samedi 27 août 2016

Les Poux

"Sucer debout, c'est ça se t'nir drette"
-S.Fréchette/S.Ricard



Quand il y a remaniement ministériel, c'est comme une substitution en sport, on laisse la chance au coureur. Le Ministre des Transports Jacques Daoust a été démissioné de son poste au Ministère des Transports, Jacques Lessard, un vétéran connu prendra sa place.

Lessard est un vieux routier qui maîtrise excessivement bien la langue de bois en ne vous disant jamais tout, sans toutefois mentir, mais sans jamais dire la vérité.

Le Ministère des Transport est une passoire à ministère. En 4 ans, il y sont passés 5 ministres. Faites le calcul, quand on ne reste pas même un an dans le ministère qui donne le plus d'emploi au Québec, il devient donc presque normal de ne pas sursauter quand l'ancienne sous-ministre disait cette phrase surréaliste "Moi, je n'ai pas d'ordre à recevoir de mon ministre...".

"...puisqu'il change tout le temps et n'est pas au courant des dossiers comme moi" était alors le sous-texte.

C'est de bonne guerre, dans d'autres ministères, celui de la santé par exemple, on reproche au Ministre Barrette de prendre TOUTES les décisions sans consulter ses sous-ministres ou proches conseillers. Mais au moins, Barrette PREND des décisions. Il n'a pas le choix, il est Ministre de la santé. (ce qui ne l'empêche pas d'avoir le jugement d'un Donald Trump)Ministère de la Santé, Ministère des Finances, les têtes restent plus longtemps, ce sont d'immenses machine à contrôler. Il existe au sein de chaque ministère une culture qui fait en sorte que lorsqu'un ministre y arrive comme un corps étranger, la greffe doit se faire assez vite. Par contre si on y reste 8 ou 9 mois, ce qui est trop court, c'est une greffe à moitié faite. Et le ministre suivant ne complète pas nécessairement ce que l'autre avait commencé. C'est un nouveau patron dans une nouvelle entreprise. Et le Ministère des Transports a eu 5 nouveaux patrons en 4 ans. C'est le ministère Frankeinstein. rapiécé par l'un et par l'autre pour en faire une grosse bibitte!

Le Ministère des Transports a donc appris à fonctionner par lui-même depuis 4 ans.
Couillard n'a surtout pas fait preuve d'audace dans son remaniement, reprenant les mêmes vieux rats pour les mettre pilotes de différents bateaux. Ne faisant confiance à aucun des 40 quelques ministres qui forment le banc arrière parlementaire. Si j'étais député Libéral, je me sentirais légèrement frustré puisque que l'on joue toujours avec les 5-6 mêmes ministres que l'on déplace de ministères en ministères, sans jamais offrir de sang neuf.

Un Libéral qui soit aimable DOIT exister. (Martin Coiteux?)

Il est possible que les Libéraux ne sachent pas comment réformer le Ministère des Transports, mais peut-être aussi ne veulent-il pas réformer le Ministère des Transports. Peut-être que ça fait l'affaire de tout le monde que ce soit "tout croche" comme ça. Gros donneur d'ouvrage, le ministère est probablement aussi en partie contrôlé par le Privé.
Y cache-ton encore des pistes colusionnaires?
On remarquera que le Parti Libéral n'a jamais eu de plan pour réformer le Ministère des Transports qui est, visiblement depuis 4 ans, LE plus gros problème intérieur au gouvernement. Dans la grosse structure gouvernementale, qui contient toujours quelques ratées, mais qui fonctionne somme toute assez bien, le Ministère des Transports se classe facilement comme la pomme pourrie. Le seul plan autour du Ministère des Transports était de survivre au Rapport de la Commission Charbonneau. Renaud Lachance, dont la dissidence a épargné les Libéraux, a fait en sorte que les rouges ont soupiré en disant "ouf!" Mais aucune réforme n'a été depuis pensée.

Mais quand 5 instructeurs en 4 ans ne font pas l'affaire dans un club sportif, vers qui commençons nous à pointer le doigt? Celui qui les engage: le directeur-gérant. Le Premier Ministre Couillard navigue de crise en crise depuis 30 mois.

Aux 6 mois, apparaît une crise avec le gouvernement Couillard.

