dimanche 6 novembre 2016

La Mort de Tchaïkovski

Navigation dans les mythes.

Le corps de Walt Disney n'a jamais été conservé dans un bloc de glace. Il est décédé du cancer du poumon le 15 décembre 1966, et a été inhumé deux jours plus tard. Il avait toutefois dit à voix haute, au président de la California Cryogenics Society qu'il avait l'intention de se faire congeler le cadavre pour la postérité. Mais il ne l'a jamais écrit sur son testament. Quand le président de la CCS en a parlé, 6 ans après la mort de Disney, les gens ont compris qu'il avait fait appel à la cryogénisation, mais c'était faux. Disney fût en cendres.

Mais plus les gens ont prétendu qu'il était dans un bloc de glace, plus les gens l'ont cru. Et encore aujourd'hui, si on vous demandait de nommer trois choses de Walt Disney vous diriez probablement:

1-Dessinateur d'une galerie de personnage dont le plus célèbre est Mickey Mouse.
2-Idéateur d'une série de parc thématique d'amusement encore fort populaire aujourd'hui.
3-...Son cadavre est conservé dans un bloc de glace...

Nooooooooooot!
Mythe.

Un autre mythe qui tient la route est celui que le compositeur russe Piotr Ilyich Tchaïkovsky serait mort du choléra en buvant l'eau pollué d'un restaurant.

Rien de plus faux.

Il ne fait aucun doute qu'il s'est suicidé à l'âge de 53 ans en 1893.

Là où le doute subsiste. tout russe qu'il était, c'est à savoir si "on l'a suicidé".

Les empoisonnements russes sont une tradition ancestrale. Et si tel fût le cas, le frère de Piotr Ilyich, Modeste, les médecins qui ont traité Tchaïkovsky et quelques proches du fameux compositeur dans ses derniers jours, étaient dans le coup. Modeste, un homosexuel, avait de bonnes raisons de garder secrète, le secret de son frère, lui aussi homosexuel.

Dans une première version, on raconte que Piotr Ilyich avait eu une liaison avec le neveu du Duc Stenbock-Thurmor. Que celui-ci en avait eu vent, et que, scandalisé, il avait écrit directement au Tsar afin que celui-ci mette à mort le criminel des moeurs. En Russie, encore aujourd'hui selon Poutine, l'homosexualité n'existe pas. C'est un crime génétique et social. Des amis de Tchaïkovsky lui aurait fait part de sa future condamnation à mort et l'aurait empressé de boire du poison avant que la disgrâce n'entache la fin de sa vie. La controverse publique d'un héros russe international, avili par l'homosexualité était trop pour la Russie d'alors de toute manière. Il fallait fabriquer quelque chose avant que tout ça s'ébruite.

Une autre théorie veut qu'une lettre eût été envoyée à Modeste, frère de Piotr Ilyich, par les docteurs, afin de lui expliquer comment on meurt du choléra, afin qu'il rende tout ça publiquement crédible. Le dernier visiteur de Tchaïkovsky ayant été un ami avocat, laisse aussi croire qu'il y avait une logique judiciaire (punitive) derrière tout ça.

Toutefois, rien ne prouve que Piotr Ilyich n'a pas tout simplement commis un suicide. Il se savait homosexuel, attiré par les jeunes hommes, mais considérant la chose comme une réelle maladie, duquel il devait être guéri, et n'acceptant en rien ce trait de sa personne qui contaminait aussi son frère. Il souhaitait être "guéri" de cette faiblesse.  Des lettres de honte à ce sujet et de grandes périodes de dépression existent datant de 1891.

Tchaïkovsky a passé sa vie à cacher son homosexualité et il était facile de comprendre pourquoi. Peu importe ce que l'on raconte sur le climat de tolérance russe d'alors (ou d'aujourd'hui), la loi est claire sur le sujet: le châtiment est de coups de fouets en corde de bouleau, suivi de la déportation en Sibérie et de la perte des droits civils. Pas surprenant que Tchaïkovsky y soit aller d'un "birdie"(un mariage de paille pour confondre les sceptiques) en se mariant à l'âge de 37 ans. Il avait alors quitté sa femme, 9 jours plus tard, incapable de soutenir le mensonge plus longtemps. Dans des lettres découvertes chez Modeste après sa mort, on apprenait aussi que Piotr Ilyich l'empressait de faire la même chose (se marier) afin de ne pas semer le doute sur le nom Tchaïkovsky.

