dimanche 25 juillet 2021

À La Recherche Du Temps Perdu*********************Le Tambour de Günter Grass

 


Chaque mois, dans ses 10 derniers jours, tout comme je le fais pour le cinéma (dans ses 10 premiers) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu) je vous parle de l'une de mes trois immenses passions: la littérature. 

Lire, c'est choisir de plonger dans la tête d'un autre, c'est voir avec les yeux d'un autre, c'est nourrir ses curiosités, c'est appendre autrement, c'est confronter ses idées préconçues, c'est mettre au défis différentes visions, c'est découvrir des univers, c'est rire, craindre, être fasciné ou pleurer. 


Lire, c'est apprendre à respirer différemment. Et respirer, c'est vivre. 

LE TAMBOUR de GÜNTER GRASS

À ses 3 ans d'anniversaire, Oskar, nouvellement orphelin, choisit de cesser de grandir. Hanté par la mort de ses parents et battant sur un petit tambour, il nous raconte, parfois au je parfois au il, son extraordinaire vie, du long cauchemar du Nazisme jusqu'aux aventure post-anarchiques de l'Allemagne d'après-guerre. 


Quand on entend Oskar battre son tambour, en protestation face à quelque chose, comme lecteur, il faut alors choisir entre réalité et folie. Oskar est fier dans son asile. Il a choisi de s'y blottir. Délibérément. Tout comme il a choisi de cesser de grandir. Il a ce don de pouvoir ne plus grandir mais d'entendre tous les sons du monde externe. La santé mentale est un dangereux état d'esprit selon le narrateur, qui n'est pas toujours fiable. Il se fragilise sur l'étendue d'une vie, et quand le monde surchauffe. On ne peut jamais garantir garder une main ferme sur ce qui entoure en tout temps. Oskar nous le rappelle vivement.


L'un des prérequis de la santé mentale, selon Oscar Wilde, est d'être en désaccord avec la majorité du peuple britannique. Le Oskar de ce roman serait tout à fait d'accord. Dans son univers à lui, si la santé mentale de l'Allemagne se porte bien, ce serait parce qu'elle pense tout le contraire du nazisme. Mais non, le nazisme fait rage. Et Oskar l'encaisse. Si la santé mentale de l'Allemagne est bonne, Oskar choisit alors d'être dans l'autre équipe. Ça justifie son placement en institution. 


Cette plongée dans l'oppression est une exploration de l'irrationnalité et des excès de l'Homme. Des excès qui sévissent encore de nos jours, ailleurs, sous diverses formes. L'enlèvement des lycéennes de Chibok  ou l'extermination des ouïghours en Chine en sont un exemple. C'est ce qui rend la lecture, parfois indigeste. De réaliser que les excès atroces dont l'homme est capable peuvent encore si dommageables.


On y lit aussi une vision de l'échec humain. La description du chaos est à prendre avec discrimination puisque l'histoire nous est racontée par un patient de l'asile. Mais elle est aussi pleine de vérité.

Le livre de 1959 est le tout premier de l'auteur Allemand, et le premier de sa trilogie de Dantzig. Il a été adapté en film 20 ans plus tard, lui a valu le prix Nobel de littérature de 1999, et l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, principalement pour sa fabuleuse construction narrative.  


Le livre sera l'un des touts premiers opérant dans le réalisme magique européen. Un style davantage Sud américain ou asiatique. 

Oskar bat encore son tambour de pleine force. 

Entendez-vous le bruit de son tambour? 

samedi 24 juillet 2021

J'ai Marié un Batteur


"I like the beat of your drum, I like to look in your eyes"

-D.J. 

1973. Rhodes Island School of Design. États-Unis.

Tina Weymouth a 23 ans. Chris Frantz, 24. Tina est née dans une famille de 7 enfants, comprenant ses soeurs Lani et Laura. Elle est le troisième bébé de cette famille dirigée par une mère vice admiral dans l'armée et d'un père architecte. À 12 ans, elle joint le Potomac English Hang Bell Ringers et deux ans plus tard, s'apprend elle-même la guitare acoustique. 


Toujours intéressée par les arts et le design, elle sera étudiante au Rhodes Island School of design et y fera la rencontre de Chris Frantz, aussi étudiant, qui deviendra son amoureux. 

