lundi 18 avril 2011

Kin Coach!

J'ai réussi, en utilisant le bon vieux "Jones charm", à trouver un endroit où on pouvait enfermer 13 jeunes hockeyeurs pré-ados pour qu'ils puissent se tirer au fusil laser dans le bonheur.

Ce que j'ai vite réalisé toutefois c'est à quel point le site de l'endroit avait quelque chose de plutôt inconfortable...

Non, il ne s'agit pas d'un endroit exclusivement réservé aux filles et pourtant si vous remarquez bien des 50 photos en page d'ouverture, 49 sont des photos représentant des jeunes filles...Toutes mineures.

La 50ème n'est pas un garçon mais bien une photo d'accessoire d'arcade.

En cliquant sur le segment "photos", on tombe sur 44 autres photos...de FILLES!!! Qui ont toutes l'air pas mal mineures aussi. Et des photos...enfin...

C'est moi qui ait l'esprit tordu ou?...

Je me suis donc rendu sur place afin de payer le dépot et de constater de visu ce à quoi ça ressemblait.

Du pré-ado qui suent dans le noir, ça pue en christ.

Et ceci vient d'un instructeur de hockey et d'un régulier de la selle qui s'y connait en terme de mauvais parfum. L'endroit sentait le moineau mort depuis deux semaines qui aurait pourri dans un endroit caché. Mais avec une odeur très publique. J'étais dans un line-up au comptoir où le suintant enfants attendaient pour reprendre toute les calories brulées en s'achetant des jujubes, de la slush, du chocolat ou du pop corn. Quand mon tour est arrivé, la jeune fille du comptoir m'a présenté son t-shirt extra-moulant.

"kessé?" m'a t-elle promptement demandé toutes montagnes pointées vers moi.
Je ne sais trop pourquoi mais mon cerveau m'a fait commencer ainsi:
"Zépourunepip DIMANCHE! le dépôt pour la reservation, on s'est parlé tantôt je crois"
"Ouais ouais monsieur Jaune..." a -t-elle mâché avec nonchalance.
"Mr. Jones oui."
"136,48$"
"Euh...c'est 13 garçons de 11, 12 et 13 ans...c'est correct hein?" lui ai-je demandé incertain du sexe des bebittes qui erraient autour dans la puanteur.
"Ben ouais, pourquoi?"
"Parce que votre site internet ne montre que des filles..."
Elle a aussitôt ri comme si elle en avait déjà parlé des milliers de fois entre collègues.
"Ouin, ça 'a pas rap..."
"C'est pour le gars aussi donc..."
"ouioui"
"Alors pourquoi juste des filles sur le site?..."
"J'sais pas c'est pas moi qui fait le site internet, monsieur Jaune..."

Quand est venu le dimanche en question (hier), les trois instructeurs avons retraité vers une petite salle pendant que nos joueurs se tiraient dessus dans le noir. Nous avions le but avoué de boire une bouteille de champagne à trois afin de célébrer notre championnat de saison (1er sur 17 équipes quand même!) nos deux tournois de gagnés et nos 4 finales sur une possbilité de 5 (la cinquième étant une cruelle demie-fnale). Toutefois 12 des 13 joueurs se sont présentés, nous avions donc un équipement supplémentaire. On a fait voter les joueurs sur lequel des trois instructeurs irait jouait avec eux à se tirer dans le noir.

Pour une raison que je m'explique pas complètement je suis le préféré des joueurs, j'ai donc été choisi. Le temps d'enfiler ma veste avec sa cible au milieu (à contrecoeur, boire est tellement plus divertissant) un parent est venu me voir.

À l'entrée du territoire de guerre, il m'a entretenu sur l'attitude déplorable de son fils cette saison. Il s'est multiplié en excuses disant à maintes reprises, "C'est un enfant gâté qui n'écoute pas beaucoup les ordres ou les recommandations, il va toujours faire ce qu'il veut, ce sera un patron un jour, un dirigeant" Il était passablement confus dans ses propos. Il commençait ses phrases comme des mea culpas mais les terminaient avec une fierté non dissimulée. De toute évidence c'était son fils le boss de la maison. Pendant qu'il me jasait, les jeunes avait remarqué que j'étais debout, habillé en joueur, sans jouer et n'ont jamais cessé de me me tirer dans le ventre pendant que je m'entretenais avec monsieur Charbonneau.
"Kin Coach!"
"Kin Coach!"
"Marci Coach!"
Quand notre conversation fût terminée, c'est le père d'un autre enfant, monsieur Toretti, qui est venu me parler des rêves de ligue nationale qu'il carressait pour son fils. Un gentil mais très lâche garçon. M.Toretti quand il commence, il ne s'arrête tout simplement plus. C'est un travailleur de nuit qui, de jour, a besoin de parler sans cesse, que l'on écoute ou non. Tant qu'il vide son trop plein. Son fils est comme ca aussi. Il a passé toute l'année aux bancs des punitions.  Je ne sais trop comment on s'est rendu de son fils à la série Montréal/Boston mais après un temps je n'écoutais plus. Je n'entendais de toute facon que:
"Kin Coach!" suivi du petit bruit bête qui dit que vous avez été touché. Un bruit qui rappelle un évier qui se vide ou un petit rot. C'est peut-être pour ça que ça pue. Ce sont peut-être de vraies éructations.

Faisait chaud quand même et avant de pouvoir investir le territoire de guerre et affronter les ti-culs, la mère de Willy Wonka, un de nos bons patineurs, Sabine, est venue me voir. Elle m'aime beaucoup Sabine. Quand elle me parle, elle me parle longtemps, avec des fleurs dans les yeux. Et c'est moi le bon patineur quand les deux autres instructeurs me font des blagues grivoises après mes entretiens avec elle. Elle était là à me jaser de cet été où on ne se reverrait plus (et alors?), de ce chalet où elle aurait aimé m'inviter (elle est récemment divorcée), de ces cours de ski nautique que j'aurais pu lui donner...  
Kin Coach!
Kin Coach!
Kin Coach!
Kin Coach!
Un pré-ado est venu prendre en photo Sabine, habillé comme une pré-ado anyway.
"C'est lui le gars du site internet" m'a lancé la fille du comptoir au loin.

J'ai pas eu le temps de le rattraper mais j'ai bien vu que c'était un pré-ado lui-même.
Kin Coach!

Kin Coach!
Kin Coach!
Kin Coach!
M'ont tiré dans le dos.

Quand le classement est sorti sur le petit moniteur j'étais dernier avec 212 hits contre moi. Zéro en ma faveur contre un adversaire. Mon plus proche rival avait 11 hits contre lui.
Dans le local où on devait remettre des trophées aux petits gars, deux instructeurs saoûls comme j'aurais rêvé de l'être.

Au moins les ti-boys ont trippé.
Étrangement je puais pareil.
Ma photo ne sera pas sur leur site (plein de fôtes)
Peut-être celle de Sabine.

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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)