jeudi 5 novembre 2015

La Sauce

Pendant la campagne, au Nouveau-Brunswick de son ami Dominique, il a pris la forme du père de famille en prenant un obligatoire bébé qui. dans le bruit d'une infecte musique électronique, s'est assoupi dans ses bras quand même.
Pour être certain que personne n'avait manqué la scène, il a tweeté la vidéo de la scène sur son compte.

Justin est un professeur de théâtre. Il est un expert de la présentation du faux.

Au CEGEP, j'étais (bien entendu vous l'aurez deviné) en lettres. Dans plusieurs de nos cours nous avions ce garçon que nous appelions entre nous "L'artiste du faux". Il en faisait toujours trop. Au prix d'une personnalité largement trop expressive. Un peu comme cette candidate à Un Souper Presque Parfait cette semaine que l'on appelle Manon. Il en devenait fortement agressant. Mais surtout faux.

Justin Trudeau est faux. À une époque ou de notre politique on serait en droit de demander un peu plus de candeur, de spontanéité, de transparence et d'honnêteté, on a un artiste du faux comme Premier Ministre.

Il y avait hier, tapis rouge. Déjà, à Hollywood ou dans les milieux artistiques, les tapis rouges donnent la nausée. Par leur côté largement artificiel, mais en quelque sorte attendu. Le monde artistique est par nature, artificiel lorsque présenté de grand jour.

La politique ne devrait pas l'être.
Il s'est pris beaucoup plus de photos que dit de choses hier.

Je comprends qu'il faille annoncer le nouveau cabinet. Un cabinet composé avec des menottes auto-imposées puisque que l'on s'obligeait à une représentation régionale, provinciale et territoriale ainsi qu'à une toujours étrange égalité homme/femme. Étrange parce que le sexisme (comme dans "choisir selon le sexe") oblige toujours des choix douteux. On prendra peut-être quelques femmes beaucoup moins aptes au poste offert que certains hommes. Pas parce qu'elle sont faites femmes, à sexe inversé, j'aurais prétendu la même chose. mais c'est un peu comme se choisir autant de joueurs Québécois que d'anglophones chez les Canadiens de Montréal. Et si les meilleurs étaient d'ailleurs? Pourquoi alourdir une journée comme hier, forcément décevante pour certains, encore plus décevante pour d'autres encore.

Oui je suis pour l'équité, mais jamais au détriment de la qualité. La recherche de la qualité n'est plus tellement un argument en politique de nos jours. On est prisonnier de concepts "politiquement corrects". On fabrique un plat, et pour être certain que l'on ne voit pas trop le gâchis en dessous, on drape de sauce. Une sauce épaisse et Joly

Ceci dit, peut-être que les 15 femmes nommées hier à leur nouveau poste seront toutes aptes à servir habilement dans leur nouveau rôle. Peut-être qu'elles seront Lise Thériault aussi.

Ainsi Pablo Rodriguez, Denis Paradis, Greg Fergus, Steven McKinnon, Andrew Leslie, Bill Blair,  Anthony Rota, Randy Boissonneault et Bob Nault ont tous été écartés.

Le nouveau cabinet ressemble à ceci:
Affaires Étrangères: Stéphane Dion, Sécurité Publique: Ralph Goodale, Immigration & Réfugiés: John McCallum, Affaires Autochtones: Carolyn Bennett, Conseil du Trésor: Scott Brison, Leader du gouvernement à la chambre des communes: Dominique Leblanc. Finances: Bill Morneau, Innovation des sciences et du développement économique: Navdeep Bains, Justice: Jody Wilson-Raybould, Services Publics et Approvisionnements: Judy Foote, Commerce International: Chrystia Freeland, Santé: Jane Philipott, Famille, Enfants et Développement Social: Jean-Yves Duclos, Transports: Marc Garneau, Développement Social et Francophone: Marie-Claude Bibeau, Ressources Naturelles; Jim Carr, Patrimoine: Mélanie (what?) Joly, Revenu: Diane Lebouthillier, Anciens combattants: Kent Hehr, Environnement et Changements Climatiques: Catherine McKenna, Défense: Harjit Singh Saijan, Emploi, Développement et Main d'oeuvre: MaryAnn Mihychuk, Infrastructure et Collectivités: Armajeet Sohi, Sports et Personnes Handicapées: Carla Qualtrough, Pêches et Océans: Hunter Tootoo, Sciences: Christy Duncan, Condition Féminine: Patricia Hadju, Petites Entreprises et Tourisme: Bardish Chagger, Institutions Démocratiques: Maryam Monsef, Agriculture et Agroalimentarisme: Lawrence MacAulay.

