mardi 4 août 2015

Campagne Caoutchoutée

Nous sommes donc en campagne électorale. Pour près de 80 jours.

Le 19 octobre on ira aux urnes et on votera pour notre prochain premier Minus.
Ou pas.
C'est selon ce qui nous intéresse. peut-être choisira-t-on de rester chez soi.

Mais faudra accepter ce qui nous tombe sur la noix.

Justin disait avec une rare et extrême justesse que "les conservateurs n'améliorent le sort que des plus riches" dès le jour 0.1 de la campagne. Une campagne qui sera la plus longue de l'histoire du Canada en élection.

Comme Stephen et ses sbires ont deux fois plus d'argent que tous les autres partis réunis, il ne faudra pas se surprendre de faire une overdose de la présence nauséabonde de M.Harper non seulement sur nos écrans tous les soirs, mais dans nos régions aussi. Rappelons-nous que nous avons voté massivement orange la dernière fois. Stephen veut gagner l'Ontario et le Québec et c'est là qu'il commence son offensive.

En solo.

Parce que dans l'opposition personne n'est près. Justin, depuis toujours. Celui qui était enseignant d'art dramatique il y a tout juste 15 ans, sent encore le caoutchouc du mannequin qu'il évoque. Il était et est toujours étonnamment vide.
Il a si peu d'impact qu'il est traité comme du vent par les autres partis. Et même par nos propres journalistes intéressés par la chose politique.

Dans un grand élan de naïveté, le 30 mai dernier, Justin a invité tous les partis à envoyer un représentant à sa table pour discuter d'économie canadienne et de manière de rendre plus sympathique l'accès à l'information que les dictateurs au pouvoir gardent sous clé. Elizabeth May, du parti Vert a bien reçu l'invitation et a répondu qu'elle s'y serait bien présenté si elle n'avait pas déjà prévu s'inscrire en faux de même soir contre l'adoption du projet de loi C-51.

Mais le soir de la fameuse soirée d'échanges d'idées, il n'y avait au final que 12 personnes. Trudeau, 4 de ses assistant(e)s, un employé du NPD, un photographe, trois traducteurs et deux journalistes.

Peu de gens imaginent que Justin pourrait être pris au sérieux dans des discussions sur la lutte au terrorisme généré par l'État Islamique ou Boko Haram. Je vois très mal Justin à la même table que Barrack, Angela, François ou David. Mais en même temps, je ne vois pas du tout Stephen à cette même table, Même que plus souvent qu'autrement, on commence les réunions avant qu'il ne soit revenu de la toilette et on ne remarque pas ses absences quand il n'y est pas.

Même quand il y est, il n'y est pas.

C'est le Pierre-Alexandre Parenteau des Premiers Ministres, Chancelier(e)s ou Présidents du monde.

La réputation du Canada en a pris un coup depuis les débuts de Stephen comme Premier Ministre du Canada. J'y reviendrais assurément d'ici les 75 prochains jours.

Chose certaine, outre une silhouette de mannequin, Justin a peu à présenter. Mais avec 11 semaines encore à faire, il aura sûrement le temps de mettre sa tête sur le billot. Peut-être dira-t-il enfin quelque chose en plus de parler.

Donc tous les soirs, à partir d'hier, un ministre viendra vous annoncer quelque chose. Les Conservateurs ont d'ailleurs commencé à faire les promesses bidons bien avant l'annonce du début de la campagne. Parents, n'avez vous pas reçu un généreux chèque de la part des Conservateurs récemment? Voi-là. "Votez pour moi" était-il écrit dessus en encre transparente.

Quand vous verrez une publicité négative à la télé, notez bien le parti qui l'a produite. Ne votez pas pour celui-ci. Si tous les partis utilisent cette technique idiote, ne votez pas. Si vous changez d'idée après avoir vu une publicité du genre, ne votez pas non plus. Votre jugement ne sera jamais sollicité d'aucune manière utile dans le futur de toute façon.

Nos villes vont devenir jusqu'en octobre des décors de vendeurs de maison, avec des faces souriantes, confiantes et plus souvent qu'autrement laides. Sauf dans notre circonscription où se trouve la plus jolie candidate tous partis confondus. Elle a d'ailleurs prévenu les coups en mettant en toute urgence, la première, des pancartes de son chef chéri, Thommy M.

Mais il semble que si le Québec a voté massivement pour Thomas Mulcair, personne ne l'écoute vraiment. C'est vrai, c'est parce que les gens ont vôté pour le mort, Layton. Et CONTRE tout le reste.
"Quand les gens se tannent des Conservateurs, on amène les Libéraux et quand on se tanne des Libéraux, on ramène les Conservateurs. Je veux que ça change" dit Mulcair.

