vendredi 25 août 2017

Le Troisième Enfant

À l'anniversaire de l'amoureuse, je lui ai trouvé un bébé chat.

Je comprends soudainement quelque chose. Si nous avions eu un troisième enfant, l'amoureuse et moi serions probablement un couple séparé.

Moi qui voulait (plus jeune) 4 enfants, je me suis fait à l'idée quand nous avons choisi d'espacer nos deux amours de presque 4 ans, qu'on se limiterait probablement à deux. Comme nous avons réussi le coup du roi, on a arrêté cela à 2.

Mais ce bébé chat, est un peu devenu notre troisième enfant. Honnêtement, il nous sépare tous. Les deux enfants et moi le trouvons adorable, mignon, joli, aimable, parfait. L'amoureuse lui trouve un "nez", peine à le dire "beau", aurait voulu avoir une chatte pas un chat, se plaint de son poil pas assez long. Les enfants sont convaincus qu'elle a dit qu'elle ne le voulait pas gris (ce qu'elle nie avec raison je crois) mais peu importe. Elle est complètement à l'antithèse de nos ardeurs à son égard. Parfois, nous sommes trois à rager contre la princesse l'amoureuse la trouvant non méritoire de cette petite boule d'amour poilue.

Cet adorable boule d'amour poilue au moteur de petit avion.

C'est un peu comme moi en vacances la semaine dernière. Nous étions au Nouveau-Brunswick. Je ne suis pas un super fan du homard. Mes parents en mangeait beaucoup, enfant/ado, et chaque fois je trouvais l'entreprise extrêmement salope, dégoulinante, et je n'ai jamais tellement compris le plaisir de s'envoyer de l'eau marine par la tête autour d'une table. De plus, une fois le repas longuement outillé, des appétits comme les miens restaient toujours très peu rassasiés. Ce fût encore le cas en vacances avec les amis. J'ai fait mon effort, mais l'effet est resté le même. Je ne savoure franchement pas assez le homard pour me donner tout le trouble qu'on se donne à en faire de la chirurgie animale grossière dans nos assiettes. Là, c'est moi le prince.

Et bien, en vacances, les amis qui nous accompagnaient ont tant savouré, là où je ne le faisais pas du tout, la première fois qu'ils ont choisi de recommander du homard fraîchement pêché de la mer, un peu plus tard dans la semaine, et de cette fois le faire livrer directement de la mer sur une île où nous étions parfaitement seuls pour nous y baigner, y cuire les homards et les mangers sous forme de banquet fantasmique.

Quand j'avais entendu les amis suggérer de recommander du homard dans la semaine, j'avais glissé à l'amoureuse que je me soustrairais de l'équation (Punkee aussi) le plaisir des autres n'étant pas vraiment au rendez-vous pour moi et ma fille (J'ai dévoré toute la salade à moi tout seul après le premier repas de homard). Si bien que quand l'équipée a fait son banquet de homard sur l'île, je suis resté charmant et de la meilleure compagnie possible, mais il était inévitable de ne pas penser que j'étais plate figurant dans le rêve mouillé d'un autre. Étrange sensation marginale tout de même. Je conviens que le concept peut paraître charmant et tout (et l'est), mais je n'aurais jamais pu être dans la situation de ma mère qui (virtuellement) nous jalousais tous sans savoir vraiment que son fils et sa petite fille mangeaient pour leur part de très bons sandwichs au thon et au jambon/fromage. Préparés avec autant d'amour, mais un peu moins de romance.

Pour revenir au bébé chat, l'amoureuse semble pour sa part rester aussi en marge de notre bonheur commun de voir grandir cette petite panthère grise. Elle devient peu à peu l'ennemi.

Sa gestion de Spookie (son nom) est terrrrrrrrrrrrrrrrrible! Si nos chats précédents s'interdisaient eux-mêmes certaines pièces de la maison (le sous-sol, le garage, les chambres des enfants). Notre bébé chat ne s'interdit rien. Il explore absolument tout. On l'a même retrouvé dans les murs alors qu'il a réussi à passer son minuscule corps dans un trou tout aussi minuscule. Là où on poussait nos autres chats à se rendre où il ne le voulait pas, Spookie, on le freine. En fait, à un seul endroit dans la maison: dans le garage. La raison est simple et logique. Les sacs de poubelles y traînent, ce qui est toujours attirant pour les bestioles. Mais aussi parce que mon ancien chat y a lui-même trouvé la mort. Les odeurs du garage ne sont pas celles des autres pièces. Les poubelles, oui, mais aussi les poches de hockey, les pots de peinture. Que ça nous plaise ou pas, ça parfume tout ça. Et mon chat d'alors, vieillissant, et pissant de plus en plus partout comme un Donald Trump sur Twitter, avait choisi le garage et la poche de Monkee pour y prendre ses habitudes. On a choisi d'en finir avec lui à ce moment. Après 14 ans d'amour.

