vendredi 29 janvier 2016

Régressions

Quelle semaine de super marde pour Pierre Karl Péladeau!

Il s'humilie en écrivant des âneries (sur Facebook de tous les supports médiatiques possible!), se fait coincer pour quelque chose que touttttttttttttte* les compagnies font et le voilà qui termine sa semaine d'enfer par une séparation de sa sotte partenaire, séparation nettement trop publique, après à peine 5 mois et demi de mariage.

La politique les auraient "divorcé".

Mais la politique est PARTOUT.

Déluge de divorce en vue, donc.

Une solution, comprise par Bibi autour de 1981: ne jamais se marier.
Mon beau-père m'appuie dans l'idée.

L'amour n'a pas besoin de la société pour lui offrir un contrat.

À l'église, l'amour régresse encore.

En roulant en voiture, la radio était sur ces stations FM affreusement commerciales qui nous inondent de publicités. Les animateurs ne s'écoutent jamais sur ces stations. On parlait du ministre libéral. Clément Gignac. Par deux fois, la jeune femme a parlé de Fernand Gignac, sans que personne, (ils étaient trois minimum en studio) ne la reprenne. On est passé en musique par la suite et après la chanson, on a pas plus relevé l'erreur (double).

J'ai soupiré.

Soupiré en double. parce que la musique jouée à la radio avait été une chanson de Selena Gomez. Voilà la troisième fois consécutive que le même phénomène se produit avec la jeune femme. Après avoir entendu un premier extrait, il y a 6 mois, j'ai pensé "J'aime beaucoup cette chanson" mais qui cela peut bien-t-il être? C'était Gomez. La seconde fois, vers la fin décembre, je passais par le même processus. mais me trouvait plus inconfortable dans mon appréciation.  C'était encore Gomez et l'une des raisons (inconsciente) pour laquelle j'aimais la dite chanson, est que je trouvais qu'elle était chantée sur le ton d'un orgasme post coïtal...En voyant le clip je me suis même convaincu de la chose.
Puis son dernier morceau. Dont j'aime beaucoup le riff de piano tout simple et le grain de voix. Voilà trois morceaux de la même personne que j'ai aimé dès la première écoute et dont je me suis peu lassé de réentendre depuis.

Moi, qui aime Led Zep, les Stones, Bowie, Yo la Tengo, Bright Eyes, The Clash, Joy Divison, Coltrane, MilesGainsbourg & Gainsbourg & Gainsbourg, voilà que je savoure, auditivement. une jeune vedette de Nickelodeon.

Et je soupçonne que le fait qu'elle soit jolie comme un coeur n'y soit pas innocent.

Je dépéris.

En me rendant dans un magasin de musique afin de me désintoxiquer en achetant les Soeurs Boulay, Blossom Dearie ou Adamus. je suis passé près d'un kiosque de magazines. Jamais je n'aurais un jour pensé que je vivrais dans une société où il serait tout ce qu'il y a de plus normal de titrer le nom d'un magazine du mot "moi"suivi de & Compagnie.
Moi et les autres.
Narcissisme assumé.
J'aurais encore moins pensé qu'on aurait trouvé normal de placer TOUJOURS la même personne à la une de ce magazine. Que ce soit Patricia Paquin pour Moi & Cie ou Véronique Cloutier pour Véro.
Ricardo place son nom absolument partout, mais nous épargne sa face.

C'est du selfie engraissé.
Mon monde pue du miroir.

Les X Files reviennent en ondes. Je ne sais plus si c'est au cinéma ou à la télé mais le monde de Scully & Mulder entre dans le grand cycle de recyclage culturel en ce moment en vogue.

Les Oscars vivent des remous sur la représentation des noirs dans les nominations, ce qui est un faux débat** à mon avis. Le vrai scandale est l'offre de rôles intéressants pour les femmes au cinéma.  Depuis toujours. Les États-Unis ont de graves problèmes dans leur reconnaissance des noirs pas seulement au cinéma, mais au quotidien. Ils ont aussi un grave problème dans la reconnaissance des femmes en général. Pour The X Files, ont a offert à Gillian Anderson la moitié du cachet de sa co-star David Duchovny. Ce qui est encore plus horrifiant est qu'on avait fait la même chose dans les années 90, alors que The X Files était au sommet de sa popularité. Elle s'était battu et avait gagné son point, ce qu'elle a encore été forcée de faire.

Plus de 20 ans plus tard: zéro progrès.

