En 2015, lorsque l'émission culte du samedi soir, Saturday Night Live préparait son 40ème anniversaire, une rumeur persistante voulait que Andy Kaufman y fasse son grand retour en direct.
Petit pépin toutefois, Kaufman est décédé en 1984, à l'âge de 37 ans.
Mais c'était affronter les incrédules de sa mort.
Kaufman était cet OVNI du monde du spectacle qui avait choisi de lire l'entièreté de The Great Gatsby de F.Scott Fitzgerald, à son public, laissant le public quitter, un à un la salle, lorsque celui-ci a réalisé qu'il avait payé pour entendre un homme lire un livre. Ce qu'ils pouvaient tous faire chez eux. Aucun achat requis.
Bien entendu, en 2015, Kaufman est resté bien mort. Encore.
La réputation posthume de Kaufman n'a fait que grandir entre 1984 et nos jours, appuyée par le film de Milos Forman, et les populaires admirateurs de Kaufman. Un culte a prit de l'expansion autour de l'artiste. Un des thèmes central étant qu'il soit bien vivant, possiblement au Nouveau Mexique, peut-être devenu moine, et qu'il attendrait depuis plus de 35 ans le moment idéal pour revenir parmi les gens publics. Est-ce vraiment supporté par certains faits possibles? Pas du tout. Mais Kaufman était un homme impossible. Sa mort l'était peut-être aussi.
Kaufman habitait un personnage en tout temps. Un dérivé de Kaufman de nos jours serait Sacha Baron Cohen. Un troll de profession (Cohen y est plus habile et plus utile à mon humble avis). Que les caméras roulent ou non Kaufman opérait avec passion dans la peau de personnages fictifs difficiles à faire distinguer le vrai du faux.
N'existerait-il pas un meilleur moment, aux États-Unis, pour réapparaître?
La foi, jouée parfaitement par Kaufman, devenait les faits. Depuis son absence sur terre, les fan de Kaufman ont inversé la chose. Ils sont la foi. Ils maintiennent la plus parfaite performance de la foi. Ils ne le pensent pas mort.
Le cancer l'a emporté très vite. Mais auprès de proches, (des témoins tous moins crédibles les uns que les autres) il semble avoir parlé très souvent d'une mise-en-scène de sa propre mort. Sa disparition leur a toujours parue scriptée. On disait Kaufman hypersensible et sa disparition coïncide avec le décès de son grand-père adoré. Un ami proche raconte aussi que Kaufman était gay. Et vivait mal avec tout ça. Que le SIDA, tout juste découvert, et mal diagnostiqué alors, y aurait joué un rôle. Une information tenue secrète jusqu'en 2013, quand le dernier parent de Kaufman est décédé, car Andy ne voulait pas leur faire de peine.
Kaufman avait un amour féminin connu, Lynne Margulies, réalisatrice d'un documentaire sur lui, et ses expériences douteuses de lutte. Celle-ci affirme qu'effectivement, Andy fréquentait certains quartier clairement gays, de San Francisco. Mais peut-être aussi pour faire scandale. Ce qu'il adorait faire.
Ce qui fait de sa mort, ou de sa non-mort, une ritournelle récurrente, est le fait que la mort était de toute son "oeuvre". La mort et la résurrection est au coeur de tout son special télé de 1979. Si étrange qu'il a passé très près de ne jamais passer en ondes. À la fin, il livre une entrevue touchante à une marionnette, sur le ton vulnérable qui l'a rendu si célèbre. Accablé par la découverte que la marionnette qui a enchanté son enfance vient de passer deux décennies dans une boîte de carton.
A-t-il choisi de faire de même? serait-il dans sa boîte de carton? À quand le spécial TV qui le ferait réapparaître?
Kaufman avait lui-même réincarné son personnage d'étranger, pas foutu de raconter une bonne blague correctement, dans son imitation d'Elvis, où dans la routine du numéro, entre les morceaux musicaux, il n'arrivait pas à raconter une blague qui fasse du sens. Mais lorsqu'il reprenait Elvis, il redevenait pro. Son numéro provoquait de l'anxiété, du malaise, de l'hostilité. Puis, du plaisir et de l'agrément au tour de chant soignant tout ça. Voir Kaufman sur scène avait toujours un effet divisible. La public se retournait contre lui-même. La moitié lui criait des noms d'animaux, l'autre voulait les faire taire et écouter le numéro, d'autres fondaient dans leur siège, d'autres quittaient, tout simplement. Le chaos était choisi par Andy.
Mais quand Kaufman sortait le King, tous les trous étaient raccommodés. Tout le monde était uni. C'était soudainement l'enfantine joie. L'enfantin n'était jamais loin avec Andy.
Et comme gag-fantôme, il fermait son numéro en reprenant l'accent de son personnage étranger, pour remercier le public.
Son numéro était la marche de la croix, la crucifixion et la résurrection. Toujours.
La foi au numéro était sincère. Le dédain tout autant. La honte vraie. L'inconfort, naturel.
Les routines de Kaufman étirait l'anxiété jusqu'à ce que ça ne devienne plus tolérable. Faisant durer certaines gags sur plusieurs semaines, plusieurs mois parfois, mais se terminaient toujours sur une fin heureuse. Toujours au Carnegie Hall, son laboratoire, il avait invité des douzaines de spectateurs, les restants, à prendre du lait et des biscuits. Le confort du lait et du biscuit après l'inconfort de la scène.
Derrière tout ça se trouvait l'annihilation d'une fin satisfaisante. L'annihilation d'une fin tout court. La main ferme sur...la mort? Non seulement il allait mourir sur scène, mais il allait offrir les armes pour le tuer à son public. Pour pouvoir ressusciter ensuite. Il voulait les libérer de leurs propres anxiétés en faisant d'eux, de meilleurs eux-mêmes. Il voulait son public aussi innocent que lui. Mais inclus sur scène avec lui. Plein d'espoir et libre de toute crainte. (ce qu'il n'a jamais avoué publiquement, c'est moi qui jase).
