mercredi 25 novembre 2015

La Vie de Moins en Moins Secrète d'Abel Tesfaye (The Weeknd)

Abel Tesfaye, mieux connu comme l'homme derrière le groupe musical The Weeknd, est d'origine éthiopienne. Ses parents sont arrivés en Ontario dans les années 80. Papa a vite disparu et maman travaillait donc en double, donc tout le temps. C'est grand-maman, parlant principalement l'amharique, langue d'Éthiopie, lui a donc appris l'anglais en parallèle avec l'amharique. Ayant d'abord appris cette langue rare, les difficultés à l'école ont été promptes. Il a quitté l'école il n'avait que 17 ans.

J'ai été étonné de découvrir que c'était un homme qui chantait "Earned It", la première fois que j'ai entendu parler de The Weeknd, son groupe.

Ces temps-ci, je découvrais et ajoutais à ma playlist sur mon téléphone, une chanson qui me plait bien de The Weeknd. Quand j'ai découvert le vidéo, je l'aimais encore plus. Simple. linéaire, extrêmement mystérieux aussi. Si mystérieux qu'il me hantait les sens. La chanson parle de débauche absolue, et je me sens inconfortable de penser que c'est peut-être ce qui me plait dans la chanson. Mais le vidéo, j'en étais convaincu, nous renvoyait à autre chose que simplement la débauche.
David Lynch dans Mulholland Drive commence son film (in the Hills) par un accident de voiture lui aussi. Le vidéo de Tesfaye fait de même.

Un vidéo, quand il sert autre chose que la simple promotion d'un artiste, nous sert souvent des messages. Tesfaye nous parle continuellement de son expérience dans le monde de la musique depuis ses débuts.

Et j'ai fini par le comprendre en visionnant plusieurs de ses vidéos.

Tous les vidéos de The Weeknd nous parlent de la descente aux enfers, de la tentation et du pêché d'un artiste dans la jungle de l'univers musical populaire.  

Dans ses tout premiers vidéos, déjà, Abel se questionne sur le monde musical. On y voit de femmes dont on ne distinguera jamais complètement le visage. Tesfaye y parle de femmes perdues, d'amour distant, de perte de connexion avec une être aimée. Dès son troisième vidéo, les yeux du diable y font une première apparition. Bien assez vite on y présente la femme comme la pureté et l'homme comme le pêché, un constat que fait peut-être Abel Tesfaye sur lui-même. Son cinquième vidéo se termine sur des mains qui semblent prendre le contrôle de sa tête.
Commence ensuite un premier indice clair de suivi dans les clips. Un personnage de retour. La femme asiatique au coeur du vidéo de You Belong to the World, réapparaît sous la douche et se préparant pour un homme ressemblant étrangement à Abel Tesfaye,, mais qui n'est pas lui. Ces deux-là se donnent l'un à l'autre jusqu'à ce que Tesfaye revienne de l'aéroport et tue les deux à coups de fusil. Didn't she belong to the world? peu importe, on lit une première fois une certaine continuité claire entre les clips.

Tesfaye est de plus en plus investi dans le monde de la musique, brouille ses rapports avec la/les femme/s qui l'ont suivi amoureusement, et se compromet de plus en plus dans une certaine forme de vice.

Le vidéo suivant nous montre Tesfaye en pleine apnée vis-à-vis les femmes. Sa connexion émotive semble imparfaite, il est nageur comme noyé dans cet apnée.

Son 9ème vidéo nous montre à nouveau Tesfaye errant dans un monde qui semble principalement composé de souvenirs de femmes. À la toute fin du vidéo, Tesfaye erre dans la rue et semble à la fois en marge de tout ça (car la plupart des femmes montrées semblent en train de festoyer) et à la fois perdu.

Les trois derniers sont les plus intéressants.

De toute évidence, Abel Tesfaye semble avancer dans le monde musical à tâtons et exprime chaque fois ce qu'il ressent comme "vibe" en musique et en images. Vous aurez déjà noté qu'il est nettement explicite dans ses propos comme dans ses choix de clips.

Vous noterez maintenant qu'il nous parle comme un livre ouvert.

