Au risque de soulever l'ire à nouveau du ministre des affaires étrangères chinois, qui semble détester se faire poser des questions, tout ce qu'il y a de plus légitimes, par les journalistes, revenons sur la connerie de son être la semaine dernière.
Donc, mercredi dernier, Wang Yi était à Ottawa avec notre ministre des affaires étrangères Stéphane Dion. Ce dernier prétend avoir abordé avec lui la question des droits humains, je n'en crois rien.
À Ottawa donc, après un tête à tête avec Dion, une conférence de presse a suivi. Wang Yi a été surpris et outré par une question nettement prévisible. Amanda Connolly, reporter pour le site IPolitics a demandé à Stéphane Dion si son gouvernement allait réparer les liens brisés par l'abominable administration précédente et si son gouvernement allait mettre de la pression sur Pékin afin d'améliorer les droits humains, plus particulièrement ceux de la famille de Kevin Garratt, un propriétaire de café canadien en Chine emprisonné depuis 2014 par la Chine parce que soupçonné d'espionnage militaire. Les questions avaient été préaprouvées par un regroupement de journalistes, mais les fils dans la tête de Wang se sont alors touchés.
"Votre question est pleine de préjudice contre la Chine et d'arrogance" a -t-il tonné à l'égard de la journaliste. "C'est totalement irresponsable et inacceptable". à-t-il continué et sur le ton sévère de la grogne pendant encore 2 minutes. Moi, j'aurais probablement coupé l'olibirius et lui aurait dit "en effet, votre vision des droits humains est totalement irresponsable et inacceptable" et j'aurais perdu mon accréditation de journaliste et probablement mon job. Mais la journaliste a sagement absorbé le coup.
Dion est resté immuable à ses côtés, pensant probablement au type de colle à utiliser afin de réparer les pots cassés.
Mais il ne devrait exister AUCUNE relation avec la Chine si celle-ci n'accepte pas de parler de l'éléphant dans la pièce: la perpétuelle violation des droits humains en Chine. Human Rights Watch a multiplié les alertes d'abus sur la violation des droits fondamentaux, incluant la liberté d'expression que ce pignouf tentait à son tour de museler.
Ta gueule Wang!
On va te poser les questions qu'on se doit de te poser!
Or we will kick your sorry ass.
Je l'écris pour qu'il me lise et me comprenne. Your attitude was pure shit. La question de Connolly était la bonne. Le Canada, si il a des couilles (donc sans Dion aux affaires étrangères) parlera des droits humains avec la Chine.
L'attitude de pure marde de Wang Yi à l'égard d'une question tout ce qu'il y a de plus légitime, prouve par 1000 toutes les accusations contre le viol de la liberté d'expression chinoise.
Mais ici, vous êtes au Canada d'Amérique.
Prend ta lèvre inférieure Wang, passe là par-dessus ta tête et avale, mon sale!
Sa crise de zouf a été piquée, non sans grande ironie, quelques jours seulement avant le 27ème anniversaire du massacre de la Place Tianamen où des tanks ont tués des centaines (peut-être des milliers, la Chine cache la chose) d'étudiants non-armés qui réclamaient un minimum de démocratie au pays. Des commémorations de la tragédie sont interdites au pays et en parler ou l'évoquer est tout aussi illégal. Ce moment ne s'est pas passé. Les familles des victimes qui ont demandé des compensations pour la mort de leurs proches sont depuis 1989 victimes d'harcèlement et sont sous surveillance en permanence. 4 Personnes la semaine dernière ont été arrêtées pour avoir voulu souligner le massacre.
Si Wang Yi avait l'intention de faire taire les journalistes canadiens sur le sujet, j'espère qu'il comprend qu'il a créé tout à fait le contraire.
Au Canada, se faire sermonner par des Wang Yi, ça éveille des sentiments de terrorisme social.
Prochaine visite Wang, tu pourras décommander si tu veux.
Ici, on se parle.
lundi 6 juin 2016
dimanche 5 juin 2016
Cassius Marcellus Clay Jr (1942-2016)
L'aîné des deux fils de Cassius Marcellus Clay Sr, Celui qui sera connu sous le nom de Muhammad Ali a été élevé au Kentucky.
Jeune garçon au tempérament agité, il vole des bicyclettes et est introduit à l'âge de 12 ans à la boxe comme diversion à la délinquance. Il gagne alors 4$ par semaine pour boxer dans une émission de talents sportifs locale. De manière plus importante encore il est introduit à la télévision dont il comprend la mécanique rapidement et qui aura un impact sur toute sa vie.
Clay est une telle star de la boxe qu'il ira représenter son pays aux Olympiques de Rome en 1960 et raflera la médaille d'or dans la catégorie des poids légers. Il a 18 ans.
Sa carrière amateur se termine avec une fiche de 100 victoires et de 5 défaites.
À 6 pîeds 3, Clay a vite développé chez les pros un style particulier où, au lieu de se protéger le visage, il gardait les gants relativement bas et évitait les coups en les esquivant rapidement et en se dandinant avec quelques pas de danse. Il gagne ses 19 premiers combats dont 15 par k.o.
De plus, il développe son style "jacasseur" alors qu'il s'amuse à prédire (correctement) avant les combats le round dans lequel il couchera son adversaire. Il se gagne une solide réputation rapidement en infligeant des premières défaites à des boxeurs établis, des boxeurs des fois de plus de 40 combats. À partir des ce moment Clay se fait aller la mâchoire avant chaque combat. Il déblatère toutes sortes de vacheries sur son adversaire avant les combats afin de l'intimider comme le fait "Gorgeous" George Wagner, un populaire lutteur de Los Angeles. On le surnomme "The Louisville Lip".