Christopher Franz est originaire du Kentucky et a gradué en Pennsylvanie, à Pittsburgh. Il fait la rencontre du bizarre David Byrne à la Rhodes Island School of Design. Mais mieux encore, tombe amoureux de la jolie Tina, à la coupe militaire. Quant Chris et David forment un band musical qu'ils veulent volontairement loin des Stones, Bowie ou des New York Dolls, qu'ils adorent mais ne veulent pas copier comme tout le monde, ce band s'appellera The Artistics. Tina, sera, pendant un temps, leur chauffeur. Une fois diplôme de la Rhodes Island High School, le trio choisit de vivre ensemble à New York. Devant l'incapacité à trouver un(e) bassiste pour le band, Frantz demande à Tina si ça l'intéresserait. Elle se l'apprend elle-même, et se parfait comme bassiste de ce qui deviendra Talking Heads. Combinant l'art minimaliste du art-punk de formation comme Wire ou Pere Ubu, elle croise des beats qui se dansent, des riffs funks, et laisse définitivement sa marque sur la formation Talking Heads entre 1975 et 1988.


Elle formera, avec deux des soeurs et Chris, la formation Tom Tom Club comme projet parallèle. Elle fera aussi de la production d'albums. 

En 1977, elle épouse son batteur, avec lequel ils auront ensemble deux filles. L'une d'elle, Katharine Weymouth, a été éditrice du Washington Post. Ils habitent encore amoureusement Fairfield, au Connecticut.  


1979. Cheshire, UK.

Gillian Gilbert a 18 ans. Elle déteste vivre à Chesire et voudrait habiter Manchester qui semble tellement plus excitante. Elle voit à la télévision Siouxie & The Banshees et sa vie change complètement. Elle voit une soeur. Elle veut cette vie. Ses parents confirmeront qu'elle n'était plus la même après avoir découvert Siouxie. Elle apprend tout de suite la guitare. Elle formera un groupe punk avec trois autres filles, The Inadequates.  Le groupe pratique dans le local adjacent à celui d'un autre band. Un grand gars sombre, un plus petit, timide à la guitare, un bassiste plutôt fermé, et un batteur qui lui tombe dans l'oeil. Le band, c'est Joy Division. 


Comme elles n'ont pas de voiture, elles doivent parfois leur demander des voyages en voiture. Gillain Gilbert apprend à connaître de plus près Derek Morris et les deux tombent amoureux. 

Quand Ian Curtis se pend, on veut intégrer quelqu'un qui connait bien le son du band. Gilbert est si près du groupe qu'il semble naturel qu'elle l'intègre. Elle le fera, 5 mois après le départ de Curtis. Elle l'avait déjà fait sur scène pour Joy Division, aux claviers et à la guitare. Elle fera la même chose pour New Order entre 1980 et 1998. Comme Bernard Sumner et Peter Hook ont aussi produit de la musique en parallèle de New Order, Gillian et Derek feront de même sous le nom de The Other Two. 


En 1993, Gilbert et Morris se fiancent. Ils se marient, l'année suivante. Ils habitent Rainow, tout près de Macclesfield, en Angleterre, et ont deux filles aussi, ensemble. Gilbert cesse les tournées en 1998 avec New Order afin de passer plus de temps avec elles. Elle reviendra sporadiquement de temps à autres, mais considère qu'il est plus facile de la remplacer elle que son chum. Elle combattera avec succès un cancer du sein en 2007. Une des ses filles est aussi atteinte de neuromyélite optique. 

Le couple est toujours amoureux depuis plus de 40 ans. 


1994. Grosse Pointe, Michigan. Detroit, É-U.

Megan Martha White est l'élève discrète mais dont tout le monde sait qu'elle a un fort penchant artistique. Au terme de son école secondaire, elle préfère tenter de devenir chef de cuisine plutôt que d'aller au Collège. Elle travaillera au Memphis Smoke pour parfaire son talent. À la plonge de ce resto se trouve Jack Gillis. Ils se lient d'amitié. Ensemble, ils fréquentent les cafés, les magasins de musique, explorent la musique, ensemble. Ils deviennent amoureux. Le 21 septembre 1996, ils se marient. C'est Gillis qui choisit de prendre son nom de famille à elle. 


