vendredi 4 septembre 2015

Prochain Knock Out Pour le Bloc, le 19 Octobre?

Pourquoi ce feeling que le Bloc va encore manger une volée aux prochaines élections?

Parce que contrairement aux politiciens qui disent de leurs bulles qu'ils "écoutent" les gens de la rue, je suis attentif à ce qui m'entoure.

Et ce que l'on raconte autour de moi c'est "le bloc? Ils ne seront jamais au pouvoir! alors pourquoi voter pour le gardien réserviste alors que l'on voudrait le game changer ?"

Et d'un océan à l'autre, même dans certains coins de l'Alberta on veut la changer la game. On ne fait pas que parler de remplacer Stephen Harper, on le démontre aussi dans les sondages. Même Miss Univers, une jolie jeune femme crie de l'Alberta a profité de son statut de nouvelle reine pour aussitôt conclure son premier discours par "Les gens des premières nations doivent voter...pour effectuer un changement, dites non à Harper!".

...qui?...ah! oui, le Bloc!

Le Bloc change quoi au juste. On leur a beaucoup attribué la réussite de la lumière faire sur le scandale des commandites car les gens du Bloc ont aidé les journalistes qui ont creusé la nouvelle et ils ont posé près de 400 questions sur le sujet en chambre obligeant les Libéraux à faire face à la musique. Ceux-ci se sont plantés dans la commission Gomery, ont été exposés, et les voteurs ont dit "bye bye les crosseurs!" et ont amené les Conservateurs au pouvoir. Parce que si ce n'est pas Libéral comme pays, c'est Conservateur. Il n'y a pas d'autres options.
Mais les Conservateurs sont arrivés d'abord minoritaires parce que, franchement, leurs idées sont rétrogrades et ils ne méritaient pas mieux.
Mais ce n'est pas complètement le Bloc qui a mis les Libéraux à la porte, c'est la commission Gomery. C'est un peu comme si un joueur passait son temps à dire "une chance que je lui a fait la passe!" en parlant du but gagnant qui aura fait gagner...gagner quoi? des Conservateurs minoritaires...

Puis, lors du scrutin suivant, le Québec a choisit de voter décomplexé et ont fait passer la tête de chien à l'orangé du NPD. Mort pour mort, on avait choisi celui qui était enterré. Le Bloc avait perdu sa pertinence aux yeux des Québécois et Gilles a mené une campagne sur le pilote automatique sans réaliser qu'il allait être knockouté sévèrement au final.

Grâce à cette province maintenant orangée, un candidat Libéral qui semblait désintéressé (Ignatieff)et des régions ontariennes envoyées dans les mauvais bureau de vote, les Conservateurs sont passé au pouvoir. Avec un médiocre 37% comme résultat final. Un score qui serait celui des perdants partout ailleurs. Trop de candidats, donc division majeure des votes entre trois partis. Le parti vert restant toujours marginal, le Bloc se découvrant marginal, après avoir repris connaissance.

Alors avec le Bloc on a gagné quoi? Les Conservateurs majoritaires.
Avec un peu de fraude intellectuelle de ma part.

Mais les gens ne pensent en général pas tellement mieux. On ne vit que d'impressions politiques.
Et l'impression qui me hante, et je ne le souhaite pas vraiment, c'est que le Bloc se fera encore humilier.

D'ailleurs, pour démontrer le décalage entre le Bloc et son peuple, comment expliquer que les sondages donnent Hélène Laverdière (du NPD) gagnante à 57% dans la circonscription de Laurier-Sainte-Marie alors que les appuis à Gilles Duceppe ne frôleraient que le 20%? Les sondages du Bloc pour leur part donnerait Duceppe gagnant.

Les mêmes sondeurs qu'en 2011?
Ceux qui n'ont pas vu venir la gauche qui les as knockoutés?

J'étais de ceux qui avaient toujours voté pour le Bloc, mais qui en ressent de moins en moins l'utilité.
Et celle qui s'occupe de ma région fait un travail honorable plein de transparence.
Chaque mois, on reçoit une feuille qui nous parle de tout ce qu'elle a fait dans le coin.
Et qui nous demande notre avis, des idées, qui nous parle des siennes et nous invite à participer à des échanges sur des sujets précis.
Qui nous sollicite sans harceler.

Du travail propre et studieux. Presque Nerd.

Pas de la politique comme on la connait à Cynic City.

Hein? ah oui, le Bloc...

