dimanche 25 avril 2010

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Hypnotique Islande.

Une grande sensibilité émane de l'endroit.

Jón Þór Birgisson dit Jónsi au Chant et à la guitare électrique et
Georg Hólm dit Goggi à la basse depuis 1994.
Kjartan Sveinsson dit Kjarri aux Claviers et Orri Páll Dýrason à la batterie depuis1999.

Quand ils sont chantés, les morceaux de Sigur Rós peuvent avoir des paroles écrites en islandais ou en vonlenska et plus rarement en anglais.

Jónsi joue généralement de la guitare avec un archet de violoncelle, qui génère un son atmosphérique, technique ayant déjà été utilisée par quelques groupes de rock dans les années 1960 notamment par Jimmy Page, le guitariste du groupe Led Zeppelin, et Jonny Greenwood, guitariste de Radiohead dans les années 1990.

Georg Hólm joue parfois de la guitare basse avec une baguette de batterie et Orri Páll Dýrason des cymbales avec un archet.

Jónsi chante en falsetto.

Le nom Sigur Rós est en fait le prénom de la petite sœur de Jón Þór Birgisson, orthographié Sigurrós ou Sigourney Rose. C'était aussi le nom de sa grand-mère. L'utilisation de l'orthographe Sigur Rós n'est pas grammaticalement correcte en islandais et n'a pas de sens.

La musique peut faire brailler les statues je vous jure.

Je viens d'en voir une verser une larme.

Une statue de pierre dans le noir de mon sous-sol.

Hantant, frette, sensationel.

Takk Sigur Ros,
Takk..

La Saison des Vendeurs


En me rendant au club vidéo je me suis rendu compte d'une chose.

La sale saison approche.

Les motos vont faire leur insupportable vacarme.

Déjà les poteaux jonchant la route menant au club vidéo étaient éffacés sous les multiples affiches maisons annonçant les ventes de garage dans le secteur. C'est un vrai sport national dans mon coin.

Une pancarte annonçait d'ailleurs étrangement un évènement qui ouvrait "le week-end du cerveau". Vraiment. À quand le week-end "déclarations d'impôts"? J'ai plein de questions pour mon rapport d'impôts.

Bientôt je devrai aussi commencer à justifier le "pourquoi tu restes en dedans pendant qu'il fait si beau?". Comme j'ai beaucoup d'études à faire la semaine prochaine je me suis permis 4 locations de films pour 7 jours. Faut bien choisir ses points de fuite. J'ai pris Precious , Coco Avant Chanel, La Fille du RER et Paranoid Park.

Au club vidéo il y a ce comptoir de location, cet autre comptoir où un sympathique ado-pour-la-vie joue au XBOX ses propres séries de la LNH et ce comptoir à l'entrée avec un vendeur de système télé. Comme son comptoir est pas mal tout le temps désert, il est toujours le premier à te saluer à l'entrée pris d'un entrain qui trahit plus son ennui et son désir de vente que son réèl enthousiasme à te connaitre.
Souvent, il s'ennuit tant qu'il saute la clotûre et va faire tes locations au comptoir à la place des autres employés ados qui, samedi matin obligent, se racontent les riens de la veille avec "chose qui se vante qu'à l'a sucé!". Bien que ce type de propos devrait réveiller, j'étais relativement fourbu d'une autre nuit à me battre avec l'ennemi sommeil. Au comptoir, le tonifié commis vendeur de système télé me jasait beaucoup trop par rapport à l'input que j'étais en mesure de lui offrir. Il m'a offert au moins 8 phrases espacées de quelques secondes (pour que j'ajoute mon grain de sel j'imagine) avant que je ne trouve le moteur de ma mâchoire. Je crois avoir simplement grogné car il m'a offert le visage de la petite dame devant le gros chien méchant.

J'avais un journal, un sac de puff kong (dixit ma fille) et une offre de carte "privilèges" du mois non-solicitée entre les mains (et mes 4 films) quand je suis revenu chez moi. Il y avait 5 étrangers sur mon terrain et du bleu plein mon gazon vert. Un homme au teint arabe, trois femmes d'une autre époque et un jeune garçon.

J'avais toutes les raisons d'être surpris j'ai craché un dekessékriss? un peu fort. Suffisament fort pour que le petit garçon d'à peu près 9 ans presque sous les roues de ma voiture fasse un saut dans mon entrée.

"Ma voiture ne s'attend jamais à passer proche d'écraser un enfant de 9 ans en complet cravate dans son entrée un samedi matin mesdames!, je suis un citoyen du 450 je ne suis rien sans ma voiture, j'écoute ma voiture, je la respecte, elle me domine c'est elle le chef, il ne faut pas la contrarier avec un enfant habillé en vieux monsieur d'église dans son chemin" ai-je lancé.

C'est là que j'ai remarqué Monkee, mon fils en train de jouer au basket à côté d'eux.

"Bonjour monsieur, vous allez bien?" m'a dit une des dames des marches de mon entrée.

J'ai vite compris que l'arabe était de passage car il ne faisait que polluer ma boîte aux lettres de ses prospectus de pizza en se rendant vivement chez le voisin pour sévir de la même manière et ainsi de suite.

"Je vais moyen mesdames que faite vous dans mes escaliers et pourquoi avez vous mis du bleu sur mon gazon?"

La question les as étonné, le bleu ce n'était pas elles, mais elles étaient prêtes à me parler de Dieu je le voyais dans leurs mains biblées.