Il est facile d'imaginer un homme torturé par l'idée que la vérité éclate au grand jour.

Vous entendre beaucoup son plus célèbre ballet dans le temps des fêtes, comme à tous les Noël.
On l'annonce déjà à la télé.

Vous n'entendrez jamais la vérité sur sa mort.

Qui avait lieu dans un brouillard tout ce qu'il y a de plus russe, aujourd'hui, il y a 123 ans.
 



samedi 5 novembre 2016

Le Cas Kardashian qui Aurait Dû Faire Mieux

Kim Kardashian, vous connaissez? Tant mieux. Moi je ne connais pas beaucoup. Et du peu que je sais, je ne veux pas plus savoir. Elle semble incarner à mes yeux la régression de la femme à pratiquement tous les niveaux.

Elle n'est rien, sinon la fille d'un riche avocat qui a fait sa marque dans les années 90 en gagnant un procès perdu par une femme (justement) et qui aurait dû envoyer O.J.Simpson en prison pour toujours. Comme je vous dis, tout le nom Kardashian relie mon cerveau à l'échec féminin.
Le père décédé, on a jugé que la notoriété du nom suffisait pour en faire un sujet de télé-réalité, ça et le fait que maman Kardashian avait refait sa vie avec l'ancien athlète Bruce Jenner (devenue Caitlyn depuis), qu'elle et ses soeurs nageaient toute dans l'abondante richesse, qu'elles étaient sensiblement jolies, et qu'elles aimaient le montrer. Lourde, lourde, lourde superficialité au menu.

Il y avait matière pour en rire. Mais voilà. Les gens ont moins ri qu'admiré et envié.
Effet retors.
Et pervers dans tous les sens du mot.

Kim se montre nu ponctuellement un peu partout et la publicité à son sujet est son pain et son beurre.

Pas mon genre. Trop creux dans Superficiel City.

Melissa Molinaro vous connaissez? Née Melissa Ann Smith en Ontario, elle est chanteuse de petite envergure, actrice de petite envergure. amplement trempée dans Superfiel City elle aussi. Mais elle ressemble aussi à s'y méprendre à Kim Kardashian, dont l'image est connue partout dans le monde contrairement à elle.

La compagnie Old Navy a engagé Molinaro pour qu'elle incarne une jeune femme que l'on pourrait confondre avec K.K. pour une de ses publicités. L'équipe de Kim a choisi de poursuivre la compagnie pour "utilisation illégale" de son image. En aucun temps, Old Navy n'avait nié qu'il ne s'agissait pas de K.K., mais surtout, Kardashian est elle-même porte-parole (et propriétaire) de compagnies de linge et de souliers, ce qui pouvait entraîner une confusion certaine dans la perception de ses engagements auprès de ses commanditaires et de ses fans.

La cas semble simple, mais il est plus large que ce qu'à probablement compris Kim elle-même. Probablement concentrée, comme à l'habitude, sur sa propre personne, seulement.

L'utilisation de sosie peut être une business amusante pour le fan, mais qui peut devenir extrêmement pernicieuse pour la personnalité incarnée. Il y a des permissions à demander si on veut se lancer en public avec la suggestion d'être un autre.

La propriété intellectuelle peut se rendre jusqu'à l'image. Encore plus quand nous ne sommes que ça.
Dans le monde de la porno, genre réanimé par l'internet, on utilise des sosies de personnalités connues (Hayden Pannetière, Selena Gomez, Rihanna, probablement Kardashian) pour les soumettre à des actes sexuels des plus dégradants et qui n'ont rien de réel dans la vie des gens qu'ils tentent de copier.

Deux films français me viennent à l'esprit et ont traité de la chose avec humour et intelligence. (Deux atouts qui échappent à Kim KardashianGrosse Fatigue de (et avec) Michel Blanc où un sosie se tapent des apparitions dans des bars de danseuses et profite de sa ressemblance avec Blanc pour joindre fortune et fantasmes; et le film Le Bonheur est Dans Le Pré, avec Michel Serreault où un homme sans histoires en ville, mal marié et malheureux, découvre que son sosie est recherché en campagne dans une famille qui lui changerait favorablement la vie.

