Je ne sais trop quand tout ça a brisé.
Est-ce le cinéma qui m'a laissé tombé ou encore est-ce moi qui ait tout simplement vieilli et qui ai passé l'âge de payer trop cher pour une expérience aussi valide dans mon salon pour gratis?
C'est probablement un peu des deux.
Rien, Rien, RIEN au monde ne m'intéresse moins que des superhéros avec des pouvoirs surnaturels sur grand écran.
Je m'aperçois que les films qu'on nous propose offre bien peu d'histoires et énormément de contenu visuel. Soit, le cinéma est un médium visuel. Mais on en range pas son cerveau à l'entrée d'une salle pour autant. J'ai récemment été voir le dernier volet de la trilogie tiré des livres de Veronica Roth. J'y suis allé surtout pour les enfants et la blonde de mon fils qui ont aimé cette trilogie. Enfin, qui ont aimé la série The Hunger Games et comme la série Divergence est le Hunger Games des pauvres (récupérant jusqu'à l'actrice qui a perdu le rôle de Katniss au profit de Jennifer Lawrence), ils étaient prêts à aimer ce que les films avaient à offrir. Je leur ai demandé à la fin du film:
"Et alors? vous avez aimé?" Mollement et avec une précision adolescente, ils ont erré dans leurs commentaires et n'ont pas particulièrement eu de point de vue. L'amoureuse et moi, étions pour notre part, simplement content de faire une activité qui réunissait toute la famille + une belle fille. Mais au fond de moi-même, je vivais un xème deuil d'un art que j'aime tant que je l'ai étudié. ai rêvé d'en assurer la suite historique, et dans lequel j'ai même bossé un brin de temps. Le temps de comprendre que jamais je ne pourrais y faire un peu d'argent pour élever des enfants.
Il fût une époque où un film comprenant un chiffre dedans. Retour Vers le Futur 2, Le Flic de Beverly Hills 3. A Nightmare on Elm Street 4, Rocky 5, Friday the 13th Part IV, trahissait une telle envie d'étirer une bonne idée de départ, une telle envie de simplement remplir les coffres que de se rendre en salle voir ces films devenaient une participation au monde de la médiocrité nulle et du degré zéro de la création.
Nous y sommes presque à ce degré zéro de la création au cinéma. Vraiment.
Récemment, en cherchant à investir sur le film La Notte de Michelangelo Antonioni. je passais en magasin spécialisé. D'un seul regard, je croisais les films Jane Eyre (1), The Karate Kid (2), The Texas Chainsaw Massacre (3) et Straw Dogs (4).
Les chiffres entre parenthèses ne sont pas inclus dans les titres. C'est moi qui les rajoute.
(1)Pas l'une des 20 versions adaptées de Charlotte Brönté tournées entre 1910 et 1997. Celle de 2011 tournée avec Mia Wasikowska et Micheal Fassbender.
(2)Pas le film de 1984, ni la suite de 1986, ni celle de 1989, ni la version féminisée de 1994. La version infantilisée de 2010.
(3) Pas le film culte de 1974, tourné, avec seulement 300 000$ par Tobe Hooper mettant en vedette des non professionnels du Texas, rajoutant une touche de vérité à une histoire inspirée de vraies horreurs. Pas non plus les suites de 1986, 1990, 1994, le prequel de 2006, la version 3D de 2013 ou encore la version qui raconte la vie présumée de Leatherface.
(4) Pas le film culte de 1971 de Sam Peckinpah qui nous montrait un Dustin Hoffman au sommet de sa forme, après nous avoir épaté dans The Graduate, Midnight Cowboy et Little Big Man et avant de faire de même dans Lenny, Papillon ou All The President's Men. et qui peignait avec brio un portrait sombre de l'homme ainsi que de sa stupéfiante capacité de faire du mal avec des riens.
Non, dans les 4 cas, on parlait de remakes, tournés avec des vedettes générant de beaux dollars d'aujourd'hui, et avec des images qui voulaient montrer les visages et les possibles de 2011, 2010 2003 et 2011.
Et créativement, on peut semble-t-il bien peu.
Simplement en jetant un oeil sur les films à l'affiche du cinéma le plus près on y trouve sur 9 titres:
10 Cloverfield Lane: Qui croise Take Shelter et Misery.
Batman Vs Superman: Où le pilote d'une série de films sur les Avengers.
Deadpool: Le héros de la série de comics Marvel, la suite est en chantier.
Allegiant: ou Divergence 3.
London Has Fallen: Il faut sauver le Président, encore...
My Big Fat Greek Wedding 2
Sur 13 salles, 9 sont occupées par ces titres.
Tout le monde aime le cinéma. Alors pourquoi la torture?
Money grabbing, greedy, milking general audiences...non ce ne sont pas des titres de films, ce sont les mots qui me viennent à l'esprit quand je lis les menus de films au programme.
Avec les mots idiots, vides, sans contenu, sans substance.
Robocop 2014 avait la chance de peut-être intégrer une trame narrative qui évoquerait les nombreuses dérives policières des policiers blancs à l'égard de la population noire des États-Unis, mais non...même histoire, différents acteurs, différente époque, nouveaux dollars.
Ce n'est pas comme si on avait raconté toutes les histoires du monde.
Tout est encore possible!
Le monde de la musique emprunte de plus en plus la voie des reprises aussi.
ET LA CRÉATIVITÉ BORDEL?
J'ai l'impression qu'on a atteint de point de non retour où du modeste, mais sacrément délicieux, ne pouvait plus s'accomplir.
Comme les fraises.
Quoi de plus simple que le bon goût des fraises?
Vous vous rappeler quand elles avaient un format normal et qu'elles goûtaient légèrement sucré?
Et qu'elles avaient un prix abordable?
Deuil, les amis.
Je suis sorti de Divergence 3 avec le titanesque sentiment d'avoir assisté à une séance de jeu vidéo joué par quelqu'un d'autre. Et comme je ne m'intéresse pas du tout aux jeux vidéos...
Je ne dis pas que des films intelligents comme Carol, Ex Machina, Corbo, Inside Llewyn Davis devraient inonder nos écrans. Non, ce qui fait la beauté de ces films, c'est justement qu'ils sont rares. Et l'intelligence est généralement rare. Tout le monde (ou presque) est intelligent, mais peu utilise cette intelligence à bon escient. Mais une seule proposition comme celles suggérées plus haut tous les 3 mois, ça tue un art.