Yves Bolduc à l'éducation. On l'y a placé parce qu'il menaçait de démissionner si il n'avait pas un Ministère important. Catastrophe. Lise Thériault n'a pas duré non plus. François Blais a aussi été pénible. Sam Hammad est une honte. Robert Poéti qui a révélé plein de choses désagréables, justement, aux Ministères des Transports, et maintenant Jacques Daoust qui est surpris à fort probablement mentir, au minimum à avoir cacher bien des vérités, au sujet de la vente de RO-NA.

Qu'est-ce qui a germé dans la tête de Couillard quand il a pensé placer Daoust, qui avait été sous-performant dans son propre milieu, les affaires, aux Transports? Comment a-t-il plus penser qu'il y deviendrait soudainement hyper performant?

On rembobine la cassette tout le temps, mais on y danse toujours sur la même musique.
Une musique qui sonne faux.

Un bon entraîneur à Chicago peut être assez mauvais maintenant à la barre de San Jose.

Ce ne sont pas tous les postes qui assurent les mêmes succès.
La politique est une jungle difficile à apprivoiser.

Tous les noms évoqués dans les problèmes des 30 derniers mois n'étaient pas à leur place.

Pas plus que Nathalie Normandeau à la radio.

Pas plus que Phillipe Couillard à la tête du pays de la province.

Le Québec est une vraie tête de chien.
Dominée par les poux.








vendredi 26 août 2016

Les Olympiques en Eau Verte

On a annoncé en fantasme projeté conférence de presse que les Jeux Olympiques de Rio avaient été une "réussite absolue".

C'est du moins le souvenir qu'on voudrait nous prêter.

Les Olympiques de Rio sont maintenant derrière, il est temps de regarder devant.

Mais aussi, derrière.
L'état des Olympiques, comme organisation, fait peur.

Les Jeux sont un microcosme de notre planète. On observe quelque 200 pays, en d'autre temps, éloignés, sous la loupe de la télé, dans un semblant d'union.

Des traits caractériels, empreints de préjugés, sont grossis mais les confirment aussi un peu.

Les deux qui me viennent à l'esprit sont les Russes et les Étatsuniens.

On savait les Russes parfois tricheurs. Tricheurs au propre comme au figuré. On comprend davantage un athlète plein de talent qui ne donne pas son 100% à tous les matchs quand on apprend qu'il est Russe. Mais quand on apprend que la tricherie était gouvernementale et Étatisée, on comprend aussi que tricher là-bas, c'est carrément dans les moeurs. Alors une fois en Amérique ou ailleurs, ce n'est probablement pas toujours conscient pour le Russe. C'est même probablement normal et attendu inconsciemment: Pour gagner, il faut tricher.

Pour ce qui est des États-Unis, ils ont à nouveau confirmé leur talent d'agresseurs avec la stupide histoire de Ryan Lochte. Même les États-Unis n'en croient pas leurs sens de l'abyssale idiotie du nageur. 

Le vandalisme est aussi dans leurs moeurs de tireur de fusils. Comme dans leur ADN. À un certain moment, il faut tout simplement larguer des bombes quand on est originaire des États-Unis. À Nagano. l'équipe de hockey des États-Unis, des multimilionnaires, avait non seulement causé pour 3000$ de vandalisme, mais s'était défendu, sans rire, que les choses se brisaient dans leurs mains et non l'inverse.

Et ce n'est pas de la pluie qui tombe du ciel, ce sont les larmes de Dieu devant ses créations ratées.

Comme la planète est malade. les jeux le sont tout autant. Sinon plus.

 Les Jeux s'en vont vers Tokyo dans l'esprit de démesure que Tokyo même à créé.

En 1964, il s'agissait des tous premiers jeux Olympiques télévisés en direct par satellite à travers le monde. C'était justement à Tokyo. Ils avaient alors coûté l'équivalent de nos jours de 10 milliards. Les jeux de 2020 ne coûteront qu'une fraction de ce prix (7,7 prétendus milliards). C'est moins que Londres (14 milliards), Rio (15), Pékin (40) ou Sochi (55), mais c'est encore phénoménalement grossier. Je ne sais pas comment Québec peut encore rêver accueillir des Jeux un jour.

Et qui dit gros sous dit aussi gros filous.

À Rio, on a pu observer principalement beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de corruption et de défaillances.

Beaucoup 1:
Les records en nage ont été tour à tour défoncés. Des calculs menés sur place par des spécialistes universitaires ont déterminé que les corridors 5 à 8, sur des courtes distances comme le 50 mètres, produisaient un effet de courant favorisant les nageurs. Tous les médaillés du 50 m, hommes et femmes, en sont issus sauf une seule.