Même dans son choix d'incarner Elvis, il y avait la mort. Elvis, vers la fin de sa vie, gras et à Las Vegas, était déjà une manière de voir le King presque posthume. Elvis était lui-même une incarnation de son ancien lui. Un artiste déconnecté de lui-même. Une grossièreté. Ce que Kaufman était presque toujours.
Jamais les États-Unis n'ont été plus grotesques qu'en ce moment même.
Si il était vivant, il concourerait pour devenir le prochain président.
Et n'aurait pas besoin d'aller sur la lune. Il y en arriverait. Comme moi.
Et y est simplement retourné depuis.
Faut bien documenter les recherches aux supérieurs parfois.
On est pas payé pour rien.
mercredi 26 juin 2019
mardi 25 juin 2019
Le Moment Bleuté d'Ingeborg Day
Quand, en 1978, Ingeborg Day, a été présentée à des amis qui lui demandait quel était le sujet de son livre qu'elle allait publier prochainement, un peu paniquée de la réaction à venir, elle avait répondu:
"Il s'agit d'un long poème érotique épique de 120 pages"
Tout le monde avait éclaté de rire. Ça l'avait soulagée. On ne l'avait pas prise au sérieux.
Mais elle disait la vérité. Dans son livre précédent, Ghost Waltz, cette autrichienne de naissance, tentait de faire la paix avec le passé familial, fort Nazi. Donc l'idée du poème érotique semblait soudaine et saugrenue. Elle allait publier ce qui deviendrait le film 9 1/2 Weeks. Ses 9 semaines et demies, sous l'emprise d'un homme dominant, un témoignage sadomasochiste troublant. Et extrêmement dur à lire.
Mais personne ne saurait qu'elle en serait l'auteure, puisque le livre sortirait sous le pseudonyme de Elizabeth McNeill.
À une époque où l'érotisme est partout et que le sujet de vouloir contrôler le corps des femmes n'a jamais été plus d'actualité, ce qui avait alors étonné était que Ingeborg Day avait révélé davantage d'elle-même sous un pseudonyme que dans son premier livre, sous son vrai nom.
La première fois qu'elle rencontre son amant non nommé, ils sont au lit ensemble et il lui garde fermement les mains au dessus de la tête d'une seule main. Elle aime beaucoup. La seconde fois, il lui fait des choses pendant qu'elle a les yeux bandés. La troisième fois, il la fait supplier, alors qu'il se retire pour qu'elle ne jouisse pas d'un orgasme, maintes et maintes fois. La quatrième, il lui attache les poignets dans le dos. Le lendemain, il lui envoyait 13 roses au bureau.
Jusqu'à maintenant pas de quoi capoter complètement. Mais la suite est brutale. Assez rapidement, il apporte un miroir portatif, gifle Ingeborg, la prend par les cheveux et la force à contempler la marque de sa gifle sur son propre visage. La nuit, elle passe des heures enchaînée au lit ou au canapé. Il magasine avec elle des fouets, qu'il essaie sur elle, publiquement. Il lui demande de s'habiller en homme et de l'attendre dans une chambre d'hôtel. Avant de se faire brutalement prendre par derrière. Dominée physiquement.
À l'époque, 1977, Ingeborg avait une carrière comme éditrice du magazine M, ironiquement, très féministe, et était en mesure de séparer son côté professionnel, de jour, de son côté esclave sexuel, le soir tombé. Ce qu'elle appréciait était que de jour, tout était décidé par elle, elle était indépendante, mais que le soir, elle tombait soudainement sans défense, dépendante, prise complètement sous contrôle, aucune décision n'était attendue d'elle, elle n'avait plus aucune responsabilités. Elle adorait.
Sur 9 semaines et demies, la séparation nuit/jour allait tenir. Même si les demandes de l'amant devenaient de plus en plus alarmantes. Ses orgasmes à elle devenaient prévisibles. Comme le jouet qu'elle était devenu, réglé au quart de tour.
Rétrospectivement, elle allait trouver cette période impensable. Elle n'arriverait pas à croire qu'elle avait vécu ces moments d'humiliation volontairement. C'était comme un rêve irréel. Un moment bleuté dans une gamme qui aurait dû être beaucoup plus colorée.
Un deux mois et trois jours de 1977, alors qu'elle était éditrice du magazine M, où l'implication de nuit d'Ingeborg n'était qu'accessoire.
Le film d'Adrian Lyne, tourné en 1984, mais mis sur le marché seulement en 1986, (personne ne voulait toucher au sujet) n'aura gardé au final que le côté "soft" des 120 pages. Kim Basinger possède même des heures de tournage considérées comme étant beaucoup trop souffrantes, et pour elle, lors du tournage, (car on a tout tourné) et pour ceux qui verraient peut-être un jour ces images. Personne ne le verra jamais.
Ingeborg était si reconnue pour ses tenues vestimentaires de bon goût, qu'un chapitre entier lui est consacré dans le livre de mode de 1975, Cheap Chic. Au magazine M, peu de gens savaient que Ingeborg Day et Elizabeth McNeill étaient la même personne. Sinon personne.
Et la fin du livre/film, où elle doit être hospitalisée suite à une dépression nerveuse majeure, coïncide avec le moment où elle a quitté le magazine, pour les mêmes raisons. Sans que personne ne soit 100% au courant de ce qui se passait avec elle.
Ses deux seuls livres sont à propos de l'inconfort.
Moral, alors que l'anti-sémitisme sévit dans le premier, et intime, alors que le sadisme et la cruauté sévit dans l'autre. Menant à l'effondrement mental et physique. Ingeborg Day était une femme brisée.