À voir.
Mulcair est assez absent des écrans radars depuis une semaine. On dirait toujours que quand vient le temps de faire du bruit, l'opposition est fort en gueule, mais quand on leur offre la scène, ils déguerpissent en faisant crisser leurs pneus. Laissant derrière une odeur de caoutchouc brûlé. Comme si il s'empressait d'effacer toutes ses vieilles photos de Facebook en secret...

Gilles? Come on! C'est comme si Mario Tremblay revenait derrière la banc du Canadien! C'est très courageux ce qu'il fait, mais c'est aussi assez kamikaze.

Je n'ai pas pu m'empêcher d'éclater d'un grand fou rire quand je l'ai entendu parler de son vélo de 1972 à la radio, la veille de l'annonce de la campagne.
Il m'a fait penser à Bob Dole.

Vous vous rappeler Bob Dole? Candidat Présidentiel passé à qui on reprochait d'être trop vieux? Le lendemain de cette accusation d'âgisme, il s'écroule dans la foule. Puis, le surlendemain ou quelques jours plus tard, il parle, comme si il s'agissait d'un club actuel des Dodgers de Brooklyn...un club de baseball disparu depuis 1957!!!

En deux interventions publiques, il confirmait qu'il était d'un autre âge.

Bon , je suis dur avec Gilles, mais attendez, le Québec pourrait être plus dur envers lui le 19 octobre prochain.

Si on trouvait que le Bloc ne servait plus à Ottawa la dernière fois, qu'est-ce qui a vraiment changé cette fois?

Bonne campagne.

lundi 3 août 2015

Cheerleader

(Tiré et adapté de l'autobio de Pete Townshend: Who I am)

Juin 1967, Angleterre.

Pete Towhnshend, Guitariste des Who, était de retour d'un séjour à New York.

Pour dîner, il avait lunché avec Barry & Sue Miles. Barry était le co-fondateur de Indica, un établissement qui faisait l'édition et la promotion de livres, magazines et autres choses relatives au mouvements psychédéliques et révolutionnaires de l'époque. C'est à ce dîner avec les gens de chez Indica que Townshend avait rencontré Paul McCartney, sans interférences de la part de trop de monde. Pete avait découvert en Paul, un jeune homme très au courant des choses politiques, fort intelligent, allumé, charmant, sympathique et tout à fait une bonne personne. Townshend avait aussi rencontré Jane Asher, l'actrice qui était la copine de Paul. McCartney avait aidé à partir financièrement la maison Indica,  et le grand frère de Jane, Peter, était un des trois co-fondateurs de l'endroit.

Jane était aussi très intelligente, tout à fait charmante, très respectable, une personnalité forte derrière une façade faussement fragile, faisant d'elle la parfaite égale de son archi célèbre amoureux.
George Harrison allait aussi se rendre à ce diner, un peu plus tard, en compagnie de son adorable amoureuse Pattie Boyd. Pattie était un vrai coup de foudre. En la voyant, on ne pouvait que penser à ses visages que l'on s'invente dans nos rêves, tellement elle était belle et faisait une impression forte sur l'entourage qu'elle investissait. L'impact d'un soleil perçant les nuages. Pete était avec son amoureuse Karen Astley qui se sentait tout à fait comme un poisson dans l'eau et chez elle dans cette faune. Presque plus à l'aise que son amoureux , le guitariste et principal auteur des Who.

Quelques jours plus tard, au Bag O'Nails de Soho, Jimi Hendrix, qui avait ouvert la salle de spectacle en janvier, faisait un retour sur scène. Pete Towhshend s'y trouvait. Mal Evans, un très aimé roadie des Beatles, et Paul McCartney formaient un trio célèbre dans la foule. Mick Jagger et Marianne Faithfull aussi. Mais Mick, n'avait pas duré tout le spectacle. Il avait quitté avant la fin. Laissant, insouciant, la jolie Marianne derrière.

Jimi, le shaman électrique, donnait son numéro sur scène ensorcelant à peu près tout le monde. Hommes comme femmes. À la fin de son spectacle de magie sur scène, le gaucher guitariste avait approché Marianne et celle-ci avait soudainement des étoiles dans les yeux. Ils ont tous les deux dansé très près l'un de l'autre dans une atmosphère tout ce qu'il y avait de plus érotique.
Ils ont disparus ensemble et leur absence à rappelé l'orgasme qu'Hendrix avait offert à sa guitare sur scène. Il jouait dans les mêmes cordes avec Marianne.

