Mais il ne peut nier qu'il n'aura tourné que 9 films entre 1954 et 1984, et 5 films consécutifs, entre 1964 et 1971, seront effectivement, des westerns. Et seront ceux qui mettront le cinéaste sur la carte internationale des réalisateurs à suivre. Légendaires mêmes. Avec l'aide de Clint Eastwood, Eli Wallach, Ennio Moriccone, Alberto Grimaldi et Luciano Vincenzoni, principalement.
Survolons ces 5 films qui étaient tout à fait, westerns. Quoiqu'il en pense.
1964: Le jeune Clint Eastwood est un acteur de la télévision. Il est star de la série à succès Rawhide qui est, effectivement, trempée dans le western. Il ne coûte donc, pas cher. Sergio Leone a vu Yojimbo du grand Akira Kurosawa. Et comme lui, L'italien est fasciné par les États-Unis, lui aussi. Il invente une bataille "oubliée des livres d'histoires" de la guerre civile aux É-U, et une recherche d'or de la part d'un personnage sans nom et peu bavard. Et des rivaux. C'est Eastwood qui proposera le moins de dialogue possible de sa part, puisque de toute manière, Leone ne parle pas anglais, son équipe, assez peu, et Sergio mime ce qu'il veut pour diriger ses acteurs/actrices. Eastwood n'est pas tellement attendu au cinéma, il accepte donc le défi de tourner en Italie. Le son sera pris "à la Fellini" et à la sauce Nouvelle-Vague Française. Jamais en direct. Chacun parlant principalement sa langue natale. Et le reste repris en studio, post production. Kurosawa voit bien qu'on a copié son film. Menace de poursuivre Leone. S'arrange avec lui en se négociant des parts des recettes du film qui vient de rapporter près de 10 millions, seulement en Italie. Comme c'est pour la distribution future, l'équipe de Leone retarde la sortie en Amérique. Et Eastwood, qui tourne dans le film qui s'appelait alors The Magnificent Stranger, se demande bien, en 1965, ce qui se passe avec ce film. Il lit dans le journal qu'il aurait tourné dans For A Fistful of Dollars en Europe, ce qu'il commence d'abord par nier. Sans savoir tout de suite qu'on a changé le titre pour ne pas donner trop d'indices que ce soit un western, qui n'a pas complètement la cote, en 1964.Pour un Magnificent Seven (1960) et un How the West Was Won (1962) (où on y remarque un épatant Eli Wallach), il y a des tonnes de mauvais westerns qui font patate et de l'Italie, les films de Sergio Corbucci, qui seront aussi une influence majeure du cinéma de Quentin Tarantino, entre autres, ne se rendent pas encore en Amérique du Nord ou du Sud. Ce sont souvent de gros clins d'oeil aussi comiques que violents, les westerns de Corbucci.
1965: Clint accepte de tourner dans la suite, qui sera encore une co-production avec l'Espagne et l'Allemagne de l'Ouest. Klaus Kinski y tiendra un petit rôle, de vilain bien entendu. Luciano Vincenzoni est co-scénariste et le second film entrera souvent dans la catégorie des "secondes parties meilleures que la première". For a Few Dollars More reprend l'intrigue des rivaux en quête de trésors de la Guerre Civile, là où elle nous avait laissés. mais fait passer le budget de 200 000$ à 600 000$. Lee Van Cleef dira que c'est son rôle préféré puisque c'est une rare fois où il sera du côté des "bons". Il sera littéralement le "bad" du prochain film. Le producteur Alberto Grimaldi fait son entrée à la production et le film rapporte gros. Mais rien n'est encore distribué en Amérique du Nord ou du Sud. Leone introduit le style, chez les rustres cowboys. 1966: Eastwood n'a pas complètement envie de reprendre le rôle pour la 3e fois. Il n'existe pas dans les yeux d'Amérique dans ce rôle encore. Le budget sera cette fois de 1,2 millions, le tournage, un parfait chaos pas toujours sécuritaire et dont une explosion presque mortelle et un saut de Wallach autour d'un train potentiellement mortelle aussi, seront du montage final. Son 6e film à vie est largement reconnu comme le chef d'oeuvre de la trilogie, car on reprend une dernière fois le fil narratif des deux premiers tournages. Une erreur se glisse dès le départ car en italien, on travaille et tourne, Il Buono, Il brutto, Il Cavitto. Littéralement Le bon, la brute et le mauvais. En anglais, ce sera The Good, The Bad & The Ugly. En français, c'est plus vague encore. Le Bon, La Brute & Le Truand. Ils sont tous mauvais, brutes et truands si on lit bien le film. Faites votre choix. Mais dans la bande annonce, ça devient désordre au point que "le laid" tombe souvent sur le visage de Lee Van Cleef, dans les différents montages internationaux, Van Cleef se fera taquiner par la suite d'être Mr. Ugly.À cette période, les trois films sortent en Amérique du Nord. Et c'est un succès monstre. A Fistful of Dollars en janvier 1967, For a Few Dollars More en mai et The Good, The Bad & The Ugly en décembre. Leone fait rapporter des millions. Eastwood est lancé dans le monde. Les Italiens ne comprennent pas tout de suite l'expression raciste des États-Unis qui parle de Westerns-spaghettis. Les films de Corbucci sont aussi maintenant lancés, aux États-Unis. Ils pensent d'abord qu'on appelle ça Spaghetti parce que les lassos des cowboys font penser à des spaghettis.
1968: Once Upon a Time In The West arrive donc avec une réputation. Sergio voulait d'abord écrire et tourner Once Upon a Time in America. Qui le fascine, bien entendu. Leone, en brouille avec son scénariste Luciano Vincenzo recrute les jeunes Bernardo Bertolucci et Dario Argento afin de co-scénariser avec lui l'histoire de trois hommes liés à la même femme, qui ne se veulent pas nécessairement du bien. C'est Paramount qui lui offre un budget de 5 millions pour faire tourner Henry Fonda qui veut jouer un vieillissant cowboy pas 100% pur. Ennio Morricone sera pratiquement la star de ce film qui multiplie les gros plans comme jamais auparavant. Leone veut, en entrée, assassiner avec style ses trois personnages de sa trilogie précédente mais Eastwood refuse. Il est ailleurs. Veut réaliser, déjà. Le fera fin 1970 pour son premier effort derrière la caméra. Leone garde l'idée de la triple confrontation en ouverture de film. Al Mulock, un des trois molosses en ouverture, se tue pour vrai en sautant de la fenêtre de sa chambre d'hôtel, dans son costume du film, après 4 jours de tournage. Le film, sa trame sonore, Leone, Charles Bronson, deviennent sensations mondiales. Ce 33 tours jouera souvent dans le sous-sol quand je suis entre 10 et 16 ans, pour m'endormir. Rien de plus facile que de jouer les morts dans son lit quand on veut dormir...1970: Luciano Vincenzo reprend du service au scénario pour la seconde partie de sa seconde et dernière trilogie, celle des "Il Était une Fois..." Cette fois, l'action se déroule pendant la Révolution Mexicaine avec de nouvelles intrigues et de nouveaux personnages aussi. Vincenco co-scénarise avec Sergio Donati et Leone. L'IRA Irlandaise et les hors-la-loi Mexicains se croisent dans les années 10. Un bon film sous-estimé par le public, mais qui vaut l'écoute. Dernier Western de Sergio. Qui ne tenait pas à y être exclusivement associé.Mais qui y a brillé.
The Good, The Bad & The Ugly, film charnière pour plusieurs carrières, est tourné il y a 60 ans, cet été.
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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)