À une époque où, de nos jours, nous mettons facilement le pied, la bouche et la main dans des zones d'ombres profondes, où les tabous tombent et les jugements, bons, mauvais ou nuancés se décomplexent et se croisent en tirs groupés, Ingeborg livrait deux livres hautement chargés en pensées lourdes, en craintes toxiques et en désirs serviles.
Après le succès cinématographique de 9 1/2 Weeks, on lui a vite commandé un autre livre qui n'a jamais été écrit. Elle a déménagé au Massachussetts, a épousé un homme de 14 ans son aîné, n'a jamais parlé du succès du film, et on a commencé à révéler sa vraie identité principalement après sa mort.
Un suicide, en mai 2011. Aidante naturelle de son mari infirme, elle a alors, choisi encore la marge noire. Il y avait beaucoup de sinistre autour d'Ingerborg.
Vers 2013, HarperCollins rééditait Nine & Half Weeks pour la première fois, signé Ingeborg Day.
Le film se tournait à New York entre le 7 juin et le 12 août, il y a 35 ans.
Et faisait naître deux carrières.
Basinger qui sera Oscarisée en 1998.
Rourke qui passera très proche de l'être en 2009.
"Il s'agit d'un long poème érotique épique de 120 pages"
Tout le monde avait éclaté de rire. Ça l'avait soulagée. On ne l'avait pas prise au sérieux.
Mais elle disait la vérité. Dans son livre précédent, Ghost Waltz, cette autrichienne de naissance, tentait de faire la paix avec le passé familial, fort Nazi. Donc l'idée du poème érotique semblait soudaine et saugrenue. Elle allait publier ce qui deviendrait le film 9 1/2 Weeks. Ses 9 semaines et demies, sous l'emprise d'un homme dominant, un témoignage sadomasochiste troublant. Et extrêmement dur à lire.
Mais personne ne saurait qu'elle en serait l'auteure, puisque le livre sortirait sous le pseudonyme de Elizabeth McNeill.
À une époque où l'érotisme est partout et que le sujet de vouloir contrôler le corps des femmes n'a jamais été plus d'actualité, ce qui avait alors étonné était que Ingeborg Day avait révélé davantage d'elle-même sous un pseudonyme que dans son premier livre, sous son vrai nom.
La première fois qu'elle rencontre son amant non nommé, ils sont au lit ensemble et il lui garde fermement les mains au dessus de la tête d'une seule main. Elle aime beaucoup. La seconde fois, il lui fait des choses pendant qu'elle a les yeux bandés. La troisième fois, il la fait supplier, alors qu'il se retire pour qu'elle ne jouisse pas d'un orgasme, maintes et maintes fois. La quatrième, il lui attache les poignets dans le dos. Le lendemain, il lui envoyait 13 roses au bureau.
Jusqu'à maintenant pas de quoi capoter complètement. Mais la suite est brutale. Assez rapidement, il apporte un miroir portatif, gifle Ingeborg, la prend par les cheveux et la force à contempler la marque de sa gifle sur son propre visage. La nuit, elle passe des heures enchaînée au lit ou au canapé. Il magasine avec elle des fouets, qu'il essaie sur elle, publiquement. Il lui demande de s'habiller en homme et de l'attendre dans une chambre d'hôtel. Avant de se faire brutalement prendre par derrière. Dominée physiquement.
À l'époque, 1977, Ingeborg avait une carrière comme éditrice du magazine M, ironiquement, très féministe, et était en mesure de séparer son côté professionnel, de jour, de son côté esclave sexuel, le soir tombé. Ce qu'elle appréciait était que de jour, tout était décidé par elle, elle était indépendante, mais que le soir, elle tombait soudainement sans défense, dépendante, prise complètement sous contrôle, aucune décision n'était attendue d'elle, elle n'avait plus aucune responsabilités. Elle adorait.
Sur 9 semaines et demies, la séparation nuit/jour allait tenir. Même si les demandes de l'amant devenaient de plus en plus alarmantes. Ses orgasmes à elle devenaient prévisibles. Comme le jouet qu'elle était devenu, réglé au quart de tour.
Rétrospectivement, elle allait trouver cette période impensable. Elle n'arriverait pas à croire qu'elle avait vécu ces moments d'humiliation volontairement. C'était comme un rêve irréel. Un moment bleuté dans une gamme qui aurait dû être beaucoup plus colorée.
Un deux mois et trois jours de 1977, alors qu'elle était éditrice du magazine M, où l'implication de nuit d'Ingeborg n'était qu'accessoire.
Le film d'Adrian Lyne, tourné en 1984, mais mis sur le marché seulement en 1986, (personne ne voulait toucher au sujet) n'aura gardé au final que le côté "soft" des 120 pages. Kim Basinger possède même des heures de tournage considérées comme étant beaucoup trop souffrantes, et pour elle, lors du tournage, (car on a tout tourné) et pour ceux qui verraient peut-être un jour ces images. Personne ne le verra jamais.
Ingeborg était si reconnue pour ses tenues vestimentaires de bon goût, qu'un chapitre entier lui est consacré dans le livre de mode de 1975, Cheap Chic. Au magazine M, peu de gens savaient que Ingeborg Day et Elizabeth McNeill étaient la même personne. Sinon personne.
Et la fin du livre/film, où elle doit être hospitalisée suite à une dépression nerveuse majeure, coïncide avec le moment où elle a quitté le magazine, pour les mêmes raisons. Sans que personne ne soit 100% au courant de ce qui se passait avec elle.
Ses deux seuls livres sont à propos de l'inconfort.
Moral, alors que l'anti-sémitisme sévit dans le premier, et intime, alors que le sadisme et la cruauté sévit dans l'autre. Menant à l'effondrement mental et physique. Ingeborg Day était une femme brisée.