Quand Jack pratiquent des riffs, Meg a le réflexe de jouer de la batterie sur n'importe quoi qui traine. Ça inspire Jack qui lui propose d'apprendre la batterie. Elle s'achète un petit kit tout simple et apprend à jouer la base du drum. Elle voudrait que leur duo s'appellent Peppermint Candies mais Jack préfère intégrer leur nom de famille et ils deviendront The White Stripes. 

Quand ils font leurs premiers shows, ils s'habillent continuellement en rouge, noir et blanc. Ils se présentent officiellement, publiquement, comme frère et soeur. À la fois pour ne pas passer pour un band mari et femme qui ferait de la musique pour les mariages, à la fois pour se montrer "disponibles" au plus grand nombre, lorsque sur scène.


The White Stripes connaissent un succès monstre en 2004. Mais 4 ans avant, Meg & Jack divorcent. Elle reste très timide, et leur grandissant succès ne la rend pas tellement plus publiquement intéressée. En mai 2009, le guitariste Jackson Smith, fils de Patti Smith, et elle, se marient. Dans la cour de Jack White, toujours partenaire musical et ami, à Nashville, au Tennessee. Ce mariage ne dure pas non plus, ils se divorcent, en 2013. 

Après une crise d'anxiété, elle se retire des White Stripes et ne fait plus de musique depuis 2011. 

Destin différent pour Meg, autre époque, autre contexte social, mais cette fois on ne mariait pas le batteur, mais la batteuse.

vendredi 23 juillet 2021

Intolérance et Son Contraire

Il n'y a pas que régression qui se découvre depuis peu. Il y a même de très jolis progrès qui se profilent.

J'ai dû me poser très sérieusement la question. Suis-je devenu si intolérant? En vacances, j'ai eu une horde de micro-agressions en série qui ne peuvent qu'agacer. La plage auquel nous avons accès est gardée par quelqu'un à qui on doit montrer patte blanche. Nous avons patte blanche. Mais même si nous avons patte blanche, la petite madame qu'on appelle entre nous "gros pou", se plait à nous redemandez toujours nos cartes, même si on passe 14 fois au même endroit dans la même journée. Pas juste la patte blanche, mais l'identité sur le permis de conduire. Abus de petite fonctionnaire laide. Elle nous as aussi soudainement interdit de passer là où on passe avec des planches. On le fait depuis, deux fois plus. Quand elle ne regarde pas. Et par chez nos amis qui habite tout près. Ce pou nous identifie sans que l'on sorte nos cartes, puis, tout de suite après, nous demande ces mêmes cartes. Comme si nous étions des fraudeurs. Même si on y passe plus de 10 fois par jour. Je me contente de l'ignorer depuis quelques jours. 


À la SAQ, on a aussi refusé de réduire nos achats d'alcool de 23$ parce que ma conjointe, qui était à mes côtés 20 secondes avant, mais avait quitté pour aller commencer l'épicerie, et que c'était son nom qui apparaissait sur la carte de réduction. Heureusement, quand j'ai été pris d'un fou rire devant la niaiserie (la caissière nous avait même accompagné tous les deux dans les allées juste avant) elle a finalement accordé le rabais. 


Et ça, ce ne sont que deux exemples, mais on en a vécu pas moins de 7-8 en peu de temps. Donc un accident de voiture de notre plus jeune. (un accrochage rien de grave)

La conclusion étant que dans l'extrême détente à laquelle nous prétendons, une fois en vacances, on met la barre très haute pour que tout soit si cool que froisser devient facile. Mais il y a fallu que je me pose très sérieusement la question. Deviens-je intolérant? 

Puis, on va voir sur le fil Twitter et on nage dans l'intolérance réelle. Sale. On se console. J'ai été étonné de découvrir une femme découragée affirmant ne pas avoir fait l'épicerie depuis deux semaines parce que celles-ci exigent le port du masque et qui demandait conseil pour en trouver une qui ne serait pas "sous la dictature". Misère, se laisser mourir de faim par caprice? 

Go girl!

Dans la régression latente du fil, j'arrive à y lire certains progrès, très réels. 

Je vous en donne trois qui m'ont ému.

Luke Prokop, joueur de hockey de 19 ans, repêché il y a un an par les Prédateurs de Nashville de la LNH, a dévoilé, la semaine dernière son homosexualité. Une première pour un Joueur de hockey de la LNH. Enfin, il n'a pas encore joué un seul match, mais il aspire à le faire et espère surtout inspirer ses semblables et nous, les hétéros, à trouver ça de plus en plus normal d'être attiré par quelqu'un du même sexe. La Ligue et l'organisation avait été avisée il y a un mois et ont préparé des déclarations positives et invitantes pour le joueur et la communauté Gay.  Reste à voir si cette déclaration aura un impact sur son arrivée dans la LNH. 