"Merci mesdames, si il y avait moins de religion dans le monde il y aurait aussi moins de guerre, moi ma religion c'est ma femme et mes deux mousses, c'est toi qui a invité un ami?" ai-je ensuite demandé à mon fils.

Non ce pauvre enfant était avec les trois femmes qu'il haira tant un jour pour ses samedis perdus de sa jeunesse. Ce regard de pitié que mon fils, du même âge, lui a lancé, il s'en souviendra toute sa vie. Il peinait dans son costume de clown alors qu'il aurait dû jouer au basket avec mon fils. Je lui ai mis le ballon dans les mains et lui ai demandé de tirer avant de partir. Il a fait un panier et probablement son plus beau sourire du jour. Un vrai celui-là qui ne demandait rien en retour.

"On dirait qu'elles voulaient créer des liens d'amitié, papa" m'a dit Monkee, presque inquiet.

"C'est sur, si je voulais te vendre quelque chose j'essaierais d'être ton ami en premier, c'est toujours plus facile de vendre à un ami"

Je ne comprenais toujours pas le bleu de mon gazon.

Ma belle est apparue pour expliquer qu'on lui avait vendu ça au magasin dans le kiosque "tel que vu à la télé", c'est supposé faire des pousses miracles.

"L'as tu vu à la télé?"

"Non"

"Donc c'est pas vrai, mon gazon va tu pousser bleu?"

"Non c'est supposé fondre avec de l'eau"

"Donc faut que j'arrose..."

"ouais..."

J'ai arrosé. En me disant que je pourrais écouter un bon film. En me disant que c'était pas vrai tout ce que j'avais dit sur les voitures, il n'y a rien au monde qui ne m'intéresse moins que les voitures (sauf la Mini-Cooper). En me disant aussi
que je me moquais pas mal de mon gazon. Mon voisin bourru de gauche, avec lequel je partage la moitié du terrain, s'occupe TOUJOURS de son gazon et il est jaune, sec et sommairement désastreux. Je ne m'occupe jamais du mien et il est plutôt beau. C'en est gênant d'arroser son terrain comme je le fais. Je me cache derrière ma voiture et je tire l'eau par-dessus pour pas qu'on me voit. Ma voiture est propre.

Bientôt les Italiens qui veulent organiser mon gazon viendront planter leur petite pancarte de "Tonelli verdure" ou "Romeo gazon" dans mon terrain pour offrir leur services contre mon argent. Bientôt Montréal tentera de nous vendre le Grand Prix comme une bonne idée. Tantôt toutes les entrées deviendront vulgaires avec des gens gossant sur leur voitures dans mon arrondissement en écoutant de la musique de plouc.

Mais les cuisses des filles...aaaaaaaaaaah!

Sale saison pareil. C'est quoi l'équivalent de "hiberner" pour l'été?
Je suis un ours polaire.

Je veux "estivner"

Fatiké de payer.

samedi 24 avril 2010

Le Jour du Livre


C'étais le jour de la Terre avant-hier, le jour du Livre hier, le jour de la Litière aujourd'hui.

Hier, par une vitaminée journée ensoleillée, j'ai sorti ma chaise de patio et me suis promis d'honorer les livres autour de ma piscine à l'eau verte couleur crapaud des marais.

Voici 25 propositions de lectures pour tout type de lecteur:
25. Coeur de Lièvre de John Updike, (Rabbit, Run 1960)
Le premier volet de la série Rabbit Angstrom nous parle de cette ancienne vedette collégiale de basketball des États-Unis devenu vendeur automobiles qui choisit un jour de d,abord questionner puis fuir tout ses engagements, son travail, son mariage, son implaication avec Dieu dans les États-Unis pieuses du début des années 60.

24. The Kandy-Kolored Tangerine-Flake Streamline Baby de Tom Wolfe (1965)
Wolfe, supposé écrire un article sur la culture des voitures aux États-Unis, après avoir beaucoup procrastiné, choisit un soir de s'assoeir à sa machine à écrire et d'écrire la veille de la livraison ce qui allait devenir ce roman. Une série de récit sur les acteurs du début des années 60 aux États-Unis. De Ken Kasey aux Beatles en passant par Las Vegas, Noel Coward et George Barris. Le Néo-Journalisme en plein essor.

23.The Arrangement de Elia Kazan (1969)
Seul roman (à ce que je sache) que le grand réalisateur eût jamais écrit. Il en a d'ailleurs tourné un très bon film mettant en vedette Kirk Douglas, Deborah Kerr et Faye Dunaway. Marié à une femme charmante, un homme prend un grave accident de voiture (une tentative de suicide?)pour point de départ afin de questionner toute sa vie, sa relation avec sa maitresse et avec sa femme qui ferme les yeux sur le ménage à trois depuis toujours. Un arrangement qui ne satisfait plus le protagoniste principal.

22. Dialogues D'Hommes et de Bêtes de Félix Leclerc (1949)
Chroniques radiophoniques mises en texte qui avaient fait grincer des générations d’auditeurs, car le rire québécois y déploie tous ses artifices pour faire se côtoyer l’âme humaine et l’âme animalière. Le rire s’invite subtilement au banquet verbal de Félix Leclerc, le conteur prête son talent à l’évocation d’une humanité complexe et dérisoire. Tour à tour maîtres de leur destin et entièrement liés à ses vicissitudes, les personnages se rapprochent du héros de la tragédie enchaîné à un fatum qui le dépasse.