À une époque où, de nos jours, nous mettons facilement le pied, la bouche et la main dans des zones d'ombres profondes, où les tabous tombent et les jugements, bons, mauvais ou nuancés se décomplexent et se croisent en tirs groupés, Ingeborg livrait deux livres hautement chargés en pensées lourdes, en craintes toxiques et en désirs serviles.
Après le succès cinématographique de 9 1/2 Weeks, on lui a vite commandé un autre livre qui n'a jamais été écrit. Elle a déménagé au Massachussetts, a épousé un homme de 14 ans son aîné, n'a jamais parlé du succès du film, et on a commencé à révéler sa vraie identité principalement après sa mort.
Un suicide, en mai 2011. Aidante naturelle de son mari infirme, elle a alors, choisi encore la marge noire. Il y avait beaucoup de sinistre autour d'Ingerborg.
Vers 2013, HarperCollins rééditait Nine & Half Weeks pour la première fois, signé Ingeborg Day.
Le film se tournait à New York entre le 7 juin et le 12 août, il y a 35 ans.
Et faisait naître deux carrières.
Basinger qui sera Oscarisée en 1998.
Rourke qui passera très proche de l'être en 2009.
lundi 24 juin 2019
Maple Syrup Porn
Dans la seconde partie des années 60, nos parents étaient jeunes.
Mes parents à moi avaient entre 17 et 23 ans.
En 1970, ils se mariaient.
La testostérone dirigeait leurs sens.
Au Québec, très inspirés par la Nouvelle Vague, Godard, Truffaut, notre cinéma faisait ses classes.
Avec un paternalisme affolant, on disait ouvertement, avec la libération sexuelle en cours, que "Le Québec devait (au cinéma) déshabiller la femme".
Des entrepreneurs comme Denis Héroux ou Claude Fournier ont sauté à pieds joints sur l'idée. Au bon endroit, au bon moment, ils ont développé une habileté à tendre des filets pour le pervers en chaque Québécois(e).
Un boom de film à caractère sexuel allait naître.
De 1912 au milieu des années 40, c'était l'église qui contrôlait et censurait les "vues". Mais le monde du cinéma Québécois prenait le contrôle de ce qui était distribué/distribuable à partir de 1945. Un bureau "indépendant" de la censure est créé.
Toute forme de censure disparaît en 1967 quand le bureau de la censure ferme ses portes, le cinéaste canadien Larry Kent teste la tolérance canadienne sur grand écran. On réagit bien. On a du cannabis libre marché de nos jours, n'est-ce pas? Comme aux États-Unis des cinéastes comme Russ Meyer ont fait de gros sous dans le film d'exploitation sexuelle. Le Québec explorera aussi ce côté du lit.
Voici 12 films à saveur clairement érotiques qui seront réalisés entre 1967 et 1980, puis présentés en salle. Créant ainsi ce qu'on appellera chez les prudes canadiens anglais le maple syrup porn.
Valérie (1968)
Une jeune orpheline de 20 ans quitte le couvent à dos de moto pour devenir danseuse nue à Montréal, puis prostituée de luxe. Elle devra cacher son métier d'un peintre veuf duquel elle tombe amoureuse et qui est père d'un petit garçon content de trouver une maman. Le succès au Québec sera immense. On court voir Danièle Ouimet, nue. Denis Héroux réalise le tout.
Deux Femmes en Or (1970)
Claude Fournier, scénarise et réalise les fantasmes de deux femmes de banlieues qui s'ennuient, pour 218 000$. Le film enregistrera 4 millions de profits. Pierre Eliott Trudeau y fait même un cameo. Une panoplie de personnalités comme Gilles Latulippe, Michel Chartrand ou Yvon Deschamps passent à l'écran.
Le Canada anglais, ce différent pays du nôtre à naître, est outré des films de fesses, des films de cul, des films cochons qui se tricotent ici. On en fera donc plus encore.
L'Initiation (1970)
Denis Héroux revient et lance un film racontant la liaison d'une jeune femme ayant une affaire avec un fameux auteur français qui l'entraîne dans toute sorte d'expériences. Qui lui font apprendre toute sortes de choses sur la vie et sur elle-même.
Viens, Mon Amour (1970)
Monique Mercure, déshabillée dans Deux Femmes en Or, le sera encore. En anglais cette fois. Et sur de la musique de Paule Baillargeon. La musique est bien meilleure que le film.
L'Amour Humain (1971)
Denis Héroux sévit encore. Une soeur religieuse et un prêtre quittent le religion pour se lancer dans le sexe sans culpabilité. Denis n'a pas une vision scénaristique très variée...
The Hippie Girls (1971)
Celine Lomez et Sue Helen Petrie jouent dans ce film anglais qui nous plonge dans une commune. Un hippie prend la place d'un tuteur français dans une riche famille et exploite la fille de la famille, sexuellement.
Pile Ou Face (1971)
Sexe en ski, avec Roger Fournier. La grande classe...
Sept Fois...(Par Jour) (1971)
Un architecte québécois ne peut résister à l'urgence de faire l'amour à toutes les femmes qu'il croise. Denis Héroux. Pas du tout #MeToo.
Après-Ski (1971)
Encore du sexe en ski avec Celine Lomez et dirigé par un autre Roger, Cardinal celui-là. Qui n'a rien de religieux.
La Pomme, La Queue, Les Pépins (1974)
Claude Fournier est derrière cette comédie satirique sur l'impotence suivant le mariage.
L'Ange & La Femme (1977)
Gilles Carles filme son ancienne amoureuse, Carole Laure, avec son nouveau, Lewis Furey, et nous la montre dans son costume d'Eve assez ponctuellement. Une scène de fellation complète de Carole nous empêche de trouver ce film facilement. Humiliant à plusieurs niveaux. Filmer son ancien amour jouant de la suce sur le bambou du nouveau chum, légèrement masochiste.