 Mick est alors revenu chercher Marianne, mais elle tardait à se pointer. C'est Jimi qui l'amena au groupe, la tenant par la main, même si Faithfull était pratiquement gravitationnelle à ce moment. Hendrix lui a fait le baisemain avant de la laisser en compagnie de Mick et est tranquillement revenu rejoindre le trio composé de Evans, Townshend et McCartney. Après un peu de conversation, Jimi est allé boire à une table. En compagnie de nouveaux larrons. Le regard coupable

Evans, s'est alors tourné vers Townshend. et lui a glissé à l'oreille avec son lourd accent de Liverpool:

"C'est ce qui s'appelle échanger sa carte d'affaires, Pete..."

Le monde de la musique a toujours été injuste envers les femmes.
Si Mick Jagger avait couché avec Nancy Wilson après une prestation de Heart, on lui aurait probablement fait un high five.

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C'était les 10 ans du festival Osheaga ce weekend.

Le festival affichait à nouveau complet et a pris fin hier.

Action Bronson a privé les femmes de sa présence.

dimanche 2 août 2015

Fils de Deux Météores

C'est un formidable livre que je terminais sous un soleil caniculaire.
Formidable pour quiconque connait l'oeuvre du fantôme qui survole ce livre.

Le premier livre d'Alexandre Diego Gary.

On dit que c'est un roman.
Un peu.
C'est aussi beaucoup de récit.
Alexandre Diego est le fils de deux météores.

Jean Seberg, actrice torturée chez Preminger, deux fois, puis ingénue chez Godard,  elle-même sous la direction de Rossen, Jean incarnera un idéal féminin et un style dans les années 60. Mais peu de gens connaissent l'étendue de sa fragilité mentale et physique. Jean est généreuse. Et quand elle quitte Romain Gary qu'elle a épousée en 1962, qui est de 24 ans son ainé, et avec lequel elle a eu Alexandre Diego, c'est pour s'investir entièrement, corps, esprit et argent dans la cause des amérindiens et des noirs. Elle s'entoure mal jusqu'à la fin de sa vie, se faisant battre par de nombreux amants, se faisant voler aussi,  tentant de s'enlever la vie une première fois, mais ne réussissant qu'a tuer sa fille à naître et ne manquant pas son coup la seconde fois quand de nombreux ragots courant sur elle la rendent folle.

Romain Gary est Ivan Alejandro dans le livre de son fils. Un fascinant livre. Un plaidoyer pour la vie de la part du fils de deux suicidés.

Il n'y pas que de la tristesse ou de la mélancolie dans son livre, il y a aussi beaucoup d'élan d'espoir, d'où le titre. Il y a, pour l'amateur du père, de nombreux clins d'oeil. Et un double, comme Romain était double avec Ajar (et Bogat et Sinibaldi)On y apprend que Romain précipitait l'évolution de son fils de l'enfant à l'adulte, dans le but entre autre de pouvoir prendre la porte de sortie plus rapidement. Romain a toujours pensé se suicider. Il ne voulait surtout pas le laisser avec Jean qui perdait peu à peu la raison. Quand Jean s'est tuée, Romain se donnait maintenant la permission de la même chose.

On remarque dans le livre de Diego que dans Chien Blanc (1970) Romain, qui narre un récit et non une fiction, dit à une autre qu'il a dix ans pour l'éternité. Gary père, s'est envoyé une balle dans les gencives en 1980.

On découvre que La Vie Devant Soi, c'était à maints égards la relation d'Alexandre Diego avec sa nourrice et presque mère à part entière, Eugénie. C'est même l'utilisation romanesque d'un secret intime révélé par Eugénie sur son lit de mort.

On apprend aussi que M.Jeannot dans Les Angoisses du Roi Solomon, sorte d'intermédiaire et de messager entre Salomon et Mademoiselle Cora, c'est beaucoup Alex Diego, go between entre son père et sa mère, alors divorcés.

Mais voyez, je vous parle plus du maître que de l'élève. Et c'est l'enfant (orphelin de mère à 14 ans) qui devient homme malgré tout (orphelin de père à 15) qui se raconte.

De débauches espagnoles en blessures de l'âme.

Alexandre Diego Gary a été placé dans un aquarium obscur par ses parents alors qu'il n'était qu'adolescent. On est toujours entre deux eaux dans ce brillant livre.

La tâche d'être "le fils de...", de devoir se faire un prénom, est toujours lourde. Perpétuer ne devrait pas réduire autrui. Alexandre Diego ne veut qu'être. Son trouble est que ses deux parents ne le voulaient même pas pour eux-même et se sont effacés d'eux-mêmes.
De lui aussi.