Artiste du faux: Justin Trudeau.

Vous êtes en lune de miel, messieurs, dames, après les Conservateurs, TOUS les gouvernement auraient mieux parus.

Vous déchanterez quand la carriole se transformera en citrouille.
Mais Justin y plantera toujours un enfant.
Ça fait parti de la sauce.


mercredi 4 novembre 2015

Micheal Moore

Micheal est né et a grandi à Flint au Michigan. Son père et son oncle sont non seulement travailleurs chez General Motors mais aussi largement impliqués dans les mouvements syndicaux qui mèneront à des conflits de travail importants avec leur employeur.

À 18 ans, il devient le plus jeune employé de l'État du Michigan à être élu alors qu'il est élu sur le siège social de son ancienne école secondaire.
Il écrit pour le journal étudiant de son université mais lâche l'école dès sa première année universitaire. Il fonde alors le journal alternatif The Flint Voice qui deviendra assez vite The Michigan Voice quand le journal est assez populaire pour être publié dans tout l'État.

En 1986, il devient éditeur de la revue d'affaires publiques Mother Jones. Il déménage alors en Californie. Mais après 4 mois, il entre en conflit avec ses employeurs alors qu'il refuse de publier un article critique sur le conflit opposant les États-Unis au Nicaragua. Un article biaisé et presqu'entièrement faux selon Moore. Par représailles, on l'empêche à son tour de publier un article de fond sur le conflit opposant General Motors et ses employés, récemment mis à pied, à Flint au Michigan. Moore choisit alors de mettre en page couverture un employé récemment limogé, ce qui lui vaudra un congédiement. En revanche, il poursuit Mother Jones et gagne sa cause. Il prendra l'argent gagné dans cette cause pour tourner son premier film.

Sur l'impact de GM à Flint justement. Un chef d'oeuvre du documentaire.  Drôle, irrévérencieux et largement primé de par le monde. Une attaque de front sur la globalisation et le capitalisme avant le déluge.

3 ans plus tard, il retourne voir comment le gens de Flint se débrouille pour un nouveau film de 30 minutes dont le titre fait référence à une scène du premier tournage.

Il tourne et anime avec succès deux saisons d'une émission de journalisme et d'humour traitant de sujets critiques aux États-Unis sur NBC. Il tourne aussi une fiction douteuse sur le Canada. Il publie aussi des livres sur sa vision de ce qui ne tourne pas rond.

En 1998, il lance un nouveau documentaire sur l'écart entre les grands et les petits aux États-Unis.

Il refait de la télévision en 1999.

Il frappe partout dans le monde avec son documentaire de 2002 qui explore la folie des armes aux États-Unis au travers du massacre de l'école secondaire de Columbine à Denver. Prix Special à Cannes, César du meilleur film étranger en France et Oscar du meilleur documentaire.

Il infiltre les rangs de la NRA et devient membre à vie. Il voudra en devenir Président pour ensuite faire tomber l'organisation sénile. Sans succès.

Moore s'attaque aux grands. Donc il dérange le courant des eaux.

Deux ans plus tard, il plonge dans les attentats du 11 Septembre 2001 et pointe l'administration de faucons au pouvoir. Palme d'Or du meilleur film à Cannes et documentaire le plus rentable de l'histoire des documentaires. Il ne gagne rien aux États-Unis parce que Micheal Moore est maintenant un ennemi du pays pour mettre la lumière sur les failles du pays de l'oncle arme Sam.

Moore écrit toujours. Dérange toujours autant. Quand il tourne son documentaire sur les failles du système de santé dans son pays, 4 grandes compagnies pharmaceutiques, Pfizer, Eli Lilly, AstraZeneca et GlaxoSmithKline, ordonnent à leurs employés de ne pas accorder d'entrevue à Moore. La même année, il rate son coup avec un brulôt sur l'élection de W contre Kerry, tourné trois ans auparavant. Mais cet échec est noyé dans le succès de Sicko. Ce dernier est encore dans les 10 documentaires les plus rentables au monde.

Il répète la manège en 2008, en libraire cette fois.

Il tourne en 2009 un documentaire hâtif sur sa vision de la crise financière en cours et sur l'économie en général aux États-Unis.

En 2013, il divorce de la productrice Kathleen Glynn avec laquelle il était marié depuis 22 ans. Ce divorce expose la fortune de Moore serait autour de 50 millions.