La sosie de Rihanna prétend qu'elle s'est fait donner plus de 20 000$ de linge quand on l'a pris pour celle qui lui ressemble mais qui a les yeux très bruns, là où la vraie a les yeux océan vert.

Kim a poursuivi pour 20 millions Old Navy pour fausse utilisation de son image.
Gérer son image, c'est pas mal aussi son travail à temps plein.

Il y avait là une cause qui aurait pu faire école, une cause que son défunt père n'aurait probablement pas voulu plaider avec beaucoup d'entrain (peut-être que oui, aussi). Il a eu la "chance" de mourir avant que ses filles ne deviennent publiques. Il n'a pas connu ses filles aussi vulgaires et creuses ou comme on les connait, nous. Elles étaient innocentes. Le sont restées en quelque sorte.  

À une époque où la notion du consentement est extrêmement sous la loupe, il y avait là une cause qui aurait dû faire du bruit. Beaucoup de bruit.

Pourtant Kim et son équipe ont choisi de régler à l'amiable. En secret. En coulisses.
Ça a été couvert. oui, mais il y a 4 ans.
Qui s'en rappelle? pas les pornographes. Qui placent sur le net toutes les sosies qu'ils réussissent à convaincre de se dénuder et de s'appliquer à mettre le sexe en scène en échange de beaux billets verts.
Kim avait la chance de faire un bruit qui fait du sens.
La chance de se rendre utile à quelque chose.

Ce fût discret.

Quelque chose qui en temps normal lui échappe aussi.

Dommage.


vendredi 4 novembre 2016

L'Insurrection de Budapest

Durant la Seconde Guerre Mondiale, les Hongrois sont de mêche avec les Allemands, l'Italie et la Bulgarie et à partir de 1941 de la Roumanie. La Hongrie participe donc à l'invasion de la Yougoslavie et de celle de l'Union Soviétique.

Ce sera elle, l'Union Soviétique, qui la vaincra, en complicité avec des forces Yougoslaves, Tchèques et même Roumaines en 1945.

Avec cette victoire Russe se glisse l'idée du communisme. Quand La République Populaire de Hongrie est créée en 1949, un traité d'alliance mutuelle est signé avec l'Union Soviétique qui lui permet de maintenir une aide et une présence militaire et plus subtilement, de contrôler la politique du pays.

Le parti communiste hongrois remplace l'idéologie capitaliste par la modèle de nationalisation soviétique. L'économie stagne, les niveaux de vie chutent.

La répression politique et le déclin économique qui suit, fait naître, peu à peu, une certaine agitation sociale. L'éducation traditionnelle est remplacée par une intelligentsia laborieuse. Le gouvernement de Màtyàs Ràkosi est l'un des plus récessifs d'Europe, mais tout ça est noyé internationalement dans les conflits en Corée ou dans l'intérêt que portent l'Angleterre et la France à contrer Nasser en Égypte.

En juillet 1956, Krouchtchev force Ràkosi à se démettre de ses fonctions, il sera remplacé par Erno Gero comme secrétaire général du parti communiste. Les étudiants et journalistes se rassemblent et se consultent sur la question nationale. Inspirés par les mouvements réformateurs en Pologne, étudiants et journalistes dressent une série de 16 points de réforme politique et organisent des marches d'appui. Le 23 octobre, 20 000 protestataires se rassemblent près de la statue de Josef Bem, héros national de la Pologne et de la Hongrie. On y chantera les vers d'un poème révolutionnaire interdit, Nemzeti dal, dans lequel on dit "nous le jurons, nous le jurons, que nous ne serons esclaves plus longtemps!" On découpe les symboles communistes dans le drapeau hongrois et on le laisse hisser et pendre avec son gros trou au milieu.

La colère de Erno Gero est grande. Il fait intervenir l'armée qui tue un étudiant en soirée. Les manifestants choisissent alors de faire tomber la statue de Staline dont il ne restera que les bottes, dans lesquels on y met le drapeau hongrois. Plusieurs autres morts sont faits chez les manifestants quand on veut diffuser un message radio à la nation. Dans la nuit, du renfort soviétique s'amène.