Ce chat naissant (8 avril) n'a donc , à mes yeux, pas besoin de cette zone d'exploration où il peut entre autre se faufiler loin derrière les étagères, percer/vider nos vidanges et y rester longtemps si il le souhaite. Il peut aussi se blesser sur des tonnes de choses coupantes (comme les patins qui traînent derrière les étagères) qui s'y trouvent et bref, ce n'est pas un endroit pour jouer. Pour Monkee, Punkee et moi, mais pas pour l'amoureuse qui est horrrrrrrrrrrrrriblement négligente sur sa gestion de la porte du garage. Le chat est intelligent et là où il se sait bloqué par les trois autres, il trotte presque en nous bravant du regard en s'y glissant tout le temps quand c'est la belle qui ouvre la porte.  Avec le temps de réaction d'un fonctionnaire haïtien et c'est presque toujours nous qui courrons le chat dehors quand elle est aussi poche avec les portes menant dehors. C'est sa vengeance inconsciente de ne pas avoir choisi le félin elle-même. (tâche qu'elle devine facile en plus).

Et dehors, on ne s'entend pas là-dessus. Comme on l'a fait dégriffé et ne lui avons fait subir seulement les vaccins de base, deux raisons qui devraient le garder au strict minimum de ses visites dehors, on le barre en dedans où on le suit à la trace. L'amoureuse le laisse aller n'importe où et sans supervision aucune. Nous faisant courir comme des singes chez les voisins lorsque (souvent) perdu. Nous transformant tous du même coup en chien jappeurs.

La princesse se moque de ses pions.

Quand elle choisit de le laisser sortir, j'ai lâché le morceau et me prépare à sa perte possible.

Elle joue à la roulette russe avec lui et je ne suis pas partisan de cela non plus.

Je préférerais me saloper en mangeant du homard que je trouve bon, sans plus.

Sa princessité est pire que mon princier snobisme.

jeudi 24 août 2017

Micheal Collins

Micheal O'Coileain était le 8ème et plus jeune enfant de la famille Collins. Né en 1890, près de Clonakilty dans le compté de Cork en Irlande. Il atterissait dans une famille qui descendait des Éoganachta, une dynastie déchue irlandaise fière et autonome dominante du Vème siècle au XVIème siècle.
Dès sa naissance, et toute sa courte vie, il sera habité par un esprit national fier, 100% convaincu de la nature parfaitement indépendante de l'Irlande dans le Royaume-Uni.

Le père de Collins est un vieux fermier qui, sur son lit de mort (Michael a 6 ans) prédit avec justesse que l'une de ses filles sera une soeur et que Micheal sera un grand homme pour l'Irlande. Les prédictions prennent la forme de fortes suggestions communes puisque les deux s'avèreront vraies.

Doté du bouillant tempérament irlandais, enfant, il parle déjà de la fierté irlandaise et rebaptise les gens qu'il rencontre de noms traditionnels irlandais ou de rebelles de 1798. Il hérite lui-même de multiples surnom. Sa famille l'appelle "The Big Fellow". Dès l'adolescence, sa famille convient qu'il a tout d'un leader politique ou militaire.

Élevé par l'une de ses grandes soeurs et son mari, il travaille pour un journal local quand il a 13 ans. Deux ans plus tard, il quitte les bancs d'école pour le service civil. Il s'établit ensuite chez une autre soeur à Londres où il sera commis pour un bureau de change dans la banque de la Blythe House. Il deviendra coursier en faisant en parallèle des études de droit au King College de Londres. Il joint la Gaellic Athletic Association et par eux,  le Irish Republican Brotherhood. Il a 19 ans. Il travaille alors brièvement pour des firmes de comptables.

