mercredi 20 octobre 2010

Cauchemar de Course

Gilles Villeneuve était (et reste) la fierté de Berthierville.

Grand champion des courses de motoneiges dans sa région il avait eu envie de pousser son amour de la vitesse un peu plus loin. Dès sa sortie du CEGEP il s'était inscrit tout d'abord dans des épreuves d'accélération au volant de sa Ford Mustang personnelle mais faute de ressources financières, il était retourné aux motoneiges.

Son fils, futur champion de formule un lui-même, nait en 1971. Sa fille, future pianiste réputée, naîtra deux ans plus tard.

Gilles Villeneuve récolte de multiples titres au Canada et aux États-Unis et devient champion du monde de motoneige en 1974. L'argent qui découle de ses succès lui permet de revenir à son premier amour, l'automobile. Il gagne 7 des 10 courses de Formules Ford. Les succès commencent à venir en 1975 avant qu'ils ne se révèlent véritablement en 1976, l'année Olympique à Montréal. Vainqueur de neuf courses sur dix, il remporte les championnats étatsuniens et canadiens de Formule Atlantic. Mais son plus beau fait d'arme a lieu lors de l'épreuve de Trois-Rivières, où au prix d'une attaque de tous les instants, il s'impose en battant plusieurs pilotes de Formule un invités. Parmi eux se trouve le Britannique James Hunt, sur le point de décrocher le titre de champion du monde de Formule un. Impressionné par le pilotage spectaculaire du jeune Québécois, le leader de l'écurie McLaren le recommandera fortement à son employeur dès son retour en Europe.

Gilles est frondeur et téméraire. Certains le qualifie de "fou du volant". Pas complètement faux.

L'année 1977 est intense pour le pilote automobile. Il est engagé comme troisième voiture chez McLaren mais c'est Enzo Ferrari qui tombe amoureux de son temperaémment fougueux et de son style de trompe-la-mort. Ferrari l'engage pour les deux dernières courses quand Nikki Lauda quitte, fâché de sa relation avec l'écurie. Même si il est officiellement la deuxième voiture il se taille une honorable 12ème place à sa première course au Grand Prix du Canada. Dans sa dernière course au Japon, son style vire toutefois au drame. Suite à un accrochage avec une autre voiture, la sienne décolle et vient s'écraser au-delà des barrières de sécurité, tuant deux personnes (un photographe et un officiel). (Voiture #12 entre 4:00 et 4:48 ici)

De 1978 à 1981 son style de pilotage hautement spectaculaire fait tourner les têtes et rager les compétiteurs. Il ne remportera que 6 Grands Prix mais son style "Cowboy" le rend extrèmement populaire à travers le monde. Le #27 repousse continuellement les limites de la puissance et brave la mort à chaque course.

Gilles est maintenant riche, la famille grandira à Monaco.

Puis en 1982, Zolder.

Les progrès réguliers de la Ferrari turbo font de Villeneuve l'un des favoris de la saison 1982. Dominé par Alain Prost et sa Renault lors des premières manches de la saison, il entend bien prendre sa revanche à domicile , à l'occasion du GP de Saint-Marin, boycotté par les équipes FOCA. L'abandon précoce des Renault lui ouvre la voie d'un facile succès, tandis que juste derrière lui, son équipier et ami Didier Pironi semble assurer le doublé de Ferrari. Conscient de l'importance de ce résultat d'ensemble après un début de saison raté, le stand Ferrari passe à ses pilotes le panneau SLOW, qui signifie qu'ils doivent baisser le rythme et qui est donc un ordre implicite de figer les positions. Pourtant, Pironi attaque Villeneuve et entreprend de le doubler. Pensant dans un premier temps que son équipier le dépasse par jeu et cherche avant tout à divertir un public qui a été privé d'une vraie course, Villeneuve se rend pourtant rapidement compte que Pironi cherche réellement à lui contester la victoire et a toutes les peines du monde à reprendre le commandement de l'épreuve. S'en suit un duel fratricide dont Pironi sort finalement vainqueur. Sur le podium d'après course, Villeneuve, les mâchoires serrées, refuse ostensiblement de saluer Pironi et d'ouvrir la traditionnelle bouteille de champagne. S'estimant trahi par celui qui en dehors des circuits était également un ami proche, il prononce des paroles de vengeance à l'encontre du pilote français.

