jeudi 8 janvier 2026

Zombies

En septembre et novembre 1975, David Bowie vient de terminer son travail sur le tournage du film The Man Who Fell to Earth. Pour avoir la silhouette d'une créature prétendue de l'espace, il ne se nourrit que de piments et de lait. Consomme aussi de large montagnes de cocaïne parce qu'elle est très disponible dans le Los Angeles de l'époque. Et ça coupe l'appétit. Il est hanté par des crises de panique qui lui font croire de manière paranoïaque que le guitariste de Led Zeppelin Jimmy Page, formation au sommet de son art alors, le terrorise de magie noire. En fait sa petite pute personnelle et le persécute. L'a ciblé pour le torturer comme une sorcière qu'on aurait voulu chasser de L.A. Bowie se convainc aussi que des sorcières lui volent son semen, la nuit. Paranoïa de junkie.

Cette année là, Bowie a déjoué toutes les attentes en proposant un album qu'il qualifie de "plastic soul", inspiré de la musique soul, funk et Motown à Philadelphie. Il a fait la découverte de Carlos Alomar, qui a joué avec James Brown, et avec Carlos, et Earl Slick avec lequel il avait travaillé sur le même album (et le précédent, Diamond Dogs). Ensemble, ils feront quelques sessions avec le producteur Harry Maslin, qui lui, s'inquiète de la frêle silhouette du chanteur, (il ne pèse alors que 80 livres) mais le trouve hyper concentré quand vient le moment de zoner sur la musique. Il concoctera un formidable album de seulement 6 morceaux dont la chanson titre et d'une durée de plus de 10 minutes. Et dont la dernière reste une de mes préférées à vie.

Il ne fait aucun doute que tout est excès dans la vie du maigre duc blanc, alors. Ce personnage avait été créé dans un élan théâtral en tournée et se présentait comme froid aristocrate pâle aux cheveux lissés, en débardeur noir sur chemise blanche, émotivement distant, sévère, mais élégant. "a very nasty character" dira Bowie de lui-même, qui se trouvait mentalement dans la pire place possible de son vivant. Absence de chaleur, d'empathie, détaché de la nature humaine, Bowie disait vouloir présenter ce qu'il y avait de pire de l'Homme et poussera jusqu'à l'occultisme nazi dans ses excès. Il voulait se montrer mal humain.

 Jamais, dans sa carrière, il ne sera plus absent mentalement. Confessera-t-il dans le futur. Le maigre duc blanc s'incarnait pour vrai. Bowie est mort en janvier 2016. Il y a 10 ans, dans deux jours. Jamais il n'aura connu une planète avec l'erreur présidentielle aux États-Unis, au pouvoir. Erreur survenue 9 mois plus tard, une première fois. Il ne devinait pas que le mal humain prendrait forme à l'automne 2016. Au sommet des USA. 

J'ai questionné ma planète cette semaine. Me suis demandé si j'étais sur la bonne. Je voyais un homme dément dire sans rire qu'il refuserait de laisser celle qui a non seulement gagné les élections de 2018 au Venezuela, mais qui a aussi gagné le Prix Nobel de la Paix dernier, Maria Corina Conchado, il ne la laisserait jamais, dis-je bien, gouverner son propre pays, parce qu'elle avait accepté le Prix Nobel qu'il aurait dû gagner. 

J'ai d'abord cru que c'était un titre du journal satirique The Onion.  

Puis, Maria, déjà confuse dès la réception du Prix Nobel en dédiant son prix au président des États-Ennemis, a ensuite dit  par la télévision que si elle prenait le pouvoir, elle lui donnait plein contrôle du pétrole et lui ferait faire des trillions de profits, pour finalement lui proposer d'échanger son prix Nobel au président des États-Unis contre le pouvoir qui lui revenait depuis 2018. 

Je ne croyais pas aux Zombies. 

Maintenant, oui. 

Décérébrés. Morts vivants. Morts par en dedans. 

 La Prix Nobel 2025 est morte par en dedans. 

Celui qui le veut tant ce prix, pas assez mort, encore.

Jamais plus mort ne m'ont semblé les États-Unis. Le rêve Américain en est devenu un car il faut dormir pour penser le vivre. 

David Bowie aurait eu 79 ans aujourd'hui. Le même âge que le dément président des États-Unis.

Son 10e album, un chef d'oeuvre selon moi, aura 50 ans dans 15 jours. 

Des fois, depuis 10 ans, j'ai l'impression de vivre sous les effets secondaires de la cocaïne.  

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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)