jeudi 23 décembre 2010

La Petite Robe Noire

(à la 'tite Barrette)

La musique vibrait dans la pièce tamisée.

Éli se tenait seule au fond du bar et ne se souhaitait pas la soirée ainsi. Son célibat lui pesait mais elle se sentait armée. Prête à faire des rencontres.

Elle se mouvait doucement de son corps dans le décor. Un endroit tristement vide pour un mercredi soir. Les gens ne sont-ils pas déjà en vacances? pensa-t-elle. Oui mais ils ont mieux à faire que d'atterir au fond d'un bar, se répondait-elle presqu'aussitôt.

Elle l'aperçut soudain au fond de la pièce seul lui aussi, les cheveux stylés, un visage d'étudiant, un air entendu du gars qui en a déjà vu. Ça devait faire deux fois que leurs regards se croisaient. Ce n'était pas parce qu'il y avait foule, s'assoir dans le même coin semblait la chose la plus naturelle. C'est Éli qui pris les devants.

"Salut...Je peux me joindre à toi?"
Il sourit, presque satisfait, ça l,a un pue irritée car il la faisait languir.
"Bien sûr..." Finit-il par dire.
"T'es tu tout seul?" Elle détesta aussitôt sa question. Voulait-elle dire dans la vie? célibataire? Elle le tutoyait depuis le début de la conversation, serait-elle perçue comme trop entreprenante? Se posait-elle trop de questions? Ce moment ne devait-il pas être "casual" et "relax"? Lui en tout cas avait les deux jambes allongées sur le divan devant lui, dans une position complètement détendue mais aussi comme si il réservait/réchauffait la place de quelqu'un, la question était donc légitime.

"Nonon, je suis tout seul ce soir..." dit-il
 la suite sembla couler de source.
"Qu'es-ce qui amène un gars comme toi tout seul par ici" demanda Éli.
"La même chose que toi j'imagine..."

Elle laissa sa réponse à lui flotter un peu,  puis répondit à son tour en le regardant par en dessous:
"...la soif?..."

Habile, la soif de quoi? Il sourit, en la regardant de côté lui aussi. Elle remarqua que son verre était vide comme le sien, que buvait-il?, elle s'avança:
"Tu veux quelque chose à boire?" encore elle se détesta, c'est elle qui invite? ça sent le désespoir, la fille facile qui cherche le gars facile. Ben non! trop de questions dans sa tête encore.
"Sure! qu'est-ce que tu m'offres?" demanda-t-il apparement ravi.
"Du champagne?..." demanda-t-elle incertaine.
"Absolument, je n'ai rien à célébrer mais je suis partant" dit-il bougeant enfin un peu pour vrai en retirant ses jambes de sur le divan devant lui. Elle trouvait qu'il avait une voix sensuelle, des yeux bleus un peu agace sur ce visage couvert de cheveux blonds. "Mon genre" pensa-t-elle devant ce portrait. "Suis-je le sien?". Quel était le pouvoir de la petite robe noire? En enlevant soudainement son cardigan, elle dévoila ses épaules et le reste de cette petite robe noire qui dans certains lieux, et sur certains corps, pouvait avoir des effets dévastateurs sur la gente masculine. Si le jeune homme n'avait pas eu de réaction, elle remarqua un autre homme au bar, plus âgé, qui lui portait soudainement attention. Même le barman semblait intéréssé par leur "bulle". Il les regardait comme si ils préparaient quelque chose de louche. Elle prit le temps de réaliser qu'elle ne s'était pas présentée et qu'elle ignorait en retour son prénom à lui aussi. Il sourit, après avoir toisé ses yeux, ses lèvres, sa poitrine...il se leva et se dirigea ua bar afin d'aller chercher le dit champagne. Les choses tombaient en place et dans l'ordre. Monsieur prenait les rênes et elle se sentait reine.

En revenant avec la marchandise il rééxamina cette femme, franchement jolie et désirable, dans sa petite robe noire. Elle vit qu'il aimait ce qu'il voyait, elle aussi ça tombait bien, elle lui sourit timidement en buvant son verre de champagne. La dernière fois qu'elle avait tenté de séduire un étranger en prenant les devants elle devait avoir 15 ans. Elle se sentait toute adolescente 15 ans plus tard.

Ils discutèrent longuement. Il était plus jeune qu'elle de deux ans, elle avait triché et dit qu'elle avait le même âge que lui. Il était informaticien (werk!) elle était assistante juridique (re-werk!). Leurs passions étaient ailleurs. Lui rêvaient de se contruire sa maison de ses mains et Eli râvit un jour de se partir un salon de beauté.
"Quand j'en aurai de pilé" se sont-ils entendu de part et d'autre. L'alcool a cédé sa place au café, car après tout il fallait assurément conduire pour revenir en fin de soirée.

"T'as tu mangé au restaurant tantôt?" demanda le jeune homme.
"oui, pourquoi? toi aussi?"
"Oui j'ai une chambre en haut, j'ai trop bu je ne conduirai pas c'est certain"

Il y avait effectivement un restaurant adjacent au bar, elle l'avait oublié.
Il y avait effectivement quelques chambres plus haut, comme un hotel au-dessus du bar, elle l'avait oublié.
Il y avait effectivement un maudit beau jeune homme désirable devant elle qui lui ouvrait un monde de possibilités, ça elle ne pouvait l'oublier.
Il y avait effectivement un bail qu'elle avait eu la visite d'un prince dans ses draps, elle ne pouvait pas oublier ça non plus.
Il y eu un moment de suspension où l'air semblait rare. En prenant une grande respiration elle ne pût que remarquer qu'il n'avait rien manqué de sa poitrine qui se gonflait.
"T'as tu pris du dessert?" demanda
De quel type de dessert parlait-il après avoir parlé de sa chambre? Elle laissa un temps passer avant de répondre en regardant le sol:
"Non ça me tentais pas"
"Là ça te tente tu?"