Les Beatles et Muhammad Ali charment l'Amérique en même temps. Un vent nouveau souffle sur l'Amérique, ils en seront le souffle.
En 1964 Clay est prévu de se battre contre le champion en titre Sonny Liston. Toutefois on le voit dans l'entourage de Malcolm X, un membre de la nation de l'Islam et Malcolm X vient de tenir des propos controversés sur l'assassinat de Kennedy. On craint une foule hostile où il pourrait y avoir de la casse. On suggère à Clay de parler de sa conversion à l'Islam seulement après le combat. Clay surnomme Liston "The big ugly bear" et parle pour la première fois de son style à lui qui est ""float like a butterfly and sting like a bee".
À 22 ans, Casius Clay devient le nouveau champion forçant Sonny Liston a abandonner au 7ème round. Un combat revanche en Mai 1965 sera catastrophique pour Liston qui sera mis k.o dès le premier round. Entre temps Clay est devenu Muhammad Ali. Il est converti à l'islam et rejoint la Nation of Islam, regroupement amalgamant religion et défense des droits civiques des noirs.
En 1967 Ali est toujours champion, Ernie Terrell l'insulte en ne reconnaissant pas son nouveau nom Musulman. Ali promet de le punir ce qu'il fait dans un combat en lui répétant (3:42 ici) "What's my Name?" avant de gagner la décision. Au bout de 15 rounds Terrel n'est pas tombé mais il est physiquement démoli.
Se présentant comme un objecteur de conscience à la Guerre du Vietnam il refuse d'y participer lorsque l'appel aux armes se fait entendre à sa porte. On choisit de lui retirer son titre de champion et on lui interdit de se battre. Ali prétend que les Vietnamiens ne l'on jamais traité de "nègre", alors il n'a rien contre eux.
En 1970 on lui redonne le droit de se battre. Il bat deux opposants cette année là. En mars 1971 Ali doit se battre contre Joe Frazier dans "le combat du siècle". Ce combat mettra en vedette deux boxeurs n'ayant jamais perdu. Frazier secoue le monde de la boxe en battant Ali.
En 1973, Ken Norton inflige une seconde défaite à Ali par décision partagée. Ali gagne le combat revanche mais toujours par décision partagée. Un combat revanche contre Joe Frazier (qui vient de perdre son titre de champion du monde contre George Foreman) a lieu en 1974 et Ali le gagne par décision.
Le 30 octobre 1974 est prévu le fameux Rumble in the Jungle au Zaire contre George Foreman. Tout ce qui tourne autour de ce combat à lui seul est un fabuleux documentaire (oscarisé)qui vaut la peine d'être vu, amateur de boxe ou non. Ali, que l'on croyait fini, réussi à fatiguer Foreman en se laissant frapper dans une technique qu'il a appelé Rope-a-dope et choisit de miser à 100% sur le knockout. Il réussit l'impossible au 8ème round. Foreman n'avait jamais dépassé trois rounds avec un adversaire.
À 45 ans Muhammad ali était de retour au sommet de son sport. Ne cessant jamais d'entretenir son public.
En mars 1975, Chuck Wepner surprend tout le monde (Ali le premier) en couchant le champion au 9ème round. Ali en fait finalement une bouchée avant la fin du dernier round. C'est ce combat qui inspirera le film Rocky de Sylvester Stallone.
Il bat deux autres aspirants avant d'affronter Frazier à nouveau à Manille dans ce qu'ils ont appelé Thrilla in Manilla. Au 15ème round Frazier ne peut plus se présenter car son oeil est complètement fermé. Ali est toujours champion.
Il assomme deux autres aspirants en 1976 puis, en parfait showman, lutte contre un expert en arts martiaux asiatique, Antonio Inoki. Ce qui devait être quelque chose d'amusant devient toutefois compliqué. L'artiste japonais lui travaille les jambes pendant tout le combat qui sera déclaré nul à la toute fin. Les jambes d'Ali saignent et s'infectent. En septembre Ali bat difficilement Ken Norton par décision très serrée (et controversée)au Yankees Stadium. En 1977 Ali bat deux autres aspirants et perds son docteur attitré qui lui conseillait de se retirer.
C'était probablement le bon conseil car Leon Spinks bat Ali en Février 1978. En septembre de la même année, Ali reprend dans la controverse au parfum de corruption son titre dans un combat revanche en Louisiane contre le même Spinks.
Ali se retire dans la gloire en 1979 mais on lui offre 8 millions en 1980 pour affronter son ancien partenaire d'entrainement, Larry Holmes champion du monde. Holmes le démolit complètement à un point tel que l'entraineur d'Ali refuse de le laisser retourner dans le ring après le 11ème round. Ce sera la seule fois de sa vie que cela se produira.
Trevor Berbick met un terme à la carrière de boxe de Muhammad Ali en 1981 en le battant par décision unanime après 10 rounds. Drama in Bahama sera son dernier combat.
Trois ans plus tard on diagnostique la maladie de Parkinson chez Muhammad Ali.
L'héritage de Muhammad Ali est immense.
Pour plusieurs noirs d'Amérique et d'ailleurs, Muhammad Ali a donné une dignité, une confiance, une assurance et un spectacle incroyable. En représentation 24 heures sur 24, il répond à toutes les questions et a toujours le dernier mot.