Des protestataires s'empare de la radio, de chars soviétiques embusqués, d'armes soutirées aux soldats russes. Des attaques au parlement de la part des révoultionnaires entraînent la chute du gouvernement. La résistance prend le contrôle et un cessez-le-feu est mis en place du 28 octobre au 4 novembre.

Les unités militaires soviétiques ont promis de se retirer définitivement de Hongrie.

De nombreux prisonniers politiques sont libérés.
Le politburo mène toutefois des combats en sourdine et de manière secrète.

Le nouveau gouvernement déclare la neutralité de la Hongrie, son retrait du pacte de Varsovie qui les liait à l'Union Soviétique, demande l'assistance du corps diplomatique à Budapest et celle du Secrétaire Général des Nations Unies pour défendre la neutralité nouvelle de la Hongrie. On souhaite le retrait immédiat des forces soviétiques. Ceux-ci font croire que tout ça ce fera.

Mais dans la nuit, des chars soviétiques entrent à Budapest en longeant le Danube à la fois par le Nord et par le Sud. Avant même d'avoir tiré un seul coup de feu, les Soviétiques scinde la ville en deux et contrôlent tous les ponts, couverts à l'arrière par le Danube. Le feu est ouvert sur les casernes et dans toute la ville. Les hauts gradés sont pro-Soviétique, mais les soldats se défendent ou désertent. Ou meurent.

Une réunion d'urgence est appelée chez les hauts gradés, mais seuls 3 ministres s'y pointent. L'un d'eux restera seul au parlement , rédigeant une ultime déclaration.

À 6 h du matin, les combats font rage depuis déjà 3 heures. On fait appel aux fidèles combattants de la juste cause du socialisme, on leur demande de sortir de leur cachette et de prendre les armes, mais l'écho reste sans voix. L'armée soviétique, bien équipée, écrase avec une supériorité totale un mouvement national en en éliminant le gouvernement.

L'aviation russe achève la révolte hongroise.

Plus de 2500 Hongrois sont tués. au moins 722 soldats russes et des milliers d'autres seront blessés.

26 000 Hongrois ont été amenés devant les tribunaux, 22 000 d'entre eux ont été condamnés et des centaines furent exécutés. 13 000 furent emprisonnés et des centaines d'autres déportés en Union Soviétique pour torture privée. La plupart seront libérés vers 1963.

En mai 1957, les Soviétiques augmentent le nombre de soldats en Hongrie et cette dernière accepte leur présence permanente.

La Hongrie est un État communiste à parti unique depuis.
Le 23 octobre est devenue une fête nationale au sens détourné.

L'insurrection de Budapest avait lieue vers 3h du matin, aujourd'hui, il y a 60 ans.

jeudi 3 novembre 2016

Fuck, J'ai dit Fuck

"A writer is never interesting. His work is all that matter"
-Samuel Beckett

Je n'écoute pas le gala de l'ADISQ. Je suis assez peu fervent de musique de chez nous.
J'écoute de moins en moins les galas avec le temps. Les Oscars sont peut-être l'exception. Mais encore. Je ne crois plus tellement à ce type de reconnaissance.

Je m'y pointe pour y dénicher une ombre d'humanité.
D'émotion. Entre deux pubs. Mais j'écoute de moins en moins la télé en direct.
À cause des pubs.
Et cette année n'a pas fait exception, je n'ai pas regarde l'ADISQ.

C'est l'ADISQ qui m'a regardé.

Le hasard a voulu que je sois justement dans un cycle assez Québécois. J'ai dernièrement visionné Mankiewicz, Carle, Nguyen, j'ai un film de Manon Briand sur l'étagère qui attend d'être consommé. J'écoute les soeurs Boulay duquel je suis amoureux et Dumas dans ma voiture. J'avais de bonnes raisons d'avoir les dispositions pour écouter le gala de l'ADISQ. C'est un clip de Safia Nolin, recevant son trophée de révélation de l'année qui est venu me chercher.

On m'a révélé un Québec grossier. Pas là où vous le pensez.

J'ai pleinement savouré en direct une spontanéité tout ce qu'il y avait de plus rafraîchissante (oui, Stéphane E.Roy). Un "weird" échappé en recevant son trophée, suivi aussitôt d'un "fuck! ça fait deux fois que je dis weird!" puis d'un tout aussi hilarant "Fuck! j'ai dit fuck!".