Cette conversation pouvait tellement dire autre chose...

Elle se toucha un lobe d'oreille incertaine de sa réponse. Il rajouta:
"On reprendra un moka après ça"
Le serveur se pointait au même moment. Ce dernier prit la commande d'un gâteau et d'un café, il se tourna vers Éli, pétillante dans sa petite robe noire, le serveur lui demanda à son tour:

"Un café pour madame aussi?"
"Oh non, affirma-t-elle, si je prends un autre café je ne dormirai pas de la nuit"
Le jeune homme commanda pour elle.

"Ce sera un autre café pour madame..."

Un noeud se dénoua dans le ventre d'Éli.

La musique invitait la nuit.

mercredi 22 décembre 2010

Groucho et ses frères.

Dieu est bon.

Sinon il ne nous aurait jamais fait cadeau de Groucho.

Les cinq frères Marx ont été élevé dans un quartier de Manhattan reconnu pour accueillir les immigrants Européens, qui, majortairement se trouvaient du boulot comme artisans. Un oncle maternel, Al Shean, qui se produisait dans un numéro de vaudeville allait avoir, lui et sa soeur Minnie (leur mère), une grande influence sur les frères Marx.


Groucho, Gummo, Minnie, Zeppo, Sam, Harpo, Chico
Bien que n'ayant pas de carrière sur scène elle-même, Minnie allait pousser ses fils sérieusement dans cette direction. Leonard (Chico) serait le pianiste, Arthur (Harpo) l'accompagnateur à la harpe et Julius (Groucho), qui chantait juste, le chanteur. Julius visait une carrière de docteur mais fût forcé de quitter l'école dès ses 12 ans afin d'amener de l'argent à la maison.  De toute façon , Groucho, docteur? Vous imaginez?

Afin de palier à son manque d'éducation, Groucho allait dévorer bouliquement des dizaines de livres par mois. En 1909 quatre des cinq frères (Milton/Gummo s'étant rajouté à la troupe) allaient, sous la direction de Minnie et avec l'aide de l'oncle Shean, se monter un conventionnel tour de chant sous le titre "The Four Nightingales". Après avoir visité toute la côté Est, la famille déménage en Illinois afin de conquir les scènes du midouest. Suite à une performance particulièrement moche au Texas, Julius, Arthur et Milton commencèrent à se tirailler et à s'envoyer des blagues les uns aux autres. Les frères Marx réalisèrent alors que le public répondait davantage à leur cabotinage qu'à leur numéro musical.

Pendant sept ans, il feront des tournées sur scènes basés sur des sketchs de comédies, des monologues comiques et des routines de slaptsick. Avec la naissance du cinéma et le succès obtenu par Charlie Chaplin, les frères Marx étaient tout à fait dans le ton. Leonard, l'ainé,  devient Chico et gèree la plupart des bookings des frères. Il se choisit un accent italien et s'inspire de la racaille qu'il croise dans les cabarets pour se monter un personnage de petit mafieux. Julius devient Groucho, se dessine une fausse moustache au crayon feutre et se grossit les sourcils de la même manière, fume perpétuellement un cigare et porte de petites lunettes d'intellectuel. Il se développe un accent allemand pendant un temps mais dès 1915 le laisse tomber quand les allemands commencent leur descente aux enfers internationales. Arthur devient Harpo, choisira de porter une large perruque frisée rose (qui paraitra blonde sur les images noir et blanc), portera souvent un large imperméable dans lequel il garde une quantité incroyable d'objets dont il se sert souvent pour s'exprimer car il choisit aussi de jouer son personnage comme si il était muet ce qui le rend extrèmement populaire auprès des enfants.

Les frères Marx sont un immense succès sur Broadway qui n'avait jamais présenté de comédies sur scène. Ils sont des superstars à new York avant même de n'avoir tourné un seul film.

Puis commence les films, presque'en même temps que le son au cinéma.

Gummo ne suivra pas ses frères dans l'aventure Hollywoodienne mais le plus jeune des frères, Herbert/Zeppo prend sa place et jouera les straight men pour ses trois frères.  Rapidement Groucho, avec son personnage verbomoteur, bête, manipulateur, profiteur avec un large enclin à insulter quiconque s'imposera comme le leader du groupe. Chico et Harpo forment un duo intéressant mais Groucho se démarque par une démarche bouffonne, des raisonnements absurdes hilarant, et un sens de la répartie extraordinaire. Bien souvent les scènes sont improvisées à l'écran et tournée une seule fois. Comme au théâtre.  En 1929, ils tournent Cocoanuts . Mais c'est Animal Crackers qui les impose l'année suivante sur grand écran. Les années de grande dépression commencent aux États-Unis et rire devient fondamental. Monkey Business en 1931 fait mouche. En 1932 les frères Marx parodient le système collegial des États-Unis et la prohibiton dans Horse Feathers. À la même époque, Groucho et Chico sont les vedettes d'une émission de radio qui ne dure pas longtemps mais qui produira du matériel pour les films subséquents. En 1933 ils tournent dans leur chef d'oeuvre Duck Soup. Tourné par un réalisateur de haut calibre et oscarisé, Leo McCarey, ce film sera le dernier de Zeppo qui deviendra agent avec son frère Gummo par la suite (et avec beaucoup de succès).