Le même soir, les Canadiens de Montréal, meilleur club de tout le hockey professionnel il y a 4 mois, perdait un second match en autant de soir contre le tout dernier club de la LNH, dont les deux meilleurs gardiens sont blessés. Une 26ème défaite dans ses 31 derniers matchs.

C'est con comme y a des jours comme ça où tout semble en régression.

Peut-être que le Québec est prêt pour avoir le boss de TVA comme Premier Ministre et que les États-Unis se méritent Donald Trump, après tout...









*TOUTE les compagnies de la Banque Royale à Bell en passant par les gouvernements eux-mêmes.
**Joseph Fiennes, un britannique, blanc, vient d'être choisi pour incarner Micheal Jackson dans un film pour la télévision...la discrimination raciale est aussi devenue ethnique!

jeudi 28 janvier 2016

Donna Summer

LaDonna Adrian Gaines est née en 1948 à Boston dans une famille de 7 enfants d'un père boucher et d'une mère enseignante. C'est vers 8 ans qu'elle commence à vraiment chanter à l'église du quartier de Mission Hill. À l'école secondaire, elle est de toute les comédies musicales et brille de sa belle voix.

En 1967, elle quitte le Massachusetts pour New York avec le band Crow, un band de blues rock dans le but de se faire signer par une maison de disque. Toutefois on ne s'intéresse qu'à la jolie jeune fille de 19 ans. Celle qui va sous l'appellation Donna Gaines, sera engagée dans la comédie musicale Hair sur Broadway, dans le rôle de Sheila. Dans la foulée du succès de la comédie musicale, elle acceptera de partir vivre en Allemagne, contre l'avis de ses parents, pour faire partie de la distribution allemande. Elle connait aussi beaucoup de succès là-bas.

Elle y restera au moins 3 ans, incarnant des personnages dans diverses productions allemandes devenant très agile dans la langue de Nietzsche. Elle emménage ensuite à Vienne en Autriche où elle y trouve l'amour en l'acteur Helmuth Sommer en 1973, Ensemble, ils ont une fille: Mimi. Elle enregistre en studio en soutien vocal pour d'autres sous le pseudonyme Gayn Pierre.

Travaillant à la fois comme chanteuse et comme mannequin, elle fait la rencontre des producteurs et bidouilleurs musicaux Giorgio Moroder et Pete Belotte qui travaillent alors en studio avec Three Dog Night. Elle enregistre avec eux son premier effort en 1974. Ce sera un succès au Pays-Bas, en Suède, en France, en Belgique et en Allemagne. Toutefois en Allemagne, on retire une de ses chansons qui joue beaucoup à la radio quand un politicien se fait kidnapper. Une erreur de typographie sur la pochette l'imortalisera "Summer" pour le restant de sa carrière.

Le second album frappe encore plus fort. Toujours produit par Moroder & Belotte, Donna sème une certaine controverse alors que, dans son morceau le plus populaire, elle gémit un peu trop au goût des radiodiffuseurs qui, certains, la censurent.  Lui assurant la célébrité. On ne lésine pas et on bat le fer pendant qu'il est chaud, on lance un 4ème album en autant d'année et le succès est toujours rencontré quand elle met sur le marché un autre album avant la fin de l'année 1976. En 1977, Donna est partout. Elle lance un premier album en mai, puis un autre, double celui-là, en octobre.  Moroder & Belotte sont toujours aux commandes de la production. Un seul titre, la catapulte au musée des immortelles du monde musical.

Elle est actrice dans un film plus ou moins malhabile sur le disco, mais sa trame sonore cartonne. Elle lance un album en spectacle, double, et rafle son premier, de nombreux grammys, en 1978. Elle adapte même Gainsbourg avec Moroder pour le cinéma.

Summer commence 1979 avec trois récompenses aux American Music Awards. Elle est au sommet de sa gloire. Elle lance un autre album-double, un deuxième qui sera #1 sur les palmarès, bientôt un record chez les albums-doubles.  En octobre, elle lance un son premier album de meilleurs succès. Un album double, qui atteint le première place. Ce record de 3 reste inégalé. Elle fait la rencontre de Bruce Sudano des Brooklyn Dreams, qu'elle choisira comme amoureux un an plus tard. Ils auront ensemble deux nouvelles filles.

Voulant explorer de nouveaux horizons musicaux, elle change d'étiquette de disque et signe un premier disque chez Geffen records. Elle renouvelle sa foi en Dieu, ce qui amorce le début de la fin pour elle. Moroder et Belotte sont toujours à bord mais la sauce prend moins bien avec le public. La relation avec David Geffen n'est pas parfaite non plus, il préfère investir sur les jeunes nouveaux que sur les artistes établis. Summer doute d'elle-même et un album sera enregistré, mais mis sur le marché seulement 15 ans plus tard! Harold Faltemeyer se joint à Moroder et Belotte à la production.