Beaucoup 2:
Le marcheur canadien Evan Dunfee est troisième dans son épreuve finale. Il est bousculé par un athlète japonais qui le dépassera et raflera le bronze. Dunfee s'en plaint et on lui accorde le bronze, disqualifiant l'autre. L'autre va en appel face aux même juges, avec les mêmes images. Duh! Où auront lieu les prochains jeux? je vois déjà la délégation japonaise menacer de choses et d'autres si "justice" n'est pas rétablie. On redonne le bronze au brusque japonais.

Beaucoup 3:
Pat Hickey, un des influents membres du comité Olympique se fait coincer à vendre des billets sur le side, commerce illégal qui aurait pu lui faire faire des profits de 10 millions de dollars, incluant des billets vendus à prix d'or pour la finale de soccer chez les hommes et des places à 8000$ le siège pour la cérémonie de clôture. Il risque 7 ans de prison si jugé coupable. Just another day dans le comité olympique.

Beaucoup 4:
Karim Bouzidi, chef des juges dans la boxe et 6 de ses juges ont tous été limogés à mi-parcours des olympiques quand il a été confirmé qu'ils s'étaient tous rencontrés au préalable pour déterminer les gagnants. Le boxeur Micheal Conlan a tant démoli le russe Vladimir Nikitin que celui-ci a été obligé de déclarer forfait lors du combat de boxe suivant. Les juges ont fait perdre Conlan par décision unanime discréditant le sport sous toutes ses formes et pour toute la durée des olympiques. Ils avaient aussi triché sur tous les combats précédant celui-ci, incluant les femmes, mais celui-ci fait déborder le vase. Tous les résultats de boxe sont teintés d'arnaque.

Beaucoup 5:
Les équipes anti-dopages ont travaillé, oui, mais pas tout le temps. En effet quelques mois AVANT les olympiques, les sous ont manqué à Rio. On a alors suspendu l'équipe anti-dopage. C'est du moins la version officielle. On soupçonne que pour "suspendre" l'équipe, il a plutôt fallu qu'il y ait eu crime. L'histoire ne le dit pas. (encore). Mais l'équipe n'a tout simplement pas travaillé pendant un bout de temps. Puis quand elle l'a fait, il n'y avait que la moitié de l'équipe en place. Et surtout pour donner impression de système efficace de testing anti-dopage. Seulement le tiers des tests qui auraient dû être faits ont été faits. Donc, la plupart des tests seront faits APRÈS les jeux. Et ailleurs. Bordel absolu et ordre des médailles à probablement changer au travers des années à venir.

Ce que vous avez vu n'est probablement pas ce que vous auriez du voir. Je suis entré dans les Olympiques en rêvant de beauté, j'en ai vu, mais j'en resors avec plus de laideur.
Les Olympiques de Rio, comprises hier, ne seront pas les mêmes que celles qu'on comprendra d'ici quelques années.
Fallait voir l'eau bleue quand elle était verte.

Les travers exposés plus haut, nous les savons aujourd'hui. L'iceberg pourrait être profond.

Si la triche prend le dessus comme le fake a pris le contrôle de la culture du soccer, les Olympiques nous promettent beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup de laideur pour Tokyo.

En techno et en couleurs.






jeudi 25 août 2016

André Melançon (1942-2016)

Cher André,

Tu as été mon prof.
Notre prof.
Quand on a que 8 élèves, la proximité s'impose.

Tu avais la taille et la voix du respect.
Tu étais un grand ours tendre qui nous as appris à écrire, à rire et à pleurer.

Tu nous as appris l'humilité.

Tu nous as appris à être des Hommes.

Ta voix si bienveillante, celle que l'on aurait prêté au Père Noël, résonneras encore longtemps en nous.

Tu ne pouvais pas être le Père Noël, il y avait toujours une touche de noir naturel dans ta barbe. On te disais que tu étais trop jeune de coeur pour avoir les traits d'un vieux.

Tu étais quand même notre Père Noël car ta présence était toujours un cadeau.

On a eu ta blonde aussi comme prof. Une femme adorable, beaucoup moins froide que l'on pouvait tous se l'imaginer. Peut-être un peu à cause de toi.

Nos sympathies, Andrée. Nos larmes n'auront pas le poids des tiennes.
Il était amoureux fou. Jamais plus vivant que lorsque tu le regardais. Il t'aimeras encore d'en haut.

Il fera des mottes de neige avec les nuages. Il aimait la neige comme moi. Elle avait été bonne pour lui.

Il détestait la violence. Il en avait fait l'un de ses premiers films.