Toutefois les différents entre la Paramount, chez qui ils tournaient, et leur tempéremment éclaté les fait terminer leur association. Lors d'un match de bridge (les frères Marx sont de redoutables gamblers) Chico fait la rencontre de Irving Thalberg patron de la MGM avec lequel ils tourneront deux excellents films.
En 1935 ce sera A Night At The Opera, une satire chaotique du monde de l'opéra, puis deux ans plus tard ils tourneront A Day At The Races, où les frères Marx provoquent l'anarchie dans le monde des courses de chevaux.
Toutefois, en 1936 Thalberg décède et peu de gens à la MGM ne tiennent à supporter les folies du trio.

Ils tourneront Room Service pour le RKO en 1938 mais reviendront à la MGM pour trois derniers films, At The Circus en 1939, Go West en 1940 et The Big Store en 1941.

Ils annoncent qu'ils se retirent mais revienennt pour deux films, A Night In Casablanca en 1946 et Love Happy en 1949 (avec une jeune et inconnue Marylyn Monroe dans un minuscule rôle) principalement afin de payer les dettes de jeu de Chico.

Chico et Harpo apparaissent ensemble (et séparés) dans des clubs et des casinos pendant quelques années pendant que Groucho devient une vedette de la radio et de la télévision de 1947 à 1961 tout en écrivant quelques livres délirant. Chico sera aussi le leader d'un band qui aura comme chanteur un jeune Mel Tormé de 17 ans.

Chico décède en 1961 à l'âge de 74 ans
Harpo meurt en 1964 à l'âge de 75 ans
Gummo décède en 1977 à l'âge de 83 ans
Groucho décède 4 mois plus tard à l'âge de 86 ans
et Zeppo meurt en 1979 à l'âge de 78 ans

Nous laissant d'immortels souvenirs, d'inombrables moments fous, pavant la route pour les films absurdes dans les années à venir avec des lignes fabuleuses qui vieillissent encore bien presque 100 ans plus tard.

Merci la vie pour Groucho et ses amis.

mardi 21 décembre 2010

2043

On les avait appelé les rotules, car il fallait de bons genoux pour faire leur boulot.

Rinne les surveillait de la fenêtre de son salon, son fils de 6 ans à ses côtés.

"Que font-ils sur la rue papa dans la pluie mouillée?"
"Tu es couché à cette heure-là normalement fiston, ce sont les rotules, ils attendent avant d'arriver chez nous..."

Sur ce, les deux entités qui attendaient dehors ont levé la tête en direction de la porte domiciliée de chez Rinne et enjambant le terrain en en arrachant plusieurs morceaux de gazon ils vinrent frapper à la porte.

Les télévisions avaient été remplacées par des Tortorella. Ce devait être autour de 2021, quand la génération Twitlibre avait détourné les pensions de retraite de leurs ainés et fait tomber le gouvernement de l'époque en prenant le contrôle de la province.
Tous ceux qui voulaient se divertir en regardant leur écran devait depuis se soumettre à la loi de la pub. Les parents de Rinne avait dû signer le régistre du loisir, un manifeste qui obligeait la maisonnée à se munir d'une Tortorella, un écran très semblable aux télévisions d'antan mais qui avait une puce dans laquelle, les publicitaires pouvaient savoir qui zappait pendant les publicités ou PIRE qui coupait le son des dites pubs. Chaque maison ciblée se voyait se faire envoyer une escouade appelée officiellement "les émissaires de propositions" mais qui était au fond deux vendeurs de pacotille qui venaient vous faire la promotion de la camelote publicitaire évitée à même votre salon.

Rinne était un habitué de leurs visites mais cette fois, la fatigue ou il ne savait trop quoi, mais il avait oublié de coucher son fils avant de synthoniser la Torterella et celui-ci allait assister à la visite des deux zoufs pour la première fois.

"M'sieu Rinne! Bien le bonsoir!" dit le premier.

"Bien le bonsoir, M'sieur Rinne!" dit le second sur le même rythme.

Rinne ne pris pas la peine de répondre, si habitué de voir leurs deux faces d'abrutis en soirée.

"Toujours à fermer la télé le temps des publicités tut tut tut tut" fit le premier le grondant gentiment
"Vous devez vraiment aimer nos visites pour agir ainsi" dit l'autre sortant une chaudière de son grand sac de toile.

"Vous m'écoeurez avec quoi ce soir?" finit par échapper Rinne.

"Oooooooooh! mais c'est un joli petit garçon çaaaaaaa!" fit le premier d'un grand sourire dément en aperçevant le fils de Rinne. "Comment va ta classe de carte de crédit?" poursuivi-t-il?

"Bien" dit le fils de Rinne, un peu ahuri de voir les deux grands monsieurs envahir son hall d'entrée.

"On a hâte de t'avoir dans nos filets" dit l'autre en se dirigeant pour barrer la Torterella.

"C'est quoi c'te merde là?" demanda Rinne en regardant la chaudière d'un des deux ploucs.

"Ah non! c'est justement le contraire! c'est pour justement absorber la merde de votre lézard d'Anatolie, c'est de la pellicule de TVA en gellule, l'ancienne litière!" dit le vendeur de cochonneries.

"Vous savez bien que je ne vous achèterai rien, à quoi bon insister..." dit Rinne dans un soupir découragé.

