mercredi 20 mai 2026

Plongé(e) Dans La Caricature

Je ne suis aucunement fan de l'univers des super héros. 

Je suis de ceux et celle qui croient que les vrai(e) héros/héroînes, ne portent pas de cape sur un écran géant. Et je les préfère non fictifs. 

En 1989, faire des films de super-héros, c'est pas encore tendance. Je suis fan de Tim Burton, j'irai donc voir son adaptation de Batman, en salle. J'ai 17 en juin de cette année là. Je trouverai assez ordinaire. Pour une rare fois, j'irai aussi voir le second effort, Batman Returns, et préférerai de beaucoup ce film, au premier. Visuellement, c'est une perle. Je pense même un jour l'acheter. La cinématographie de Stefan Czapsky est extraordinaire. Il sera aussi formidable pour Edward Scissorhands et Ed Wood pour Burton, aussi.

Mais revenons à Batman, en 1989. 

À un certain moment, dans le film, le joker se paie une publicité télé où il annonce aux habitant(e)s de Gotham City, qu'il a empoisonné des produits de beauté sélectionnés mais ne dira jamais lesquels. Trois femmes en mourront. Plus loin, dans le même film, il annoncera qu'il va donner 20 millions aux gens, lancé d'un un char de parade. 

Toute la ville se présentera à la parade. Certain montrant leur support au joker en se maquillant le visage blanc craie et en se teignant les cheveux en vert. On l'appuie même si il a admis en ondes qu'il est assassin d'au moins, 3 Femmes. Prises au hasard. À la parade, c'est un guet apens, il relâche des gaz toxiques dans la foule. 

Cette scène, qui me paraissait absurde et purement fictive à 17 ans, résonne aujourd'hui d'une manière assez effrayante. 

Deux ans plus tard, un ami et moi, à ma première année d'université, on allait, pour "rigoler" et tuer le temps, fonder notre conception du pire parti politique possible sur terre qui serait un acronyme: M.E.R.D.I.E.R. Misogyne Et Raciste, Discriminatoire, Intransigeant Et Représentatif. Encore, on était visionnaire sans même avoir cherché à voir. 

La trame narrative du Joker dans Batman me fait instantanément penser au pédoprésident actuel, aux États-Unis. Et à sa déclaration qui a déjà 10 ans: "Je pourrais tirer sur quelqu'un en plein milieu de la 5e avenue, sans perdre un seul électeur. " Tous comme les citoyens de Gotham City, qui applaudissent le Joker après l'aveu de ses crimes, une partie de notre société contemporaine semble prête à aduler un leader politique potentiellement pédophile, peu importe ses dérapages, ses mensonges, ou ses accusations judiciaires. 

Dans les 2 cas, le culte de la personnalité et l'appât du gain - ou des promesses creuses- l'emportent sur la raison et la morale. La réalité a fini par rattraper la bande dessinée dans lequel nous sommes tombé(e)s. 


37 ans plus tard, ce cynisme pop-corn est devenu notre quotidien politique en provenance des É-U. Incarné à la perfection par Shitler Pedoprez. Le Joker de Burton n'était pas un idéologue. C'était un animateur de foule cruel. Comme un vieil homme au mauvais toupet au micro d'un rallie politique partisan. Le Joker était une bête de scène qui achetait l'attention des masses avec des billets verts pour mieux les piéger, ensuite. De nos jours, les mêmes ficelles sont tirées par Pedoprez. Il a transformé l'arène politique en immense cirque médiatique, allant même jusqu'à mettre en scène un faux attentat contre sa personne pour détourner un bien-cuit. Il distribue les promesses tape-à-l'oeil comme un nouveau téléphone-arnaque, escroquerie qui a marché une première fois. Il s'assure le soutien indéfectible de partisans arborant fièrement ses couleurs comme l'immonde casquette rouge, en guise de cheveux verts du Joker. 

Le poison moderne n'est plus un gaz toxique, mais il est tout aussi invisible. C'est la désinformation. Et le public en redemande. Même si il est la première victime du spectacle.

En y repensant aujourd'hui, le Joker de 1989 était le parfait précurseur des clowneries de nos jours. 

Cette capacité à avouer ses pires travers à la télévision, les assumer, comme le racisme, l'avarice, la cruauté, l'apathie et le misogynie, à corrompre les foules, les rouler dans la farine pour mieux les avaler tout rond, les attirer par l'argent le spectacle, tout en voyant ses partisans adopter ses codes esthétiques de manière presque sectaire, ça n'a plus rien à voir avec le candide Tim Burton. 

C'est le portrait craché de notre politique moderne où le populisme théâtral réussit à faire aimer le bourreau par ses propres victimes.    

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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)