En 1982, elle tente de se refaire un virginité avec un album qui porte simplement son nom. Moroder et Belotte sont maintenant ailleurs, Quincy Jones est le producteur de cet album. Malgré Springsteen, Jon & Vangelis, David Foster sur ce disque, il n'atteint pas sa cible.

En 1983, Donna pointe sa tête au sommet de la pop pour la dernière fois. Un morceau co-écrit avec Micheal Omartian, qui produira aussi le disque, la garde au sommet des palmarès.

Elle lance un 14ème album en septembre 1984 et chante pour Ronald Reagan en 1985. Elle se met dans l'eau chaude en affirmant que le SIDA est une revanche de Dieu sur les homosexuels.

Donna enregistrera 6 autres albums entre 1987 et 2008.

Bruce avec parfois Mimi et leurs deux filles, et avec leur style de vie mouvementé, tourne avec Donna une première ébauche de ce qu'allait être la téléréalité en 1989. Toutefois, les stations de télés n'en veulent pas, frileux de montrer à l'écran...un couple mixte au quotidien...États-Unis Saoudite.
Elle se met à la peinture et y excelle, En septembre 2001, elle est à New York sur le site des attentats et ses poumons sont gravement atteints quand les deux tours s'effondrent.

Un cancer des poumons à raison d'elle 11 ans plus tard.
Elle décède en mai 2012.

Dimanche, vivante, la reine du disco aurait eu 68 ans.

mercredi 27 janvier 2016

Orthodoxie Mentale Recherchée

(à tous ceux et celles aux prises avec leur tête et à leurs précieux aidants)

G. était un garçon tout ce qu'il y a de plus normal. Universitaire, il était même facile à faire passionner sur ce qu'il étudiait. Puis, peu à peu, G. ne sortait plus de sa chambre.

"J'étudie" se contentait-il de répondre quand on lui demandait ce qu'il y faisait si longtemps. Comme il avait d'excellentes notes scolaires, ses parents ne se sont pas inquiétés. Il y met les efforts ont-ils pensé.

Puis, un jour, alors qu'il avait 20 ans et tenait le volant de la voiture en compagnie de son père, il s'est mis à paniquer.

"relaxe, G., t''as pas de raison d'être nerveux comme ça" lui disait son père.

Il sous-estimait alors son "comme ça". Il n'avait jamais vu son fils "comme ça". Il voyait son fils perdre les pédales mentales. Un nouveau fils naissait sous ses yeux. À 20 ans. Papa en avait 30 de plus.

C'était il y a longtemps, dans les jeunes années 90, alors que des attaques terroristes n'étaient même pas des sujets d'actualités quotidiennes. Dans cette randonnée pénible, son père allait assister en direct à la dégénération mentale de son plus jeune fils, lui, convaincu que ce qui se disait à la radio le concernait directement, qu'on s'adressait à lui et que même qu'on voulait sa perte.

G.est passé de jeune homme tout ce qu'il y a de plus conventionnel à malade mental. En société, il est à surveiller. Il s'emporte. Pas violemment nécessairement, Pas encore en tout cas. Mais il devient démesurément passionné sur certains sujets sortis de nulle part et peux en parler pendant des heures et des heures.

Quand il m'a vu avec mon gilet de Bowie à Berlin, il m'a fait l'histoire de Berlin en entier presqu'en un seul souffle. Ça m'a intéressé la première heure, mais à la troisième, j'avais aussi envie de parler à d'autre, et de d'autres choses.

Son père est indispensable à G. Il peut l'appeler jusqu'à 15 fois par jour. Principalement pour monologuer. Il a été placé en appartement et a été jugé autonome par des groupes sociaux spécialisés dans le traitement de la maladie mentale.

Ces gens sont des héros. Ils offrent une route à ceux qui en dévient malgré eux. Malgré leur tête.
Ils font un travail fantastique et fort épuisant.

G. est en appartement, mais personne, autre que lui, ne voudrait y mettre les pieds. Il n'accepte aucune altération de la part de son propriétaire, de ce qu'il considère être son propre équilibre. Son état mental ne lui fait faire aucun effort d'hygiène. Ça sent mauvais et il sent mauvais. Il s'est laissé poussé la barbe car se raser lui tombait sur les nerfs. Quand il mange, beaucoup de choses y traînent. Quelqu'un qui ne le connait pas pourrait facilement le juger.

