jeudi 20 mai 2010

Monsieur Bovary


Fabien croyait ne pas connaître l'ennui.

Il avait marié Belinda en 1985, séduit par son sourire et sa peau fraîche. Son petit air de fille espiègle avait séduit le jeune rocker qu'il était.

Il avait 22 ans, elle 19. Très vite ils avaient convenus qu'ils ne voulaient pas d'enfants. En fait, lui en aurait peut-être voulu mais elle était catégorique. Sa mère en avait eu 12 et elle, la petite dernière, n'avait jamais une grande ambition maternelle ayant vu sa mère débordée toute sa vie.

Fabien s'était alors résigné sans trop d'efforts en se disant qu'en revanche ils s'offriraient une vie excitante pleine d'aventures.

Elle lui avait bien dit en début de relation qu'elle était sportive alors Fabien l'avait embarquée dans les randonnées pédestres et les activités sportives en plein air mais bien vite il avait bien vu qu'elle avait dit cela pour lui plaire. Elle ne suivait pas, se plaignait beaucoup et ça semblait difficile de suivre la cadence. Fabien avait la nette impression qu'il lui en imposait tout le temps.

Pas grave. Pas encore en tout cas.

Puis il s'aperçut avec les années qu'elle n'avait pas souvent envie d'aller au cinéma, pas plus qu'elle ne souhaitait aller au restaurant. Casanière au maximum. "Petit oiseau dans son nid d'amour" disait-elle.

Les week-ends étaient surtout concentrés sur les programmes télés. Pantoufle de phentex et gâteries sucrées. Elle avait commencé à prendre un peu de poids. Fabien aussi. Passé la trentaine c'est inévitable pratiquement tout le monde devient difforme.

Quand Fabien pris un package de retraite hâtive à 47 ans de son poste au gouvernement, il avait plein de projets à réaliser. Il était jeune il voulait le prouver. Faire du kayak, une croisière peut-être, au moins essayer le rafting. Mais Belinda, qui travaillait toujours à la bibliothèque du quartier n'était pas si emballée par les projets de retraite de Fabien. Elle aimait son train train quotidien, ses rendez-vous ponctuels chez le massothérapeute. Ses sessions de bronzage occasionnels coûtaient aussi moins cher qu'un voyage à Cuba.

Fabien s'en trouvait passablement découragé.

Étouffé par un ennui dont il ne se pensait jamais être en mesure de devenir la victime un jour, Fabien s'est mis à flirter au gym avec Graziella. Elle-même en couple aussi. Il a commencé une relation on-the-side. Mais la situation restait la même. Les projets qu'il avait restaient sur la glace tant et aussi longtemps que cette liaison restait secrète.

Il était devenu Madame Bovary, sans enfants toutefois.

Il se décida à quitter Belinda. Le jour où il lui annonça, elle le prit par surprise en prenant tout ça à la légère. Elle lui indiqua que ce n'était pas grave car elle avait une liaison avec Julien des archives de la bibliothèque depuis 15 ans. Fabien était-il assez bête pou ne jamais remarquer qu,elle ne revenait jamais de ses sessions de bronzage....bronzée? La raison majeure pour laquelle elle ne voulait pas partir en voyage avec lui était qu'elle le trouvait plutôt plate. Ça ne lui rappellerais que le plaisir potentiel qu'elle aurait eu à faire le même voyage avec Julien. Il pouvait quitter leur relation sans heurts.

Fabien, qui avait eu peur de la blesser, s'étonna de lui-même se sentir terriblement abattu.

Quand il est revenu vers Graziella, celle-ci lui avoua qu'elle préférait rester avec son homme. Elle retrouvait beaucoup d'affection pour son chum ces derniers temps et voulait poursuivre son union sans tricher. Puisqu'elle le trompait avec Fabien, la présence de Fabien lui devenait soudainement hostile. Elle souhaita cesser tout ça.

Fabien compris une chose.

Il était bien un Bovary mais pas Emma.

Il était Charles Bovary.