Dans les films, en ce moment, à Hollywood en tout cas, l'argent est nettement trop pesant.
Ramenez nous de bonnes idées, de bonnes histoires.
Et faites crever vos suites.
On prépare un film sur le jeune Han Solo.
On lancera la suite de Fifty Shades of Grey,
On est en pré-production pour Sicario II, ce qui me coupe l'envie de voir le premier.
On prétendait le 29 mars dernier que 162 films en cours de tournage étaient des suites.
Cent
Soixante
Deux
Je prêche dans le désert.
mardi 5 avril 2016
lundi 4 avril 2016
Malade Salade
C'est un George Orwell, fort éclairé et qui visait juste, qui disait:
"Un peuple qui élit des corrompus, des rénégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n'est pas victime, il est complice!"
Le parti Libéral de Jean Charest, qui se poursuit maintenant sous la main du docteur Phillipe Couillard est absolument tout ça.
Faut le faire quand même. Alors que l'on enterre l'une des femmes les plus formidables que le Québec ait connu, madame Marie-Claire Casgrain-Kirland, sur le parvis même de la l'église où on pleure sa mort, le Premier Minus viole l'intelligence collective (une fois de plus) en disant que son ministre Sam Hamad est en congé de maladie.
Ou si vous préférez pour nous dire: "Voyez cette poire pochée? c'est une banane mûre que l'on doit laisser reposer."
Chérie. cours chercher la canne de Raid.
Faut tu mépriser le sens commun un peu? CONGÉ DE MALADIE!
Sam Hamad est soupçonné de trafic d'influence et de graves manquement à l'éthique politique, ce que considère Couillard et ses frères, une légère pacotille. Comme un mauvais rhume.
Hamad a déjà dû quitter le conseil des ministres en 2004 pour traiter une vilaine tricholeucémie, ce qui était un VRAI congé de maladie. Mais ce travestisme d'hier sur la parvis de l'église se traduit plutôt comme une retraite de quelques semaines, le temps de préparer une défense face à l'inévitable, ne pas avoir à affronter les questions et les attaques de l'opposition et surtout être en mesure de garder tous les avantages de ministres et ainsi toucher la pleine pension lorsque finalement retiré de son poste, que ce soit sur le chemin de la prison ou encore sur la route menant à la maison quand tout ça sera éclairci.
Les Libéraux sont corrompus, rénégats. imposteurs, voleurs et traîtres. Ça, nous le savons. Et étrangement, le gouvernement Couillard joue au chat et à la souris avec l'opinion publique. Il laisse tomber la nouvelle, que ce soit les niaiserie d'Yvan Bolduc, David Heurtel, Stéphanie Vallée, Nathalie Normandeau ou Marc-Yvan Côté, et laisse l'eau sale se vider du bain d'accusations qui pèse contre tout ce monde, que ce soit des accusations d'incompétence obtue ou encore tout simplement des crimes. Et une fois l'opinion publique bien muette. On revient au quotidien comme de rien n'était.
1 717 385 voteurs n'ont pas exercé leur droit de vote aux dernière élections.
1 757 071 voteurs ont voté pour lescrosseurs rouges.
Nous étions 6 012 440 électeurs inscrits.
Le gouvernement actuel ne représente que 29% de la population du Québec. À la lumière de ce que la commission Charbonneau démontrait, et maintenant avec la suite logique des têtes de poules qui se coupent aussi vite qu'on se commande du poulet, chez le 71% qui ne veut pas de ce gouvernement ou s'en moquent complètement, il ne faudrait pas se surprendre que les vagues s'étouffent d'eux-mêmes d'ici quelques jours.
Le 11 avril prochain, il y a une élection partielle à Chicoutimi et on annonce une lutte serrée entre la candidate Péquiste et la candidate Libérale. Mais la présence de quatre autres partis (Option Nationale, Parti Vert, la CAQ et Québec Solidaire) le résultat peut être dilué de tout bord tout côté.
C'est dans les régions que les plus pourris font les plus jolies promesses.
Les Québécois méritent peut-être le sale gouvernement qu'ils ont en ce moment, mais ils mériteraient aussi de cesser de douter de la probité de leurs élus.
Phillipe Couillard a dit de M, Hamad qu'il se félicitait de voir qu'il avait pris la bonne décision en se retirant par lui-même...(si il était "malade"...) mais c'est que le docteur se trompe sur la nature du mot "patient".
La patience du 71% s'étiole quand à la pertinence de nos élus.
Les politiciens n'ont pas besoin d'être parfaits, ils n'ont besoin que d'être honnêtes et intègres. Ça devrait être non négociable. Ces gens ne devraient jamais perdre de vue l'intérêt public et l'intérêt collectif.
Pas de travailler pour les copains d'abord. Ou pour la sainte pia$$e, no matter what.
En 2014, tout de suite après la Commission Charbonneau, le Parti Libéral tombait sous enquête. Deux ans plus tard, on en voit pointer quelques résultats grâce au bon travail de l'UPAC. Mais l'ombre de cette enquête d'il y a deux ans aurait dû, à lui seul, relégué le parti Libéral troisième et plus dans les résultats du vote. Et ben non. On est définitivement plus cons.
Les gens qui jouent sur la peur ne sont pas qualifiés pour être des meneurs d'hommes.
Le vrai chef agit de façon à passer quasiment inaperçu.
Ce chef est à naître.
Notre champs politique est infesté de produits pourris.
C'est la sécheresse de l'incorruptibilité.
Remonterons nous vers John James Charest?
Si le cynisme tuait il serait mort aujourd'hui celui-là.
Ce qui me rassure c'est que des forces ultimes choisissent de faire vivre des gens exceptionnels comme Marie-Claire Casgrain-Kirkland 91 longues et brillantes années.
Mais j'aimerais que ces même forces éteignent les escroqueries nettement plus vite.
...et ce peuple qui prétend se souvenir...
"Un peuple qui élit des corrompus, des rénégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n'est pas victime, il est complice!"
Le parti Libéral de Jean Charest, qui se poursuit maintenant sous la main du docteur Phillipe Couillard est absolument tout ça.
Faut le faire quand même. Alors que l'on enterre l'une des femmes les plus formidables que le Québec ait connu, madame Marie-Claire Casgrain-Kirland, sur le parvis même de la l'église où on pleure sa mort, le Premier Minus viole l'intelligence collective (une fois de plus) en disant que son ministre Sam Hamad est en congé de maladie.