Hautement respecté pour l'intelligence de son organisation, Collins sera impliqué directement dans L'insurrection de Pâques aux côtés de Connolly et Pearse. Même si l'opération tourne à la catastrophe, elle réussit à imposer une vision d'Irlande indépendante dans les mémoires populaires. En revanche, Collins est emprisonné et son nom ne sera jamais plus oublié par les autorités. En prison, il mijote "la prochaine fois".

Au camp d'internement, au Pays de Galles, il coopère peu avec ceux qui deviendront plus tard des internes de l'IRA dans les années 70 et 80. Son séjour là-bas lui cimente un important réseau de contact de partout au pays. En décembre 1916, il est libéré de prison.

Il est aussitôt promu secrétaire de l'aide nationale et du fond des volontaires du mouvement des indépendantistes irlandais qui ont considéré l'insurrection de pâques comme le début de la fierté irlandaise affirmée.

Collins sera au coeur de toutes les manoeuvres d'affirmation irlandaise. Il sera associé de près à Arthur Griffith, éditeur d'un journal nationaliste et fondateur du Sinn Fein, parti républicain, deuxième en importance en Irlande du Nord de nos jours, mais qui n'a que 11 ans en 1916. Bien que Griffith soit modéré et absolument non violent, Collins, batailleur acharné cherchant le confrontation, le recrutement s'en trouve enrichi puisque des gens de différents tempéraments se joignent à leur cause. Collins et compagnie veulent une Irlande indépendante de l'Angleterre. Collins devient un important membre du Sinn Fein et le directeur organisationnel des volontaires d'Irlande. Éamon de Valera se présente contre Griffith à la tête du Sinn Fein et celui-ci lui cède le pas.

Aux élections de 1918. le Sinn Fein gagne de manière convaincante le pouvoir en Irlande. Collins devient Premier Ministre de Cork South. Ceci devrait leur donner le droit de siéger au parlement de Westminster en Angleterre. Mais ils ne veulent pas le faire. Ils veulent le faire chez eux, dans un parlement d'Irlande, à Dublin. Convaincus d'avoir des crapules au pouvoir, les autorités irlandaises arrêtent de Valera et plusieurs élus pour les jeter en prison. Collins échappe à tout ça. On proclame le parlement irlandais en 1919 et Collins aide à faire s'évader de Valera peu de temps après.

Malgré le lobbying (jusqu'à Washington et à la conférence de paix de Paris) personne ne reconnaît la République d'Irlande de 1919. La IRA devient l'autorité légale en Irlande. Collins devient ministre des finances. Sans qu'on s'en vante. le parti perd beaucoup de ses membres puisqu'on craint la violence et la brutalité que fait naître les initiatives. Les ministères sont composés souvent d'une seule personne (le ministre) ou d'un ministre et d'une seule autre personne (un(e) brave). Le Sinn Fein inspire hostilité.

Collins en a toute la saveur.
Et le style explosif.

La guerre d'indépendance irlandaise durera de janvier 1919 à  juillet 1921. 1400 y trouveront la mort. 363 étaient des policiers, 261, des soldats britanniques et autour de 550 des volontaires de l'IRA. 200 autres étaient de simples civils. Collins est de toute les sauces. Son bouillant tempérament est largement nourri. Il créé une unité spéciale d'assassinat d'agents britanniques et d'informateurs. On offre maintenant l'équivalent de 360 000 Euros de nos jours pour sa capture ou sa mort.

Quand l'unité spéciale de Collins assassine plusieurs agents britanniques des services secrets, les Anglais répliquent, à Croke Park, en tirant dans la foule qui assiste à un match de soccer entre Dublin et Tipperary.  

La vie n'est plus normale en Irlande.

Collins sera parmi les importants délégués afin de négocier un traité de paix avec Londres. Le traité confirmera une réelle indépendance irlandaise, mais avec diverses limitations symboliques et réelles. On se dispute la fierté.

Le traité ne fait pas que des heureux, surtout pas, et une guerre civile prend racine en Irlande. Collins en est à l'origine quand il fait bombarder le Four Courts, alors occupé par des membres de l'IRA anti-traité. Collins est maintenant commandant en chef de L'Irish National Forces.

Arthur Griffith multiplie les rencontres avec Londres afin d'en arriver à une sorte de paix, mais Londres le renvoie continuellement chez lui en prétextant que leur travail est fait et que la guerre est maintenant seulement sous son toit. Griffith fait 43 réunions sur le sujet en une seule semaine et la termine mort d'une hémoragie au cerveau. Il avait 51 ans. Collins en reste atterré.

