samedi 27 juin 2026

Mascu

Décembre 1989. J'ai 17 ans. Trop jeune et dans le 418 pour le sentir aussi dramatiquement qu'à Montréal, mais trop vieux pour ne pas être ébranlé d'être simplement, un homme. 14 femmes meurent parce que Femmes.

Ce n'était pas juste un drame, c'était un avertissement. 

Son nom était Marc Lépine, à Montréal d'un père (absent, violent qui quittait tout le monde quand il avait 7 ans) et d'une mère sans moyen quand ce père quitte le foyer familial. Il supprimera 14 vies de Femmes à l'école de la Polytechnique le 6 décembre, à Montréal. On peut retenir son nom, son histoire, son parcours, mais il ne faut jamais perdre de vue le vrai sujet: il a ciblé des Femmes parce qu'elles étaient Femmes. C'était une attaque antiféministe. Un féminicide.

Pendant longtemps, et encore quelques boomers qui regrettent le masculinisme facile des années 60, ont voulu parler d'un homme isolé ou instable, deux choses vraies, mais il y a plus. Le Québec a été forcé de faire naître quelque chose dans ces absurdes morts. Le mot féminicide. Issu de la haine des Femmes. Tuer parce qu'on hait la Femme. Ce jour noir de décembre, le Québec a compris que la misogynie pouvait tuer.

Ça n'a pas disparu. Elle se cache dans les commentaires, les memes, les "blagues", les forums, les espaces publics, les vidéos, les discours dans les balados, les visons extrêmes inspirées du triste masculiniste et trafiqueur sexuel, Andrew Tate. La forme a changé. Le fond, lui reste le même. La rivière sale coule toujours. La haine des Femmes n'est pas que des mots. C'est pour ça qu'il faille toujours en parler. 

L'attaque de cette semaine, dans le quartier de Côte-Des-Neiges, en était encore la preuve. 

En fin de matinée, lundi dernier, un signalement aux services d'urgence mentionne un canon de fusil pointé de la fenêtre de l'Hôtel Hilton sur le Boulevard Décarie, une Alerte Amber sera lancée sur tous nos téléphones pour nous dire de rester barricadés dès 12h33. Dès l'arrivée des policiers et policières, ils sont accueillis par une salve d'un dizaine de coups de feu. S'ensuit une véritable fusillade qui échange plusieurs coups de feu. Et qu supprime par inadvertance la vie d'un passant, Michael Moshé Mizrahi de 68 ans, au mauvais endroit, au mauvais moment. L'agent de police Mohamed Lamine Benredouane, 34 ans, perd aussi la vie dans cet échange brutal. Une agente est aussi atteinte, mais s'en sortira. 

Seth Scott Hatfield, 25 ans, a été identifié comme l'assaillant vêtu d'une tenue militaire, et arrivant d'Alberta. Il a été tué par la police. Mais il avait laissé, pour la postérité, un manifeste de 104 pages, exposant sa vision d'incel, et ciblant, entre autre choses, les Femmes et l'industrie pornographique. Des fenêtres ont été fracassées dans les échanges de tirs, contre l'immeuble abritant le siège social d'Aylo, la maison mère du site pornographique Pornhub. Situé à quelques pas de la fusillade de lundi. Et qui était la probable cible principale du déséquilibré.

Car c'est de ça qu'il s'agit, le déséquilibre. 

Le mouvement du masculinisme ne cherche aucunement l'équité. Il cherche la domination mâle. Turning Point aussi, d'ailleurs. Mais ça c'est pour une autre diatribe. 

L'assassin venait de l'Alberta où la déséquilibre règne. Leur lunatique Première Ministre règne dans la division et pêche par lourde désinformation. Elle milite fort pour la séparation et copie les méthodes Trumpistes pour lequel elle voue une admiration non feinte. Jean-François Gariépy est aussi caché en Alberta. Où les gens ne sont pas aussi curieux sur la disparition de sa partenaire Elora. 

L'influenceur masculiniste néonazi qui se fait appeler Clavicular (Braden Peters, 20 ans) était à Paris la semaine dernière pour la Fête de la Musique afin de valider sa théorie des "mâles alphas". Peters s'était fait connaitre par le looksmaxxing, qui vise a tirer le plus de profit possible de par son look, dans lequel il faut avoir une confiance inébranlable, mouvement en ligne lié aux communauté d'homme incels. En avril dernier, il a attiré l'attention pour les mauvaises raisons, après s'être effondré en direct dans un centre commercial de Miami, en Floride, the dumbest state, bientôt sur leurs plaque d'immatriculation, devant des milliers de spectateurs, victime d'une surdose de drogue.  Un mois plus tard, il se fait arrêter pour avoir tiré à maintes reprises sur des alligators, au fusil. Pour des clics sur le net. 

L'expérience à Paris ne s'est pas passé comme prévu. Enfin peut-être. Parce qu'elle lui est toujours bonne. 

Il a été majoritairement rejeté par les Parisiennes. Et il en a fait un montage et l'a diffusée sur le web. Mais ça restait une humiliation. Pourquoi la diffuser alors ? Laissez moi vous expliquer les mécanismes de l'économie d'attention qui régit le monde des influenceurs d'extrême droite er de la manosphère. Bien qu'il se soit fait rejeter en bloc par les Parisiennes, ait fini trempé par des jets de bouteilles d'eau et se soit fait voler son béret diffuser ce naufrage répond à plusieurs objectifs de manipulation stratégiques très précis. 

Sur des plateformes comme Kick(où il diffuse en direct, donc les gens peuvent aussi enregistrer et en faire des montages à leur guise), ou Tik Tok, l'algorithme ne fait aucune différence entre le respect et le ridicule. Qu'un spectateur regarde la vidéo pour l'admirer ou s'en moquer, peu importe, ça génère de$ clic$, de$ partage$ et de$ commentaire$. Un buzz reste un buzz pour des gens vides. Le fait qu'il a été la risée des Françaises a propulsé ses statistiques. Pour un créateur de contenu, comme ils osent s'appeler, un mauvais buzz massif est financièrement beaucoup plus rentable qu'une vidéo consensuelle, où tu dois convaincre et qu'on peut zapper dès qu'on est pas d'accord. La viralité d'un fiasco peut être payante. 

Dans la rhétorique masculiniste et l'univers du looksmaxxing, le rejet par les Femmes est un pilier idéologique sur lequel articuler son idéologie. Sa nourrit la haine contre les Femmes. Your loss l'entend-t-on dire. Il a généré du contenu pour faire jaser de lui et de son univers pendant des semaines.

Qui connaissait le connard avant cette semaine ?

Notre fille et l'amoureuse n'étaient pas familières avec le concept d'incel.

Je les ai urgés de s'informer.

Pour les Femmes, en ce moment, outre Trump si vous êtes aux États-Unis, ou Poilièvre ici, c'est le plus grand et pernicieux des dangers.     

Pernicieux ? cherchez la définition du mot. nuisible ou destructeur., mais d'une manière lente, cachée et subtile. Menace invisible. 

Et pourtant toute là. Sous nos yeux. 

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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)