Le GP suivant se déroule à Zolder en Belgique. Toujours furieux, Gilles Villeneuve est plus que jamais décidé à prendre sa revanche. Le duel est lancé dès les qualifications où les deux hommes luttent pour arracher la pole position. C'est à cette occasion que Villeneuve trouve la mort. Lancé à haute vitesse, il rattrape la voiture de Jochen Mass qui roule au ralenti. Constatant l'arrivée de la Ferrari dans ses rétroviseurs, Mass change de ligne pour lui ouvrir le passage, au moment même où Villeneuve entreprenait de le déboîter. La Ferrari heurte très violemment la voiture de Mass par l'arrière, puis décolle, avant de retomber lourdement et de partir dans une série de tonneaux au cours de laquelle Gilles est éjecté. Gisant inanimé dans un grillage de protection, Gilles est transporté d'urgence à l'hôpital le plus proche, où son décès est prononcé dans la soirée. L'enquête démontrera que Villeneuve a probablement été tué dès le choc initial avec la voiture de Mass, les vertèbres cervicales brisées.

Gambler depuis toujours, il a cette fois perdu son pari le 8 mai 1982.

Il avait 32 ans.

mardi 19 octobre 2010

La Question à 101 Piasses

Je ne reviendrai pas outre mesure sur cet éternel débat de la langue.

Ma position est claire là-dessus et j'en ai parlé très souvent sur cette tribune.

Apprendre une nouvelle langue, pour moi, c'est se rendre plus riche. Ça n'enlève rien à la langue déjà apprise et parlée. Apprendre l'anglais, c'est encore mieux, c'est s'offrir le monde entier au lieu de la simple paroisse. Attention je n'ai rien contre le village mais le monde m'intéresse davantage et m'ouvre beaucoup plus d'horizons. Se limiter à une seule langue, c'est comme dire à quelqu'un: voici un buffet mais tu n'as droit qu'aux cornichons. Il faut arrêter de croire que l'anglais c'est du fast-food. C'est aussi un buffet.

Je n'ai rien non plus contre les cornichons. Mais j'aime aussi les salades, les patates, les différentes viandes, les fromages, les desserts, je digère tout ça et ça me rend heureux. Je n'attends pas d'un étranger qu'il ne se limite qu'au Français. Si il est intelligent cet étranger il apprendra aussi l'anglais, langue beaucoup plus facile et clé qui ouvre les portes de toute la planète, pas juste du 2% qui l'accueille. Peut-on leur en vouloir d'avoir de l'ambition? Même de notre chez-nous on peut faire affaire avec le reste du monde. Souvent, on doit le faire. C'est pas en pensant continuellement petit qu'on se tricotera un jour un pays.

L'argument que seuls les gens qui ont de l'argent pourront maintenant s'acheter un droit à l'anglophonie ne tient pas. Pourquoi s'en outrer? c'est déjà EXACTEMENT comme ça ET dans les garderies ET surtout dans la santé.

Faudrait avertir les compléxés de la langue, pas mal tous du même âge vous remarquerez. On ne vous enlève rien, on vous rend plus riche. Et il n'y a rien de nouveau dans la privatisation qui s'en vient de plus en plus la norme.

Charrogne  a essayer de faire dire à Pauline ce qu'elle n'a jamais dit avec sa fraude intellectuelle habituelle.
Pauline a pêté les plombs de manière malahabile comme d'habitude.

La vérité c'est que cette loi est loin d'être la menace appréhendée. Même qu'en faisant payer les gens ont impose un important filtre.

Ceci étant dit, la vraie question qui me turlupine, la vraie question à 100 piasses à mon avis est ailleurs.

La technique du baîllon en politique devrait être utilisée dans des situations extrêmes. En tout dernier recours.
Le bâillon permet au gouvernement de suspendre les règles habituelles de l'Assemblée nationale afin d'adopter en bloc une série de projets de loi à la fin d'une session parlementaire.

En imposant le bâillon, la majorité ministérielle empêche l'opposition d'utiliser diverses méthodes dilatoires pour retarder l'adoption des projets de loi. Sans le bâillon, l'adoption de plusieurs projets de loi, qui ne font pas l'unanimité, pourrait être reportée à une session ultérieure, ce qui retarderait l'action du gouvernement.

Depuis 1985, les gouvernements successifs ont eu recours au bâillon à 40 reprises. Les péquistes l'ont utilisé 28 fois et les libéraux 17 fois, si on compte le bâillon de la présente session. Ce sont les libéraux qui ont imposé un bâillon qui visait le plus grand nombre de projets de loi, soit 28 en 1992. Mais, lors de la session du printemps 2001, le gouvernement péquiste avait aussi fracassé un record: il avait imposé un bâillon pour neuf projets de loi qui comprenaient 800 amendements, dont 300 pour modifier le projet de loi sur les fusions municipales de Louise Harel. Les députés n'avaient eu que 24 heures pour étudier l'ensemble de ces amendements.