C'est Fellini qui avait allumé la lumière du passionné en toi, André.

Tu nous as enseigné La Strada en nous disant que filmer ce n'était pas seulement montrer, mais que c'était d'abord et avant tout raconter.

Tu étais un fameux, fameux conteur. Pas anormal de t'être trouvé parmi les contes pour tous une bonne partie de ta vie.

Tu travaillais pour tous. En toute humilité.
K.I.S.S.
Keep It Simple, Stupid.

Tu m'avais dirigé dans Cher Olivier. Tu l'avais surement oublié.

On s'était tout de suite aimé toi et moi, André, parce qu'on ne s'était pas gênés pour se le dire. Tu aimais ma manière de me faire confiance et j'admirais la manière que tu avais de faire taire ton ego au bon moment. On admirait chez l'autre ce qui nous manquait. On se complétait sans le savoir.

J'irai t'enterrer et ne serai que l'un de tes nombreux enfants.

Et si je suis aujourd'hui un peu plus grand.
C'est entre autre parce que tu t'es un jour trouvé sur mon chemin.
Parce que tu m'a fait respecté en moi, l'enfant.
Parce que tu incarnais le bien.

La mort est vache pour les gens purs comme toi.
C'est comme si elle vous disait : "toi, t'avais pas le droit d'être bien comme ça"

Notre chatte porte le nom de l'un de tes personnages.
C'est ma manière inconsciente de te rendre hommage.
Notre chatte a 20 ans, elle est immortelle.

Comme toi, d'une certaine manière.

Merci André,
Jongle avec les étoiles pendant qu'on décrochera la lune.
Tu auras éclairé les côtés obscurs de nos coeurs.

Siempre te querràs al cielo  


mercredi 24 août 2016

Cet Orgueil Qui ne m'Habite Pas

Mes parents ne se sont jamais acheté de voiture neuve avant 1991.

Ils avaient respectivement 44 et 43 ans. Mon âge actuel.

Avant les deux Escort 1992, berline bleue et familiale rouge, se sont succédés toute un pléiade de voitures usagées qui coïncidaient avec mes débuts au volant. Mon père, excessif et trop souvent pressé, me faisait même conduire dès mes 15 ans.

Si j'ai toujours aimé conduire, je n'ai en revanche développé aucun, mais alors absolument aucun intérêt envers les voitures. J'ai confondu longtemps Honda et Renaud, ne m'intéresse en rien aux voitures/modèles/fabricants (que je démêle assez peu) et suis généralement incapable de tenir une conversation sur le sujet, bien longtemps. J'ai toujours de la difficulté à me rappeler l'année et le modèle de mon propre véhicule. Je dois me donner des repères qui sont probablement unique à ma personne pour me rappeler de l'un et de l'autre.

Dans la conception de mon être, les tiroirs de la section "automobile" sont excessivement vides et c'est volontaire. J'accorde l'exact même intérêt à une voiture que l'on accorde (généralement) aux espadrilles. Une voiture est pour moi un outil qui nous mène du point A au point B, sans plus. Avec accès musical. Ma fille de 13 ans est nettement meilleure que moi pour reconnaître les modèles de voitures de l'un et de l'autre, je ne retiens même pas les modèles de ceux de mes amis.

Le beau-frère est construit d'une autre manière. Ses tiroirs de la section "automobile" sont si plein qu'une partie de son corps, se rendant jusqu'à son cerveau avec un fil directement relié à son compte en banque est complètement coloré "voiture". Il possède TOUS les guides de l'auto depuis 1981. Il a bossé chez GM longtemps, même à GM, Detroit, il se passionne beaucoup pour les voitures et travaille maintenant comme ingénieur pour Bombardier.

Dans la mécanique du beau-frère, il y a la mécanique de l'auto, là où chez moi il y a cinéma, littérature et musique.

 Mais on s'entend à merveille sur à peu près tout. Reste que quand la passion voiture passe en seconde vitesse, je tourne mon attention plus facilement ailleurs et freine mon verbe.

Il y a longtemps, avant que nous aillions tous des enfants. ce beau-frère, par le biais de son travail chez GM, avait eu la chance, pour une soirée, de conduire une Ferrari de modèle rare (je crois). Il avait appelé quelques uns de ses amis qui auraient pu savourer le jouet avec lui, mais comme il avait appris ce cadeau d'un soir à la dernière minute, un seul avait pu se libérer pour l'accompagner. Il avait alors appelé sa soeur, mon amoureuse, et m'avait aussi demandé de les accompagner afin que le 4 places soient comblées.