21. Sun Tzu's Art of War du Général Tao Hanzhang: the modern chinese interpretation, bold-faced wisdom to guide you through life's daily conflicts (4ème siècle av. J.-C./ 5ème siècle av. J.-C.).
Premier traité de stratégie militaire écrit au monde. Son auteur y développe des thèses originales qui s'inspirent de la philosophie chinoise ancienne. C'est l'essence de la guerre psychologique illustrée notamment par la guerre d'Indochine, la guerre du Viêt Nam et la guerre sino-vietnamienne.

20. Escarmouches du Docteur Jacques Ferron (1975)
Le fondateur du parti Rhinocéros a réuni ici des textes qui s'intéressent à la réalité sociale, politique et littéraire du Québec, ce «pays incertain» qu'il ne craint pas de dénoncer, sans négliger l'ironie et l'humour.

19. The Favourite Game de Leonard Cohen (1963)
Ce livre de notre grand poète est un roman d'apprentissage autobiographique au sujet d'un jeune homme trouvant son identité dans l'écriture mais qui ne conduit pas au succès du personnage principal. Dans une mode post-moderne contemporaine, il détruit l'identité des personnages principaux en combinant le sacré et le profane, la religion et la sexualité dans une langue riche et lyrique, mais malgré tout très crue.

18. Cette Histoire-là de Alessandro Baricco (2007)
Ultimo Parri est un jeune homme qui vieillit en s'efforçant de remettre de l'ordre dans le monde. Il a cinq ans lorsqu'il voit sa première automobile, l'année de la course mythique Versailles -Madrid de 1903, dix-neuf le jour de la grande défaite de Caporetto en 1917, vingt-cinq lorsqu'il rencontre la femme de sa vie et beaucoup plus le soir où il meurt, loin de sa campagne piémontaise natale.
Et parce que Baricco est toujours grandiose.

17. Sexus/Plexus/Nexus de Henry Miller (1949/1952/1960)
La trilogie de La Crucifiction en Rose chronique la période de la vie de l'auteur où il divorce June Miller, quitte la France et brosse le portait de ses errances miséreuses à New York. Tropiques du Cancer (1934) du même auteur. Ce roman autobiographique se déroule dans les années 1930 en France, surtout à Paris. Miller, âgé de 47 ans, se raconte au travers de milles métiers et cherche à devenir un écrivain du vice.

16. Fear & Loathing: on the campaign trail '72 (1972) ou Hells Angel's (1966) de Hunter S. Thompson
Le premier livre raconte les élections présidentielles suivie par Thompson pour le compte du magazine Rolling Stone. D'abord lors des primaires démocrates, puis le face à face entre McGovern et Nixon. Le second livre fait connaître ses méthodes et montre ce que sera le journalisme gonzo (ou en anglais gonzo journalism), même s'il finit cette expérience à l'hôpital après un différend avec les Hell's Angels qu'il qualifie de « querelle éthylique spontanée ».

15. Les Jours Heureux de Laurent Graff (2001)
Les Jours Heureux campent un sujet qui goûte d’entrer tôt dans une suave et paisible agonie. Faire de sa vie une longue et calme parenthèse, se survivre en “faisant la planche”, se reclure au calme dans une sorte d’absence douceâtre, s’abonner à un néant livrable au quotidien. Le livre parfait de celui ou celle qui veut être "unplugged".

14. La Traversée de L'Été de Truman Capote (Summer Crossing, 1943)
Une histoire d'amour entre une jeune fille de la haute société new-yorkaise et un jeune gardien de parking, sur fond d'Upper East Side et de canicule. Estival. Rural.

13. Dévadé de Réjean Ducharme (1990)
Parce que la vie a du charme avec Réjean et qu'il est unique, dythirambique, lyrique et magique. Sur un pogo stick ou en bécik.

12. Les Bienveillantes de Jonathan Litell (2006)
Mémoires (massives-1400 pages)d’un personnage fictif, Maximilien Aue, qui a participé aux massacres de masse nazis comme officier SS. Grand Prix du roman de l’Académie française et prix Goncourt de 2006.

11. Le Femme d'un Autre et Le Mari Sous le Lit de Fédor Dostoïevski (1860)
Persuadé que sa femme le trompe, Ivan est prêt à tout pour confondre l'infidèle. Il la suit et la guette pendant des heures, il l'espionne et ouvre son courrier à la recherche d'uen preuve, il se cache et se ridiculise...humour grinçant au menu.

10. Les Grands Imbéciles de Pierre Vadebonceur (2008)
Son ami Chartrand l'a rejoint dans la mort à quelques mois d'intervalle. Les gradns Imbéciles dont nous entretient Vadeboncoeur sont des politiciens connus, des entepreneurs et des savants dont l'intelligence abdique devant l'ingéniosité mise au service de la bêtise. Bush, Cheney, Harper, Dumont tout y est couvert. Avec effroi.

9. The Catcher in the Rye de J.D. Salinger (1951)
Si vous ne l'avez pas déjà visité il faut au moins le faire une fois. Main dans la main avec Holden. Y retourner n'est pas du tout pêché.

