samedi 12 mars 2016

Ostracisme Social Pour Sara

(à A.L.)

Rihanna jouait du canard à la radio. Le contexte se prêtait donc bien à la médiocrité.

Voilà pourquoi la soeur de Sara craqua pour les avances d'un jeune policier, qui, pour ajouter l'insulte à l'injure. arborait la moustache.

Sara et sa soeur Laura Bracadabra avaient passé les samedis des 8 dernières années ensemble. De leur 20 ans à leur actuels 28. Mais ce samedi là, Laura avait une soirée de prévue avec un jeune homme. Puff O'Frooee, un irlandais bouffi, policier de la ville de St-Clair.

Sara se retrouvait donc toute seule. Évachée comme seule une jeune femme peut l'être après une dure journée au travail, elle feuilletait les magazines qui lui rappelait sans cesse que si elle était prisonnière dans des portes tournantes en compagnie d'une belle femme, on sauverait la belle femme, car elle correspondrait davantage aux critères de la sociétés et à ses valeurs qui la jugerait utile sur de simples principes esthétiques.

Sara se rappela qu'elle avait connu un ami ainsi qui avait hérité de tous ses jobs, simplement parce qu'il avait une belle tête, avec pourtant bien peu dedans à offrir à autrui.

Sara ne voulait pas penser comme cela, mais elle honnissait un peu sa soeur. Comment pouvait-elle lui faire cela, un samedi soir, alors qu'elles avaient toujours passé ces soirées-là ensemble, à écouter Un Souper Presque Parfait, qu'elles n'avaient jamais l'occasion d'écouter ensemble, ni en temps réèl, et qu'elles enregistraient pour mieux l'écouter en rafale les samedis soirs. (et sans pubs!), un bon verre de vin en main, tout en pratiquant la médisance sur les candidats en compétition.

Ce samedi-là, Sara maudissait cette jeune fille qui savait qu'un candidat la trouvait jolie, mais qui n'était nullement intéressée par lui. La salope, tenait tout de même à entendre pendant trois jours, des compliments de la part de celui qui espérait surement plus avec elle, mais toujours avec le but de ne donner aucune suite à ses avances.

Sara aurait voulu que sa soeur, Laura, fasse de même avec son policier. Qu'elle le rejette.  Elle n'aurait pas juger la candidate toute seule à siroter son vin, toute seule. À deux, une bouteille se répartissait bien, mais seule, Sara était saoûle en moins de 4 coupes. Et la bouteille lui en avait fait boire 6. C'est l'oeil croche et le pas d'un équilibre incertain que Sara se rendit à la salle de bain pour y prendre du sirop, car elle avait aussi, pour rendre la soirée merdique à souhait, une mauvaise toux. Ne trouvant pas ses lunettes, elle ne pu pas lire le dosage de sirop à prendre et bu directement au goulot. À l'instinct. Sara fonctionnait beaucoup à l'instinct.

Comme elle toussait encore lors du dernier épisode d'Un Souper Presque Parfait où la jeune fille qui encourageait son Roméo à lui dire de belles choses toute la semaine s'insurgeait comme une abrutie de voir que l'homme souhaitait aller plus loin dans leur relation (mais qu'envoie tu comme signe Connasse!!! se surprit-elle à dire à voix haute) elle retourna boire au goulot son sirop contre la toux. Ce qui non seulement ne la ralentit en rien dans sa toux, mais l'étourdit aussi davantage.

Elle tomba moins que s'effondra dans le divan du salon. Elle ne se souvenait pas quand, mais elle avait complètement changé de linge. Comme si elle sortait en ville.

"Tu te souviens de quand on avait commencé à fumer ensemble?" dit Sara à Laura.
Et Sara n'attendit pas de réponse, et sortit un paquet de cigarette qu'elle avait bien l'intention de fumer en ce samedi soir.

Mais elle ne pouvait pas avoir de réponse de toute manière, Laura n'était tout simplement pas à ses côtés. Elle flirtait avec un cochon. Sara la voyait à ses côtés, tel un mirage des 8 dernières années.

Sara était parfaitement ivre. Et c'est sans trop savoir pourquoi, probablement pour tromper la solitude, qu'elle se retrouvit soudainement dans un lieu public, un bar, situé au coin de sa rue, très fréquenté. toujours seule, mais au moins en groupe. Un groupe de gens seuls. Absolument tout le monde avait la tête penchée sur un téléphone intelligent ou se prenait en photo en selfie.

Sara était ostracisée de toute part. Elle aurait voulu crier pour dire qu'elle existe et qu'elle méritait qu'on s'intéresse, un temps soi peu, à sa personne, mais elle n'avait pas ce qu'il fallait (selon les magazines) pour se rendre intéressante sur cette planète. Il lui fallait autre chose. Un humour peut-être. Une coquetterie dans l'oeil. Une coupe de cheveux audacieuse. Des cuisses de feu. Elle ne savait trop, Elle avait toujours eu de la difficulté avec les codes. Elle fonctionnait à l'instinct je vous dis.

Toutefois, son quelconque corps lui indiquait soudainement qu'elle avait une urgente envie de vomir. Bouteille de rouge toute seule, moitié de bouteille de sirop contre la toux (qui n'était soudainement plus un problème) et de la nicotine plein la gueule, c'était trop pour son corps-pas-assez-slim-pour-les-magazines.

Elle fonça vers la salle de bain, choisit la mauvaise devant la file traditionnelle à la salle de bain des filles, défonça avec urgence d'un coup de pied la porte d'une cabine qui assomma un pauvre bougre en train de couler un bronze, lui asséna un violent coup de poing qui le mis absolument K.O. et lui vomi sur l'ensemble du corps, toujours assis sur le trône.

Au moins 9 fois, pendant que le pauvre garçon encaissait sa vomissure, inconscient.

Quand elle eût fini, elle se releva, s'essuya la mâchoire, et fit un fac-à-face avec quelques témoins, qui là, s'intéressait à elle.

"Ça va?"

"Oui, oui, je crois..."

"Pourquoi...pourquoi tu lui a pété la gueule?  tu le connais?..."

"Non, non...je crois pas..."

"Alors...alors étais-ce vraiment nécessaire de l'assommer une première fois avec la porte de la cabine avant de l'achever d'un coup de poing et de l'enterrer dans ton vomi?" lui dit le jeune homme.

"Si je te vomissais dessus pendant que tu fais un #2, tu ne voudrais pas me péter la gueule toi?"

Tous les témoins sur place dure accepter que oui, ils auraient bien voulu la torturer sur-le-champs.

"Alors voilà..."

Même parfaitement saoûle, Sara avait l'instinct vif.

Pourquoi restait donc-t-elle si seule alors?

Un jour elle aurait aussi son policier comme Laura.

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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)