Mon vote sera encore orange.
Ne serais-ce que pour se débarrasser des pommes pourries conservatrices.

Le panier de fruits doit être redessiné.

D'un océan à l'autre.

Bring on the beard!

jeudi 3 septembre 2015

Naissance & Mort de Ma Carrière d'Harceleur

(à E.M.)

À l'époque de mon adolescence, si on voulait briser la glace et parler à une fille, les obstacles étaient nombreux.

1- Il fallait d'abord réussir à dénicher son # de téléphone sans avoir l'air du gars qui a demandé son # de téléphone.
2- Le premier obstacle était directement à la maison et c'était le téléphone lui-même. Comme les téléphones sans fils n'étaient pas encore légion, il fallait appeler et parler, là où se trouvait le téléphone branché. Donc si le téléphone était dans le bureau de votre père ou là chambre des maîtres, il fallait appeler et souhaiter que papa, tout juste à côté, ne m'écoute pas tenter de séduire mademoiselle.
3-Une fois le # trouvé, il fallait franchir le filtre familial:
3a : Si c'est son frère ou sa soeur qui répond et qui demande "c'est de la part de qui?" je dis mon vrai nom?
3B :   Si c'est son père ou sa mère qui répond et qui demande la même chose ou PIRE qui demande "C'est à propos de quoi?" il faut trouver quelque chose à dire comme "...c'est pour notre devoir, j'ai besoin d'une explication..." et non la vraie raison qui serait plus près de "...votre fille me fait faire des rêves érotiques monsieur...". En inventant un devoir en commun qui avait besoin d'explications, on faisait entrer celle qu'on voulait séduire dans une spirale de mensonges avec ses propres parents/frère et soeurs.
4- Si on était chanceux, c'est elle qui répondrait et il ne faudrait pas bégayer ou avoir l'air con. Fallait avoir de quoi à raconter qui ne fasse pas trop inapproprié.
Exemple de chose approprié mais bête: "...T,es dans mon cours de français n'est-ce pas? Non? ah! j't'ais pourtant...de toute façon, vous avez peut-être le même devoir que nous, peux-tu m'expliquer..." et une fois la glace brisée "...je ne te dérangeais pas trop j'espère?..."
Exemple de chose inapproprié:
"On est dans le même cours de piscine en éducation physique et chaque fois que j'y pense je suis tout excité".

Si on avait eu Facebook, Instagram ou ne serais-ce qu'un ordinateur dans la maison, un accès internet, ou un cell. tout aurait été tellement plus facile.

1985.

Je suis élève d'une école secondaire du 418 dont l'origine remonte à 1634. La même que celle qu'avait fréquenté René Lévesque et où avait travaillé ma mère. Toutes ces années, moins les deux dernières, cette institution scolaire était une école réservée exclusivement aux garçons. Mais ma cohorte est l'année 2 de l'acceptation des filles. Le réflexe n'y est pas encore et il n'y a que 4 à 5 filles par classe sur des groupes de 30. MAIS ELLES SONT REINES.

Nous sommes en mode testostérone et même les plus ordinaires, puisque rares, nous paraissent, jolies. Parmi les peu de filles : Elle:
Steffy-Ann Castonguay. élu de tous les élèves de sexe masculin (125 élèves), comme étant la plus "Hot". Ou si vous préférez, la plus "complète". Ça voulait dire quoi complète?
Ça voulait dire qu'on pouvait rire avec elle et qu'elle nous faisait rire aussi. Qu'elle était intéressée par les garçons, Qu'elle avait des formes désirables de jeune femme et qu'elle était bien entendu jolie et sympathique. Steffy-Ann Castonguay réunissait tout ça. De plus, elle portait comme nom de famille (casse-ton-gay) un message clair: Elle aimait les Hommes Hétéros, ce qui, dans notre école privée de 1985, coupait déjà la compétition du quart des candidats potentiels pour danser un slow avec elle au prochain party du mois.

Cette école offrait en début d'année un bottin téléphonique, comprenant, photo, identité, adresse et # de téléphone de tous les étudiants de toutes les années. C'était merveilleux, ça éliminait l'étape de fouiller dans le bottin et d'appeler tous les Castonguay (208) de la région et demander Steffy-Ann.