"Nous n'insistons pas nous ne faisons que notre boulot" dit l'un
"Un travail de propositionneur" dit l'autre cherchant la femme de Rinne derrière lui des fois qu'elle soit en tenue de nuit comme c'était arrivé une fois. Cette fois là les deux vendeurs avaient pris l'initiative de suggérer une jaquette pour dame lors de leur visite suivante.

"Je ne vous ai JAMAIS acheté quoi que ce soit, comment trouvez vous la motivation de venir chez moi tous les soirs depuis 9 ans?" dit Rinne réalisant le poids des années qu'il venait d'énoncer.

"Nous ne faisons que notre travail, n'appréciez-vous pas  ce passage du temps qui nous as tant rapproché, on vous a connus plus jeune, le cheveux longs, les cheveux courts, plus gras aussi, vous avez maigri non?" dit l'un.

"Oui... non... je sais pas...."

"Oh oui vous avez maigri! vous ne nous dites pas tout! vous vous entrainez en cachette?" dit l'autre.

"Non, surcharge de travail, mauvaise habitudes alimentaires, agressions à répétition, stress..."

"MERVEILLEUX! fit l'un en se lançant dans un laius vantant les vertus des gellules TVArk, votre lézard évitera les odeurs en tabarnak.

Rinne se donna une demie minute de réflexion à la fin de leur chanson. Le lourd sentiment d'oppression se mit à l'étouffer tranquillement. "monte te coucher" avait-il l'impression d'avoir dit à son fils, il n'en était plus certain, peu importe, son fils quittait la scène.

"A-t-il eu son Micheal Jackson de Noël?" pris le temps de demander l'un des deux merdeux.
"Le temps des fêtes n'est pas pareil sans le Dieu des enfants!" dit l'autre.

Rinne attendit que son fils soit hors de vue,  puis prit la chaudière en étudiant son contenu.

"C'est bien toxique tout ça non?" dit Rinne, d'un ton posé.

"Bien entendu, dit l'autre, pour les étiquettes ont raconte un peu n'importe quoi mais entre nous, ce produit mal utilisé, tue" poursuivit-il sur le ton de la confidence.

C'est à peu près ce que Rinne voulait entendre, il ouvrit la chaudière, pris la mâchoire inférieure de l'un, lui ouvrit grand la bouche et lui versa le contenu de la chaudière avec aplomb. Devant la rapidité d'éxécution et pris de stupeur, l'un tomba au sol ce qui facilita le travail de Rinne qui pu vider tout le contenu de gellules dans la gorge de son meilleur ennemi.
L'autre, qui était assis plus loin, dans le salon de Rinne, fût si saisi qu'il en resta paralysé. Il avait un balai à la main dont il n'avait pas encore eu le temps de vanter les qualités et s'apperçut à peine que Rinne venait de lui subtiliser le balai des mains tellement il était absorbé par le corps de son complice au sol la gueule débordant de gellules, le regard vide, probablement mort.
Rinne ne réfléchit pas autant qu'il réagit, il empala l'autre du manche à balai qu'il avait dans les mains et le souleva du sol par l'arrière-train. Le cri de l'autre devait être horrifiant mais Rinne ne l'entendit pas. Il n'entendait que le cri intérieur qu'il avait à la place du coeur et rien au monde n'était plus violent que cela.

Il balança les deux corps dans le drain de la rue. Deux corps à la gueule grande ouverte, prêts à avaler toutes les sottises du monde. Les deux étaient morts les yeux ouverts. L'un les poumons engellullés, l'autre empallé par le cul .

Rinne revint chez lui, essoufflé mais soulagé, presque heureux.

Il vit son fils dans l'entrée le regard inquiet.

"Papa?..."

"Fiston, nous devons fuir, j'ai deux cadavres d'émissaires dans le drain, on me recherchera dès demain...."

Commença pour Rinne une nouvelle vie, une vie de fugitif, en 2043.

lundi 20 décembre 2010

La Traversée dans le Désert du Dollar dans le (très) Noir des Salles de Cinéma.

Quand on m'a choisi dans une école spécialisée pour écrire pour la télé/le ciné on m'avait demandé en entrevue avant les études dans le domaine:

"Penses tu faire de l'argent?"

Et j'avais répondu le plus honnêtement du monde "Non, j'avoue ne pas y avoir pensé du tout".

Je suis encore comme ça. Je me soucie peu des chiffres et l'argent a toujours été un outil pour moi et non un objectif. Toutes les décisions que j'aies prises dans ma vie qui favorisaient le cash ont été des catastrophes. Et les décisions qui ont favorisé mes passions, un bonheur.

Dans le domaine des arts, l'argent est un saint-graal. Une chimère. On court après pratiquement tout le temps. Pour monter une expo, pour financer un projet de film, pour le rembourser, pour faire ses frais face à une maison d'édition, pour vivre de la danse, de l'opéra, du théâtre, de la vente de ses peintures, de ses disques.

Outre quelques rares privilégiés, les artistes vivent mal de leur art. Ils ne vivent pas gras. Ça ne pas date d'hier, Shakespeare courait les mécènes afin de pouvoir manger et vivre un brin dignement. Encore aujourd'hui un enfant dirait à ses parents "je me lance dans les arts" que les parents grinceraient assurément des dents. Moi le premier. La phrase suivante est généralement "Mais comment tu vas faire pour vivre?". Si elle n'est pas dite, elle est pensée. Je le sais je l'ai entendue chez moi sous différentes formes.

