vendredi 26 janvier 2018

À La Recherche Du Temps Perdu*********************Le Mépris d'Alberto Moravia

Chaque mois (dans ses 10 derniers jours) je vous parle de littérature. Tout comme je vous parle de musique (vers le milieu) et de cinéma (dans les 10 premiers jours).

Je vous parle d'un livre qui m'a bouleversé et je tente de vous dire pourquoi. En essayant de vous donner envie de le lire. Parce que lire, c'est respirer sainement.

Lire, c'est penser, réfléchir, parler à un ami, l'écouter surtout, l'entendre, le comprendre (ou pas), c'est s'immiscer dans une réalité qui n'est pas nécessairement la nôtre, c'est oser braver ses préjugés, c'est s'ouvrir, découvrir de nouveaux angles sur la vie, sur soi-même, sur les autres. C'est prêter une oreille à des confessions , une culture, des moeurs, des fantasmes, c'est avoir l'oeil et la tête sur de nouvelles conceptions, se permettre un nouveau regard. C'est faire acte de générosité mentale. C'est générateur aussi. Ça fait fleurir les idées. Voyager les rêves. Ça intensifie les cauchemars. Fabrique des images.
Lire c'est forger ses propres pensées en les confrontant à celles des autres, en les comparant, en s'en inspirant. C'est découvrir un rythme, se découvrir une musique mentale. C'est danser sur le cerveau d'un autre. C'est une inspiration, un souffle.

Lire c'est visiter la vie des autres et un peu la nôtre aussi.

Lire c'est un peu beaucoup mon métier et c'est pour moi respirer.

LE MÉPRIS d'ALBERTO MORAVIA

J'avais trouvé ce livre. Par terre. Pas une brique. Un tout petit livre olive. J'ai dû le lire en deux heures. Je découvrais un fameux auteur.

Né de ses problèmes du coeur avec sa femme d'alors, l'écrivaine Elsa Morante, Le Mépris d'Alberto Moravia raconte la riche histoire d'un mariage en déclin. Le scénariste Riccardo Molteni se fait dire par sa femme, Emilia, que non seulement ne l'aime-t-elle plus, mais qu'en plus, être autour de lui rend sa vie à elle, lamentable.

Écrit avec un précis sens de la mélancolie, la trame narrative expose une sorte de huis clos matrimonial duquel on voudrait détourner l'attention, parce que trop privé, mais aussi développe un côté tragique tirant vers la farce. Très tôt dans le livre on comprend que l'amour entre les deux êtres est noyé. Du moins, du point de vue d'Emilia. Riccardo, pour sa part, cherche à comprendre ce qu'il aurait fait de mal. Questionnant sans cesse sa femme sur l'état dans laquelle il la place. Le livre ne met en scène que deux autres personnages, le rustre producteur de film Battista et le réalisateur de film allemand Reinhold. Ce qui ajoute à l'intimité du récit. Le premier produit un film à Capri, le second, le tournera, une version moderne de l'Odyssée d'Homère.

Le couple Riccardo/Emilia est invité à séjourner dans la luxueuse villa du producteur, entre autre parce que le producteur Battista, un arrogant individu, à tout à fait les yeux sur la belle Emilia. L'endroit est paradisiaque, mais le scénariste y vivra l'enfer moral. La tension dans le couple ne fait que grandir. Emilia prend encore plus ses distances. Elle voit son mari tel un fantôme errant. Une esquisse de celui qu'elle a déjà aimé. L'agitation de celui-ci s'en trouve décuplé. Celui-ci est déchiré entre deux versions de son scénario. L'une qui plaira au producteur, une Odyssée spectaculaire, et une autre plus philosophique qui plairait davantage au réalisateur allemand.

L'écriture de Moravia est précise et juste. Il calcule subtilement et dissèque l'amour entre deux êtres. Son absence surtout. Si tu as quelque chose, ceci ne veut jamais dire que tu la possèdes vraiment, ni ne la comprend. Moravia nous parle de beauté. Le film de Godard, tiré du livre, nous le rappelle davantage. La beauté est partout. Emilia possède la beauté mais ne l'a pas vraiment. Riccardo la comprend mais ne la possèdes pas (plus) ni ne l'a. Le producteur l'achète mais ne la comprend pas. Le réalisateur tente de la tourner.

