dimanche 4 octobre 2015

Il Était Une Fois Thom, Just & Stephen...

Pour la première fois dans l'histoire de la démographie au pays, il y a plus de gens de 65 ans et plus qu'il y en a de 14 ans et plus au Canada.

Pour la première fois aussi dans l'histoire de la politique au Pays, trois, et non deux, chefs, peuvent penser gouverner d'un océan à l'autre et penser gagner les élections le 20 octobre prochain, au matin.

Si ce n'est déjà fait, voici un bref regard sur les parcours des trois principaux chefs qui vous aideront peut-être à fixer votre choix le 19 octobre prochain.

Papa Harper était comptable pour la Imperial Oil en Ontario. Stephen, aîné de trois garçons, ne côtoiera pas beaucoup de filles, sinon sa docile mère, dans sa jeunesse, teintant son rapport avec les femmes pour la vie. Papa Harper est un féru de l'histoire, militaire surtout, dans ses temps libres. Il communique cette passion à son fils Stephen qui restera traumatisé par le sort réservé aux juifs dans la Seconde Grande Guerre. Ce traumatisme le fera basculer dans l'extrémisme pro-juif, adulte.

Stephen est camelot à l'âge de 12 ans pour le Toronto Star dans son quartier d'Étobicoke. Il lit ce qu'il livre tous les matins avant de le distribuer et se développe une pensée critique. Plus introverti que le contraire, la foi occupe une grande partie de sa vie. Il n'est certes pas très populaire, pas plus de 32% de son école voterait pour lui si il se présentait aux élections scolaire. Il a de très bonnes notes et étudie même le français. Pourri comme hockeyeur, il se vengerait en devenant un spécialiste des statistiques de notre sport national. Au conservatoire, il prend des cours de piano et pense faire une carrière dans le monde du commerce ou dans l'enseignement.

À la même époque à Montréal, le deuxième d'une famille de 10 enfants, Thomas Mulcair, termine ses études au Collège Vanier. Il s'agit aussi d'un premier de classe. Il grandit à Chomedey. Les parents Mulcair sont d'ardents Libéraux. Maman Mulcair est même une descendante directe d'Honoré-Mercier. Papa Mulcair est d'origine irlandaise et travaille dans les assurances. À 12 dans la maison, tout le monde joue du coude pour faire sa place, Thom, apprend à ses frères et soeurs à le convaincre avec de bons arguments. Il les force à réfléchir. C'est un compétitif, mais bon grand frère. Tous les étés, la famille migre au chalet à Ste-Anne-Des-Lacs. Thom est toujours au coeur d'un grosse gang. Il est volubile et parle autant avec les plus jeunes qu'avec les plus vieux. Il exerce beaucoup de leadership. Si bien que dès ses 15 ans, il décide qu'il sera politicien.

Il est leader des associations étudiantes et prendra part largement aux grèves étudiantes des années 70. À 18 ans, il est accepté en droit à l'Université McGill. Ce sont des années fortes de nationalisme Québécois et les tensions entre anglophones et francophones sont marquées. Pour paraître plus vieux et peut-être même pour intimider, Thom se laisse pousser une barbe qui ne le quittera plus. Il se spécialisera dans un sujet chaud de l'époque: le droit linguistique. L'argent l'intéresse moins que les grands sujets sociaux.

Thom est un NPD avant l'heure.

Il fait la rencontre de Catherine Pinas à un mariage à Ste-Anne-Sur-Le-Lac et bientôt le mariage suivant sera le leur.

Au même moment, au printemps 1977, un enfant de 6 ans, ainé de trois garçons, vit douloureusement la très publique séparation de ses parents, Margaret et Pierre. Maman aurait eu une aventure avec un Rolling Stone, le mariage battait de l'aile de toute façon. Maman vit de longues dépressions, elle est diagnostiquée maniaco-déprésssive. papa obtiendra la garde des enfants.