The Hills, même si la chanson pogne maintenant et que le clip a été lancé en mai dernier, est le seul morceau qui me plaisent vraiment du petit gars de Scarborough en Ontario. Il devrait être vu en dernier des trois prochains, mais puisqu'il a été lancé en premier, commençons par celui-là dans le dernier trio de clips. Encore une fois, Tesfaye parle d'une relation avec une femme, dans un débauche plus ou moins assumée. Le vidéo est assez fameux. Un accident de voiture, voiture qu'il semblait conduire, Tesfaye y est blessé, deux femmes sont extirpées de la voiture et lui en veulent d'avoir causé l'accident. Il semble peu atteint de leurs récriminations mais convaincu de se rendre (lentement parce que blessé) à une maison cossue de L.A., là où s'est déroulé l'accident, sur ce qui pourrait être Mullholland Drive et qui est très certainement le cossue quartier de L.A. appelé The Hills. Il y trouvera à la toute fin un homme (Rick Wilder, ancien leader de Mau-Maus) dans le rôle du diable, une pomme à la main, ainsi que les deux femmes vues précédemment. Nous sommes invités à comprendre une certaine part de surnaturel ici puisque les deux femmes ne sont plus habillées de la même manière et ne sont pas blessées ou en état de choc suite à l'accident, mais paraissent plutôt détendue et en offrande. Nous reviendrons à tout ça plus loin.

Si Earned It a fait connaitre The Weekend , c'est Can't Feel My Face qui l'a véritablement propulsé sur la planète superstar. Et Tesfaye en parle pendant tout le clip. Il parle aussi de cocaïne de manière voilée, poudre d'illusion ultime dans le milieu. Le clip nous montre Tesfaye chantant sur scène en se donnant plus que la chanson ne le demande. La réaction du public passe de la déception au total ennui. Une seule femme dans le public semble intéressée par ce qu'il offre sur scène. Quand je travaille fort, je vous ennuie. Rick Wilder, toujours dans le rôle du diable vient s'installer à un table dans la première rangée du bar où Tesfaye se produit. Bien assez vite, le diable lui mettra le feu au corps sur scène et cette fois, Tesfaye non seulement se produira sur scène avec encore plus d'énergie, reproduisant pratiquement des gestes de Micheal Jackson avec perfection, mais le même public qui le méprisait plus tôt, l'aime soudainement, se lève et danse sur son rythme. Tesfaye a vendu son âme au diable pour être aimé de tous et il nous le montre. Toujours en feu, il quittera la scène en toute fin de clip, apeuré, réalisant qu'il est toujours en feu, même hors de la scène. Le feu consume entièrement ce qu'il brûle.

Tell Your Friends commence en clip avec le même élément qui avait clôt le clip précédent: le feu. Un buisson ardent brûle dans le désert. Le feu est d'ailleurs des trois derniers clips puisque le diable s'y trouve aussi. Tesfaye enterre quelqu'un dans ce désert. Il s'agit de lui-même. C'est lui-même, enterré dans un sac, qui nous chantera la chanson. Dans le clip de The Hills, vous remarquerez que Tesfaye chante parfois la chanson, parfois non. Comme si il avait oublié qu'il était dans un clip. Tesfaye est en parfaite errance dans le monde musical qui le fait naître, mais qui lui donne aussi des indices de mort. Tesfaye enterre son nouveau "lui", créé par le diable, et veut redevenir lui-même. Le diable (toujours Rick Wilder) est en furie et réapparaît avec un pas décidé marchant dans sa direction. Il semble fâché de son choix. Tesfaye n'attend rien de lui et lui tire dessus au beau milieu de la chanson. Il prend sa voiture et quitte...vers des "hills" discrètes, mais bien là depuis le début du vidéo. "Dit à tes amis, que d'autres pistes je choisis". À la fin du clip, il ne chante plus, la radio chante pour lui. Il est "autre".

Et maintenant vous pouvez relire le paragraphe sur le clip de The Hills qui serait la suite narrative de ce clip. Tesfaye se plante au volant de sa voiture, et peu importe ce qu'il fera, peu importe les routes qu'il emprunte et les déscisions qu'il prend, il sera toujours entre les mains du diable. Car le Diable est increvable. Et le pacte avec lui est irrémédiable.

À la fin de The Hills, Abel Tesfaye rencontre son créateur.

À moins que son prochain vidéo ne nous offre d'autres pistes.

Reste que Tesfaye est un livre ouvert en clip.

The Weeknd était sur scène à Montréal hier soir.

mardi 24 novembre 2015

Flaque de Marasme & Éclaboussures de Fonds de Bol

Je me suis levé marabout.

Premièrement parce que je ne devais pas me lever. C'est rare les matins (voire les nuits) où je peux dormir et vraiment me reposer comme la plupart des gens normaux qui ne sont ni vampires, ni martiens comme moi.

Il y a eu grand ménage dans la Mafia extrêmement tôt et bien entendu c'est par chez nous que ça a frappé contre le crime organisé. Pratiquement dans mon jardin. L'hélicoptère TVA est venu nous casser les oreilles dans l'espoir d'une nouvelle visuelle.