8. Ma Vie de Leon Trostky (1937)
Le titre dit tout. Sa vie avant le coup de pistolet fatal d'une ombre en 1940.

7. The Wrong Stuff ou Have Glove Will Travel de Bill "Spaceman" Lee (1984/2005)
Le coloré ancien lanceur gaucher des Expos et des Red Sox est tout aussi savoureux dans ses deux livres qu'il l'étais sur un terrain. De l'humour en grande quantité et de beaux souvenirs pour les nostalgiques du baseball.

6.La Pêche à La Truite en Amérique suivi de Sucre de Pastèque de Richard Brautigan (Trout Fishing in America, 1967)
Désigné par les critiques comme le meilleur représentant de la contre-culture émergente de San Francisco. Chroniques du quotidien de la côte Ouest américaine à l'aube du mouvement hippie, chronique d'un temps de pêche.

5. Le Complot suivi de Les Lettres du Yage de William S. Burroughs (1959)
Fragments original du Naked Lunch suivi de lettres destinées à un jeune poète New Yorkais alors inconnu (Allen Ginsberg qui deviendrait une figure-phare de la beat generation). Burroughs conte les incidents picaresques qui l'amenèrent à découvrir à tarvers la jungle Amazonienne la drogue "télépathique" Yage employée par le sorciers indiens pour retrouver les objets perdus, les corps et les âmes.

4. The Game de Ken Dryden (1983)
Les Canadiens de Montréal vus de l'intérieur par leur gardien numéro un qui couvre avec humour et intelligence un sport qui n'est pas reconnu ni pour l'un, ni pour l'autre. Forcément glorieux parce qu'il couvre une formidable équipe, une époque parfois ridicule qui fait sourire et une nostalgie certaine.

3. The Amazing Adventures of Kavalier & Clay de Michael Chabon (2000)
L'auteur des Mysteries of Pittsburgh et des Wonder Boys a écrit ce roman à temps perdu entre la rédaction de plusieurs autres romans. Pultizer de 2001, ce roman raconte l'histoire de deux jeunes juifs, l'un dessinateur, l'autre scénariste et leur ascencion dans l'univers de la B.D. de 1939 aux années 2000.
Une adaptation en film avec Natalie Portman, Jude Law, Tobey Maguire et Stephen Daldry (The Hours) à la réalisation a été en pourparlers. Pretty much dead now. Pas le livre toutefois. Pour amateur de saga et de B.D. des États-Unis.

2. La Disparition de George Perec (1969)
305 pages dont l'histoire se tient sans l'utilisation de la lettre "e"? Et publié sans que personne ne le remarque à sa sortie? Très fort.

1.Tome 1 de Isabelle Fréchette (2009)
171 pages d'humour absurde bien ficelé. Un poisson qui se dévore tout seul.

(L'ordre est tout à fait aléatoire quiconque pourrait y trouver son compte à n'importe quel rang)

vendredi 23 avril 2010

Charmante, Divine, Exquise Françoise


Aujourd'hui je vous parle de la beauté faite femme en ce qui me concerne.

Sa première apparition télé remonte à 1962. Elle a 18 ans.

Un intermède musical dans l'attente des résultats un soir d'élection la catapulte à travers la galaxie des enfants chéries de l'Europe.

Claude Lelouch la filme en scopitone l'ancêtre des vidéos clips. Elle est si belle qu'elle crève l'écran. Les télés s'arrachent ses clips. Elle écrit et elle compose, fait rare pour une femme de l'époque, la France a trouvé son équivalent féminin à Johnny Hallyday.

Elle représente la France pour l'Eurovison en 1963

On fait de Françoise une actrice et elle joue dans Château en Suède de Roger Vadim.

L'Italie se l'arrache, l'Angleterre (où elle préfèrera toujours enregister)et les États-Unis aussi.

1964 fait suivre le Canada, le Danemark, l'Espagne, le Japon, les Pays-Bas dans la parade des admirateurs.

Dutronc lui écrit un hit, lui vole tranquillement son coeur aussi.

Jean-Marie Périer, photographe de la revue Salut les copains, façonne son image publique. Minijupes, les boots blanches et le visage sous la frange des cheveux. De grands couturiers se battent pour habiller la belle Françoise. André Courrèges, Yves Saint-Laurent et Paco Rabanne sont de ceux-là.

Elle retourne en Angleterre pour deux hits, en Allemagne pour un autre, une présence dans le film What's New Pussycat? nous la dévoile toujours d'une remarquable beauté.

1966: Reconnaissant en elle l’un des personnages qu'il a en tête pour son futur film, le metteur en scène John Frankenheimer l'engage sur le tournage de Grand Prix, une superproduction sur les courses automobiles. Cinq mois durant, elle est présente sur tous les circuits de Formule 1 : Monaco, Spa-Francorchamps, Zandwoort, Monza…Débute ensuite les collaborations avec Jacques

Tombée dans son piège tabou elle craque (Boum! Hu!) pour les yeux de Jacques Dutronc qui lui, fait des jaloux à travers le monde.

Elle lui répond avec humour sur les playboys.

En 1967 elle crée « Asparagus », sa propre maison de production et signe un nouveau contrat avec Vogue pour la distribuer. Le chanteur Jacques Dutronc est maintenant totalement entré dans sa vie depuis l'été et leurs longues séparations lui sont éprouvantes. Les tournées se font à un rythme soutenu : 73 concerts en France, 15 spectacles au Canada. En février 1968, Françoise Hardy se produit dans les universités britanniques : Brighton, Cambridge, Liverpool, Durham, Birmingham, Southampton. Suit un périple en Afrique du Sud: Prétoria, Johannesburg, Durban, Le Cap.