6 ans auparavant, Justin nait. Et fait ses premiers pas dans la maison la plus connue au pays, au 24 Sussex Drive à Ottawa. Papa est premier ministre au pays. La crise d'octobre est encore une large plaie au Québec. À 51 ans, Pierre Elliot Trudeau épouse Margaret, 22 ans, fille d'un ancien ministre des pêches sous Louis St-Laurent. PET est un premier ministre de l'ère de la télévision. Il est charismatique, il a des opinions tranchées. il sème la controverse autant qu'il passionne.L'horaire de Premier Ministre est extrêmement chargé. toutefois avec l'arrivée de Justin un an après le mariage et de ses deux frères, et forcément lors de la séparation tout ça doit changer. Et Pierre, encore plus quand son couple se brise. se montre un père très attentif à ses fils. Il les initie à des sports comme le canoe, le judo, la boxe, Ce dernier sport, Justin le fera toute sa vie pour le plaisir. Et même en politique. Justin est le sujet de beaucoup d'attention malgré lui et se retrouve toujours devant des caméras et ce, un peu partout dans le monde.
Enfant, ado, il voyage beaucoup et s'adapte à toute sorte de contexte. Il apprend à être politicien sans le savoir. Il se développe caméléon.

À 12 ans, son père quitte la vie politique et ceci provoque un grand remous public. Justin entre dans l'adolescence à Montréal, avec Papa à la maison. et une nouvelle existence commence pour lui.

Lors du référendum de 1980, Thom milite au camp du non, avec Alliance Québec entre autre. Il construit des ponts entre les francophones et les anglophones, comme il faisait à McGill. Père de deux fils, il attendra qu'ils soient adolescents avant de se lancer en politique.

Stephen entame à l'Université de Toronto, des études en droit et en administration qu'il abandonnera rapidement. Il a obtenu de bonnes notes toute sa vie pour faire plaisir à ses parents, mais veut cette fois, se faire plaisir. Toutefois, il ne sait pas ce qu'il veut faire encore.
Le boom pétrolier fait rage en Alberta, et Stephen y fonce. Il étudiera à l'Université là-bas, mais ne sait toujours pas ce qu'il veut faire dans la vie. Il pense devenir diplomate et on lui conseille alors la politique.
Il assistera avec sa copine aux assemblées du conservateur de Calgary-Ouest Jim Hawkes. Il s'y fait remarquer. Les dévastatrices politiques énérgétiques de Pierre Elliot Trudeau font saigner l'Alberta et ceci cimente les convictions de Stephen, Il ne peut pas être Libéral.

La cicatrice Libérale est encore vive en Alberta et on ne votera jamais "Trudeau" facilement.


Il deviendra le leader des jeunes "progressistes"-conservateurs de Brian Mulroney. En 1984, il travaille de très près sur la campagne de Jim Hawkes. Mulroney et son parti gagnera avec la plus importante majorité les élections de 1984. Toutefois, il ne trouve pas ce gouvernement assez conservateur et quitte un an plus tard. Il entame une maîtrise en économie à Calgary. Il est à nouveau à la croisée des chemins.

Au même moment, Justin fréquente le Collège de Bréboeuf et quand on vient le chercher à l'école, c'est la GRC en limousine, armée, qui le fait. Ça impressionne. Justin se fait beaucoup de bénéouioui, d'amis. Il est un élève ordinaire, qui n'en fait jamais plus qu'exigé, et qui s'attend peut-être quelques fois à avoir des privilèges "d'élu".

L'échec de l'accord du Lac Meech, le fait s'impliquer à son école, mais il ne se mouillera pas davantage dans la politique.

Revenu déçu d'Ottawa, Stephen n'est pas pour autant désintéressé de la politique. Comme Mulroney n'est pas assez à droite pour lui, il tombe donc facilement sous le charme du discours de Preston Manning, auteur d'une idée politique, le concept de redonner à l'Ouest du pays, une voix forte, qui deviendra un parti politique: le reform party.  Très rapidement, à 28 ans, on lui fait une place importante au parti. Candidat Réformiste se sera battu aux élections de 1988 à Calgary-Ouest mais gagnera à son second essai en 1993. Les Conservateurs sont humiliés aux élections de cette année-là ne sauvant que 2 sièges, et ironie du sort, Harper bat Hawkes qui l'avait en quelque sorte, fait naître politiquement.

Stephen est rusé, encore aujourd'hui, il sait comment faire tomber un adversaire. En étirant une campagne sur sa plus longue période, avec un NPD au sommet des sondages au tout début. il savait que ceux-ci ne pourraient que descendre, Thomas n'étant pas un coureur de marathon.

1994, Papa Mulcair,diabétique, décède à l'âge de 63 ans. Thom est alors Président de l'Office de Professions depuis 7 ans. C'est le ministre Libéral Claude Ryan qui l'a nommé à ce poste. C'était donc la suite logique de le voir se présenter sous la bannière Libérale. Il est élu dans le comté de Chomedey.