Comme il le dit si bien, un jour, ce type de déclaration ne sera absolument plus nécessaire, nulle part. La chambre à coucher, c'est pas des affaires de personne. Et pourtant, l'amour, ça devrait. 

Toujours dans le sport, l'équipe olympique norvégienne féminine de handball a été mise à l'amende par la Fédération Européenne de Handball pour avoir refusé de porter la culotte bikini et pour avoir porté le legging short. Sur la photo officielle des clubs de handball masculin et féminin, on peut constater que messieurs portent le short et que toutes les femmes sont effectivement, plutôt bikini. Je pensais sérieusement qu'il s'agissait de l'équipe nationale de volley de plage. 


Les Femmes se sont moqué de l'amende, l'ont payé et continuerons de le faire, tant et aussi longtemps qu'on arrivera pas à trouver une explication intelligent au choix qui justifierait de porter a close fit and cut on an upward angle toward the top of the leg and  the sides must not measure more than 4 inches

I want your sex...non... C'est pas que j'entends, c'est pas non plus que qu'on devrait entendre. J'y vois et entends encore le vrai progrès dans leur geste. 


Plus près de chez nous, j'ai été saisi par une photo, (celle-ci) titrée "un dernier tchin avant le grand départ". J'ai tout de suite compris, mais n'était pas certain non plus qu'il fallait que je comprenne ce que je voyais.

Et bien oui. Cette femme, que j'ai trouvé radieuse, buvait un dernier verre de rouge avant de reçevoir son aide médicale à mourir entourée de ses amours. 

Je n'y ait vu que de la beauté. Et ai été ému. 

Les trois m'ont ému.

Cette dernière m'a presque tiré une larme. 

Malgré le découragement facile Twitterien, 

cette planète avance aussi. Pour vrai.  

jeudi 22 juillet 2021

9 Skieurs Russes


 1959.

Igor Dyatlov est un patenteux Russe. Il invente toutes sortes de choses dans sa maison logée dans les montagnes, il monte et démonte des radios, il a même fabriqué un téléscope deux ans avant, pour mieux voir l'aventure de Sputnik qui a rendu la Russie si fière. Il était ingénieur. Il était aussi voyageur des montagnes. Et il avait eu l'idée de monter une expédition de 16 jours, enregistrée au club sportif de la région soviétique, avec des amis. 


Zina, un copain de classe, Georgy, son meilleur ami, qui jouait de la mandoline et chantait, Rustem, aussi ingénieur, Nioklay qui avait des racines françaises, dont le père avait été torturé presqu'à la mort par Staline, les deux Yuri et Aleksander, Lyuda, la plus jeune du groupe, une athlète, qui n'avait que 20 ans et un dernier invité que peu connaissait, Semyon, plus vieux, à 37 ans, allaient être les 9 explorateurs quand le club sportif allait accepter le projet. L'entente était un départ le 23 janvier et un télégramme annonçant leur arrivée le 12 février suivant. 


Mais ce télégramme n'a jamais été envoyé. 

5 des Russes avaient des caméras. On a donc réussi à documenter visuellement beaucoup de leur périple. Mais ils y ont aussi tous péri.

Quand plus personne n'a eu de leurs nouvelles une bonne semaine après le 12 février, on a lancé des recherches. On a d'abord trouvé, 5 jours après le début des recherches, leur tente. Près d'une montagne appelée très ironiquement Dead Mountain. Personne dans les tentes et des fentes dans celle-ci, comme faites au couteau. 


Mais tout semblait normal autour. Comme une tablée où tout le monde s'apprêtait à manger. Des caméras, des journaux intimes étaient sur place. On avait disparu en train de faire quelque chose. Précipitamment. On voyait dans la neige des traces pouvant être de 9 personnes, dont au moins une de celles-ci aurait couru nu-pieds ou en bas, puisqu'on voyait le forme de ses orteils. 