Quand Holmes va le voir à L'hopital le lendemain de sa raclée, il continue de le narguer "I'll get you Holmes!"
Quand on lui demande de composer le plus court poème il répond, unificateur, du tac-au- tac "me, we"
C'est plus qu'un personnage qui est décédé vendredi, c'est une icône.
Un Homme qui aura tenu tête au Parkinson depuis plus de 30 ans.
Une légende.
Bonne nuit Muhammad,
Tks for the show.
samedi 4 juin 2016
Le Show de Manchester Générateur de Band
1976. Manchester
Il y avait depuis quelques temps ce band de musique qui ne cessait de se compromettre dans des batailles, qui en provoquaient, qui en créaient, et qui se faisaient expulser de la scène dans le chaos.
On les appelait les Sex Pistols. Il n'y avait aucune chance qu'on les passe à la radio et c'était le plus bel acte de subversion possible pour les Anglais qui ne voulaient pas beaucoup de la vague disco qui les encerclait d'Australie, d'Italie et d'Amérique.
C'est au Lesser Free Trade Hall qu'allait survenir un important moment de l'histoire de la musique populaire quand Bob Dylan, jouant électrique sur scène, se fera crier "Judas!" par un spectateur à qui il répliquera "I don't believe you" puis "you're a liar" avant d'ordonner à son band de jouer "fucking loud!".
C'est sur ce même Lesser Free Trade Hall qu'allait exploser un genre.
Johnny Rotten au chant, Steve Jones à la guitare, Glen Matlock à la basse et Paul Cook à la batterie allaient jouer 13 chansons sur scène devant quelques 40 spectateurs. Sid Viscious n'est pas encore dans le band, il est spectateur. Il suit le band partout. Il se bat continuellement en dansant le pogo stick. Il est fou.
Le band n'a pas encore composé deux de leurs plus fameuses chansons : God Save The Queen et Anarchy in the U.K.
On appellera ce court mais intense spectacle "The Gig That Changed the World". Le mouvement punk est né.
Parmi les 42 spectateurs:
John the Postman, qui se lancera comme musicien lui aussi deux ans plus tard tout en gardant son travail de facteur.
Steven Patrick Morrissey, futur The Smiths trouvera le show tout à fait insupportable. Le son n'étant que du bruit à ses oreilles.
Stiff Kittens, qui comprend Terry Mason, Peter Hook, Stephen Morris et Bernard Sumner.
Plus loin, Ian Curtis.
Si on soustrait Mason au premier trio et qu'on y place Curtis, on a la naissance de Warsaw qui deviendra Joy Division.
Ian Curtis se soustraira à la vie et naîtra New Order.
Tony Wilson, alors animateur d'une émission télévisée fort populaire sur la musique.
Martin Hannett. futur producteur de Joy Division, les Pyschedelics Furs, New Order et les Happy Mondays.
Mark E. Smith qui allait ensuite former The Fall.
Pete Shelley & Howard Devoto qui, non seulement organisent la soirée, mais qui devaient aussi assumer la première partie du spectacle, mais ne se trouvent pas de batteur ou de bassiste à temps, avant de devenir officiellement les Buzzcocks.
Le chanteur de Frantic Elevators, Mick Hucknall, qui sera connu par la suite sous le nom de Simply Red et qui retravaillera un de ces titres avec ce band pour se partir.
Ailleurs, dans la même tournée, Mick Jones et Paul Simonon, puis Joe Strummer (séparément) verront tous trois le même band. Jones & Simonon voudront former leur propre band et à la recherche d'un chanteur, ils auditionneront Steven Patrick Morrissey, qu'il n'engageront pas, le trouvant trop affecté et pas assez punk. Joe Strummer en revanche aura tout ce qu'il faut pour faire naître The Clash.
The Damned allait aussi naître de cette tournée et même y participer. Dave Vanian, Captain Sensible et Rat Scabies étaient tous membres de Masters of the Backside qui comprend alors aussi Chrissie Hynde, future Pretenders. Après avoir vu les Sex Pistols, ils veulent faire partie du mouvement et le feront vite. Dès le 6 juillet suivant, ils assument la première partie du show des Sex Pistols sous le nom de The Damned à Londres. The Damned sera le premier band punk à exporter en Amérique un single, 5 semaines avant que les Sex Pistols ne le fassent, eux-mêmes.
Pendant ce temps, The Clash commence sa carrière et dans leur foule devient immensément populaire Shawn MacGowan, qui s'y trouve avec des amies dont Suzie Jane Ballion. Le premier fera la une des journaux quand il mord le lobe d'oreille d'une amie, qui fera de même avec lui, répandant leur sang partout et laissant croire à du cannibalisme au show de The Clash. Fabuleuse pub pour The Clash. MacGowan sera le leader de The Pogues pendant la meilleure partie de leur carrière. Suzie Jane sera tout aussi fameuse dans la peau de Siouxie Sioux.
Sur scène, avec les Sex Pistols, Matlock se fâchera avec Johnny Rotten et cèdera sa place à la basse à Sid Viscious. Matlock fondera Rich Kids avec Midge Ure au chant. Ce dernier formera plus tard Ultravox, avant de faire un peu de solo.
Tout ça avait comme racine un spectacle que l'on payait 50 pences à Malcolm McLaren lui-même, alors gérant des Sex Pistols, qui ramassait les sous à la porte.
La rage sur scène faisaient écho à des démons intérieurs qui ne demandaient qu'à être libérés.