Je lisais hier une lettre désespérée d'une distributrice de films de Montréal. Ce cri du coeur m'a rappellé ma propre naiveté d'il y a 12 ans quand je graduais de l'école spécialisée en question. Gardant (inconsciemment)en tête mon total désintérêt pour une finance solide ou une quelconque assurance financière, c'est l'amoureuse qui me faisait réaliser que "hey, et Junior qui pousse dans mon ventre, il mangera comment?".

"Avec ses mains d'abord mais nous lui apprendront les ustensiles peu à peu" avais-je répondu. Mais elle n'avait pas aimé. Quand Monkee est apparu dans nos vies, j'ai réenligné le tir. J'ai fais de l'alimentaire, ce que je continue de faire, en prenant réèllement mon pied continuellement toujours ailleurs. Je sais que par tempéramment je ne serai intéressant/intéréssé que si le niveau d'arts est suffisament stimulant dans mon environnement de travail. Travailler chez Renaud-Bray ou Archambault Musique & Livres sera toujours pour moi HYPER agréable. Peu importe le blé généré. Je serai toujours en ces lieux Obélix baignant dans la potion magique.

Mais une chose doit être claire au Québec: On ne fait pas d'argent avec notre cinéma. Un film, peut-être deux par année mais sans plus. On en fait encore moins avec le cinéma des autres. La distribution.

Le cinéma en salle se meurt depuis qu'il est passé de 7 à 12$ (13,50$ maintenant semble-t-il?). Pour ma part, il était mort avant. À 7$ c'était déjà fini.

Payer 7$ pour voir 15 minutes de pub, subir des étrangers dans le noir et leurs mauvaises habitudes de concubinages en salle, les teléphones cellulaires qui étaient en pleines émergences, les envies de pisser qu'il fallait retenir, les scènes ratées quand un zouf échappaient un "ATCHOUM!!!!!" ou un toussement, les dialogues manqués quand la belle se penchait sur l'épaule pour dire "Qu'es-ce qu'il a dit?", le décor criard à la sortie du film avec ses machines à boules et des tonnes de choses qui rappelle tout sauf du cinéma.

Avec mes 3 films pour 5$ au club vidéo du coin, des films dans lesquels je pouvais faire "pause" pour traduire un bout pour la belle, "rewind" pour mieux comprendre une scène, des films que je pouvais écouter et réécouter en callant 34 bières et 8 vodkas, un trio de films qui, quand je louais Once Upon a Time In America, Apocalypse Now et Pulp Fiction disons, me coûtaient franchement pas grand chose pour 536 minutes de film.

L'argent ne prend pas beaucoup de place dans ma vie mais je sais quand même compter. De 7$ à 14 piasses pour quoi au juste? Une expérience? une agression oui. Boooooooooooon pas pour tout le monde mais pour moi oui.
Ce ne fût pas vraiment rationnel. La mort s'est déclarée toute seule. Le cinéma en salle est mort dans son sommeil en ce qui me concerne, tout doucement. Ce que je recherche d'abord et avant tout dans un film/un livre/ une série c'est une bonne histoire qui me donnera l'impression d'avoir grandi dans la dite "expérience". Pas besoin de l'odeur du pop-corn et de sentir des espadrilles dans mon dos.

Je comprends que pour beaucoup de gens c'est l'expérience collective qui les intéresse et le changement de décor qui compte. Se faire sortir de son quoitidien pour se faire plonger dans des cascades et autres moments électriques qui les détourne de leur vie plate. Ils veulent le grand écran et le 3D. Tant mieux pour eux. Je dirais même que c'est la majorité. Pour faire de gros sous, il faut la majorité.
Ce que la dame Trépanier, qui a lancé son cri du coeur, propose/proposait avec sa maison de distribution c'est/c'était la distribution de films pour gens qui ne se rendent probablement plus, comme moi,  en salle.

C'est d'abord et avant tout une très mauvaise étude de marché qui a été faite par son équipe. Elle a beau pointer la clientèle du doigt, ce faisant elle les accuse de ne pas se passionner là où elle se passionne elle-même. C'est un peu comme un chanteur populaire qui dirait "si mon disque n'a pas vendu c'est que les amateurs de musique sont lâches".

Nope.
Le bidou c'est dans la pub qu'il se trouve. Donc dans la tivi.
Le combat de Stéphanie Trépanier est tout ce qu'il y a de plus digne.
Mais il s'agit plutôt d'une mauvaise lecture de la clientèle.

J'ai aussi travaillé dans mon passé à la Cinémathèque Québécoise et c'était toujours la dualité entre le comptable et le patron:

Comptable: "Mais il n'y a personne! on ne fera pas d'argent ecnore ce soir!"
 Patron: "On est la cinémathèque, on existe pas pour faire de l'argent, on existe pour préserver la passion des arts"

C'était vrai. Ce l'est encore. Un film comme Un Prophète ou Le Fils ou All The Real Girls ne sont pas fait pour rayonner pour des milliers de personnes.

Radiohead n'est pas Coldplay.

Il n'y a malheureusement pas de place pour des longues vies en salle pour des Harmony Korine par chez nous.
Cette femme l'a appris à la dure.

Mais blâmer le consommateur n'est pas la solution.



dimanche 19 décembre 2010

Donald Glen Viet (1941-2010)

Captain Beefheart est décédé à l'âge de 69 ans de multiples formes de scléroses en plaques en Californie hier.

