Il parait encore très en forme. Il n'a que 46 ans.  On l'a connu ailleurs, pas toujours heureusement, mais on ne pouvait jamais lui enlever que là où il passait, il donnait tout ce qu'il avait. Très souvent en faisant trop. Quand Patrick Huard tourne son premier long métrage, racontant l'histoire de trois frères, il incarne le plus jeune des trois et si le film est un vif succès commercial, Guillaume menace dans toutes les scènes de tout faire déraper, tellement il en fait trop, chaque fois.

    En publicité, où on a que 15 secondes pour charmer, ça fonctionne mieux. Il peut cabotiner et ça l'a rendu sympathique aux yeux de plusieurs.  Les madames l'ont souvent trouvé amusant. Pas ennuyeux. Un peu enfant hyperactif mais très homme aussi. Voilà pourquoi on le choisissait pour faire vendre des voitures de "gars", mais qui plairaient aussi à mesdames. Des VUS qui mettrait aussi en valeur le jeune homme actif. 

Il a toujours dirigé aussi son école de voltige en parallèle, où l'adrénaline est toujours au rendez-vous. On l'a connu amoureux de l'actrice/réalisatrice Mariloup Wolfe. Ensemble, ils sont devenus parents, mais ne sont pas resté amoureux. Il a refait sa vie avec Émilie Bégin.  Ancienne entraineuse de gym, aspirante chanteuse professionnelle, et occasionnelle personnalité télé. C'est pas de nos affaires leurs amours. 

Guillaume a aussi tâté de la réalisation. Il s'y concentrait même davantage qu'au jeu depuis quelques années. Davantage pour la télé que pour le grand écran. On le voyait moins. 

Jusqu'au jour il est revenu dans l'actualité, pour de très mauvaises raisons. Il perdait son emploi de réalisateur télé pour une quotidienne qui pouvait lui garantir longévité. La raison de son renvoi ? Au coeur de la pandémie, il refusait de se faire vacciner. Puis quand les gens ont commencé à se moquer de lui, quand il a perdu la plupart de ses contrats et qu'on le classait parmi les covidiots, il a creusé sa tombe.

Derrière le volant, oui oui, ça ne s'invente pas, il s'est filmé en train de se justifier sur le pourquoi il ne se faisait pas vacciner, qui se résumait entre autre au fait "qu'il attendait que le vaccin Québécois soit enfin accepté par l'OMS". Une justification risible qui a amené son lot de moqueries plus lourdes encore. Plusieurs ont menacé de ne pas faire poser leur pneus d'hiver, afin d'attendre que le pneu Québécois arrive sur le marché et ainsi de suite, vous comprenez     

Les covidiots en ont vite fait un demi-héros. Personnellement je l'ai toujours trouvé mouche autour de la queue des vaches. Fatiguant. Une fort bizarre et mal pensée émission le met en vedette, dernièrement, dans le rôle de couple commentateur (avec Émilie) de ce qu'on voit, (ce qui n'est jamais nécessaire, producteurs/concepteurs, on fait la même chose dans nos salons) dans une très ratée, selon moi, télé-réalité où des jeunes adultes cherchent le partenariat amoureux, guidés par moments par une psychologue qui a aussi des livres à vendre et une clientèle à faire engraisser. 

Dimanche dernier, c'était la remise des prix Gémeaux. récompensant les artisans de la télé Québécoise. C'était animé par la pas-assez-rare Véronique Cloutier. Alors qu'elle discutait du prix documentaire, pendant le gala, celle qui avait fait référence aux scandales récents lors de remises de prix, a semé une graine dans la tête agitée de GLT. 

Aux États-Unis, les yeux au beurre noir se collectionnent depuis quelques années. On a remis l'Oscar du meilleur film au mauvais film et à la mauvaise équipe. Will Smith n'a pas aimé une blague de Chris Rock, s'est levé et a giflé Chris Rock qui s'était moqué du look de sa femme. Aux Emmys, après 46 nominations différentes, la série Better Call Saul a encore mordu la poussière, 0/46, ce qui fait que le jour où la série en gagnera 1 seul, ce sera probablement par pitié, dans une année molle. 