Et ensuite "merci premièrement et deuxièmement, j'aimerais dire à toutes les filles du Québec: vous pouvez faire tout ce que vous voulez. Faire de la musique. Faire des jobs de gars, on s'en crisse! et aussi votre corps vous appartient!"

Là, j'ai presque versé une larme. Encore en vous écrivant et en revisitant le moment, j'ai dû freiner des larmes.
Je me disais que c'était EXACTEMENT les mots qu'il fallait utiliser envers les femmes sous l'emprise des dogmes islamiques. Ici. In the land of the free. Sur la terre de nos aïeux. Chez les gens du pays.

Tous les mots.
Sauf peut-être le "on s'en criss". Parce que justement, on ne devrait pas s'en crisser. la liberté est un devoir quotidien.

Denise Bombardier, qui réunit en sa personne ce qu'il y a de plus irritant, détestable et déplacé chez les femmes de sa génération à aussitôt dit de Safia Nolin: "elle réunit en sa personne ce qu'il y a de plus infantile, détestable et déplacé chez un artiste" Pas une artiste. un artiste. Denise aime que le masculin domine son féminin. Comme chez Tony Acurso. Bravo, Bombardier, les hommes t'ont bien agenouillée.

J'aimerais dire à toutes les filles du Québec: vous pouvez faire tout ce que vous voulez. Faire de la musique. Faire des jobs de gars et aussi votre corps vous appartient!

Tout, dans ce qu'elle a dit est parfait. SU'A COCHE.

Sophie Durocher, superficielle à souhait, a pour sa part choisi de regarder l'emballage.
Christ
de
conne.

En plus de critiquer le jab mérité qu'a fait Louis-José Houde aux penseurs de l'émission La Voix Junior, elle a critiqué le choix vestimentaire de Safia Nolin.

Cette fois la phrase de Nolin doit être ramenée "ON S'EN CRISSE!"

MESDAMES' VOTRE CORPS VOUS APPARTIENT!

Sophie ne voulait pas l'entendre. Ne veut toujours pas l'entendre. Elle veut le voir.

La musique est un plaisir d'abord pour l'oreille. Ariana Grande fait beaucoup moins de sens sans vidéo.

Lise Ravary en a rajouté sur Safia, se confirmant vieux croûton et plus petite dans sa tête encore.

C'est déjà ardu pour ces Femmes de devoir convaincre les Hommes qu'elles sont 100% notre égale, voire sont supérieures à nous, c'est terrible de constater qu'elles n'ont même pas l'appui des voix féminines de la presse écrite. Une presse moins bien éclairée que le vocabulaire de Safia Nolin, même.

Des voix sourdes et répugnantes.
3 voix qui lui disent et répète "ton corps n'est pas ton territoire, il est pour nos yeux"
Vous la pensez riche? Et même si elle l'avait été, porter du linge c'est affirmer quelque chose.
Bravo de ne pas avoir joué au christ de tapis rouge. Rien n'est plus plastique qu'un tapis rouge.

Fuck! Réveillons-nous! véhiculer la stupidité comme l'ont fait Bombardier, Durocher*) et Ravary (et des centaines d'internautes) c'est édifier le temple de la superficialité et obscurcir les vrais enjeux qui sont de plus en plus pertinents avec vos coups en bas de la ceinture: VOS CORPS VOUS APPARTIENNENT, MESDAMES!

L'enfer c'est les autres disait Sartre.

Fuck les autres! Plus que jamais. Et viva Safia!

Fuck, j'ai dit fuck!

Pour citer les lumineuses soeurs Boulay:
"C'pas que t'es pas fière, mais y comprendraient pas"
Ils l'ont prouvé

Stay high, Safia

* 2 fois, puisque la première fois, elle a dû se relire et se trouver gnochonne.

mercredi 2 novembre 2016

Le Consentement

C'est d'une simplicité absolue pour celui qui sait lire, entendre ou comprendre.

Si vous avez encore du mal à comprendre la notion de consentement, imaginez qu'au lieu de démarrez une relation sexuelle avec une personne, vous lui préparez une tasse de thé.

