mardi 2 juin 2026

Livres Nouvellement "Interdits" Dans Certains États (Attardés) des É-U

Voici une liste d'oeuvres littéraires EXTRAORIDINAIREMENT brillante, oeuvres interdites nouvellement, depuis l'arrivée du fascisme, au pouvoir, aux États-Unis, dans certains États, dans les programmes scolaires, âge où il est primordial de se bâtir un soi-même intelligent.  

Il est donc primordial de lire ces livres d'une quelconque manière.

1984 de George Orwell

Dans une société dystopique soumise à la surveillance constante de Big Brother, Winston Smith tente de se rebeller contre le contrôle totalitaire de la pensée. Brillante métaphore du fascisme. Contesté à Jackson, en Floride depuis toujours, restreint dans certains districts, de l'Iowa et du Colorado ou simplement retiré. Les toxiques conservateurs trouvent qu'il est anti-gouvernemental. Ce qui confirme le fascisme au pouvoir.

Animal Farm de George Orwell

Les animaux d'une ferme se rebellent contre leur maître humain pour créer une société égalitaire, mais certains seront plus égaux que les autres. Variation d'une même critique de la dictature, par le même brillant auteur. Dans le comté de Bay. en Floride, the dumbest state, dans le comté de DeKalb, en Georgie, et dans le district de Stonington, dans le Connecticut. on a trouvé que le livre était critique des gouvernements. Parce qu'un peuple doit le vénérer n'est-ce pas ? Même si ce sont des pédophiles, d'incompétents filous et des escrocs.

Brave New World d'Aldous Huxley

Dans une société future gérée par la génétique et le conditionnement mental, les humains sont programmés pour être de parfaits consommateurs dociles anesthésiés par le sexe récréatif et une drogue appelée le soma. Retiré dans le comté de Collier, en Floride, interdit de manière récurrente dans plusieurs districts du Texas, de l'Indiana, et contesté dans le Delaware, on le qualifie d'antireligieux. Et on l'accuse de banaliser le sexe et la drogue. 

Farenheit 451 de Ray Bradbury

Dans un futur dystopique où les livres sont interdits et brûlés (tiens, tiens...) par des "pompiers" Guy Montag remet en question son métier de censeur et rejoint un groupe de résistants qui mémorisent les oeuvres littéraires pour les sauver de l'oubli. Satire de la censure, censurée à Élizabeth, au Colorado, retiré au Texas et en Floride.     

To Kill a Mockingbird de Harper Lee

Dans l'Alabama des années 30, une jeune scout est en admiration (légitime) face à son père, l'avocat Atticus Finch, qui défend un humain à la peau noire accusé à tort du viol d'une jeune fille à la peau blanche. Comme les États-Unis veulent se blanchir, il est retiré à Burbank, en Californie et à Santa Clarita, dans l'État de Washington, à Mukilteo, au Texas, à Biloxi, au Missiissippi et bien sur, en Floride. On y utilise le mot en N, comme on le faisait, dans les années 30. 

The Catcher in the Rye de J.D.Salinger

Un de mes livres préférés à vie, et de l'avis de plusieurs un des meilleurs jamais écrit. Le jeune Holden Caufield (que j'étais) est adolescent désabusé, récemment expulsé de son école, et erre pendant 3 jours dans new York exprimant son dégoût face à l'hypocrisie du monde adulte. On craint comprendre que ce soit une éloge de l'indiscipline et de du décrochage, mais moi, je l'ai lu adolescent et ça m'a remis sur le droit chemin. Banni en Iowa, au Mississippi, au Texas et en Floride.


 Of Mice and Men de John Steinbeck

Pendant la Grande Dérpression, George veille sur son ami Lennie, un colosse au coeur d'enfant souffrant d'un retard mental alors qu'ils errent de ferme en ferme en rêvant d'acheter leur propre terre. Le mot en N y est utilisé car c'était l'époque. Le viol et l'euthanasie sont aussi condamnés à Burbank, en Californie, à Collier, en Floride, au Texas, au Minnesota et en Iowa.

The Grapes of Wrath de john Steinbeck

Mythique et essentiel livre pour comprendre l'exode pendant les sécheresse du Sud dans la Grande Dépression, on y suit une bande de gens de l'Oklahoma en recherche de dignité. Épouvantable, n'est-ce pas ? On y dénonce une métaphore communiste, et la dénonciation du traitement abusif et cruel des migrants. Parce qu'on aime en abuser et être cruel envers les migrants, au Texas, en Floride en Iowa, à Kern, en Californie et à Kansas City.

