samedi 6 avril 2024

Dune, Dune, Dune, & Dune

Le matériel source: 

Écrit sur 3 ans par Frank Herbert entre 1963 et 1965, le livre de science-fiction sera culte. Il raconte (en 5 suites aussi) la société interstellaire où un jeune Paul Atreides et sa famille acceptent l'intendance de la planète Arakis, largement désertique et dont l'épice secrète alimente les capacités et habiletés mentales de tous et chacun. Politique, religion, écologie, technologie et émotion humaine, Herbert, avec son premier roman, The Dragon in the Sea, avait anticipé les dérèglements climatiques. Avec autant d'intelligence, dans Dune, il déploie les courroies du pouvoir entre contrôle de la planète Arakis et gestion des épices qui s'y trouvent. Une allégorie qu'on pourrait facilement trouver pétrolière. 

Influencé par T.H.Lawrence et ses élans messianniques et mystiques, Herbert discutant du futur du Nord de l'Afrique avec un autochtone, devenait pessimiste et incertain du sain développement des lieux. L'autochtone lui faisait réaliser que l'Afrique du Nord pourrait être englouti de dunes un jour. Herbert y était alors pour un reportage dans un magazine sur les dunes. Herbert s'est aussi beaucoup inspiré pour son arc narratif de Lesley Branch qui racontait le conflit musulmano-russe du milieu du 19ème siècle dans The Sabres of Paradise, en 1960. 

Herbert a aussi confessé avoir beaucoup expérimenté avec la psilocybine qui l'a placé sous influence et qui lui a donné toutes sortes d'idées comme ce ver des sables qu'il a vu dans ses "voyages" personnels. 

Dune présente comment les humains et les institutions peuvent changer avec le temps. Comment l'évolution et la régression marchent parfois côte à côte. Herbert est né en 1920 et est décédé le 11 février 1986, à l'âge de 65 ans, suite à une chirurgie tentant d'enrayer un cancer du pancréas.

La première adaptation cinématographique:

D'abord offerte à David Lean, qui après tout avait fait du chef d'oeuvre du désert, les droits appartiennent à un producteur qui les as jusqu'en 1974. Mais ce producteur décède en 1973, ce qui libère aussi Lean du projet. Alejandro Jodorowski développe beaucoup de visuel avec une fameuse équipe et Ridley Scott est aussi, un temps attaché au projet d'adaptation. Mais le premier est trop "spatial" lui-même et le second fera à la place, Alien, suivi de Blade Runner. Pas mal quand même. 

Arrive David Lynch, qui a connu un certain succès avec The Elephant Man, mais surtout, qui n'a pas assez d'ego pour contrer les envies des producteurs. Ce sera le gros problème, les producteurs. L'un d'eux est Dino de Laurentiis et il confie à sa fille Rafaella, la majeure partie de la production. La consigne est claire, on ne devra pas défoncer le budget et rentrer dans son argent. Tout sera cheap, et ça paraitra dans les effets spéciaux qui ont mal vieillis. Mais la distribution est fameuse et surtout internationale. 

Francesca Annis, Kyle MacLachlan, Leonardo Cimino, Brad Dourif, Virginia Madsen, José Ferrer, Linda Hunt, Freddie Jones, Richard Jordan, Silvana Mangano, Everett McGill, Kenneth McMillan, Jack Nance, Sian Phillips, Jürgen Prochnow, Paul Smith, Patrick Stewart, Sting, Dean Stockwell, Max von Sydow, Alicia Witt & Sean Young.

La cinématographie est tournée par l'excellent Freddie Françis, avec lequel Lynch venait de tourner pour The Elephant Man, mais l'une des vraies vedettes de ce film est la direction artistique. C'est un film qui ne fonctionne pas narrativement car les producteurs ne voulaient pas plus de 2h17 de durée, mais le voyage est formidable à mes yeux. Même si au box office, il n'a pas rempli les promesses voulues. Le film est entièrement entré dans ses frais, mais on est resté déçu du résultat final. Lynch le premier se jurant de ne plus jamais faire de films avec les grands studios ou sans avoir le dernier mot sur le montage final. Personnellement, j'adore encore. Parce que Lynch, il me rejoint entièrement, entre autre. Le film sort en 1984. J'ai acheté le Blue-Ray. L'art peut toujours te parler, même en restant absurde. Lynch réussit avec moi ainsi. 

 

La seconde adaptation cinématographique:

Après avoir tourné une suite passablement réussie de Blade Runner, le réalisateur Québécois Denis Villeneuve a le feu vert pour adapter et tourner, en plus d'un film, rien de moins, une nouvelle version de Dune, couvrant davantage de l'univers d'Herbert. 

Dès 2016, il confessait avoir le rêve d'adapter ce livre culte au cinéma. Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde, la patronne de Legendary Pictures lui a proposé de réaliser ce rêve en deux films. Ce qu'il a fait présentant la première mouture en 2019. On peut nettement voir qu'il est amoureux du contenu et le connait superbement bien. Il arrive même à "transformer" (pas tant que ça, c'était là aussi), l'allégorie du film en critique du capitalisme. Villeneuve tenait absolument à faire de ses deux films des récits initiatiques. C'est, pour ma part, si réussi, que j'ai aussi acheté après avoir vu en salle à sa première. 

On y couvre narrativement à peu près la moitié du premier tome. C'est visuellement époustouflant.

Le dernière adaptation cinématographique:

Mes vendredis sont des horreurs. Je l'ai souvent confessé ici. Mais en même temps, j'étais beaucoup trop excité par la sortie du second volet de "D'nni Villenoof", le vendredi 9 février dernier quand son second film a été lancé en première et me suis faufilé dans la foule de Montréal qui allait y être. 

La fatigue accumulée de ma semaine + mon vendredi fou habituel, j'ai été con d'aller voir un film dans une telle foule, un film aussi long. J'ai plusieurs fois lutté contre le sommeil qui m'attaquait. Pas parce que le film m'ennuyait, parce que mes batteries mentales déchargeaient à grande vitesse. 

J'avais besoin d'épices. Je ne croyais pas avoir dormi en visionnant le film, mais quand j'ai vu que Christopher Walken s'y trouvait, ce que j'avais complètement oublié (dormi ?) j'ai sacré.

J'ai assurément dormi christ. Je me rappelle avoir trouvé que la Femme n'était pas que décorative dans ce film et que oui, ça, c'est le futur. Je me rappelle également que je trouvais qu'il y avait une certaine poésie dystopique. Ça m'a aussi ravi.

Je me rappelle finalement que le film m'avait semblé plutôt un pont vers un troisième.

Dune Messiah, annoncé pas plus tard qu'avant-hier. Et que "Villenoof" tournera aussi.

Je devrai donc le revoir.

L'acheter aussi. 

Ouais, vais l'acheter pour compléter mon petit lot Blade Runner, Blade Runner 2049, Dune(Lynch), Dune (Villleneuve) Dune Part II (Villeneuve).

...et Dune Messiah peut-être un jour. 

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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)