C'est ce que tout le monde fait juger les gens atteints de maladies mentales. Souvent sans même savoir que ceux ou celle qu'ils jugent en sont atteint.

Récemment je questionnais la santé mentale de Sophie Grégoire-Trudeau.
Étais-je juste de faire cela?

Peut-être, effectivement qu'elle en souffre. Sa belle-mère en souffrait. Et avait aussi fait une folie du même genre que celle de SGT avec la première dame du Vénézuela pendant le règne de Pierre Elliot Trudeau. Margaret Trudeau était bipolaire. Mais qui diagnostiquait la bipolarité dans les années 70?
Qui, aujourd'hui veut se faire évaluer à ce sujet? Qui avouerait être malade mental?

G. n'en parle jamais. Son père en parle beaucoup. Ancien policier, il est même porte-parole et donne des conférences auprès des policiers de partout au Québec afin de les sensibiliser aux différents types de maladies mentales et comment approcher ceux qui en sont atteint.

Il est si admirable qu'on s'arrache ses services un peu partout. Il est passé chez Joselito Michaud, il est aussi passé chez Desautels à la radio.

Il est extraordinairement présent dans la vie de G. et totalement indispensable.

Mais il a 30 ans de plus que son fils.

Qui a aujourd'hui près de 40 ans.

Son père sait que le jour où il partira, son fils sera laissé à lui-même.
Dans un monde où ses repères ne seront pas ceux de la société dans lequel il gravite.
Qui le gardera les deux pieds sur terre?
Il en est terrifié et m'en parle à l'occasion.

Ces gens ne vivent pas dans l'orthodoxie mentale traditionnelle.
Ils nagent dans des dimensions parallèles parfois sombres.

Jamais par choix.

À Noël, j'étais en compagnie de ces gens, mais sans la présence de G.
Après avoir pris une photo de mon fils autour de la table du souper, j'ai revisité mon téléphone pour regarder les photos. Mon fils avait bougé à la dernière minute et l'effet de la photo autour de la table du souper lui donnait un air bizarre. J'ai zoomé sur son visage une fois la photo prise et ai isolé sa face pour prendre une nouvelle photo plus cadrée sur son air, ce qui lui donnait une bouille encore plus...débile.

Je lui ai envoyé la photo et pour rire, j'ai écrit sous la photo, comme si c'était une affiche publicitaire:
Donnez pour les ressources sur la maladie mentale.

Mon fils m'a envoyé les émoticones qui rient aux larmes.
J'ai ri moi aussi, content de l'effet que j'avais eu sur mon fils, un étage plus bas avec des amis.
Une amie derrière moi avait tout vu et a ri elle aussi.

Ça a attiré l'attention de gens autour qui se sont regroupé pour voir ce qui nous faisait rire. Parmi les gens réunis au dessus de mon épaule, l'amoureuse de ce père au prise avec son fils, atteint de maladie mentale.

Je ne crois pas qu'elle a ri. Les autres, oui.

Je me suis senti extrêmement mal.
Mon choix de mots était malheureux.
J'aurais dû écrire autre chose. Ce n'était pas drôle pour elle. C'était un rappel moqueur des préjugés de leur réalité. Elle ne me l'a pas fait sentir,  mais elle n'avait pas besoin de le faire. Je me sentais déjà ridicule.

Aujourd'hui, parlez-vous par téléphone.
Textez vous de meilleurs mots que les miens.

Chaque appel, si vous êtes avec Bell, fera verser à la compagnie un maigre 5 sous aux initiatives sur les traitements de la maladie mentale.

Si vous en souffrez, n'hésitez pas à en parler.
La peur s'estompe avec les mots.

Les préjugés peuvent aussi s'éteindre.

mardi 26 janvier 2016

Ne Jamais Donner au Gens ce Qu'ils S'attendent à Avoir

Je suis très peu "service à la clientèle".

Je suis faible consommateur, plus anti-capitaliste qu'amateur d'argent et je fais rarement des choix qui favoriserait les ventes de ceux qui m'engagent.

Et pourtant, on me place toujours dans des positions de service à la clientèle. Semblerait que j'en ai l'apathie, la tête et le talent.

Ce qui est faux.