On dit à la blague que tout ceux qui ont assisté à ce spectacle ont parti un band. Ce qui est presque vrai. Plusieurs se réclament de cette tournée: Duran Duran, Billy Idol, Steven Severin, Robert Smith entre autres artistes.
Johnny Rotten, Steve Jones, Glen Matlock et Paul Cook arrivaient sur scène avec une attitude nouvelle, il y avait une réelle rancune dans leur manière de livrer leur performance, une pure agression doublée d'une indifférence par rapport au public qui frôlait parfois le mépris. Ça ne ressemblait à rien de qui avait déjà été fait auparavant. Ça se rapprochait de l'anarchie sonore proposée par Lou Reed et aussi loin que possible du lyrisme musical proposé par Santana.
Ces voix qui avaient de la gueule et qui l'assumaient pleinement allaient avoir un tel écho qu'elles charmeraient plus que les 42 spectateurs du Lesser Free Trade Hall de Manchester.
Elle changerait les oreilles du monde entier face à la musique.
Mais surtout, les attitudes.
Offrirait encore une parenté au grunge des années 90.
Le spectacle générateur de band de Manchester prenait place aujourd'hui il y a 40 ans.
vendredi 3 juin 2016
L'Homoérotisme de Vladimir Poutine
J'ai travaillé au coin de Berri et de la rue Ste-Catherine. C'est tout à fait aux portes du village gay.
J'y travaillais dans un magasin de musique, littérature et cinéma centenaire. Au sous-sol, puis au-dessus de la caisse populaire qui s'y trouvait derrière. Hétérosexuels, nous étions passablement minoritaires. Gars comme filles, étions parfois courtisé subtilement par le même sexe. Des flirts pour tâter les eaux. Comme je savais très bien à quelle enseigne je logeais, ça m'a toujours fait rire. Je trouvais confortable cette idée que l'on me trouve de son goût, mais que je sois tout à fait inatteignable. Sexuellement j'entends. Entre hétéros, on avait le réflexe naturel de bien souvent se tenir ensemble. Gars comme filles. Comme je suis imberbe des jambes, j'étais une cible facile l'été, en bermudas. Je m'en amusais et ai beaucoup appris de ces gens.
Un de mes collègues m'expliquait qu'avant de s'avouer lui-même homosexuel, il avait passé par une période d'extrême virilité. Manteau de cuir, barbe longue, look tough. Il s'était même acheté une moto. Machissimo au maximum. Comme si comme dernier moment de résistance morale et physique, son corps lui avait ordonné de jouer toute les dernières cartes du mâle ultime. Sans succès. Il réagissait dans le déni. Il ne pouvait aller contre nature et ses désirs le guidaient vers les hommes.
Le Président Russe, Vladimir Poutine, du point de vue Américain, a un côté caricatural extraordinairement risible. Sa manière de nier l'implication Russe dans le conflit avec l'Ukraine et la Crimée est aussi non crédible qu'une Geneviève Jeanson niant sa prise d'EPO ou un Gilles Vaillancourt niant sa corruption.
Si vous tapiez Putin, dans le moteur de recherche Google Images, il y a tout juste trois ans, vous tombiez immanquablement sur une session de photo mettant en vedette le Président russe en bedaine en train de chasser. de pêcher, de flatter un cheval, de monter un cheval, de marcher près de la rivière regardant l'arc-en-ciel au loin...c'est connu, tout hétérosexuel fait tout ça généralement...en bedaine...
Visiblement cette journée de photos avait une visée virile qui a fait rigoler bien des gens à en juger par le nombre de photomontage qui sont nées de cette session photo.
Plus sérieusement, Vladimir Poutine a travaillé par le passé pour les services secrets, fortement reconnu pour être extrêmement "gay-friendly". Le mariage de Poutine n'a jamais paru vrai non plus. Très très rarement, sinon jamais, n'a-t-on vu Vladimir avec sa femme avant leur divorce en 2014. Et encore. Plusieurs ne le savaient pas marié. On le voit aussi très proche de son ministre Dmitry Medvedev. Dans une démonstration d'arts martiaux, sport fameusement tactile, il montre à nouveau une facette relativement comique de sa personne. Si quelqu'un le plaquait au sol, se méritait-il le goulag?
Poutine a en quelque sorte été poussé vers le pouvoir plus qu'il n'a souhaité y trôner. Oh! maintenant qu'il y est, il ne bougerait plus de là, mais il a fallu lui forcer la main pour qu'il accepte la présidence. Il a toujours préféré la présence d'animaux à celle des hommes, et ce poste allait le forcer à côtoyer des centaines et des centaines d'hommes. Et de partout dans le monde.
En Russie, Poutine refuse de donner son avis sur l'idée que l'on devient gay ou que l'on est né gay et le découvre et l'accepte avec le temps. Il répond tout de même en quelque sorte en disant que parler de l'homosexualité et de relations sexuelles hors normes donnait un mauvais exemple aux enfants.
La loi russe sous Poutine déclare que la propagande homosexuelle est interdite. Mais que les homosexuels ont le droit d'exister et ne sont pas criminels pour autant. Tant qu'ils restent secrets*.
Don't ask, don't tell
Une politique qui devrait être appliquée à TOUTE les religions du monde.
Le grand fan d'Elton John qu'est Vladimir Poutine ne peut pas faire autrement que de soutenirsa famille la communauté LGBT.
La communauté internationale ne lui pardonnerait pas.
Ses amis non plus.
Sa sexualité ne regarde que lui.
Homo ou hétéro, on s'en sacre pas mal.