Collins est lui-même assassiné, 10 jours plus tard.

Neil Jordan fait un film de sa vie pour les 80 ans de l'insurrection de Pâques.

Une anecdote raconte que, lorsqu'arrivé 7 minutes en retard, un dignitaire l'ayant reproché à Collins s'est vu répondre: " ...vous n'avez attendu que 7 minutes, nous attendons depuis 700 ans!"

Il y a 95 ans, avant-hier, le lion d'Irlande était chassé.

À 31 ans.

En ayant vécus  au moins 731 par en dedans.

mercredi 23 août 2017

Réjean Ducharme (1941-2017)

"Le meilleur moyen de n'avoir besoin de personne, c'est de rayer tout le monde de sa vie!"
-Bérénice Einberg

Tu m'as fait naître Réjean Ducharme.

Vers 1987. Quand madame Rose-Aimée nous as obligés à te lire. Après, te lire et t'aimer est devenu tellement facile. Je t'ai tout dévoré. Adulescent, enfantôme. Et te digérerai toujours. Qui croque qui dans ce quiproquo?

Quand l'amour ce n'est pas quelque chose, c'est quelque part (7). Tu t'y est envolé. Retrouver Claire qui t'avais montré le chemin l'été dernier. Jongleur de l'aphorisme, étoile somnambule du monde littéraire Québécois et francophone du monde entier, ton départ m'a fait pleuré. Absurdement. Puisque la plupart du temps, on pouvait te penser mort. Puisque si anonyme. Mais libre. On est pas homme si on est pas libre et pas libre si on ne jouit pas de sa liberté, si on ne s'en sert pas, pour décider, se constituer, puis lutter pour se garder et grandir (2). Sur ce dernier point, tu es mon parfait guide.
Tu es ma lumière.
Était.
Restera.

Une large partie de moi est habitée de tes mots. De ton imaginaire. J'ai tes 9 livres (-1), vu tes deux films, entendu tes chansons, lu tes pièces (-2). Tu nous as fait cadeau de deux-trois photos. Et de ses deux-trois photos tu as choisi de nous offrir l'hiver. L'Hiver de Force. Ce si bel hiver qui j'aime de tant de frissons. Et un chien. Parce que chienne de vie.

Tu étais la plus belle cathédrale hantée. Hantée de la poésie de l'enfance.

Tu m'as fait comprendre que la vie ne se passe pas sur terre. HA! à moi, un martien vampire! mais qu'elle se passe dans la tête (3). Tu a surpeuplé la mienne pour toujours. Tu es immortel. Depuis 51 ans. Je n'ai que 30 ans en ta compagnie, mais tu seras extraordinairement longtemps en moi. Jusqu'à ma propre mort. Tu es de mon ADN. Tu pullules dans mes veines. Je m'autoinjectes ton talent dans les yeux, la tête et le coeur quelques fois par année. Encore l'an dernier, je t'ai entièrement revisité (-3).

Dans tes livres, les enfants cherchent les secrets des adultes (4) et en grandissant, un enfant s'use (5).

Le bonheur, c'est d'être fidèle aux aspirations de son âme. C'est d'être assez brave et assez fier pour écouter les voix qui montent de l'âme et obéir à la plus belle. (6)

Je pourrais choisir de te citer tout le temps jusqu'à la fin de mon temps.

Mais la fin de mon temps reste loin. Toi, tu es parti sur un papillon dans la nuit de lundi à mardi. Après 76 ans de liberté sur terre. Une libellule volant vers plus Claire. Tu as gardé ta poétique du débris dans ton baluchon, Roch Plante. Tu étais cri du ventre.

Tu ramassais tout, parce que la vie te parlais d'une certaine manière et que tu avais choisi de lui répondre de la tienne. D'une manière somptueuse. Géniale et hygiénique. Le début de l'hygiène, c'est haïr les microbes des voisins (8).

En 1966, tu avais 25 ans. Déjà on voulait te monumenter. Tu as dit non aux menus menteurs. Tu t'es choisi privé (libre). Tu séviras 9 fois en livres, 4 fois en théâtre, 2 fois en cinéma, plusieurs fois en musique, tu étais géant invisible et monstre sacré.