Je n'ai aucun talent pour le service à la clientèle. Je ne crois pas du tout en la phrase "le client à toujours raison".  Il s'agit d'une phrase créée par les gens qui veulent faire du gros ca$h en tout temps. Je suis d'une indépendance crasse et quand on parle de faire une plainte à mon sujet, c'est arrivé une seule fois dans mes 43 ans de vie, j'insiste pour qu'on ne se trompe pas dans mon nom qui serait rapporté à je-ne-sais-trop-qui-ça-m'est-égal, et je donne presque mes coordonnées personnelles à la maison, si jamais on voudrait régler ça aux poings.

Je suis le Brendan Gallagher du service à la clientèle. In your faces, pieces o' shit!

Plus sérieusement, je suis de ceux qui aiment se faire surprendre. Qui s'en trouve facilement séduit. Normal is boring. En avion, une des agentes de bord, lors du traditionnel rappel des codes de sécurité, expliqués en français et en anglais, a mimé de manière caricaturale et en y allant d'expressions faciales exagérées, chaque explication, nous forçant à la regarder plus longuement qu'on ne l'aurait normalement fait. Quand le mot mer a été prononcé, en français comme en anglais, elle a mimé une première fois une nageuse qui nagerait sur le dos, puis une autre qui sauterait dans l'eau en se bouchant le nez. Rires multiples. Quand le mot "ailes" a été prononcé, en français comme en anglais, elle a mimé les bras d'un avion une première fois et celles d'un oiseau la seconde.  Elle était drôle. Elle a surpris. deux puissants facteurs de séduction. On l'a tous écouté religieusement, puis applaudi. Pour quelque chose entendu des centaines de fois. Mais livré épicé.

Dans l'univers de la consommation, on ne mise que très peu sur la surprise. En musique, on ne créé plus rien, on sample, on copie et on reprend.
Au cinéma, on ne cherche plus à offrir de nouvelles propositions cinématographiques qui vous décoifferont de par leur originalité. On vous offre des super héros, de l'action avec de multiples effets spéciaux (vides), des suites de marde, des remakes.

On choisit de ne pas prendre de risque. On offre aux gens ce qu'ils veulent. Le contraire de ce que devraient être une proposition artistique.

Je n'écoute pas Star Académie ou La Voix et leurs émission cousines , mais je sais que le public y est impliqué. Une hérésie à mon avis. Toute émission qui implique le public est à mon avis une connerie.

NE DONNONS JAMAIS AU PUBLIC CE QU'IL S'ATTEND À VOIR.

Étonnez-les!

En amour, ça commence toujours par l'étonnement par rapport à l'autre.

En sport, ce dont je vous parle s'est retourné contre le système du "donnez aux gens ce qu'ils veulent".
Le hockey est devenu affreusement esclave du marketing. J'ai longtemps déploré le système du match des étoiles de la LNH qui demande que le public vote pour les 6 partants. C'est tout simplement ridicule. Quand le match était à Montréal, on a voté 4 des 6 partants des Canadiens. dont au moins deux qui ne le méritaient pas du tout (sans être mauvais).  Si le match avait lieu à Chicago, on aurait 6 joueurs des Hawks comme partants.Une autre année, des comiques ont testé les limites du système de vote en votant en masse en faveur de Rory Fitzpatrick, un défenseur, notoirement défensif et très peu spectaculaire.La ligue a dû modifier le calcul des votes pour donner une moyenne de vote et faire une lecteur des adresses URL de chaque voteur pour éviter les abus. Fitzpatrick ne s'est jamais rendu au match des étoiles.

Cette année, le système a complètement déraillé.

John Scott est un joueur de 6'8. Il n'est plus défenseur, mais pas complètement un attaquant non plus. Il est si mauvais qu'on le place un peu n'importe où. Souvent devant le filet. Il n'est que gros et avec une taille pareille, il a un gros avantage dans les combats. Mais qui veut se battre avec un ogre de 6'8 et qui ne sait pas vraiment jouer au hockey? Les internautes ont voté de manière excessive pour en faire le grand vainqueur du système de votes pour le match des étoiles. Des centaines et de centaines de votes avant les meilleurs joueurs de la ligue et les choix les plus évidents. Oui, on nous as étonné. Mais on a surtout prouvé que leur système de vote, basé sur le "give the people what they want" est une cochonnerie massive.
L'équipe de Scott, l'Arizona, lui a suggéré d'humblement se retirer du match. Ce qu'il a refusé. Donnons aux gens ce qu'ils veulent voir. Puis, la Ligue elle-même a demandé à Scott de se retirer, ce qu'il a toujours refusé. Les gens me veulent, j'y serai.
Quand les Canadiens de Montréal ont complété un échange dans le but d'obtenir Victor Bartley, l'Arizona a insisté pour qu'ils prennent aussi John Scott. Ce que Montréal a accepté (avec probablement un gros chèque de la LNH) avec la promesse de l'envoyer dans les mineures, là, où il mérite de se trouver, Rendant Scott illégal pour le match des étoiles de la LNH.