Les Libéraux de Jean Charest, 100% sourds à la population qu'ils dirigent, ont le réflexe du petit dictateur.

Huit mois après leur prise du pouvoir en 2003, ils ont imposé le bâillon visant l'adoption à toute vapeur de huit projets de loi qui ont soulevé la controverse. Le 17 décembre quand tous les regards étaient tournés vers la saison des fêtes et les congés.

En décembre 2005, la troupe à Charest à fait la même chose, afin d'imposer de nouvelles conventions collectives aux employés de l'État et de leur retirer le droit de grève. Toujours quelques jours avant Noël, en cachette.

Et cette fois cette loi 31 qui ferait en sorte que l'on pourrait envoyer notre enfant à l'école anglaise après trois ans dans une école francophone est aussi passée sous le baîllon.

La vraie question à 100 piasse c'est: n'y-a-t-il pas un arbitre qui pourrait casser cette loi qui épouse les tendances fascistes et ne respecte en rien la démocratie?

Débaïllonnons le Québec!

lundi 18 octobre 2010

Brun (La Couleur De L'Amour)

Il ne fait pas bon être gai ces temps-ci aux États-Unis.

Surtout dans les environs de New York.

Il y a d'abord eu cette histoire d'un étudiant du New Jersey dont le co-chambreur, qui avait des doutes sur l'orientation sexuelle de son partenaire de chambre, a choisi de cacher une caméra dans la pièce. Il l'a ainsi filmé un soir en train d'embrasser un autre garçon. Il a ensuite eu l'idée de mettre en ligne les images de son co-chambreur embrassant un autre garçon sur le net. Les images ont fait le tour du web, le tour de l'Université, le pauvre gai qui ne voulait en rien faire son coming out de cette façon a été dévasté de savoir que tout le monde, maintenant, savait.

Noyé par l'humiliation, il a choisi de se suicider.

La gnochonne qui fait les nouvelles à LCN le matin a utilisé les stupides mots suivants:
"Il a choisi de se supprimer..."

Note à Québecor:
"N'y a-t-il pas un emploi du matin à la télé que vous devriez supprimer?"

Pratiquement dans la même semaine à New York, un groupe d'amis, qui avait aussi des doutes sur l'orientation sexuelle de l'un des leurs l'ont kidnappé, ils ont aussi kidnappé un adolescent et torturé un autre homme. Les Latin King Goonies, au nombre de 11 crétins agés entre 17 et 26 ans ont frappé de leurs poings, avec une chaîne autour des doigts, le visage du gai de 30 ans. L'adolescent soupçonné avait appelé au secours cet homme avec lequel il avait eu une liaison auparavant. Une fois son ex sur les lieux, ils l'ont tabassé et volé. Ils ont aussi violé le frère de l'adolescent en lui faisait pénétrer un bâton de baseball dans l'arrière train à maintes reprises. Les trois y ont goûté terriblement.

Une agression au nom de quoi? au nom du soupçon sur l'orientation sexuelle?
How the fuck is it of anybody's business?
Faut-il avoir peur de sa propre sexualité pour vouloir s'attaquer à celles de autres?
Violer quelqu'un en lui entrant un bâton de baseball dans le cul?
Surement pas pour lui aprrendre quelque chose, c'étais quoi? du fantasme projeté?

Et à 11 contre 3, du grand courage.

Puis il y a les indécrottables lutins mentaux.

Carl Paladino se présente comme candidat au poste de gouverneur. Il a une vision particulière de l'homosexualité. Une vision tristement répandue chez les gens de sa génération. En fait peut-être pas, car Andre Cuomo a vu son rival, Paladino, plonger dans les sondages après ses déclarations. Cuomo a grimpé, lui, dans les intentions de votes. Mais voilà, ce ne sont ques des intentions. Et des intentions c'est souvent comme des sondages, on peut dire n'importe quoi.


 La vision que véhicule Paladino de l'homosexualité est sournoise car c'est le type de vision que les gens gardent pour soi. Comme les gens de Québec qui riront des conservateurs en public mais qui voteront pour eux dans l'isoloir et les metteront au pouvoir.

Il est vrai que les parades sont souvent risibles. Visuellement peut ragoûtantes et toujours excessives. Mais elles ont leur utilité. C'est le corridor de plusieurs homosexuels qui voudraient se sortir du placard.

Mais dire que l'homosexualité est une "dysfonction car Dieu ne nous as pas créé ainsi" c'est avouer en même temps un certain aveuglement.

Et voilà qu'une autre couche de nullité se rajoute.

Le très bien nommé "Buck" (Têtu) compare l'homosexualité à l'alcoolisme.

Les malades ne sont pas là où ses gens le pensent.

dimanche 17 octobre 2010

Les Ratés et Les Zéros

Je ne sais pas qui je plains le plus.