Fils unique avec ses grands-parents vivant dans la maison voisine et ses oncles et tantes sans enfants vivant en face, Don Viet a toujours été le centre d'attention. Ayant gagné un prix de sculpture à l'âge de 4 ans, ses parents, convaincus du génie de leur fils, l'ont vite gâté/pourri.  Né d'un père ayant des ancêtres hollandais, Viet s'est vite convaincu qu'un de ses ancêtres avait connu Rembrandt. Il s'est donc lancé dans la peinture et dès l'âge de 13 ans, une école d'art d'Europe lui offrait une bourse que ses parents refusaient, choisissant plutôt de déménager de Glendale à Los Angeles. Ce déménagement aura un impact énorme sur l'imagination du jeune Viet.

Ayant quitté l'école secondaire, il s'enferme dans sa chambre, écoute de la musique toute la journée, Coleman, Coltrane, Monk, Taylor, Howlin' Wolf, Muddy Waters et demande à ses parents de lui donner à manger en laissant une platée au pied de sa porte de chambre.

L'un de ses meilleurs amis est Frank Zappa avec lequel il écoute de la musique jusqu'a 3 heures du matin.
Quand son ami Zappa se lance avec son band de musique, Viet décide de l'imiter et de former son "Magic Band" qui rendrait hommage à ses héros du blues. Les recruteurs en 1965 cherchaient activement des bands des États-Unis pour rivaliser contre l'invasion britannique des Beatles, des Rolling Stones, des Animals et de The Who.  Viet adopte le pseudonyme de Captain Beefheart en hommage à son oncle qui appelait ainsi son pénis (!).
Leur premier contrat de disque avec Buddha Records ne fonctionne pas bien. Si le son que le band voulait obtenir est le bon, la compagnie de disque essaie de vendre le band comme des pop stars, de faire de Viet un Mick Jagger ce qui ne plait à personne. Sur ce premier album apparait un jeune guitariste de 20 ans qui deviendra très grand.

Essayer de croiser le blues avec le free jazz du style Coltrane ou Coleman ne plait pas à tout le monde. Incluant ses musiciens qui changeront souvent. Dans l'espoir de les lancer comme Janis Joplin et Jimi Hendrix ont été lancés par le Festival de Monterey, la compagnie de disque envoie Captain Beefheart & The Magic Band en spectacle en 1967. C'est une catastrophe. Viet est convaincu qu'il fait une crise cardiaque (comme son père quelques semaines plus tôt) alors qu'il fait plutôt une crise d'anxiété. Il lance le titre de la chanson au micro, paralyse 10 à 12 secondes, reprend contrôle sur lui-même et quitte calmement la scène laissant le band jouer instrumentalement le reste de la chanson. C'en est trop pour Ry Cooder qui quitte le groupe.

John Lennon et Paul McCartney sont parmis les admirateurs du band à Captain Beefheart. Ils lancent vaguement l'idée de le signer à leur étiquette plus avant-gardiste Zapple, maison de production cousine de Apple. Toutefois rien ne fonctionne comme prévu et Captain Beefheart commence à partir de ce moment à devenir...étrange.

Il enregistre une chanson de "représailles" à John Lennon et aux Beatles empruntant une partie du refrain de Strawberry Field Forever et obligeant son batteur à se présenter sur scène en pointant un "Ray-gun" au public en disant "Ray-gun, ray-gun, ray-gun, Ronald Ray-gun" (Ronald Reagan étant à l'époque gouverneur de la Californie).

Signant avec la nouvelle éttiquette de son ami Zappa, Captain Beefheart signe en même temps son meilleur album, celui qui passera à l'histoire comme son chef d'oeuvre. Vivant en commune dans une maison de Woodland Hills à Los Angeles pendant 8 mois, le groupe introduit de la clarinette/saxophone et pratique de difficiles morceaux sous la tyrannie d'un Donald Viet complètement dément.  Il hurle à ses musiciens jusqu'à les faire pleurer, il les oblige à se frapper entre eux, il encourage la tension extyrème, il les domine comme un Charles Manson laché lousse, il les empêche de sortir de la maison pendant 8 mois, (une seule fois, un musicien, seul, pour une épicerie a le droit de sortir), il les empêche de communiquer avec quiconque, quelques uns d'entre eux réussissent une évasion mais sont vite arrêtés pour vol à l'étalage dans une épicerie(C'est Zappa qui paie leur "libération") et bien entendu personne n'était payé. Les musiciens apprenent si bien l'album (double) composé par le tyran Beefheart que lors de l'enregistrement en studio, à la grande surprise de Zappa, ils enregistrent tout l'album double (28 chansons) en 4 heures. Le résultat donnera son album le plus reconnu. Matt Groening, créateur des Simpsons, considère cet album comme son plus agréable de tous les temps.

Métamorphosant son talent de sculpteur et de peintre en musique de blues, souvent en sifflant les mélodies à ses musiciens, Viet entretient toute sorte de mythe sur sa bizarre de personalité dans une entrevue au magazine Rolling Stones en 1970. Il soutient (mentant bien entendu) qu'il a passé un an complet sans dormir et se nourrissant exclusivement de fruits.

Toujours en 1970, il lance Lick My Decals Off Baby, un album excessivement expérimental accompagné d'un clip que personne ne comprend vraiment (nous sommes en 1970!). À partir de ce moment, le public se range dans deux catégories, ceux qui l'aiment et ceux qui l'haïssent (plus nombreux). Toutefois en spectacle le groupe était devenu une telle curisosoité, un tel freak show, voici le monstre, voici les esclaves, que les tournées devenaient très populaires.
De plus, tout en lancant deux albums en 1972, il n'a jamais cessé de peindre et expose pour la première fois au début des années 70. Il peint majoritairement en noir et blanc car il déteste la télévision couleur.