Tu étais beaucoup de ma vie.

Tu m'as fait naître et me fera mourir.
Parce que tu seras toujours en moi. Comme DB.

Bowie l'an dernier,
Reggie cet été, tu l'as dit Mamie, la vie, y a pas d'avenir là-dedans, il faut investir ailleurs (1).

À 15h16 hier, j'apprenais ta mort. Même le ciel en a pleuré démesurément. J'ai le coeur gros depuis.
Je suis atrabilaire. Ta mort me rend valétudinaire.
Mais tu fleurira toujours en moi. Tu es ma flore laurentienne.
Tu seras mon ange qui fera le paradis buissonnier*.

Merci planète terre pour le petit gars de St-Felix-de-Valois.
Et ses restes sur terre.

(1) Dans Va Savoir.
(2) Dans Dévadé.
(3) Variation d'une ligne dans L'Avalée des Avalés.
(4)  Variation d'une ligne dans Le Nez Qui Voque.
(5) Dans l'Oécantume.
(6) Sans équivoque dans Le Nez Qui Voque.
(7) Toujours dans Le Nez Qui Voque.
(8) Dans L'Hiver de Force.
(-1) Sauf La Fille de Christophe-Colomb
(-2) Sauf Le Cid Maghané et Le Marquis Qui Perdit
(-3) Pas relu encore Dévadé, Va Savoir et Gros Mots
* Dans mon coeur





mardi 22 août 2017

Les Loups Qui Donnent La Patte (sans complètement réaliser que ce sont eux que nous voulons chasser)

Vous avez mordu à l'hameçon, bon public?

Nous ne sommes pas en faveur d'une immigration massive au pays qui ne veut pas être.

La meute veut faire entendre exactement ce message.

Qu'est-ce que la meute?

Principalement des gens qui ont peur.

C'est un rassemblement de Québécois, beaucoup beaucoup de militaires ou d'ex-militaires, ex-policiers, bercés par un flot de préjugés défavorables face aux étrangers en général (lire racistes), ultra-nationalistes (lire parfois racistes encore), sexistes, colonialistes et légèrement paranoïaques accordant beaucoup de crédit aux théories de complot. Un exemple? on croit fermement que Justin Trudeau et surtout Phillipe Couillard faisant la courbette aux arabes et au pétrole est une préparation claire à l'instauration possible de la charia dans nos gouvernements. Un homme comme Donald Trump au pouvoir n'est très certainement pas farfelu, il serait même nécessaire, Marine le Pen n'est pas folle non plus, et Rambo Gauthier ne le serait pas plus chez nous.

On prétend être autour de 20 000 dans la meute. Le groupe reste imperméable car des divisions et des sous-divisions existent comme le conseil de la meute, suivi des "portiers" validant les nouveaux membres. Un nouveau membre doit être obligatoirement recommandé par un autre membre, déjà dans la meute et reconnu et respecté depuis un bout de temps. Il y a la garde interne qui s'occupe de faire régner la discipline et parfois oblige la censure. Ce sont souvent eux que nous entendons parler aux médias, car on veut que le ton public soit modéré. Vous aurez remarqué dans les événements de dimanche dernier que c'étaient eux qui étaient de nature posée et qu'il était facile de les peinturer dans le coin des victimes (ce qu'ils ont aussi joué à perfection comme carte) retranchés dans le garage du complexe G avec femmes et enfants (toujours de bonnes couleurs à étendre sur la toile du manipulable populisme).

La cellule de logistique coordonne les différents événements (comme la manifestation silencieuse de dimanche dernier à Québec). La cellule des geeks, je ne sais trop. L'informatique? les réseaux sociaux?  La cellule médicale donne une crédibilité santé au groupe. Les cellules de contre-espionnage, de services secrets et de sécurité parlent d'elles-mêmes.

Cellule comme dans prison...(mentale).

On appelle les Islamo-gauchistes les gens qui ne pensent pas comme eux, ceux qui contre-manifestaient justement dimanche, les repoussant dans le garage. On rejette les gens associés aux mouvements anti-fascistes dans la meute. Vous avez bien lu. ANTI-fascistes. Épouse-t-on l'idéologie fasciste? ce qui ferait nager dans les marais du fort douteux. On porte d'ailleurs les chemises noires (ou gilet noir) comme le faisaient les fascistes de Mussolini.