Les manifestants qui  systématiquement sont contre le gouvernement, contre les leaders au pouvoir, contre les dirigeants peu importe leur nature et leur programme, manifestants qui définissent souvent par A+B ce que c'est que d'être un perdant dans la vie.

Attention, ce n'est pas tout le monde.
Mais il y a de ces ratés.

Je ne sais pas qui je plains le plus.

Les policiers qui, gonflés à bloc contre une oppression imaginaire, veulent établir l'ordre à tout prix, car dans la vie ils n'ont jamais réellement réussi à se faire respecter en quoi que ce soit et que lors d'une journée du G20, ils veulent à tout prix assurer leur "sécurité", quitte à donner de la matraque comme un hockeyeur donne de la mise en échec en séries éliminatoires. Avec toute l'évaluation du potentiel danger que l'on peut s'attendre de la part du jugement d'un groupe de policier, la crème des cerveaux de la société.

Attention, ils ne sont pas tous de solides nigauds brontosaurus.
Mais il y a des zéros.

C'est toujours la rencontre des conneries de ses ratés et de la misère intellectuelle de ses zéros qui créé une troisième catégorie: les innocentes victimes.

Mais il semble qu'il n'y ait pas eu autant de gens de la première catégorie que l'on pense.

Dans les évènements qui ont mené à la dérive du G20 au Centre-ville de Toronto en juin, il y a eu 900 arrestations. Un chiffre qu'il était déjà prévu d'atteindre avant le sommet ne serais-ce que pour justifier les sommes astronomiques investies dans la sécurité. Un chiffre sans visage.

Le coeur du problême du G20.

Pour la plupart des arrestations, aucune accusation n'a été portée.

Avec la subtilité d'un boeuf allant faire ses besoins dans une litière à chat, les policiers ont procédé à une escalade de la tension en provoquant volontairement tout le monde et son frère, question de justifier des arrestations prévues d'avance.

Quand le supposé "black bloc" a mis le feu à une voiture et a démoli les vitrines des commerces, à l'heure prévue par la les policiers, ces derniers ont regardé l'action car tout le monde joue dans la même équipe. Puis des plus pompés que d'autres ont embraqué dans le train en marche et là les arrestations devenaient légitimes. Tu as sauté sur la voiture de police en feu? You're in!

Remarquez les visages de ses être "turbulents" dans ce clip. Des vrais têtes de tueurs...

Les vrais brutes étaient beaucoup plus nombreuses chez les policiers déguisés dans la foule.
Leur plan d'arrestation était brutal et tout ce qu'il y a de plus planifié. Excessivement malhabile par moment, quelques fois confus dans la chorégraphie, les arrestations arbitraires, l'intimidation et les fouilles abusives ne pouvaient que créer ce que les policiers, le conseil de sécurité Canadien et les autorités en place avaient le goût de créer.

L'arnarchie nécéssitant les bras de la "justice".

On a laissé tomber toutes les accusations contre des centaines de jeunes adultes dans la foulée des manifestations contre le sommet du G20, vendredi. Sachez -le gens de l'extérieur, au Canada, quand on n'a absolument rien fait de mal, on peut se faire jeter dans une cage métallique, subir un traitement humiliant, sortir de prison moyennant une forte caution et être ensuite assujetti à des conditions de libération contraignantes.
Puis, près de quatre mois plus tard, sans l'ombre du bout de la queue d'une preuve, on peut être libéré des accusations. Sans que les autorités n'expriment ni regrets ni excuses.

Manipuler les infos, c'est ça le vrai pouvoir.

C'est la fierté Harper, l'albertain ignare .
Le zéro en chef.

La vérité c'est que si on rend la protestation pacifique impossible, on rend du même coup la protestation violente inévitable.

Faudra s'y faire.
(Et faudra s'organiser des remises de prix de type "Prix Matrak de la meilleure performance en tant que faux-anrachiste" de la part d'une police)

samedi 16 octobre 2010

Jazz Nazz

Le jazz n'a été connu en Allemagne qu'autour de 1919.
La fin de la première grande guerre voulait dire la fin des restrictions sur les importations étrangères. Les Allemands voulaient danser et s'amuser et l'importation du jazz s'en est trouvé moussé.

Entre 1919 et 1923 le Jazz prend de l'ampleur dans le pays. Puisque le mot jazz était un dérivé du mot "noise", les Allemands s'attendaient des groupes de musique qu'ils utilisent majoritairement la batterie, qu'ils aient le visage teint à la cire noire (la plupart des musiciens jazz ayant la peau noire), qu'ils performent avec plein d'esprit et de clowneries comme aux États-Unis et qu'ils utlisent des drôles d'instruments comme des cloches de vaches.