Bien qu'il ait participé à plusieurs collaborations avec Frank Zappa, il quitte sa maison de disque, change de gérant et tous les musiciens du Magic Band le quittent, ayant assez soufferts. Van Viet (Il a rajouté le "van" à une certaine époque) embauche un nouveau magic band qui le quitte après une tournée en 1974 où Captain Beefheart néglige de les payer.

Sa musique devient tout ce qu'il y a de plus négligeable. Il lance plusieurs albums jusqu'en 1982 et apparait même avec son band à Saturday Night Live. Zappa le sort du trou à plusieurs reprises car Van Viet a pris l'habitude de signer des contrats sans les lire et se fait avoir financièrement partout où c'est possible. Son dernier clip est refusé par MTV (et la chanson jugée trop poche pour les radios). Van Viet choisit sagement de se retirer du monde de la musique pour se concentrer sur ses peintures.

Michael Werner de la gallery du même nom lui suggèrait fortement de quitter le monde de la musique si il voulait être reconnu comme un peintre respectable et c'est chez Werner qu'il expose et fait beaucoup d'argent.

Il expose pour le reste de sa vie, la plupart du temps avec beaucoup de succès. 
À partir de 1990, il est confiné à une chaise roulante à cause de la sclérose en plaques.

Il est parti rejoindre son vieux pote Frank là-haut.
Pour faire vibrer la fureur des bongos.

samedi 18 décembre 2010

Celle Qui Devait Réussir

"Une étincelle. Ou, disons, l'accès à un gun..."

Aux États-Unis il est très très très TRÈS facile d'avoir accès à un fusil.

Avoir un fusil est un droit.

Cette semaine un déséquilibré a terrifié des membres d'un conseil scolaire en Floride.

Cet angle montre tout le grotesque de ce moment d'horreur.

À la première minute, une femme évacuée au préalable par le désespéré, revient par derrière et tente de faire tomber avec sa sacoche l'arme que l'homme tient dans sa main. Elle échoue lamentablement et par miracle, alors qu'elle échappe le cri  de celle qui comprend qu'elle va mourir, le déséquilibré, mentalement occupé ailleurs semble-t-il, choisit de la laisser se relever du sol et repartir avec une humiliation supplémentaire dans sa sacoche.

Je dis "supplémentaire" car au prélabale, le geste était complètement irréfléchi. Je lui donnerais une sérieuse baffe à cette dame "courage". En intervenant de la sorte, elle était obligée de réussir sa mission.

Une mission pourtant condamnée d'avance. Une dame avec une sacoche? qui réussirait à faire tomber le fusil de la main d'un obèse? et après? Il faut soit faire le pari que les autres vont se lever et intervenir à leur tour ou lutter soi-même contre le forcené mais vous avez vu la différence de taille entre la petite dame et l'obèse? J'ai beau retourner cette scène dans tous les sens, son geste n'était en rien courageux, il était surtout idiot. Existe-t-il plus incompris, plus imprévisible qu'un déséquilibré? Personne ne sait quel type d'étincelle pourrait lui faire fermer les lumières de la raison pour de bon. En revenant sur ses pas et en tentant de le désarmer, elle a mis sa vie en danger, mais ça, ça fait parti du pari, mais elle a surtout mis en danger tous ses gens qui étaient enlignés sur la tribune. On entend clairement un homme dire "no!" et on est en mesure de se demander si il le disait afin de préserver la vie de la femme maintenant au sol ou si c'était afin d'éviter la suite logique qui aurait facilement pu se produire soit: le forcéné décide que ça ne se passe pas comme il le souhaitait, on veut jouer au plus fin avec lui, aussi bien terminer tout ça en carnage. Son "no" voulait assurément freiner les deux possibilités. Heureusement ce qui semble logique chez les gens rationnels ne l'est pas pour les fous.

Les tueurs sont tous coupables de vouloir se donner l'utlime pouvoir des Dieux, celui de prendre la vie. Le power trip de frapper à l'aveugle avant de mourir soi-même(car l'homme a insisté sur l'assurance qu'il allait mourir en ce jour) n'est certes pas étranger aux dérapes mentales de ses pauvres gens. Que ce soit Valerie Fabrikan, le tueur de Dawson, Marc Lépine, les ti-clins de la tuerie de Columbine, ils sont tous tombés dans une vulnérabilité mentale suffisament grave pour leur faire faire les pires conneries imaginables. Ils sont tous parti avec un grand bang!

Cet homme était prêt à faire les pires conneries imaginables avec un grand bang!, il était du moins équipé pour le faire. Cette femme a failli être la gachette de son pistolet. Ce n'était pas un couteau, C'ÉTAIT UN FUSIL! La même intervention sur une arme blanche aurait été bienvenue mais sur un fusil!

Et si on écoute bien, le gardien de sécurité, qui au bout du compte a eu raison du tireur fou, est présent dès la 53ème seconde de la situation de crise. À la défense de la dame qui est intervenue tout croche, elle n'était plus là quand le gardien était sur place et ne pouvait probablement pas savoir qu'il'observait la scène du fond de la salle comme un des hommes de la tribune lui a suggéré de le faire. Ce même homme, en otage sur scène, a pour sa part été extrèmement plus fin en suggérant de rester seul à seul avec le fou et lui demandant d'évacuer le reste des gens sur la tribune. Il a dialogué et tenté de négocier avec le triste animal comme il est toujours mieux de le faire en de pareilles circonstances.

Ça n'a pas fonctionné davantage mais il a gagné du temps. Et quand le mentalement fragile individu a fait cracher son arme, un autre miracle s'est produit. Malgré la courte distance entre le tireur et ses cibles, il les as toutes ratées.