Ou si vous préférez pour nous dire: "Voyez cette poire pochée? c'est une banane mûre que l'on doit laisser reposer."
Chérie. cours chercher la canne de Raid.
Faut tu mépriser le sens commun un peu? CONGÉ DE MALADIE!
Sam Hamad est soupçonné de trafic d'influence et de graves manquement à l'éthique politique, ce que considère Couillard et ses frères, une légère pacotille. Comme un mauvais rhume.
Hamad a déjà dû quitter le conseil des ministres en 2004 pour traiter une vilaine tricholeucémie, ce qui était un VRAI congé de maladie. Mais ce travestisme d'hier sur la parvis de l'église se traduit plutôt comme une retraite de quelques semaines, le temps de préparer une défense face à l'inévitable, ne pas avoir à affronter les questions et les attaques de l'opposition et surtout être en mesure de garder tous les avantages de ministres et ainsi toucher la pleine pension lorsque finalement retiré de son poste, que ce soit sur le chemin de la prison ou encore sur la route menant à la maison quand tout ça sera éclairci.
Les Libéraux sont corrompus, rénégats. imposteurs, voleurs et traîtres. Ça, nous le savons. Et étrangement, le gouvernement Couillard joue au chat et à la souris avec l'opinion publique. Il laisse tomber la nouvelle, que ce soit les niaiserie d'Yvan Bolduc, David Heurtel, Stéphanie Vallée, Nathalie Normandeau ou Marc-Yvan Côté, et laisse l'eau sale se vider du bain d'accusations qui pèse contre tout ce monde, que ce soit des accusations d'incompétence obtue ou encore tout simplement des crimes. Et une fois l'opinion publique bien muette. On revient au quotidien comme de rien n'était.
1 717 385 voteurs n'ont pas exercé leur droit de vote aux dernière élections.
1 757 071 voteurs ont voté pour les
Nous étions 6 012 440 électeurs inscrits.
Le gouvernement actuel ne représente que 29% de la population du Québec. À la lumière de ce que la commission Charbonneau démontrait, et maintenant avec la suite logique des têtes de poules qui se coupent aussi vite qu'on se commande du poulet, chez le 71% qui ne veut pas de ce gouvernement ou s'en moquent complètement, il ne faudrait pas se surprendre que les vagues s'étouffent d'eux-mêmes d'ici quelques jours.
Le 11 avril prochain, il y a une élection partielle à Chicoutimi et on annonce une lutte serrée entre la candidate Péquiste et la candidate Libérale. Mais la présence de quatre autres partis (Option Nationale, Parti Vert, la CAQ et Québec Solidaire) le résultat peut être dilué de tout bord tout côté.
C'est dans les régions que les plus pourris font les plus jolies promesses.
Les Québécois méritent peut-être le sale gouvernement qu'ils ont en ce moment, mais ils mériteraient aussi de cesser de douter de la probité de leurs élus.
Phillipe Couillard a dit de M, Hamad qu'il se félicitait de voir qu'il avait pris la bonne décision en se retirant par lui-même...(si il était "malade"...) mais c'est que le docteur se trompe sur la nature du mot "patient".
La patience du 71% s'étiole quand à la pertinence de nos élus.
Les politiciens n'ont pas besoin d'être parfaits, ils n'ont besoin que d'être honnêtes et intègres. Ça devrait être non négociable. Ces gens ne devraient jamais perdre de vue l'intérêt public et l'intérêt collectif.
Pas de travailler pour les copains d'abord. Ou pour la sainte pia$$e, no matter what.
En 2014, tout de suite après la Commission Charbonneau, le Parti Libéral tombait sous enquête. Deux ans plus tard, on en voit pointer quelques résultats grâce au bon travail de l'UPAC. Mais l'ombre de cette enquête d'il y a deux ans aurait dû, à lui seul, relégué le parti Libéral troisième et plus dans les résultats du vote. Et ben non. On est définitivement plus cons.
Les gens qui jouent sur la peur ne sont pas qualifiés pour être des meneurs d'hommes.
Le vrai chef agit de façon à passer quasiment inaperçu.
Ce chef est à naître.
Notre champs politique est infesté de produits pourris.
C'est la sécheresse de l'incorruptibilité.
Remonterons nous vers John James Charest?
Si le cynisme tuait il serait mort aujourd'hui celui-là.
Ce qui me rassure c'est que des forces ultimes choisissent de faire vivre des gens exceptionnels comme Marie-Claire Casgrain-Kirkland 91 longues et brillantes années.
Mais j'aimerais que ces même forces éteignent les escroqueries nettement plus vite.
...et ce peuple qui prétend se souvenir...
dimanche 3 avril 2016
Sextivisme
Sextivisme: Utiliser son sexe pour faire passer des messages, pour protester, pour s'affirmer.
Je ne réussis pas complètement dans mon métier de traducteur à faire passer le terme Étatsunien en remplacement d'Américain quand on parle de quelqu'un des États-Unis. Ce n'est pas encore totalement accepté que l'Amérique ne soit pas aussi le Canada, l'Argentine, le Mexique, le Brésil, le Guatemala, le Honduras, le Salvador, Belize, le Nicaragua, le Costa Rica, Panama, la Colombie, le Vénézuela, l'Équateur, le Pérou, le Bolivie, la Guyane, le Paraguay, l'Uruguay et le Chili même si c'est ABSOLUMENT le cas.
L'Amérique, ce sont ces 20 pays PLUS les États-Unis. Ne vous laissez jamais convaincre du contraire,
America ne s'épelle pas U.S.A. ou É-T-A-T-S-U-N-I-S.
Mais encore aujourd'hui, on souhaite en général entendre americain en ne parlant que des United Staters.
En revanche, sextivisme est un mot en pleine expansion populaire.
(Tout ce qui contient le mot sex est toujours populaire de toute manière)
Bien au de-là des femen, les femmes (presqu'exclusivement) s'activent beaucoup dans le sextivisme depuis quelques années.
Ça passe par les monologues de son appareil sexuel, l'exposition de ses menstruations, la diffusion des images transformatoires chez les transgenres, l'exposition de seins nus pour protester, la simple présence nue en publique pour aussi protester, la presque totalité des clips de jeunes chanteuses que l'on doit surtout désirer regarder même si leur métier exige aussi de l'oreille.