Entre 1924 et 1928 le Jazz atteint des sommets en Allemagne. On estime que la première vague du jazz était un pas dans la mauvaise direction et dans cette Allemagne qu'Hitler souhaitait blanche on aime le jazz plus symphonique. Et plus blanc.

La dépression économique mondiale de la fin des années 20 redonnent de l'élan au jazz en Amérique avec son énergie, le plaisir que la musique dégage et son originalité. Toutefois les racines de ce type de jazz, "non-aryenne" vont à l'encontre de l'esprit nazi. Jusqu'en 1935, le jazz survit en Allemagne parce que déguisé. Afin de satisfaire les auditeurs Allemands qui aiment ce qu'ils entendent à la radio sans connaitre la couleur de la peau des artistes, les 45 tours arrivent sous des faux titres. "Tiger Rag"  devient ”Schwarzer Panther”. "Joseph ,Joseph" aux origines juives, est rebaptisée "”Sie will nicht Blumen und nicht Schokolade” (She wants neither flowers nor chocolate). Mais cette "germanisation" des chansons ne dure pas longtemps. Rapidement Goebbels met son grain de sel et impose le swing de Glenn Miller, Benny Goodman ou Tommy Dorsey qui limite les improvisations et qui noie les influences Afro-Étatsuniennes.

Pour en faire la promotion, le swing est alors utilisé dans les films Allemands. Lors des jeux olympiques de 1936 à Berlin, on joue du swing ouvertement durant toute la durée des jeux. Toutefois Hitler s'en trouve irrité et fait "contrôler cette musique indésirable". La musique non-aryenne, ses musiciens, ses compositeurs, ses chanteurs ou ses sujets sont arrêtés et déportés. À l'aube de la seconde guerre mondiale, il est strictement interdit d'écouter la radio "étrangère" et d'écouter du swing. Comme la plupart des musiciens sont de toute façon appelés à se battre sous les drapeaux, ceci forçe les groupes à se séparer. En 1941 les nazis viennent à un doigt de prohiber la musique en général. Tout musique qui ne serait pas issue de la super race Allemande.

Un groupe comme Charlie and his Orchestra reprend des airs en provenance des États-Unis mais change les paroles afin de faire de la propagande Nazie. Souvent les textes contiennent des références anti-Churchill, anti-Roosevelt, anti-Staline, anti-nègre ou anti-Juive.

En période de guerre, les soldats vivent tant l'horreur que leur seul moyen de s'évader, ne serais-ce qu'un peu mentalement, c'est de se laisser aller sur des rythmes entrainants. Des rythmes de swing. Même si c'est interdit.

Les Swingjugend se forment quand même envers et contre tous avec bravoure. Ces jeunes amoureux du swing et du jazz âgés de 14 à 18 ans principalement à Hambourg et à Berlin sont souvent de milieux aisés. Ils aimaient le mode vie américain, défendaient la musique swing et s'opposaient aux idéologies du nazisme, particulièrement les Jeunesses hitlériennes, dont ils caricaturaient le salut « sieg heil » par « swing heil ».

Suite à une opération "dissuasive" de la SS dans un club de Berlin, le mouvement perd de l'ampleur.

Il est joliment raconté dans le film Swing Kids.

vendredi 15 octobre 2010

Scott & Zelda

Françis Scott Key Fitzgerald doit ses trois prénoms à un lointain cousin, parolier de l'hymne national des États-Unis. Il doit aussi la vie à ses deux soeurs jumelles décédées à la naissance tout juste avant lui dont l'une allait se prénommer "Louise Scott".

Comme bien des jeunes nés au tournant du siècle, Fitzgerald, né le 24 spetembre 1896, a aspiré très tôt à devenir un écrivain riche et fameux.
À devenir surtout riche et fameux.

Son père, qui accumulait les échecs professionnels a laissé une telle impression de ratage que le petit Fitzgerald a tout de suite eu envie de luxe et de richesse. Heureusement, sa mère est issue d'une famille d'origine irlandaise qui a fait fortune grâce à l'expansion économique qu'a entraîné la guerre de sécéssion. C'est elle qui l'inspire davantage. Très tôt, F.Scott Fitzgerald se promet de ne jamais devenir un raté comme son père.

À l'école, il découvre qu'il est facile pour lui d'écrire et il réussit facilement là où les autres échouent. Ce sera son passeport pour la popularité scolaire qu'il ne gagnera jamais facilement. Il écrit des histoires dans le journal étudiant et écrit des pièces de théâtre dans lesquelles il joue.