Le lendemain matin, on a trouvé le corps du joueur de mandoline, Georgy. Près d'un feu de camp éteint. Il était en petite culotte. Il y avait des branches brisées près de lui. Son linge était déchiré. Il avait les ongles noircis et des brûlures sur le menton et sur le pied. Il avait dans la bouche de la chair de sa propre main. Une partie de ses cheveux avait aussi pris feu. Près de lui était aussi le corps de l'un des deux Yuri. Et un peu plus loin, les cadavres de Igor Dyatlov et de Zina. Les deux derniers semblaient avoir tenté de revenir vers la tente. Rustem a été trouvé le surlendemain, plus près de la tente encore, le crâne fracturé et le corps plein de grafignes. Tous les corps étaient plein de grafignes. 


On a alors placé un inspecteur sur la chose. Que c'était-il passé? il manquait encore 4 cadavres. 

À la fonte des neiges, au mois de mai suivant, un chasseur de la Mansi est tombé sur les 4 cadavres manquants. Semyon et Lydua avaient la poitrine défoncée, ils leur manquaient les yeux et une partie de la langue de Lydua avait été tranchée. Le linge de tous les cadavres étaient plein de radiations. Les découvertes ont fait les manchettes au travers de l'euphorie post sputnik et des libérations du Goulag de la part de PM Kroushtchev. C'est devenu un mystère russe hyper populaire.


-Avaient-ils été victime d'une avalanche?
-Avaient-ils été victime d'un test de radioactivité qui avait vraiment mal tourné?

-Avaient-il été victimes d'agents du KGB? Semyon était l'invité mystère de dernière minute et il avait des liens avec le KGB. Une théorie voulait qu'il ait voulu livrer 8 agents de résistance, et que découvrant 8 fiers communistes, on aurait liquidé tout le monde par frustration. 


-On disait aussi que des boules de feu avaient été aperçus dans la région au moment où il y étaient. La rumeur déviait sur une force surnaturelle. 

-On parlait même du yéti...

-Yeux arrachés, langue coupée sur celle qui était la plus verbomotrice, tête à moitié brulée, on devinait aussi une torture, mais l'inspecteur a vité été dirigé ailleurs.


Les fentes dans la tente étaient de l'intérieur. On était donc sorti en trombe suite à quelque chose. Des agresseurs?  des ours? des boules de feu? le yéti? une avalanche? 

Avant la fin de 1959, le gouvernement Russe a voulu vite taire cette sombre nouvelle face à l'optimisme qu'on voulait vendre, et on a fermé l'enquête. "ils sont décédés ne pouvant se défendre face à une force surnaturelle" était la conclusion officielle. On excluait même pas les ovnis. Ce qui a nourri le mythe longtemps. On a même parlé d'espions Étatsuniens qui auraient voulu éliminer des impromptus Russes sur leur route.


On a démystifié récemment. 

La radioactivité s'expliquait par un grave accident radioactif, le troisième plus important au monde, après Tchernobyl et Fukushima, avait eu lieu assez près pour contaminer leur linge (et leurs corps). Un réel accident radioactif qui aurait fauché leurs vies les auraient davantage anéantis. Le KGB n'a jamais trouvé intéressant le secteur et ne l'a jamais utilisé. Trop accidenté. Trop dangereux pour leurs propres agents. Le yéti n'existe pas. Les ours auraient ravagés les corps davantage. 


La conclusion a été la suivante: 

Il y a bien eu une avalanche. Mais 4 des explorateurs se sont dirigés dessus au lieu de s'en éloigner. Ils étaient, perdus, au pieds de la montagne et l'ont reçue sur la tête. Les 5 autres tentaient de se réchauffer autour d'un feu, et probablement frigorifié, on s'en est trop approché et on s'est brûlé.


Les grafignes, les yeux arrachés, la langue grignotée, le linge déchiré, des animaux, quelques jours après et sur plusieurs mois. Tombant sur les cadavres.

De mauvaises décisions, pris de panique par le son de l'avalanche qui menaçait, ont mené à leurs morts précoces.

Le chemin menant à la montagne a depuis été nommée le Chemin Dyatlov, en mémoire du leader de l'expédition fatale.  

C'est presque plate comme conclusion. Tellement réaliste. On est pas habitué à trop de vrai de la part des Soviétiques. 

mercredi 21 juillet 2021

Penis Spatial


J'ai fait du surf dimanche matin. Tiré par un bateau. On devait sous sortir de l'eau pour partir. Comme en ski nautique. Que j'ai pratiqué plus de 10 ans sur le même lac. 