Il y a beaucoup de substance dans les écrits de Moravia. D'observations lucides. D'humour dans la déconfiture aussi. On sent la mise en abîmes d'une vision masculine de l'amour dans ce livre. Écrit et publié en 1954. Ce qui peut paraître lourd comme sujet ne l'est pas tant que ça. Moravia sait placer les mots justes. Il est fin observateur de l'humeur humaine.

Au début on veut se retirer de leur intimité, mais on se laisse prendre au jeu et on ne veut plus quitter ce couple qui fond.

J'ai adoré le livre. Adoré tout autant le film tiré du livre par Godard. Je le relirais.
En deux heures surement encore.

jeudi 25 janvier 2018

Météos Intérieures

Ce serait un ulcère dans le système digestif qui se serait développé en hémorragie interne que des excès de bière, croisés avec un traitement aux advil pour neutraliser le mal, ce serait tout ça qui aurait mené au décès de mon cousin de 43 ans, jeudi dernier, technicien informatique de première ligne pour une grande banque.

Le rapport du coroner ne sortira que dans 6 mois, mais c'est ce qui filtre entretemps.

Lundi dernier, c'était la triste identification du corps pour les parents et la soeur du défunt. Mon oncle, ma tante, ma cousine. Ma mère y était présente. Avec son plus jeune frère et sa conjointe. C'était d'une tristesse absolue. Ils l'ont plus ou moins reconstruit à partir de photos car il était maintenant mort depuis au moins une semaine. Tout le monde l'a reconnu. Ces gens font du bon travail. Drôle de métier, mais ils font un sacré travail (un travail sacré?). Comme il allait être incinéré, on l'a tout simplement laissé sur une table, dans un gilet des Maple Leafs de Toronto, son club préféré.

Celui qu'on croyait si seul, a eu la visite de quelques 50 de ses collègues de travail, attristés, et 13 membres de sa famille maternelle. Les gens du salon ont dû avoir recours à un plan B et le placer finalement dans une tombe temporaire convenable. Ma mère m'a conté tout ça. J'étais content qu'il ne soit pas si seul au bout du compte.

Ma mère et ses deux frères ont passé quelques 4 jours ensemble entre jeudi dernier et lundi. Ils ont beaucoup pleuré ensemble. Rien dans la vie ne les avait préparés pour ça. Un enfant ne devrait jamais partir comme ça. Pas avant ses parents. Je l'ai interdit formellement à mes enfants. Mais bon. Qui a le dernier mot quand l'incompréhension va toujours plus loin que le savoir?

On l'a retrouvé mort. Pour retrouver, il faut avoir perdu. Mon cousin Gregory s'est perdu dans l'alcool on ne sait trop quand. Ce sont des choses qui se glissent en l'Homme sournoisement. Comme la folie.

La folie de l'auto destruction.

Gregory picolait beaucoup. Ça l'a tué. À 43 ans. Calisse que c'est con. Il s'était perdu.

Ma mère et ses deux frères, les deux belles-soeurs, ma cousine, ont beaucoup pleuré ensemble. Ils ont ri aussi. Ils ont fait tous les temps. Parce que des situations du genre vous font vivre toute les météos intérieures. Personne ne peut se préparer à perdre un enfant, un frère, un neveu pour rien. Mon oncle, Fox, le jeune frère de ma mère, était le parrain de Gregory. Fox et sa conjointe n'ont jamais eu d'enfants. Gregory était le plus près de ce qu'ils auraient jamais comme fils. Les derniers jours ont été tout ce qu'il y a de plus déchirant pour les coeurs de ma famille.

Ils n'ont pas laissé le silence les alourdir. Ils se sont beaucoup parlé. Comme si le grand frère de ma mère, ma mère et son petit frère étaient encore en 1965. Ils se sont même raconté des anecdotes datant des années 50. C'est là qu'ils ont beaucoup ri. Quand Fox s'est rappelé une anecdote, où il y défendait subtilement ma mère avec vengeance, une anecdote dont elle ne se rappelait de rien, ça a amusé tout le monde.

Je n'y étais pas quand il a raconté son anecdote. Mais je l'ai trouvé habile. Dans un moment dramatique et intense du genre, il lui a été tout naturel de raconter une histoire où un frère se braquait pour protéger sa soeur. Qu'elle soit vraie ou non, son anecdote reflétait la situation qu'ils vivaient en ce moment. Frères, soeurs et belles soeurs unis afin de ne pas se noyer dans le chagrin et nager en eaux saines. Je l'ai toujours trouvé plus brillant que les autres cet oncle. Des deux familles confondus.