C'était une décapotable et nous avions roulé sur la 40, je ne sais trop où dans la nuit. Nuit de parfait inconfort personnel. Je déteste les décapotables ou toute forme d'ouverture qui me donnerait l'impression de rouler en avion la tête à l'air. Rouler les fenêtres baissées sur l'autoroute m'est insupportable, alors l'idée de rouler sans toit est tout à fait incompatible avec mon être. En voiture n'est pas être en voilier. J'ai un toit ouvrant dans ma voiture actuelle que je n'utilise absolument jamais plus que 2 secondes. Le temps de réaliser que ça m'agresse. Je baisse spontanément la tête, prêt à y recevoir quelque chose du ciel.

Ce soir-là j'avais été bon joueur, je n'avais pas trop laissé paraître ma "non-envie d'être là où je suis" sinon par une position sur la banquette arrière complètement courbée, tronc contre jambes, ne voyant rien de la route et attendant la mort. Comme l'amoureuse à mes côtés avait la même position, mon désavoeu du moment paraissait moins. Et les deux en avant trippaient tant qu'ils ont très peu porté attention. Je m'étais alors juré de ne plus jamais rouler décapoté.

****
Nous étions chez le beau-frère justement et étions 12 à se rendre au match de l'Impact de samedi dernier. Je devais quitter plus tôt en après-midi pour aller chercher Monkee et sa blonde et pour des questions de logistiques et de places en voiture, l'amoureux de ma belle-mère m'a dit "Ben tu prendras ma Miata! pis tu la laissera chez vous. Puisqu'on couche chez vous ce soir, la voiture sera déjà rendue!"

J'ai accepté. Sans savoir ce qu'était une Miata.

Quand est venu le moment de partir, tout le monde salivait, mais pas moi. Une décapotable? J'ai caché mon dégoût. Il m'a montré comment fermer le toit rétractable et la troisième fois qu'il me l'a montré, j'ai insisté pour qu'il garde le toit fermé. Il a refusé. Tout le monde a refusé. Tout le monde semblait savoir ce qui devait être bon pour moi. Le meilleur argument m'a donné la nausée.

"Ben non, tu "dois" rouler sans la capote, t'as l'air tellement cool!"

Non.
Ce type d'orgueil ne m'habite pas.

J'ai quitté son entrée et ai trouvé que c'était plus "mis à terre" que Miata. Je me suis rendu aux premiers feux de circulation, décapoté. J'attirais atrocement l'attention. Nettement trop. J'ai tout de suite fermé le toit rétractable. Mal. J'ai du le tenir à la main tout en conduisant pendant un petit bout de route. Puis j'ai réussi. Toutefois, les deux fenêtres de chaque côté étaient toujours ouvertes. Et je ne trouvais pas du tout comment les remonter. Pas sur la porte à gauche, pas sur la porte à droite, pas sur le tableau de bord. Je savais l'autoroute pas très loin, il me fallait trouver une solution, c'était insoutenable. Comme dans un film, à la toute dernière fraction de seconde, avant de rentrer sur l'autoroute, j'ai trouvé deux boutons orphelins en plein milieu de la Miata, là où la plupart des voitures ont des freins à bras. Il était moins une. Mais toute la randonnée m'a été extrêmement pénible.

Je dois être le seul au monde à ne pas savourer une telle chance et ne la mérite nettement pas pour certains. Je m'en moque.

Je ne la voulais pas de cette expérience. Une fois à la maison, j'ai pris soin de la stationner dans la rue afin de ne pas faire jaser qui que soit parmi les voisins et pour m'assurer qu'on ne m'associe pas à la voiture ou PIRE qu'on choisisse de m'en parler.

Au match de l'Impact, nous étions 12, il a été plus facile que je l'aurai cru de ne pas (trop) parler de l'expérience. Sa Miata est vieille de trois ans, Je n'ai non seulement jamais pensé poser une seule question sur la voiture depuis 3 ans, mais n'avais non plus jamais remarqué qu'elle était dans son entrée (abrillée, paraît-il). Il aurait été facile de croire que la voiture ne m'intéressait pas du tout, mais on me l'a quand même offerte à conduire ce soir-là comme un "cadeau".

J'ai joué sobrement le gars choyé. Mais avoué que j'ai remis la capote dès le premier coin de rue.