Bachelier en littérature anglaise à McGill, Justin, cet été-là, imite son père  dans les années 40 et se tape un long voyage entre amis. France, Espagne, désert du Sahara, Russie, Chine, Sud-Est Asiatique. 8 mois sur la route. Quand il reviendra, il commence un nouveau bac à McGill en enseignement mais n'y croit plus et plaque tout pour aller vivre à Whistler, plus près de la famille de sa mère, avec le but avoué d'échapper à l'ombre de son père. Il travaillera de jour comme instructeur de planche à neige et la nuit comme portier dans un bar du village de Whistler. En 1998, il termine des études en éducation en Colombie-Britannique, ce qui lui ouvrira la porte pour un poste d'enseignant de français et de théâtre dans une école pour jeunes filles. Jeune et beau chez les ados, il se gonfle l'égo.

Quand son père meurt, Justin naît politiquement.

Stephen entre en politique à 30 ans, rassemblant la droite conservatrice divisée et donnant une voix à l'Ouest comme il le souhaitait. Il sévit depuis ce qui paraît une éternité.

Justin se lance dans l'arène politique à l'âge de 36 ans, traîne l'ombre de son père, encore plus avec ses promesses économiques qui rappellent le profond déficit dans lequel son père avait plongé le pays. Jamais l'Ouest ne votera Trudeau.

Thomas Mulcair commence sa carrière politique à 40 ans, sous Jean Charest, on ne s'entend pas du tout, et Thom claque la porte. Il se trouve une niche plus près de ce qu'il est au NPD.

Le 19 octobre prochain, un de ses trois lurons sera Premier Ministre au pays.

Un pays dont près de 70% n'en voudra pas...

samedi 3 octobre 2015

CE BLOGUE SERA DÉSORMAIS LAID


Merci Blogger, merci de me cochonner mon blogue qui allait si bien.

Merci de, sans préavis, ne plus me donner le choix de modèle dans le noir comme auparavant.

Merci de me donner un nouveau side bar de marde dont je n'ai pas besoin et qui forcera mon blogue à perpétuellement garder les lettres RIEN sur la droite. Puisque je n'y voulais rien.

Merci de maintenant offrir à tous du lettrage de marde qui jure avec la suite pour ainsi aussi rendre public à tous, les passages que j'ai copié/collé de MON PROPRE CALISS DE BLOGUE! Ce type de transparence était moins que non nécessaire et me fait saigner des yeux.

Merci de maintenant me faire haïr chaque moment qui m'a procuré tant de plaisir les 7, presque 8 dernières années de ma vie.

IF IT AIN'T FUCKING BROKEN DON'T FUCKING FIX IT!!!!!!!!!!!

Je suis très sincèrement désolé de vous offrir cette marde visuelle. Pour les intros des chroniques récurrentes, je vais niveler par le bas et vous référer aux anciennes chroniques. Je ne supporterai pas ce vomi pour l'oeil qui me donne la nausée très longtemps.

C'est peut-être des années de pur bonheur qui se termineront de manière très amère d'ici peu, qui se dessinent.

Je ne voulais rien de tout ça.
Rien de tout ça.
Rien.

Comme le mot le rappellera tous les jours entre mon profil et mes errances. Au bout de ce doigt qui feint le fusil, aujourd'hui, en tapant ceci, j'aurais souhaité de vraies balles.

I WANT MY BLOG BACK!

J'ai essayé de sauver les meubles du mieux que j'ai pu, mais on y a quand même mis le feu.

Je suis franchement gêné de vous présenter ce que je vous présente.
J'ai très peu de contrôle sur ce qui se produit depuis le 1er octobre dans la mise en page.

Et de toute évidence, ça m'enrage.

C'est comme si on était entré dans votre bureau et qu'on y avait complètement tout changé.

La pilule est affreusement difficile à avaler.

Et comme je n'ai jamais été consommateur de pilules...

vendredi 2 octobre 2015

Catalan Boogie Blues

Au 12ème siècle, les différences politiques, économiques et linguistiques sont si franches entre l'Espagne et la Catalogne que deux administrations subsistent sous le règne de la couronne d'Aragon afin de décentraliser l'administration et distinguer l'Espagne de la Catalogne.

Mais la Catalogne commence son déclin à la mort de Martin 1er d'Aragon, souverain de la maison de Barcelone décédé sans héritier en 1410.