C'est fou ce que je déteste l'hélicoptère TVA. De la pollution visuelle, sonore, et une valeur ajoutée à une nouvelle complètement nulle. Et TVA est convaincu de l'importance de cette merde. Un jour, dans une fête dans un parc, quand les enfants étaient beaucoup plus jeunes, Maxime "On peut voir ici" Landry était exposé pour prendre des photos avec la plèbe et l'hélicoptère TVA était en marge de l'olibrius, placé sur un socle comme un trophée. J'aurais pu faire honneur à mes grands oncles de l'IRA et placer une bombe sous le dit hélicoptère.

Arme d'information massive.

Je flirte avec l'idée de chasser l'hélicoptère TVA à coup de fusil.
Mais je n'ai pas de fusil.
Je pourrais m'organiser avec un voisin mafieux toutefois.

Mais ce matin-là, il y avait trop de la journée à meubler et surtout du marasme à chasser. Je suis donc aller m'acheter de la culture.

Dans la foulée de ce que je vous racontais samedi, je suis tombé sur un tout petit livre rassemblant des gags de Schulz entre 1950 et 1952. Non seulement les dessins sont brillamment simple, mais même la copie que j'ai acheté avait une couverture légèrement usée. Comme si j'avais acheté cette copie de Peanuts en 1951. Ça m'a réconcilié avec ma journée.

Mais pas longtemps.

Sur la jaquette arrière on stipule:
A facsimile edition of the first ever Peanuts collection originally published in 1952, containing the best strips from 1950-1952 and including the very first peanuts daily newspaper strip.

Total mensonge.
J'ai feuilleté trois fois toutes les pages (non colorées, non numérotées, dans le bonheur) du livre et à aucune occasion n'ai je croisé ces quatre premières cases que Charles Monroe Schulz a imaginé en 1950. Je connais très bien ce gag, il est reproduit ici à gauche.

Ça m'a ramené dans le marasme. Pourquoi mentir sur une telle connerie? En relisant, je me dis qu'on devait parler de "la collection" qui contient "entre autre" le tout premier gag de Schulz mais avouez que c'est foncièrement trompeur. Tromper est devenu si normal sur cette planète.

Comme le livre de Peanuts était 2 pour 15$ et que je ne trouvais pas d'autre produits qui me tentaient dans les livres, je me suis tourné vers les dvds. Et ai finalement acheté aussi Mad Max, le tout premier film de 1979, en blu-ray. J'adore cet univers dystopien qui rappelle J.G.Ballard, un auteur que je chéris. Avant le crime commis cette année, les Mad Max étaient des films que j'avais beaucoup aimés, le premier et le troisième. Étrangement, je n'ai jamais vu le second et ai même toujours pensé que le troisième suivait narrativement le premier. J'ai tout de même encore tout un film à explorer et juste ça me remontait beaucoup l'humeur.

C'est alors que je croise Grumeau Bênet, un collègue de travail,

Clarifions une chose: de nuit, je fréquente des gens que, de jour, je voudrais très peu fréquenter. Grumeau est au sommet de ces gens. Voilà un employé qui travaille apparemment depuis 25 ans pour l'entrepôt où je bosse la nuit et c'est de loin LE PIRE EMPLOYÉ AU MONDE. Non seulement il fait toute les erreurs possibles et imaginables, mais il est une nuisance pour tous et fait toujours étirer des réunions avec des interventions dénudées de toute forme de jugement. Il est gênant au boulot alors imaginez au civil! Il me croise dans le magasin et me hèle.

"Hey! Roger!"
(Il est trop bête pour avoir un jour saisi mon nom comme du monde)
"Non..." que j'ai instinctivement répondu.

Grumeau a un peu la tête de Bernard Adamus et c'est con, j'aime beaucoup Bernard Adamus, mais pas du tout Grumeau Bénêt. D'ailleurs dans ce magasin, j'avais croisé tous mes cadeaux de Noël placés soigneusement sur ma liste de suggestion la veille. Toujours sous le même concept: 3 titres de livres, 3 de dvds, 3 de cd. Des livres de Bernard Sumner, Marlon James, Elvis Costello, Grace Jones, des films de Polanski, Altman, Lynch, la musique de Lynch, Butler, Michaud, Adamus justement.

Grumeau Bénêt avait dans les mains quelques chose que je ne demanderais jamais: un cd de Brigitte Boisjoli.

Je suis redevenu marabout.

"Tu...tu t'achètes un disque?" que j'ai demandé ne sachant franchement pas de quoi m'entretenir avec ce plouc.
"Non c'est pour ma nièce" a-t-il dit, Mais il l'achetait tout de même et je m'en sacrais pas mal. et là il m'a demandé quelque chose sorti tout droit du seul tiroir qui semble fonctionner dans le meuble dans sa tête.