Elle décide d’interrompre momentanément les tournées pour enregistrer de nouvelles chansons en anglais, en italien et en allemand. Le couturier Paco Rabanne poursuivra sa collaboration avec la chanteuse et créera l’évènement en lui faisant porter « la minirobe la plus chère du monde » - faite de plaquettes d’or incrustées de diamants -, lors de l’inauguration de l'Exposition internationale de diamants, en mai, alors que la révolte étudiante gagne la France.
Face aux « évènements » qui prennent de l’ampleur, sa maison de disque lui conseille de s’éloigner de la capitale. Elle regagne alors sa maison en Corse en compagnie de Jacques Dutronc.

La chanteuse songe sérieusement à délaisser la scène au profit du disque. la machine à hits Serge Gainsbourg lui compose Comment Te Dire Adieu et la délicieuse L'Anamour qui marquent toutes deux 1969.

En 1970, sous une nouvelle étiquette de disque, Hardy sort l'album Soleil, en 1971 elle sort l'album La Question puis en 1972 deux albums. Un en français, l'autre en anglais.

Son fils Thomas est né en 1973.

Suit une collaboration avec l'auteur-compositeur Michel Berger pour l'excellent album Message Personnel. Elle est toujours dangereusement belle.

À partir de 1974 l'astrologie prend une place énorme dans sa vie, elle s'y consacre dans une émmission radio en compagnie de l'astrologue Jean-Pierre Nicola.
L’éducation de son enfant lui fait aussi délaisser l’écriture de chansons. Chez EMI le tandem Gabriel Yared / Michel Jonasz lui concoctent trois albums aux colorations funky et jazzy. Nous sommes en 1978, en pleine période « Disco ». En 1981 le couple Hardy-Dutronc se marie devant le maire de Monticello en Corse. Tamalou est sur toutes les ondes. Françoise Hardy renoue, certes, avec le succès mais trouve ses chansons plutôt moches. Les années 80 sont pénibles pour toutes les vedettes des années 60.

Le cap de la quarantaine est proche et elle ne se voit pas « pousser la chansonnette » au-delà.

En 1988, au bout de 26 de carrière, sa décision est prise : elle arrête la chanson.

Au début des années 90 elle écrit pour Julien Clerc sa plus belle chanson Fais-Moi une Place.

En 1995 Malcolm MacLaren la sort de sa retraite le temps d'un morceau. La même année elle participe encore une fois avec très bon goût, à la chanson To The End de la formation Britannique Blur. Le clip rappelle l'un de mes films préférés L'Année Dernière à Marienbad.

En 1996, sous l'insistance d'Étienne Daho, sort le magnifique album Le Danger.

Toujours d'un chic fou, d'une beauté divine et d'une élégance inégalable, l’an 2000 fait paraitre la sortie de l'album Clair-Obscur. Son fils Thomas l'accompagne à la guitare sur quelques morceaux de cet album composé de duos et de reprises. La pièce de résistance est la chanson Puisque Vous Partez en Voyage chantée en duo avec son amour Jacques Dutronc.

Ce clip confirme que ce couple est le plus beau que la terre ai produit.
(Après le mien bien sûr:)

Quand l’artiste reprend le chemin des studios d’enregistrement à l’automne 2004, Thomas Dutronc fait à nouveau partie de l’aventure en tant que musicien et réalisateur de quelques titres de l'album Tant de Belles Choses.

Françoise Hardy, l'icône, est devenue une référence reconnue et une inspiratrice revendiquée.

Félin d'Amérique, je ronronne quand je la vois ou l'entends.

Je ne me lasse pas de sa voix de confidente sensuelle.
Le vague-à-l'âme n'est jamais aussi raffiné que lorsque c'est elle qui se trouve à le chanter.
Dans mon dictionnaire à côté du mot beauté il y a sa photo.

jeudi 22 avril 2010

Le Jour de la Terre


Puisque c'était le jour de la terre aujourd'hui j'ai choisi de faire des choix favorisant la terre.

Je n'ai pas pris ma voiture.

Je suis allé chez Tribelli, mon quatrième voisin, et lui ai emprunté son Hummer. Cette marque se meurt aussi bien l'essayer au moins une fois dans sa vie. J'ai fait un tour de la rive-nord à la rive-sud puis suis revenu sur la rive-nord. C'était pas cool. C'était juste un char. Plus gros et plus large que les autres. J'étais gêné de le conduire.

Anyway j'ai continué ma trotte à pied après lui avoir remis ses clés et suis allé à l'épicerie. Je suis arrêté chez Antonia qui réside sur le chemin de l'épicerie. Elle et moi c'est comme Leonardo DiCaprio et Kate Winslet dans Titanic. Sauf qu'elle est italienne et toute nue elle ne garde pas de collier. Tandis que moi, je suis un brin plus beau que Léo. Un brin qu'elle aime bien déculotter de temps à autre.

C'était un temps "à autre". Toujours afin d'honorer le jour de la terre je lui ai fait l'amour sans condom. Le caoutchouc c'est toxique. J'ai bien pris soin de mettre à not..à son fils (pas sur si c'est le mien on travaille sur le DNA, peut-être à Ricardo ou à Dean) une couche recyclable. Il a aussitôt fait dedans comme pour lui souhaiter bienvenue. Nous avons baisé dans un parfum de fumier. Et ce, même si le bébé était dans le salon et nous dans la chambre au deuxième. En voulant mettre la couche à la machine à laver j'ai pas remarqué qu'il yavit déjà une brassée et j'ai répandu la merde un peu partout. L'eau était brune mais je pense que ça a lavé un peu pareil.