Le moche cocu ennuyeux.

mercredi 19 mai 2010

Taignoagny et Domagaya


Quand Jacques Cartier fait son deuxième voyage exploratoire en Nouvelle-France (ici) en 1535, il fait la rencontre du chef du village iroquoien du village de Stadaconé: Donnacona.

Ils se comprennent par signe et Donnacona accepte mal que Cartier et ses hommes s'installent sur leur territoire et traitent leur terre comme si c'était les leurs.

Toutefois la confiance s'installe entre les marins et les autochtones, par des échanges de colifichets, de couteaux, de tissus et d'autres babioles contre des peaux d'animaux.

Les Français appellent les indiens "les andouilles". Avec une résistance justifiée, Donnanona finit par accepter que Cartier ramène deux des fils du chef indien en France. Cartier veut les montrer au roi comme des "spécimens de l'endroit". La rentrée à Saint-Malo sera une courte traversée de 21 jours. Toutefois Cartier reste en France 6 mois. Ce qui est suffisamment long pour que les deux fils indien apprennent la langue française. Cartier a des projets pour les deux garçons, Taignoagny et Domagaya.

Quand les navires de Cartier abordent de nouvelles rives, ils y rencontre des tribus indiennes qui ont souvent peur des ses blanc dans de drôles de tenues. Les deux fils, parlant aussi le dialecte indien servent d'interprètes et établissent un lien de confiance rapidement. La confiance de cartier envers les deux interprètes s'effrite peu à peu. Taignoagny et Domagaya sont plus que content de revenir parmi les leurs et frayent beaucoup plus avec les indiens qu'avec les Français. Cartier essaie de leur faire prendre part à toutes sortes d'activités gérées par les blancs mais Taignoagny et Domagaya refusent et préfèrent célébrer avec les leurs.

Quand Cartier leur rappellent qu'ils avaient promis de l'accompagner jusqu'à Hochelaga, ils acceptent mais à contre-coeur.

Pendant que les hommes de Cartier remplissent le bateau pour l'expédition, Taignoagny et Domagaya restent tous les deux parmi les indiens à regarder les blancs opérer. Taignoagny annonce à Cartier que son père, Donnacona et la tribu trouve particulièrement hostile de voir tout ses blancs armés alors que personne dans la tribu ne l'est. Cartier lui répond que c'est ainsi que fonctionne les blancs.

Le lendemain Cartier reçoit 500 indiens pour un grand festin avant le départ. Taignoagny, interprète, lui fait part que son père est triste de savoir que ses fils quittent encore avec lui. Il lui dit aussi qu'il ne croit pas que le voyage en vaille la peine et annonce qu'il n'en fera pas parti. Donnacona va même jusqu'à offrir sa nièce et deux de ses neveux afin que Cartier ne fasse pas le voyage avec ses deux fils. Cartier refuse poliment.

Comme le dialogue et les offrandes ne fonctionnent pas, Donnaconna et ses hommes choisissent de jouer la carte des forces surnaturelles pour faire dérailler les Français de leur projet. Les indiens chantent cachés dans le bois des chants destiner à faire peu. D'autres entourent le navire en canot et attendent comme si quelque chose allait se produire. Trois indiens déguisés en diable apparaissent dans un canot qui fonce sur le navire. Les Français assistent à ce spectacle plus amusés qu'appeurés.

Taignoagny et Domagaya sortent finalement des bois vêtus de leur tenues indiennes et prétendent avoir parler aux Dieux. Cartier leur demande ce qui se passe et Taignoagny et Domagaya lui réponde que les Dieux leur ont dit que quiconque s'aventurerait en direction d'Hochelaga mourrait par le froid en restant pris dans la glace et la neige.

Cartier s'est moqué gentiment de leur allégations et leur a demandé de reprendre leur sens et de monter à bord de l'équipage.

La véritable crainte de Donnaconna était que si Cartier et ses deux fils quittaient pour Hochelaga, il ne reviendrait plus jamais à Stadaconé.

Mais son inquiétude était non-fondée.

Personne ne quitte Québec pour Montréal afin d'y rester.

C'est connu...

mardi 18 mai 2010

La manière Bowie/La Manière Dylan


Les Beatles ont pas mal crée la business de la musique pop.