Les Jeunes Québécoises (1980)
Claude Castravelli avait réalisé auparavant le brillamment titré Up Uranus!. Ici, il dirige quatre Québécoises, étudiantes universitaires, planifiant une orgie avec des collègues étudiants, comédie se terminant sur des parents arrivant plus tôt que prévu de vacances.
Mention spéciale à l'affreusement titré "Y a plus de trous à Percé".
Les hypocrites canadiens anglais tournent au début des années 80, avec une jeune Kim Catrall, Porky's.
C'est encore, à ce jour le film canadien le plus payant au pays.
Bande de bandés.
Bonne fête, pays à naître.
Je te fais l'amour aujourd'hui.
Te rêve encore demain.
T'embrasses où t'en as envie.
Ne te veux que du bien.
Mes parents à moi avaient entre 17 et 23 ans.
En 1970, ils se mariaient.
La testostérone dirigeait leurs sens.
Au Québec, très inspirés par la Nouvelle Vague, Godard, Truffaut, notre cinéma faisait ses classes.
Avec un paternalisme affolant, on disait ouvertement, avec la libération sexuelle en cours, que "Le Québec devait (au cinéma) déshabiller la femme".Des entrepreneurs comme Denis Héroux ou Claude Fournier ont sauté à pieds joints sur l'idée. Au bon endroit, au bon moment, ils ont développé une habileté à tendre des filets pour le pervers en chaque Québécois(e).
Un boom de film à caractère sexuel allait naître.
De 1912 au milieu des années 40, c'était l'église qui contrôlait et censurait les "vues". Mais le monde du cinéma Québécois prenait le contrôle de ce qui était distribué/distribuable à partir de 1945. Un bureau "indépendant" de la censure est créé.
Toute forme de censure disparaît en 1967 quand le bureau de la censure ferme ses portes, le cinéaste canadien Larry Kent teste la tolérance canadienne sur grand écran. On réagit bien. On a du cannabis libre marché de nos jours, n'est-ce pas? Comme aux États-Unis des cinéastes comme Russ Meyer ont fait de gros sous dans le film d'exploitation sexuelle. Le Québec explorera aussi ce côté du lit.
Voici 12 films à saveur clairement érotiques qui seront réalisés entre 1967 et 1980, puis présentés en salle. Créant ainsi ce qu'on appellera chez les prudes canadiens anglais le maple syrup porn.
Valérie (1968)
Une jeune orpheline de 20 ans quitte le couvent à dos de moto pour devenir danseuse nue à Montréal, puis prostituée de luxe. Elle devra cacher son métier d'un peintre veuf duquel elle tombe amoureuse et qui est père d'un petit garçon content de trouver une maman. Le succès au Québec sera immense. On court voir Danièle Ouimet, nue. Denis Héroux réalise le tout.
Deux Femmes en Or (1970)
Claude Fournier, scénarise et réalise les fantasmes de deux femmes de banlieues qui s'ennuient, pour 218 000$. Le film enregistrera 4 millions de profits. Pierre Eliott Trudeau y fait même un cameo. Une panoplie de personnalités comme Gilles Latulippe, Michel Chartrand ou Yvon Deschamps passent à l'écran.
Le Canada anglais, ce différent pays du nôtre à naître, est outré des films de fesses, des films de cul, des films cochons qui se tricotent ici. On en fera donc plus encore.
L'Initiation (1970)
Denis Héroux revient et lance un film racontant la liaison d'une jeune femme ayant une affaire avec un fameux auteur français qui l'entraîne dans toute sorte d'expériences. Qui lui font apprendre toute sortes de choses sur la vie et sur elle-même.
Viens, Mon Amour (1970)
Monique Mercure, déshabillée dans Deux Femmes en Or, le sera encore. En anglais cette fois. Et sur de la musique de Paule Baillargeon. La musique est bien meilleure que le film.
L'Amour Humain (1971)
Denis Héroux sévit encore. Une soeur religieuse et un prêtre quittent le religion pour se lancer dans le sexe sans culpabilité. Denis n'a pas une vision scénaristique très variée...
The Hippie Girls (1971)
Celine Lomez et Sue Helen Petrie jouent dans ce film anglais qui nous plonge dans une commune. Un hippie prend la place d'un tuteur français dans une riche famille et exploite la fille de la famille, sexuellement.
Pile Ou Face (1971)
Sexe en ski, avec Roger Fournier. La grande classe...
Sept Fois...(Par Jour) (1971)
Un architecte québécois ne peut résister à l'urgence de faire l'amour à toutes les femmes qu'il croise. Denis Héroux. Pas du tout #MeToo.
Après-Ski (1971)
Encore du sexe en ski avec Celine Lomez et dirigé par un autre Roger, Cardinal celui-là. Qui n'a rien de religieux.
La Pomme, La Queue, Les Pépins (1974)
Claude Fournier est derrière cette comédie satirique sur l'impotence suivant le mariage.
L'Ange & La Femme (1977)
Gilles Carles filme son ancienne amoureuse, Carole Laure, avec son nouveau, Lewis Furey, et nous la montre dans son costume d'Eve assez ponctuellement. Une scène de fellation complète de Carole nous empêche de trouver ce film facilement. Humiliant à plusieurs niveaux. Filmer son ancien amour jouant de la suce sur le bambou du nouveau chum, légèrement masochiste.
Les Jeunes Québécoises (1980)
Claude Castravelli avait réalisé auparavant le brillamment titré Up Uranus!. Ici, il dirige quatre Québécoises, étudiantes universitaires, planifiant une orgie avec des collègues étudiants, comédie se terminant sur des parents arrivant plus tôt que prévu de vacances.