En 1913, il est accepté à la prestigieuse Université de Princeton. Il veut devenir une star de football mais son physique inadéquat à 5 pieds 8 et 138 livres le disqualifie dès le premier jour. Il utilise donc le même talent qui le rendait si populaire à la petite école et écrit pour le journal en plus d'écrire des comédies musicales. Il passe tant de temps à le faire qu'il néglige ses études.  Il tombe amoureux en 1915 d'une riche jeune femme du nom de Ginevra King. Ils correspondent jusqu'en 1917 où les mots assassins "Poor boys shouldn't think of marrying rich girls" viennent tuer son rêve de l'épouser. Fitzgerald s'inspirera de King toute sa vie écrivant les personnages de Judy Jones dans Winter Dreams, Isabelle Borge dans This Side of Paradise (recréant leur première rencontre) mais surtout plaçant les mots cruels qui l'avaient tant bléssé dans la bouche de Daisy Buchanan dans The Great Gatsby (2:20 ici).
Il échoue dans tant de cours à l'école qu'il abandonne Princeton avant la fin, sans diplôme en 1917. Il s'engage dans l'armée et est prêt à partir le 11 novembre 1918, le jour même où l'armistice est signé. Un échec scolaire, un échec amoureux, un soldat ayant manqué l'appel du héros, Fitzgerald  a déjà le coude bien agile quand vient le temps de trinquer. Il ne lésine absolument plus sur la bouteille, il a trop à noyer.

En juin 1918 toutefois, attendant de partir pour l'Europe, Fitzgerald découvre une jeune femme qui fait fondre son coeur lors d'une soirée en Alabama.

Zelda Sayre est la fille d'un juge de la cour suprême. Elle est extrèmement extravertie et un aura certain se dégage de la belle du Sud. Quand Zelda se pointe dans les soirées dansantes, les autres femmes retournent chez elle car elles savent qu'elle ne pourront pas compétitionner contre l'intérêt que les garçons lui trouveront.  Zelda est plutôt tannante. Vers l'âge de dix ans elle appelle les pompiers afin de leur dire qu'une fillette est prise sur le toit de leur maison et se précipite sur le toit afin d'être secourue. À 17 ans, elle fumait déjà, buvait beaucoup et avait la même énergie que n'importe quel garçon. Son plus grand plaisir? Déjouer les attentes des autres. Elle craque elle aussi pour le lieutenant Fitzgerald.  Dès que Françis Scott est libéré de l'armée, il la demande en mariage. Elle accepte mais il doit se trouver un boulot car ils sont sans-le-sou. Ils vont donc s'insatller dans la ville qui ne dort jamais, à New York, et Fitzgerald écrit pour une compagnie de publicité pour 35$ par semaine. Il a ce job en horreur. En juin 1919, Zelda n'attend plus et rompt les fiancailles.
Fitzgerald est si dévasté qu'il boit pendant trois semaines. Il retourne vivre chez ses parents et planche sur un livre qu'il avait commencé à l'université.  This Side of Paradise est un roman qui dépeint ses années de collèges (romancées) et est accepté par une maison d'édition. Le succès est si immédiat; l'exposition de la manière dont la jeunesse des années 20 s'amuse est si risqué; la curiosité sensationaliste si grande que les stocks du livre sont épuisés dès la première journée de mise en vente.

Fitzgerald est enfin riche, Zelda revient dans le décor, ils se marient une semaine plus tard. Françis Scott Fitzgerald est nommé le roi de l'ère du jazz, Zelda la reine. Ils deviennent la coqueluche de New York. Ils sont jeunes, beaux, se pavanent la tête hors des toits des taxis et dansent sur le toit de l'Hôtel Waldorf Astoria dans des soirées toujours bien arrosées. F.Scott et Zelda créént le mythe, ils sont tous deux créatifs et très imbibés d'alcool. En Octobre 1921, leur fille Frances Scott Fitzgerald est née. Ceci ne ralenti en rien les amoureux de cocktails. Une nourrice protègera la fillette toute sa vie des folies de ses parents.
Les Fitzgerald ne vievent jamais plus d'un an au même endroit. Afin de payer pour leur style de vie extravagant, Scott écrit pour les magazines Saturday Evening Post, Esquire ou Redbook qui lui verse de gros salaires. Il déteste se prostituer ainsi mais le fait quand même par nécessité.