Vous lui demandez "veux tu une tasse de thé?" et que la personne vous répond : "Oh oui, j'adorerais boire une tasse de thé, merci!" Maintenant vous savez qu'elle veut une tasse de thé.

Si vous demandez: "veux tu une tasse de thé?" et que la personne vous répond : "euh, tu sais, je ne suis pas vraiment certain(e)". Vous pouvez lui préparez une tasse de thé quand même, au cas où, ou pas du tout. Mais vous devez être conscient(e) du fait qu'il est possible qu'elle ne boive pas cette tasse de thé. Et que si elle la boit pas- et c'est la partie importante de l'histoire- ne l'obligez pas à boire.

Ne l'obligez pas à boire.

N'obligez jamais quiconque à boire du thé.
Le fait que vous ayez préparé cette tasse de thé ne signifie pas que vous avez le droit de la forcer à boire ce thé.

Et si la réponse est simplement "non merci"

Ne lui préparez pas de thé du tout.
Ne
Faites
Pas
De
Thé.

Ne l'obligez pas à boire du thé. Ne vous fâchez pas parce qu'elle ne veut pas de thé. Elle ne veut pas de thé, ça s'arrête là. point. passons à un autre sujet.

Il est aussi possible qu'elle réponde "oui, s'il te plait, c'est gentil de ta part". Puis, quand le thé arrive, qu'elle ait changé d'avis et qu'elle n'ait plus envie du tout du thé. C'est certain, c'est ennuyeux, vous aurez préparé le thé pour rien. Mais ce n'est pas grave. RIEN ne l'oblige à le boire. Elle a changé d'avis, ça arrive à tout le monde. Seuls les idiots ne changent pas d'avis. Certaines personnes changent d'avis pendant que l'eau bout, d'autres pendant que le thé infuse et que vous ajoutez du lait. Ces personnes ont tout à fait le droit de changer d'avis.

Et rien, rien, rien, rien, rien, ne vous donne le droit de les obliger à boire le thé.

Si la personne est inconsciente, ne lui préparez surtout pas du thé. Les personnes inconscientes ne sont pas en position pour ingurgiter du thé. Ils ne peuvent pas en vouloir parce qu'elles sont inconscientes. Peut-être que la personne était consciente quand vous lui avez demandé si elle voulait du thé et qu'elle vous avait dit oui. Mais le temps de faire bouillir l'eau, infuser le thé, le temps d'ajouter le lait, elle est maintenant inconsciente. Mettez alors simplement le thé de côté et assurez vous que la personne inconsciente est en bonne santé.

Et c'est encore la partie importante de l'histoire: ne la forcez pas à boire le thé.

Elles avaient dit oui, conscient, mais elles sont maintenant inconscientes, et les personnes inconscientes ne veulent pas de thé.

Si quelqu'un dit oui à un thé, commence à le boire et perd conscience avant d'avoir terminé sa tasse. ne continuez pas à verser la thé dans sa gorge. Mettez le thé de côté, assurez-vous que la personne va bien, parce qu'un seule chose est certaine dans une situation du genre, les personnes inconscientes ne veulent pas de thé.

Si une personne a accepté de boire un thé chez vous samedi dernier, ça ne signifie pas qu'elle veut que vous lui prépariez du thé tout le temps. Elle ne veut pas que vous veniez chez elle à l'improviste pour préparer du thé et la forcer à le boire sous prétexte que la semaine dernière, tu voulais de mon thé. Et elle ne veut pas non plus se réveiller et vous trouvez là, occupé à lui verser du thé de force dans la gorge, sous prétexte que hier soir, tu voulais du thé.

Si vous êtes capable de comprendre qu'il est absolument ridicule d'obliger quelqu'un à boire du thé alors que cette personne n'en veut pas, et si vous êtes capable de comprendre quand les personnes ne veulent pas de thé, est-ce si difficile de comprendre ce raisonnement appliqué au sexe?

Qu'il s'agisse de thé ou de sexe, le consentement, c'est primordial.

L'Homme n'est pas un animal comme les autres.

Il a une tête magique. Et un cerveau qui réflexionne.
Que la magie fonctionne.

Ceci doit être lu et compris partout dans le monde et dans toutes les langues.

Les réflexes de milliers d'hommes doivent changer.