Mention spéciale à l'affreusement titré "Y a plus de trous à Percé".
Les hypocrites canadiens anglais tournent au début des années 80, avec une jeune Kim Catrall, Porky's.
C'est encore, à ce jour le film canadien le plus payant au pays.
Bande de bandés.
Bonne fête, pays à naître.
Je te fais l'amour aujourd'hui.
Te rêve encore demain.
T'embrasses où t'en as envie.
Ne te veux que du bien.
dimanche 23 juin 2019
Jeux D'Enfants de la Rue Belvédère à Sillery
(aux Murray, Poulin, Houde, Wilhelmy, Monaghan, Lapointe)
1973-1983
Bonhomme pendu, les olympiques de la rue, on faisait jouer des 33 tours avec une lame de rasoir en guise de lecteur de sillons, on brûlait des insectes avec des briquets.
Derrière l'église, sous les sapins derrière chez nous, on se cachait, on échangeait des cartes de hockey, de baseball, des photos.
Des confidences, des baisers.
Tout était toujours une blague jusqu'à ce que la ligne de punch ne survienne. Faisant de l'un de nous la tête de Turc du jour. Il y avait toujours quelqu'un qui pensait savoir ce que l'autre pensait. Une fois sur mille c'était vrai.
`Les gars étaient la cheville sur laquelle les filles attachaient une partie de leur corde à danser. Fallait pas bouger. Et on essayait de faire à la fois une série de panier de basket (flush! tant que le ballon nous revenait directement en ligne droite après) et à la fois fallait rester le plus immobile pour ne pas qu'une fille se pète la gueule en sautant à la corde.
Ou au contraire qu'elle se pète la gueule, ça dépendait de la fille.
On avait toujours une grenade à la main. C'était toujours des états de siège. La rue était en permanent état de siège. Pas pour rien qu'on les appellerait les boomers. Leur présence avait l'effet d'une bombe. BOOM! Nous n'étions que grenade. Le sommes restés.
Le diable ne nous faisait pas peur, les anglais non plus. L'église n'était rien d'autre que le dernier stop avant le désemballage des cadeaux de Noël. Ça nous distançait des parents.
Le shérif de la rue c'était parfois moi, parfois Murray, parfois Poulin. Jamais Lapointe.
Fallait revenir pour le souper, sinon on passait en dessous de la table. On passait souvent en dessous de la table. Manger ailleurs qu'à 7h00 le matin, à midi ou à 18h00? Entre les repas? concept inexistant. Une collation, au mieux, pas un repas.
On jouait à la cachette, on attachait Lili dans le garage lui faisant croire qu'un héros viendrait la sauver, on l'oubliait volontairement là après avoir joué deux trois fois aux héros pour vrai. Innocent abus.
On ne l'a plus fait quand elle a pleuré.
On avait mis une patate dans le radiateur d'une voiture. Quand son propriétaire était entré dans la voiture pour la partir, on s'était approché pour mieux étudier l'effet. La voiture toussait fort. Puis, la patate s'est extirpée, propulsée avec violence, en flèche sur la cuisse de Murray qui se tenait derrière. Karma.
Combien de fois je pouvais lancer des rondelles dans un but?
T'es pas game d'essayer de traverser la rue? Il l'a été. A failli se faire écraser.
Là où il y avait un boisé de toutes les aventures, ils ont construit de condos. En face des Poulin. Pendant qu'on était là. Aucun respect. Ça ne faisait que commencer.
On a exploré la maison abandonnée. Fait croire qu'un cadavre était dans le frigo de l'étage du haut. Pourquoi avoir mis un frigo au deuxième étage?
La police est venue nous parler. Qui a menotté Lili à la clôture des Lachance? Qui a la clé? Yves Pou a confessé. On l'a perdu quelques jours. C'était nous la mauvaise influence pour les Poulin. Leur enfant ne pouvait pas être si con.
Il l'était. On apprendrait vite à avoir le dos large. Quand les Poulin sont partis en voyage, quelques crottes de nos chiens ont trouvé leur chemin dans leur boîte à malle, qui était une fente directement dans la porte dont le courrier/crottin, tombait directement dans l'entrée intérieure. Fallait valider de vraies raisons de nous haïr.
Un de nos coups pendables les plus satisfaisants avait été cette note qu'on avait mis sur une voiture disant faussement:
"J'ai fait une égratignure sur votre voiture, merci de me conctacter pour arranger tout ça"
Sans laisser de numéro, bien entendu. Sans avoir fait une seule égratignure non plus.
Pendant deux jours, on avait assisté, de loin, cachés, à cet homme cherchant désespérément d'inexistantes égratignures sur sa voiture. Confus. Inquiété. Déstabilisé. C'était tellement toujours trop cool de déstabiliser. L'est toujours un peu. On est toujours l'enfant d'hier.
On a pensé les Petitpas millionnaires qui le cachait dans leur appartement 5 et demi. En face. On nous as aussi pensé millionnaires parce qu'on habitait une grande maison qui faisait le coin de rue et qu'on avait deux paniers de baskets et deux buts de hockey. Personne ne remarquait que les buts de hockey, c'était mon père qui les avaient fabriqués. De fameux buts qui auront duré plus de 35 ans.
J. disait qu'elle avait vu une de mes couilles. Je niais. J. voulait voir mes couilles. Elle nous guidait plus vite que les autres vers le sexe. Elle avait insisté pour qu'on fasse un tour de patin à roulettes sur une ballade, main dans la main.
On s'échangeait des collants de personnages d'Hannah Barbara. Les plus précieux.
On est toujours l'enfant d'hier.
Une fois sur mille c'est vrai.
1973-1983
Bonhomme pendu, les olympiques de la rue, on faisait jouer des 33 tours avec une lame de rasoir en guise de lecteur de sillons, on brûlait des insectes avec des briquets.
