dimanche 25 mars 2018

Ruidos



Je ne sais pas si vous avez vu l'entretien entre Gerald Filion, journaliste économique de Radio-Canada, et la ministre Mélanie Joly à l'émission Tout Le Monde En Parle. Il se trouve ici.

Vers 5:30, Mélanie est dans la totale diarrhée verbale afin de faire écran face à des questions qu'elle ne comprend pas complètement, auxquelles elle ne veut pas répondre, qu'elles n'avaient pas évaluées, peut-être tout ça en même temps.
Elle créé du bruit. On lui parle de création de concurrence déloyale créée de toute pièce par son gouvernement, qui, contrairement à la plupart des pays, refuse de taxer le réseau Netflix. Elle répond sur des taxes citoyennes (de moins de 30 sous par mois), ce qui n'a aucun rapport. Fillion finit par dire, excédé, devant l'écran de fumée qu'elle souffle de sa triste bouche: "on dirait que vous nous entendez pas", ce qu'elle confirme en ne cessant jamais de parler, utilisant beaucoup de mots pour en dire, en somme, un seul: rien.

Le public à surtout retenu ce segment.

"Vous ne nous entendez pas".

C'est une vieille stratégie de faire du bruit afin de tenter de diriger le sens du vent dans une tempête.

Le premier jour d'octobre dernier, l'Espagne a réveillé ses vieux fantômes franquistes. C'était jour de vote sur l'indépendance catalane. C'était jour de honte aussi. Le gouvernement espagnol a été brutal envers de pacifiques voteurs, 100% hooligans, a tenté de voler des boites de bulletins de vote, peu importe comment l'Espagne tente de s'en défendre, la police a été criminelle. Il n'y a aucun doute là-dessus.

Pourtant, un rapport, lancé par un juge de l'État, vendredi dernier, offre 70 pages où on y parle de la violence répressive de la rébellion et d'incitation à la violence. Pas de la part de la police, ce que les images qui ont fait le tour du monde trahissent. De la prétendue violence catalane, qui, de notre côté de l'Amérique, nous est apparue comme de la simple défense d'attaque policière. Pas une ligne sur la brutalité policière. Documentée visuellement. Et comment expliquer une tentative de vol de boîte de vote comme la photo ici démontre?

Bon, nous n'y étions pas. La vérité sera toujours plus grise. Il y a surement eu quelques mouvements de réelle révolte. Un agressif policier tente de voler une boîte de bulletin, ça fera chauffer les esprits peu importe qui on est. Et il y aura surement eu de braves policiers qui sont restés propres dans tous le chaos.

Une chose est certaine,  il y a eu beaucoup de bruit.

Et le rapport de vendredi ne parle pas la même langue. Il fait comme Mélanie Joly. Il parle d'autre chose. Il condamne des choses qui ne se sont pas passé comme on les présente. Du bruit.

La vérité c'est que le gouvernement a eu peur. Et la peur est la vraie ennemie. Née de l'ignorance. Et parente de la haine et de la colère. Les États-Unis l'apprennent en ce moment, aussi. Ils ont peur de tout, immigrants, intellectuels, médias, des femmes, ils ont même peur d'eux-mêmes.

Franco se collait au cul de Mussollini et Hitler en temps de guerre. La peur l'avait guidé vers la lâcheté. Ces deux pays, Italie et Allemagne étaient dirigés par des leaders en rupture complète avec tout fonctionnement démocratique. Franco aimera. Il sera brutalement répressif.

On ne l'oubliera pas.

Mariano Rajoy a peint l'automne dernier l'Espagne d'une couleur lamentable. Il a saigné une grande partie de son peuple. Il a eu peur des indépendantistes. Il tente maintenant de manipuler les faits afin de gérer la direction du vent. Il nourrit l'ignorance.

Gère le bruit. Son rapport est d'une vérité soviétique.

Les marionnettistes sont partout. Et sans scrupules.
Les fils sont tellement visibles que le show s'en trouve affecté.

Mauvais script anyway, Mariano.

Sabemos mejor.

On ne l'oubliera pas non plus.