J'ai pas attendu je suis parti. J'avais une épicerie à honorer. Et la terre!
J'écoutais du vieux Ronnie Milsap dans l'allée des Scott Towels en faisant du deux roues occasionnel avec mon panier quand je réalisai qu'il était pas mal plein. Comment ferais-je pour ramener tout ça à pied? 198$ d'épicerie à trainer à pied...

"Zavez pas de sac" m'a demandé les barniques au bout de la caisse.

Oups!

J'ai pris des sacs de plastique. Ça fait des bons sacs de poubelles. J'ai quitté les lieux en volant le panier. Bien vite un policier m'a arrêter sur le bord de la rue.
Il a amené sa voiture vis-à-vis de moi.

"Je peux savoir où vous avez pris...JONES?"

C'était Hugo Noré, un ami de la petite école dans ma bourgade de jeunesse. On s'est sauté dessus comme deux ivrognes un soir de brosse et on s'est raconté nos vies. Lui était devenu policer et se faisait maintenant appeller Richer puisqu'il avait marié une Richère et que... bon sang ça avait l'air compliqué son affaire.., les mots "pas pyramidale là..." ont été dit trois fois. Moi je lui ai raconté que j'étais devenu avocat criminel pour faire cool. Mais je n'avais pas pensé à on affaire il est policier, il m'a demandé si je travaillais avec chose et si je connaissais trucmachin. J'avais l'air malin à pateauger dans le marais du mensonge. Ça a duré un bon deux heures de discussion avec moi qui suait dans mes mensonges et lui, accoté sur sa voiture en marche.

J'ai finalement continué mon chemin. Semblerait que j'ai pas pris le bon chariot. Celui que j'avais se trouvait sous la pancarte "laissé dans des eaux infestées de moules zébrées pendant quelques mois. Les moules ont colonisé le chariot tout entier." Je crois qu'il avait été mis là pour le jour de la terre justement. Anyway ça sentait drôle. Je commençai à me hâter. Mon Ipod me lâchait. Amazing Grace ne sortais plus très bien. J'ai jeté les piles alcalines sur le bord du chemin et j'ai continué de pousser mon charriot en chantant une vieille chanson de diahrée. J'ai dû courir un peu car un homme me pourchassait pour me frapper avec une mailloche et un autre souhaitait me faire taire avec son aspirateur à feuille.

Je leur criais en vain "C'est le jour de la TERRE pas celui pour se TAIRE!" entre deux couplets de cette délicieuse chanson de baryton.

J'ai réussi à me rendre chez moi et une fois l'épicerie vidée là où elle devait l'être je me suis fait une petite tonsure rapide pour honorer mon gazon avec ma tondeuse à essence.

J'ai voulu mettre une couche recyclable à mon fils quand il est revenu de l'école mais il s'est débattu comme un diable et j'ai pas réussi. Ça a été difficile avec ma fille aussi, aucun succès là non plus. C'est rough des enfants de 10 et 6 ans.

J'ai pris un verre pour la terre, puis une bouteille pour les groseilles et enfin me suis mis ben chaud pour la couche de la zone.

Je me suis fait un petit feu dans le foyer extérieur en l'allumant avec du gaz. Le bois était humide.

Je me sentais amoureux de la terre.
Surtout quand je me suis réveillé la face planté dans le sol devant le feu.
J'avais les trous de nez et les yeux plein de terre.

Je voulais peut-être embrasser la terre et je me suis endormi.
Je me souviens plus.

Bonne fête grosse pomme bleue et varte.

OvechCAVE, OvechCRUCHE, Douchebagkin(g)


Le monde du sport n'est pas à l'abri des folies de grandes stars de cinéma.

À l'époque on aimait Butch Bouchard d'abord parce qu'il était francophone mais aussi parce qu'il était grand et fort et défendais les petits canadiens-français vis-à-vis des "méchants anglais".

En dehors de la patinoire on pouvait le croiser dans la rue et il vous aurait allumé votre cigarette.

On aimait nos sportifs parce qu'on s'y reconnaissait au travers d'eux.

Avec le temps, avec le dévoilement des salaires et la perte de contrôle totale de la distribution de ceux-ci on a transformé une bande de "bons gars" comme on en retrouve comme fonctionnaire, comme commercants ou dans la shop, en superstar millionnaire.

À des millénaires de ce que nous sommes ou seront pour la plupart. Créant du même coup une certaine distance entre le joueur et le public. Notre regard a changé sur ses athlètes et nous avons commencé à les regarder comme leur salaire le commande: en être surnaturel. Après tout des gens comme Michael Jordan, Wayne Gretzky, Tiger Woods, Usian Bolt offrent et on offert des performances plus grandes que leur sport même en réinventant leur discipline sportive. Nous serions en droit de nous coucher devant ses gens en implorant les cieux criant "we're not worthy, we're not worthy!".

Mais nous nous gardons une petite pudeur. Nous prenons une photo ou nous nous contentons d'un barbeau en guise d'autographe sur un gilet, un drapeau, une pièce d'équipement. Fallait voir la lueur dans les yeux de mon fils quand il est revenu de son camps de hockey avec un autographe de Jonathan Bernier. "J'ai lancé dessus papa!".