La question devient alors pertinente en cette ère de sextivisme:
"Quand elles sont vues, sont-elles aussi entendues?"
La nudité comme outil de militantisme a des limites qui se pointent très vite. Selon le contexte, ça peut devenir excessivement délicat de l'utiliser. La frontière entre la simple récupération dans sa participation et l'objectification du corps le femme est extrêmement nébuleuse, voire parfois inexistante. Où tracerait-on une limite de ce qui serait acceptable et de ce qui ne le serait pas?
Si la première question était pertinente, celle-ci est nulle en soi. Une femen par exemple veut d'abord le désordre. Elle souhaite déranger. Et quoi de plus dérangeant que de crier quand tout le monde parle tout bas et de se pointer dénudée chez les habillés? Pas question de limiter le subversif.
Mais une fois l'ordre brouillé, la nudité bien exposée, que contrôle l'être nu de ce qui se passe? Ne dit-on pas en général, quand on veut parler de vulnérabilité, que "je me sentais tout nu?". Dit ainsi, la nudité est présentée comme le contraire de la force. La totale vulnérabilité.
Dans le cas des femen, l'exposition des seins n'est pas celui habituellement attendu. Elles n'exposent pas un sein visant à exciter, elles n'exposent pas un sein nourricier, elles exposent des seins tout à fait inattendus. Un sein politique devenu dérangeant. Un sein tordu par des gardes du corps qui les cloueront face contre terre. Mais tapageuses et imprécises, je doute qu'elles remettent réellement en question l'ordre patriarcal ou la mâlitude qu'elles tentent de dénoncer. On écoute peu ceux qui murmurent, mais on écoute encore moins ceux qui crient.
Ce n'est toutefois pas à moi, le mâle, de dire comment la femme devrait utiliser son corps. Ça lui appartient.
Le sextivisme qui fonctionne vraiment, et qui m'énerve je l'avoue, est la nudité artistique. Celle de Rihanna, de Beyonce, de Miley, d'Ariana, de Selena, si ces filles ne s'offrent pas le corps avec leurs sons, je ne suis pas certain qu'elles susciteraient autant d'intérêt. Elles font fortune, pour un peu de cuisses, des fesses et des seins, pendant que ceux-ci sont en admirables formes et c'est fabuleusement payant pour elles.
Ça m'énerve parce que la musique est d'abord pour moi un intérêt auditif et des artistes énumérées plus haut, seule Gomez a intéressé plus que mes yeux. Et franchement pas trop. Je préfère encore la voir.
Je dis que leur sextivisme fonctionne, mais encore, si ces dames atteignent le statut Madonna de la fortune et accotent, voire dépassent, n'importe quel homme faisant le même métier, je ne suis pas convaincu que l'histoire retiendra leur musique autant que leur corps de rêve.
Si elles s'en moquent. Tant mieux pour elles. Elles auront ce qu'elles souhaitent. La richesse.
Leur art n'aura été que mise en marché.
Aux Oscars, la remise des prix du cinéma des États-Unis, j'étais ravi de voir qu'on avait lancé un hashtag qui suggérait aux animateurs du tapis rouge "ask her more". Faisant ainsi référence à l'inévitable question "quelle signature portez vous comme linge ce soir?" que l'on demande à toute les femmes. CES FEMMES SONT BEAUCOUP PLUS QU'UNE DÉCORATION OU UNE PUBLICITÉ. Mais bon, on les as quand même présentées comme des porte-manteau.
Pendant la crise étudiante qui a fait tomber le gouvernement Charest, certains se sont dénudés du haut dans les marches populaires et protestataires. Hommes comme femmes. J'ai aimé. Parce qu'on a pas séparé corps et raison. C'était homme et femme avec la même nudité revendicatrice. Et les femmes exposaient bien deux seins, mais cachaient deux mamelons d'un morceau de papier scotch. Ce qui rendait moins ambiguë l'exposition.
Certaines femmes ne se sont jamais senties plus fortes que lorsqu'elles se sont ainsi dénudées. "Vous n'avez pas voulu entendre nos voix? entendez nos corps!" que certaines m'ont dit.*
Et c'est là aussi que les signaux sont étonnamment brouillés. On est jamais plus vulnérables que nus...et en même temps pour certaines, jamais plus fortes...
Les nouveautés sont souvent difficiles à complètement digérer socialement.
Il en a va de même avec les nouveaux mots.
Sextivisme n'est pas reconnu par le web encore.
Mais au Québec, chez les traducteurs, le mot est de plus en plus accepté.
On "habille" nos phrases de ce mot.
*J'étais moi-même alors à l'U de M dont mon département n'avait pas voté en faveur de la grève, mais croisait les grévistes presque partout.
Je ne réussis pas complètement dans mon métier de traducteur à faire passer le terme Étatsunien en remplacement d'Américain quand on parle de quelqu'un des États-Unis. Ce n'est pas encore totalement accepté que l'Amérique ne soit pas aussi le Canada, l'Argentine, le Mexique, le Brésil, le Guatemala, le Honduras, le Salvador, Belize, le Nicaragua, le Costa Rica, Panama, la Colombie, le Vénézuela, l'Équateur, le Pérou, le Bolivie, la Guyane, le Paraguay, l'Uruguay et le Chili même si c'est ABSOLUMENT le cas.
L'Amérique, ce sont ces 20 pays PLUS les États-Unis. Ne vous laissez jamais convaincre du contraire,
America ne s'épelle pas U.S.A. ou É-T-A-T-S-U-N-I-S.
Mais encore aujourd'hui, on souhaite en général entendre americain en ne parlant que des United Staters.
En revanche, sextivisme est un mot en pleine expansion populaire.
(Tout ce qui contient le mot sex est toujours populaire de toute manière)
Bien au de-là des femen, les femmes (presqu'exclusivement) s'activent beaucoup dans le sextivisme depuis quelques années.
Ça passe par les monologues de son appareil sexuel, l'exposition de ses menstruations, la diffusion des images transformatoires chez les transgenres, l'exposition de seins nus pour protester, la simple présence nue en publique pour aussi protester, la presque totalité des clips de jeunes chanteuses que l'on doit surtout désirer regarder même si leur métier exige aussi de l'oreille.