Ils ont révolutionné le sens de la présentation d'un groupe, la méthode de composition, l'intelligence mélodique, les explorations psychédéliques et la façon de vendre un quatuor à travers le monde et les époques.

Elvis avant eux avait fait tomber quelques barrières au niveau du chanteur en solo mais quatres garçons dans le vent c'est pas mal les Beatles qui ont inventé "la manière" de faire de la musique pop.

J'aimerais toutefois attirer l'attention sur deux autres artistes qui ont beaucoup innové sur la manière de distribuer la musique.

Deux artistes dont je suis fan fini.

Bowie & Dylan.

David Bowie connait le succès planétaire avec The Rise & Fall of Ziggy Stardust & the Spiders From Mars en 1972. 1973 est aussi une bonne année car les restants de cet album sont tout aussi bon sur la sortie de Aladdin Sane. Il sort aussi cette même année un album de reprise Pins Ups. La tournée mondiale de 1974 qui produira un album en spectacle, un film et un autre disque, Diamond Dogs garde Bowie dans les palmarès. 1975 lui est grandiose car en enregistrant Young Americans, l'album, à Philadelphie il fait mouche partout en Amérique et dans le coeur des jeunes. Young Americans, la chanson, est un hit majeur toute l'année. Bowie plonge dans la cocaine et produit comme une machine. Il lance l'album Station to Station sur lequel il est si intoxiqué qu'il n'a aucun souvenir de son enregistrement. Mais les preuves sont là, l'album existe et sa musique est toujours recherchée et en circulation.

Toutefois Bowie brûle la chandelle par les deux bouts. En 1976, il est à bout de nerf. Il étouffe. À la fois pour se désintoxiquer (ça ne fonctionnera qu'à moitié), pour se retrouver musicalement et aussi pour tenter de se débarrasser de l'emprise du monde du show business il se prend un appartement là où on le connait peu (Berlin) et en compagnie d'Iggy Pop il explore de nouvelles avenues musicales. Il compose et enregistre le premier album solo de Pop, compose et enregistre le sublime album Low avec Brian Eno & Iggy Pop et le tout aussi ravissant Heroes avec Eno & Robert Fripp.

Low parait en janvier 1977. The Idiot d'Iggy Pop, bien qu'enrtegistré en premier parait en mars et Heroes en Octobre de la même année.

"La manière Bowie" est née.

Elle consiste à s'isoler afin de se ressourcer mais surtout à oser se réinventer. L'album Low contient onze chansons. 6 instrumentales et parmi les 5 chantées, une dont les premières paroles arrivent vers la deuxième minute de la chanson et une autre d'1:51. Donc plutôt difficile à vendre aux radios qui diffusent surtout des chansons entre trois et quatres minutes, souvent des plus longues. Là où il révolutionne la manière de vendre sa musique c'est justement dans son envie certaine de ne PAS la mousser. Aucune publicité ne sera faite autour de Low. Il envoie les maquettes pour fin de production sans notes, sans préambule, sans explications sinon l'ordre des chansons et une photo pour la pochette. Il en oublie même de créditer les musiciens. Il tournera des vidéos bien plus tard et, peut-être involontairement en ne sachant pas comment vendre son produit lu-même à sa maison de disque, il choisit de faire fi du marketing de son produit. Aucune chanson ne se démarque comme potentiel single. Il fait la même chose pour Heroes se permettant tout juste un clip (linéaire)de la chanson titre qui de l'avis de plusieurs est son immortelle chanson.

Et ça marche, les deux albums sont considérés comme des classiques.

Depuis, des tonnes de musiciens ont imité la technique.

Radiohead étant ceux qui ont le mieux réussi (et les plus connus) en faisant le relatif même parcours.

Trois albums pop qui sont de gros succès populaires (Pablo Honey, The Bends & Ok Computer) Puis la retraite dans un château (dit hanté) pour enregistrer des albums au son complètement différent et qui semblent vouloir se détacher du moule commercial traditionnel. Kid A et un an plus tard Amnesiac. Deux oeuvres sensationnelles pour les oreilles de mélomane.