Mais l'homoérotisme criant des photos de lui sur le net font penser qu'il est de la famille de mon collègue de travail, coin Berri-Ste-Catherine.
Autrement, c'est fou ce que son numéro de monsieur macho, c'est zéro vu d'ici.
J'ai l'impression que cette résistance, feutrée d'une certaine tolérance, face aux homosexuels de la part de Poutine plait à mes anciens collègues.
Je devine Vlad populaire dans le village.
*Comme lui?
J'y travaillais dans un magasin de musique, littérature et cinéma centenaire. Au sous-sol, puis au-dessus de la caisse populaire qui s'y trouvait derrière. Hétérosexuels, nous étions passablement minoritaires. Gars comme filles, étions parfois courtisé subtilement par le même sexe. Des flirts pour tâter les eaux. Comme je savais très bien à quelle enseigne je logeais, ça m'a toujours fait rire. Je trouvais confortable cette idée que l'on me trouve de son goût, mais que je sois tout à fait inatteignable. Sexuellement j'entends. Entre hétéros, on avait le réflexe naturel de bien souvent se tenir ensemble. Gars comme filles. Comme je suis imberbe des jambes, j'étais une cible facile l'été, en bermudas. Je m'en amusais et ai beaucoup appris de ces gens.
Un de mes collègues m'expliquait qu'avant de s'avouer lui-même homosexuel, il avait passé par une période d'extrême virilité. Manteau de cuir, barbe longue, look tough. Il s'était même acheté une moto. Machissimo au maximum. Comme si comme dernier moment de résistance morale et physique, son corps lui avait ordonné de jouer toute les dernières cartes du mâle ultime. Sans succès. Il réagissait dans le déni. Il ne pouvait aller contre nature et ses désirs le guidaient vers les hommes.
Le Président Russe, Vladimir Poutine, du point de vue Américain, a un côté caricatural extraordinairement risible. Sa manière de nier l'implication Russe dans le conflit avec l'Ukraine et la Crimée est aussi non crédible qu'une Geneviève Jeanson niant sa prise d'EPO ou un Gilles Vaillancourt niant sa corruption.
Si vous tapiez Putin, dans le moteur de recherche Google Images, il y a tout juste trois ans, vous tombiez immanquablement sur une session de photo mettant en vedette le Président russe en bedaine en train de chasser. de pêcher, de flatter un cheval, de monter un cheval, de marcher près de la rivière regardant l'arc-en-ciel au loin...c'est connu, tout hétérosexuel fait tout ça généralement...en bedaine...
Visiblement cette journée de photos avait une visée virile qui a fait rigoler bien des gens à en juger par le nombre de photomontage qui sont nées de cette session photo.
Plus sérieusement, Vladimir Poutine a travaillé par le passé pour les services secrets, fortement reconnu pour être extrêmement "gay-friendly". Le mariage de Poutine n'a jamais paru vrai non plus. Très très rarement, sinon jamais, n'a-t-on vu Vladimir avec sa femme avant leur divorce en 2014. Et encore. Plusieurs ne le savaient pas marié. On le voit aussi très proche de son ministre Dmitry Medvedev. Dans une démonstration d'arts martiaux, sport fameusement tactile, il montre à nouveau une facette relativement comique de sa personne. Si quelqu'un le plaquait au sol, se méritait-il le goulag?
Poutine a en quelque sorte été poussé vers le pouvoir plus qu'il n'a souhaité y trôner. Oh! maintenant qu'il y est, il ne bougerait plus de là, mais il a fallu lui forcer la main pour qu'il accepte la présidence. Il a toujours préféré la présence d'animaux à celle des hommes, et ce poste allait le forcer à côtoyer des centaines et des centaines d'hommes. Et de partout dans le monde.
En Russie, Poutine refuse de donner son avis sur l'idée que l'on devient gay ou que l'on est né gay et le découvre et l'accepte avec le temps. Il répond tout de même en quelque sorte en disant que parler de l'homosexualité et de relations sexuelles hors normes donnait un mauvais exemple aux enfants.
La loi russe sous Poutine déclare que la propagande homosexuelle est interdite. Mais que les homosexuels ont le droit d'exister et ne sont pas criminels pour autant. Tant qu'ils restent secrets*.
Don't ask, don't tell
Une politique qui devrait être appliquée à TOUTE les religions du monde.
Le grand fan d'Elton John qu'est Vladimir Poutine ne peut pas faire autrement que de soutenir
La communauté internationale ne lui pardonnerait pas.
Ses amis non plus.
Sa sexualité ne regarde que lui.
Homo ou hétéro, on s'en sacre pas mal.
Mais l'homoérotisme criant des photos de lui sur le net font penser qu'il est de la famille de mon collègue de travail, coin Berri-Ste-Catherine.
Autrement, c'est fou ce que son numéro de monsieur macho, c'est zéro vu d'ici.
J'ai l'impression que cette résistance, feutrée d'une certaine tolérance, face aux homosexuels de la part de Poutine plait à mes anciens collègues.
Je devine Vlad populaire dans le village.
*Comme lui?
jeudi 2 juin 2016
Robins des Noix
Il est plutôt difficile d'avoir une forme de sympathie pour ceux qui se sont pris pour des Robins des bois et qui ont pillé, vandalisé et voler un (des) commerce (s) de St-Henri samedi dernier.
Ils étaient masqués, ce qui est déjà une première forme de lâcheté.
Les pilleurs ont laissé des indices comme quoi ils remettraient certains des produits volés à des gens dans le besoin.
Existe-t-il quelque chose de plus vague que "des gens dans le besoin"?