Carles Puidgemont a été arrêté en Allemagne aujourd'hui.

samedi 24 mars 2018

The Crown

Quiconque me connait sait à quel point je suis anti-monarchique. Le concept de la lignée familiale comme preuve de compétence est une ignominie à mes yeux.

Ceci a fait en sorte que, lorsque j'ai attaqué la saison 1 de la série The Crown sur Netflix, mon intérêt s'est naturellement porté sur pratiquement tous les personnages secondaires que je trouvais tellement plus intéressants.

Le presque roi Edward, au début.
Philip, beaucoup.
Margaret, beaucoup.
Winston Churchill
Même Tommy Lascelles, le majordome.

J'ai dû me rendre au 7ème épisode (de 10) avant de commencer à m'intéresser vraiment à la reine Elisabeth et à tout ce qui lui arrive. Déjà, elle était dure à aimer.

Chaque saison (il y en aura 6) représentera une décennie. La saison 1 étant les années 50.

Le duc de Windsor, Edward VIII, est monté sur le trône en 1936, simplement parce que son père était décédé. Très vite, il a montré des signes de non coopération face aux différents protocoles royaux. En voulant épouser une divorcée des États-Unis, qui allait divorcer une seconde fois pour marier Edward, le duc de Windsor a choisi de renoncer au trône, par amour pour cette dame, ce qui s'inscrivait contre l'église.  Dans la logique difforme de la monarchie, c'est son frère, Albert, père d'Élizabeth & Margaret, qui deviendra alors le roi Georges.
Avec un règne de 326 jours, Edward, qui ne fût jamais couronné, aura été le monarque au règne le plus court de l'histoire de la monarchie britannique. Incarné par Alex Jennings, il me rappelait beaucoup mon grand-père maternel. Que je n'ai vraiment connu qu'en photo. En allant voir les photos du vrai Edward VIII (ici, à gauche), il est frappant de voir à quel point il ressemble encore plus à mon grand père maternel. Edward VIII a les plus belles lignes de la série dans le dernier épisode, un grand épisode. Formidable. Il y a aussi un épisode, celui du couronnement d'Élisabeth, où il est bouleversant d'humanité.

Philip est mon personnage préféré. Incarné par un ancien Doctor Who (Matt Smith).
Sans le réaliser tout de suite, Philip Mountbatten aura été l'un des tous premiers hommes roses public. Il épouse Élisabeth sans complètement comprendre qu'il sera la mouche dans la toile d'araignée. Il le comprend sous nos yeux dans la série. On lui enlève ses titres de prince de Grèce et du Danemark, on lui enlève son nom (une première, la dynastie (Windsor) restera au nom de madame), on lui enlève même son droit de voler en avion (jugé trop dangereux) une passion pour le pauvre homme piégé. Il vit en quelque sorte, en homme, ce que des millions de femmes vivent depuis longtemps. On le perçoit, étrangement, comme le "méchant" de la série. Il n'est pourtant que très humain. Et pas plus faillible que les autres. Simplement prisonnier. Héritant d'une formidable ligne dans le dernier épisode, voulant retrouver la Femme derrière la reine.

Margaret me plaît énormément. Pas seulement parce qu'elle est jouée par la fort jolie Vanessa Kirby, (TOUT le casting est formidable, les enfants aussi-à 5 millions par épisode, on en attendait pas moins), mais aussi parce que voilà un autre personnage coincé dans le désordre de l'histoire. Coupable de n'être que la "deuxième" soeur derrière celle qui est catapultée reine, elle sera bientôt trouvée coupable de tomber en amour avec un simple écuyer du roi Georges et ancien héros de guerre. On lui refusera cet amour. Brutalement. Vanessa Kirby, dans le dernier épisode m'a presque fait verser une larme. On la dessine rebelle, drôle, anticonformiste et on suggère des airs de scandale autour d'elle. Ça se passait dans les conservatrices années 50. Moi je n'y ai vu qu'une Femme. Avec un grand F. Coincée, elle aussi, là où elle ne le voulait pas.