"T'as tu vu la photo du nétron sur Facebook?"
"Facebook n'existe pas dans ma vie"
"Écoute, le nétron (c'était surement un trucage) était pris en photo dans' bol, y était long de même..."
Et il me montre ses mains longues comme un large concombre.

Voilà le niveau de conversation de mes amis de nuit. Je n'ai pas relevé son ignorance du mot "étron" et ai mis un terme à cette conversation fécale qui me turlupinait encore l'humeur.

JE
DOIS
QUITTER
MON
JOB
DE
NUIT

...et du même coup changer mon style de vie et cet entourage.

Simple question d'humeur.



lundi 23 novembre 2015

Les Gens Qui N'ont Pas Peur de Vivre N'auront Jamais Peur des Gens Qui N'ont Pas Peur de Mourir

Patricia savait recevoir.

Mathieu, Suzy, Kevin, Sylvie, Nick, Franco, Nat, Fanny, Stan, Rick et Georgia étaient tous réunis autour de la table et savouraient l'excellente marinade de porc au gingembre qu'elle leur avait concoctée. Kev avait raconté sa fois où il avait été fouillé aux douanes et qu'on avait trouvé le godmichet de Sylvie dans sa valise. Oui, Sylvie avait un godmichet depuis son adolescence, quand ses amies lui en avait donné un en forme de Life Savers, (comme dans "sauveur de vie") alors qu'elle était célibataire, pour la niaiser. Elle l'avait emporté en voyage avec Kev car celui-ci lui avait promis qu'il ne lui ferait pas l'amour de la semaine. Pour la niaiser aussi, semble-t-il, mais comme ils étaient au début de leur relation, relation qui fêtait ses 15 ans maintenant. Sylvie n'avait pas encore saisi le type d'humour de son amoureux. On lui avait bien dit qu'elle trouverait bien un moyen de le charmer et de le faire changer d'idée, mais elle n'avait pas pris de chance.

Pat était toujours l'architecte de moments heureux de la sorte, où le vin était bon et les souvenirs remplis de rires entre amis. Chacun était toujours à l'écoute de l'autre et où tout le monde finissait par se sentir important.

C'était un vrai souper presque parfait tellement tout le monde transpirait le bonheur.

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Une errance fortuite...

Jones était dans son sous-sol. Il aurait dû dormir mais n'en avait pas le temps. Son fils lui dit:

"Papa! tu devrais aller voir sur youtube la pub de Bose, tu l'aimerais".

Le Jones en question se rendit sur youtube où la page d'accueil, connaissant probablement ses goûts youtubiens, mais faisait aussi la promotion de tout ce qui est populaire lui suggérant comme second vidéo en haut de page un clip de 10 minutes 10 minutes! de David Bowie, DAVID BOWIE! tiré d'un album qui serait lancé le jour de la fête de l'artiste prochain, le 8 janvier 2016.

Jones rencontrait Jones.

Quiconque connait le Jones du 450 sait qu'il adule l'autre Jones, maintenant New yorkais. Sa journée de merde où la fatigue l'avait gagné devenait espoir, bonheur, découverte,achat certain en 2016.

Et ce, même si Bowie atteignait de nouveaux sommet de creepyness dans le clip.

Le Jones du sous-sol s'en moquait.

C'ÉTAIT BOWIE 'STIE !

L'auteur de Scary Monsters & Super Creeps.

Bonheur, ne quitte plus ce sous-sol.

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Une femme épanouie

Sandina ne s'était jamais trouvée tellement belle. Cet espace entre ses dents, des yeux trop rapprochés et trop bruns. Toutes les belles femmes avaient des yeux bleus ou verts. Sandy ne se classait donc mentalement jamais dans le "belles filles". Mais maintenant à 33 ans, elle était très à l'aise avec elle-même. Son corps. ses états d'esprits, ses courbes, tout sur elle-même lui plaisait. Elle était toutefois consciente de l'éphémère des concepts de beautés. Elle se disait qu'il fallait donc en profiter. Sandy se trouvait aujourd'hui jolie quand elle se regardait dans un miroir. Elle remarquait aussi que dans l'oeil des gens, elle ne marquait plus l'indifférence.

Les hommes semblaient attirés par elle et les femmes lui envoyaient des regards de jalousie.

Ce soir-là. Sandy était en mission. Elle avait invité son collègue de travail qui lui plaisait depuis longtemps et qui était justement célibataire lui aussi, à souper chez elle. Et ensemble, ils passaient un très bon moment.

Quand l'alcool fit son effet sur Sandy et son ami, ils se dirigèrent spontanément vers la chambres à coucher. Sandy savait qu'elle avait quelque chose à offrir pour l'oeil, elle se sentait en total contrôle au niveau du sex appeal. La suite,..allait se passer entre eux et nous devrions les laisser entre eux.