Étrangement, 5 jours après avoir appris sa mort, moi qui avait très peu pensé à Gregory dans ma vie, y ait pensé toute la journée. Je l'ai senti très près de moi. Mais ça, c'est toujours le piège du "maintenant qu'il est trop tard, qu'aurais-je du/pu vraiment faire?".

Toujours prisonnier obligé de travailler en entrepôt en raison de ma cheville endolorie et de la CSST, qui ne veut pas me laisser travailler ailleurs qu'ici, j'ai trop de temps pour réfléchir.

Je pense à mon oncle, à ma tante, ma cousine.
Ma mère. Son plus jeune frère, sa compagne de vie.

Le silence ne doit plus être lourd.

Le soleil doit maintenant avoir un visage.

Il avait encore beaucoup de temps prévu devant lui.
Il le passera maintenant à veiller sur nous.

Toujours en première ligne.

mercredi 24 janvier 2018

Oscars 2018

Chaque année, je suis passablement excité de l'annonce des films qui seront nommés aux Oscars. (C'était hier matin). Plus excité je dirais qu'au résultat final même. Une simple nomination peut piquer ma curiosité et allonger ma liste de films à voir prochainement. Déjà trop longue de...51 titres...

Dans la catégorie des meilleurs films, depuis quelques années, on retient presque 10 films. Ce qui est absolument pute et con. On fait ça pour essayer de gruger un public de cote d'écoute. On y glisse 5 bons films et les autres sont du politically correct, ce qui est toujours TOUJOURS wrong.

Cette année, les films Darkest Hour, The Post, The Shape of Water, Lady Bird, Three Bilboards Outside of Ebbings, Missouri, se disputeront la précieuse statuette. Je n'en ai vu qu'un et encore, tout récemment. C'était très bien.  Seul Darkest Hour était hors de mon radar (plus maintenant) À ces 5 films, on a greffé le film qui fait honneur aux gens à la peau noire, le film qui fait honneur à l'homoérotisme, le film qui fait honneur au patriotisme et le film avec l'acteur qui en fait trop. J'ai vu 2 de ses 4 derniers et je ne les aurais pas évoqué parmi les meilleurs de l'année, mais pas du tout, ni l'un ni l'autre.

J'adore les 5 femmes nommées pour la meilleure actrice: Frances McDormand, Sally Hawkins, Margot Robbie, Meryl Streep et Saoirse Ronan. Mon vote ira pour la jeune irlandaise. Elle m'avait flabergasté dans l'excellent Atonement, et elle m'a toujours plu depuis.

Dans les meilleurs rôles masculins, des surprises, beaucoup de "peu d'envergure". Thimothée Chalamet est Français et n'était connu de personne avant Call Me By Your Name.  En tout cas, pas ici. Le film semble un traditionnel "coming of age movie". Daniel Day-Lewis en fait toujours trop selon moi. Daniel Kaluuya est fameux dans Get Out. Tout le film repose sur sa performance et ça aurait dû être la seule nomination du film selon moi. Denzel Washington me semble toujours jouer...Denzel Washington, sauf une fois, et il avait gagné l'Oscar du meilleur acteur pour cette fois. Jamais entendu parlé de Roman J. Israël, Esq. Peut-être s'agit-il d'une autre fois magique. Il semble en effet hors du traditionnel. Mais mon vote ira pour un acteur que j'aime depuis toujours: Gary Oldman. Qui, ironiquement, incarne Winston Churchill, dont je dévorais une partie de la vie fin décembre, au Costa Rica, partie de vie qui sera justement couverte dans Darkest Hour.  Dans des années comme cette année où peu de performances sont franchement flamboyantes et évidentes (chez les hommes), on fait souvent gagner un acteur pour l'ensemble de son oeuvre. Ce serait le tour de good ol' Gary.

Dans la catégorie de la meilleure actrice dans un rôle de soutien, une chanteuse, Mary J.Bilge, pour Mudbound. Allison Janney, qui, au simple visionnement de la bande annonce de I,Tonya, me suggérait déjà non seulement une nomination, mais une victoire dans cette catégorie aux Oscars. Lesley Manville chez Thomas Paul Anderson. J'avais trouvé Laurie Metcalf terrrrrrrrrrible dans JFK en faisant des tonnes. Mais dans Lady Bird, elle semble y trouver le rôle de sa vie. Je sens que j'aimerai tout de Lady Bird quand je le verrai. Octavia Spencer a déjà gagné dans cette catégorie en 2012, donne la chance à une autre Octy. On te voudra toujours dans des rôles secondaire si tu y gagnes trop.