Alexandre Diego a épousé la condition romanesque plutôt qu'humaine. On l'a presque guidé sur ce sentier. Mais, bien qu'on sente le poids des deux ombres, anciens soleils, qui l'ont placé sur terre, le livre reste naval. C'est-à-dire 160 petites pages qui nous font flotter entre les morts et les enfants dissipés heureux.

Avec ceux qui sourient en pensant à la mort regardant tout ça comme une plaisanterie de loin et de haut aussi.

C'est un fameux livre de la part du fils d'un fameux auteur et d'une fameuse actrice.
Alexandre Diego Gary est fameusement vivant.
Son livre est océanique, pleins de petites marées et de clapotis d'eau douce.
C'est à la fois la pluie et le soleil.

Et une large partie se déroule à Barcelone, une ville qui ne m'est pas étrangère non plus.

Je nageais mentalement dans la planète Gary, à pianoter autour de la piscine, tout de même encore habité par un livre qui exorcisait quelques morts sortis du vestiaire pour l'auteur, et je pensais au mien. Mon seul mort au placard.
Mon père.

J'écoutais malgré moi les voisins qui, de l'autre côté de la haie interagissaient avec leurs parents/beaux-parents comme je ne pourrais plus jamais le faire avec mon père.
 Dans leur conversation, ils évoquaient le dernier souper avec la grand-mère, c'est-à-dire la mère d'un des deux parents sur place. Voilà une dynamique qui m'était encore plus étrangère n'ayant connu qu'un seul grand-parent. Et même pas 10 ans.

Alexandre Diego Gary a dû apprendre pratiquement toutes les dynamiques de la vie presque tout seul.
Il a 53 ans depuis deux semaines.

Il a survécu sa mère de 13 ans.

Il brave encore toute les tempêtes.

Il est océanique.

samedi 1 août 2015

10 Films des Années 60

Le Cinéma est/fût/est encore une passion chez moi.

Le Cinéma je le vis avec un grand C.

Je l'ai étudié, écrit, tourné, visionné, incarné, vécu et la rupture n'aura jamais été totale quand j'ai choisi de faire des choix versant dans le familial à l'aube des années 2000.

Ce qui m'a aussi rendu moins tolérant quand je vois des films mal travaillés. Rien ne m'impressionne plus qu'une bonne histoire. Ce qui ne m'empêche pas de m'extasier devant des films comme Sin City. Mais qui m'éloigne de tout Besson, qui tourne peut-être pas si mal mais écrit comme un ado de 14 ans.

Je consomme encore aujourd'hui, depuis 2009 je dirais, beaucoup beaucoup de films. La plupart du temps seul. Et à des moments où je choisi de voyager dans la tête d'un auteur, d'un univers, d'une texture mentale, où je choisis de me prêter pendant 90, 100, 120 ou 160 minutes dans une proposition qui me transportera ailleurs ou me passera 100 pieds au dessus de la tête.

Je baigne dans le cinéma comme on lirait un journal de la première à la dernière page. Je me laisse emporter, parfois entre 6 et 8 le matin. D'autres fois, à la place de dormir en jeune après-midi après une nuit de travail.

Je plonge avec bonheur dans les univers d'auteurs.
J'aime les histoires.
J'aimes les images.
J'aime les idées.

Les trois ensemble ça donne du Cinéma.

Une fois par mois, en ouverture de celui-ci et jusqu'à la fin de l'année, je vous propose 10 films, pas obligatoirement les meilleurs, qui m'ont parlé quand je les ai visionnés.  Il est possible que les films semblent concentrés sur des productions d'Amérique, mais étant américain, il ne faudra pas trop m'en tenir rigueur.

Je n'ai aussi pas tout vu quand même...

Voici 10 films des années 60 qui m'ont nourri de manière enrichissante.

Rocco & Ses Frères. 1960. Italie/France.
Rocco, c'est Alain Delon. Le film c'est Visconti. À son meilleur. Racontant la famille Parondi composée de 5 frères, récemment endeuillé du père et qui viennnent de s'installer à Milan. Visconti filme la fin d'une soicété italienne traditionnelle et aliénante et l'avènement du monde moderne. C'est un peu l'histoire des années 60 de nos parents, qui avaient 20 ans et qui disaient en soi: tassez-vous, on arrive! Les Parondis font de leur mieux pour arriver eux aussi. Mais ce n'est pas si facile. Le dernier acte de ce film de 192 minutes vaut à lui seul le visionnement.

