Pour 50$ l'entrée, on réunissait la haute société New Yorkaise pour soutenir la conservation des pièces de mode, historiques. Valoriser la mode, souvent éclipsée par Paris à l'époque.
Mais dans les années 70, la chroniqueuse de mode et éditrice Diana Vreeland, inspire le gala à devenir un rendez-vous pour les portefeuilles des célébrités déplaçant à l'intérieur du musé. Lui donnant un nouveau côté glamour.
Aujourd'hui, c'est l'un des évènements caritatifs les plus prestigieux au monde, récoltant des dizaines de millions de dollars chaque premier lundi de mai.
Ce premier lundi était la semaine passée.
Le grotesque enfle depuis 10 ans. Partout.
Aux États-Unis surtout.
Qui toussent dans notre cou.
Autrefois, le gala du Met pouvait prétendre être de l'aristocratie de bon goût. Aujourd'hui, c'est maintenant simplement de la merde bien éclairée sous les projecteurs. Vous me trouvez dur? Comment devrait-on appeler une salle remplie de multi-millionnaires et de milliardaires déguisé(e)s en "oeuvre d'art" pendant que l'Étatsunien moyen vit une nouvelle version de la grande noirceur, en se demandant si il fait le plein cette semaine ou l'épicerie, car il ne peut pas se payer les deux. Les États-Unis lisent désormais les prix, (merci illégaux tarifs!) comme des notes de rançon.
Le gala de cette année a été principalement financé par Jeff Bezos et sa nouvelle épouse Lauren. Non, pas Mackenzie Scott, l'une des plus importantes philanthrope de l'histoire moderne, le chauve fondateur d'Amazon qui limoge quand ça se syndique, et son épouse en plastique. Bezos & Bezos ont financé par le biais de commandites d'Amazon, mais aussi d'ami(e)s entrepreneur(e)s. Ce type de commandite privée a fait naître toute sorte de manifestations anti-gala, et plusieurs célébrités se sont aussi fait très public en disant qu'ils ne s'y présenteraient jamais. Il ne faudrait pas se surprendre de ces critiques qui fleurissent.
Il n'est pas anormal que, face à l'un de évènements prétendus "culturels" devenant monument d'honneur pour les milliardaires et leur "influence".
L'inconfort autour de tout ça est plus important qu'il n'y parait.
La culture n'est jamais simplement la culture. La mode, n'est jamais simplement la mode. Un gala n'est jamais simplement un party. Ce sont des symboles et des signaux. Ce sont des déclarations sur qui formera la vie publique. Et de plus en plus, toutes les institutions au continent sont subtilement "achetées". Toutes par la même poignée de gens. Des médias. Du monde politique. Du sport. De l'exploration spatiale. De l'intelligence artificielle. Des salles de nouvelles. Des plateformes de réseaux sociaux. Et maintenant, de la mythologique l'esthétique de la culture elle-même.
Si le gala du Met a déjà été vendu comme une célébration de l'art et de l'imagination, de nos jours, l'évènement coûte plus cher par table que le salaire annuel de la majorité des citoyens des États-Unis. Qui sont 350 millions. Ces souscriptions sont signées des mêmes faces qui représentent les grandes corporations. Qui accompagnent le pédoprésident dans ses délires. Qui le conseillent sur les taxes. Ces même corporations qui ne paient pas leurs employés ou en abusent. Ou sabotent leurs syndicats. Ou réussissent à extraire chaque once mesurable d'humanité chez les travailleurs exploités.
Le symbolisme devient alors impossible à ignorer. Et cette tension fait naitre des manifestations. Pas parce que soudainement les déjà-trop-incultes Étatsuniens détestent soudainement les arts ou parce que les gens jalousent la beauté. mais parce que le grotesque s'expose quand on voit l'extrême richesse essayer d'incarner la sophistication. Particulièrement présentement alors que leur président fait couler son pays et que la plupart des Étatsuniens moyens n'arrivent plus à obtenir de stabilité dans la vie.
Avant qu'on me bombarde en me disant "Qu'au moins, ça ramasse des sous pour le musée", je ne le nie pas, bien entendu, ça fera du bien. On dit même des records d'entrées financières. Mais la vérité est si devenue difficile à décerner aux États-Unis...Surtout dans les chiffres.
Mais ceci fait poser une question plus profonde et plus sombre aussi. Pourquoi l'art public survit de plus en plus par le mécénat des méga-riches ? Une société en santé finance sa culture parce que la culture enrichit son peuple. Une société malade attends que les gens riches la commandite. Comme les nobles des temps médiévaux payaient leurs peintres, musiciens, et gens d'esprit, pour leur cathédrales, le roi ou la reine. C'est du parrainage. Pas de la culture. Et certainement pas de l'art. Le danger du parrainage est simple.Les gens qui financent la scène, commencent à se donner le droit de réécrire les scripts. Et voilà pourquoi l'histoire est toujours plus importante que la robe du tapis rouge où on se demande comment elle va aller à la salle de bain, celle-là.
Les États-Unis de 2026 se développe, sans le cacher, une monarchie autour d'un roi Ubu, qui ressemble à une nouvelle aristocratie où la richesse n'achète plus seulement le confort, mais achète aussi le contrôle narratif. La légitimité culturelle ou l'accès politique. L'influence mercantile. Inhumaine. L'isolation morale ne fait pas seulement faire posséder aux riches des choses précieuses ou des trophées de chasse. Ils contrôlent de plus en plus l'atmosphère. À coups d'asphyxies. Et de laisses.
Voilà pourquoi l'inconfort désarçonne. Pas parce que les gens jalousent le glamour. Mais parce que profondément en soi, on voit EUX et NOUS. Dérivant vers quelque chose contre lequel on s'est fait prévenir toute nos vies. La concentration des pouvoirs et les prédateurs au sommet. Si immense que la vie publique elle-même ne fait qu'orbiter autour de la richesse privée.
Quand une nation commence à confondre l'oligarchie et la méprendre pour de l'aspiration, la démocratie commence à s'habiller pour ses propres funérailles.
Aucun commentaire:
Publier un commentaire
Certaines Conditions S'Appliquent:
Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)