Depuis la semaine dernière, Moore est en beau fusil (non chargé), car son dernier film, une satire sur l'attitude guerrière de son pays, a été classé 17 ans et plus.

Moore lui-même n'a même pas 17 ans de maturité.

Ben non, je niaise. Mais il est vrai que parfois, il n'est que mauvaise foi.

Moore est un chien nécessaire dans une allée de quilles louchement lisse.

Une allée qui n'a plus le même sens à Columbine.

mardi 3 novembre 2015

La Stripteaseuse Dans La Prison

Au bagne, À l'entrepôt, depuis déjà trop longtemps, la radio qui diffusait partout la nuit, était sous silence absolu.

Au départ ce sont 4 des 5 caisses de sons qui se sont tus et seul un département, assez central tout de même, a continué de diffuser du son pendant que nous traînions nos boulets dans l'entrepôt, à charger/décharger. Puis, silence total. On a tout perdu. Un biduleur avait patenté un crochet d'acier en guise d'antenne et quelques fois, on entendait quelque chose mais très rarement. Et pas longtemps.

Depuis trop longtemps donc, on travaillait la nuit dans le silence. Et c'était pénible. Certains se sentaient le besoin de pousser la note en chantant des chansons qui traînaient dans leurs têtes de gars/fille de nuit. Et il y en a des bibittes dans ces têtes là! Ce n'était jamais beau. Toujours douloureux. Ça nous faisait manquer la radio encore plus.

Puis, un matin pas trop lointain, une tête grise juchée dans un escabeau. À hauteur de caisse de son. On a pas trop compris tout de suite ce que cet homme dans la soixantaine, qui avait autant la tête d'un clochard que celle d'un vieux sage, faisait parmi nous.

Puis...le son fût...

Quelques cris ont surgît. De joie et de surprise. Les sourires ont commencé à naître sur les visages. on travaillait avec un certain plaisir, voir un amusement. On venait de comprendre. Cet homme était sur place pour fixer le problème de radio que nous avions depuis quelques temps. Il était la stripteaseuse dans la prison. Bientôt des cris digne de spectacles des Stones allaient sortir ici et là.  Le technicien avait de toute évidence placé un cd de compilation de musique soul et on se serait cru au coeur d'un épisode d'Ally McBeal. Il avait complètement l'effet de la stripteaseuse et rendait tout le monde heureux, même si le soul n'était pas le style de musique préféré de tous. J'aurais pris une intro de Bowie/Townshend, mais bon, ça c'est personnel. Le tout restait quand même un groupe d'employés, maussade de nature car la nuit, les gens normaux dorment, tandis que l'on sue, qui soudainement, retrouvaient une joie de vivre. On avait tous le rire facile et avec tous les alcools autour, un air de 5 à 7 se dessinait.

La vieil homme savait beaucoup trop l'effet qu'il faisait et savourait chaque seconde de sa soudaine popularité. Il se promenait de section en section gratifiant chaque secteur par une chanson ou deux. Il souriait la bouche ouverte, comme si c'était lui qui avait composé chaque chanson et qui se donnait en spectacle. Ses dents semblaient même briller par leur absence, mais il était aussi heureux de nous rendre heureux. Il était le marchand de bonheur et pendant près d'une demie-heure, nous étions les gens les plus heureux sur terre.

La stripteaseuse était rendue à la petite culotte.

Puis, j'ai vu la face d'un de nos gérants qui avait un regard qui questionnait la scène. Je l'ai vu appeler notre responsable de la sécurité.

"Cliff? t'es tu chez vous? t'es supposé être ici, y est 5h00!...."

Notre responsable de la sécurité avait oublié de reculer l'heure dans la nuit. c'était levé une heure trop tôt, s'en était rendu compte tout de suite, puis, avait finalement choisi de se recoucher pour mieux passer tout de droit au bout du compte.

Le vieil homme ne semblait plus réparer quoi que ce soit, sinon apporter un peu de son dans chaque section toute les trois minutes. Présentant son grand sourire hébété entre deux caisses de whisky juché sur son escabeau. Nous remarquions tout juste qu'il transportait avec lui un tout petit système de son portatif.

Quand notre spécialiste de la sécurité est arrivé, il l'a pris par les aisselles et lui a dit:
"Ç'est fini les conneries!" et il a expulsé l'olibrius.