Un peu à la Russe, tout le monde surveille tout le monde. La méfiance est toujours de mise. Selon la meute, on veut, aux États-Unis, désarmer les citoyens afin de les asservir à "l'invasion musulmane". Des délires du genre sont pris au sérieux dans la meute. Des alliances secrètes sont claires avec les frères musulmans afin de prendre le contrôle de l'Amérique. Vin Diesel incarne...oh! non...c'est vrai, ce n'est pas un film...

Bien entendu la charte de la laïcité est une bible qui a manqué son lancement. Et le multiculturalisme, un danger certain. Un musulman dans un poste municipal ou provincial est toujours une graine de venin au poison assuré. Ça rappelle beaucoup la propagande anti-juive d'un certain Adolf. Les musulmans modérés n'existent pas. Mais plusieurs loups, ils existent mais ne feront jamais le poids face aux radicaux qui polluent la planète en ce moment. Les gens de la meute son anti, "anti". Bien qu'anti-immigrants eux-mêmes. Vous vous y retrouvez?

Les publications de la meute ont rarement de source précises et leurs auteurs ont des titres difficiles à vérifier. Ils sont aussi créatifs que mythomanes.

Le chef du Front National Québécois est présent dans la meute et des Belges et des Français y sont aussi afin d'importer le modèle chez eux ou ailleurs.

La dissidence, comme les loups d'une meute, n'y est pas du tout bienvenue. Les débats politiques sont considérés comme du désordre et sont largement proscrites. Les amalgames sont souvent grossiers. Islam et viol ne font qu'un. Pourtant la femme québécoise y est largement objectifiée sur leurs pages. Le "nettoyage" de l'homosexualité est aussi suggéré. L'idée de la raclée offerte au nouvel arrivant est aussi dangereusement évoquée. Ils ne fuient pas la guerre, ils viennent la faire chez nous est un slogan qui leur plait bien. Moi je trouve le contre-slogan de la photo plus haut à gauche, bien meilleur. Et très à propos.

La meute veut infiltrer toute les sphères de la société québécoise comme elle croit que les musulmans-islamistes-radicaux (qui ne sont souvent qu'un seul homme dans leur esprit) est en train de le faire.

Pour les freiner dans leur folie.

J'ai aimé la réaction des gens de Québec dimanche.

Eux aussi ont tenté de freiner une certaine folie.
Ils ont été muselés par la police parce que celle-ci est aussi largement infiltrée par la meute (à Québec). Et en raison de l'idiot black bloc. Qu'est ce que le black bloc? Des amateurs de pagaille qui carbure à la haine qui les habite à coups de lancers de briques. On les reconnaît au courage de leurs masques. Il foutent la merde pour celui qui paiera le plus. Et à celui qui leur donnera la chance d'assouvir leur rage de fouteurs de merde.

Entre 500 et 600 membres de la meute ont tenu leur marche silencieuse.

Parce que ce qu'ils ont à dire est bien souvent insupportable à écouter. Mais aussi pour que l'on comprenne qu'ils n'ont pas dit leur dernier mot.

Ils ont bien tenté de manipuler les médias. Mais leurs idées, je viens de vous les livrer en partie, c'est de l'ostie de bouette.

Ce pays ne peut pas encore être.
Car il ne sait pas bien vivre ensemble encore.

lundi 21 août 2017

Déboulonner

Rarement, sinon jamais de mon vivant, n'aurais-je assisté à une telle réduction d'envergure d'un poste que l'on aurait cru important et prestigieux, comme celui de président des États-Unis.

L'échiquier politique mondial est en place pour complètement renverser les rapports de force internationaux. Le président des États-Unis passe de conférence de presse absurde à conférence de presse plus absurde encore. Comme un dégénéré dont on s'étonnerait toujours de l'effondrement mental.

Après les atrocités de Charlottestville, où effectivement, les deux groupes de manifestants avaient leurs torts, on a été incapable de voir un Homme avec un grand H, prendre la parole sur le sujet. En fait, oui. On a vu un ancien président, (Obama), tweeter une citation de Nelson Mandela qui allait devenir le tweet le plus retweeté de l'histoire du réseau. Ça disait simplement qu'aucun enfant ne naît haïssant une autre personne pour la couleur de sa peau. Sous entendant que c'est l'homme avec un petit h qui lui apprend.