Avec l'adresse, le harceleur en nous pouvait s'éveiller. Et c'est ainsi que j'ai réalisé que la belle Steffy-Ann habitait très près de chez moi, entre la basse-ville de Québec et la rue Belvédère. Tout juste en face du Grand Théâtre de Québec habitait dans un modeste logement: Steffy-Ann Castonguay. J'ai donc pris mon vélo un samedi ensoleillé et j'ai été me promener "par hasard" dans le secteur. Je suis entré dans le vestibule où étaient les adresses et ai retenu le nom de quelqu'un qui habitait le même complexe d'habitation. Ne serais-ce que pour me donner une porte de sortie si jamais on me demandait "que faisais-tu dans le coin?", j'aurais alors stupidement prétexté que ma tante chose qui habite au logement 217, ben c'est le même bloc que toi!". Ce qui aurait été absolument con car on fini par connaître les gens qui habitent les mêmes blocs que nous, on leur parle même et on a des relations sociales avec eux. Et en une question ("Connais tu Hunter Jones?") peut-être deux ("Est-il dans ta famille?") la réponse aurait été "non" et ça aurait signé la mort de mes prétentions.

Mais elles ne demandaient qu'à se suicider mes prétentions. Après avoir fait 4 ou 5 fois des allers retours dans sa rue, "innocemment", je me suis à rêver de la faire rouler avec moi. Debout sur mon garde-boue et fière derrière moi.  J'ai tenté de deviner à quelle fenêtre correspondait son chez eux. Puis, vers mon 14ème aller-retours, est apparue la cuisse de Steffy-Ann et la moitié de son corps assis dans l'encadrement de la fenêtre. Je l'ai vue, elle m'a vu, et elle m'a dit:

"Hey!" d'une voix masculinisée. "Hey" juste pour me dire "je te connais, toé!". J'ai levé la tête, feint la surprise comme un idiot, et dit la seule phrase que je ne lui dirais jamais:

"Hein? Ho! Salut!"

(...)
Hein
Ho
Salut

Deux presqu'onomatopées et un empêcheur de conversation: Salut!

Comme il s'agissait d'un xème trajet identique, j'étais comme un hamster en folie et même si j'avais voulu lui parler (et vice-versa) j'ai continué à rouler et plus jamais, pas plus à l'école, nous nous sommes adressés la parole.

Je me trouvais trop sale d'avoir planifié tout ça comme un pervers. Et elle, puisque je n'étais pas tellement en conversation, elle avait tant de lions à dompter..

Pourtant, elle habitait si près de chez moi, ce coin était aussi le mien. Nous partagions la même épicerie. J'aurais pu la croiser partout, mais non. À l'école seulement. Et ce samedi-là, le temps d'un "Hey!" qui allait assassiner le harceleur en moi. J'avais si honte de ma fausse randonnée en vélo que je n'en avait parlé à aucun de mes amis. Gars comme fille. Je changerais d'école en secondaire 3 et je crois qu'elle a fait de même.

Mais en 1985, j'avais 13 ans, Steffy-Ann aussi, qu'est-ce qu'elle était belle et désirable!

mercredi 2 septembre 2015

Oliver Wolf Sacks (1933-2015)

Oliver était le dernier de 4 enfants de parents juifs, tous deux scientifiques. Papa était physicien et maman, l'une des premières neurochirurgienne d'Angleterre.

Enfant, Oli et sa famille doivent évacuer Londres car les Nazis y ont fait le blitz. Celle-ci se réfugie dans les Midlands où ils y resteront jusqu'en 1943. Aussi enthousiasmé par la médecine que ses deux parents, Oliver est chimiste amateur adolescent, puis sera diplômé en physiologie, en biologie et finalement en médecine, spécialisation chirurgie.

Oliver quitte l'Angleterre par la suite afin de s'installer au Canada, avant de glisser aux États-Unis. C'est à San Francisco qu'il travaillera comme neurologue et psychiatre pour la UCLA.

 Hallucinations en 2012. C'est toutefois en 1970 qu'il lance son tout premier livre, un concept qu'il répétera toute sa vie, Migraine, qui raconte de réel cas de ses réels patients, mais sous des pseudonymes et le couvert de l'anonymat. Sacks ses convainc qu'il aide tous et chacun avec ses cas exposés ainsi, de manière littéraire.
Habitant Topanga Canyon, il expérimente dans les années 60 avec les drogues dites récréatives. Il témoignera des ses expériences par écrit dans son livre

En 1965, c'est à New York qu'il est neurologue. Le traitement de patients dans le Bronx atteint d'encéphalite léthargique servira de matériel pour son second livre Awakenings, adapté en film par Penny Marshall en 1990. 