Il publie en 1922 l'une de ses plus troublantes oeuvres (et ma préférée) The Beautiful & Damned qui raconte la descente aux enfers d'un couple à qui tout réussissait et qui n'est maintenant relié que par les beuveries entre amis. Tout le monde a compris que c'est de Scott et Zelda dont il s'agit. Zelda le prend plutôt mal, se fait avorter d'un deuxième enfant dont elle était enceinte et accuse son amri de voler des pages de son journal intime. Zelda écrit elle aussi pour les magazines et aide son mari à écrire une pièce de théâtre qui sera un total désastre.
Au printemps de 1924, les Fitzgerald s'expatrient dans le chaos à Paris. Ils y côtoient Pablo Picasso, Cole Porter, Ernest Hemmingway et Isadora Duncan. Hemmingway admire la classe et le côté sophistiqué de Fitzgerald qu'il ne réussit pas à avoir lui-même. Fitzgerald admire le côté machiste d'Hemmingway qui n'a jamais passé près d'habiter le frêle et presqu'efféminé écrivain de New York mais surtout  F.Scott enviait son succès. Hemmingway ne supporte en rien Zelda (the crazy bitch l'appelle-t-elle plus ou moins gentiment) et Zelda est très jalouse de l'intérêt que porte son mari à Isadora Duncan. Leur séjour est faussement harmonieux. F.Scott y rédige dans la tourmente et la douleur ce qu'il croit être son oeuvre immortelle, The Great Gatsby. Zelda cocufie F.Scott avec un officier français. Bien qu'elle eût mis fin à l'aventure aussitôt que Fitzgerald fût mis au courant, F.Scott ne lui pardonnera jamais. À partir de ce moment il ne lâchera plus la bouteille et une partie de lui-même est morte.

The Great Gatsby réunnissait tous les rêves brisés de Françis Scott Fitzgerald.
Le livre de Fitgzerald, bien avant qu'il ne devienne ler succès de cinéma de 1974, est un échec. Les gens ne veulent pas lire des histoires de morts et de meurtres venant de sa main.

Après le crash de 1929 qui met fin au roaring twenties, le monde des Fitzgerald s'écroule. Zelda perd peu à peu l'esprit. Elle veut devenir ballerine mais s'entraine si fort qu'elle tombe en burnout. Elle est de moins en moins cohérente et tente même de tuer le couple en donnant un coup de volant près d'un ravin. On la diagnostique comme schizophrénique. Fitzgerald la fait placer dans les meilleurs endroits pour la soigner avant de réaliser qu'elle ne guérira probablement jamais. Zelda publie de son établissement le très autobiographique Save Me The Waltz. F.Scott est outré. Leur style de vie décadent et leur alcoolisme qu'il croyait privé est maintenant complètement public. Il réussit à s'assurer par la suite que les docteurs l'empêchent de publier.

F.Scott publie deux ans plus tard sa version des faits dans Tender is the Night dans l'espoir de rétablir sa réputation. Toutefois en 1934, la déprésssion frappe les États-Unis et les gens ne sont pas tellement enclins à sympathiser avec les histoires de couples qui courent les cocktails sur la Riviera française. Encore moins de lire sur la maladie mentale. Le livre est un autre échec de par son sujet innaproprié.

F.Scott boit plus que jamais. Jusqu'à 30 bières et un quart de Gin par jour.

En 1936, il écrit un article en trois parties pour le magazine Esquire où il confesse qu'il est mentalement, physiquement et financièrement en banqueroute. Ceci ne change absolument rien, il se gagne même un certain mépris. Si il est unique en son genre, il n'est pas unique dans sa situation.

Pour ses 40 ans, le New York Post dessine le portrait d'un ivrogne has-been à la une de son journal en parlant de l'auteur du Great Gatsby.

Hollywood lui tend la main afin qu'il signe ou aide sur des sécnarios. Il peaufine quelques dialogues dans des comédies mais son seul et unique crédit au générique le rend si amer qu'il écrit sa plainte au producteur Joseph Mankiewicz. Il est aussitôt barré d'Hollywood. David Selznick le limoge de la production de Gone With The Wind pour lequel il avait produit du matériel.

Sa réputation est à son plus bas. Il commence à écrire The Last Tycoon inspiré de son passage à Hollywood, plus particulièrement inspiré de la vie du producteur Irving Thalberg.

En Novembre 1940 il a une première crise cardiaque au fameux Schwab's Drug Store.
Le 20 décembre, il a de sérieux étourdissements à la fin de la première du film This Thing Called Love.
Il est convaincu que tout le monde le croit saoûl (ce qui, pour une fois, n'est pas vrai)
Le lendemain il a la crise cardiaque fatale à l'âge de 44 ans.

Zelda mourra 8 ans plus tard à l'âge de 47 ans dans l'incendie de son sanitarium.

Le roi et la reine de l'ère du jazz, deux enfants perdus de la Lost Generation des années 20, auront marqué leur époque à leur façon.