L'enseignement du consentement doit commencer hier.

Pour l'amour du monde.

mardi 1 novembre 2016

Cauchemar d'Halloween

La police fait ce qu'elle veut.
Ça c'est pas la nouvelle.
On le savait déjà.

Ce qu'on s'imaginait moins c'était que George Orwell avait vu si juste. Si vous en avez le pouvoir, vous en abuserez. Et il y aura des juges qui vous aideront dans le processus, parce que plus que quiconque, ils connaissent le lois, et sont le mieux placés pour jouer avec. L'intimité? c'est pour les autres.

La nouvelle de la police espionnant un journaliste hier a occupé toute les tribunes et à juste raison. On enquêtait même pas Patrick Lagacé, il n'était qu'accessoire dans l'enquête d'un des leurs, un policier, avec lequel Lagacé s'entretenait de temps à autres. Donc pour une bagatelle, on vous fera suivre, on vous mettra sous écoute, on vous surprendra à vous rendre à la bibliothèque alors que vous avez prétendu être au bureau, parce qu'on vous aura localisé avec le GPS de votre téléphone.

Snowden dit vrai. Big Brother is here. Il a d'ailleurs tweeté hier sur cette disgrâce.

Qui voudra parler à un journaliste maintenant? Comment sera protégé une source?

La nouvelle est tombée une journée où la ville où j'habite choisissait de me faire payer ma chronique de samedi dernier. J'y parlais de leur idiotie. C'était oublier leur crétinisme. Des 365 jours d'une année, ils ont choisi, sans aviser bien entendu, de venir cochonner nos entrées le seul et unique jour de l'année où des dizaines et des dizaines d'étrangers viennent fouler l'entrée de notre humble chez nous.

Et ils ne le feront pas.

Car dans leur chirurgie de bitume, ils ont éventré la totalité en largesse de notre entrée, alors que celle du voisin n'aura été éventrée qu'à moitié. J'ai passé une grande partie de la journée à regarder par la fenêtre en m'effondrant moralement de la défiguration du devant de notre chez nous, qui repousse la vente de la maison pour au moins un an, peut-être deux. J'avais l'impression de superviser un viol. Je ne me suis rarement senti plus abattu. À la radio on en avait que pour la mise sous surveillance du journaliste comme dans État dictatorial, et dans ma propre cour, je passais mon regard de mon gazon, jauni et détruit en l'espace de quelques mois cet été par deux types de pousses différentes, qui ne croissent pas au même rythme; à l'entrée complètement éventrée et nettement dissuasive pour quiconque voudrait venir chez moi.

Pour rendre les choses plus désagréables, quand ma fille est revenue de l'école, nous nous sommes vite attablés pour les devoirs et, concentré sur son attitude adolescente, ai ainsi manqué les gens de la ville qui rebouchaient le trou. Ils sont repartis en bandits, tout comme ils s'étaient invités, sans s'annoncer.

Ne recimentant rien.
Laissant du gravier mais pas de nouveau ciment nulle part.

Je ne sais donc rien.
Qui viendra recimenter?
Quand?
Peut-on remettre nos voitures dans l'entrée, entretemps?
Ça doit puisque les pancartes de non stationnement sont encore dans les rues et des deux côtés cette fois.
Mais on sait maintenant que ça ne veut rien dire.
Que se passe-t-il maintenant?
Y aura-t-il ne serais-ce qu'un seul Halloweeneux qui bravera la pancarte interdisant de passer qu'on a laissé dans le gravier?
Ce faisant, traîneront-ils tous beaucoup de gravier partout ailleurs chez nous?

Ça oui, surement.

Oh y a pire, y a pire, mais croyez moi, ce jour-là, quand je me croisais les yeux dans le miroir, j'avais les yeux couleur cafard. Et ma journée ne pouvait pas être plus grise.

Avec ces juges qui donnaient des permis d'espionnage en trame de fond, avec la face de Donald Trump qui hante l'Amérique, avec ce chef du FBI qui fait son chien dans une allée de quilles, criss que c'est dur de faire confiance en la vie.

Autorités policières et judicières: you suck.

Si vous voulez des bonbons, on en plein.

Vraiment trop.




Rajout: beaucoup d'halloweeneux finalement, beaucoup de gravier aussi...