La question devient alors pertinente en cette ère de sextivisme:
"Quand elles sont vues, sont-elles aussi entendues?"
La nudité comme outil de militantisme a des limites qui se pointent très vite. Selon le contexte, ça peut devenir excessivement délicat de l'utiliser. La frontière entre la simple récupération dans sa participation et l'objectification du corps le femme est extrêmement nébuleuse, voire parfois inexistante. Où tracerait-on une limite de ce qui serait acceptable et de ce qui ne le serait pas?
Si la première question était pertinente, celle-ci est nulle en soi. Une femen par exemple veut d'abord le désordre. Elle souhaite déranger. Et quoi de plus dérangeant que de crier quand tout le monde parle tout bas et de se pointer dénudée chez les habillés? Pas question de limiter le subversif.
Dans le cas des femen, l'exposition des seins n'est pas celui habituellement attendu. Elles n'exposent pas un sein visant à exciter, elles n'exposent pas un sein nourricier, elles exposent des seins tout à fait inattendus. Un sein politique devenu dérangeant. Un sein tordu par des gardes du corps qui les cloueront face contre terre. Mais tapageuses et imprécises, je doute qu'elles remettent réellement en question l'ordre patriarcal ou la mâlitude qu'elles tentent de dénoncer. On écoute peu ceux qui murmurent, mais on écoute encore moins ceux qui crient.
Ce n'est toutefois pas à moi, le mâle, de dire comment la femme devrait utiliser son corps. Ça lui appartient.
Le sextivisme qui fonctionne vraiment, et qui m'énerve je l'avoue, est la nudité artistique. Celle de Rihanna, de Beyonce, de Miley, d'Ariana, de Selena, si ces filles ne s'offrent pas le corps avec leurs sons, je ne suis pas certain qu'elles susciteraient autant d'intérêt. Elles font fortune, pour un peu de cuisses, des fesses et des seins, pendant que ceux-ci sont en admirables formes et c'est fabuleusement payant pour elles.
Ça m'énerve parce que la musique est d'abord pour moi un intérêt auditif et des artistes énumérées plus haut, seule Gomez a intéressé plus que mes yeux. Et franchement pas trop. Je préfère encore la voir.
Je dis que leur sextivisme fonctionne, mais encore, si ces dames atteignent le statut Madonna de la fortune et accotent, voire dépassent, n'importe quel homme faisant le même métier, je ne suis pas convaincu que l'histoire retiendra leur musique autant que leur corps de rêve.
Si elles s'en moquent. Tant mieux pour elles. Elles auront ce qu'elles souhaitent. La richesse.
Leur art n'aura été que mise en marché.
Aux Oscars, la remise des prix du cinéma des États-Unis, j'étais ravi de voir qu'on avait lancé un hashtag qui suggérait aux animateurs du tapis rouge "ask her more". Faisant ainsi référence à l'inévitable question "quelle signature portez vous comme linge ce soir?" que l'on demande à toute les femmes. CES FEMMES SONT BEAUCOUP PLUS QU'UNE DÉCORATION OU UNE PUBLICITÉ. Mais bon, on les as quand même présentées comme des porte-manteau.
Pendant la crise étudiante qui a fait tomber le gouvernement Charest, certains se sont dénudés du haut dans les marches populaires et protestataires. Hommes comme femmes. J'ai aimé. Parce qu'on a pas séparé corps et raison. C'était homme et femme avec la même nudité revendicatrice. Et les femmes exposaient bien deux seins, mais cachaient deux mamelons d'un morceau de papier scotch. Ce qui rendait moins ambiguë l'exposition.
Certaines femmes ne se sont jamais senties plus fortes que lorsqu'elles se sont ainsi dénudées. "Vous n'avez pas voulu entendre nos voix? entendez nos corps!" que certaines m'ont dit.*
Et c'est là aussi que les signaux sont étonnamment brouillés. On est jamais plus vulnérables que nus...et en même temps pour certaines, jamais plus fortes...
Les nouveautés sont souvent difficiles à complètement digérer socialement.
Il en a va de même avec les nouveaux mots.
Sextivisme n'est pas reconnu par le web encore.
Mais au Québec, chez les traducteurs, le mot est de plus en plus accepté.
On "habille" nos phrases de ce mot.

*J'étais moi-même alors à l'U de M dont mon département n'avait pas voté en faveur de la grève, mais croisait les grévistes presque partout.
samedi 2 avril 2016
Put Put Put, Que Désirez-Vous?
C'est une très grosse affaire.
Jean-Pierre Léger, fils d'Hélène & René qui avaient tout fondé, n'est pas seulement plus riche de 537 millions de dollars en vendant les rotisseries St-Hubert aux Ontariens de Cara, mais du même coup, il s'est assuré que ceux qui prenaient son bébé, né sur la rue St-Hubert à Montréal en 1951, le feraient avec la même vision qui a fait le succès de sa compagnie privée.
On peut, comme dans le cas de RoNa, y voir un autre fleuron Québécois passer aux mains d'investisseurs étrangers, et avoir un pincement au coeur. Mais cette transaction reste différente.
Les usines produiront toujours ici.
Nous sommes petits. Et M.Léger a bien tenté pendant plusieurs années de vendre sa compagnie ici, mais personne n'avait ou bien a) les reins assez solides ou bien b) les mêmes visées que celui qui a tout de même implanté sa marque de manière si admirable chez nous, qu'il est difficile de ne pas se sentir un brin ému de penser qu'en entrant désormais chez St-Hubert, c'est un peu l'Ontario qu'on fera vivre.
En 1952, la rotisserie devient la première compagnie de livraison alimentaire au Québec qui choisit de livrer gratuitement.
13 ans plus tard, la sauce St-Hubert est créée et fait sensation.
En 1972, on ouvre un centre de téléphonie et ce sont 36 réceptionnistes qui prendront les commandes et répartiront les livraisons. Le succès est total. 5 ans plus tard, on parle de 50 rotisseries en provinces et de 2000 emplois directs. En 1988, on a 7500 employés, une centaine de rotisseries et on sert 500 000 repas par semaine. En 1991, c'est le fils Léger (l'actuel vendeur) qui prend la présidence de la compagnie. Il a la mi-quarantaine.
Dès 1992, la marque devient plus cool avec son concept de resto-bar et ses soirées pour adultes. Les St-Hubert Express naissent trois ans plus tard. 10 ans plus loin, la chaîne devient l'une des toutes premières à bannir la fumée dans ses restos, et ce même dans ses bars et sur ses terrasses. Ce changement se fait un an avant que le gouvernement ne l'exige.