Puis, coup de théâtre, même si dans les mineures, Scott sera capitaine au match des Étoiles de cette année. La ligue a choisi de donner au public, le cirque qu'il voulait.

Vous pouvez être certain qu'on trichera les chiffres à chaque année à partir de l'an prochain dans le calcul des votes pour ne pas avoir l'air clown comme cette année.

La triche par le marketing de marde.







lundi 25 janvier 2016

Scola, Ettore (1931-2016)

Né à Trevico, une petite commune de la province d'Avelilino en Campanie en Italie, très tôt le jeune Ettore sait qu'il veut vivre de l'écriture.

De 16 à 21 ans, il écrit pour des journaux humoristiques. Il créé des liens avec l'illustrateur et bientôt journaliste lui aussi Furio Scarpelli ainsi qu'avec Agenore Incrocci et Federico Fellini, journalistes eux-aussi. Ce sont Scarpelli et Incrocci, bientôt connus comme le tandem de scénaristes Age-Scapelli, qui lui dénichent quelques contrats d'écritures en parallèle pour l'immensément populaire acteur italien Totò. À 18 ans, Scola fait aussi de la radio. De la comédie surtout.

Il scénarisera au cinéma pour Mario Mattoli, Antonio Pietrangeli, Mauro Bolognini et Dino Risi avant d'avoir sa première chance en 1964 pour un film à sketch. Il tournera 6 films avant qu'au 8ème film, en 1974, déjà la troisième collaboration cinématographique avec le célèbre tandem comique Age-Scarpelli, il n'obtienne la reconnaissance internationale. Nous Nous Sommes Tant Aimés raconte l'Italie d'après-guerre et les fragiles liens d'amitiés entre trois hommes et une femme convaincus d'être en mesure de changer le monde. Le film rafle le César du meilleur film étranger ainsi que le prix d'or au Festival International de Moscou.

Deux ans plus tard, Affreux, Sales et Méchants, l'histoire d'une vingtaine de personnes, parents, enfants, leurs conjoints ou amants, petits-enfants, et la grand-mère, s'entassant dans un sordide taudis, vivant de larcins et de prostitution, sous l'autorité tyrannique du patriarche borgne, avare et brutal, remporte le prix de la mise en scène au Festival de Cannes.

L'année suivante il réalise une co-production avec le Canada mettant en vedette Sophia Loren et Marcello Mastroianni nous offrant une histoire d'amour en période fasciste entre deux êtres que tout semblent séparer. Le film gagne le César du meilleur film étranger, le ruban d'argent du meilleur scénario en Italie et le David di Donatello du meilleur réalisateur toujours en Italie.

Il tournera à partir de 1974, 40 films en autant d'années.

En 1980, retravaillant avec Age-Scarpelli au scénario de son film La Terrasse, ils raflent tous les trois le prix du meilleur scénario au Festival de Cannes ainsi que le même prix en Italie. Le film raconte la rencontre d'amis de longue date, appartenant au milieu de la gauche culturelle, se retrouvant pour une rituelle soirée-buffet sur la vaste terrasse romaine de l'un d'entre eux. La caméra se promène et surprend des conversations puis, suit un personnage dans sa vie, avant de revenir à la soirée et d'en suivre un autre. L'enthousiasme de la jeunesse laisse peu à peu place à l'amertume et aux constats d'échecs, autant professionnels que sentimentaux.

En 1981, l'histoire d'un militaire décidant de coucher sur  papier les souvenirs d'une période particulièrement douloureuse de sa vie caractérisée par l'amour de deux femmes que tout oppose racontée dans Passion d'Amour lui fait à nouveau gagner le Ruban d'Argent du meilleur scénario en Italie.

Il gagne le David Di Donnatello du meilleur scénario pour La Nuit de Varennes, film racontant la fuite et l'arrestation à Varennes du roi Louis XVI et de Marie-Antoinette en 1791.