Il pousse l'audace encore plus loin quand le 1er janvier 2007 le groupe sort, un jour férié, l'album double In Rainbows sur l'internet et demande à son public de payer ce qu'ils pensent que devrait coûter l'oeuvre. 80% des gens ne paieront rien.

La manière Dylan maintenant. La sienne est plus simple. C'est celle de l'album double au sommet de sa carrière.

C'est un réflexe de boulimie artistique suivi de retrait public.

En 1966, Bob Dylan est le plus grand chansonnier au monde. Épuisé par la vie de tournée qui depuis 1962 exige un rythme incessant, lui qui a mis sur le marché six albums en 4 ans, il met le paquet et inspiré par de nouvelles amours, compose 14 chansons pour sortir l'album double Blonde on Blonde. Il se marie avec Sara Lownds et fait (supposément...) un gros accident de moto qui le gardera loin de tout engagement public, en retraite fermée, de Mai 1966 à Décembre 1967.

L'album double devient l'incontournable de son oeuvre. La manière Dylan est née.

Les grands l'imitent. Les Beatles enregistrent leur album Blanc l'année suivante, The Who l'opéra rock Tommy en 1969 et l'opéra rock Quadrophenia en 1973, George Harrison sort un album double (triple?) comme premier effort solo en 1970, Les Rolling Stones font d'Exil on Main Street un long chef-d'oeuvre en 1971, Le nouveau groupe d'Eric Clapton, Derek & The Dominoes, sort Layla en 1972, Led Zeppelin pond Physical Graffiti en 1975, Stevie Wonder Songs in the Key of Life en 1976, Pink Floyd qui avait sorti Ummagumma en album double en 1969 sort dix ans plus tard The Wall en album double, The Clash a 36 chansons sur Sandinista! qui sera un triple album en 1980.

Et tel que souligné plus haut Radiohead en 2007 touche aussi à l'album double avec l'incroyable In Rainbows.

Tous de grands artistes, beaucoup de grands albums.

Les grands invente leur manière.
Et font à leur manière.

Tant mieux pour nos oreilles.

lundi 17 mai 2010

Le mauvais sort de l'Oscar de la meilleure actrice


Dans le hockey de la LNH, on a parlé de mauvais karma entourant le trophée de l'entraineur de l'année.

Très souvent le récipiendaire du trophée perd son emploi en dedans des deux années qui suivent la réception de l'honneur.

Mais le karma entourant l'Oscar de la meilleure actrice est pire encore!

1993: Emma Thompson gagne la statuette pour son rôle dans Howard's End. Marisé depuis 1989, elle et son mari, l'acteur/réalisateur Kenneth Brannagh se séparent deux ans plus tard. Thompson rafle un autre Oscar l'année suivante pour son adaptation du livre de Jane Austen Sense & Sensibility.

1996: Susan Sarandon gagne l'honneur dans le rôle de Soeur Hélène Préjean sous la direction de son mari, l'acteur Tim Robbins, pour Dead Man Walking. Ça a pris une certain temps à leur 23 ans d'amour à ses désintégrer mais depuis 2009 il ne sont plus ensemble.

1998: Helen Hunt gagne pour As Good As It Gets. Elle se marie avec l'acteur Hank Azaria, connu pour ses rôles secondaires (dans Quiz Show entre autre) mais surtout pour ses voix dans The Simpsons. Ils se séparent un an plus tard.

1999: Gwyneth Paltrow gagne pour Shakespeare In Love. La discrète actrice remercie Ben Affleck du bout des lèvres mais deux mois plus tard les deux baisent ailleurs.

2001: Julia Roberts gagne en Erin Brockovitch parce qu'elle se montre les boules et que les viellissants membres de l'Académie voudraient bien la voir en avant à moitié nue. Elle bat inexplicablement Ellen Burstyn (pour Requiem for a Dream), Juliette Binoche (pour Chocolat), Joan Allen (pour The Contender) et Laura Linney, à nouveau volée, pour You Can Count On Me. Son union avec l'acteur Benjamin Bratt se termine une semaine plus tard.

