jeudi 17 juillet 2014

Blonde et Idiote Bassesse Inoubliable***************Turn on The Bright Lights d'Interpol

Une fois par mois, un très très personnel musée sonore des albums qui ont su charmer mes oreilles au travers des années et qui le font toujours malgré le passage du temps, vous sera offert sur ce site.

Habitués de ce blogue, vous savez que je suis très très intéressé par la zizik, forme de voyage facilement accessible et à peu de frais.


J'ai baptisé mon catalogue sonore d'incontournables de quatre mots tirés d'albums dont je ne causerai pas, conscient de l'avoir déjà fait ici trop souvent. Ils sont tous les 4 mémorables pour moi en ce sens qu'Ils ont tous les 4 changé ma vie à leur façon. Ces quatre disques sont dans mon ADN, j'en connais chaque son, chaque accord, et ils me transportent encore de manière inexplicable dans des endroits continuellement nouveaux même si les notes restent inchangées. Ils atterrissent tout simplement à des lieux différents selon la météo mentale et physique des saisons.


Blonde" pour Blonde on Blonde de Bob Dylan.
"Idiote" pour The Idiot d'Iggy Pop.
"Bassesse" pour Low de David Bowie.
"Inoubliable" pour The Unforgettable Fire de U2.

Par ordre de création.

Blonde et idiote bassesse inoubliable c'est aussi B.I.B.I. c'est à dire moi.


C'est aussi la terminaison du mot habibi quien dialecte irakien veut dire Mon amour.

Blonde et idiote bassesse inoubliable c'est également parce que ça pourrait évoquer une maîtresse, une erreur commandée par une appendice précise du corps.

Ce que le musique est très souvent.

Quand elle reste inoubliable pour les bonnes raisons.

TURN ON THE BRIGHT LIGHTS de Interpol.

New York a toujours été une fascination pour moi. Les gens qui en sont issus (Woody Allen, Lauren Bacall & Humphrey Bogart, Steve Buscemi,  les Talking Heads, Lou Reed, Warhol, John Cassavetes, Scorsese, Larry David, Seinfeld, Maggie Gyllenhaal, De Niro & Keitel, Jimmy Kimmel, Bridget Fonda, Stanley Kurbrick, les frères Marx, Eugene O'Neill, Pacino, Sonny Rollins, J.D.Salinger, Michael Tolkin, Michelle Trachtenberg, John Turturro, Christopher Walken, Edith Wharton) me plaisent généralement et pour avoir visité la ville à plusieurs reprises, la ville et ses habitants me plaisent tout autant.

Grand marcheur, je marcherais tout New York, tous les jours.
Les obèses n'y existent pas d'ailleurs, c'est une ville trop active, seuls les policiers et les touristes sont gras à New York. 

Quand j'ai découvert le son de Paul Banks, Dan Kessler, Carlos Dengler et Sam Fogarino, j'avais trouvé la musique pour accompagner mes marches. 


C'était à l'automne de 2002. Je travaillais alors dans le domaine de la musique, j'avais donc accès à des nouveautés avant la plupart des gens. Et Interpol, avec son son entre Joy Division et The Chameleons m'a aussitôt charmé. 

Sombre, peut-être, mais musicalement trrrrrrrrrrès agréable pour moi.

Le bassiste Dengler a quitté faisant du quatuor qui compte 4 albums, un trio. En première partie de U2, ce band me fera un honneur immense en jouant avant un autre de mes bands préférés, et m'offrir du coup un de mes meilleurs shows à vie.

Bien que leur meilleure chanson soit sur le second album, et que plusieurs autres de ce second album soit fortement mémorables, c'est encore le tout premier qui donnerait la couleur du band. Un band qui fait composer vraiment ses 4 membres, comme U2, sans la célébrité.

Il fallait être légerement baveux pour offrir comme tout premier morceau une chanson sans titre et composée de seulement 9 lignes, dont 4 seront différentes les unes des autres. Mais ce son, me rappelant The Church en 1988, m'a tout de suite happé dans leur toile sonore.

Chanson très triste sur l'amitié et la mort d'une amie, cette excellente pièce fût le premier extrait envoyé aux sourdes radios et elle fût écrite à la mémoire d'une amie du band, mannequin, décédée trop jeune. 

La troisième chanson porte les initiales de la ville qui les as fait naître. C'est aussi le second extrait envoyé aux radios. Plus léger, puisque le premier avait semblé intimider les diffuseurs. Même échec commercial.

La chanson suivante n'a rien à voir avec la Place-Des-Arts même si elle en porte les initiales. Il s'agit plutôt d'un raccourci pour Public Display of Affection. On y parle de séparation et d'amertume. Troisième extrait pour les radios. On tend l'oreille cette fois, ce band promet "d'ouvrir les lumières" mais propose le contraire de la luminosité. Intéressant.

Say Hello To The Angels est le dernier extrait envoyé aux radios et un excellent riff de Kessler. Sexuellement morbide musique versée dans un ton punk, commençant même par une référence à la masturbation. Osé.

8 lignes encore. Un feeling. Il est au resto. Il se sent moche en raison de quelque chose. Vous savez quand tout dans la vie semble vous soutirer une émotion. Prendre l'autobus, regarder les gens dans les yeux, se commander un café, trouver une mouffette morte dans la rue. L'homme est un serveur, le chanteur, un homme triste et seul. La chanson est belle mais brumeuse. Je la trouve fameuse.

Toasting snow? quelle belle image! La chanson Obstacle 2 avec sa structure constructiviste me plait beaucoup. Vers 2 min.30 j'ai même quelques frissons. Qu'a ce second obstacle de plus que le premier? Le même sentiment d'asphalte là où on croyait trouver de l'herbe.

Chanson inspirée d'Othello à propos d'un homme aimant une femme si fortement et de manière si déséquilibrante qu'il se trouve "forcé" de la noyer. Edgy. Torturé. Dangereux. Comique cette petite intro du titre en ouverture de la part de Banks. Peut-être pour désamorcer le choc de l'histoire qu'il s'apprête à nous chanter.

La neuvième chanson est une réféfence à Jack the Ripper. Interpol est d'un romantisme... (bright lights!) Kessler se compare favorablement à The Edge là-dessus à la guitare.

La chanson suivante est toute en vulnérabilité. Banks chante posément mais reste tout en faiblesse face à une amoureuse dont il sent l'avantage psychologique et dont il s'inquiète de son utilisation face à lui. Il y a différents niveaux d'intensité dans les paroles, dans le ton de la chanson aussi. Au début paisible, puis avec une guitare triturée en fin de morceau. Intéressante utilisation de la base de Dengler.

Leif Erickson était un explorateur islandais, le premier européen à explorer des terres de l'Amérique du Nord et plus particulièrement ce qui deviendra Terre-Neuve. La chanson n'a rien à voir avec lui sinon que le clavier sonnait "viking" aux oreilles de Banks qui en a choisi le titre.

Leur cinquième album, El Pintor sera lancé en septembre prochain.

Pour amateur de New York, de guitares, de sons sombres, de musique indépendante, de rock post-punk, de voix gothiques, de musique de béton, de Joy Division, de brume, de mélancolique.    






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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)