Cette même année commence une guerre de succession entre la maison de Trastamare, le royaume d'Aragon et celui de la Castille. Soutenue par le pape la maison Trastamare obtient le trône et fait des alliances diplomatiques avec les deux autres en 1412. Mais une rébellion orchestrée contre Jean II d'Aragon oblige le don de Roussillon et de la Cerdagne à la France de Louis XI qui les occupera militairement.

En 1640, le centralisateur ministre Olivares veut supprimer les droits et les privilèges des Catalans pour en faire des Espagnols afin qu'ils puissent eux aussi participer à l'effort de guerre. L'idée ne passe pas et la révolte des faucheurs prend place. Les catalans réclament la partition de l'Espagne et l'obtiennent avec l'aide de Louis XIV. Els Segadors (le chant des faucheurs) deviendra leur hymne national. Mais les Catalans sont toujours liés à l'Espagne puisqu'on parle alors "des deux Espagnes".

Charles II, roi des Espagnes, décède à son tour sans descendance en 1700. Commence une nouvelle guerre de succession. Cette guerre donnera naissance à La Maison de Bourbon en Espagne, toujours régnante de nos jours. Quand cette guerre se termine le 11 septembre 1714, Barcelone est prise par les troupes franco-espagnoles (la maison de Bourbon). La Catalogne avait toutefois choisi le camp opposé. Cette défaite fera du 11 septembre la fête nationale de la Catalogne, en 1886.

Mais entretemps, la Catalogne est brisée. Napoléon 1er les annexe à sa France en 1812. Et la divise en 4 départements deux ans plus tard. Mais la Catalogne se sent toujours indépendante de tous. Elle s'industrialise rapidement et au 19ème siècle, proclame une république catalane confédérée à la suite d'une victoire électorale des partis indépendantistes. Ils obtiennent le statut d'autonomie en 1932.

7 ans plus tard, Franco écrase toute les prétentions catalanes et les soumet aux troupes nationalistes d'Espagne pendant la guerre civile. 3 ans après la mort de Franco, en 1978, Josep Tarradellas en exil, revient en Espagne et occupe le poste de chef du pays par intérim. Il est toutefois défait en 1980, année du premier référendum au Québec, par Jordi Pujol, souverainiste Catalan.

Pujol sera chef pendant 23 ans. Il cède sa place à Artur Mas qui sera défait par le socialiste Pasqual Maragali.

Pujol se révélera un escroc fiscal et en 2004, Maragali cède sa place à Artur Mas.
En 2006, on déclare que la Catalogne est une nationalité d'Espagne en droit d'exercer son autogouvernance comme une communauté autonome.

Mais 4 ans plus tard, on réétudie les valeurs légales de tout ça et on ne reconnaît rien de valide.

Plus d'un million de Catalans prennent la rue dès le lendemain, outrés. Artur Mas sera poursuivi en justice pour avoir sondé les Catalans sur l'idée d'une indépendance totale de l'Espagne. Le référendum est rejeté en soi par l'Espagne.

Disposant de 33 domaines socio-politiques autonomes, les catalans sont excessivement fiers de ce qu'ils sont et canalisent leur ferveur nationale dans leur club de soccer le FC Barcelone.

La semaine dernière, on a voté  dans "un référendum de consultation " pour cette indépendance. Comme le vote n'était pas reconnu par l'Espagne, son organisation et son résultat ne le sont pas non plus. Les listes électorales étaient donc inexistantes et les gens votaient sur une base citoyenne volontaire. Les résidents étrangers, tel Daniel Turp et ses papillons au cou (et dans le ventre) pouvaient aussi voter. On pouvait aussi voter à plus d'une reprise.

Le résultat du 80% en faveur de l'indépendance est donc à prendre avec des pincettes.
De plus, seuls les Catalans ont été appelés à voter, les Catalans vivant ailleurs en Espagne n'ont pas été invité le faire et les Espagnols pas du tout.

Un peu comme si les membres du Parti Québécois votaient entre eux sur l'indépendance du Québec.

L'Espagne garde toujours les Catalans en laisse.
Mais ne ramassent pas leurs excréments.

Il n'y a aucun doute on sait les Catalans fiers.
Ils vivent toujours d'espoir.

Mais ce dernier geste public, de la part des organisateurs, était un brin pathétique.