2002: Halle Berry gagne pour Monster's Ball. Son mariage de quatres ans avec le chanteur Eric Benet se termine l'année suivante. La carrière d'Eric Benet qui était dans le nowhere se retrouve par la suite dans les limbes.

2004: Charlize Theron gagne pour son impressionnante livraison de la vie d'assassin d'Aileen Wuornos dans Monster. La grande Sud-Africaine a largué son compagnon des 9 dernières années en janvier 2010.

2005 (& 2000): Hillary Swank gagne successivement pour son rôle de fille voulant être un gars dans Boys Don't Cry en 2000 et dans un autre rôle pas super féminin dans Million Dollar Baby sous la direction de Clint Eastwood en 2005. La nouvelle Karaté Kid et son mari depuis 10 ans, l'acteur Chad Lowe se divorce en 2006.

2006: Reese Whiterspoon rafle l'Oscar de la meilleure actrice pour le rôle secondaire de June Carter dans Walk The Line qui raconte la vie de Johnny Cash. Plutôt insultant cette année là pour Felicity Huffman qui est littéralement formidable dans le rôle d'un homme (avec pénis et tout et tout)en attente de la grande opréation qui le rendra totalement femme et dont même la voix est transformée dans Transamerica. L'acteur Ryan Phillipe, avec lequel elle fût mariée sept ans et avec lequel elle a eu deux enfants et elle divorcent en 2007.

2009: Kate Winslet gagne enfin pour The Reader même si elle aurait pu gagner pour Sense & Sensibility, Holy Smoke, Heavenly Creatures, Eternal Sunshine of the Spotless Mind ou Finding Neverland. Mariée au réalisateur Sam Mendès depuis 2003, ayant un fils de leur union, ils annoncent leur sépration la même semaine que...

Sandra Bullock qui annonce qu'elle quitte la maison du démon Jesse James (qui fait concurrence à Tiger Woods parmi le nombre de maitresses) quelques semaine après qu'elle eût gagné l'oscar de la meilleure actrice pour The Blind Side en février dernier.

Les hommes se sentent-ils émasculés par des femmes en plus grande visibilité que la leur? Remarquez que TOUS les maris énumérés sont aussi des acteurs, des chanteurs, des artistes et dans le dernier cas une vedette de téléréalité fortement tatouée. Donc des gens au gros ego qui ont un besoin d'attention souvent plus grand que la moyenne des ours.

Fascinant comment tous ses gens semblent avoir embrassé le "qui se ressemble s'assemble" fatal au lieu du "les contraires s'attirent."

Et se complètent.

L'honneur de gagner l'oscar de la meilleure actrice semble un rêve pour mesdames et un cauchemar pour ses messieurs.

Je peux suggérer des nominés pour l'an prochain?

-Rebecca Hall
-Zooey Deschanels
-Laura Linney
-Evangeline Lilly
-Kate Beckinsale

Je connais des millions de mâles (et peut-être quelques femelles)sur terre qui seraient heureux de les savoir disponibles.

dimanche 16 mai 2010

Hitler à Paris


Le 14 juin 1940, les Allemands envahissent Paris.

Quand la sirène de l'armistice se fait entendre dans la nuit du 24 au 25 juin, Albert Speer, l'architecte préféré d'Adolf Hitler se fait demander par ce dernier d'organiser un tour de Paris en sa compagnie.

Le 28, Speer accueille Hitler à l'aéroport de Bourget vers 5h30 du matin. Trois larges Mercedes Sedans sont sur place. Hitler, Speer, un ami sculpteur et un autre ami architecte prendront place dans une de ses voitures avec un chauffeur. Des tenues militaires ont été données aux trois artistes afin qu'il se mêle bien aux soldats et à l'armée si Hitler la croise. Ils se rendent à l'opéra de Paris afin de voir l'oeuvre de l'architecte néobaroque français préféré du fhürer: Charles Garnier.

Hitler est ébloui tel un enfant par les lieux.