Semblerait que c'était bel et bien un clochard, qu'un des employés, Dubreuil pour ne pas le nommer. avait payé pour qu'il vienne jouer au DJ d'un ghetto blaster dans nos sections dans la nuit. Les sans abris sont souvent attirés par notre entrepôt, d'abord parce qu'il garantit un peu de chaleur pour une partie de la nuit, mais il se trouve aussi assez près de l'accueil Bonneau et de la Old Brewery Mission. De plus, notre entrepôt contient tous les types d'alcools de la planète. Très attirant pour celui qui a soif. Et le clochard a toujours soif.

L'homme a été expulsé, on dit que Dubreuil l'a payé d'une bouteille "achetée" dans notre entrepôt.

Reste que le silence s'est réinstallé de ses gros sabots pesants. Nos boulets sont lourds. Il m'a cru entendre sourdement le chant des prisonniers, des collègues au loin, liés d'une chaîne les uns aux autres.

La stripteaseuse a remballé ses sous vêtements et est repartie avec sa valise.

Dans nos yeux parfois, danse encore le rythme d'un soul heureux. comme les patients du film Awakenings, qui avaient retrouvés un certain sens de l'animation, l'espace d'un été.

Certains croient au mirage.
Mais moi j'ai vu la petite culotte.

Je sais que j'ai vu la petite culotte, docteur.



lundi 2 novembre 2015

Les Grands Philosophes Vivent Aussi de Plates Séparations

Extraits des lettres de séparations entre de grands philosophes et leurs amours du moment.

"Pendant l'entièreté de notre relation, j'ai senti que tu utilisais mon nom afin d'arriver à tes fins ailleurs. Ne vois tu pas comment ceci me fait sentir? Il est impératif que tu réfléchisses sur le sens de la loi universelle et que tu cesses de faire ce que tu fais avec ta langue dans les bouches, une bonne fois pour toute. Personne n'aimera ça."
-Emmanuel Kant.

"Où en sommes nous? Chaque jour qui passe creuse le fossé entre toi, moi et ton travail. Nous voilà isolés l'un de l'autre. Nous n'avons pas fait l'amour depuis plus d'un mois et ce, même si j'ai été guéri de cette éruption maculopapuleuse dans les parties génitales. À mon retour, je m'attendais à être célébré en circonstances. Je demande réparation pour ce secouage avec le poignet que l'on ose appelé "une relation. Plus jamais!"
-Karl Marx.

"Tu te souviens de ces canards dans le parc? Il pleuvait et il faisait froid et le vent semblait vouloir absolument nous souder l'un à l'autre. Nous nous sommes dépêché de nous rendre sous l'auvent le plus près où se terrait déjà une maman canard avec ses bébés. Je me souviens m'être dit : "Ceci est trop beau, ça ne durera pas". Et bien voilà, c'est à ton tour de voler de tes propres ailes comme ces bébés canards. Je t'écris ceci alors qu'une abeille abandonne la fleur qu'elle vient de polenniser. Un jour tu rencontrera ce mâle que tu recherches et tu renaîtras des cendres, tel le Phoenix, cendres que forment aujourd'hui ton chagrin. Je vis avec le plus grand espoir que ton prochain amoureux ne te donne pas la syphilis à son tour."
-Friedrich Nietzsche

"Il me peine d'admettre que Socrate avait raison à ton propos. Tu es incapable de t'intéresser à quiconque sauf ta propre personne. Quand est la dernière fois que tu es venu me voir et m'entendre discourir sur la place publique déjà? Je suis dans un statut de déni depuis trop longtemps. je réalise sur le tard que ton amour n'avait rien de vrai. Ta beauté est transcendante, c'est vrai, mais grotesquement abstraite. Laisses-moi maintenant mettre le grappin sur le monde matériel et trouves-toi un autre cheval."
-Platon

"Je bois ainsi je suis...saoûl! Ah! Ah! je suis toujours plus coquin après 6 verres de vin, je suis toutefois toujours aussi terrible en humour. Comme mon monde devient soudainement plus petit quand je l'imagine sans toi dans ma vie et...non,.,tu sais quoi? laisses-moi recommencer: La philosophie est comme un arbre qui tend ses branches à tous et à toutes, mais tu es plutôt du type "arbuste". Cute et petite, mais pas très versée dans les pensées rationnelles. Comprend tu que je te quittes? intoxiqué?"
-René Descartes