Qui est Jonathan Bernier? un gardien de but qui fait ses débuts avec les Kings de Los Angeles cette année. Pas un superhéros mais dans les yeux de mon fils, pas loin.

Alors imaginez quand vous avez devant vous le joueur de hockey le plus spectaculaire de la Ligue Nationale de Hockey: Alexander Ovechkin.

Hier, alors qu'Ovechkin errait sur le trottoir autour du Centre Bell avant le match, un père de famille, le reconaissant est sorti de sa voiture, lui a présenté ses deux enfants qui se cachaient derrière lui tellement les reflets de la star se faisaient intimidants, et apportnat un gilet de hockey lui a demandé si il accepterait de le signer. Ce que Ovechkin a refusé de faire lui tournant le dos et quittant les lieux.

Ce qui est tout à fait son droit. Il peut choisir de ne pas signer si ceci ne l'enchante pas, si personne n'a de crayon, si le gilet tendu est un gilet du Canada ou d'un club adverse; il y a plein de raisons qui peuvent faire en sorte que la star veuillent la paix.

C'est dommage, ça manque de classe et c'est légèrement arrogant mais bon si on en fait des multimillionnaires, il faut s'attendre à des comportements erratiques de temps à autres de ces individus. Des comportements de gens qui se placent là où ils sont: au-dessus de la mêlée. On top of the mountain.

Ovechkin qui nous as habitués à être lumineux s'est soudainement couvert de gris. Tant pis.

Toutefois, plus tard dans la soirée, quand son équipe est entrée sur la glace et qu'elle a été accueillie par le traditionnel (et toujours juvénile) Chouuuuuuuuuuuu!, peut-être légèrement plus nourris par les images du rejet du jour, OvechCAVE à choisi de foncer sur l'un des deux petits-culs qui fait le tour de la zone des canadiens avec des drapeaux à la couleur de l'équipe locale. À la fin de leur trajet les deux enfants, entre 8 et 11 ans, qui patinent dans des directions opposées se rejoignent à l'entrée où les joueurs feront leur apparition. Ils bordent leur entrée sur la glace. OvechCAVE a foncé en direction de l'un d'eux et a freiné de toutes ses forces aspergeant de neige le pauvre enfant.

(...)

Ovechkin qui nous as habitués à être lumineux s'est soudainement couvert de noir foncé.

What
The
Fuck?

1) Voulait-il intimider un enfant de 8 ans?
2) Croyait-il fermer la gueule au public?
3) Est-il simplement idiot?
4) Toutes ses réponses?

N'en avait-il pas assez de briser le coeur de deux enfants en après-midi?
Et ça c'est que qui est filmé, le reste on sait pas...

Sévère A**hole

Honnêtement, ce joueur que j'aimais tant, je lui souhaite tout le mal possible.

TOUT le mal possible.

Incluant une jambe fracturée au contact inopiné d'une barre de fer ou un parachute qui ne s'ouvre pas quand l'avion pique du nez.

Dommage que les Canadiens n'aient que des schtroumpfs pour lui répondre.

Philadelphie, Boston ou Pittsburgh ont des raisons de le bouffer au prochain tour.

Je Ne Vote Pas Donc Je Suis


Quand je découvre un auteur en littérature ou ailleurs (en cinéma) et que je choisis de le suivre c'est parce qu'il m'a touché d'une certaine manière.

Je retournerai communier à son oeuvre afin de voir si il serait encore en mesure d'avoir un certain impact sur ma vie.

Quelque part j'ai reconnu quelque chose qui fera de moi un homme nouveau, changé, meilleur. J'écoute la radio de Radio-Canada exclusivement car il n'y a pas de pub oui, mais surtout parce que chaque fois je me sens plus intelligent par la suite. Le poste/l'émission a activé mon moteur de réflexion et j'en suis légèrement transformé.

En amour c'est la même chose.

Quand j'ai rencontré l'amoureuse, chaque contact en sa présence faisait de moi un meilleur homme. Je me transformais afin de lui plaire, elle me transformait avec sa vision des choses, nous nous fondions l'un dans l'autre par mimétisme afin de devenir "l'army of one". Chaque jour qui passe elle est mon inspiration.

Au bout du compte deux nouvelles bêtes ont pris racine à notre amour. Nous rendant encore meilleurs, nous faisant nous surpasser.

En politique c'est un peu la même chose. Toutefois en littérature, en cinéma, en radio, en amour, on peut choisir de passer une vie entière sans s'impliquer. Une vie complète sans les vitamines de chaque catégorie et les trouver ailleurs sans trop en souffrir totalement. En arrivant à se réaliser dans un relatif bonheur. La politique toutefois, est partout. Que l'on choisisse de s'y intéresser ou non, elle nous talonne dans notre quotidien en tout temps.

Quand on paie pour prendre l'autobus, quand on fait notre épicerie, quand notre magasin préféré est ouvert, quand on fait notre déclaration de revenu, quand on s'achète une maison, quand on se stationne dans la rue, quand les enfants vont à l'école, quand on arrose notre terrain la nuit, quand on sort du pays, quand on y revient. On ne peut pas dire "moi la politique je m'en fous" elle nous suit tout partout.

Elle vous suivra dans vos rapports avec vos collègues au travail, chez les instructeurs sportifs dans les sélections de joueurs, chez les gens qui refont la rue en face de votre entrée.

