lundi 2 février 2026

Oscars 2026

Les nominations pour les meilleurs films, selon les États-Unis, sont sorties et bien que ce soit toujours subjectif tout ça, tel un accident le long de la route, j'y jetterai surement encore les yeux. Je plonge ma curiosité chaque année sur les nommés, ces films qu'on a pas eu le temps, dans la chaos quotidien, d'aller voir nulle part. Je les prends en note et me promets de les revoir sur les années à venir. 

De l'an dernier, il ne me reste que American Fiction, Killers of the Flower Moon et The Zone of Interest à voir. Et je le verrai d'ici 6 mois. 

C'est radicalement subjectif les Oscars. Les galas de remise de prix en général. Mais on fait semblant que ce ne l'est pas. C'est ok. Le cinéma, c'est aussi ça, faire semblant. On remet des prix artistiques, mais les goûts varient énormément et les époques réévaluent les oeuvres qui ont pris du mieux avec le temps, comme du bon vin. 

Par putasserie commerciale, on présente désormais jusqu'à 10 films en nominations pour le "meilleur film" voulant aussi souligner le film populaire et moins niché. Et gagner ainsi plus d'auditeurs. Mais des 10, sans les avoir tous vus, je crois que seulement 5, comme autrefois, devraient s'y trouver. 

Bugonia, Hamnet, One Battle After Another, Sinners et Train Dreams.

Mais je n'ai pas tout vu. J'ai vu les trois derniers seulement, Verrai les deux premiers.

Je crois que l'Académie voudra récompenser Paul Thomas Anderson cette année, un chouchou institutionnel discret jamais sur récompensé, toujours respecté, perçu comme l'artiste sérieux qui aime le cinéma, d'amour. L'Académie adore les cinéastes qui racontent Hollywood ou les États-Unis, et PTA a fait tout ça plusieurs fois, la foi, Death Valley, San Fernando Valley. les liens éclatés encore branchés sur la télé, l'ambition pétrolière, l'art sophistiqué. Il est fils de personnalité télé. Il sait de quoi causer. Et dans son film, adapté très librement de Vineland du grand Thomas Pynchon, les parallèles avec la terreur actuelle imposée par ICE, aux États-Unis, sont faciles à faire. Hollywood adore quand on capture l'ère du temps. Et PTA le fait à la Pynchon, intelligemment, sans que son film ne soit un manifeste frontal. Le contrôle étatique et son côté vil, sont bravement exposés dans son film One Battle After Another. Le terreur est diffuse comme les États Démocratiques qui sont attaqués, le sont actuellement. 

Vineland du brillant Thomas Pynchon raconte la manière dont le pouvoir digère, neutralise, et recycle la résistance et la contestation...très 2026 non ?

Je l'a vu, j'ai été moins impressionné que prévu. Mais j'ai adoré le décor, aimé découvrir de nouveaux acteurs et de nouvelles actrices, aimé le thème, et trouvé et DiCaprio et Sean Penn pas mal crédibles dans leurs rôles. Tout le monde en fait était crédible. Penn gagnera surement encore un Oscar. Mais bon...

Il y a 5 films, mentionnés dans les nominations, que j'aimerais voir prochainement et les voici et pourquoi:

Bugonia de Yorgos Lanthimos. J'adore ce réalisateur dont je n'ai pas vu les 4 derniers films, mais dont j'ai vu et aimé 4 autres films avant celui-là. J'ai même acheté Poor Things. Les trois derniers mettent en vedette Emma Stone et les deux derniers Stone et Jesse Plemons. Dont celui-là.  La trame narrative me rappelle celle d'Anora, grand gagnant l'an dernier, avec un personnage séquestré pendant une bonne partie du film.  J'aime l'audace de Lanthimos. Personne ne fait de films comme lui. Il y a définitivement une touche européenne dans ses histoires et ses mises en scène. C'est parfois presque du Samuel Beckett. Voilà probablement pourquoi ça m'attire. 

Hamnet de Chloé Zhao. Jessie Buckley ? Paul Mescal ? La réalisatrice de Nomadland ? j'ai pas besoin de davantage. Fiction racontant le couple Anne Hattaway et William Shakespeare endeuillé de leur fils de 11 ans, Hamnet, et comment ils composent avec tout ça. Ça me plait. De toute manière j'irais voir Jessie Buckley me lire un dictionnaire sur scène. Avec toute l'attention du monde. Mes yeux plongés dans les siens.    

The Secret Agent de Kleber Mendonça Filho. Film néo-noir, historico politique, un thriller, inspiré de la dictature brésilienne de 1977, y a rien dans tout ce que je viens de vous écrire qui ne m'attire pas. Film nommé pas moins de 4 fois, ce qui est rare pour les films étrangers aux Oscars, meilleur film, meilleur distribution (un nouveau prix), meilleur acteur (Wagner Moura) et meilleur film étranger. 

Sentimental Value de Joachim Trier. De Norvège. Un réalisateur de film se sépare de sa femme et élève leurs deux filles, malgré de nombreuses absences et un faible pour la bouteille. Ça rend les réunions de famille, comme celles forcées par la mort, pour que tout ce monde se retrouve, adulte, et tente de composer les un(e)s avec les autres. Avec des sensibilités et des pulsions fort différentes les un(e)s les autres. 

Un Simple Accident de Jafar Panahi. D'Iran. Réalisé sans autorisation du strict gouvernement de là-bas, gouvernement qu'il critique dans ses films. Il raconte ici un homme croyant reconnaitre un ancien tortionnaire du régime Iranien et qui l'enlève dans le but de l'enterrer vivant. Panahi a été arrêté en 2022, pour liberté d'expression, après avoir été condamné pour la même chose en 2010 et fait de la prison 6 ans. Il avait alors aussi été puni d'une interdiction de tourner pendant 20 ans. Arrêté en 2022, donc, il est libéré après 7 mois, en 2023. ce qui ne l'a pas empêché de tourner un film par année depuis. Dont ce thriller.  

Ce que je réalises à l'instant, et ce n'était pas calculé ainsi, 'est que tout ce qui m'intéresse, dans cette fête du cinéma des États-Unis, sont des films aux origines étrangères. Bugonia au réalisateur d'origine Grecque. Zhao tournant une histoire d'Angleterre. Un film, un sujet et une équipe entièrement brésilien. Un film au réalisateur Norvégien et un film Iranien. 

Comme si j'en avais assez des États-Unis... 

La soirée des Oscars aura lieu le 15 mars prochain. 

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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)