Pour Le Bal en 1983, il tourne 112 minutes de film sans dialogues, entièrement musical et chorégraphié, racontant 50 ans de danse de salon en France, depuis les années 1930 : du Front populaire à la Guerre en passant par l'arrivée du jazz, du rock,  l'évènement de Mai 68 ainsi que le disco, les couples silencieux se faisant et se défaisant au gré de l'histoire et de la musique. Le film le place au sommet de son art gagnant les césars du meilleur film et du meilleur réalisateurs en France, l'Ours d'Argent du meilleur réalisateur en Allemagne et le prix du jury des lecteurs du Berliner Morgenpost,  et finalement le David Di Donatello du meilleur réalisateur et le prix Alitalia en Italie.

En 1987, il signe La Famiglia, deux mots si chers aux italiens, portrait d'une famille bourgeoise des années 30 aux années 80 qui est un peu le regard du réalisateur lui-même sur son pays et sur son époque. Ce sera son dernier grand élan inspiré. Il gagne les prix de réalisation et de scénarisation  deux fois en Italie cette année-là.

Il tounera encore jusqu'en 2003 avant d'annoncer en 2011 qu'il se retirait souhaitant ne pas faire le film de trop.  Il déclare alors sentir ne plus faire partie du monde du cinéma d'aujourd'hui puisque les logiques de production et de distribution dictées par le marché ne lui ressemblent plus.

Il aura voulu changer le monde mais c'est le monde qui l'aura changé.

Ses films en revanche, auront ressemblé à l'Italie de 1931 jusqu'au nouveau siècle.
Il nous as quitté mardi au noble âge de 84 ans.

Ciao Ettore!

dimanche 24 janvier 2016

Aveugles Amours d'Anjelica

Dans une soirée de cocktail hollywoodien en l'honneur du sénateur et potentiel candidat présidentiel Gary Hart dans les années 80, Anjelica Huston rencontrait sa future co-vedette dans The Royal Tennenbaums, Gwyneth Paltrow qui n'avait que 12 ans.  Celle-ci, en restant autour du partenaire de Huston, Jack Nicholson, lui confia secrètement "Cet homme me fait peur".

Ce à quoi Angelica lui a aussi répondu sur le ton de la confidence: "¨Ça tombe bien, moi aussi...."

La relation amoureuse entre l'actrice Anjelica Huston et l'acteur Jack Nicholson allait durer plus ou moins 17 ans. C'est qu'ils se sont laissés et ont repris ensemble à plusieurs reprises.

Anjelica, fille du réalisateur John Huston, et petite fille de Walter Huston, était habituée depuis sa naissance à la présence d'hommes viriles. C'est à une fête chez Nicholson en 1973, qu'Angie rencontre pour la première fois Jack. Ils dansent toute la nuit, et elle s'y réveille le lendemain matin dans on lit. Elle a 22 ans, Jack en a 37. Il lui paie un taxi et promet de la revoir bientôt. Toutefois, il annule son prochain rendez-vous avec elle en raison d'un "engagement" qu'il avait oublié. Cet engagement se prénomme Michelle Phillips et se trouve à être l'ancienne copine de Jack.

Cette scène sera la calque de la relation qui teintera les 17 années entre Angie et lui.

Huston est d'abord séduite par le côté viril de Jack. Un soir, alors que Nicholson flirte ouvertement avec une mannequin allemande alors que Huston est à ses côtés, celle-ci choisit, exaspérée et se sentant témoin de son propre cocufiage, de se lever pour quitter l'endroit. Nicholson la saisit alors solidement par le poignet et la faire se rassoir en lui disant : "Ne me quitte jamais comme ça!" Ce bref moment de possession animale charme Huston.

Nicholson pouvait être aussi généreux que sans considération. Un jour, il achète par amour une Mercedes-Benz qu'il donne tout simplement à Anjelica. Celle-ci l'emboutit dans un accident le jour-même.

Nicholson lui donnait de l'amour. Huston aurait dû comprendre la métaphore.

Les moments de déception étaient probablement plus nombreux.

Lors d'un concert en plein air à Central Park de Carole King, Huston et Nicholson assistent au spectacle avec la charmante Joni Mitchell entre les jambes pendant tout le spectacle. Quand elle confronte Jack sur le sujet celui-ci rouspète "qu'elle n'était qu'une vieille amie, qu'il ne fallait pas capoter!"

Les amies de Jack seraient très nombreuses. Et ne seraient pas souvent les amies d'Angie. Les vieilles amies de Jack seraient aussi présentes que les nouvelles. Ainsi, la mannequin Appolonia van Ravenstein allait vite lui confier que Jack avait couché avec elle et semblait en mesure de le faire avec n'importe qui de son choix.