Winston Churchill m'a toujours impressionné. Incarné ici par John Lithgow (6`4, Winston était 5'6), il est aussi bouillant que touchant. Il sera un guide pour la non scolarisée Elisabeth.

Tommy Lascelles est le majordome en chef, complètement au service de sa majesté, mais aussi lourd conseiller et capitaine subtil du bateau novice que conduit de manière hésitante Elisabeth. Porteur de mauvaises nouvelles comme de bonnes et d'intéressées, Tommy est incarné par Pip Torrens. 

Celle qui est dans la peau d'Elizabeth, est Claire Foy. Elle est parfaite. Une ligne dite par un photographe, toujours dans cet épisode parfait qui est le dixième et dernier de la première saison, parle de la reine en la prenant en photo, qu'elle est comme une île, qui ne bouge, ni ne respire, ce qui décrit parfaitement toute la série que nous venons de voir.

Il reste étonnant que la famille royale est accordée le droit de cette série, alors que personne ne paraît bien. Mais alors, personne. On y plonge dans l'intimité fort indiscrète du couple Elisabeth/Philip. On y voit beaucoup de lâcheté chez des gens vivants. Inconscience? possible d'après le portrait qu'on fait d'Elisabeth, parfaitement peu prête pour la royauté. Et peu équipée pour affronter le monde adulte en général.

Déconnectée. Comme les monarchies le sont toujours.
Vous saisissez un peu plus mon dégoût?

La série est formidablement mise en images par entre autre Stephen Daldry, l'homme derrière le largement Oscarisé The Hours. Scénarisée par Peter Morgan, qui s'était aussi commis pour The Last King of Scotland. Henry VIII  (pour la télé) et The Queen (lui, il est passionné par la monarchie). Brillamment jouée de toute part et mis en musique par Rupert Gregson-Williams. Même si ce dernier a tout volé à Micheal Nyman. Qui lui volait à Purcell...

The Crown est un formidable portait de famille dysfonctionnelle. Un paysage de vrais déracinés. Un portrait d'îles.

La série est exceptionnellement bonne, nous montre dignité et efficacité contre humanité.

Toute des choses parfaitement absentes de l'administration actuelle des États-Unis d'Armérique.
(sinon le déracinement)

La saison 2 est aussi disponible et je l'entame dès que j'en ai la chance.
Les saisons 3 et 4 (années 70 et 80) auront un casting entièrement différent. Et ainsi de suite jusqu'à la mort de Lady Di.

La photo en tête de chronique est le toute dernière image de la série, vous y voyez du bonheur dans les yeux, vous?

vendredi 23 mars 2018

Justice Usurpée & Nouveau KKK

Je prépare peu à peu ma valise. Pour changer de planète.

Je ne comprends plus la mienne. Elle me pue même au nez.

Cette photo, ici à gauche, c'est quoi? Oui, c'est un interdit de faire demi-tour en voiture au coin d'une rue, mais c'est surtout un dessin. DU LANGAGE INTERNATIONAL. On le comprend dans toute les langues puisque c'est un pictogramme. Si il existe cet interdit, c'est qu'il y a danger. Un danger qui n'a jamais eu besoin d'être prouvé. Mais la simple existence de cet interdit, là où il est placé, indique que danger peut se produire si on enfreint l'indication routière.

Un touriste des États-Unis a enfreint cet interdit. Il a bravé le danger. A perdu son pari. Il n'a jamais vu Clément Ouimet, 18 ans, un cycliste, qui descendait le Boulevard Camillien Houde. Le choc a été brutal, Ouimet en est mort sur le coup.

Aucune accusation ne seront portées contre le touriste des États-Unis, avons nous appris cette semaine.

Donc, les enfants, tuer, en commettant un geste illégal, ne vous sanctionnera jamais autrement qu'émotivement. C'est déjà beaucoup, je sais, mais un non retour sur nos routes ou une suspension de permis n'auraient pas nui non plus. Il y aurait eu ombre de justice.

Ça veut dire qu'on en doit une aux cyclistes. Qu'un cycliste, fonçant sur une lumière rouge, la brûlant, causant du même coup de faux mouvements de véhicule, provoquant un accident qui tuerait un piéton ou un passager de voiture, ça n'a pas le droit de vous embêter, cycliste. Autrement qu'émotivement.