En 2006, les publicités commencent à utiliser des personnalités connues et sont particulièrement réussies. Elles durent encore aujourd'hui sous toute sorte de variations (tout comme la chanson).
En 2007, les produits sont élargis dans les épiceries et on acquiert une usine de fabrication à Blainville. Deux ans plus tard, on élimine le styromousse et on utilise des produits d'emballage écologique. Deux autres années plus tard, St-Hubert devient partenaire électrique d'Hydro-Québec et offre des bornes de recharges pour les voitures électriques dans toutes ses rotisseries. 11 fois, ces bornes seront des bornes à recharge rapide. En 2012, le groupe St-Hubert intègre Maître Saladier Inc. et lance sa fondation contribuant à la santé et au mieux-être des communautés et des familles et enfants qui y vivent.
En 2013, on implante le programme St-Huvert dans 61 des 121 rotisseries, un programme de restauration de la collecte de matières compostables dans ses restaurants. Cette année, on compte implanter ça dans les 121 rotisseries.
St-Hubert avait aussi des succursales en Ontario et au Nouveau-Brunswick, et il y en aura d'autres qui naîtront sous la gouverne de Cara, Et probablement partout au pays.
St-Hubert, c'est 130 variétés de produits alimentaires sous sa bannière, disponibles en épicerie. 10 000 employés, un siège social, un centre de distribution, deux usines de fabrication de produits alimentaires, un centre de service au client et de prises de commandes téléphoniques répondant à 1,6 million d'appels chaque année pour la livraison. Leur site internet est visité 415 000 fois par mois. Tout ça ne changera pas.
Ce sont 8 millions de kilos de poulet du Québec qui sont traités par les gens de St-Hubert,
C'est un très admirable success story que celui de la famille Léger. Un sans faille.
Et sincèrement, si la vente de RoNa m'avait agressé, c'était parce que je prévois la mort des petits fournisseurs Québécois qui avaient RoNa sur leur trajet de livraison.
La livraison du St-Hubert restera la même. Et on tournera le poulet et usinera encore tout ça chez nous. Cara ne prend pas un bateau qui coule, il prend le volant d'un train qui file avec fierté et talent.
Je peine à voir des perdants. Je n'y vois que des gagnants. En commençant par cette brillante famille Léger dont nous pouvons rester fiers.
Qui aura réussi sur toute la ligne et à tous les niveaux.
On a toujours le choix entre la salade crémeuse ou la traditionnelle.
Quand on a tout réussi et qu'on ne trouve pas de gens à sa hauteur chez nous, la crémeuse s'impose.
Essayez de faire mieux.
On ne parle pas de grande cuisine, on parle de poulet.
Mais on parle de gros sous. 537 millions.
Chapeau, Léger & Co.
Jean-Pierre Léger, fils d'Hélène & René qui avaient tout fondé, n'est pas seulement plus riche de 537 millions de dollars en vendant les rotisseries St-Hubert aux Ontariens de Cara, mais du même coup, il s'est assuré que ceux qui prenaient son bébé, né sur la rue St-Hubert à Montréal en 1951, le feraient avec la même vision qui a fait le succès de sa compagnie privée.
On peut, comme dans le cas de RoNa, y voir un autre fleuron Québécois passer aux mains d'investisseurs étrangers, et avoir un pincement au coeur. Mais cette transaction reste différente.
Les usines produiront toujours ici.
Nous sommes petits. Et M.Léger a bien tenté pendant plusieurs années de vendre sa compagnie ici, mais personne n'avait ou bien a) les reins assez solides ou bien b) les mêmes visées que celui qui a tout de même implanté sa marque de manière si admirable chez nous, qu'il est difficile de ne pas se sentir un brin ému de penser qu'en entrant désormais chez St-Hubert, c'est un peu l'Ontario qu'on fera vivre.
En 1952, la rotisserie devient la première compagnie de livraison alimentaire au Québec qui choisit de livrer gratuitement.
13 ans plus tard, la sauce St-Hubert est créée et fait sensation.
En 1972, on ouvre un centre de téléphonie et ce sont 36 réceptionnistes qui prendront les commandes et répartiront les livraisons. Le succès est total. 5 ans plus tard, on parle de 50 rotisseries en provinces et de 2000 emplois directs. En 1988, on a 7500 employés, une centaine de rotisseries et on sert 500 000 repas par semaine. En 1991, c'est le fils Léger (l'actuel vendeur) qui prend la présidence de la compagnie. Il a la mi-quarantaine.
Dès 1992, la marque devient plus cool avec son concept de resto-bar et ses soirées pour adultes. Les St-Hubert Express naissent trois ans plus tard. 10 ans plus loin, la chaîne devient l'une des toutes premières à bannir la fumée dans ses restos, et ce même dans ses bars et sur ses terrasses. Ce changement se fait un an avant que le gouvernement ne l'exige.
En 2006, les publicités commencent à utiliser des personnalités connues et sont particulièrement réussies. Elles durent encore aujourd'hui sous toute sorte de variations (tout comme la chanson).
En 2007, les produits sont élargis dans les épiceries et on acquiert une usine de fabrication à Blainville. Deux ans plus tard, on élimine le styromousse et on utilise des produits d'emballage écologique. Deux autres années plus tard, St-Hubert devient partenaire électrique d'Hydro-Québec et offre des bornes de recharges pour les voitures électriques dans toutes ses rotisseries. 11 fois, ces bornes seront des bornes à recharge rapide. En 2012, le groupe St-Hubert intègre Maître Saladier Inc. et lance sa fondation contribuant à la santé et au mieux-être des communautés et des familles et enfants qui y vivent.
En 2013, on implante le programme St-Huvert dans 61 des 121 rotisseries, un programme de restauration de la collecte de matières compostables dans ses restaurants. Cette année, on compte implanter ça dans les 121 rotisseries.
St-Hubert avait aussi des succursales en Ontario et au Nouveau-Brunswick, et il y en aura d'autres qui naîtront sous la gouverne de Cara, Et probablement partout au pays.