Sacks sera consultant en neurologie de 1966 à 1991 au Bronx Psychiatric Center de New York.

Grand admirateur du poète et ami Thom Gunn, Sacks versera beaucoup dans la littérature au point où les plus cyniques prendront l'un de ses titres les plus populaires " The man who mistook his wife for a hat" et le travestiront en "The doctor who mistook his patients for litterary career" quand il parleront du docteur Oliver Sacks. Sacks préfère parler anecdotes cliniques plutôt que de littérature.

Impliqué dans le jardin botanique de New York et auprès des petites soeurs des pauvres, il sera aussi une figure aussi dominante qu'influente et inspirante pour le Beth Abraham Centerlight Heatlh System pendant plus de 40 ans.

Le tout premier reportage de l'émission Discovery en 1974, lui sera consacré à lui et à ses patients.

Entre 1970 et 2015, il publie 13 livres.
Il est traduit dans 25 langues.

Il écrira sur le syndrome de la tourette, sur la maladie de Parkinson, sur les problèmes de visualisation et de perception de la couleur, sur la surdité, la démence et l'autisme.

En 1986, Micheal Nyman compose un opéra inspiré des nouvelles de The Man Who Mistook His Wife For a Hat.

Il reçoit des diplômes honorifiques de la Georgetown University, du College de Straten Island, de la Tufts University, du New York Medical College, du Medical College de Pennsylvanie, du Bard College, de Queen's University à Toronto, de  la Gallaudet University, de l'Université d'Oxford, de la Pontificia Universidad Catolica del Perù et du Cold Spring Harbor Laboratory.

En 2003, on découvre une petite planète mineure que l'on nommera 84928 Oliversacks en son honneur.

En 2007, la Columbia University créé pour lui le poste d'artiste en résidence à Columbia. lui donnant tous les droits souhaités dans cette université. Il y sera entre autre enseignant.

Toute sa vie, il sera un collaborateur régulier du New York Times et du New Yorker.

Homosexuel déclaré seulement cette année dans son autobiographie, il sera en liaison amoureuse avec Bill Hayes, journaliste du NY Times à partir de 2008.

Sacks était lui-même lourdement affecté par la prosopagnosie, un trouble de la reconnaissance des visage qui est une forme d'agnosie visuelle, sujet qu'il a souvent tenté d'éclaircir (encore plus à raison).

Un mélanome de la choroïde est découvert dans son oeil droit en 2006 et les traitements lui feront peu à peu perdre la vue de cet oeil.
Des métastases sont découvertes sur son foie et son cerveau et on ne lui donne que quelques mois de survie au début de cette année.

Le "médecin gonzo" s'éteint samedi dernier, à l'âge de 82 ans, chez lui, à Manhattan.

C'est un grand observateur des cerveaux planétaires qui nous as quitté.

L'ironie dans tout ça, c'est que la veille de sa mort, je retrouvais (sans chercher) son livre le plus célèbre et le tirait au bas des marches pour des fins de futurs dons pour la bibliothèque locale. La chute fût fatale...

mardi 1 septembre 2015

10 Films des Années 70

Le Cinéma est/fût/est encore une passion chez moi.

Le Cinéma je le vis avec un grand C.

Je l'ai étudié, écrit, tourné, visionné, incarné, vécu et la rupture n'aura jamais été totale quand j'ai choisi de faire des choix versant dans le familial à l'aube des années 2000.

Ce qui m'a aussi rendu moins tolérant quand je vois des films mal travaillés. Rien ne m'impressionne plus qu'une bonne histoire. Ce qui ne m'empêche pas de m'extasier devant des films comme Sin City. Mais qui m'éloigne de tout Besson, qui tourne peut-être pas si mal mais écrit comme un ado de 14 ans.

Je consomme encore aujourd'hui, depuis 2009 je dirais, beaucoup beaucoup de films. La plupart du temps seul. Et à des moments où je choisis de voyager dans la tête d'un auteur, d'un univers, d'une texture mentale, où je choisis de me prêter pendant 90, 100, 120 ou 160 minutes dans une proposition qui me transportera ailleurs ou me passera 100 pieds au dessus de la tête.

Je baigne dans le cinéma comme on lirait un journal de la première à la dernière page. Je me laisse emporter, parfois entre 6 et 8 le matin. D'autres fois, à la place de dormir en jeune après-midi après une nuit de travail.