"Ma chère petite fille, j'ai visité l'exposition sur Balzac l'autre jour et j'ai tout de suite su ce qu'il fallait que je fasse. Je suis terriblement en amour avec toi, mais je te méprises souverainement aussi. Essaie de comprendre: je pense à toi tendrement dans ces moments délicats où un écureuil traverse la route avec urgence ou quand un sans-abri se fait plaisir à lui-même dans les buissons des Tuileries. Il serait probablement le temps pour toi de te trouver un partenaire qui partagerait de nouveaux triangles amoureux que tu jugerais moraux."
-Jean-Paul Sartre

"J.P. T'es un méchant trou-de-cul"
-Simone de Beauvoir

"Je vais décomposer notre relation en trois saveur: La première est définie par l'esthétisme. Je marchais dans mon quartier crapuleux préféré de Coppenhague quand je t'ai vue sortir de la calèche. J'ai tout de suite su que je devais te posséder. La seconde est définie par l'éthique. Bien que je désire placer mon regard et mes mains sur cette chair que tu caches si bien, tu as offert ce privilège à mon ami Hans, en sachant très bien qu'il ne me laisserait pas le confronter sur le sujet. Notre troisième saveur fût religieuse. Hans ne m'intéressait pas du tout, alors je t'ai séduite toi. Nous avons tous les deux commis de terribles pêchés ce qui nous classe dans la catégorie des immoraux. Nous devons cesser de nous voir."
-Soren Kierkergaard.

(par texto)
"Pour kessé que t'as couché avec Mélanie Joly?"
"Parce qu'elle est...disons....moins plastique que toi,  et ses cuisses ne sont pas de l'os, c'est la triste réalité"
"Je te pardonne de toute manière, j'épouse toujours le pouvoir avant l'homme"
-Julie Snyder & Pierre-Karl Péladeau.



dimanche 1 novembre 2015

10 Films des Années 1990

Le Cinéma est/fût/reste encore une passion chez moi.

Le Cinéma je le vis avec un grand C.

Je l'ai étudié, écrit, tourné, visionné, incarné, vécu, le fais toujours et la rupture n'aura jamais été totale quand j'ai choisi de faire de choix aux valeurs familiales à l'aube des années 2000.

Ce qui m'a aussi rendu moins tolérant face aux films mal travaillés/pensés, réfléchis. Rien ne m'impressionne plus qu'une bonne histoire ou de bons interprètes. Ce qui ne m'empêche pas de m'extasier devant des prouesses techniques de temps à autre. Mais qui m'éloigne complètement d'un Besson ou d'un Micheal Bay qui tournent et produisent comme des ados de 14 ans.

Je consomme encore aujourd'hui. depuis 2009 je dirais, beaucoup beaucoup de films. La plupart du temps seul. Entre une nuit de travail et une traduction. À des moments où je choisis de voyager dans la tête d'un auteur, d'un univers, d'une texture mentale, où je choisis de me prêter, pendant 90, 100, 120, 160 minutes ou plus, dans une proposition qui me transportera ailleurs, me passera 100 pieds par dessus la tête ou me ramènera chez moi.

Je baigne dans le Cinéma comme on lirait un journal de la première à la dernière page. Je me laisse emporter tel un marin sur les eaux, parfois entre 6 et 8 le matin. D'autres fois, quand il serait préférable de dormir en jeune après-midi après une nuit de travail.

Je plonge dans le bonheur dans l'univers d'auteurs.
J'aime les histoires.
J'aime les images.
J'aime les idées.

Les trois ensemble, ça fait du Ciné.

Une fois par mois, en ouverture de celui-ci et ce, jusqu'à la fin de l'année, je vous propose 10 films, pas obligatoirement les meilleurs, qui m'ont parlé quand je les ai visionnés. Il est possible que les productions soient concentrées sur les l'Amérique puisque je suis Américain. Il ne faudra pas trop m'en tenir rigueur.

Je n'ai quand même pas tout vu non plus.

Voici 10 films des années 90 qui m'ont nourri de manière enrichissante.

Chungking Express. 1994.
Les films de Wong Kar Waï sont d'abord esthétiques, Il filme comme on peint. Et simplement ça, c'est toute simplement merveilleux pour mes yeux. De plus, il calibre beaucoup sur la musique, comme moi. Son premier film à se rendre chez nous se concentre sur le paradoxe des personnages, vivant dans le dense Hong Kong, tentant tant bien que mal de se lier entre eux de toutes les sortes de manière, tout en restant affreusement seuls dans leur monde intérieur. L'internet en somptueuses images.