Au moins une fois. C'est ce que la justice nous dit.
Pour Clément, qui aura toujours 18 ans.

Ce que la justice nous dit aussi, c'est que la journaliste de Radio-Canada, Marie-Maude Denis, devra répondre aux questions de l'avocat de cette vermine qu'est Marc-Yvan Côté dans le procès qui l'occupe (ainsi que la crapule Nathalie Normandeau). On sait que Marc-Yvan ne veut qu'une chose: qu'elle révèle les sources qui l'ont placé en cour face à des accusation de fraude, complot et d'abus de confiance.
La cour supérieure considère que son témoignage est nécessaire afin de faire la lumière sur cette affaire.

Non, non et renon. Et la prison pour ces cons.

Marie-Maude ira en appel de la décision. Jamais, un(e) journaliste ne devrait, en pays sans dictature, devoir révéler ses sources si il/elle n'en a pas envie. Ça s'appelle plus que la liberté d'expression, ça s'appelle l'intégrité, la rigueur, le confiance entre le/la délateur/délatrice et le/la journaliste. C'est lourd à lire hein? Je fais mon effort de non-sexualiser les phrases.

Peu importe. Marie-Maude Denis est tout ça. Intègre, rigoureuse, confiante, intelligente, voire brillante. Elle est aussi professionnelle. La main qui tient la pelle du tas de selles. Et qui la lance plus loin. Pour que le fumier deviennent bon engrais.

Marc-Fumier Côté tente d'intimider. Il a une quenouille comme épée.
Si Marie-Maude Denis perd son appel, je souhaite très fort qu'elle garde le silence sur les sources qui l'ont nourrie dans les accusations de fraude, complot et abus de confiance qui pèsent contre Côté et Normandeau, ainsi que 5 autres coaccusés moins connus.

Marie-Maude, si elle va en prison pour avoir gardé le silence, méritera une statue à son effigie.

Cette justice est ordurière. On avait essayé la même chose avec le journaliste Daniel Leblanc dans ce qui avait obligé la Commission Gomery. Ça n'avait pas marché.

Ça ne marchera pas plus avec Miss Denis. Tiens ta route, M-M!
On sera tous derrière toi. Faudra un jour cessez de croire que le journaliste est l'ennemi. Donald fucking Trump* fucking is.

Pendant ce temps, à Québec, on apprenait, hier, que la meute avait investi un colloque conférencier sur les regroupements d'extrême droite. Parmi lesquels on compte...la meute. Ils étaient une trentaine à surveiller ce qu'on dirait d'eux. Et ils ont pris le micro pour rectifier certains propos sur leur compte. Ça a dévié sensiblement la conférence. Qui n'était pas exclusivement sur la meute, mais sur les extrémistes.

La meute se dit contre l'extrémisme radicale islamique? MAIS NOUS LE SOMMES TOUS! Alors qu'est-ce qui fait de la meute, une meute particulière?
Son extrême attention sur le sujet.

Il est là le problème. Le mot extrême. Ce mot n'est pas meilleur ailleurs.
Il devient même assez péjoratif avec le temps.

A-t-on vraiment besoin de fonder un groupe de citoyens pour se pomper contre les radicaux?

Du point de vue des gens de la meute, oui. Parce que ces gens ont peur. Ils sont motivés par la peur.
Ils sont unis dans la peur. Qu'ils déguisent en fierté nationale.

Mais ça ne reste qu'un costume.

Wolves in sheep's clothing qu'on dit chez mes ancêtres.
Allez voir ce que cela veut dire.

C'est la meute.
Une honte fière.

Comme le Ku Klux Klan dans le temps.


*L'ignorance

jeudi 22 mars 2018

George Sand

Née à Paris, le 1er juillet 1804, Amantine Aurore Lucile Dupin a pour père un capitaine d'armée et pour mère, Sophie Victoire Delaborde, déjà mère deux fois, et femme légère et peu farouche, d'un milieu social inférieur. La future auteure aura toujours en elle de fortes vibrations bourgeoises (de son père) et un souci constant des plus pauvres (de sa mère).