Sur papier gouvernemental, je serais quelqu'un qui serait dans le besoin. Mon salaire est sous le seuil de la pauvreté. Est-ce que ça me donnerait le droit d'aller voler chez l'épicerie fine du coin de la rue? Non, je n'achète tout simplement pas.
Il n'y a absolument aucune vertu à perpétrer des actes de violence intrusifs de la sorte. Ce n'est pas du tout un acte de justice sociale que de voler le fruit du travail d'un autre et de le donner à d'autre. C'est de la révolte avec malsaine avec insistance sur les trois lettres du milieu du mot révolte.
Ces gens pensent que les voleurs se sont les commerces. Boycottez-les, ils mourront d'eux-mêmes!
Depuis plusieurs mois, des graffitis annonçaient ce dérapage. On y attaquait ce qu'on appelle la gentrification du quartier. (Gentrification: tendance à l'embourgeoisement d'un quartier populaire). Le vendredi précédent la casse, des gens masqués (les mêmes?) ont lancé des bombes fumigènes dans le High-End Juice Bar qui ouvrait alors ses portes au coin de Notre-Dame Ouest près de St-Philippe. Un membre masqué a aussi poivré le propriétaire de l'endroit.
Dans la nuit de samedi à dimanche, on a aussi vandalisé des commerces sélectionnés en brisant des vitres avec bars de métal et des boules de billard. La pauvre employée qui gérait seule l'épicerie du comédien Maxime Tremblay, pillé et volé samedi, a été solidement secouée par l'expérience, cousine du terrorisme.
Les nouveaux condominiums près du canal Lachine, ainsi que l'ouverture d'un site hospitalier appartenant à l'université McGill a attiré des résidents légèrement plus fortunés. À la Justin Trudeau, des gens ont choisi de s'attaquer au succès des autres.
Un quartier diversifié est un quartier sain.
Plusieurs résidents vivent de l'aide sociale mais justement, la rage est mal calculée. Les nouvelles entreprises investissent dans des endroits inoccupés, ils ne poussent pas les résidents qui ne peuvent se payer leurs produits hors de chez eux. Même que la venue de ces nouveaux commerces augmente la valeur des propriétés autour. Il existe des protections, protégeant le locataire de soudaine augmentations de loyer, mais il n'existe pas la même chose pour les entreprises.
La gentrification amène inexorablement du changement, mais il stimule aussi l'économie, créé des emplois, paie des taxes, des taxes essentielles aux programmes sociaux comme l'aide sociale.
Ils se mordent la queue.
Ces casseurs n'ont rien de justiciers ou de Robin des Bois, ils ne sont qu'éperdus qui se sont convaincus de la logique du pire.
La meilleure réponse que ces commerces pourraient offrir à ces gens serait d'engager certains de ces désespérés pour les employer dans leur business.
St-Henri n'est ni Fallujah, ni Damas.
C'est encore moins Dubaï.
Et pas du tout Notthingham,
Il y a encore plus d'une douzaine de locaux vacants pour de nouveaux commerce dans St-Henri.
Des commerces, il y en aura d'autres.
À moins que ces gens ne veulent rebaptiser leur quartier Shithole.
Ils étaient masqués, ce qui est déjà une première forme de lâcheté.
Les pilleurs ont laissé des indices comme quoi ils remettraient certains des produits volés à des gens dans le besoin.
Existe-t-il quelque chose de plus vague que "des gens dans le besoin"?
Sur papier gouvernemental, je serais quelqu'un qui serait dans le besoin. Mon salaire est sous le seuil de la pauvreté. Est-ce que ça me donnerait le droit d'aller voler chez l'épicerie fine du coin de la rue? Non, je n'achète tout simplement pas.
Il n'y a absolument aucune vertu à perpétrer des actes de violence intrusifs de la sorte. Ce n'est pas du tout un acte de justice sociale que de voler le fruit du travail d'un autre et de le donner à d'autre. C'est de la révolte avec malsaine avec insistance sur les trois lettres du milieu du mot révolte.
Ces gens pensent que les voleurs se sont les commerces. Boycottez-les, ils mourront d'eux-mêmes!
Depuis plusieurs mois, des graffitis annonçaient ce dérapage. On y attaquait ce qu'on appelle la gentrification du quartier. (Gentrification: tendance à l'embourgeoisement d'un quartier populaire). Le vendredi précédent la casse, des gens masqués (les mêmes?) ont lancé des bombes fumigènes dans le High-End Juice Bar qui ouvrait alors ses portes au coin de Notre-Dame Ouest près de St-Philippe. Un membre masqué a aussi poivré le propriétaire de l'endroit.
Dans la nuit de samedi à dimanche, on a aussi vandalisé des commerces sélectionnés en brisant des vitres avec bars de métal et des boules de billard. La pauvre employée qui gérait seule l'épicerie du comédien Maxime Tremblay, pillé et volé samedi, a été solidement secouée par l'expérience, cousine du terrorisme.
Les nouveaux condominiums près du canal Lachine, ainsi que l'ouverture d'un site hospitalier appartenant à l'université McGill a attiré des résidents légèrement plus fortunés. À la Justin Trudeau, des gens ont choisi de s'attaquer au succès des autres.
Un quartier diversifié est un quartier sain.
Plusieurs résidents vivent de l'aide sociale mais justement, la rage est mal calculée. Les nouvelles entreprises investissent dans des endroits inoccupés, ils ne poussent pas les résidents qui ne peuvent se payer leurs produits hors de chez eux. Même que la venue de ces nouveaux commerces augmente la valeur des propriétés autour. Il existe des protections, protégeant le locataire de soudaine augmentations de loyer, mais il n'existe pas la même chose pour les entreprises.