La Haine. 1995.
Je suis extrêmement citadin. J'aurais de la peine à le cacher les deux premiers films proposés ne peuvent pas être situé plus au coeur de la jungle des villes. Dans ce cas-ci: Paris. Hubert, Vince & Saïd improvisent leurs vies à coups de conneries dans les banlieues de Paris. Dans un noir et blanc fameux, le comédien Mathieu Kassovitz se fait réalisateur et filme un extraordinaire premier effort tout en intensité juvénile.

Delicatessen. 1991.
Entre la BD et l'univers dystopique, dans une française post-apocalaptique, un bloc appartement voit ses occupants lutter pour leur survie, guidé par un boucher extrémiste, inquiété par l'arrivée d'un nouvel arrivant. Découverte de Jean-Pierre Jeunet qui réalise ici avec le comédien Marc Caro. Très drôle.

Un Air de Famille. 1996.
Si il existe un seul film qui serait aussi un cours sur le dialogue comique, ce serait celui-là. Tourné par Cédric Klapish, mais écrit de la main des comédiens Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, qui en avait fait une pièce de théâtre, ce savoureux rassemblement familial plein d'amertume est tout en humour aussi. Hilarant.

Underground. 1995.
Déguisé en comédie, le film d'Émir Kusturica raconte en allégorie l'histoire de la Serbie de la Seconde Guerre Mondiale à 1995. La version originale durait 320 minutes (et sera diffusée en 5 heures de télé en Serbie). La version film, hallucinante et porté par trois merveilleux comédiens: Miki Manojlovic, Lazar Ristovski & Mirjana Jokovic, dure 163 minutes. Et j'en prendrais encore. La seule séquence du mariage est un film en soi. L'idée de personnages cachés dans une cave à qui on fait croire que la guerre dure toujours sera volée par Lelouch ailleurs. Mais Lelouch n'a pas le tier du talent fou d'Émir. Éclaté.

Goodfellas. 1990.
Scorcese et la Mafia, ce n'est pas nouveau, mais l'histoire (vraie) d'Henry Hill, est aussi violente que drôle. La banlieue, c'est la mort, je le savais déjà, mais maintenant que j'y loge, je le goûte tous les jours. Le 9 à 5, c'est aussi tragique, et Henry Hill ne voudra jamais d'autres vies que de celles de petites frappes pour la Mafia. Le meilleur film de Scorcese à mon humble avis. Bracco y est très sexy et Pesci sera oscarisé pour son rôle. Le crime organisé en rire et en pleurs.

La Double Vie de Véronique. 1991.
Amoureux fou d'Irène j'ai été à cette époque. La musique, encore un personnage. Zbigniew Preisner y signe une trame fantastique. L'identité, thème fétiche de Krzysztof Kieslowski, se trouve au coeur de l'histoire de cette jeune fille, convaincue d'avoir croisée son double en Pologne, et avec laquelle elle semble partagé un lien physique et émotif. Fascinant.

Happiness. 1998.
Todd Solondz est un excellent réalisateur. Il signe ici une comédie au casting formidable et traite de sujets abominablement délicats comme la pédophilie avec intelligence. Le sous-texte et les dialogues sont tout simplement dans ce film porté par des personnages aussi différents que familiers. Un psychiatre à la sexualité déviante, un homme qui se trouve plate, deux soeurs abusées par une troisième, convaincue qu'elle est nettement mieux que les deux autres, une jeune femme naïve, abusée par un nouvel arrivant russe, un asocial amoureux, tous des gens qui essaient d'échapper à la réalité que leur offre le New Jersey. Il y a un fluidité visuelle et une richesse dans ce film qui a fait peu d'éclat parce qu'inconfortable par moments. Comédie de l'impossible-à-rire réussie.

Run Lola Run. 1998.
L'Allemand Tom Tykwer signe un délicieux exercice de style aussi drôle que thriller dans sa structure. La trame sonore est très importante et Franka Potente devient de plus en plus sexy dans ses courses contre la montre pour sauver la vie de son chum dans le pétrin. Le film emprunte beaucoup à un film de Kieslowski de 1981 et, pas innocemment, Tykwer tournera aussi un projet prévu de Kieslowski avant qu'il ne décède. Tykwer ne sera jamais meilleur qu'avec ce film.

Lost Highway. 1997.
Collaborant à nouveau avec l'auteur de Wild at Heart, Barry Gifford, Lynch explore dans ce drame psychologique d'horreur noir, un homme condamné à la chaise électrique qui se rappelle sa vie sous des angles précisément choisis par lui. La confusion en images, le voyage dans le cauchemar intérieur de celui qui ne voit le monde que par ses yeux. Transcendant.

Pas tellement ricain finalement...