Ils passent ensuite devant l'église de la Madeleine, sur les Champs Elysées, devant le Trocadero jusqu'à la tour Eiffel où la voiture s'arrête. De l'Arc-de-Triomphe avec sa tombe du soldat inconnu ils se rendent aux Invalides où Hitler se recueille longuement sur la tombe de Napoléon. Il est grandement impréssionné par les proporttions du Panthéon mais reste indifférent à des chef d'oeuvres d'architectures tel la Place des Vosges, le Louvre, le Palais de Justice et la Sainte-Chapelle. Il ne s'anime à nouveau qu'en apperçevant les pâtés de maisons de la rue Rivoli.

La fin de la visite se déroule dans l'église du Sacré Coeur de Monmartre. Sur place, Hitler est entouré de plusieurs hommes influents de son Reich. Les croyanst sur place le reconnaisse mais l'ignore. À 9 heures du matin la visite est terminée.

Hitler dira "C'était le rêve de ma vie d'avoir la permission de voir Paris, Je ne peux exprimer clairement à quel point j'en suis heureux". Ses proches ont un peu pitié de lui. Cet homme passe trois heures à Paris et c'est le plus beau moment de sa vie alors qu'il est au sommet de ses triomphes de guerre.

Hitler considère un instant faire une marche victorieuse sur Paris mais se ravise trouvant qu'il offrirait alors ses troupes en cible facile pour l'ennemi. Sa marche victorieuse sera dans sa tête celle qu'il a fait avec ses proches lieutenants sur Paris. Il avoue aussi qu'il est trop tôt pour parler de "victoire". Rien n'est fini.

Il avouera candidement à ses amis architectes en après-midi dans une maison de campagne son émerveillement de la ville de Paris. Elle est si belle, prétend-il, qu'il faille absolument que les architectes Allemands s'en inspire afin de rendre Berlin plus belle encore. Il leur demande de bien étudier ce qu'ils ont vu car il mesure l'idée de détruire tout Paris. "Quand nous reviendront à Berlin Paris ne sera plus qu'une ombre" dit-il.

Hitler ne remettera plus jamais les pieds dans son jardin d'éden.

C'était lui l'ombre, tassé par le soleil de la libération.

samedi 15 mai 2010

Cruise Control


Mon père décédé en décembre dernier m'a légué un petit cadeau imprévu.

Il devait partir en croisière avec ma mère accostant à Venise, Rome, Florence, Pise & Capri en Italie, Athènes et Mykonos en Grèce, Epehsus et Istanbul en Turquie, Monte Carlo à Monaco et terminer son périple au coeur de Barcelone pendant 3 jours.

Puisqu'il regardera tout ça des nuages, puisque mes soeurs sont toutes deux enseignantes et travaillent entre le 15 mai et le 1er juin, puisque je suis étudiant et que ma session est terminée depuis peu, c'est moi l'heureux élu qui accompagnera maman chérie (et deux de leurs amis que je me trouve à bien connaitre aussi) sur la croisière.

Je pars le coeur un peu gros car papa, tu seras avec nous quand même, tu seras partout, mais aussi parce que je n'ai jamais été 18 jours sans le doux visage de ma douce bien-aimée. Je n'ai jamais quitté mes enfants plus de 7 jours non plus. Et là, je quitte cette miraculeuse équipe de hockey bleu/blanc/rouge en plus...

Mais attention lecteurs, je ne vous abandonne pas. Ayant prévu le coup j'ai planifié des publications à l'avance et chaque jour de mes absences à compter d'aujourd'hui sortira aux aurores un texte à cette adresse. Nécessairement pas collé sur l'actualité du moment mais par pur plaisir de rédaction. Et par besoin de création.

For your eyes only.

Le seul indice de mon absence sera que je ne pourrai pas approuver vos commentaires avant le 2 ou le 3 juin.

N'ayez crainte, je quitte en pensant à mes proches, en pensant à vous autant que vous êtes, informes derrière vos écrans au bureau, à la maison ou ailleurs. Je quitte afin de régler les problèmes économiques en Grèce (ils m'ont réclamé, je vous jure), je quitte afin de mieux revenir, afin d'aller boire à la fontaine de l'extraordinaire pour mieux la redistribuer par la suite.

Soyez beau, soyez fins, soyez coquins.