Son père meurt à 30 ans en tombant de sa monture. Une semaine avant, le frère naissant d'Aurore ne survit pas non plus. Aurore sera élevée par sa mère et sa grand-mère. Elle passe de merveilleux moments dans un domaine, à Nohant. Ce type de décor reviendra beaucoup dans ses oeuvres à venir. Adolescente, elle se rapproche beaucoup de sa grand-mère, délicate et cultivée. Aurore découvre Jean-Jacques Rousseau, Chateaubriand, Aristote, Condillac, Montesquieu, Blaise Pascal, Jean de la Bruyère, Montaigne, Françis Bacon, John Locke, Leibniz, Virgile, Alexander Pope, John Milton, Dante et Shakespeare. Elle est maintenant passionnée de culture. On la marie de force à 18 ans. Elle sera la meilleure porte parole pour se prononcer contre les mariages toute sa vie.

Elle est vite prisonnière de son mariage. Elle donne naissance à un fils. Un an plus tard, son mari la gifle en public et elle se sent libre seulement quand il s'absente. Elle a une liaison amoureuse extra-conjugale trois ans après leur mariage. Elle a aussi une liaison avec un ami d'enfance. Et tombe enceinte. D'un père moins que certain, mais accouche d'une fille. Elle a une relation avec le romancier Jules Sandeau. Le divorce n'existe pas, mais la séparation oui. Celle-ci est prononcée en février 1836.

En fréquentant Sandeau, elle s'ouvre à la politique et au romantisme de l'époque. Elle quitte Nohant pour Paris. Elle sera des jeunes artistes et poètes du quartier latin portant des costumes extravagants.
Aurore mène une vie de bohème, et traîne dans les théâtres, les musées et les bibliothèques. Obtenant un permis de travestissement légalement auprès de la police, elle choisit de porter en permanence une redingote-guérite, costume généralement masculin. Elle se noue aussi des cravates en laine, se fait couper les cheveux aux épaules et porte un chapeau de feutre mou. Un style visuel est né. Elle commence une carrière de journaliste au Figaro. Avec son directeur de journal, elle co-écrit un premier roman sous le pseudonyme de J.Sand. J parce que Jules Sandeau y a mis beaucoup du sien aussi. Le roman connait un bon succès et l'éditeur en exige un autre du même auteur. Aurore a justement écrit une intrigue amoureuse qui est aussi une étude sociale et de moeurs, critiquant les conditions sociales des femmes: Indiana. Jules Sandeau ne veut pas associé son "J" a une oeuvre auquel il n'a pas participé du tout alors on tranche pour George Sand. George sans le "S" joue sur l'ambiguïté et l'androgynie. Aurore n'invente pas juste un style vestimentaire, mais invente aussi le pseudonyme pour une femme auteure. Et écrit dans des élans de féminisme rare pour l'époque (1832) en France.

Indiana sera un immense succès. Valentine, qui suivra assure aussi sa renommée. Elle rompt sa liaison avec Sandeau et en a une, qu'elle regrette aussitôt, avec Prosper Mérimée. Paraît ensuite Lélia, oeuvre lyrique et allégorique et très originale qui sera un autre grand succès, mais aussi un scandale car l'héroïne pousse quelqu'un au suicide et on traite d'athéisme.

Elle rencontre Alfred de Musset lors d'un dîner organisé par Françis Buloz. De Musset & Sand seront vite amants. Ils voyagent en Italie avec Stendhal. De Musset tombe malade et Sand tombe amoureuse du médecin italien qui le traite. De Musset ne tient aucune rancune, reste ami avec tout le monde, rentre à Paris tout seul. Elle créé de plus en plus: Mattea, Leone Leoni, André, Jacques, et les premières Lettres d'un Voyageur. Elle lancera 11 nouvelles lettres de cette série entre 1834 et 1836.

De Musset et Sand s'écrivent fiévreusement. Ils reprennent, sont toxiques l'un pour l'autre. Destructeurs. Elle se coupe les cheveux encore plus court afin d'attirer son attention. Désespérée, elle pose pour Eugène Delacroix.