La suite avait un seul adjectif adéquat: fabuleux!

Et c'était tout à son honneur à elle.

Elle, qui avait activé tous les boutons qui lui avait plu pour que la soirée soit sensationnelle pour tous.

Surtout pour elle.

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Deux femmes libres.

Stef: "J'ai envie d'être belle et désirable, ce soir"
"Élodie: " Mini jupe!"
Stef: " hein?, non, décolleté"
Élodie: "Ben non, les jambes vont toujours avoir le dessus sur les seins, on peut pas vraiment avoir de fausses cuisses tandis que les seins peuvent être...disons,.,,traffiqués"
Stef: "Tu me passerais tu ta robe noire et blanche?"
Élodie: "Ben...c'est celle-là que je voulais mettre!"
Stef: "Mais...mais tu ne voulais pas être belle et désirable toi ce soir, pourquoi tu voudrais mettre...?"
Élodie: "DE quoi tu parles? on veut toujours se présenter comme belles et désirables, la question à la base est nulle!"
Stef: "belle, oui, mais désirable pas toujours"
Élodie: "Tiens, mets ma petite robe bleue, tu es absolument croquante là-dedans!"

Et effectivement, Stefanie était adorable dans cette robe.

Les deux amies se sont éclatées toute la nuit en ville.

Parce que le bonheur est une pomme bonne à croquer.

Et que les gens qui n'ont pas peur de vivre n'auront jamais peur des gens qui n'ont pas peur de mourir.

dimanche 22 novembre 2015

10 Chansons Écrites À Propos de Gens Connus (et qui ne le savaient peut-être pas)

Carly Simon s'est fait harceler toute sa vie avec la question "Parles tu bien de Warren Beatty quand tu chantes You're So Vain"? Carly sortait effectivement d'une relation avec l'acteur de Californie quand la chanson a été écrite et est devenu un succès aux États-Unis en novembre 1972.

Elle avait toujours nié. En fait pas complètement. Elle avait donné quelques indices.Elle avait d'asbor dit que pour savoir de qui elle parlait il fallait trouver dans son nom les lettres A et E. Tout le monde a pensé Warren Beatty. Même Beatty a appelé Carly pour lui dire "Thank You for the song" Puis, avec les années, à se faire réptéter les même questions elle a rajouté une troisième lettre: le R. Warren contient toutes ces lettres. Tout le monde s'était convaincu de la chose. Toutefois Simon, insatisfaite des conclusions de tous et chacun a rajouté par la suite qu'il ne s'agissait pas d'un seul homme, mais bien de trois.
On a donc commencé à faire circuler les rumeurs. On a pensé à Mick Jagger qui a non seulement souhaité partager sa peau obsessivement avec elle, mais a aussi fait des voix (sans en être crédité) sur le morceau. Puis on a aussi pensé à son ami David Bowie. David Cassidy et Cat Stevens ont aussi été considérés, ce qui suffit à être assez insultant pour les superficiels concernés. L'ex-époux de Carly Simon, James Taylor a aussi été considéré, mais elle a fermement nié toute sa vie avec beaucoup d'aplomb. Simon a toujours entretenu le mystère sur le sujet et maintenant qu'elle n'est plus la saveur du jour, c'est tout ce qui lui reste.

Elle a fini par avouer que les noms étaient chuchotés en intro de la chanson quand elle murmure "Son of a gun" et quand on la joue à l'envers.
On a alors pu entendre clairement "David, Warren et un troisième nom intintelligible qui serait probablement un surnom amoureux.

David était pour David Geffen le patron de sa compagnie de disque Elektra à cette époque. Simon l'a confessé à quelques personnalités publiques à quelques reprises.

Warren, ben... c'est évident.

et le troisième serait probablement un surnom pour le musicien Daniel Kent Armstrong (dont le nom contient toute les lettres données en indice aussi), qui fût son amoureux brièvement. Dan a inspiré au moins un autre morceau de Simon, ça c'est certain.

Simon a avoué la semaine dernière que seul le second couplet parlait de Beatty. Même si il s'était convaincu que tout le morceau parlait de lui (ça faisait parti de sa vanité naturelle).

Well you had me several years ago
When I was still quite naive
When you said that we made such a pretty pair
And that you would never leave
But you gave away the things you loved
And one of them was me
I had some dreams, they were clouds in my coffee
Clouds in my coffee and you,re so vain
You probably think this song is about you

Voici 10 autres chansons écrites subtilement à propos de personnalités plutôt connues.