Lord of the Flies de William Golding

Un groupe de jeunes garçons britanniques se retrouve seul sur une île déserte après l'écrasement de leur avion et régresse rapidement vers la sauvagerie, la violence et la tyrannie. retiré au Texas, en Floride, à Waterloo, en Iowa, en Caroline du Nord et en Ohio parce que la violence y est extrême et la cruauté envers les animaux aussi.   

The Adventures of Huckleberry Finn de Mark Twain

Le jeune Huck fuit son père abusif en naviguant le fleuve Mississippi sur un radeau en compagnie de Jim, un esclave qui lui, fuit pour gagner sa liberté. L'utilisation du mot en N, récurent à cette époque, agace Philadelphie, en Pennsylvanie, Burbank en Californie, le comté d'Acoomack, en Virginie, le Misssissippi et le Texas.  


The Adventures of Tom Sawyer 
de Mark Twain

Le jeune orphelin multiplie les mensonges et les bêtises le long du fleuve du Mississippi jusqu'au jour où ses escapades légères le mènent à témoigner d'un véritable meurtre dans un cimetière.  Le mot en N encore. Je sais que ce serait du changement de texte, mais n'y a t-il pas moyen de tous les changer pour "black" ? C'est ridicule. Ce livre est un chef  d'oeuvre. retiré au Colorado, en Virginie, à New York, en Pennsylvanie et au Texas.

Beloved de Toni Morisson

Dans l'Ohio d'après la Guerre de Sécession, Sethe, une ancienne esclave vit hantée par le fantôme de sa propre fille qu'elle a tuée des années plus tôt pour lui éviter de grandir en captivité. Prix Pultizer, rien de moins, considéré "pornographique" et pouvant stimule l'infanticide, en Floride, au Texas, en Virginie, Iowa et Utah. 

The Bluest Eyes de Toni Morisson

Pecola, une fillette noire de 11 ans, est victime de violence dans les États-Unis des années 40. Elle développe un complexe d'infériorité en grandissant et fantasme sur l'idée d'avoir les yeux les plus bleus de la fille heureuse. Formidable livre. Mais effrayant parce que parlant d'inceste, de viol et d'agression sexuelle dont on ne veut pas entendre parler en Floride, au Nebraska, à Colton, en Californie, au Texas, en Ohio et au Missouri. 

Song of Solomon de Toni Morisson

Quête identitaire de Macon "Milkman" Dead III, jeune afro-américain quittant son Michigan natal pour le Sud des États-Unis afin de retracer l'histoire oubliée et magique de ses ancêtres. Évoquant les tortures raciales passées, les conservateurs préfèrent taire ces moments de leur histoire, dans la Maryland, en Floride, en Georgie, au Colorado et en Indiana. 

Lolita de Vladimir Nabokov

C'est la plus grand des ironies que de voir un livre narré par un adulte, attiré de manière charnelle et sprituelle par une mineure soit interdit en Oregon, au Colorado, au Massachusetts et en Alabama alors que la pédophilie n'a jamais été plus au pouvoir du pays, de manière aussi transparente. 

Ulysses de James Joyce

Puisqu'on y parle de masturbation (quelque chose qui ne doit pas exister, n'est-ce pas ?) le Texas et la Floride l'ont retiré et l'Iowa l'a interdit, ce qui a été renversé en cour, en 2025.

Ce pays régresse à la vitesse d'années lumières.

lundi 1 juin 2026

La South Sea Company

La South Sea Company est l'une des histoires les plus fascinantes et dévastatrices de la finance mondiale. 

Fondée à Londres, en 1711, cette entreprise commerciale britannique est devenue le centre de la première grande bulle spéculative de l'histoire moderne, connue sous le nom de "bulle des mers du Sud". Ce récit mêle géopolitique, manipulation financière, corruption politique et psychologie des foules. 

Tout d'abord, une fausse promesse commerciale. Au début du 18e siècle, la Grande-Bretagne est enlisée dans la guerre de Succession d'Espagne. La dette publique du pays est astronomique. Pour la soulager, le chancelier de L'Échiquier, Robert Haley, imagine un stratagème. Il accorde un monopole du commerce avec l'Amérique du Sud espagnole à une nouvelle entité: La South Sea Company. 