La gentrification amène inexorablement du changement, mais il stimule aussi l'économie, créé des emplois, paie des taxes, des taxes essentielles aux programmes sociaux comme l'aide sociale.
Ils se mordent la queue.
Ces casseurs n'ont rien de justiciers ou de Robin des Bois, ils ne sont qu'éperdus qui se sont convaincus de la logique du pire.
La meilleure réponse que ces commerces pourraient offrir à ces gens serait d'engager certains de ces désespérés pour les employer dans leur business.
St-Henri n'est ni Fallujah, ni Damas.
C'est encore moins Dubaï.
Et pas du tout Notthingham,
Il y a encore plus d'une douzaine de locaux vacants pour de nouveaux commerce dans St-Henri.
Des commerces, il y en aura d'autres.
À moins que ces gens ne veulent rebaptiser leur quartier Shithole.
mercredi 1 juin 2016
Présents
Mince, mais réel.
Il y a eu progrès.
À la sixième semaine dans mon garage, j'ai ouvert la boîte contenant le BBQ. Oh! je ne l'ai pas monté encore. ça se fera dans les trois prochains jours. Mais la boîte est ouverte. Je ne sens aucunement l'urgence car pour moi, une cuisson au barbecue, c'est un peu comme un film en salle ou une voiture de luxe, je n'y vois aucune valeur ajoutée. Même que lorsqu'on fait du BBQ, on mange généralement dehors et j'aime assez peu manger dehors. Les insectes de toute sorte s'y invitent et on est continuellement debout à courir des items oubliés dans le déménagement de la cuisine à l'extérieur.
Le cardinal chantait beaucoup et en effet, je sentais mon défunt père très près de moi ce jour-là. Un jour de congé où les mots BBQ, micro-ondes, paillis étaient inscrits dans la liste "faudrait" signée de la main de l'amoureuse.
J'attendais le plus tard possible pour une raison toute simple avant de changer le micro-ondes qui avait rendu l'âme . Les ados étaient maintenant forcés de venir sur-le-champs manger leur souper si ils voulaient le manger chaud. En revanche, notre gestion des restes commençaient à souffrir alors il fallait faire quelque chose. C'est ce que le cardinal venait me chanter aussi. Déniaise, fils!
Il y a de ces jours comme ça où je sens mon père tout près de moi. Des jours où inévitablement j'ai aussi vécu la présence du cardinal derrière chez nous. Cet avant-midi là, je voulais savourer mon congé et surtout terminer mon livre sur Chaplin pour en commencer un autre. Mais je sentais le souffle impérial paternel dans mon cou, comme quand je jouais le plus longtemps possible avec mes cartes de hockey, enfant, et que mon père m'avait demandé de faire une tâche quelconque.
Je crois que bien des choses sont des constructions de l'esprit. Mais je crois de plus en plus en certaines présences plus ou moins surnaturelles. Je ne veux pas trop vous emmerder avec ça, car je me sens moi-même un peu zouf quand je les vis, mais merde, je les vis.
Mon père me faisait le cadeau de sa présence morale ce jour-là.
Une journée très chaude et humide qui s'est transformée en déluge pluvieux.
(Coup de main de Dad, je n'avais pas arrosé mon bout de terre qui doit redevenir gazon)
Je me suis mis en mission micro-ondes.
J'ai été l'acheter dans un magasin de giga-vrac où on achète en général des tonnes de choses pas simplement un seul article. Peu consommateur, dans mon panier il n'y avait qu'un seul article: le micro-ondes. Devant moi, une femme, peut-être mon âge (je ne reconnais plus mon âge, j'ai plafonné dans ma maturité) qui elle, n'avait pas de panier, mais beaucoup de matériel. Des fruits, des légumes, du café en poudre, des accessoires. Assez pour remplir son sac à dos. Je n'ai pas pu m'empêcher de passer un commentaire.
"Vous allez apportez tout ça toute seule dans votre sac?"
"Je vais faire mieux, je vais pédaler jusqu'à Deux-Montagnes avec ma commande, mon chum et moi avons fait le choix de vivre avec une seule voiture, pour des raisons aussi écologiques que financières et je fais beaucoup de choses en vélo depuis"
"...depuis longtemps?"
"...depuis 1 an..." elle a rougi "On essaie..." a-t-elle ajouté, incertaine.
"C'est noble" que j'ai dit pour la rassurer. Et je le pensais. Je pense même que je l'enviais. Le temps de lecture en transport en commun me manque. Elle m'a expliqué qu'elle prenait son vélo jusqu'à la station de train, le barrait sur place jusqu'au lendemain, puis prenait le train jusque chez elle. Que c'était sa mère qui lui avait inspiré ce rythme de vie. Je trouvais franchement tout cela délicieux. Sain à plusieurs niveaux.
"Votre mère mène ce train de vie?"
"Ma mère me parle souvent" m'a t-elle dit avec dans les yeux une charme émotive nouvelle. J'ai laissé l'espace se meubler de son regard planté dans le mien. Elle semblait attendre une réaction de ma part, je n'en ai pas eu. Ses yeux brillaient d'un reflet perlé.Elle a rajouté:
"Ma mère est décédée subitement au mois de mai l'an dernier, elle n'avait que 59 ans".