Comme elle est toujours techniquement mariée, et qu'elle était beaucoup plus riche que son mari, celui-ci dilue la fortune "commune". Elle engage un fameux avocat, Michel De Bourges, et s'en éprend. Mais De Bourges est aussi marié. Et bien qu'il gagne la cause de Sand contre son mari, le privant de trop piger dans sa bourse, il la quitte assez vite.
De Musset présente Franz Liszt à George Sand. Ils resteront grands complices. L'auteure Marie D'Agoult, suivant l'exemple de Sand, écrira sous le nom de Daniel Stern. Elle se noue d'amitié avec Sand et Liszt. Ensemble, ils iront vivre un temps, en Suisse. Ils voyageront beaucoup. Avec plusieurs amis. Elle fréquente Frédéric Chopin. Elle écrit sur ses fréquentations Les Galériens ou Les Amours Forcés qui parle avec transparence de Liszt et D'Agoult. Mais comme elle est trop proche des sujets, elle donne son livre à Balzac qui en fera Béatrix, déguisant Lizst en compositeur Conti et D'Agoult en Béatrix.

L'abbé Félicité de Lammenais est excommunié suite à la parution de ses Paroles d'un Croyant. Il aura une grande influence sur Sand et Liszt. Elle le vénérera dans Histoire de ma Vie. Lammenais inspirera aussi grandement le roman de Sand, Spiridion.

Charles-Augustin Sainte Beuve, critique et écrivain, sera aussi confident et conseiller littéraire de George Sand. Celle ci développe des idées socialistes et écrit de nombreux romans champêtres inspirés de Nohant. Elle s'y retire après l'échec de la révolution de 1848. Elle se consacre un temps au théâtre.

Ce seront plus de 70 oeuvres qu'elle crééra, jusqu'à ses 71 ans. Elle décède à cet âge. Non seulement comme une des plus grandes auteures du XIXème siècle, mais aussi comme une femme vecteur de changement majeure. Souhaités et rèels. Une rebelle. Nettement en avance sur son époque. Brillante.

L'actrice québécoise Myriam Leblanc a une affection particulière pour George Sand.

Depuis avant-hier, elle incarne la fameuse femme au Théâtre du Rideau Vert.
Avec Liszt, Chopin, Lammenais et bien des fantômes.
Pour les femmes d'hier qui ont les yeux sur le futur.
Et les femmes du futur, fières d'hier.

Jusqu'au 21 avril.




mercredi 21 mars 2018

Laisser Vivre les Monstres

Vous le trouvez cuuuuuuuuuuuuuuuuuuute?

Moi j'ai pris cette photo. Je vois encore la démence dans son oeil. Cet accident se cherchait un coin de rue. Il a d'abord tenté de manger tous les fils du sous-sol. Il a réussi pour le téléphone. On a plus de ligne dans le sous-sol. La base du téléphone, la recharge n'est plus reliée au mur. Elle est en deux morceaux bien séparés par ses dents.
Il nous as aussi coûté deux fils de recharge de Iphone à 50$. Nous sommes obligés de cacher tous les fils menant au routeur et à l'ordi du sous-sol. Peine perdue. Nous n'avons plus l'internet au sous-sol, il a tout mordillé, malgré les coussins. Il vide aussi continuellement la poubelle sous l'ordi. Et a non seulement bouffé le ponpon de la tuque de l'amoureuse, mais a aussi arraché la pine qui aurait fait en sorte que le ponpon aurait pu revenir se fixer à la tuque.

Je ne peux plus donner de fleurs à la belle. Il les mange. Et même, ces fleurs cachées dans notre chambre pour les faire vivre plus longtemps, il a profité d'un moment d'inattention pour monter sur le bureau, faire tomber le pot à fleur, le cassant, le vidant de son eau partout, tout en mangeant les gerberas au grand complet. Comme un ogre.

Ce chat est un monstre. Je veux le tuer deux fois par semaine.

Mais le laisse vivre.

Je crois en ses chances. Il n'a pas encore un an. Le chenapan.

