lundi 21 novembre 2016

Prendre des Décisions (et Faire Tant de Mal)

Cette chronique sera un autre long soupir.
(Il me semble vivre dans un éternel soupir depuis le 8 novembre)

Des femmes, dans les logements universitaires de l'Université Laval, sont agressées sexuellement sur plusieurs nuits et dans plusieurs chambres. L'Université gère les communications sur les tristes événements plutôt gauchement et le mercredi suivant, une vigile se créé afin de donner du poids aux allégations et pour faire unité dans la lutte contre la culture du viol.

Parmi ces gens qui se rassemble, Alice Paquet, que l'on convaincra de prendre le micro afin de parler d'un cas personnel.

"J'ai été violée. Par un élu qui a un siège en chambre. Qui prend des décisions"

C'est filmé par quelqu'un sur place et diffusé sur les réseaux sociaux. Puis récupéré par la télé et la radio. Ce sera partout. Alice ne sera plus anonyme. Elle ne sera plus une victime. Elle a été violée. Au moins deux fois. Les deux fois dans une chambre d'hôtel. Elle a eu besoin de points de suture tellement ce fût violent. Un médecin lui a fait passé la trousse médico-légale, nécessaire en cour pour les cas de viol. On lui a dit d'aller voir la police. Elle a alerté la police mais rien n'a suivi. La police lui a dit que si elle tentait de s'en prendre à un élu, elle n'aurait aucune chance de gagner sa cause.

Alice sera de toute les tribunes pendant deux-trois jours. On se demande pourquoi elle a été pas une, mais DEUX fois dans une chambre avec un homme marié. Après une soirée dans un resto-bar en sa compagnie la première fois, la seconde fois c'est plus vague. Le brouillard s'installe...

Les points de suture sont finalement une invention. Mais il a été violent.

Elle a alerté la police, mais jamais celle-ci ne lui a recommandé de ne pas poursuivre ses démarches contre le député. L'enquête à été démarrée selon les règles de l'art et c'est plutôt l'entourage d'Alice qui lui a suggéré de laisser tomber pour les raisons évoquées plus haut. Quand la police lui a donné rendez-vous, elle leur a posé un lapin. Mais cet homme marié, quand il lui a touché le corps, était nettement trop agressif.

Le député en question est non seulement retiré de son parti politique et assis sur les bancs d'en arrière, comme indépendant, mais on découvre que par le passé, il a joué un petit rôle dans un film avec des amis où, bien que ce ne soit qu'un rôle, rien ne joue en sa faveur.

"J'espère qu'il paiera pour ça. Je n'arrive pas à croire que cet homme ait encore le droit de prendre des décisions!" dit Alice Paquet.

Mais c'est soudainement dans les décisions passées d'Alice qu'on est plongé.  On découvre qu'elle aurait peut-être déjà été prostituée. Elle a, en tout cas, déjà été présentée comme telle dans une conférence, comme une ex-prostituée. Et a parlé en leur nom. Ça ne serait en rien admissible en cour, si jamais cela s'y rendait, mais ça jette soudainement une nouvelle lumière sur 2 rencontres dans une chambre avec un élu. Si c'était à titre de prostituée engagée, ça change un peu les choses. Mais ne justifie toujours pas la violence du député à son égard.

On suggère à Alice de se retirer des tribunes parce que justement, les choses changent un peu trop.

Mais elle lance quand même une phrase fatale sur Facebook: "pour ce qui est des points de suture, je suis revenue sur mes paroles, oui c'est dans mon droit de nier ou d'acquiescer".

Cette logique de bottine qui affirme une chose et son contraire fait mal.

Surtout qu'elle suivait un autre propos tout aussi Facebookien qui disait : "je n'ai pas dit non, mais ne rien dire n'est pas un consentement", propos encore plus dommageable parce que là, la brume devient totale. Si totale qu'on lui a suggéré de l'effacer, ce qu'elle a fait.

Ne rien dire n'est ni un "oui" ni un "non".
C'est ne rien dire. Se bâillonner.

Mon ami se fait battre à mes côtés, je ne dis rien et ne fait rien.
Je suis impliqué.
Ma décision de ne rien dire et ne rien faire lui fera mal autant à lui qu'à moi.
Ne rien dire c'est beaucoup plus souvent être impliqué que le contraire.

Je-n'ai-pas-dit-non sont 5 mots qui tuent sa cause.

Puis, on découvre la semaine dernière qu'Alice ne s'est jamais fait offrir la trousse médico-légale.

(soupir!)
Ça en fait des menteries, ça Alice.
On ne voit plus une victime, on voit une actrice.

Peu importe ce que l'on découvrira sur le député c'est à la base inexcusable. Il est papa, il est époux. Voilà 3 victimes collatérales qui en resteront terriblement meurtris.
Le député est maintenant ripoux. Et pour juger de sa brutalité, faudra tracer une ligne dans le vrai du faux.
Il y a beaucoup de faux dans tes mots.

Ce qui est aussi inexcusable c'est d'avoir tronqué les faits. Tu as perdu ta cause, Alice.

Je t'ai d'abord défendu, voulant tellement te croire.
Parce que ces choses arrivent et ne doivent plus se reproduire.

Je t'ai d'abord dit que tu n'étais pas seule.

Mais cette fois je te souhaiterais si seule à tricher la vérité de la sorte.

C'était de mauvaises décisions.

Qui font un mal énorme.

Aux femmes violées d'abord.
Que tu es peut-être.
Mais tu y a mis tant de fumée...

La culture du viol doit absolument être étouffée.

Mais pas comme ça.
Avec du vrai.

On verra Alice Paquet comme candidate dans Un Souper Presque Parfait toute la semaine sur V entre 18h30 et 19h00 à partir de ce soir. C'était pré-enregistré avant tout ça.

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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)