Et les pauvres gens qui ont vu la mort de très près, s'en sont tiré avec la frousse de leur vie. Pour beaucoup moins, des gens vivent des chocs post-traumatiques. Le véritable héros est ce gardien de sécurité, Mike Jones, qui a fait cesser tout ça, avant de lui-même tomber en choc. (un Jones...bien entendu...;)

Mais dans les lendemains qui suivent ce moment d'enfer, comment regarde-t-on celle qui devait réussir?
Celle qui a fait marcher la troupe sur un champs de mine?
Celle qui a manqué très sérieusement de jugement?

On la félicite ou on lui botte le cul?

Personne ne sait comment nous réagirions nous-même en de telles situations extraordinaires.
Peut-être aurions nous fait pire.
Je peux paraitre dur à l'égard de quelqu'un qui, à la base, voulait bien faire.
Mais gardons comme leçon que ce n'est certes pas la manière d'intervenir.
Si on le fait, il y a obligation de réussite.
Et dans ce cas-ci la chance était de leur côté à tous.

Pas de médaille pour la petite dame parizemp.

vendredi 17 décembre 2010

Pendant ce temps ici-bas...

C'était un jour de la semaine, je ne me rapelle plus lequel, un jeudi? le temps s'est arrêté.

L'amoureuse était dans la pote d'entrée, revenait du boulot tard, (oui ce ne pouvait être qu'un jeudi) le téléphone sonnait au même exact moment. Je lui lançais à la blague que ce devait être son père qui appelait de la Floride pour se plaindre du fait qu'on ne lui ai pas encore souhaité bonne fête.

Qu'es-ce que je pouvais me tromper.

Ma soeur, d'une voix que je ne lui connaissais pas, me demandait, paniquée, d'accepter les frais d'interurbain. C'est le regard de l'amoureuse, posé sur mes yeux pleins d'eau qui m'a fait un peu comprendre ce qui se passait.

Aujourd'hui, l'an dernier vers 18h00, mon infaillible père tombait raide mort en quittant le dernier la glace dans un match de hockey entre amis. Il avait 62 ans. Mort les patins aux pieds, habillé en joueur de hockey.

Le reste est nébuleux. J'arrivai 273 kilomètres trop loin, trop vite, mon père mort ne ressemblait en rien à mon père, on s'est resséré les 4 qui restaient. Il y avait énormément de monde pour nous épauler, le salon funéraire a débordé. Des proches ont eu des tickets pour s'être stationné dans la rue. Nous nous mouvions, ma mère, mes deux soeurs et moi dans tout ça sans trop savoir si nous étions vivants nous-même.
"Vous aurez besoin de courage" nous disait certains.
Peut-être. Le courage ne s'apprend pas. C'est une réaction de survie. On a tous plus ou moins repris conscience sur la tard.

Tu t'es manifesté de bien drôles de manières.

En croisière, la croisière que tu devais faire avec ton amoureuse, celle où je t'ai remplacé, Mom et moi, qui assistions à un concours de karaoké...C'étais toi?
Devant nous ce téléviseur sur lequel défilait des paroles mais sans musique. Comme si quelqu'un chantait une chanson qu'on n'entendait pas et au moment où on se démande très sérieusement c'était quoi cette chanson dont les paroles défilaient toutes seules sans musique, ces paroles qui allait nous montrer le refrain, celui de la chanson qui symbolisait votre amour, la chanson qu'on avait fait jouer à ton éloge funéraire...C'étais toi?

Ta plus jeune s'en tire pas si mal, ses amours aterrissent, sa carrière aussi.
Ta deuxième, ton clone, aurait eu besoin de toi très souvent, repasses la voir avec sagesse si tu peux.
Ton amoureuse, notre mère chérie, a été fort admirable. En Octobre, on la senti renaître tranquillement. La Tunisie, celle qui aurait dû être la vôtre, l'a fait renaitre. Avec des membres de ta famille. Elle est forte, elle a ses moments de grandes peines souvent rattrappés par la joie que ton souvenir évoque.

Tu a été plus qu'un souvenir l'an dernier. Tu étais là, tout près, quand j'ai laissé Monkee à l'école de hockey que tu lui avais offert. J'en étais troublé.

Monkee va plus que bien. Tout lui réussit. C'est une superstar de son club de hockey, il a été accepté dans un collège difficile d'accès pour le passage au secondaire, il pète des scores à l'école, de la perfection même souvent, il a été élu la "perle" du mois à son école, les filles rôdent autour...tout lui sourit.
Punkee aussi va bien. Elle aurait voulu te montrer ses progrès en vélo. Elle aussi a été choisie "perle" du mois, inspirée par le grand frère. Elle danse tous les vendredis. Tu sais que j'ai souvent craqué pour les ballerines, tu craquerais pour Punkee.

L'amoureuse travaille à l'arrachée. Si fort et si bien qu'elle s'est méritée une croisière en janvier. Oui, oui une autre croisière dont je vais bénéficier des avantages par la bande en moins de 12 mois...Viendra tu nous voir?

Moi?
bah tu sais moi...toujours à chercher l'équilibre avec une intensité tantôt bonne, tantôt mauvaise, souvent les deux.

Toujours à regarder mon ombre voir si je m'y reconnais encore.
J'y arriverai, Dad
Je sais pas encore comment mais j'y arriverai.
Où?
J'sais pas.
Mais j'y arriverai.

Le temps s'est trop arrêté.
Il repart bientôt.
Ne t'en fais plus pour nous.
Reposes en paix.
XX