vendredi 14 octobre 2011

Italienneries

La semaine dernière, avec beaucoup d'humour, un napolitain a imaginé la vie de Steve Jobs (rebaptisé Stefano Lavori (travail)).

 Si il avait été italien, quel aurait été son destin?

Dans son histoire, tout comme Jobs, Lavori et son partenaire d'affaires auraient eu des débuts modestes, avec pour bureau un garage familial. Comme Jobs, Lavori aurait des problèmes de toutes sortes, des hauts et des bas, principalement un frein bureaucratique gouvernemental italien comme il en existe des tonnes en ce moment. Là où l'histoire diffère davantage c'est que lorsque l'entreprise devient un méga-succès, la Mafia vient prendre possession des lieux, des profits, des affaires et bingo! Apple ne serait pas complètement le succès que les gens ont connu. Le ver ayant corrompu la pomme.

Si Jobs avait été italien, les italiens auraient bouffé le poulet avant qu'il ne puisse prendre son envol.

J'aime bien les italiens. Ils ont de l'égo, de l'humour, du style. Un incontournable auteur favori pour moi est italien. Un réalisateur cinéma aussi. Un chanteur. Deux.  Je les connais et les découvre de plus en plus à vivre là où je vis. Je les fréquente beaucoup malgré moi. Entre voisins. Il y a une épicerie où j'ai dû m'y prendre par trois fois pour demander où se trouvait la topenade d'olive car je ne savais pas le dire en anglais. Un des commis, m'a demandé sans rire si je connaissais le terme en italien. Quand je n'ai pas su, il avait l'air de me dire des yeux "ben là comment voulez-vous que je vous aide?". C'est dire, mon secteur...

Lamberto Tassinari vient de lancer un livre sur la possible citoyenneté italienne de William Shakespeare. Tassinari prétend en fait que Shakespeare n'était nul autre que John Florio, lexicographe et traducteur italien de Montaigne.

La biographie officielle de Shakespeare est pleine de trous. Il est toutefois impossible de cacher ses origines modestes et son manque de scolarité. Son passé est si obscur qu'il ouvre la porte à de multiples théories. Déjà dans les années 30 on disait que Shakespeare était en fait Christopher Marlowe. On a aussi avancé que Françis Bacon était l'homme derrière la plume de Shakespeare. Finalement on a prétendu que le comte Edouard de Vere était le vrai William Shakespeare. Mais chaque fois plus en boutade et sans réèlles preuves pour faire avancer la rumeur.

Mais John Florio? qui était-il? Né an Angleterre d'un père italo-juif qui était un intime de Jacques Ier, John Florio aurait forcément grandi dans un métissage culturel, linguistique et religieux. Une confusion qui est omniprésente dans toute l'oeuvre de Shakespeare. L'italophilie de Shakespeare est impossible à nier. Roméo & Juliet est un drame italien. De plus, Shakespeare maitrisait à la perfection tous les codes de la commedia dell'arte. Le jupon italien dépasse de partout dans les oeuvres de Shakespeare. Florio écrivait lui aussi en tant que lexicologue et traducteur. Se peut-il simplement que Florio eût influencé Shakespeare? Peut-être. Mais Lamberto Tassinari tasse cette théorie du revers de la main. Il prétend que, deux génies du genre qui auraient co-existés à la même époque et pratiquement au même endroit dans les mêmes sphères, relèverait de l'impossible.

Dans son livre, Tassinari place côte à côte plus d'une centaine d'expressions et d'idées qui sont reconnues pour être typiquement shakespeariennes. Il place à côté des phrases complètes de l'autre, reprises par Shakespeare, qui ont le même vocabulaire, le même style et la même étrangeté grammaticale. Shakespeare écrivait en effet un anglais non standard, souvent excessif. Certaines phrases seraient tout simplement les mêmes à quelques synonymes près.

L'utilisation massive de proverbes, les répétitions et les calembours, tout chez Florio a un parfum de Shakespeare. Tassinari est catégorique William Shakespeare était John Florio. Il était donc italien.

Le livre The Man Who Was Shakespeare vient de sortir en anglais. Il avait aussi été publié au préalable en italien. Aux éditions Giano. L'auteur se cherche une maison d'édition pour une version française.

Je suis prêt à le traduire de l'anglais au français, qui voudrait maintenant l'éditer?

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Parce que des enfants pas tellement doués pour l'expression francophone et frôlant la débilité pure se sont infiltrés sur ce site je me vois forcé de modérer les commentaires :)