Quand Patti Smith a chanté son excellent chanson Rock'n Roll N..., le dernier mot de ce titre, qui est le refrain, était bien le mot en N qu'il fallait cesser d'utiliser. Celui qui parle de la couleur (réelle) de certaines peaux humaines. C'était 1978 et Smith ne voulait pas parler de la race autant que de l'aspect marginalisé des artistes, des rebelles, des exclus de la société. Ce n'était pas 100% habile. La chanson a discrètement été retirée des plateformes de diffusion en 2022, mais reste disponible sur les CD ou les copies de 33 tours originaux. Elle ne la joue jamais en spectacle aussi. Consciente que les époques ont changé.
Les auteurs sudistes du passé des États-Unis, Harper Lee, John Steinbeck, William Faulkner, Mark Twain (bien que ce dernier ne soit pas issu du Sud) ont tous vu leurs brillantes oeuvres être retirées des lectures obligatoires dans les écoles des États-Unis. Certaines éditions ont remplacé le mot par le mot esclave. Jusqu'à près de 220 fois pour Mark Twain, dans un seul livre. Les moins brillants ont tout simplement banni le livre au lieu d'en choisir les copies qui ont fait des éditions modernes avec un N*** partout où c'est nécessaire.
Mark Knopfler, chanteur de Dire Straits, chantait "The little faggot got his own jet airplane, the little faggot is a millionaire" sur le plus grand hit du band. Mais 2 mois après la sortie de l'album, il chantait déjà the little maggot (larve) et continuera de le faire tout sa carrière. Il a corrigé aussitôt son récit d'ouvriers enviant les riches gens chez qui ils travaillent, avec le nouveau regard que les gens commençaient à porter sur les homosexuels et le SIDA qui pointait son horrible tête. Elvis Costello a aussi été forcé de réécrire un passage de Oliver's Army, Only takes one itchy trigger, one more widow, one less white N*** qui faisait référence à l'armée britannique qui, dans son conflit Nord-Irlandais, voulait rabaisser les catholiques en les appelant ainsi. Comme l'attention n'était plus sur la cruauté militaire, il a choisi d'en changer les paroles par one more widow, another pallbearer.Avec la mort de Bonnie Tyler récente, le vidéo de son plus grand succès, Total Eclipse of the Heart, a recommencé à circuler et ça m'a rappelé deux choses. 1- Bonnie est la pire actrice du globe pour jouer le surprise/l'étonnement 2- Il y a malaise quand on voit une femme de 31 ou 32 ans, flirter avec ce qui semble être un étudiant de 15-17 ans. Mais ça peut toujours se défendre. Au collège, on a entre 18 et 22 ans. Il est peut-être collégien. Et l'acteur qui le joue, est visiblement majeur.
Knopfler est Britannique. Costello. Irlando-Britannique et Tyler était Galloise. C'est en pensant à American Beauty, excellent premier film de Sam Mendes, 5 fois Oscarisé, que le malaise est devenu plus grand. Il a été lancé en 1999. Il y a 27 ans. Tout est des É-U autour de ce film. Dans son rapport avec aujourd'hui, il y a profond malaise.
Le premier niveau d'inconfort vient du télescopage direct entre le personnage et l'acteur. Kevin Spacey incarne Lester Burnham, père de famille en pleine crise de la quarantaine, obsédé sexuellement par Angela, une amie mineure de sa fille adolescente. En 2017, la vague #MeToo a mis en lumière de nombreuses accusations d'agressions sexuelles et de harcèlement contre Spacey, plusieurs impliquant de jeunes hommes, alors mineurs.
Le second niveau d'inconfort nait de cet effet sociétal, aux États-Unis, qui protège actuellement un lot de prédateurs indéterminés, en position d'influence, qu'on soupçonne tous pédophiles.
Depuis Lolita de Vladimir Nabokov, en 1955, une sorte de banalisation de l'attirance pour les mineures a semblé favoriser la pédocriminalité actuelle. Impunie. Et Mendes, et Alan Ball, son scénariste, ont dit que de nos jours, on ne pourrait pas présenter cette idée et tourner ce film. En tout cas pas de la même manière.
Dans American Beauty, il y a cette scène qui est le vrai sujet du film. Qui en fait toute sa beauté. Le personnage du fils du voisin de Burnham explique un vidéo qu'il a tourné d'un sac qui vole au vent, à la fille de Burnham. Il conclut que "Parfois, il y a tellement de beauté dans le monde, que j'ai l'impression que je ne peux pas la supporter, et que mon coeur est simplement sur le point de lâcher."
Je vis le contraire en ce moment en pensant aux États-Unis. Je vis la laideur dans le monde.
Les États-Unis ont tant de beau à offrir mais on semble n'en retenir qu'une malsaine laideur.
Quand j'ai appris que Lindsey Graham, 71 ans, idiot utile au pédoprésident après avoir juré être son ennemi absolu, était décédé, je n'ai pas cherché à savoir de quoi ou comment ou même à ;ire sur sa triste vie.
Je me suis contenté de penser "Parfait, un de moins"
Et je me suis trouvé laid.
On a plutôt tous envie de voir la plus belle chose qu'on ai jamais sentie.
Dès aujourd'hui.
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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)