Guillaume a choisi ce moment pour monter sur la scène, sans y être invité, sous prétexte que la soirée avait besoin d'un scandale, et il a tenu un discours incohérent sur le besoin de voter "en masse", ce qui était une allusion à peine voilée à le faire du côté de l'étonnamment idiot, Éric Duhaime, qui ramasse tous les désenchanté(e)s de la vie, les moins scolarisés aussi, les pas toujours heureux candidats et supporteurs. 

Nous les avons croisé en ville, samedi dernier. OUCH! foule de gens difformes. Principalement, mentalement. Il y avait un vif côté animal au rassemblement. Mais c'est nous qu'on qualifiait de moutons. Guillaume a fait sauté en parachute son ami, Eric Duhaime y a pas trop longtemps. 

Guillaume Laitue-Tomate a donc (mal) improvisé un discours où il n'était ni drôle, ni pertinent, une vraie mouche dans un verre de lait. Peu ont compris son intervention. Et ce pendant plusieurs heures et jusqu'à aujourd'hui. 


Renié par son métier, il avait besoin d'amour. Il a décliné le verbe "aimer" 3 fois dans court et incohérent laïus. 

Un nigaud en tuxedo, ça reste un nigaud. 

Les covidiots chez Duhaime en font maintenant une solide figure de proue de leur résistance au bon sens. 

Des initiatives du genre rendent les présentations sur scène en direct fort dangereuses. Ces gens, parfois très mal avisés, sont de vrais influenceurs. Espérons pas trop. À quand le moins équilibré qui fera la même chose, mais en moins bien intentionné ? 

lundi 19 septembre 2022

Lettre à Zaz

Salut Isa,

On se connaît pas. Moi je pensais te connaître un peu. T'es une artiste. C'est dans le lot des artistes que de s'exposer et forcément livrer un peu de soi-même par son art.

J'ai eu vent de ce que tu fais probablement par la radio. Comme ton art le suggère. Sans jamais t'associer à ce que j'entendais. Puis, à la télévision, je t'ai vue et entendue. J'associais un visage, un nom, un son. Tout me plaisait. J'ai été encore plus séduit quand j'ai vu la Française choisir de passer le jour de l'an en notre compagnie, au Québec, En Direct de l'Univers. Charmé même. Quand on est choisi, on peut rester charmé. Et oui, la musique, la présence étaient bonnes. Tout ce qu'il y a de plus agréable. Et du gazou ! rare est le gazou qui fait mouche. 

J'ai pas exploré davantage. Je n'étais pas Spotify encore, véritable maison de jouets pour l'enfant musical que je suis. Quand je suis devenu Spotify, il y avait 200-300 artistes que j'avais envie de visiter/revisiter/découvrir et ton nom, tes sons sont un peu tombés hors du radar. Même notre nigaud de pas cool Premier Minus oublie ton nom et te débaptise en t'appelant Zaza sur la télévision internationale. C'est ce avec quoi l'artiste négocie toute sa vie: le concept de durée. Grand fan de l'artiste Raphaël, je découvre soudainement qu'il a écrit, co-écrit et/ou produit 4 morceaux pour toi sur ton premier effort. J'ai tendance à trouver une fréquente cohérence dans ce que j'aime et si Raphaël et toi, ça fonctionne bien, je ne pourrais qu'aimer. D'autant plus que je crois aussi que quand c'est vraiment bon, ça se rend à nos oreilles/nos yeux/notre attention pue importe le marketing autour. La Fée m'a 100% charmé. Et j'adooooooooooooooooooooore! Je place le morceau partout dans mes listes de lecture. Au moins 3. 