Quand nos invités repartaient le lendemain, la voiture ne repartait plus. J'ai eu un malaise. C'était moi le dernier qui l'avait utilisée, qu'avais-je fait? J'ai été à leur rencontre.

"La voiture ne part pas?"
"Non, je ne sais trop pourquoi, la clé de contact ne tourne même pas..."
 "Ce doit être le volant qui est barré" et j'ai débarré le volant ce qui a tout de suite fait partir la voiture. Ça arrive quelque fois sur ma voiture. Il était heureux et m'a remercié en riant tout en m'appelant "le mécano". Il ignorait tout ça et le lui ai appris.

Cette fois, j'étais cool.

Un ignorant crasse comme moi sur le sujet, pouvait en apprendre à des gens intéressés par les voitures.

Bada Bang Bang.


mardi 23 août 2016

Fatigue, Erreurs & Confusion

La fatigue est quelque chose d'insidieux.

Depuis que je ne travaille plus à l'entrepôt, j'ai plus de temps devant moi. Je lis davantage et souvent, afin de finir un livre qui me passionne, je me couche beaucoup plus tard que je ne le devrais.

Ce soir là, je me couchais sur une journée qui avait commencée vers 5h30h du matin. J'avais été m'entraîner. Par la suite j'avais préparé les lunchs pour les trois autres de la famille. Sans entrer dans les détails, j'avais une journée chargée de toutes les petites choses de la vie qu'on a jamais le temps de faire et qui emmerdent tout le monde. Je démerdais la journée pour alléger le fardeau mental des banlieues moches comme la nôtre.

Je me faisais chier dans le processus bien entendu, mais c'était un mal nécessaire. Pas de quoi dramatiser. Mais la journée avait aussi eu sa part d'angoisses, avec des bris coûteux et autres mièvreries d'humeurs que l'angoisse consume.


Vers la fin de la journée après avoir préparé le souper et fait manger tout le monde, j'étais crevé. Je voulais poursuivre mon roman de Dantec, mais l'amoureuse m'a proposé une autre activité toute aussi plaisante: Commencer Stranger Things sur Netflix.

8 heures plus tard, nous finissions Stranger Things.
Nous étions tôt le lendemain matin.

Pendant ce temps, dehors, la pluie faisait rage sans arrêt. Mais vraiment sans arrêt. La piscine menaçait donc de déborder chez le voisin (notre terrain le surplombe). Nous y avons pensé dans notre première heure de sommeil. En fait, le "nous" m'exclut. C'est l'amoureuse qui a tout le crédit, elle s'est réveillée en sursaut et m'a sorti d'un profond coma pour m'aviser qu'il faudrait bien faire un backwash.

Ce que j'ai fait, bravant la pluie jusqu'au cabanon. Dans un décor de film d'horreur à l'univers surnaturel. La tête en Stranger Things.

J'ai même fait un "rince" pour bonne mesure. Mais ce faisant, j'ai remis la pompe sur backwash par mégarde.

...le reste de la nuit.

Au matin, la piscine était à moitié vidée et le moteur forçait dans le beurre. Je me suis empressé de le fermer avant de comprendre tout mon égarement.

J'ai re-rempli la piscine pour la presque totalité de la journée qui a suivie.

Avec le bruit de la pluie qui tombait très abondamment la veille, je n'avais pas entendu que l'eau se déversait encore derrière, confondant les sons avec ceux de l'eau dans les arbres tombant du ciel, là où elle le fait quand nous faisons un backwash.

Le fait que je sois crevé de fatigue n'a aidé en rien.

Le moteur n'a pas sauté et tout est revenu dans l'ordre, mais tout ça a été causé par ma grande fatigue, idiote, durant la nuit, lors du déroulement des opérations, que j'ai fait pourtant des centaines de fois depuis 13 ans et demi dans ce même cabanon.

Ça aurait pu être beaucoup plus grave.

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Avoir un enfant est quelque chose qui bouleverse le quotidien.
Un bébé de moins d'un an sème la chaos dans le sommeil d'un couple.

Ce jour-là, un homme s'est rendu au travail et y a passé sa journée à bosser. Crevé, assurément.
À 16h il allait à la garderie chercher son poupon.

"Mais vous ne nous l'avez pas laissé ce matin, monsieur..."

En effet, le bébé était resté sur la banquette arrière depuis le matin. Son père l'avait oublié par mégarde.

Mégarde fatale.

Ce pauvre homme aurait pu être moi.

J'ai lu la nouvelle à l'amoureuse et ce faisant, j'ai presque versé une larme.

La fatigue est un piège.