Dans la catégorie du meilleur acteur dans un rôle de soutien, c'est plus inspiré que dans la catégorie du meilleur acteur. Willem Dafoe est un fabuleux comédien. Le film pour lequel il est nommé semble immensément sympathique. Will is. Je lui accorderais une pensée sincère. Woody Harrelson est nommé pour Three Bilboards Outside of Ebbings, Missouri. Il me semble toujours ne voir que Woody Harrelson "faisant le comédien" dans ses films. Ce film ne fait pas exception. J'ai beaucoup aimé Richard Jenkins, brièvement, dans Six Feet Under.  J'ai hâte de voir The Shape of Water. La nomination de Christopher Plummer me fait rire. Il était si formidable? Il y a trois semaines, il n'était même pas du film de Ridley Scott. C'était Kevin Spacey qui jouait son rôle. On a effacé numériquement Kevin et le canadien Plummer est venu faire un travail de plombier (volontaire jeu de mots) dans ses souliers en retournant tourner les scènes mettant en vedette Spacey il y a tout juste quelques semaines. Mais Plummer est phénoménal. Quand il s'investit, il gobe toute les scènes. C'est probablement encore le cas. Plummer avait gagné cet Oscar en 2012 aussi. Un autre doublé Spencer/Plummer serait comique. Mais mon vote ira à Sam Rockwell, que j'ai aimé partout. Et que je trouve (heureusement) largement sous-estimé.

Je parle beaucoup plus des hommes que des femmes, pas juste me direz-vous. C'est vrai.

Meilleure réalisation: Chris Nolan pour Dunkirk. Non. Jordan Peele pour Get Out. Salutaire. Greta Gerwig pour Lady Bird. Fameux pour une femme si underground. Paul Thomas Anderson, pour Phantom Thread. Ce sera la 8ème fois qu'il sera nommé. N'a jamais gagné. 4 fois pour le scénario, deux fois pour la réalisation et deux fois pour le meilleur film. Guillermo Del Toro devrait gagner selon moi. Rien ne semble impossible avec sa caméra.

Meilleure cinématographie: Darkest Hour...Hmmm....sujet politique, ça m'étonne. Dunkirk. Non. Mudbound.Un film de Netflix? les Oscars franchiraient ce pas? Rachel Morrisson devient la première femme à être nommée (à vie!) dans cette catégorie. Elle gagnera peut-être simplement pour ça. The Shape of Water. Maybe. Mon vote va à la caméra de Roger Deakins, pour Blade Runner 2049, un chef d'oeuvre visuel.

Meilleur scénario (original), ma catégorie préférée, on choisira entre The Big Sick d'Emily V.Gordon et Kumail Nanjiani racontant la vie amoureuse des deux auteurs, vivant avec les préjugés interaciaux dans l'univers de la scène artistique et faisant soudainement face à un drame. Get Out, my God noooo, l'histoire d'un autre couple interacial dont la famille de madame à de drôles d'habitudes. No. c'est justement là que ça se gâche. Au scénario. De Jordan Peele. Meilleur réalisateur qu'à la plume. L'actrice réalisatrice Greta Gerwig a mon vote pour l'histoire d'une jeune fille qui choisi de vivre formidablement. Tout à fait 2017-2018. The Shape of Water offre une certaine science-fiction, je vois mal un scénariste gagner dans une catégorie où le visuel est si important. Vanessa Taylor et Guillermo Del Toro sont au script. Martin McDonagh oscielle entre lourd drame et comédie pour son film qui touche un sujet fort délicat, le désespoir. Ou son contraire. La détermination. Ou l'obssession. Les larmes, ou le rire.

Les Oscars seront animés par Jimmy Kimmel, comme l'an dernier. Et seront remis le dimanche 4 mars prochain.

mardi 23 janvier 2018

Les Pipeurs de la Nouvelle-Angleterre

C'est fou ce que j'en ai marre des tricheurs.

Ils me semblent partout et constamment honorés plutôt que punis.

Il devient presque difficile d'inculquer une certaine forme d'honnêteté à ses enfants alors que ceux qui trichent se voit ouvrir des portes toutes grandes à peu près partout.

Mais avant que je n'encourage la tricherie, il faudra me ré-usiner entièrement.