Derrière l'église, sous les sapins derrière chez nous, on se cachait, on échangeait des cartes de hockey, de baseball, des photos.
Des confidences, des baisers.
Tout était toujours une blague jusqu'à ce que la ligne de punch ne survienne. Faisant de l'un de nous la tête de Turc du jour. Il y avait toujours quelqu'un qui pensait savoir ce que l'autre pensait. Une fois sur mille c'était vrai.
`Les gars étaient la cheville sur laquelle les filles attachaient une partie de leur corde à danser. Fallait pas bouger. Et on essayait de faire à la fois une série de panier de basket (flush! tant que le ballon nous revenait directement en ligne droite après) et à la fois fallait rester le plus immobile pour ne pas qu'une fille se pète la gueule en sautant à la corde.
Ou au contraire qu'elle se pète la gueule, ça dépendait de la fille.
On avait toujours une grenade à la main. C'était toujours des états de siège. La rue était en permanent état de siège. Pas pour rien qu'on les appellerait les boomers. Leur présence avait l'effet d'une bombe. BOOM! Nous n'étions que grenade. Le sommes restés.
Le diable ne nous faisait pas peur, les anglais non plus. L'église n'était rien d'autre que le dernier stop avant le désemballage des cadeaux de Noël. Ça nous distançait des parents.
Le shérif de la rue c'était parfois moi, parfois Murray, parfois Poulin. Jamais Lapointe.
Fallait revenir pour le souper, sinon on passait en dessous de la table. On passait souvent en dessous de la table. Manger ailleurs qu'à 7h00 le matin, à midi ou à 18h00? Entre les repas? concept inexistant. Une collation, au mieux, pas un repas.
On jouait à la cachette, on attachait Lili dans le garage lui faisant croire qu'un héros viendrait la sauver, on l'oubliait volontairement là après avoir joué deux trois fois aux héros pour vrai. Innocent abus.
On ne l'a plus fait quand elle a pleuré.
On avait mis une patate dans le radiateur d'une voiture. Quand son propriétaire était entré dans la voiture pour la partir, on s'était approché pour mieux étudier l'effet. La voiture toussait fort. Puis, la patate s'est extirpée, propulsée avec violence, en flèche sur la cuisse de Murray qui se tenait derrière. Karma.
Combien de fois je pouvais lancer des rondelles dans un but?
T'es pas game d'essayer de traverser la rue? Il l'a été. A failli se faire écraser.
Là où il y avait un boisé de toutes les aventures, ils ont construit de condos. En face des Poulin. Pendant qu'on était là. Aucun respect. Ça ne faisait que commencer.
On a exploré la maison abandonnée. Fait croire qu'un cadavre était dans le frigo de l'étage du haut. Pourquoi avoir mis un frigo au deuxième étage?
La police est venue nous parler. Qui a menotté Lili à la clôture des Lachance? Qui a la clé? Yves Pou a confessé. On l'a perdu quelques jours. C'était nous la mauvaise influence pour les Poulin. Leur enfant ne pouvait pas être si con.
Il l'était. On apprendrait vite à avoir le dos large. Quand les Poulin sont partis en voyage, quelques crottes de nos chiens ont trouvé leur chemin dans leur boîte à malle, qui était une fente directement dans la porte dont le courrier/crottin, tombait directement dans l'entrée intérieure. Fallait valider de vraies raisons de nous haïr.
Un de nos coups pendables les plus satisfaisants avait été cette note qu'on avait mis sur une voiture disant faussement:
"J'ai fait une égratignure sur votre voiture, merci de me conctacter pour arranger tout ça"
Sans laisser de numéro, bien entendu. Sans avoir fait une seule égratignure non plus.
Pendant deux jours, on avait assisté, de loin, cachés, à cet homme cherchant désespérément d'inexistantes égratignures sur sa voiture. Confus. Inquiété. Déstabilisé. C'était tellement toujours trop cool de déstabiliser. L'est toujours un peu. On est toujours l'enfant d'hier.
On a pensé les Petitpas millionnaires qui le cachait dans leur appartement 5 et demi. En face. On nous as aussi pensé millionnaires parce qu'on habitait une grande maison qui faisait le coin de rue et qu'on avait deux paniers de baskets et deux buts de hockey. Personne ne remarquait que les buts de hockey, c'était mon père qui les avaient fabriqués. De fameux buts qui auront duré plus de 35 ans.
J. disait qu'elle avait vu une de mes couilles. Je niais. J. voulait voir mes couilles. Elle nous guidait plus vite que les autres vers le sexe. Elle avait insisté pour qu'on fasse un tour de patin à roulettes sur une ballade, main dans la main.
On s'échangeait des collants de personnages d'Hannah Barbara. Les plus précieux.
On est toujours l'enfant d'hier.
Une fois sur mille c'est vrai.
samedi 22 juin 2019
Nouvel Axe du Mal
Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis deviennent le lien pivot d'un nouvel axe du mal.
Dans la Seconde Guerre Mondiale on parlait de l'axe du mal regroupant l'Allemagne, l'Italie et le Japon.
Sous George W. Bush, on faisait peur aux gens en parlant de l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord.
Maintenant on pourrait penser Chine, Russie, Arabie Saoudite, Corée du Nord, Philippines. USA.
Chez lui, Trump attaque les fondations de la démocratie. Les élections libres, la liberté d'expression, la justice. Caudillo nouveau genre. Caudillo Orange. Il est volontaire à réinventer l'équilibre des pouvoirs à la Maison Blanche.
À l'étranger, comme l'épisode de bipolarité qui l'a fait cracher sur Justin Trudeau sans rationnelles raisons lors du dernier sommet du G7 nous l'a montré, et combien de fois encore ailleurs, il se comporte comme Néron, toujours prêt à se lier d'amitié avec les dictatures mondiales et les pays largement répressifs.
