samedi 15 septembre 2018

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable****************Roxy Music de Roxy Music

Chaque mois, vers le milieu, je pige dans ma collection personnelle et vous parle zizik. Tout comme je vous parle de Cinéma (vers le début) et de Littérature (vers la fin).

Le titre de la chronique est inspiré de 4 albums que j'ai tant écouté qu'ils sont composantes de mon ADN.

Par ordre de création:
Blonde on Blonde de Bob Dylan
The Idiot d'Iggy Pop
Low de David Bowie
The Unforgettable Fire de U2

B.I.B.I. c'est bibi, c'est moi.
C'est aussi la terminaison du mot habibi, qui veut dire en dialecte irakien: Je t'aime.

Musique, je t'aime.

ROXY MUSIC de ROXY MUSIC

1972. Année de grands crus.

Stairway To Heaven se solidifie comme chanson du siècle.
The Godfather donne à la mafia un calque mémorable et au cinéma un bijou inoubliable.
Le Canada bat la Russie dans La Série du Siècle dans le dernier 2 minutes du dernier match, en Russie, au hockey.
David Bowie marque son époque avec le personnage de Ziggy Stardust.
Je nais.
Le Pakistan de l'Est est rebaptisé le Bangladesh.
Richard Nixon se rend pendant 8 jours, en Chine, geste jamais posé par un président des États-Unis auparavant.
Le film d'animation érotique Fritz the Cat fait fureur dans les salles.
La marathon de Boston accepte enfin les Femmes.
Les Rolling Stones lancent en exil leur meilleur album.
5 membres du gouvernement de Richard Nixon sont surpris en train de voler dans les bureaux du comité National du Parti Démocratique dans le Watergate Hotel.
Le marxiste Salvador Allende devient premier ministre au Chili.
Le Bloody Friday fait des ravages en Irlande. Les troubles commencent peu de temps après.
Le tout premier épisode de The Price is Right est diffusé.
Aux Olympiques de Munich, le sang coule.
Atari lance le tout premier jeu video appelé Pong.
La France guillotine ses deux derniers criminels.
Roberto Clemente périt dans un accident d'avion se rendant au Nicaragua afin d'aider les survivants d'un tremblement de terre.
Dans le temps universel coordonné, on rajoute 2 secondes, ce qui fait de cette année bisextile, la plus longue depuis que le monde est monde, puisqu'une opération du genre n'a plus jamais été refaite.

Et Roxy Music lance son tout premier album.

J'ai adoré ce band. Au point de vous en avoir parlé déjà quelques fois. J'ai même dèjà placé Stranded dans cette même chronique.

Mais le vrai, et seul album réel du groupe en tant que groupe est bel et bien le premier.
Un album presque parfait.

Les autres albums de Roxy Music seront, peu à peu, des albums de Bryan Ferry, avec comme musiciens de session, le reste du band.

Le premier est un vrai travail d'équipe et reste de qualité inégalée pour les 6 gars du band.
Bryan Ferry, Brian Eno, Graham Simpson, Adam MacKay, Phil Manzanera et Paul Thompson.

Jamais plus il seront aussi soudés. Et j'oubliais, quand je vous présentais Stranded, à quel point ce premier album était riche et inspiré.

Il débute par la parfaite chanson d'introduction d'un band. Re-Make/Re-Model raconte la fois où Ferry avait changé de voiture et qu'il avait retrouvé par hasard cette même voiture, avec la même plaque d'immatriculation, en ville, une "sweetest queen I've ver seen" au volant. Ce que chantent Eno, Manzarena et MacKay en choeur, c'est le # de la plaque d'immatriculation: CPL 593H. Les choeurs et jeux de voix n'existeront presque plus dans l'oeuvre future de Roxy Music. Ça commence avec des bruits de cocktails, comme si, justement on attendait une présentation chic, c'est très rythmé, vers 3:13, guidé par la guitare de Manzarena, chaque membre du groupe fait sa présentation. Thompson commence par un roulement de batterie, puis, Simpson fait un clin d'oeil à la base aux accords de Day Tripper des Beatles. Phil torture ses cordes ensuite. Les arrangements de tout l'album seront bizarres et futuristes. MacKay débute ce qui pourrait ressembler au Valkyrie de Wagner par la suite, au sax.  Manzarena revient avec un clin d'oeil au Peter Gunn de Mancini. Eno, qui joue du synthétiseur VCS3 (appartenant à MacKay) avec des bourrasques d'oscillations toute la chanson, passe ensuite au piano, prenant la place de Ferry, pour un moment avant-gardiste. Roxy Music vient de nous être présenté. La chanson atterrit en ralentissement de ton. Accompagné des déboulis de batterie de Thompson. Parfait pastiche postmoderniste.