The Great Gastby est devenu avec le temps le classique qu'il avait voulu en son temps.
Même Tender is the Night a gagné en notoriété au travers des époques.

"Give me a hero and I'll write you a tragedy" a-t-il déjà écrit.
C'était l'histoire de la vie de ce couple maudit.

jeudi 14 octobre 2010

Jalousies et Vacheries

Corée du Nord.


Kim Jong-Il est en pleine campagne de marketing. Il expose tout partout son fils cadet, tout ébété, la bouche très souvent ouverte comme encore ahuri qu'on lui ai retiré sa manette de Xbox. Il lui présente les nouveaux jeux. Ses nouveaux bonhommes qui paradent devant lui. Légèrement gras comme la richesse le commande souvent, il semble un peu ennuyé d'hériter de la console de papa. On sent bien qu'un brin d'impatience pourrait lui faire appuyer le doigt sur le bouton rouge.

La Corée du Nord est en mesure de produire 12 000 tonnes d'armes chimiques selon un rapport d'experts Sud-Coréens pulbié hier. Ce n'est pas pour montrer au reste du monde qu'ils sont dangereux que de rapport a été publié, c'est plutôt pour aviser les Coréens qu'en cas d'agression d'un ennemi, ses armes chimiques pourraient avoir un effet dévastateur sur la population Nord-Coréènne elle-même. La nation que Jong-Il et sa descendance veulent défendre.

Pas certain que le fils est plus équilibré que le paternel.

Le frère ainé lui, est véxé. Il n'a pas été choisi par papa. C'est connu, on fait les tests sur les premiers de famille et on cajole le petit dernier.

"Personellement je suis contre la transmission héréditaire du pouvoir à une 3ème génération de la famille" a-t-il dit.

Est-ce un hasard que cette affirmation ne sorte de la bouche de l'enfant non choisi?

Suis-je bête de sentir le doux vinaigre de la jalousie?

Parlant de jalousie, dirigeons nous vers le Sud.

Chili

On a sauvé les mineurs.

Mais il y a bordel sous les projecteurs. Depuis que les 33 prisonniers sont enfouis, ils sont devenus des héros. On leur a promis des émissions de télé au pays mais partout dans le monde pour parler de leur expérience, on leur a promis un film sur leur "malheur", des livres pour raconter la chose, brefs ils sont déjà presque tous riches.

Ceci crée une vive haine de la part des mineurs qui s'en sont sorti indemne quand la mine s'est écroulée. Une haine teintée d'envie. Bien entendu la mine à dû cesser ses activités. Les mineurs qui ont réussi à se sauver à temps n'ont droit à rien sinon au chômage. Pas de projecteurs pour ses mineurs.Et sous ses projecteurs se lancent parfois de purs inconnus des mineurs prisonniers, afin de venir parler de cet homme qu'il connaisse si peu sinon pas du tout. Des usurpateurs qui veulent leur 15 minutes à la télé. Les familles se battent entre elles afin d'être parmi les trois premières personnes à rencontrer l'être cher en premier dès sa sortie. Souvent, ceux-ci n'étaient même pas proches des membres de leur famille. Des couples défaits se refont, "C'était moi son amoureuse!" "Non c'était moi!" Des fois les deux filles ont raison.

Les mineurs sont finalement morts. Morts de rire. Et l'envie crève les yeux de tout le monde autour.

Parlant d'envie remontons vers le Nord afin de se loger chez nous deux minutes.

Québec

Quand maître Suzanne Côté a cité quelqu'un avant-hier dans son plaidoyer final, elle a cité cet homme en anglais.

Je vous jure sur la tête de mon défunt père que, puisque j'écoutais la télévision relativement fort, une douzaine de vaches espagnoles sont apparues dans mon salon.

Elles avaient envie de jaser avec une amie.

Parlant de vaches dirigeons-nous vers le centre du monde.

New York

À l'ONU, le Canada a marqué l'histoire de manière légèrement éhontée. Un peu comme un club sportif qui batterait le record du plus grand nombre de défaite en une saison, le Canada s'est fait humilier et n'aura pas de siège au conseil de sécurité de l'ONU pour la première fois de son histoire.

Agnès Gruda dresse les raisons qui ont mené à cette évidente raclée mangée cette semaine. Aucune "expert" du gouvernement du Texas Canadien n'a vu venir le knockout. Il n'y a eu que les Conservateurs d'étonné du résultat.

Et qu'a répondu Lawrence Cannon quand on lui a demandé ce qui pouvait expliquer cette débâcle?

"C'est la faute à l'opposition qui nous dépeint toujours sous un mauvais jour"

Les rires préenregistrés ont suivi.

Si le ridicule tuait, notre gouvernement serait en deui national à Ottawa.