Mais étrangement, je ne suis pas revenu à toi. J'ai même exploré beaucoup de Français/Françaises. The Pirouettes, Thérapie Taxi, Aya Nakamura, Claire Laffut, Fishbach, j'ai même craqué pour un morceau de Bigflo & Oli avec Olympe Chabert. Ça devenait insultant pour ton réel talent qui restait dans l'oubli de mon oreille. J'ai vu l'horizon sans passer par la mer.

Il faut savoir que dans les rôles que j'occupes, je suis, par la nature du travail, à plus de 10 heures à pianoter sur des écrans tous les jours. Souvent seul. Donc avec des écouteurs dans les oreilles. Et de la musique choisie de ma part. La semaine dernière, j'entendais à la radio que Pomme (dont le talent était aussi passé par Raphaël, ironiquement), avait aussi un rapport particulier avec le Québec, y ayant trouvé à la fois amour et studio (à St-Zénon) pour y tricoter son dernier album lancé, pas le dernier vendredi, l'autre, ici. 

J'ai téléchargé Pomme tout en explorant son passé fruitier musical. Ça a donné naissance à une liste de lecture un peu courte. C'était encore insultant pour ton propre talent. Faire passer tout ce monde avant toi. Mais comme je disais, je trouvais ma liste de lecture un peu courte. J'aime bien les livres de 200 pages, les films bien ramassés en 1h30/1h44, les listes de lecture de musique qui font vite passer une heure. J'étais largement sous le 60 minutes. J'ai pensé à une autre belle fille qui avait un rapport particulier avec le Québec et que je ne connaissais pas assez. J'ai pensé à toi.

Mes vendredis, au travail, sont surnaturels. Je t'épargnes les détails techniques, mais en somme, je suis actif de 5h à 15h00, sans pause, en mangeant à mon bureau, et j'ai toujours besoin de mes écouteurs afin de me garder concentré sur les tâches qui me font passer la journée, intensément, en un coup de vent. Houleux, mais je m'en tire bien.

Si je devais mesurer l'intensité de ma vie en une seule journée, ce 10h, chaque vendredi, me ferait défoncer le 100%. 

J'ai alors besoin de quelques corridors d'évasion, ce jour-là. J'écris de vannes à mes amis, vite, vite, je tweet ou lis sur Twitter, j'écoute de la musique, assurément. J'ai eu le temps d'explorer tes 2 premiers albums. 28 morceaux. Dont 8 ont trouvé facilement niche dans mon coeur. J'ai intégré à la liste de lecture que j'avais fait pour Pomme. On arrivait à 1h05 minutes. Tu ne trouveras pas peut-être pas le mariage heureux, ni même juste ou égal, mais au gouté de l'oreille tout était parfait. Je me promettais tout de même d'explorer tes 4 albums suivants.

L'utilisation du Gazou, la variété des morceaux, les multiples utilisations de la voix qui passent parfois du très bas au très haut. les textes. Tu me plaisais beaucoup. Beaucoup beaucoup.

Puis bouuuuuuh...

On apprenait que tu annulais ta tournée au Québec...parce que non vaccinée...

Toi, Zaz, avec ce que l'on sait maintenant, toujours non vaccinée ? Toi, qui a contracté le coronavirus et qui a perdu l'odorat pendant 4 mois ? qui a vu ta vie changée à 200% ? Tu as fait le choix du non-vaccin ?

C'est un peu comme découvrir que celle qu'on aime et désire, fume.

C'est si décevant. 

C'est l'extrême-droite en Suède.

Ça me fait mal, ça me brûle à l'intérieur. C'est pas normal et je n'entends plus mon coeur.

Je ne sais pas si je veux en savoir davantage sur toi. Mon 33 minutes me semble peut-être suffisant. Je ne me sens plus bienvenu dans ta réalité. 

C'est bête comme ça. Tu as pourtant arrêter de fumer. Parce que tout ce qu'on sait

Dehors c'est la guerre. Jette tes périodiques d'hiver.