Quand je dis qu'en politique c'est un peu la même chose c'est que, du même ordre qu'en littérature en cinéma ou en amour, j'ai toujours recherché le leader ou le parti en lequel je me reconnaissais le plus. Celui qui ferait non seulement de moi-même une meilleure personne mais qui ferait de mon pays-qui-choisit-de-ne-pas-en- être-un, un meilleur endroit pour y vivre. L'Inspiration avec un grand "I" comme les étatsuniens ont réussi à se le fabriquer.

Dès le jour où j'ai pu voter je me suis toujours fait un devoir de le faire. J'ai toujours voté pour le candidat qui me semblait le plus apte au poste auquel il aspirait. Je lisais tout sur les gens impliqués, je m'informais et j'en ai même rencontré quelques-uns. Mon allégeance à vite été bleue.

J'ai voté pour le PQ toute ma vie.

Puis il y eu le référendum de 1995, littéralement volé par le fédéral. J'ai compris que le Québec c'était un peu les Nordiques de Québec d'antan. Jamais les arbitres nous donneraient un break. La commission Gomery a prouvé par 1000 que Parizeau disait vrai, le Fédéral avait triché en accélérant les arrivées des nouveaux arrivants au Québec afin de les faire voter plus vite et en sortant les gros sous.

Puis il y eu Bernard Landry. Les choix devenaient les suivants: Bernard Landry pour les bleus, patapouf pour les rouges et Mario Dumont chez les Adéquistes. Le désenchantement ne pouvait pas être plus total. Landry est un homme dont l'orgueil semble aveugler le jugement. Ses projets et ses idées étaient si discutables que le Québec ne pouvaient pas en sortir gagnant. Investir massivement dans les hippodromes? Bravo Bernard, ça c'était du flair. Un musée de l'alcool géré par la SAQ? Dieu merci la grogne populaire vous as fait reculer...En rien ce petit bout d'homme ne m'inspirait quoi que ce soit d'intéressant.
Patapouf c'était pire encore. L'incompétence transpirait au travers de toutes les pores de sa peau de "conservateur égaré au Québec" et il n'était pas question que je lui donne mon vote. J'ai téléchargé le programme des Adéquistes et j'ai imprimé la brique un matin à l'aube au bureau. Nouveau parti, on s'informe. De plus le patron a relativement mon âge alors il doit comprendre ma réalité. Très rapidement j'ai vu que les programmes suggérés étaient encore plus conservateurs et qu'au nombre de fautes d'orthographes, peut-être y avait-il aussi autant de "fautes" au sein de ce parti. Le patron même si il avait presque mon âge sur papier, en avait 20 de plus dans les idées. Et pas nécessairement pour le mieux. J'ai quand même survolé les candidats en me disant que toute équipe qui débute a droit à sa chance, mais ce faisant, j'ai découvert la plus grande brochette de ratés jamais imaginée.

Comme une série de joueurs des ligues mineures rejetés de la ligue Nationale par manque de talent qui essayait de se construire un radeau avec de la paille.

Moi qui ne visait rien de moins que la Ligue nationale pour mon pays-qui-choisit-de-ne-pas-en-être-un.

J'étais donc dans un cul-de-sac.

Lorsqu'est venu le temps de voter j'ai voulu voter au moins pour mon parti mais je m'en suis senti incapable. Désoeuvré, j'ai mis mon "X" à côté du candidat qui était le plus proche de mon âge. Au fond j'étais juste, c'était lui en lequel je me reconnaissais le plus. Je crois qu'il naviguait à bord du Parti Marxiste-Léniniste.

On connaît la suite. Le résultat du vote a été catastrophique. Le taux de participation abyssale.

On en souffre encore.

Quand est venu le temps de les tasser de leur trône, je me suis dit qu'il fallait au moins que je vote pour une opposition forte afin de sortir le frisé et son équipe. Mais là, je réalisais que mon vote devenait strictement défensif. Je ne vote pas POUR quelqu'un je m'assure simplement qu'on a pas Patapouf au volant de sa guimbarde.
"Ah bon tu veux qui au volant?"
"pas Patapouf"
"Alors qui?"
"Pas...Patapouf..."

Il n'était pas question que je laisse matante Pauline runner le Québec comme la maternelle qu'elle croit avoir sous la main. Je ne pouvais même pas voter pour le parti y découvrant une quantité remarquable de têtes brûlées de la société. Les Adéquistes n'étaient même pas une option. Les Rouges? un furoncle sur un si beau visage qu'est mon pays-qui-choisit-de-ne-pas-en-être-un.

D'autant plus que note système de vote, basé sur les hasards de l'habitation, est d'une absurdité qui ne rend absolument pas justice à mon vote. Il n'y avait aucune chance que mon vote ne mette au pouvoir un candidat en lequel je me serais reconnu. Ne serais-ce que légèrement.

J'ai donc "oublié" d'aller voter.

En me disant que le meilleur moyen d'être honnête avec moi-même serait de ne pas participer au jeu.

Je vis toutefois avec les conséquences de mon geste depuis.

Mais au fond que pouvais-je gagner?

Toutes mes options étaient perdantes-perdantes anyway.
Il n'y a rien dans ces partis qui peuvent faire de moi un homme meilleur.
Un éternel payeur, mais un homme meilleur? nope.

On est dans les mineures, on ne se l'est juste pas avoué encore.