Au football de la NFL je suis mécaniquement incapable d'être impressionner par la Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Ils se sont fait prendre à tricher. Ont été punis très timidement (parce que l'argent est la loi). Ont gagné le Super Bowl l'an dernier, dans une fin de match que j'aurais dû trouver spectaculaire si elle avait impliquée d'autres clubs, mais dont l'issue fût favorable aux Patriots, que nous savons tricheurs, alors il m'était impossible de me réjouir ou d'être épaté par ces filous.

C'est quoi leur tricheries?

-Ils engagent régulièrement des joueurs de réserve que des clubs adverses libèrent dans le seul but qu'il vienne révéler les stratégies et les jeux qu'on se volent d'un club à l'autre. Ils ne sont pas le seul club à faire de la sorte, ce serait courant dans tous les clubs de commencer l'embauche d'un nouveau joueur issu d'une nouvelle organisation par une entrevue serrée révélant ce qu'il sait de son ancien club. Mais la Nouvelle-Angleterre a engagé certains joueurs, sans jamais les utiliser ailleurs que dans un bureau. Où on jouait au panier-percé, comme la plus grande des utilités.

-Ils ont été très efficaces à voler les signes de jeux adverses. Encore là, tous les clubs y aspirent, dans tous les sports d'ailleurs (le baseball beaucoup). Mais les Patriots étaient meilleurs sur la chose que les autres. Meilleurs voleurs.

-Il est aussi commun, quand votre équipe est sur la route et que le match devient serré en fin de partie, que soudainement, les communications de votre casque, les liens avec la passerelle, deviennent brouillonnes et au bout du compte, impossibles. En Nouvelle-Angleterre, facilement.

-Le maraudage auprès des agents libres est illégal pour toute les équipes. Toutes le font, dans tous les sports. La Nouvelle-Angleterre sans exception. Toujours difficile à prouver, mais on signe facilement avec les Pats. "parce que c'est une équipe qui triche bien de gagnants..."

(le faux scandale des ballons insuffisamment gonflés était un faux scandale, les ballons fournis par les Colts étaient tout aussi dégonflés, la Ligue a maladroitement condamné une tradition de tricheurs autour des Patriots, mais cette fois, ceux-ci n'étaient pas dans le tort. Ironiquement, peu de gens connaissent le vrai fond de l'histoire et on croit encore qu'ils ont fourni des ballons largement dégonflés dans le but des les favoriser (un seul l'était vraiment sur 11))

-En 1961, l'incroyable se produit. La tricherie ne se passe pas au niveau de l'organisation mais bel et bien au niveau de ses fans. Dans la finale de division menant au Super Bowl, les Texans de Dallas (futurs Chiefs de Kansas City) et les Patriots de Boston s'affrontent et le pointage est de 28-21 pour les Pats en toute fin de match. Une passe de 70 verges amène les Texans à la ligne de 3 des Pats avec quelques secondes à faire au match. La foule, croyant le match terminé et Boston gagnant, envahit le terrain et saute sur ses héros. Mais les arbitres les renvoient dans les gradins. Il reste du temps pour un dernier jeu. Quand le jeu reprend, un fan réussit à déjouer tout le monde et revient sur le terrain. Tout est filmé. Il réussit même à toucher au ballon pour que celui-ci n'atteignent pas sa cible dans la zone des buts. La foule réinvestit le terrain, la confusion est totale, seul le quart-arrière des Texans semble avoir remarqué l'intrus, il crie au vol. Mais personne ne l'écoutera. Jamais on ne renversera la décision. Même après voir vu les images et avoir eu bien honte. Le fan ne sera jamais identifié clairement, noyé dans la foule qui s'était relancé sur le terrain.

-En 1986, les Patriots ont perdu un choix de troisième ronde, en punition pour avoir fait un usage illégal de la liste des blessés.

-Entre 2007 et 2016, 5 joueurs des Patriots, Rodney Harrison, Brandon Spikes, Jermaine Cunningham, Brandon Boldin et Rob Ninkovich, se sont fait pincer pour utilisation de produits illégaux afin d'augmenter leur condition physique. Chaque joueur a été suspendu pour 4 matchs (dans des saisons de seulement 16 matchs).

-Les Patriots se sont fait prendre à filmer les signaux des Jets de New York, du mauvais côté du stade. Il est permis de filmer les matchs et le club adverse, mais dans des endroits précis dans les stades, pas derrière le banc adverse ou trop près du banc adverse. Les Pats n'étaient pas dans la bonne zone. Ils savaient tous les jeux adverses et devenaient imbattables en défensive, interceptant tout (comme si il savait déjà...oh! mais ils savaient déjà!).