Comme un joueur de soccer faisant semblant de tomber pour influencer l'arbitre...





jeudi 1 octobre 2015

10 Films des Années 80

Le Cinéma est/fût/est encore une passion chez moi.

Le Cinéma je le vis avec un grand C.


Je l'ai étudié, écrit, tourné, visionné, incarné, vécu et la rupture n'aura jamais été totale quand j'ai choisi de faire des choix versant dans le familial à l'aube des années 2000.

Ce qui m'a aussi rendu moins tolérant quand je vois des films mal travaillés. Rien ne m'impressionne plus qu'une bonne histoire. Ce qui ne m'empêche pas de m'extasier devant des films comme Sin City. Mais qui m'éloigne de tout Besson, qui tourne peut-être pas si mal mais écrit comme un ado de 14 ans.

Je consomme encore aujourd'hui, depuis 2009 je dirais, beaucoup beaucoup de films. La plupart du temps seul. Et à des moments où je choisis de voyager dans la tête d'un auteur, d'un univers, d'une texture mentale, où je choisis de me prêter pendant 90, 100, 120 ou 160 minutes dans une proposition qui me transportera ailleurs ou me passera 100 pieds au dessus de la tête.

Je baigne dans le cinéma comme on lirait un journal de la première à la dernière page. Je me laisse emporter, parfois entre 6 et 8 le matin. D'autres fois, à la place de dormir en jeune après-midi après une nuit de travail.

Je plonge avec bonheur dans les univers d'auteurs.
J'aime les histoires.
J'aimes les images.
J'aime les idées.

Les trois ensemble ça donne du Cinéma.


Une fois par mois, en ouverture de celui-ci et jusqu'à la fin de l'année, je vous propose 10 films, pas obligatoirement les meilleurs, qui m'ont parlé quand je les ai visionnés.  Il est possible que les films semblent concentrés sur des productions d'Amérique, mais étant américain, il ne faudra pas trop m'en tenir rigueur.

Je n'ai aussi pas tout vu quand même...

Voici 10 films des années 80 qui m'ont nourri de manière enrichissante.

Scarface. 1983.
Remake actualisé du film d'Howard Hawks de 1932, Oliver Stone, luttant contre une lourde dépendance à la cocaïne, scénarise cette arrivée aux États-Unis d'un exilé cubain, Tony Montana (Clin d'oeil de Stone à son sport préféré), sa montée dans le monde interlope et sa descente aux enfers. Spielberg aide son ami DePalma à tourner la brutale scène finale. Avec Al Pacino, une très jeune Michelle Pfeiffer, Steven Bauer, Mary Elizabeth Mastrantonio, Robbert Loggia et F.Murray Abraham. Très violent. Culte.

Do The Right Thing. 1989.
Spike Lee écrit son scénario en deux semaines sur la co-habitation entre un père et son fils, propriétaires d'une populaire pizzeria et la jeune et grouillante communauté noire, qui sont ses principaux clients. L'action se déroule le jour le plus chaud de New York et la tension entre Afro-américain et italo-américain prend de l'ampleur dans toute cette chaleur. Fight the power. Toujours très actuel comme sujet. Hot.

Crimes & Misdemeanors. 1989.
Un oenologue doit composer avec une maitresse insistante sur des plans d'avenir commun et un documentariste doit filmer une biographie d'un réalisateur qu'il méprise à tous les niveaux.  L'habile écriture de Woody Allen suggère une relecture de Crimes & Châtiments de Dostoïevsky, avec une conclusion nettement différente. La scène de réunion entre Martin Landau et Woody Allen à la toute fin est un délice. Landau sera recompensé d'un Oscar pour ce film et Allen salué de deux nominations. Du rire au noir et vice-versa. Excellent,

Dead Poets Society. 1989.
Mes 17 ans semblent avoir été marquants au niveau des films, troisième film de suite issu de cette année 1989. Robin Williams donne vie à ce superbe John Keating, enseignant dans un collège pour garçon, qui vient révolutionner la vie d'adolescent et bouleverser les dogmes adultes, Difficile de ne pas être séduits par ses personnages qui avaient nos âges et par cet enseignant que nous souhaitions tous avoir. Inspirant.