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Le Québec en entier a vécu une psychose en 2009. Après qu'un cardiologue de St-Jérôme eût lui-même vécu une psychose, fatale pour ses deux enfants de 5 et 3 ans.
Ce cardiologue avait découvert une liaison entre son épouse et un ami, entraîneur personnel. Il avait promis à son épouse la guerre. Il l'a livrée. Il a assassiné deux petites âmes sans défense qui le suppliait d'arrêter de le faire. Il a voulu tuer son épouse par en dedans. Il a réussi. Un jury l'a déclaré non responsable en 2011. Personne n'a compris. L'assassin gagnait sur tous les points. On restait avec les images d'horreurs à vie. Une cicatrice pan-québécoise.
Le cardiologue ne devait que suivre une thérapie. Vous pouviez le croiser en achetant du lait.

Pas ses enfants.

Le traumatisme collectif n'est pas encore complètement soigné dans la province à tête de chien. Même si dès 2013, on le ramenait en cour pour réviser tout ça. Et que cette fois, on le déclarait coupable de meurtre prémédité sur ses deux enfants. Il écopait de 17 ans avant une possible libération conditionnelle, on retenait surtout la première partie. Deux perles broyées. Bien des vies anéanties. Dans les familles Gaston, Turcotte, Huot et bien d'autres. L'horreur sera éternellement associée au noms Guy et Turcotte. En tout cas, ici.

Le 6 janvier 2016, il fait appel. Ce qui lui sera refusé. Dès son arrivée à Port-Cartier, il est battu par les prisonniers. Les gardes font leur travail. Ils regardent ailleurs.

Le 13 mars dernier, l'ex-cardiologue est repassé en cour pour faire une autre demande d'appel.

Il veut la réduire.

Les juges de la Cour d'appel ont pris la cause en délibéré, sans dire quand ils rendront leur décision.

Le Québec est encore sous le choc de la simple évocation de son nom et de son nom de famille.
Les prénoms des deux enfants, mis ensemble, sont encore un cauchemar national.

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Dans la nuit du 26 au 27 juillet 2003, Bertrand et Marie se sont chicané. Bertrand a tué de ses mains, Marie. Qu'il prétendait aimer. Il n'en était pas à ses première brutalités envers les femmes. N'en serais pas à ses dernières. Il ne fera que 4 ans de prison pour ce meurtre.

À sa sortie, on essaiera de le cacher dans les voix d'une pièce de théâtre de Wajdi Mouawad. Erreur. On le remarque avant que le pièce ne prenne place. Sa participation à la pièce du Théâtre du Nouveau Monde a été annulée devant le tollé de réactions publiques. La pièce s'inscrivait dans "le cycle des femmes" ce qui a rendu, en surface, cette résurrection artistique encore plus immonde.

L'an dernier, un ami journaliste l'a longuement interviewé en prévision de la sortie d'un nouvel album de musique pour les Inrocks. Bertrand a même fait la Une. Pas une seule évocation de l'éléphant dans la pièce. Le nom de Bertrand rappellera toujours celui de Marie. Un magazine concurrent ramenait les pendules à l'heure la semaine suivante. Avec brio.

Bertrand est en tournée afin de mousser les ventes de son dernier disque. Devant la levée de boucliers voulant sa disparition publique, il a annulé sa participation à tous les concerts prévus de sa part dans les festivals de l'année. Mais pas à sa tournée en soi. La mère de Marie, Nadine, trouve indécent que l'on puisse l'applaudir. Depuis quand applaudit-on les assassins? questionne-t-elle.

Une enquête sur le suicide de l'ex-femme de Cantat, en 2010, pourrait être réouverte disent certains depuis cette semaine. Les accusations d'ex-copines d'agression du chanteur s'accumuleraient.

Bertand exige le droit de vivre sans subir de calomnies. Sa tournée se terminerait fin mai, à Paris.

Il est bien peu de monstres qui méritent la peur que nous en avons, disait Gide.

Mais André, d'outre-tombe, quelles chances laisserais-tu aux monstres, toi?

Toi qui étais monstre de quelques enfants...