Ferry avait demandé à Eno de lui faire les sons qu'il imaginait de l'atterrissage lunaire (qui n'avait alors que 3 ans). Andy MacKay y ajoutera aussi de son hautbois pour faire tout aussi aérien. La première minute est très agréable. Ferry y présente son style de séducteur qu'il perfectionnera avec le temps. Eno s'amuse ce morceau jouant aussi du mellotron rappelant le violon électrique. La formation Ladytron a pris le nom de son groupe en hommage à cette chanson. Encore originale dans sa conception pour 1972. Et dont le propos semble parler de l'amour de Ferry...pour une femme robot. Sur son album suivant, il confessera sa passion...pour une poupée gonflable. Dnady freak.

La chanson suivante commence avec un guitare honky tonk mais passera par tous les tons. On reste presque country/Rolling Stones jusqu'à presque deux minutes. Ensuite quelques accords à la guitare sont relayés à MacKay au saxophone. Ferry module beaucoup sa voix sur plus de 6 minutes. Il commence assez traditionnel use du trémolo, et termine presque vampirique. MacKay brille au saxophone. Bowie a tant aimé qu'il a repris avec son band des années 90. Les choeurs font encore belle figure ici. Dans la troisième partie, la partie désespérée chantée par Ferry. Très très bon.

La chanson qui suit sera le premier single en Amérique du groupe. La chanson n'est pas de l'album original lancé en Europe, puisque composé après la sortie de celui-ci. D'ailleurs Graham Simspon, co-fondateur du groupe avec Ferry, n'est déjà plus du groupe et c'est Rik Kenton qui joue de la base sur le morceau. MacKay y joue et du saxophone et du hautbois. Manzanera avouera qu'il a tout simplement improvisé son riff à la première minute. Le titre fait référence à une peinture que l'ancien étudiant en art (Ferry) avait fait mettant en vedette un paquet de cigarettes de marque Virginia Plain.

Bryan Ferry n'a jamais caché sa fascination pour Humphrey Bogart dans Casablanca. 2HB est un clin d'oeil à Bogey, (To Humphrey Bogart). Calqué pat Eno sur le As Times Goes By du film en écho, c'est surtout MacKay qui brille encore au saxophone. Jolie ballade atypique pour clore la Face A.

La Face B débute grandiosement. The BOB, c'est l'acronyme de the Battle Of Britain. On y entend même des bruits d'artillerie militaire se déployant en territoire de guerre vers 1:54. L'intégration des différents instruments de musique y est très cinématographique. Brian Eno perfectionne son talent d'arrangeur. Les choeurs y sévissent aussi. Ça n'arrivera presque plus dans le futur du groupe. La chanson passe par plusieurs variations rhytmiques, ce qui rend le voyage sonore fascinant.

Grand romantique devant l'éternel, Ferry est aussi un fan du film Great Encounter de David Lean.  Les arrangements sont encore excentriques autour d'un doux piano, voire lugubres. La pièce est très atmosphèrique. La guitare de Manzarena plutôt macabre.

La chanson qui suit fait une utilisation des cuivres comme on le faisait dans les années 50, 60. On change de ton assez vite pour quelque chose qui ressemble à un boogie. La voix de Ferry se transforme en cri et les choeurs be-bop comme on le faisait dans les années 50-60. Assez merveilleux. Thompson se démarque à la batterie et la guitare de Manzarena nous garde dans les années 70, style Chuck Berry.

Eno arrange merveilleusement le morceau suivant. La pièce est travaillée habilement, faisant briller encore tout le monde. Comme un vrai groupe uni. Ferry y est désespéré. La première partie est une véritable porcelaine, vers 3:35 on bascule petit à petit, avec Simpson à la base et Thompson à la batterie préparant le terrain pour Mackay, qui n'a jamais lâché Ferry au hautbois et Manzanera qui expérimentera avec sa guitare comme une tempête menaçant la mer tranquille. Fameux morceau relativement sous estimé dans l'oeuvre du groupe.

L'album se termine en pure nostalgie. On pastiche le doo wop des années 50, encore avec choeurs. Paul Kimble et Andy Mackay reprennent le morceau fidèlement pour la trame sonore de l'excellent film Velvet Goldmine.

Jamais plus ce groupe ne paraîtra plus uni sur disque.

Pour amateurs de glam rock, d'art rock, de progressif, de rock, de David Bowie, d'éclectisme musical, de Brian Eno.

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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)