Il désagrège l'OTAN dans le processus, une alliance démocratique mondiale, s'il en existe une.
Tout ça reste important car dans le nouvel ordre mondial post-Seconde Guerre Mondiale, les États-Unis se positionnaient comme le leader mondial développant un fier héritage de défense de la démocratie et d'abolition des tyrannies. Ce n'est plus vrai.
Mais comme la Guerre du Vietnam l'a montré, les États-Unis n'ont pas toujours été fidèles à leurs principes. Malgré ses transgressions, les États-Unis sont restés inspirés par des principes relativement valides longtemps.
Ce n'est plus le cas. L'ordre mondial se redessine. Pas à l'avantage des États-Unis.
Ceux-ci glissent du côté sombre et cynique du monde des affaires. Nous nous noyons dans le monde des affaires. Car c'est un bête, très bête homme d'affaires qu'ils ont planté dans les souliers du président. Perdant les États-Unis comme un refuge d'espoir, le monde ne peut maintenant plus que mal virer. À la dérive. Au Brésil, en ce moment même, on a complètement fermé le ministère de la culture parce que ça ne rapportait pas. Faire du ca$h. Isto tudo que conta.
Ça semble catastrophé ce que je raconte, mais pensons-y, les défis du 21ème siècle nous commandent de faire face aux changements climatiques, aux essors économiques en Chine et en Inde, aux développements démographiques mondiaux, aux développement de l'intelligence artificielle, aux mouvements migratoires. Une attitude constructive et du travail d'équipe est donc non seulement nécessaire, mais fondamentalement importante. Il n'existe pas plus diviseur que l'administration en place aux États-Unis.
La fausse approche partagée par les Trump, Jinping, Poutine, Erdogan, Duterte, Mohammed, Kim, Borsolino est de croire en l'idée d'un étroit protectionnisme économique ne servant que des intérêts nationaux.
Les affinités avec Poutine de Trump sont sans équivoques. Enquête pas enquête sur la collusion.
Les guerres de demain seront cybernétiques. La Russie et la Chine le savent. Les États-Unis en sont leur troisième roue.
Vérités de la palisse, je sais. Vieux disque.
Étant de l'autre côté des murs que ces gens construisent, on ne peut qu'étudier la nature des bêtes en cage.
Mais qui encage qui?
Justin Trudeau actuellement se trouve dans l'impossible situation de demander à Trump d'user de son influence pour régler les problèmes avec les Chinois.
Dans la Seconde Guerre Mondiale on parlait de l'axe du mal regroupant l'Allemagne, l'Italie et le Japon.
Sous George W. Bush, on faisait peur aux gens en parlant de l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord.
Maintenant on pourrait penser Chine, Russie, Arabie Saoudite, Corée du Nord, Philippines. USA.
Chez lui, Trump attaque les fondations de la démocratie. Les élections libres, la liberté d'expression, la justice. Caudillo nouveau genre. Caudillo Orange. Il est volontaire à réinventer l'équilibre des pouvoirs à la Maison Blanche.
À l'étranger, comme l'épisode de bipolarité qui l'a fait cracher sur Justin Trudeau sans rationnelles raisons lors du dernier sommet du G7 nous l'a montré, et combien de fois encore ailleurs, il se comporte comme Néron, toujours prêt à se lier d'amitié avec les dictatures mondiales et les pays largement répressifs.
Il désagrège l'OTAN dans le processus, une alliance démocratique mondiale, s'il en existe une.
Tout ça reste important car dans le nouvel ordre mondial post-Seconde Guerre Mondiale, les États-Unis se positionnaient comme le leader mondial développant un fier héritage de défense de la démocratie et d'abolition des tyrannies. Ce n'est plus vrai.
Mais comme la Guerre du Vietnam l'a montré, les États-Unis n'ont pas toujours été fidèles à leurs principes. Malgré ses transgressions, les États-Unis sont restés inspirés par des principes relativement valides longtemps.
Ce n'est plus le cas. L'ordre mondial se redessine. Pas à l'avantage des États-Unis.
Ceux-ci glissent du côté sombre et cynique du monde des affaires. Nous nous noyons dans le monde des affaires. Car c'est un bête, très bête homme d'affaires qu'ils ont planté dans les souliers du président. Perdant les États-Unis comme un refuge d'espoir, le monde ne peut maintenant plus que mal virer. À la dérive. Au Brésil, en ce moment même, on a complètement fermé le ministère de la culture parce que ça ne rapportait pas. Faire du ca$h. Isto tudo que conta.
Ça semble catastrophé ce que je raconte, mais pensons-y, les défis du 21ème siècle nous commandent de faire face aux changements climatiques, aux essors économiques en Chine et en Inde, aux développements démographiques mondiaux, aux développement de l'intelligence artificielle, aux mouvements migratoires. Une attitude constructive et du travail d'équipe est donc non seulement nécessaire, mais fondamentalement importante. Il n'existe pas plus diviseur que l'administration en place aux États-Unis.
La fausse approche partagée par les Trump, Jinping, Poutine, Erdogan, Duterte, Mohammed, Kim, Borsolino est de croire en l'idée d'un étroit protectionnisme économique ne servant que des intérêts nationaux.
Les affinités avec Poutine de Trump sont sans équivoques. Enquête pas enquête sur la collusion.
Les guerres de demain seront cybernétiques. La Russie et la Chine le savent. Les États-Unis en sont leur troisième roue.
Vérités de la palisse, je sais. Vieux disque.
Étant de l'autre côté des murs que ces gens construisent, on ne peut qu'étudier la nature des bêtes en cage.
Mais qui encage qui?
Justin Trudeau actuellement se trouve dans l'impossible situation de demander à Trump d'user de son influence pour régler les problèmes avec les Chinois.
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