Blue Velvet. 1986.
David Lynch est un homme très intelligent. Il se négocie un petit budget de seulement 6 millions (le plus petit du producteur Dino de Laurentiis) en échange d'une totale liberté artistique. Il tourne donc sans supervision, un projet 100% sien. Le premier montage dure à peu près 4 heures (!). Bien entendu, il est refusé. Film noir nous transposant dans le secrets des banlieues et ses habitants pleins de déséquilibres, Blue Velvet touche au complexe d'Oedipe. Le film introduit aussi des choses qui feront la signature Lynch pour les années à venir, les symboles, les éclairages qui suggèrent le passage de la réalité au rêve et vice-versa, les rideaux rouges, les gens cachés qui voient ou découvre quelque chose, l'étrangeté du moment, le mal psychotique, le voyeurisme, la musique. Fameusement Freudien.

The Shining. 1980. 
Après avoir été déçu par le peu d'impact que son film Barry Lyndon avait eu, Stanley Kubrick (et surtout son producteur) voulait un succès public. Kubrick achète le livre d'un jeune auteur et le change à son goût. Ce film d'horreur faisant de multiples références à "l'homme sur la lune", au soeurs Burns et dont le script était souvent largement changé tout juste avant le tournage, est un bijou technique et Jack Nicholson, Shelley Duvall et Danny Lloyd, sont tout simplement brillant dans leur cauchemar. Hantant. Afin d'obtenir le bon ton pour son film, Kubrick avait visionné Eraserhead de David Lynch, peu de temps avant de tourner son film.

Blade Runner. 1982.
Visuellement parfait, l'adaptation de Ridley Scott d'une nouvelle de Phillip K. Dick est un chef d'oeuvre pour l'oeil. Film noir, autant que film d'action, drame et film de science-fiction, il opère sur des thèmes dystopiens qui étaient chers à J.G.Ballard dont je suis un très grand fan. La subtilité de l'impact de la technologie sur l'environnement était nettement en avance sur son époque. L'intelligence du traitement en fait une oeuvre immortelle, l'immortalité étant aussi un thème du film. Cyberpunk.

Reds. 1981.
Fasciné par la vie de John Reed, Warren Beatty offre une première version de son film (Originalement appelé Comrades) en 1969. Retravaillé de multiples fois, le documentaire, parsemé de moments incarnés dans la fiction, raflera l'Oscar de la meilleure réalisation (Beatty). Diane Keaton,  dans la peau de Louise Bryant, y est absolument extraordinaire, jouant des scènes très difficiles qui la font passer de l'intellectuelle à l'hystérique, à la victime; de la femme forte, à la femme brisée, ce qu'elle a probablement aussi été pour vrai, son couple avec Beatty ne survivant pas le tournage. Mais à l'image, il s'agit d'un couple mythique. La scène de la gare me fait craquer chaque fois. Obsessivement politiquement engagé.

Cinema Paradiso. 1988.
Un jeune enfant Sicilien, Toto, se trouve une figure paternelle, une victime de ses coups pendables et un modèle en Alfredo, projectionniste du cinéma local de Bagheria en Sicile. Témoignage d'amour de Giusseppe Tornatore sur la naissance de son amour pour le cinéma et sur son apprentissage de la vie et chronique de la jungle qui peuplait le cinéma local du village. Le film alterne entre comédie et drame pour nous transporter sur une trame sonore fameuse de Morricone (père et fils). Oscar du meilleur film étranger. Philippe Noiret et le petit Salvatore Cascio crèvent l'écran. La scène finale nous arrachent une larme. Nostalgie postmoderniste.

The Cook, The Thief, His Wife & Her Lover. 1989.
La production anglo-française se penche sur un restaurant supposé chic, mais qui tient une clientèle de truands agressive et tout à fait brutale, dont le leader tient sa femme en otage dans un mariage violent. Celle-ci se trouve un amant dans ce même restaurant et les rendez-vous alimentaires deviennent aussi des rendez-vous doux entre amants, avec la complicité du chef cuisinier, dont les employés sont torturés par le gangster en chef. Violence, scènes de nudité, cinématographie lascive, travelling langoureux, trame sonore parfaite de Micheal Nyman,  jeux de couleurs fameux, jeune présence de Tim Roth et Ciaran Hinds, splendide Helen Mirren, Peter Greenaway nous préparait aux années à venir. Sensuel et sensationnel.

 Mentions honorables: The Breakfast Club, Less Than Zero, Ferris Bueller's Day Off, Mad Max Beyond Thuderdome, Poltergeist, The Naked Gun, The Umbearable Lightness of Being, Platoon, Wall Street, When Harry Met Sally.