Dude (looks like a lady) d'Aerosmith.
(Tyler/Child/Perry)
Steven Tyler, son guitariste Joe Perry et Desmond Child entrent dans un bar...ça commence comme une blague et contrairement aux autres chansons qui suivront, s'en est pratiquement une. Entrant dans le bar à l'éclairage très sombre, il repère une blonde qu'il trouve agréable pour l'oeil. Il se dit qu'il devrait aller tenter de la séduire. Une fois près d'elle, il s'agit plutôt de "lui". Vince Neil. Chanteur de Mötley Crüe. Tyler, Child, Perry et Neil s'en amusent beaucoup et les trois premiers en feront une chanson peu de temps après.

Chelsea Hotel #2 de Leonard Cohen
(Cohen)
Cohen a avoué sur scène  en 1994 que la chanson lui a été inspirée par les rencontres qu'il faisait avec Janis Joplin vers 3 heures du matin dans l'ascenseur du Chelsea Hotel de New York. "She was looking for me, I wasn't looking for her". Elle cherchait en fait probablement davantage Kris Kristofferson qui lui avait écrit son premier hit et dont elle était entichée. Cohen en est venu à regretter cette confession et a demandé pardon au fantôme de Janis pour cette indiscrétion.

I'll Stick Around des Foo Fighters
(Grohl)
C'est bien connu, l'arrivée de Courtney Love dans la vie de Kurt Cobain a précipité sa chute mentale. Considérée comme une opportuniste par les proches de Cobain, elle a eu très mauvaise presse pendant des années. On ne saura jamais complètement la vérité sur l'impact de la mère de la fille de Cobain (qui est aussi la sienne) sur le suicidé mais on connait l'impact qu'elle a eu sur l'ex-batteur du groupe Dave Grohl. Dans leur premier album en 1995, il y a cette chanson dont le vidéo devait comporter "un corps tordu rappelant celui de Courtney Love". On a plutôt opté pour une forme "informe" ronde, pointue et menaçante. Mais la révélation de son nom fût le premier indice que la chanson s'adressait à elle. Puis ce fût confirmé en 2009 par Grohl lui-même. Les lignes "I'm the only one who sees your rehearsed insanity" ou "I don't owe you anything" sont particulièrement mordantes et pleine de fiel.

Fix You de Coldplay
(Martin/Buckland/Berryman/Champion)
Tiré de l'album X&Y, la chanson est l'une des plus belles, des plus populaires et des plus touchantes du band australien. Elle démontre un amour inconditionnel et le support d'une personne envers une autre, peu importe les conditions. L'Amour avec un grand A bercée par une splendide musique. Une musique inspirante puisque les Canadiens de Montréal la reprennent pour l'arrivée des joueurs sur la patinoire au Centre Bell. La mère de Gwyneth Paltrow, celle-ci alors épouse du chanteur Chris Martin, venait de perdre son mari, le père de Gwyneth, et a précisé que Martin lui avait écrit cette chanson pour la consoler un brin. Les paroles soutiennent facilement cette interprétation: "and the tears comes streaming down your face, when you've lost something you can't replace, could it be worse?" font directement référence au deuil. Le refrain "I'll try to fix you" comme on parlerait de quelque chose de brisé à réparer, implique aussi un engagement amoureux de la part du chanteur australien envers son épouse qui pleure apparemment à chaque écoute de ce très joli morceau, hommage amoureux à la perte, au deuil et au réconfort.

Don't d'Ed Sheeran
(Sheeran/Levin)
Dans un splendide vidéo où apparaît Sheeran une fraction de seconde regardant une sosie d'Ellie Goudling passer la tondeuse. le rouquin nous raconte comment il s'est senti trahi quand la blonde Ellie l'a trompé avec Niall Horan de One Direction. Entre Irlandais, les trahisons sont toujours blessantes. Des lignes comme "You didn't need to take him to bed that's all" ou "It's not like we were both on tour, we were staying on the same fucking hotel floor" font directement références à cette nuit de trahison avec le beau gosse de One Direction. "You were looking for a lover to burn" pointe aussi en direction de l'un des hits de Goulding.  Elle doit être bien gentille la Ellie car elle est loin d'être jolie. Elle a le visage d'une jeune Céline Dion. La colère de Sheeran s'est amenuisée à l'écriture du morceau, exorcisant le mal au point de pardonner aux deux infidèles lads.

Paper Doll de John Mayer
(Mayer)
Quand Taylor Swift se sont quittés il y a longtemps, celle-ci lui a écrit un morceau, ce que Mayer a trouvé plutôt douloureux et mesquin. Ceci ne l'a pas empêché d'à son tour lui écrire Paper Doll en 2012 en réponse à son morceau à elle. La poupée de papier serait bien la jolie Swift car dans sa chanson à elle, Taylor chante You paint me a blue sky and go back and turn it to rain. Mayer lui répond dans la sienne Someone's gonna paint you another sky. La ligne You're like 22 girls in one peut aussi être une référence à la chanson 22 de Taylor dans laquelle elle chante I'm felling 22. L'étrange dame qui meuble le vidéo rappelle aussi les fêlés religieux dont était issue la jeune Taylor. Dans son dernier album 1989, Taylor semble régler beaucoup de comptes avec ses ex, mais semble aussi éviter Mayer.