St-Hubert, c'est 130 variétés de produits alimentaires sous sa bannière, disponibles en épicerie. 10 000 employés, un siège social, un centre de distribution, deux usines de fabrication de produits alimentaires, un centre de service au client et de prises de commandes téléphoniques répondant à 1,6 million d'appels chaque année pour la livraison. Leur site internet est visité 415 000 fois par mois. Tout ça ne changera pas.
Ce sont 8 millions de kilos de poulet du Québec qui sont traités par les gens de St-Hubert,
C'est un très admirable success story que celui de la famille Léger. Un sans faille.
Et sincèrement, si la vente de RoNa m'avait agressé, c'était parce que je prévois la mort des petits fournisseurs Québécois qui avaient RoNa sur leur trajet de livraison.
La livraison du St-Hubert restera la même. Et on tournera le poulet et usinera encore tout ça chez nous. Cara ne prend pas un bateau qui coule, il prend le volant d'un train qui file avec fierté et talent.
Je peine à voir des perdants. Je n'y vois que des gagnants. En commençant par cette brillante famille Léger dont nous pouvons rester fiers.
Qui aura réussi sur toute la ligne et à tous les niveaux.
On a toujours le choix entre la salade crémeuse ou la traditionnelle.
Quand on a tout réussi et qu'on ne trouve pas de gens à sa hauteur chez nous, la crémeuse s'impose.
Essayez de faire mieux.
On ne parle pas de grande cuisine, on parle de poulet.
Mais on parle de gros sous. 537 millions.
Chapeau, Léger & Co.
vendredi 1 avril 2016
Blow Up
"Elles ne veulent rien dire quand je les fais. Elle sont bordéliques. C'est après les avoir faites que je trouve en elles quelque chose à quoi me raccrocher".
C'est un personnage qui parle de ses peintures au début du film Blow Up de Michelangelo Antonioni qui dit cela au personnage joué par David Hemmings, qui, pour sa part et de manière intérressante, ne sera jamais identifié par un nom tout le film.
Cette phrase est aussi la vision de l'art d'Antonioni.
Cette phrase correspond aussi extrêmement bien à son film de 1966. Blow Up parle de relation entre art et réalité, entre ce que l'on voit et ce qui est réel, entre la vie et la réalité. La vie d'Antonioni étant plongée dans l'art, il était donc normal qu'il plonge son histoire dans le swinging London et dans l'univers de la photographie. Photographe, rôle qu'il était un peu lui-même aussi de toute manière.
David Hemmings dans son film est le double d'Antonioni. Dans le film, Hemmings entre dans un magasin d'antiquités et s'achète une hélice précisément dans la même lignée que ce que dit la citation en ouverture de cette chronique. Simplement sans savoir vraiment ce qu'il en fera, ni ce que cela représente pour lui.
Un personnage non crédité au générique de ce film est la nature. Dans l'une des plus fameuses scènes de toute l'histoire du cinéma, le photographe prend à la dérobée des photos dans un parc avoisinant.
Le choix d'un parc "naturel" n'est pas innocent. Antonioni voulait parler de nos conceptions du réel et quoi de moins naturel qu'un parc dit naturel. Sans l'homme, ce même endroit n'est que nature. Balisé, géré et entretenu par l'homme, il devient plus artificiellement un parc naturel. Sans les balises, ce n'est qu'un parc. Le vent dans le film est toujours très intéressant. Il est à la fois le son, vecteur de tension et tout ce qui devrait être naturel.
Dans ce parc, Hemmings surprendra deux amoureux dont l'un d'eux, l'homme sera supprimé. Il prend en photo ce qui semble être un règlement de compte fatal.
L'acteur jouant l'assassiné avouera quelque 35 ans plus tard, que le côté mystérieux et énigmatique du film d'Antonioni sera presqu'une erreur. En effet des scènes avaient été prévues au scénario entre Sarah Miles, qui incarne l'amie de coeur d'Hemmings, son amant, qui aurait été de celui qui allait assassiner l'amant du parc et Vanessa Redgrave, l'amante du parc, complice de tous ses vices. Une scène du film trahit d'ailleurs que d'autres scènes devaient être tournées. Dans un café, quand Hemmings et son agent sont attablées, regardant des photos prises par Hemmings, un homme non identifié se pointe à la fenêtre du café pour les espionner. Il s'agissait de l'assassin du parc. Ce ne sera jamais expliqué au montage final parce que l'idée de solutionner le meurtre sera éclipsée au profit du brouillard entre réalité et illusion.
Pourquoi ces scènes n'ont pas été tournées? Parce qu'Antionioni, éternel perfectionniste, et n'étant qu'à son second film en couleur, voulait en explorer les vertus et avait choisi de faire repeinturer les arbres et l'herbe plus verts qu'ils ne l'étaient déjà. Il avait aussi choisi de faire repeinturer les bâtiments d'un quartier abandonné de Londres (au grand délice du quartier!) en bleu, rouge et vert très vif, baroque. Une rue entière verra ses bâtiments repeinturés en rouge!
Faisant du même coup exploser les coûts de production.
Quand Carlo Ponti, retenu ailleurs, et grand argentier du film, revient sur la plateau, il pique une sainte colère et met un terme au tournage. Il n'est pas dit que Michelangelo n'aurait pas fait le même film de toute manière, mais l'idée du meurtre non solutionné n'était pas spontanée.
Sarah Miles tentera d'ailleurs de faire retirer son nom du générique devant la maigreur finale de son rôle. Sans Succès.
Pendant la longue et formidable scène, presque animale, entre Redgrave et Hemmings au studio, Hemmings/Antonioni refait le coup de l'illusion alors que le téléphone sonne, et qu'Hemmings prétend que c'était sa femme sur la ligne, pour ensuite dire que ce n'était pas sa femme, qu'ils avaient des enfants, mais que ce n'étaient pas complètement des enfants. Que parfois, il semblait que dans son couple, il y avait des enfants. Rendant finalement tout ça très flou.
Les niveaux de scandale étaient multiples dans ce film de 1966. La nudité frontale, l'idée que deux inconnus puissent ouvertement se donner l'un à l'autre avec plaisir, fumer des joints à l'écran, évoquer un swinging London extrêmement décadent et totalement épicurien.
Le film sera son plus grand succès commercial international.
Un classique qui influencera des dizaines et des dizaines d'autres réalisateurs.
L'utilisation du silence et de la musique (D'un jeune Herbie Hancock fraichement extirpé du Miles Davis Band) nous oblige à une attention certaine sur le/les perssonnage(s) à l'image.