Je crois lui avoir offert mes sympathies. Je ne me rappelle plus. Je venais de vivre un avant-midi où je sentais mon père tout près et là je croisais par pur hasard une femme qui sentait sa mère assez souvent près d'elle.
Sa mère morte.
Au retour, j'aimis le micro-ondes dans le garage à côté du BBQ branché le nouveau micro-ondes qui était en fait le même.
J'ai été voir derrière la maison. Pas trouvé de cardinal en train de chanter.
J'ai cuit des brochettes sur un BBQ tout neuf.
Car je l'avais monté tout seul.
En me faisant chier, bien entendu.
Et c'est seulement là que le cardinal est venu chanter son chant de fin de journée...
Il y a eu progrès.
À la sixième semaine dans mon garage, j'ai ouvert la boîte contenant le BBQ. Oh! je ne l'ai pas monté encore. ça se fera dans les trois prochains jours. Mais la boîte est ouverte. Je ne sens aucunement l'urgence car pour moi, une cuisson au barbecue, c'est un peu comme un film en salle ou une voiture de luxe, je n'y vois aucune valeur ajoutée. Même que lorsqu'on fait du BBQ, on mange généralement dehors et j'aime assez peu manger dehors. Les insectes de toute sorte s'y invitent et on est continuellement debout à courir des items oubliés dans le déménagement de la cuisine à l'extérieur.
Le cardinal chantait beaucoup et en effet, je sentais mon défunt père très près de moi ce jour-là. Un jour de congé où les mots BBQ, micro-ondes, paillis étaient inscrits dans la liste "faudrait" signée de la main de l'amoureuse.
J'attendais le plus tard possible pour une raison toute simple avant de changer le micro-ondes qui avait rendu l'âme . Les ados étaient maintenant forcés de venir sur-le-champs manger leur souper si ils voulaient le manger chaud. En revanche, notre gestion des restes commençaient à souffrir alors il fallait faire quelque chose. C'est ce que le cardinal venait me chanter aussi. Déniaise, fils!
Il y a de ces jours comme ça où je sens mon père tout près de moi. Des jours où inévitablement j'ai aussi vécu la présence du cardinal derrière chez nous. Cet avant-midi là, je voulais savourer mon congé et surtout terminer mon livre sur Chaplin pour en commencer un autre. Mais je sentais le souffle impérial paternel dans mon cou, comme quand je jouais le plus longtemps possible avec mes cartes de hockey, enfant, et que mon père m'avait demandé de faire une tâche quelconque.
Je crois que bien des choses sont des constructions de l'esprit. Mais je crois de plus en plus en certaines présences plus ou moins surnaturelles. Je ne veux pas trop vous emmerder avec ça, car je me sens moi-même un peu zouf quand je les vis, mais merde, je les vis.
Mon père me faisait le cadeau de sa présence morale ce jour-là.
Une journée très chaude et humide qui s'est transformée en déluge pluvieux.
(Coup de main de Dad, je n'avais pas arrosé mon bout de terre qui doit redevenir gazon)
Je me suis mis en mission micro-ondes.
J'ai été l'acheter dans un magasin de giga-vrac où on achète en général des tonnes de choses pas simplement un seul article. Peu consommateur, dans mon panier il n'y avait qu'un seul article: le micro-ondes. Devant moi, une femme, peut-être mon âge (je ne reconnais plus mon âge, j'ai plafonné dans ma maturité) qui elle, n'avait pas de panier, mais beaucoup de matériel. Des fruits, des légumes, du café en poudre, des accessoires. Assez pour remplir son sac à dos. Je n'ai pas pu m'empêcher de passer un commentaire.
"Vous allez apportez tout ça toute seule dans votre sac?"
"Je vais faire mieux, je vais pédaler jusqu'à Deux-Montagnes avec ma commande, mon chum et moi avons fait le choix de vivre avec une seule voiture, pour des raisons aussi écologiques que financières et je fais beaucoup de choses en vélo depuis"
"...depuis longtemps?"
"...depuis 1 an..." elle a rougi "On essaie..." a-t-elle ajouté, incertaine.
"C'est noble" que j'ai dit pour la rassurer. Et je le pensais. Je pense même que je l'enviais. Le temps de lecture en transport en commun me manque. Elle m'a expliqué qu'elle prenait son vélo jusqu'à la station de train, le barrait sur place jusqu'au lendemain, puis prenait le train jusque chez elle. Que c'était sa mère qui lui avait inspiré ce rythme de vie. Je trouvais franchement tout cela délicieux. Sain à plusieurs niveaux.
"Votre mère mène ce train de vie?"
"Ma mère me parle souvent" m'a t-elle dit avec dans les yeux une charme émotive nouvelle. J'ai laissé l'espace se meubler de son regard planté dans le mien. Elle semblait attendre une réaction de ma part, je n'en ai pas eu. Ses yeux brillaient d'un reflet perlé.Elle a rajouté:
"Ma mère est décédée subitement au mois de mai l'an dernier, elle n'avait que 59 ans".
Je crois lui avoir offert mes sympathies. Je ne me rappelle plus. Je venais de vivre un avant-midi où je sentais mon père tout près et là je croisais par pur hasard une femme qui sentait sa mère assez souvent près d'elle.
Sa mère morte.
Au retour, j'ai
J'ai été voir derrière la maison. Pas trouvé de cardinal en train de chanter.
J'ai cuit des brochettes sur un BBQ tout neuf.
Car je l'avais monté tout seul.
En me faisant chier, bien entendu.
Et c'est seulement là que le cardinal est venu chanter son chant de fin de journée...
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