Killing Me Softly With His Song de Roberta Flack
(Lieberman/Gimbel/Fox)
Lori Lieberman aurait écrite cette chanson en réponse à Empty Chairs que le chanteur Don MacLean avait écrite à son égard. Elle l'aurait ensuite vendue à Norman Gimbel qui l'aurait retravaillée avec Charles Fox pour en faire le super hit de Roberta Flack qu'elle fût quand celle-ci l'a enregistrée en 1972. Les Fugees allaient ressusciter le morceau des années plus tard.  

Layla de Derek & The Dominos
(Clapton/Gordon)
Pas mal tout est raconté ici. Une chanson encore saisissante de nos jours dont je ne me lasse jamais de l'intro, de la guitare "chat" de Duane Allman et de la double guitare sur la portion de piano de Jim Gordon. La nuit c'est encore un solide fix.

Hollaback Girl de Gwen Stefani
(Stefani/Williams/Hugo)
Quand Courtney Love (encore elle) en entrevue parle un jour de l'industrie musicale en la qualifiant d'école secondaire et jalouse la chanteuse de No Doubt en la titrant comme la Cheerleader en chef, Gwen Stefani rage. Non seulement n'a-t-elle jamais été cheerleader, mais elle ne comprend pas pourquoi Love choisit de s'en prendre à elle. Elle, pour sa part, a maintenant des raison de lui en vouloir. Elle compose alors un morceau complètement dans l'esprit du cheerleading.

American Pie de Don McLean
(McLean)
En février 1959, Don McLean a 13 ans. Il livre les journaux à New York. Le 10, il est frappé par la manchette qui titre The Day the Music Died et qui rapporte la triste nouvelle que Buddy Holly, Ritchie Valens et J.P. "the big bopper" Richardson Jr étaient tous décédés dans un grave accident d'avion. La chanson mythique de McLean traite en partie de ce moment. Mais il parle aussi de 1969, avec les mots "No angel born in hell" et "as the flames climbed high into the night"qui font référence à la triste issue du concert d'Altamont des Rolling Stones. "Helter Skelter is a summer swelter"est aussi un clin d'oeil morbide aux incidents de la famille Manson sur la côte californienne pendant l'été 1968. "I met a girl who sang the blues, and asked for some happy news"est une référence claire à Janis Joplin tout juste décédée en 1971 quand la chanson fait rage. Toute les références à The Jester parlent de Bob Dylan. Pas étonnant avec tous ses clins d'oeil que la chanson de McLean ait eu tant d'échos partout en Amérique.






samedi 21 novembre 2015

Recycler Dans un But Lucratif

50 ans après A Charlie Brown Christmas et 65 ans après les premiers dessins de Charles M. Schulz de ses personnages mythiques, sort The Peanuts Movie. en 3D.

Quand j'ai vu la première bande annonce du film à la télévision j'ai eu une réaction qui m'a surpris moi-même.

"Nooooooooooooooooooon!" que j'ai murmuré tout bas, comme si j'étais témoin impuissant d'un geste odieux commis contre une oeuvre d'art d'un précieux rare. Un "noooooooooooooon" de déception. De crainte.

Pourquoi les bonzes du marketing touchent-ils à Snoopy?

Je suis un immense fan de Snoopy et de ses amis. Premièrement parce que chez moi, pendant 17 ans, j'ai eu sous mon toit un chien, parfois deux, une seule fois trois, en permanence sous notre direction. Un de ses chiens s'est même appelé Snoopy, même si il n'était pas beagle du tout.

Aussi parce que Charlie Brown et ses amis sont des héros d'Amérique. Bon, un anti-héros me direz vous, mais il était beaucoup plus facile de s'identifier aux tourments d'un petit garçon et de son entourage qu'à des gars en costume de spandex volant ou des filles qui se battent en maillot de bain une pièce. Dans la BD de nos jeunesse, les BD venaient principalement d'Europe. Les héros avaient donc des personnalités, des moeurs, des habitudes, des tics de langage, des réalités toutes européennes. Charlie était de chez nous. Et ses problèmes, étaient aussi de chez nous. Il était emo avant l'heure. Continuellement entre le spleen et la crise existentielle. Il devenait facile de s'identifier à Charlie Brown en 1988 quand une jolie fille rousse aux yeux noisette vous brisait le coeur.