En échange de ce monopole, l'entreprise accepte de racheter une grande partie de la dette publique britannique. Les créanciers de l'État échangent leurs titres de dette contre des actions de la compagnie. Sur le papier, l'affaire semble lucrative. En réalité, elle repose sur un immense mensonge géopolitique. L'Espagne contrôle fermement ses colonies et ses colonies et limite drastiquement l'accès des navires britanniques. La compagnie n'effectuera finalement que très peu de voyages commerciaux. Son véritable produit n'est pas la marchandise, mais sa propre action. 

Le mécanisme de la spéculation s'active alors. En 1720, les dirigeants de la South Sea Company lancent un plan encore plus ambitieux. Ils proposent de prendre en charge la totalité de la dette nationale britannique. Pour convaincre le parlement, l'entreprise distribue d'immense pots-de-vins aux ministres et aux membres de la famille royale. Le projet est adopté en avril 1720. 

Pour rentabiliser l'opération, la compagnie doit faire monter le prix de ses actions. Une machine de propagande redoutable se met en marche. Les directeurs alimentent les rumeurs les plus folles sur les richesses inépuisables de l'Amérique du Sud (comme l'or, l'argent, les plantations). L'engouement est immédiat et irrationnel. Tout le monde veut sa part de richesse. Des nobles de la cour aux domestiques, en passant par des intellectuels célèbres comme Isaac Newton. 

Le cours de l'action explose de manière spectaculaire. En janvier 1720, il passe à environ 120 livres sterling. 4 mois plus tard, ce sont 550 livres sterling l'action. 3 mois plus loin, on frôle le 1000 livres sterling. 

Pour entretenir la hausse, la compagnie permet aux acheteurs d'acquérir des actions à crédit, avec des acomptes minimes. Cette injection massive de liquidités artificielles gonfle la bulle à des niveaux insoutenables. 

Le succès insolent de la South Sea Company suscite des vocations. Des dizaines de compagnies éphémères et frauduleuses voient le jour à Londres. On les appelle les compagnies bulles. Les entrepreneurs de l'époque proposent des projets absurdes comme une entreprise "pour fabriquer une roue à mouvement perpétuel" ou plus célèbre encore, une compagnie "pour mener une entreprise de grande importance, mais que personne ne doit connaitre". 

Inquiète de voir les capitaux se détourner de ses propres actions, la South Sea Company fait pression sur le parlement pour voter le bubble act en juinn1720. Cette loi interdit la création de compagnies par actions sans chartre royale. Ironiquement, en voulant détruire ses concurrents, la compagnie déclenche sa propre perte. Le marché prend conscience du caractère artificiel de toutes ces entreprises. À la fin de l'été 1720, le doute est installé ferme. Les investisseurs les plus prudents, ainsi que certains directeurs de la compagnie, commencent à vendre discrètement leurs titres pour empocher leurs gains. Le manque de liquidités se fait cruellement sentir. Les acheteurs à crédit ne peuvent plus payer. Krach.   

La panique s'empare de la bourse de Londres. En septembre, la bulle éclat brutalement. En quelques semaines, l'action s'effondre pour retomber à 150 livres sterling. Les fortunes d'une vie entière sont réduites à néant  en quelques jours. Isaac Newton, qui y perdit une somme colossale, formula alors sa célèbre réplique "Je peux calculer le mouvement des corps célestes, mais pas la folie des Hommes". 

Le pays plonge dans une grave crise économique et politique. La colère populaire est immense. Le parlement ouvre une enquête qui révèle l'ampleur de la fraude et de la corruption. Plusieurs directeurs de la compagnie sont arrêtés, leur biens sont saisis pour indemniser les victimes, et des ministres sont contraints à la démission. Robert Walpole prend alors la direction du gouvernement et réussit à stabiliser l'économie en transférant une partie des actifs de la compagnie vers la Banque d'Angleterre. 

Contre toute attente, la South Sea Company n'a pas été forcée de disparaitre. Restructurée, débarrassée de ses ambitions spéculatives, elle a continué d'exister comme une société de gestion de la dette publique et de commerce d'esclaves (jusqu'à l'aboliton de ce type de trafic). Elle a finalement été dissoute au 19e siècle. 

La bulle des mers du Sud reste un cas étudié universellement, Elle a démontré comment la cupidité, combinée à l'absence de régulation et à la complicité corrompue de l'État pouvaient mener à la totale chute commune. 

Ce qui guette tous les jours les cryptomanes.