...Il y a longtemps. 

Nous sommes mercredi et j'ai encore les deux avants bras excessivement endoloris. Ça commence même à me tirer dans le dos. Je me sens comme si j'avais essayé de faire des chins-up pendant des heures, dimanche dernier.


À la télé on nous montrait des pénis de l'espace. Dicks in space. Ça se félicitait, de retour sur terre en restant phallique, secouant vigoureusement des bouteilles d'un champagne probablement hors de prix qui éjaculait son contenu tout partout. Personne ne tentait même de porter les bouteilles à la bouche. Si mes collègues extra-terrestres recrues, les étudiaient pour la première fois, ils auraient pu croire qu'une bouteille de champagne a, comme utilité sur terre, d'être aspergée sur le sol, dans les airs et les uns sur les autres. 


Après être sorti du pénis volant, c'était un peu vulgaire, de bien des manières. La veille, comme si le ciel avait été en colère qu'on ai violé son intimité, offrait un soleil un rouge bizarre et la lune était aussi d'un rouge pétant. C'était étrange. Certains ont prétendus que c'était pour de la coquetterie spatiale afin de faire un clin d'oeil aux Jeux de Tokyo, qui séviront dans moins de 100 heures, d'autres ont prétendu a la fin du monde Maya. 

Moi je sais que c'est le ciel qui était en christ contre les milliardaires touristes.


C'était quoi exactement les bénéfices de les envoyer dans "l'espace"? On dit qu'ils auraient fait quelques gugusses pour "aider" la science. Ça ressemble beaucoup à une sorte de dédouanage moral réfléchi pour ne pas se faire critiquer de la mégalomanie. Là-haut, je me demande si Bezos ou Branson, qui, en raison de leurs lourds portefeuilles, ont une certaine influence non négligeable mondiale, ont bien vu la boule bleue qu'est la terre et auraient des choses à nous raconter sur comment tenter de la sauver, avec cette vue aérienne. Je ne sais pas si ils se sont rendus assez loin. On dit que "L'espace" serait resté bien bas. Pointless rich person thing disent les uns, Science progress disent les autres. Parce que de manière ouverte, on parle de tourisme spatial pour le futur. Eion Musk, autre guignol baignant dans l'argent, en (drôle de) tête. On testait tout ça bravement. Dit-on.


Technonarcissisme
m'est venu à l'esprit quand je les ai vu secouer leurs bouteilles sans même penser les boire un peu.  

En vacances, chaque fois qu'on a renversé un verre et son contenu, parce qu'on avait sombré dans la déchéance malhabile, on a eu un pincement au coeur, pensant au budget investi à la Société des Alcools du Québec. 


Je vous écrit tout ça, un verre de vin au coin de la table.

Mais avec mes avant-bras endoloris, vous devinez ce qui a suivi.

Oui, une faiblesse en le soulevant, un petit malaise vocalisé étouffant la douleur, un tremblement, un verre bien déversé tout partout sur la table et sur le plancher.

Partout, partout partout. Mais pas sur le graal. L'ordi.

C'était le verre qui terminait la bouteille. J'ai été obligé d'entamer la bouteille de champagne (cheap) qu'on avait avec nous. 

Moi, je l'ai bue. 

mardi 20 juillet 2021

Vulnérables Riches


 On ne sait pas encore vraiment ce qui se passe avec l'isolation de Britney Spears de l'espace public. Ça nourrit les mystères. Les conditions de sa tutelle sont interdites de publication. On peut très certainement penser que celle qui chantait "hit me one more time" a vraiment été frappée par quelque chose, et les gens ne sont pas certains si tout ça est toujours sain. 

La semaine dernière, elle plaidoyait en cour afin de mettre un terme au contrôle parental, son père principalement, de sa sa tutelle. "il me fait sentir comme si j'étais morte" a t-elle dit au juge, dans ce qui pouvait être rendu public. Les gens ont pu avoir un indice de l'isolation profonde dans lequel elle semble gire depuis trop longtemps déja, selon elle. On a jugé son statut mental trop fragile pour mettre un terme à sa situation actuelle.

Le vedettariat n'en est pas à son premier cas de...comment dire...de "responsabilisation sur autrui, versant vers l'abus".

