lundi 17 août 2026

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable**********************Journey In Satchidananda d'Alice Coltrane (& Pharoah Sanders)

Chaque mois, vers le milieu, tout comme je le fais pour le cinéma (dans ses 10 premiers jours) et tout comme je le fais pour la littérature (dans ses 10 derniers) je vous parle de l'une de mes 3 immenses passions: La musique !

Le titre de la chronique est inspirée de 4 albums que j'ai tant écouté que j'en connais tous les sons, tous les tons, toutes les paroles, toutes les nuances, bref, cette musique est désormais composante de mon ADN.

Par ordre de création:

Blonde on Blonde de Bob Dylan

The Idiot d'Iggy Pop

Low de David Bowie

The Unforgettable Fire de U2

B.I.B.I. c'est moi. C'est aussi la terminaison du mot arabe habibi voulant dire je t'aime.

Musique, je t'aime.  

JOURNEY IN SATCHIDANANDA d'ALICE COLTRANE & PHARAOH SANDERS

L'origine de cet album est intimement liée à un drame personnel. En juillet 1967, le géant du jazz John Coltrane succombe à un foudroyant cancer du foie à seulement 40 ans. Laissant sa veuve Alice, seule, avec les 4 jeunes enfants de respectivement 6 ans, 3 ans, 1 an et 11 mois et 4 mois. Terrassée par le chagrin, Alice traverse une période d'insomnie chronique, de visions mystiques intenses et de vertiges existentiels. Elle perd énormément de poids et frôle la rupture psychologique. 

C'est dans cette obscurité qu'elle entame sa reconstruction en se tournant vers les philosophies orientales. En 1970, elle fait la rencontre de quelqu'un qui va bouleverser sa vie. Celle de Swami Satchindananda, gourou indien renommé qui avait notamment ouvert le Festival de Woodstock, en 1969.  Satchindananda devient son guide spirituel, son  profiteur "précepteur", lui enseignant la méditation et le yoga. Cette rencontre lui inspire une paix intérieure nouvelle. C'est en hommage à son maitre et à sa philosophie que l'album est baptisé comme il l'est. Satchindananda veut dire, en sanskrit connaissance, existence, félicité. Elle fera ensuite, une rencontre cosmique.

Pour traduire cette renaissance en musique, Alice s'entoure de musiciens qui partageaient déjà la vision d'avant-garde de son défunt mari. À la mémoire de leur ami départi, ils acceptent tous, assez facilement. parmi eux, le saxophoniste ténor et soprano Pharaoh Sanders, figure de proue du free jazz et du jazz afrocentrique. Il possède un jeu de saxophone unique: capable de rugissements viscéraux comme des complaintes d'une douceur infinie. Mais d'envolées lyriques aussi. 

Entre Alice & Pharaoh, l'alchimie est immédiate et télépathique. Sur cet album, Sanders met de côté ses cris expressionnistes habituels pour adopter un jeu de saxophone d'une retenue et d'une clarté mélodique magistrale. Son sax soprano plane au-dessus des structures rythmiques comme une prière flottante, un contrepoint parfait aux cascades céleste de la harpe d'Alice.

L'album est enregistré en majeure partie dans le studio privé d'Alice dans le Dix Hills de New York, en novembre 1970. Ce cadre intimiste favorise une atmosphère quasi religieuse. La grande révolution de cet album est dans son instrumentation unique brisant les frontières entre le blues des États-Unis, le jazz modal européen et la musique classique indienne. Alice propulse sa harpe, un instrument rare en jazz, au premier plan. Elle ne joue pas de manière classique, mais l'utilise pour créer des textures hypnotiques, des vagues d'accords qui rappellent le flux et le reflux de l'océan. 

Pour ancrer le côté méditatif, le groupe intègre une tanpura (jouée par Tulsi Reynolds) un instrument traditionnel indien qui produit un bourdon (drone) continu et obsédant. Ce tapis sonore abolit la notion de début et de fin, plongeant l'auditeur dans un état de transe. Le reste du band est composé de géants comme Cecil McBee (et Charlie Haden sur un morceau) à la contrebasse, qui pose des lignes de basses répétitives et circulaires. Rashied Ali est à la batterie et Majid Shabazz est aux cloches et au tambourin. 

Alice joue aussi le piano. 

À sa sortie, l'album surprend une partie de la critique jazz habituée à des formes plus dures ou purement politiques. Pourtant, au fil des décennies, l'album s'est imposé comme l'un des albums les plus influents de l'histoire du jazz moderne. À cheval entre ce que sera la musique du monde, le nouvel âge et l'ambient. Tout en influençant des générations d'artistes des scènes électroniques, du rock psychédélique et du hip-hop. 

Pour amateurs de jazz, free jazz, musique indienne, musique du monde, saxophone, harpe, ambient. transcendant. Planant. Musique à joints. 

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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)