Bref, on reste loin du talent sportif non? Et pourtant il y a définitivement du talent chez les Pats.
Mais obscurci par de l'ombre.
Coupables ou pas, les Pats sont associés à du pas propre.

Ça me rend incapable d'enthousiasme à leur égard. Même si Tom Brady brille de toute ses dents et que ses fins de matchs devraient être passionnants.

Non, ils ne le sont pas pour moi.

Ils donnent de la valeur aux tricheurs.
Les Patriots seront encore du Super Bowl cette année.
Les osties...

lundi 22 janvier 2018

Le Déni de la Distinction

Résolution obligatoire collective pour 2018: CONTINUONS DE RIRE.

Même si on a beaucoup de raison de faire le contraire, il est plus important que jamais de continuer à rire.

Les gens pour qui rien n'est drôle tentent de prendre le contrôle du monde et nous ne pouvons pas les laisser faire.

Je vais vous faire une admission qui influencera la suite de mes propos: j'ai un pénis.

Ça me place distinctivement dans le catégorie des gens potentiellement plus agressifs et sursexuels, mais ça ne me place pas nécessairement dans la catégorie des gens qui ont continuellement tort. Mais vous n'êtes jamais obligés de me suivre sur rien. Vous n'aimez pas? zappez. Aller jouer ailleurs. Lire c'est gratuit et ça peut se faire partout ailleurs.

Je supporte vivement le mouvement #Metoo aux États-Unis et le mouvement #Etmaintenant au Québec. Mais ne supporte en rien le mouvement #MeMcCarthysm.

Quelque chose ne tourne pas rond quand une sénatrice des États-Unis peut dire, sans se faire relancer, quelque chose de grossier comme:
"Quand nous sommes en train de discuter de la différence entre le harcèlement sexuel, l'agression et les attouchements non sollicités, nous sommes en train d'avoir la mauvaise conversation"

ARE YOU FUCKING KIDDING ME?
Tu habites le pays de l'ignorance massive, sénatrice, peut-on avoir une simple conversation supplémentaire?

Peut-on réfléchir à certaines distinctions? Tout ça serait la même chose?
Je peux comprendre qu'un Al Franken, feignant de saisir à deux mains les seins d'une belle femme endormie peut le tuer publiquement sur le grand boulevard de la tolérance zéro contre les comportements inappropriés (un boulevard que seuls les Démocrates emprunteraient semble-t-il...). Il n'en était pas à ses premiers gestes (ou propos) déplacés sur cette même femme.

Mais veut on vraiment imposer un déni de distinction? un aveuglement volontaire? une ignorance choisie entre un assaut dans un sombre corridor et un massage dans le dos lorsque madame boit à la machine à eau du bureau ? Ce que je vais dire va peut-être vous choquer, mais la masturbation est normale et saine. Mais PAS DANS UN PARC.  Distinction.

Laisser tomber l'idée que même les gestes sales comme les agressions n'ont PAS de degrés de dommage est aussi stupide que d'accorder une importance aux "faits alternatifs". Je peux comprendre que Donald Trump ne veuille pas réagir, il ne connait que 88 mots. Et se sait coupable de probablement aussi pire.Mais le reste de la planète doit avoir cette conversation. Peser les pour et les contres. Voilà pourquoi le symbole de la justice inclut une balance dans la main d'une aveuglée. On nous demande de rester aveugle. Lady Justice tient une balance, pas un fusil tronçonné. La sénatrice a ajoutée "vous devez faire une ligne dans le sable et dire que rien de tout ça n'est acceptable".

Absolument!

Tout à fait vrai. Mais peut-on marcher et mâcher de la gomme en même temps?
Peut on encore dire que taper sur une fesse d'autrui sans l'avoir consulté sur la chose et violer cette personne, que les deux restent inacceptables, et que l'un des deux gestes est pire que l'autre?

Pas vraiment semble-t-il.
14 ans de prison ou 14 mois, même chose.

Quand Matt Damon a dit "Il y a une différence entre une tape sur les fesses et le viol ou l'agression sexuelle sur un enfant, n'est-ce pas?" il a mangé beaucoup plus de marde sur le net qu'il ne l'a fait dans le film The Martian. On l'a tout simplement crucifié. Minnie Driver, ancienne amoureuse de Matt, a répondu que les abus ne sont pas hiérarchiques, qu'une femme qui aurait vu le pénis d'un homme sans l'avoir exigé peut souffrir autant qu'une femme violée.