Je serai tout ça en Eurodollars, un brin pâle au départ, probablement blond platine dans le crâne et brun espagnol dans la peau au retour.

Le 1er ou le 2 juin.

Selon l'humeur des volcans.

Faites donc gagner les Canadiens en attendant.

vendredi 14 mai 2010

Autour de Noah Baumbach


Quand j'ai vu The Squid & The Whale il y a 4 ou 5 ans j'ai adoré.

Il s'agissait d'un film de Noah Baumbach dont le scénario était inspiré de sa propre expérience autour du divorce de ses parents. Un film pas super drôle mais joué, écrit et tournée avec une telle adresse, un souci du détail dans le dialogue et de la mise-en-scène, qui donne l'impression de ne pas assister à un film mais de tout simplement assister à un segment de la vie de quatres individus d'une même famille.

Dans ce film, Laura Linney y joue la mère, Jeff Daniels y joue le père, Owen Kline y joue le rôle d'un pré-ado plus près de sa mère et Jesse Eisenberg y joue le rôle d'un ado plus près de son père. Ils ne les jouent pas, il les incarne.

Le film tourné en seulement 23 jours est criant de vérité. En fait qu'est-ce que j'en sais? je ne connais rien au divorce mais cette vitrine sur un monde que je ne connais pas mais situé à une époque que je connais très bien (les années 70/80)m'était apparue exceptionellement intéressante.

Noah Baumbach tombait dans mon radar.

En passant à la bibliothèque l'autre tantôt je remarquais un film qui portait le nom de Noah Baumbach à la réalisation. Un film de 2007 mettant en vedette Nicole Kidman, Jennifer Jason Leigh et Jack Black. Un film dont on n'a jamais entendu parler. C'étais très bon signe. On entend partout les chansons pop que l'on oubliera dans un mois mais la qualité durera. Il n'a jamais rien d'urgent dans la publicité du qualitatif.

L'écriture de Baumbach marche toujours sur la fragile ligne entre l'humour et la pitié...Même lorsqu'on rit les scènes ont toujours un petit fond de malaise.

Certaines scènes comiques font mal.

Margot at the Wedding allait s'appeller Margot at the Beach en hommage au Pauline à la Plage d'Eric Rohmer. Le film reste un splendide hommage au réalisateur français dont le personnage de Jennifer Jason Leigh a gardé le prénom de Pauline.

Kidman & Jason Leigh jouent des soeurs plus vrais que nature. Parce qu'imparfaits. On oublie souvent que des enfants dans des films, quand bien dirigés, c'est souvent hyper payant pour une bonne histoire qui veut traiter de réalisme. Baumbach a le tour avec les enfants et ceux de Margot at The Wedding, Zane Pais, Flora Cross, Sophie Nyweide, Justin Roth & Ashlie Atkinson sont parfaits dans leur rôles d'enfants égarés dans des conflits de dysfonctionnels adultes. Dans leur rôles de cicatrisés-in-progress. Kidman est magistrale, Jason Leigh (madame Baumbach à la ville)est aussi très bonne dans le rôle de l'émotive soeur compétitive. Jack Black est remarquable dans le rôle d'un pathétique futur marié, qui, parce que c'est Jack Black, attire quand même plusieurs sourires.

Jon Turturro y fait aussi une présence fort agréable. Voilà un acteur dont on oublie l'excellence.

Sans le savoir ou l'ayant oublié, Baumbach a co-scénarisé The Life Aquatic with Steve Zissou avec Wes Anderson, un autre réalisateur pour lequel j'ai beaucoup d'affection. Il a aussi co-scénarisé avec ce même Anderson le film d'animation Fantastic Mr Fox.

Son tout dernier film, Greenberg, est sorti en mars 2010. Il met en vedette Ben Stiller, Greta Gerwig, Rhys Ifans & Jennifer Jason Leigh.

J'ai très hâte de le voir.

Ses trames sonores sont de plus toujours exceptionelles.

On inclus pas The Chauffeur de Duran Duran dans la trame sonore de son film sans avoir un certain talent.

Un talent certain.

J'aime ce qui se déroule autour de Noah Baumbach.