Puis, il y avait aussi la candeur toute simple des idées de Charles M. Schulz qui se résumait souvent en quelques petites cases à une réflexion amusante, pas trop criarde, une simple observation candide du quotidien au travers d'un garçon en peu mou, d'une fille un peu raide, de son frère petit frère à la couverte, d'une rousse presqu'imaginaire, d'un génie de la musique, d'une tomboy, d'un garçon un peu sale, d'un chien plein d'imagination (comme moi) et qui avait comme grand ami un petit oiseau jaune.

Finalement, avec les films tournés pour la télévision, il y avait aussi le jazz et la musique classique. Bien que je ne sois jamais vraiment tombé amoureux de la musique classique, le jazz m'est entré dans le corps avec les années. Vince Guaraldi a été choisi pour illustrer en son, l'univers de la bande à Peanuts. Et comme Charlie Brown a pris naissance en 1950 et que 10 ans plus tard, les dessins, les personnage ET le jazz étaient au sommet de leur popularité respectives, le mariage était tout simplement parfait.

Peanuts c'est après tout presque 50 ans d'observations américaines et parmi elle, le jazz qui a grandi au même rythme que les personnages.

L'album de noël du Vince Guaraldi trio, est aussi l'album de noël de Charlie, Lucy, Snoopy, Linus, Schroeder, Pig-Pen, Peppermint Patty et compagnie. Et c'est toujours mon album de Noël préféré quand tombe une jolie neige floconnée.

Bref vous comprendrez de quel confort je pars et avec quelle bouette je flirte.

Parce que j'ai quand même envie de revoir mes amis Charlie et compagnie.

Dès les premières secondes d'irritation, d'écoute de la bande annonce, on entends les doigts de Pete Townshend pianoter sur un piano électrique les fameuses notes de Baba O'Riley, chanson que plusieurs connaissent sous l'appellation "Teenage Wasteland", titre que la chanson n'a jamais portée même si on le répète beaucoup dans le refrain et qu'on ne dit jamais Baba O'Riley nulle part dans le texte chanté par Roger Daltrey. Chanson aussi que d'autres connaîtront aussi sous le titre "CSI New York" puisque que la série l'utilise pour marquer son générique d'ouverture. Ou bien cette chanson dans la première saison de la série House MD, dans l'épisode Control. ou dans la première saison de la série What About Brian, ou dans le 22ème épisode de la série Dawson Creek ou à l'ouverture de l'épisode Out Where The Buses Don't Run de la saison 2 de Miami Vice, ou encore dans les films The Girl Next Door, Summer of Sam et Premier Rush, ou encore dans l'épisode Pictures of You dans la saison 4 de la série One Tree Hill, ou encore dans la (très bonne) série Freaks & Geeks ou encore dans une publicité de Cisco System en 2007...

Trois prises (you're out)
Strike one: Ai-je besoin de souligner que cette chanson est surutilisée?
Strike two: Peanuts c'est l'Amérique des années 50, 60, Baba O'Riley c'est l'Angleterre de 1971.
Strike three: Pete Townshend a-t-il vendu son âme au diable?

Et je ne ferai même pas de parenthèse sur l'utilisation du hip hop, c'est un viol pur et simple.

Le 3D. Pourquoi le 3D?
Pour faire 2016?
Les bonzes du marketing ont pensé qu'il fallait être moderne,
Du 3D pour gonfler les prix au kiosque peu importe l'histoire et l'univers de la bande à Peanuts.

Il n'y a aucune valeur rajoutée à du 3D, Particulièrement pour des gens comme moi qui ne portent pas leur lunettes et qui louchent après 10 minutes d'écoute.


Bref, le film a tout pour me déplaire.

"Oui, mais Jones, il faut aussi être de son époque!"

Ben voilà! Peanuts n'est pas de notre époque!
Charlie Brown n'est pas hip hop!

C'est un peu comme Tintin en 3D.
On faisait avec les moyens de 2010 un film sur un héros des années 30 à 80.
Anachronique.

On aurait pas dû demander à Neil Diamond de faire du pop new wave en 1986.  
Et oublier un peu qu'il est aussi l'auteur de Sweet Caroline.
Il fallait lui demander de faire du Neil Diamond.

Mais lisez les commentaires sous le clip. Plusieurs aimeront. Il s'en trouvera toujours.

C'est aussi comme faire du John Lennon hip hop.

Bref c'est ranger les viandes avec le fromage et au congélateur.

Ça ne chill pas pour moi.

Je vais plutôt revisiter Ciné Cadeau.

Même si je manque peut-être quelque chose de beau.

Charles M. Schulz, qui avait écrit qu'il ne souhaitait que personne d'autre ne poursuive son oeuvre après sa mort, doit se grattez le cul dans sa tombe.