vendredi 17 avril 2026

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable*****************The Velvet Rope de Janet Jackson

Chaque mois, vers le milieu, tout comme je le fais pour le cinéma (dans ses 10 premiers jours) et tout comme je le fais pour la littérature (dans ses 10 derniers), je vous parle de l'une des mes 3 immenses passions: La musique !

Le titre de la chronique est inspiré par 4 albums que j'ai tant écouté dans ma courte vie que j'en connais toutes les paroles, tous les tons, toutes les nuances, tous les sons, bref, cette musique est désormais composante de mon ADN. 

Par ordre de création:

Blonde on Blonde de Bob Dylan

The Idiot d'Iggy Pop

Low de David Bowie

The Unforgettable Fire de U2

B.I.B.I. c'est moi, c'est aussi le terminaison du mot habibi voulant dire en langue arabe Je t'aime

Musique, je t'aime. 

THE VELVET ROPE de JANET JACKSON 

En 1985, Janet Jackson séduit le monde pop avec l'envie de se faire un prénom, (Miss Jackson if you're nasty), et une envie de contrôle. Elle étouffait sous le joug familial avec le poids du nom, mais aussi parce que, petite dernière de la célèbre famille Jackson, elle avait toujours fait ce qu'on lui avait dit de faire, sans toujours le choisir. En 1985, elle n'a que 19 ans. Et veut s'affranchir. 

Ironiquement, au 6e album, 12 ans plus tard, elle suggère plutôt la vulnérabilité de la fille contrôlée, avec des allusions au bondage, entre autre, et parlant de cette élégance tordue qui habite chacun de nous.

À l'automne 1997, elle lance un album qui n'est pas qu'un album pop, mais un manifeste de la vulnérabilité et une sorte de révolution sonore pour elle-même parce que moins grand public que feutrée et nichée. Conçu pendant une dépression profonde et dans une remise en question professionnelle, alors que 4 ans auparavant, on saluait son talent d'actrice sous la direction de John Singleton, dans Poetic Justice. Janet utilise la métaphore de la "corde de velours", à la fois séparation des classes de gens, à la fois outil de restriction physique, pour explorer les barrières émotionnelles que l'on dresse entre soi et le monde. 

Ce 6e effort est co-produit avec ses collaborateurs de longue date, Jimmy Jam et Terry Lewis, respectivement claviériste et bassiste, et co-fondateurs de la formation musicale The Time, tout en ayant été co-auteurs de plusieurs morceaux et producteurs de son album de 1985, Control. L'album fusionne avec une certaine audace Björkienne, et une gracieuse sensualité, le R & B, la pop, le trip-hop, le jazz, et même le rock électronique. Cet album est considéré comme un des précurseurs du style R & B alternatif, c'est à dire Rhytm'n blues mais pas complètement grand public. Rihanna et Sza sont des héritiers directs de ce type de sons. 

Jam & Lewis distillent des textures sombres, entre nappes de synthé oniriques et rythmiques hip hop rugueuses, créant une ambiance feutrée qui contraste avec la pop éclatante de ses débuts. L'album fonctionne comme un voyage sensoriel où les interludes ne sont pas que des simples pauses, mais des confidences murmurées à l'oreille de celui ou celle qui l'écoute. Janet utilise sa voix de manière plus nuancée que jamais. Elle ne cherche pas la puissance, mais la texture, passant d'un souffle érotique à une voix brisée par la dépression. Honnêteté brutale qui traite aussi bien de la solitude urbaine que de la découverte de soi et de ses besoins. Beaucoup se sont permis alors de s'identifier à elle. Brisant cette image de la "petite soeur" de l'autre.  

Une collaboration mystique avec la violoniste de renom Vanessa-Mae pose les bases de cette quête d'appartenance. Janet y aborde des sujets alors tabous pour une superstar de son calibre, la violence domestique, le deuil, les douleurs passéesl'homophobie, le SIDA, les plaisirs du BDSM, et tricote avec un échantillon d'un morceau de la grande Joni Mitchell, avec Q-Tip. Chef d'oeuvre minimaliste hip-hop. Sur Control, elle devait se montrer forte et inébranlable, pour être prise au sérieux. Ici, elle est assez sûre d'elle pour montrer ses failles, ses fétiches, et ses fragilités. Elle n'a plus rien à prouver. Elle joue sur l'ambiguïté entre la protection émotionnelle et l'attachement érotique. Rejoint Prince sous la thématique sexuelle en quelque sorte.  

Tous deux ont compris que la vraie liberté artistique consiste à pouvoir être, tour à tour, le maître et l'esclave de son propre art. Elle s'offre la liberté de céder en explorant sa propre "noirceur" avec la fluidité de quelques interludes, de propos parfois très introspectifs et avec une certaine maturité, à 30 ans. Politique et sensuelle à la fois, elle charme encore, 12-13 ans après sa bombe populaire Control.

Elle y transforme ses cicatrices et ses désirs en un manifeste R & B, sombre, audacieux, lisse, intime, précurseur. 

Pour amateurs de gracieuse sensualité, de R & B, de pop, de trip-hop, de jazz, de synth-pop, de rock électronique, de sophistopop, de musique contemporaine.

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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)