Huh?

AUCUNE FEMME SUR TERRE, entre se faire violer ou voir un pénis non sollicité ne souhaiterait vivre le premier. Comment fait-on pour trouver le commentaire de Minnie, noble et celui de Matt, issue du déplacé? Nous perdons le sens de la raison. La logique de l'intelligence humaine exige que nous partions tous de faits connus et établis. La merde est physiquement, chimiquement différente de la sauce soya et ça, tout le monde le sait, c'est d'une évidence absolue.
Mais il semble que maintenant, construire de blocs de pensées, articuler son intelligence autour de degrés d'innaceptabilité, soit une chose interdite et facilement renvoyable dans le ravin des mauvais réflexes.

Mike Pence et l'État Islamique sont tous les deux homophobes.
Adolf Hitler et Donald Trump sont tous les deux racistes.

Dans les deux cas, acceptons nous que l'un des deux est beaucoup moins pire que l'autre?

Non,  selon la sénatrice en question dont je n'honorerais même pas le nom, Minnie Driver et quelques têtes brulées chassant les pénis.

Le mouvement #Metoo nage un peu dans la dérive. Et y a plongé récemment. Ça devait arriver.

Nous sommes capables de distinguer des niveaux de gravité dans les drogues. On trouve ridicule aux États-Unis que la Marijuana soit classée comme une drogue de type 1, comme les drogues potentiellement fatales que sont le LSD et l'héroïne.  Parce que c'est ridicule. On ne s'est arrêté qu'au mot drogue. Sans distinction de degré. On ne meurt pas du cannabis. À moins d'en vendre ou de ne pas payer ceux qui vous la vendent. On ferait la même chose avec les agressions? toute la même chose? On serait si peu intelligent?

On distingue des niveaux ailleurs en société.
On a 4 degrés de meurtre.
3 degrés de brûlures,
6 degrés de Kevin Bacon.

CONTINUONS DE RIRE.

Mais aussi de discuter et de réfléchir aux problèmes sous tous ses angles.

Ne serais-ce que pour éclaircir un peu les esprits brouillés par je ne sais quoi.

Les émotions, la rage, l'ignorance, l'impulsion.
La peur.

dimanche 21 janvier 2018

Paris Perdus

La Ligue Nationale de Hockey n'enverra aucun joueur aux Olympiques en Corée du Sud.

Et c'est tant mieux.

Jamais ils n'auraient dû le faire de toute manière. En 1984, je suivais mes premières Olympiques sérieuses. En été à Los Angeles et en hiver, à Sarajevo, en Yougoslavie. Mes dernières intéressées au hockey olympique.

Tout de cet hiver au hockey olympique n'existe plus.

Le pays d'abord qui est devenu la République de Bosnie-Hérzégovine. Les équipes ensuite. Équipes qui étaient alors composées de jeunes espoirs juniors, entre 17 et 21 ans, que l'on découvraient aux Olympiques et qu'on s'amusait à retrouver parmi les clubs de la LNH dans les années qui suivaient les Olympiques. C'était ce que les Championnats Mondiaux Juniors de nos jours sont: excitants, des jeunes plein de promesses comme dans tous les sports qu'on découvrait (ainsi que leurs athlètes) ailleurs aux Olympiques. Dès 1988, on introduisait des joueurs de la LNH dans le hockey olympique.

J'ai de très beaux souvenirs du hockey olympique de 1984. Le meilleur joueur du Canada était Pat Flatley. Le capitaine des États-Unis était Pat Lafontaine.  Dans le match entre le Canada et les États-Unis, le duel se passait entre les deux Pat. Mais les deux clubs ne seraient même pas de la ronde des médailles au final.
Les deux Pat atteindraient la finale de la Coupe Stanley l'année suivante au sein des Islanders dans la LNH (mais perdraient face aux Oilers de Mark & Wayne). Russ Courtnall serait un Leafs de Toronto. Jean-Jacques Daigneault et Doug Lidster seraient des Canucks, Kevin Dineen et Dave Tippett des Whalers, Dave Donnelly, un Bruins, Bruce Driver et Kirk Muller des Devils, Darren Eliot et Craig Redmond des Kings, Dave Gagner (père de Sam) et James Patrick (oncle de Nolan) des Rangers, Mario Gosselin, un Nordiques et Carey Wilson, un Flames.