To Kill a Mockingbird. 1962. États-Unis.
Dans la ville fictive de Maycomb en Alabama, Atticus Finch, avocat, doit défendre un jeune noir accusé à tort de viol et du même coup fait comprendre à ses deux jeunes enfants les racines du racisme. Film noble dans tous les sens du terme, Gregory Peck a accepté de jouer sans hésiter ce rôle mémorable où on prétend qu'il n'a eu qu'à se jouer lui-même. Harper Lee avait écrit le rôle en pensant à son brave père. Une histoire toujours pertinente avec un jeune Robert Duvall dans un rôle secondaire, mais fort important. Fameux.

The Good, The Bad & the Ugly. 1966. Italie/États-Unis/Espagne/Allemagne de l'Ouest.
Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Eli Wallach, dans l'ordre. Leone, Sergio derrière la caméra. Tonino Delli Colli qui la tient et la cadre avec brio. Ennio  Morricone à la trame sonore. Conclusion de la trilogie du dollar de Sergio Leone avec la guerre de Sécession en toile de fond. Film genèse des deux autres, Pour une poignée de dollars et Pour Quelques Dollars de Plus, chronologiquement placés après ce film dans la narration. Très bon à tous les niveaux.

Persona. 1966. Suède.
Une comédienne s'interromp de parler en pleine représentation de théâtre sur scène et se trouvera incapable de reparler. Un médecin l'envoie en maison de retraite près de la mer où son silence, force l'infirmière qui l'accompagne à le meubler de multiples confessions de plus en plus personnelles. Les crises relationnelles profondes nordiques sont aussi séduisantes chez Bergman que les traits de Liv Ullman et de Bibi Andersson. Charmant exercise sur la forme aussi.

Psycho. 1960. États-Unis.
Rares seront les films qui nous présenteront un personnage principal féminin criminelle dès le départ. Rares seront les films qui nous débarrasseront des personnages principaux, un à un. Rares seront les films qui nous effraieront de la douche. Hitchcock réussit ce tour de force avec ce film culte qui a aussi donné naissance à une série télé inspirée de cette
histoire d'hôtel et de relation malsaine entre un fils et sa mère. Hantant.



La Dolce Vita. 1960. Italie.
Jeunesse, décadence, errance, mélancolie italienne dans un charme et une esthétique magnifique. Le vocabulaire cinématographique Fellinien est installé pour les années à venir dans ce chef d'oeuvre qui donnera naissance à des dizaines d'autres films traitant aussi de l'affranchissement personnel et de la remise en question. Il donnera aussi naissance au terme Paparazzis pour parler des hordes de journalistes animales qui pourchassent les vedettes. Fabilissimo!

Le Mépris. 1963. France/Italie
 Adaptation brilllante de la mise en abîme d'Alberto Moravia qui racontait la fin d'un couple entre un scénariste et sa femme qui s'ennuie auprès de lui. Tourné dans la splendide villa Malaparte à Capri, le film en brillantes couleurs  met aussi en vedette la splendide musique de George Delerue et la photographie intelligente de Raoul Coutard et Alain Levent. Piccoli, Bardot, Palance, Fritz Lang au générique. Grandiose.

Blow-Up. 1967. Angleterre/Italie/États-Unis.
La réalité tronquée des images. Antonioni nettement en avance sur son époque. Un casting redoutable inspiré du style de vie du photographe David Bailey et mettant en vedette les Yardbirds (avec Jimmy Page et Jeff Beck) une jeune Vanessa Redgrave, une plus jeune encore Jane Birkin, un fort appétissante Sarah Miles. Les années 60, sans les avoir connues, me semblent être exactement ce film. Quand on dit swinging sixties, je pense à Blow-Up. Don't mess with reality.

L'Année Dernière à Marienbad. 1961. France.
Alain Robbe-Grillet à la plume. Alain Resnais à la direction. Sacha Vierny aux sensationnels travelings langoureux. Coco Chanel aux costumes. L'Antiaquarium de Munich, les châteaux de Nymphenburg et d'Amalienburg, le parc du château de Schleissheim. Delphine Seyrig, sensuelle. Giorgio Albertazzi, inquisiteur. Sacha Pitoëff, mystérieux. Adapté du roman fantastique L'invention de Morel de l'argentin Adolfo Bioy Casares. Délicieux. La glace est à mes yeux souvent plus agréable que le soleil.  

2001, A Space Odyssey. Angleterre/États-Unis.
Poésie et science-fiction sur images. Stanley Kubrick réussit un tour de force qui inspirera jusqu'aux gens de la NASA. Fameux chef d'oeuvre aérien qui vous transportera là où peu de gens l'ont fait dans la vie. Film immense.

Les années 60 ont été un période de grandes révolutions, le cinéma n'y a pas fait exception.