Ce qui n'est pas complètement vrai. Un bébé qui n'a jamais été exposé à un autre à la peau de couleur différente, pourrait s'en apeurer et pleurer à la vue d'une peau d'une autre couleur. Par peur et par ignorance. Les deux moteurs du racisme adulte.

La simple existence de mouvement suprémaciste blanc est une insulte aux intelligences modernes. Ces mouvements qui réclament de crier ont besoin d'être étouffés. Si on ne les entendait pas avant, c'est que leurs voix sonnaient faux. La liberté d'expression est une très belle chose. Mais quand la voix devient le pas à suivre, c'est autre chose. C'est le pas de la peur, de l'ignorance dans la peau de l'intolérance qui a rencontré le pas du vivre ensemble et du respect d'autrui, qui a lui aussi glissé dans la peur et l'intolérance. Piégé par les sables mouvants de l'effet de foule.

Ce ne sont pas que des statues de héros racistes sudistes que l'on déboulonne et tente de déboulonner depuis une semaine. On veut aussi déboulonner des moteurs de pensées. Et ça c'est nettement plus difficile.
On déboulonne en même temps, sans le vouloir, le prestige du rôle du président. Ses interventions sont qualifiés d'emblée de surnaturelles.

Quand de nouveaux désaxés ont attaqué gratuitement Las Ramblas à Barcelone. le président a encore trouver le moyen de errer, ridiculisant sa propre intervention tout seul. Il a affirmé sobrement que son pays, dans des situation du genre, avait peu à offrir, en appelant au peuple de Barcelone de se tenir fort et fier. Ce qui aurait pu être assez bien si ça en était resté là. Mais il a ensuite glissé sur mythe, depuis longtemps prouvé faux, d'un général des États-Unis ayant réussi à tromper des radicaux des années 1900, utilisant des balles de fusil trempés dans le sang de cochon.

Un mélange de gêne, de pathétique et d'insulte aux intelligences se glisse dans l'air des conférence de presse dans ces moments... Un parfum de ridicule. Comme quand un enfant dit quelque chose de déplacé entre adultes.

Comment prendre au sérieux un homme de la sorte? Les caricatures montrent présentement Trump souffler du vente dans les voiles d'embarcations néo-nazies et suprémacistes blancs aux États-Unis.

C'est extrêmement important ce qui se passe aux États-Unis. On contourne le capitaine du bateau. Et quand on le contourne trop souvent, c'est la mutinerie qui peut s'y glisser sournoisement.

L'American Air Force des États-Unis a clamé publiquement, suite aux événements tragiques de Charlottesville, ce que le président des États-Unis aurait dû/pu dire.

I stand with my fellow services chiefs in saying that we're always stronger together. It's who we are as Airmen. Integrity, service and excellence...That's what America's Air Force is about.

Ça suivait  la tirade du patron de l'armée qui disait que celle-ci ne tolérait pas le racisme et la haine dans ses rangs. Que c'était contre leurs valeurs et tout ce contre quoi ils se sont toujours élevés depuis 1755.

Ça secondait aussi la déclaration du patron de la Navy qui disait que les événements de Charlottesville sont inacceptables et ne devraient jamais être tolérés. La USNavy se positionnera toujours contre l'intolérance et la haine.

Les Marines ont aussi dit qu'il n'existe aucune place sur terre pour la haine, l'extrémisme, que ça ne faisant aucunement partie de son code d'honneur qui comprend le courage, l'engagement façonnant le chemin de nos vies et de nos gestes.

4 regroupements militaires, parlant en parallèle du président. S'en dissociant.

Le coups d'État impliquent presque toujours un désavouement de l'armée.

Et deux ou trois dirigeant de grandes compagnies quittaient aussi le bateau du support présidentiel dans la foulée des molles interventions de Trump sur Charlottesville.

Il a quand même dit des suprémacistes que c'était des gens biens. 

Voilà une ligne qui passe mal.

Trump s'isole.

Et sa tour semble en verre devant un peuple avec aux mains bien des pierres.

C'est absolument ironique que l'humoriste et activiste noir Dick Gregory trouve la mort pas plus tard qu'hier. Quand le racisme est devenue fierté dans son propre pays. Comme si c'était maintenant trop pour lui.

Personne ne l'attend vraiment sur le sujet mais Trump nous parlera de stratégie sur l'Afghanistan ce soir.