Dans les années 30, à Hollywood, Will Clark, un vulnérable riche, a aussi été défraudé "pour sa protection". Je ne dis pas que c'est ce qui se passe chez les Spears, on ne sait pas. Mais ce qu'on sait est que pendant que Britney est contrôlée comme une marionnette, les femmes de ménages de chez elle ont de nouveaux ongles tous les jours et sont, de jour en jour, en meilleure tenue vestimentaire, si bien qu'on arrive pas toujours  à comprendre que ce sont des employées de service chez les riches Spears. 

 


Will Clark était une personnalité mondaine d'Hollywood extraordinairement riche. Il était le fils de W.A. Clark, un des trois Copper Kings du Montana, qui, à l'ère de l'électrification des États-Unis, possédait près de la moitié du métal de tout le pays. Le Clark de Clark County vient de cette famille richissime. Ce même Clark est à la racine de la démocratie puisqu'il a été accessoire à faire changer le 17ème amendement des États-Unis, qui accordait le droit de vote au peuple, et non strictement aux politiciens entre eux. C'est dire, le poids que pouvait avoir cette famille dans la société Étatsunienne. 


Will a fondé le Los Angeles Philarmonic et a aidé a établir le Hollywood Bowl. Malgré sa grande fortune, Will Clark n'est pas particulièrement connu aux É-U. C'est principalement parce que vers la fin de sa vie, il était "contrôlé" pas sa famille. Et reclus forcé. C'est que le riche violoniste occasionnel était aussi gay. Et dans les années 30, c'était tout simplement impossible de rendre ça public, aux États-Unis. Son amoureux, un commis du nom d'Harrison Post, était gardé secret. Et on a même forcé Clark & Post à l'exil, en Europe, pour se faire oublier de l'oeil public nord-américain, pendant un temps. En Europe, c'est Post qui sera aussi considéré comme riche personnalité, en sa compagnie. Leurs amis sont Greta Garbo, Carole Lombard ou Aliza Nazimova. Post sera toujours identifié dans les revues mondaines comme "collectionneur d'art" ou "Millionaire d'Hollywood".


Quand la soeur de Post, Gladys, de Chicago, se pointe, on lui fait aussi une place dans la famille éclatée qui multiplie les soirées de fête. De retour aux États-Unis, autour de 1934, la présence des deux hommes ensemble, dérange. Post est victime "d'une dramatique dégénérescence au niveau de sa santé". Les papiers médicaux sont extraordinairement vagues. Mais on sait que la mari de Gladys. portant le nom , dur-à-croire,  de Crooks, sera très influent dans l'idée de faire interner Post "pour se faire soigner", mais surtout, à la mort de Clark, pour que, lui et Gladys, gérent une large partie de la fortune du couple gay. On dit que c'était autour de 200 000$ qu'on arrivait alors à soutirer à la fortune Clark, l'équivalent de 4.5 millions, de nos jours. 

Je ne dis pas que c'est ce qui se passe avec Britney Spears et la gestion de sa fortune, contrôlée principalement par son propre père. 

Mais on peut facilement parler de même type de protection de vulnérables riches.  

Peut-être sans guillemets. 


lundi 19 juillet 2021

Anthony Bourdain


 Né à Manhattan en juin 1956, fils ainé d'un père vendeur de caméra et gérant d'un magasin de disque, et d'une mère éditrice du New York Times Magazine, papa a des racines françaises, il passe donc de nombreux moments en France, ce qui le familiarise avec la langue très jeune. Les grands-parents avaient émigrés à New York au terme de la Première Guerre Mondiale, mais tous les étés étaient vécus en France. Bourdain, enfant, grandit au New Jersey. Il est souvent au cinéma et discute des films qu'il a vu avec ses amis, au resto après coup. 


Il se découvre une passion culinaire très tôt, en navire, mangeant des huitres pour la première fois. Il est décrocheur au Collège et travaille aussitôt dans un resto de fruits de mer de Provincetown dans les années 70. Il choisit alors d'en faire une carrière. Il joint alors la Culinary School Instiute of America, et en gradue en 1978. Par la suite, il dirige plusieurs cuisines de New York, dont le Supper's Club, le One Fifth Avenue et le Sullivan's


Tenté et succombant aux plaisirs malsains de la drogue, il écrit l'histoire d'un chef, tentant de se procurer de l'héroïne, et l'envoie aux magazines de New York. Cette histoire est un peu la sienne. À sa grande surprise, le magazine littéraire Between C & D, la publie. Il reçevra une avance de la maison d'édition Random House pour écrire un premier roman culinaire, Bone in The Throat. Ce premier livre ne sera publié qu'en 1995. Ce ne sera pas un grand succès. Son second roman culinaire ne sera pas non plus meilleur vendeur, ni très prisé par quiconque. 