Je plonge avec bonheur dans les univers d'auteurs.
J'aime les histoires.
J'aimes les images.
J'aime les idées.

Les trois ensemble ça donne du Cinéma.

Une fois par mois, en ouverture de celui-ci et jusqu'à la fin de l'année, je vous propose 10 films, pas obligatoirement les meilleurs, qui m'ont parlé quand je les ai visionnés.  Il est possible que les films semblent concentrés sur des productions d'Amérique, mais étant américain, il ne faudra pas trop m'en tenir rigueur.

Je n'ai aussi pas tout vu quand même...

Voici 10 films des années 70 qui m'ont nourri de manière enrichissante.

Aguire, The Wrath of God/Apocalypse Now. 1972/1979. Allemagne/États-Unis
Arrrrrgh! quelle décénie parfaite (Normal! elle m'a fait naître!) dur de ne choisir QUE 10 films! Je commence déjà avec deux. De deux étudiants du cinéma. En effet, les années 70 voyaient tourner des gens qui avaient non seulement aimer voir des films par le passé, mais qui l'avaient aussi étudié. C'était le cas de Werner Herzog en Allemagne et de Françis Ford Coppola en Amérique. Le premier allait tourner l'année de ma naissance, l'histoire d'une mission espagnole du XVIème siècle, dont le principal chef de mission (menaçant Klauss Kinski) allait tenter de saboter les plans sans arrêts pour tenir tête à Pizarro. Une grande partie du film se déroule à bord d'un radeau dans la jungle. Voilà pourquoi j'y trouve une parenté avec le fameux film de Copolla.

 Adapté d'un livre de Joseph Conrad  celui-là et ramené dans les faits divers entourant les dérivés de la guerre du Viet-Nam le film de Copolla est splendide. Une cicatrice très vive aux États-Unis. Deux chef-d'oeuvre.

One Flew Over the Cukoo's Nest. 1975. États-Unis.
La lutte intestine entre le patient MacMurphy (Jack Nicholson) et l'infirmière (Miss Ratched) est un microcosme des luttes de pouvoir qui ont marqués les mouvement sociaux dans les années 70. À une époque où les mouvements sociaux étaient réellement sociaux. Ken Kesey, l'auteur du livre adapté par Laurence Hauben et Bo Goldman, a si détesté le traitement de son oeuvre, qui était raconté du point de vue de l'indien "Chief" Bromden dans le livre, qu'il a poursuivi l'équipe de production et a gagné sa cause. Le film en soi reste fameux. De jeunes Danny DeVito, Christopher Lloyd et Brad Dourif y sont exceptionnels. Sans parler des deux principaux protagonistes.

La Maman & La Putain. 1973. France.
219 minutes de verbe peuvent effrayer bien des gens et je n'ne voudrais pas à quiconque de ne pas aimer ce film qui fait parler Jean-Pierre Léaud (Alexandre). Bernadette Lafond (Marie) et Françoise Lebrun (Veronika) dans un triangle amoureux ou rien n'est facile. Jean Eustache traite du syndrome de celle que l'on recherche principalement pour le corps et les plaisirs de la luxure et celle avec laquelle on voudrait faire des enfants. Bien que le film parait si naturel et improvisé, tout a été soigneusement dialogué sur plus de 300 pages et bien pratiqué/chorégraphié. Eustache s'est inspiré de la France post Mai-68 et de ses propres relations avec Françoise Lebrun dont il a repris (au meilleur de leurs souvenirs) la plupart des dialogues qu'ils se sont échangés. Je ne lasse pas de ce film. Il passe une fois par année, la nuit, à Télé-Québec et je tombe toujours dessus par hasard. Difficile à trouver.

The Deer Hunter. 1978. États-Unis.
Le scénario original parlait de roulette russe et de gambling à Las Vegas. Micheal Cimino en a acheté les droits et a fait réécrire par Deric Washburn une histoire une histoire sur les effets ravageurs de la guerre du Viet-Nam sur une petite communauté d'amis à Pittsburgh, tout en gardant une parenthèse (fameuse) de roulette russe. Casting impeccable avec DeNiro, Streep, Walken, Savage et Cazale. Ce dernier, ce mourant du cancer du poumon. ne verra jamais le produit fini. Comme la production ne voulait pas assurer un acteur qu'on savait qu'il mourrait peut-être même sur la plateau, c'est DeNiro lui-même (ce qu'il a caché et nierait) qui a payé pour que son ami joue dans le film. Class act. Grand film. One shot