L'utilisation du son (et son absence) nous rappelle toujours que la vérité n'est pas toujours visible, ni audible.
À la fin du film on entend une balle de tennis que l'on sait inexistante.
Antonioni nous as bâti un film qui reflète ce que nous faisons tous les jours.
Construire une réalité mentale avec ce que l'oeil perçoit momentanément.
En posant la question subtilement: "Est-ce que ça fait toujours du sens?"
David Lynch est probablement un grand fan de l'italien.
Je suis un immense fan des deux. Lynch et Antonioni.
J'ai revisité ce film mythique cette semaine avec le plus grand des plaisirs.
Resavourant certains moments comme si c'était un premier visionnement.
Antonioni commençait à tourner ce bijou en avril, il y a 50 ans.
C'est un personnage qui parle de ses peintures au début du film Blow Up de Michelangelo Antonioni qui dit cela au personnage joué par David Hemmings, qui, pour sa part et de manière intérressante, ne sera jamais identifié par un nom tout le film.
Cette phrase est aussi la vision de l'art d'Antonioni.
Cette phrase correspond aussi extrêmement bien à son film de 1966. Blow Up parle de relation entre art et réalité, entre ce que l'on voit et ce qui est réel, entre la vie et la réalité. La vie d'Antonioni étant plongée dans l'art, il était donc normal qu'il plonge son histoire dans le swinging London et dans l'univers de la photographie. Photographe, rôle qu'il était un peu lui-même aussi de toute manière.
David Hemmings dans son film est le double d'Antonioni. Dans le film, Hemmings entre dans un magasin d'antiquités et s'achète une hélice précisément dans la même lignée que ce que dit la citation en ouverture de cette chronique. Simplement sans savoir vraiment ce qu'il en fera, ni ce que cela représente pour lui.
Un personnage non crédité au générique de ce film est la nature. Dans l'une des plus fameuses scènes de toute l'histoire du cinéma, le photographe prend à la dérobée des photos dans un parc avoisinant.
Le choix d'un parc "naturel" n'est pas innocent. Antonioni voulait parler de nos conceptions du réel et quoi de moins naturel qu'un parc dit naturel. Sans l'homme, ce même endroit n'est que nature. Balisé, géré et entretenu par l'homme, il devient plus artificiellement un parc naturel. Sans les balises, ce n'est qu'un parc. Le vent dans le film est toujours très intéressant. Il est à la fois le son, vecteur de tension et tout ce qui devrait être naturel.
Dans ce parc, Hemmings surprendra deux amoureux dont l'un d'eux, l'homme sera supprimé. Il prend en photo ce qui semble être un règlement de compte fatal.
L'acteur jouant l'assassiné avouera quelque 35 ans plus tard, que le côté mystérieux et énigmatique du film d'Antonioni sera presqu'une erreur. En effet des scènes avaient été prévues au scénario entre Sarah Miles, qui incarne l'amie de coeur d'Hemmings, son amant, qui aurait été de celui qui allait assassiner l'amant du parc et Vanessa Redgrave, l'amante du parc, complice de tous ses vices. Une scène du film trahit d'ailleurs que d'autres scènes devaient être tournées. Dans un café, quand Hemmings et son agent sont attablées, regardant des photos prises par Hemmings, un homme non identifié se pointe à la fenêtre du café pour les espionner. Il s'agissait de l'assassin du parc. Ce ne sera jamais expliqué au montage final parce que l'idée de solutionner le meurtre sera éclipsée au profit du brouillard entre réalité et illusion.
Pourquoi ces scènes n'ont pas été tournées? Parce qu'Antionioni, éternel perfectionniste, et n'étant qu'à son second film en couleur, voulait en explorer les vertus et avait choisi de faire repeinturer les arbres et l'herbe plus verts qu'ils ne l'étaient déjà. Il avait aussi choisi de faire repeinturer les bâtiments d'un quartier abandonné de Londres (au grand délice du quartier!) en bleu, rouge et vert très vif, baroque. Une rue entière verra ses bâtiments repeinturés en rouge!
Faisant du même coup exploser les coûts de production.
Quand Carlo Ponti, retenu ailleurs, et grand argentier du film, revient sur la plateau, il pique une sainte colère et met un terme au tournage. Il n'est pas dit que Michelangelo n'aurait pas fait le même film de toute manière, mais l'idée du meurtre non solutionné n'était pas spontanée.
Sarah Miles tentera d'ailleurs de faire retirer son nom du générique devant la maigreur finale de son rôle. Sans Succès.
Pendant la longue et formidable scène, presque animale, entre Redgrave et Hemmings au studio, Hemmings/Antonioni refait le coup de l'illusion alors que le téléphone sonne, et qu'Hemmings prétend que c'était sa femme sur la ligne, pour ensuite dire que ce n'était pas sa femme, qu'ils avaient des enfants, mais que ce n'étaient pas complètement des enfants. Que parfois, il semblait que dans son couple, il y avait des enfants. Rendant finalement tout ça très flou.
Les niveaux de scandale étaient multiples dans ce film de 1966. La nudité frontale, l'idée que deux inconnus puissent ouvertement se donner l'un à l'autre avec plaisir, fumer des joints à l'écran, évoquer un swinging London extrêmement décadent et totalement épicurien.
Le film sera son plus grand succès commercial international.
Un classique qui influencera des dizaines et des dizaines d'autres réalisateurs.
L'utilisation du silence et de la musique (D'un jeune Herbie Hancock fraichement extirpé du Miles Davis Band) nous oblige à une attention certaine sur le/les perssonnage(s) à l'image.
L'utilisation du son (et son absence) nous rappelle toujours que la vérité n'est pas toujours visible, ni audible.
À la fin du film on entend une balle de tennis que l'on sait inexistante.
Antonioni nous as bâti un film qui reflète ce que nous faisons tous les jours.
Construire une réalité mentale avec ce que l'oeil perçoit momentanément.
En posant la question subtilement: "Est-ce que ça fait toujours du sens?"
David Lynch est probablement un grand fan de l'italien.
Je suis un immense fan des deux. Lynch et Antonioni.
J'ai revisité ce film mythique cette semaine avec le plus grand des plaisirs.
Resavourant certains moments comme si c'était un premier visionnement.
Antonioni commençait à tourner ce bijou en avril, il y a 50 ans.
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