Confronté à nouveau, Nicholson allait dire avec dépit:
"Allons donc Toots! (le surnom amoureux qu'il lui donnait), ce n'était qu'une baise de pitié!"

L'infidélité blessait moins que l'idée que cette réponse expliquait tout selon lui et rendait la situation acceptable.

Dans les premières années, "Toots" allait découvrir que sortir avec une personnalité comme Jack, une personnalité dont tout le monde, homme comme femme, voulait attirer l'attention, serait un véritable sport. Elle se sentirait aussi choyée qu'humiliée.

Au Festival de Cannes de 1974, de jeunes françaises en mobilette, malgré la présence de Huston au bras de Jack, allait lui demander si il voulait faire un tour avec elles, ce que Nicholson allait aussitôt faire, laissant Huston toute seule sur le trottoir, et en larmes en direction de son hôtel.

Naïvement et aveuglément, Huston souhaitait que Jack l'épouse. Elle ne voulait tout de même pas laisser tomber l'homme le plus convoité d'Hollywood.

L'aveuglement volontaire l'a rendue sotte. Elle a choisi de croire ses mensonges. En tombant sur une note d'une amoureuse remerciant Jack de la dernière nuit et l'implorant de donner suite à cette nuit magique, elle a cru l'histoire de Nicholson qui lui disait que cette note était adressée à son ami Harry Dean Stanton, qui se faisait passer pour lui.

Rencontrant Ryan O'Neal dans une soirée, elle choisit de le fréquenter par la suite. Toutefois, Ryan et ses deux enfants sont un impénétrable mur. Surtout papa et Tatum O'Neal, 12 ans. Ces deux-là sortent ensemble dans les bars. Le frère de Tatum, 11 ans, fume des joints en faisant du surf. S'en est plutôt malsain. Ce qui le devient vraiment c'est l'alcoolisme d'O'Neal. Il revoit des anciens amours, Ursula Andress, Bianca Jagger. Anjelica et Ryan se chicanent et O'Neal lui prend la saisit par le cheveux et lui donne un coup de boule à l'irlandaise. Huston est sonnée, mais ça n'empêchera pas O'Neal de la gifler sans arrêt dans la salle de bain plus tard le même soir.

Toots retourne avec Jack. Cette fois, elle s'achète une maison bien à elle. Occasionnellement, elle trouve des morceaux de linge appartenant à d'autres femmes. Parfois, c'est le contraire, elle voit un manteau lui appartenant sur le dos d'une jolie nouvelle venue. Souvent, elle découvre des crèmes de main ou des démaquillants qu'elle n'a jamais acheté et les garde pour elle. Elle apprécie particulièrement les bijoux oubliés.Attendant qu'on les réclame, ce qui n'est jamais arrivé.

Elle choisit encore la cécité amoureuse.

Vers la fin des années 80, la carrière de Huston atteint des sommets qu'elle n'atteindra plus. Elle rafle l'Oscar de la meilleure actrice de soutien pour Prizzi's Honor sous la direction de son père et aux côtés de Nicholson, elle est brillante dans Crimes & Misdemeanors en 1989 dans un rôle trop familier, puis encore meilleure dans The Grifters de Stephen Frears l'année suivante.

C'est en pratiquant pour ce film qu'elle est mise au courant par Nicholson qu'il compte avoir un enfant de Rebecca Broussard, de 12 ans, la cadette d'Anjelica qui a maintenant 39 ans.

Il n'y a de la place que pour une seule d'elles, clame Toots et elle choisit de quitter Nicholson pour de bon.

Quand un article diffamatoire sur ses pratiques sexuelles avec Jack est publié dans Playboy, elle se rend dans les bureaux de Paramount ou se trouve Nicholson et lui pète la gueule. Elle libère 17 ans de frustrations et l'aime encore plus de la laisser le frapper ainsi. Comme si il savait qu'il le méritait.

Huston trouve un amour plus vrai deux ans plus tard, le sculpteur Robert Graham, avec lequel elle reste mariée jusqu'à sa mort en 2008.

Elle retrouve Nicholson en 1995 sur le tournage de The Crossing Guard de Sean Penn.

Nicholson et Huston gardent leurs distances l'un de l'autre, mais trouvent le moyen de rire encore ensemble.

Ils y jouent un ancien couple. Ils se jouent eux-mêmes.


Jack lui dit:
"Toi et moi Toots, c'était l'amour au temps du choléra"

Elle lui répond ravie:
"C'est mon livre préféré, écrit par un des mes auteurs préférés sur mon préféré sujet:
L'amour éternel."