Taxi Driver. 1976. États-Unis.
Tiens! DeNiro encore! Chez Scorcese cette fois. Le scénario de Paul Shrader lui a été inspiré de ses années où il vivait dans sa voiture comme livreur de pizza et restait obsédé par l'envie d'une relation avec une copine qui ne voulait rien savoir de lui. DeNiro est un ange vengeur à l'équilibre fragile qui reste encore extrêmement pertinent au pays des tireurs fous des États-Unis. Celui qui tentera d'assassiner Ronald Reagan dira qu'il avait tenté d'attirer l'attention de Jodie Foster, 13 ans, lorsqu'elle a tourné le film... 

Le Charme Discret De La Bourgeoisie. 1972. France/Italie/Espagne.
Jean-Claude Carrière se sont amusés à écrire un scénario ou un souper entre amis, n'arriverait jamais à se réaliser pour des raisons toujours plus absurdes les unes que les autres. Avec Fernando Rey, Paul Frankeur, Delphine Seyrig. Bulle Ogier, Jean-Pierre Cassel (père de Vincent), Stéphane Audran et les présences de Michel Piccoli et Claude Piéplu. Très drôle. 

Nous Nous Sommes Tant Aimés. 1974. Italie.
L'amitié entre trois compagnons d'armes durant la guerre, et la même femme désirée des trois, qui, à trois périodes différentes, et sur plusieurs années, fréquentera chacun d'eux. La vie sépare tout ces gens après la chute du fascisme et l'avènement de la République. Formidable film d'Ettore Scola, scénarisé par lui et le tandem Age/Spinelli.   

Annie Hall. 1977. États-Unis.
J'ai failli mettre Play It Again, Sam, une comédie charmante, l'un des premiers efforts écrits pour le cinéma par Woody. J'ai failli mettre aussi Manhattan, brillant grace à la photographie de Gordon Willis, et qui témoigne d'une véritable amour pour New York (et les jeunes filles diront les langues sales...) J'avais mis Love & Death, le plus drôle film de Woody Allen à mon avis, mais je ne pouvais pas renier son film d'amour romancant, justement, sa liaison avec Diane Keaton, qui elle, a lancé une mode avec ses tenues qui sortaient de sa vraie garde-robe. Des histoires d'amour racontées comme celle dans Annie Hall du point de vue d'Alvy Singer: n'Importe quand!    

A Clockwork Orange. 1971. Royaume-Uni.
Filant en douce en Angleterre pour faire oublier qu'Il aurait peut-être fourni des décors pour les images de l'homme sur la lune, Stanley tourne "un petit" film (ses mots à lui) d'anticipation qui est aussi une satire de la société moderne adapté du roman du même nom d'Anhtony Burgess. La psychologie comportementale et le conditionnement psychologique y sont sévèrement critiqués et Stanley, comme toujours, mais particulièrement dans ce film. nous présente des plans tout simplement parfaits de la première à la dernière image. Stan était le plus grand. Même quand il pensait faire "petit" (Il voulait surtout tourner Napoléon*, mais ne trouvait pas le financement pour le faire et c'est donc rabattu sur ce phénoménal film

The Godfather/The Godfather II. 1972/1974. États-Unis.
La décennie 1970 était celle de Coppola. Selon moi, ses 4 meilleurs films y ont été tournés. Ces deux-là, sont pour moi un seul et même film. Rares sont les suites aussi bonnes, sinon meilleures que le film original. Ces deux films doivent être vus successivement. Le second expliquant partiellement le premier. La mafia intrigue et fascine. La mafia elle-même, a trouvée très juste le traitement que ce fils d'immigré italien a présenté. de leur milieu. Le mot "mafia" ne sera jamais mentionné dans les films. "cosa nostra", oui, une ou deux fois. Bien des gens s'y sont (malheureusement) reconnus. C'est aussi une histoire de famille digne des Borgias. Aussi grandiose et tragique. Extraordinaire combinaison de films. La meilleure de tous les temps à mon humble avis.

Les Stones à la fin des années 60, chantaient de plus en plus le sexe, ils le feraient encore plus dans les années 70.  Le cinéma, rôdait autour du sujet. C'était toutefois les sujets d'actualités qui préoccupaient davantage. 

Fameuse décennie, fameux cinéma.