En 1985, il épouse sa copine de l'école secondaire. il seront un couple pendant 20 ans avant de divorcer.

En 1998, il devient chef-éxécutif au Brasseries Les Halles, de Manhattan. À l'époque, la franchise a des branches à Miami, Washington, D.C. et à Tokyo. Même après avoir cessé d'y travailler, il en restera l'âme et le chef spirituel jusqu'à leur faillite de 2017. Il collabore beaucoup avec la chaîne. Et voyage. Ce sera une partie immense de sa vie. L'exploration. 


En 2002, il se déniche une émission où on le suit cuisiner, mais surtout voyager partout dans le monde pour parler bouffe, parler sens de la vie, parler culture. Il décrit son propre show comme étant un show où il mange beaucoup de marde en voyageant partout dans le monde tout en faisant whathever the fuck I want

Si sa littérature ne cartonne pas, ses livres sur la bouffe, vendent beaucoup. Il y glisse aussi un zest de sa personnalité dandy vagabond voyageur. Ses essais, ses articles, sa personnalité plait beaucoup un peu partout, télé, magazines, journaux. Il se fait des amis importants un peu partout. Dont Anderson Cooper. 


Dans les années 2000 et par la suite, il sera une superstar de la gastronomie populaire et nichée. En juillet 2006, son équipe de télé et lui sont au mauvais endroit, au mauvais moment quand, en plein tournage, le conflit isaraélo-libanais fait rage. L'épisode couvrant ce moment rafle un Emmy

En 2007, il épouse un artiste d'arts martiaux mixtes, avec laquelle, ils tricotent une fille, Ariane. Il se séparent en 2016. Bourdain est lui même pratiquant décoré du Jiu-Ji brésilien.


Entre 2011 et 2013, il tourne 10 heures d'exploration de villes dans le monde, sur 24 à 48 heures dans chacune, couvrant la gastronomie sur place, mais parlant de plus en plus d'autres choses. D'exploration, toujours, personnelle, spirituelle, culturelle. 

Avec son émission Parts Unknown, sur CNN, entre 2013 et 2018, il continue son talent culinaro-culturel et politique. Il mangera avec Barack Obama au Vietnam. Il tourne aussi en Lybie, Tokyo, dans la région du Punjab, en Jamaïque, en Turquie, en Éthiopie, au Nigeria, au Far Ouest du Texas et en Armenia. 


En 2015, dans l'excellent film The Big Short, Bourdain s'incarne lui-même, prenant son ragoût de fruits de mer, afin d'expliquer ce qu'est un titre de créance collatéralisé. 

En 2017, il a une liaison avec l'actrice-réalisatrice-productrice Asia Argento. 

Entre 2012 et 2017, il sera narrateur pour un documentaire de PBS appelé The Mind Of A Chef. Un show qui gagnera aussi des prix. 

Bourdain est un fumeur intense, infusant même du tabac, parfois dans ses plats. Il cesse quand sa fille naît, mais recommence vers la fin de sa vie. Ancien lourd consommateur d'héroïne, de cocaïne, de LSD, de cannabis, de methaqualone, de Champignons magiques, d'amphétamines, de codéine et ainsi de suite, sa tête ne peut plus aller complètement bien.


En tournage pour sa série Parts Unknowns, en France, son fréquent collaborateur Français, Éric Ripert s'inquiète de ses absences ET au déjeuner ET au diner. Il le retrouve pendu dans sa chambre d'hôtel, le 8 juin 2018. Il n'avait que 61 ans.

Un documentaire dont on dit beaucoup beaucoup de bien, sur Bourdain, tourné par l'habile Morgan Neville, a été récemment présenté à Cannes. Le film semble si bon que ce serait le genre que je pourrais acheter sans même l'avoir vu au préalable. 

Le seul plan à 1:14 me dit que ce film sera de grande qualité.

Comme il semble parfois avoir été.