À partir de 1988, comme je le disais plus haut, les joueurs de la LNH avaient le droit de participer aux olympiques. Étrangement je ne garde aucun bon souvenir de toute les éditions qui ont suivies. Mon intérêt y était nul. Il est ridicule et insensé de planter des millionnaires qui n'ont besoin d'aucune publicité, au milieu d'un village olympique peuplé de jeunes qui auront  souvent la seule publicité de leur vie, mais aussi qui se battront toute leur vie post-olympique, et très souvent aussi leur vie pré-olympique, à courir les sous et à demander l'aumône partout. Et à se magasiner une reconnaissance.

Insensé.

Le temps me donnerait encore plus raison quand, une année/édition que j'oublie, l'équipe des États-Unis qui comptaient entre autre bouffons Brett Hull, Jeremy Roenick, Chris Chelios et Ed Belfour, avait été éliminée de la ronde des médailles très tôt et, millionnaires égarés ayant du temps à perdre, avait tant fait la galère dans le village qu'ils avaient démolis des chambres d'hôtel. (Brett Hull avait finalement payer pour tous les dégâts avec son argent de poche).

En hiver, le hockey n'a pas besoin d'y planter des millionnaires. Tout comme au basket, en été, les États-Unis n'ont rien à prouver.

Il est d'autant plus ridicule de risquer une blessure pour une médaille qui ne veut rien dire et priver ensuite le club auquel il appartient du talent d'un joueur. De plus, la LNH prenait une pause idiote pour 50 quelques joueurs, brisant le rythme de la saison.

La LNH voulait maintenant que les Olympiques leur promettent une part des redevances des matchs présentés. Les Olympiques leur ont dit "mais pour qui vous prenez vous?, on ne fait cela pour personne. Et vous êtes déjà tellement riches!, up your asses trumpistes!"

La LNH a chanté tout l'été et s'est trouvée fort dépourvue quand les Olympiques sont restées de glace face à leur refus de coopérer. On ne peut plus y envoyer des Juniors qui ont leur championnats du monde juniors dans le temps des fêtes. Et des saisons bien en cours qu'ils ne sont pas assez bêtes de suspendre par ce tournoi olympique.

On enverra donc des pros de Ligue d'Europe et d'ici. Mais pas de la LNH.

La compagnie de cartes sportives Upper Deck et le magasin Canadian Tire ont fait le pari que la LNH finirait par envoyer des joueurs du circuit quand même. Et ont perdu ce pari.

Des cartes de "L'équipe Canada 2017-2018" sont vendues comme un mensonge pour les générations à venir. Aucun des joueurs sur les cartes vendues au Canadian Tire ne représentera un joueur du Canada qui sera aux Olympiques de 2018.  L'équipe se trouve ici.
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En Espagne, c'est Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol conservateur, qui a perdu son pari sur toute la ligne.

Quand Carlos Puidgemont a fait voter l'indépendance de la Catalogne, on a eu droit à des images de dictature de la part du gouvernement espagnol de Rajoy. De l'horreur anti-démocratique. De l'intimidation majeure. On a même jeté en prison plusieurs chefs des coalitions qui font des pro-Catalans, la majorité en chambre, en Espagne.

Carlos Puidgemont a été le plus ciblé pour des accusations criminelles de la part de Rajoy. Il a donc fui en Belgique. D'où Puidgemont pense être en mesure de gouverner. Ce qui est son pari à lui, pari très incertain si il en est un.

Si Puidgemont revient en Espagne, il est aussitôt arrêté et coffré. Un parfum des années de dictature de Franco flotte. Rajoy a donc fait le pari de limoger tout le gouvernement, d'en dissoudre le parlement et de refaire des élections pour faire entièrement peau neuve dans la classe politique.

Le résultat a finalement été pire qu'avant. On a cru à une sorte de nivellement qui aurait favorisé le respect de la constitution espagnole qui clame que la séparation d'une partie reste illégale. Mais non.

On est arrivé à une majorité pour deux partis bannis...dont les chefs croupissent en prison ou sont sur menacés d'y croupir.

L'impasse est presque aussi totale que l'impasse budgétaire aux États-Unis.
Trump accuse les démocrates. Cette accusation est un pari qu'on aurait gagné facilement. Ces  parfaits hallucinés les accusent même de meurtre...

Ça chie ailleurs dans le ventilateur des parieurs.